TRIBU XXXVI
TÉNÉBRIONIDES VRAIS.
Languelte saillante; ses palpes peu distants à leur base, — Lobe interne des mâchoires de forme variable, ainsi que le dernier article des palpes maxillaires. — Mandibules le plus souvent bifides à leur extrémité, — Tôte libre, rhomboïdale; épistome plus où moins saillant, presque toujours séparé du front par un sillon arqué, hien distinct, — Yeux en général très-distants du prothorax. — Antennes
* Variables, le plus souvent peu à peu élargies et déprimées à leur ex-
(1) A, tuberculatus, Wollast. loc. Gi, p. 505, pl. 11, f. 8, avec des détails.
366 LE TÉNÉBRIONIDES.
trémité. — Prothorax non ou faiblement échancré en avant. — Eousson distinct, en général assez grand.— Elytres embrassant faihlement le corps, leurs épipleures étroites, entières (Brus excepté). — Hanches antérieures globuleuses; éperons des jambes très-petits, parfois obsolètes; tarses villeux en dessous, quelquefois faiblement; leur dernier article souvent très-grand. — Saillie intercoxale de forme variable. — Métasternum allongé ; ses épisternums étroits, parallèles; ses épimères très-distinctes. — Celles du mésosternum fermant en général largement les cavités cotyloïdes intermédiaires. — Corps ailé chez presque tous.
Ce groupe comprend les espèces de la famille dont l'organisation se rapproche de celle des Teneprio dans le sens restreint qu'a depuis longtemps le genre qui porte ce nom. Il suit de 1à qu’il ne contient qu’une très-petite partie de celles qui avaient été entassées par Dejean dans sa famille des Ténébrionides, laquelle se refuse à toute définition. «
Ces insectes ne sauraient être confondus avec ceux des tribus précédentes. Mais parmi celles qui suivent, il en est plusieurs avec lesquelles ils ont une analogie si étroite, qu'il est nécessaire d'indiquer en peu de mots en quoi ils en différent. Les tribus en question sont celles des Pycnocérides, des Cyphaléides et des Cnodanolides.
Les Ténébrionides vrais se distinguent du premier de ces groupes par leurs antennes non moniliformes, et dont le 3° article est plus ou moins allongé. Les Cyphaléides ont tous le prothorax échancré en avant, et la tête presque toujours engagée au moins jusqu'aux yeux dans cette éohancrure ; ces deux particularités, réunies à leur mésosternum horizontal et fourchu, suffisent pour les faire reconnaître. Un mésosternum semblable se retrouve chez les Cnodalides, et le lobe interne de leurs mâchoires est en outre constamment inerme, ce qui n’existe qu’exceptionnellement ici. J’ajouterai que des couleurs variées et souvent métalliques forment la livrée la plus ordinaire des espèces de ces trois tribus, tandis que celle dos Ténébrionides vrais est, à de très-rares exceptions près, d’un noir ou d'un brunâtre uniforme.
La formule inserite plus haut indique suffisamment quels sont les organes de ces insectes qui sont sujels à se modifier. Ces derniers nô sont pas moins variables sous le rapport de la taille. Tandis que certaius d’entre eux (quelques Nycropares) sont les géants de la famille, d’autres descendent sous ce rapport au niveau des plus petites espèces de cette dernière. Entre ces deux extrèmes, il existe tous les passages. Enfin, leurs habitudes souffrent également quelques ex06ptions : si la majeure partie d’entre eux vivent sous les écorcos Où dans l'intérieur des arbres en décomposition, il en est qui sont épir gés (Cazcar, Boromoregus), et d'autres (plusieurs: TENENRLO) qui ha-
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 367
bitent de préférence nos demeures, où ils vivent de substances fari=. neuses où animales. : :
Plusieurs larves de cette tribu sont connues et seront mentionnées dans les généralités des groupes qui suivent. Ceux-ci sont au nombre de cinq, reconnaissables aux caractères suivants :
Ld I. Antennes grossissant peu à peu; leur 11€ arlicle à peine où pas plus grand que le 10e, a Prothorax transversal. "A Prosternum et mésosternum de largeur normale. TÉNÉBRIOMIDES vrais.
Prosternum et mésosternum très-larges. CaTariesripes. aa Prothorax plus long que large; corps étroit, linéaire. CALcanipes.
II. Antennes terminées par une massue foliacée de 4 art. Nycrénoripes.
II. Antennes cylindriques; leur 119 art. allongé. GoNianéRI ES,
GRouPE I. Ténébrionides vrais,
Lobe interne des mâchoires muni d’un crochet corné. — Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme. — Tête régulièrement thomhoïdale. — Antennes grossissant peu à peu, — Prothorax transversal, — Prosternum et mésosternum de largeur normale.
La plupart de ces insectes sont de grande taille et possèdent trèssouvent des différences sexuelles qui portent presque exclusivement sur les pattes. Les antérieures s’allongent chez les mâles, et leurs juvbes sont plus arquées où plus épaissies à leur extrémité que chez les femelles. Les TaurocEras ont*en outre dans le même sexe la tête munie de cornes très-prononcées. Le repli épipleural des élytres présente fréquemment uné particularité qui n’est pas générique, mais qui est cependant à peu près constante chez les Iparmimus, les NyeropaTEs et les Tauroceras. Elle consiste en ce que dans le point où Jes élytres se rétrécissent en arrière , ce repli se dilate et devient plus ou moins flexueux ; il forme même un véritable bourrelet chez les TaurocERaS.
C'est à ce groupe qu'appartient la larve la plus anciénnement connue de toutes celles de la famille, celle du Tenebrio molitor (1), si ré- Pandue dans les boulangeries, les moulins, les greniers, partout, en un mot, où l’on conserve de la farine, mais qui cependant , au
(1) On en à une multitude de descriptions depuis Frisch qui l'a publiée le Premier, dès 1721 (Beschreib. v. all. Ins. Deutsch. part. 3, p. 1, pl. 1, f. 1-6), Jusqu'à M, Mulsant, le dernier auteur qui en ait parlé (Col, d. France; Latig, P. 281), et dont la esvription me parait la plus complète de toutes. Parmi les
368 TÉNÉBRIONIDES:
-besoin, se nourrit de détritus végétaux. Elle est allongée, subeylindrique, un peu atténuée en arrière, d’un jaune testacé plus ou moins clair et brillant, hérissée sur les côtés dans toute sa longueur de poils fins clair-semés, et couverte en dessus de points enfoncés, confluents en partie, assez marqués, et qui la font paraître un peu rugueuse. Elle est privée d’ocelles (1). Son dernier segment abdominal, de forme conique, est terminé par deux saïllies redressées, un peu divergentes et accompagnées de chaque côté, à quelque distance, d'une très-petite épine noire. Cette larve so métamorphose sans se renfermer préalablement dans une coque.
Celle du P. obscurus (2), qu’on trouve dans les mêmes lieux, ne so distingue guère de la précédente que par sa couleur brune , et son dernier segment abdominal un tant soit peu plus long, et dont les deux saillies terminales sont plus divergentes.
Les deux autres larves du même genre, qui sont en outre connues, n’ont pas les mêmes habitudes que les précédentes : elles sont lignivores et creusent des galeries dans les troncs cariés de divers arbres. Celle du T. opacus, trouvée par M. Mulsant (3) dans de vieux châtaigniers, est excessivement voisine de la larve du molitor, tandis que celle du T. transversalis, dont on"doit la découverte au môme auteur (4), diffère des précédentes par son segment anal, hérissé sur ses bords de petites épines et armé d’une seule pointe. M. Mulsant, qui l'a trouvée au pied des chènes, ajoute qu’elle se construit une cellule avaut de se métamorphoser, ce que ne font pas les autres espèces.
figures de cette larve et de sanymphe, les meilleures sont celles de J. Sturm, Deutsehl. Ins. IE, pl. 46, £.-p. Pour les autres auteurs non cités dans cette note, voyez Mulsant loc. cit. p. 282 et Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. Soc, d. Se. d. Liège, VIL, p. 516. — Suivant M. Westwood (An Introd, to the mod, class. of ins. 1, p. 317, fig. 38, n° 14), cette larve n'aurait qu'une seule épine sur le dernier segment abdominal, ce qui la distinguerait de celle du T. obscurus qui en aurait deux. Or, ce dernier nombre existe chez toutes les larves de Tenepnro, sauf chez celle du fransversalis, qui n’est connue que depuis peu de temps. Voyez sur cette assertion de M. Westwood, une note de M. Hagen dans la Stettin. entom. Zeit. 1853, p. 56.
(1) M. Mulsant (Latig. loc. cit.) semble disposé à regarder comme tels deux points qui existent de chaque côté de la tète; mais les auteurs s'accordent à refuser ces organes à ces larves, et je crois avec raison. Les points en question me paraissent n'être que de simples taches.
(2) Curtis, Brit. Entom. VIT, pl. 331: — MM. Mulsant (loc. cit p. 186) et Ed. Perris (Ann. d. 1. Soc. entom. 1857, p. 366) en ont également parlé brièvement. — M. Westwood, à qui MM. Chapuis et Candèze attribuent sa description, n'en a dit que quelques mots d’après M. Curtis.
(3) Ann. d. 1, Soc. Linn. d. Lyon, Sér. 2, I, p. 9; et Opusc. entom. faso. VI, p. 9.
(4 Ann. d, 1, Soc. Linn. loc, cit, p. 11; ot Opus. entom, loc, cit, p.11.
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 369
Les nymphes de ces quatre espèces ont leur dernier segment bifurqué , et les six premiers de l'abdomen munis latéralement d’appendices déprimés, parallèles, et tronqués à leur extrémité.
D'après M. Ed. Perris (1), qui l’a décrite depuis peu, la larve du Menephilus curvipes se distingue de celles des Teneprio, princifalement par sa forme plus courte, plus parallèle ; ses téguments plus fortement ponctués en dessus; la présence de trois ocelles de chaque côté de la tête ; enfin son segment anal dilaté transversalement, muni de deux crochets distants, grôles, très-redressés, entre lesquels se trouve une échancrure circulaire, à bords convergents ; en dehors, ces crochets sont flanqués à leur base d’une petite épine. Cette larve est lignivore, et se renferme dans une cellule avant de se changer en nymphe. Celle-ci diffère de celles des Tenesnto, en ce que les appendices latéraux de son abdomen sont lobés à leur extrémité.
Parmi les dix genres qui suivent, la moitié est étrangère à l'Europe.
. Eperons des jambes très-petits, parfois nuls. a Angles postérieurs du prothorax non spiniformes.
b Antennes au plus aussi longues que le prothorax, en général plus courtes.
c Orbites antennaires non épineuses.
d CGuisses grossissant peu à peu ou sublinéaires,
e Mésosternum déclive, ne recevant pas la saillie prosternale. Prothorax rétréci à sa base, crénelé sur les côtés : Zphthimus.
ni — ni — Nyctobates.
ea Mésosternum horizontal, fourchu, recevant la saillie prosternale : Amenophis.
dd CGuisses grêles à leur base, renflées au bout, Tête allongée; yeux distants du prothorax : Upis: — courte; — contigus au — Derosphærus.
(1) Ann. d.1. Soc. entom. loc. cit. p.361, pl. 8, Ê. 444-457.
En outre de toutes ces larves, M. Westwood a figuré, sans le décrire, un inseote éclos dans les fruits ligneux du Mammea americana et qu’il a rapporté au genre Uris. Voyez son mémoire intitulé : « Observations upon the Economy of a Sonth American Species of the Colcopterous Genus Uris. » Trans. of the entom. Soc. II, p. 157, pl. XIV, f. 12-18. Cet insecte n’est très-certainement pas un Unis dans le sens actuel de ce nom. Erichson (Wiegm. Archiv, 1840, I, p. 253) le rapporte au Zophobas morio, si commun dans les parties chaudes de l'Amérique du Sud et quelques-unes des Antilles. Cependant les figures de M. Westwood ne conviennent que médioerement à cette espèce, surtout sous le rapport des antennes, etil se pourrait bien que cet insecte Mt une Ulomide. Quoi qu’il en soit, ce fait est d’un grand intérêt en ce qu’il révèle chez les Ténébrionides, sous leur premier état, des habitudes que jusque-là on ne leur connaissait pas.
Coléoptéres. Tome V. 24
LP
310 TÉNÉBRIONIDES.
cc Orbites antennaires épineuses : Tauroceras:… bb Antennes plus longues que le prothorax : Zophobas: + aa Angles postér. du prothorax spiniformes : Menephilus. I. Eperons des jambes courts, mais bien distincts. Yeux transversaux, étroits, peu saillants : Tenebrio.. — gros, saillants, non prolongés en dessous : Zolodinus.
IPHTHIMUS.
E. Tauour, Stettin. entom. Zeit. 1857, p. 92 (1).
Menton plan, presque carré, sillonné sur la ligne médiane, médiocrement et triangulairement échaneré en avant, avec ses angles antérieurs arrondis. — Dernier article des palpes labiaux ovoïde et tronqué au bout. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre transversal, un peu sinué en avant, avec ses angles arrondis. — Tète saillante, graduellement rétrécie en arrière, plane sur le front, avec un pli en dedans de chaque œil; ses joues obtusément anguleuses ; épistome très-court, brusquement rétréci, largement sinué. — Yeux très-distants du prothorax, petits, étroits, parallèles et entiers. — Antennes médiocres, robustes, à articles 3 plus long que les suivants, noueux au bout, 4-6 obconiques, 7-14 graduellement élargis, transversaux, déprimés, — Prothorax transversal, peu convexe, rétréci en arrière , à peine bisinué à sa base, avec los angles de celle-ci aigus, tronqué en avant, obtusément crénelé sur les côtés, rebordé partout, sauf en avant. — Ecusson petit, transversal, arrondi en arrière. — Elytres oblongues , graduellement élargies, puis rétrécies dans leur quart postérieur, coupées presque carrément en avant. — Pattes assez longues; cuisses graduellement épaissies; jambes axrondies, les antérieures légèrement arquées au bout; 4° article des tarses postérieurs peu allongé. — Saillie intercoxale large , ogivale, — Mésosternum horizontal, évasé et échancré en are antérieurement. — Saillie prosternale assez large, plane, bisillonnée , largement tronquée au bout. — Corps aptère.
Ces insectes, confondus pendant longtemps avec les NyYcTOBATES, en diffèrent principalement par leur tête autrement faite, leurs yeux beaucoup plus petits, le 4 article de leurs tarses postérieurs nolablement moius allongé, enfin par leur facies et la sculpture de leurs téguments. Tous sont d’un noir profond, presque mat et sans aucune trace de cette efflorescence pruineuse si commune chez les Nycrogares. En dessus, leurs téguments sont à la fois finement coriacés et criblés de petits points enfoncés ; des rangées régulières de points un peu plus gros se détachent à peine de ce fond sur les élytres. Quoi-
(1) Syn. Nxcropares pars, Mannerh. — {purminus pars, Dej.
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 3
que ces derniers organes paraissent soudés, au premier aspect, em réalité ils ne le sont pas, et il existe sous eux des ailes inférieures, mais qui sont incomplètes, du moins chez l’italicus. Les mâles ne diffèrent des femelles que par leurs pattes un peu plus longues.
Lo genre comprend quatre espèces de grande taille, très-voisines les unes des autres, dont trois sont propres à l’Europe méridionale, et la dernière à la Californie (1).
NYCTOBATES.
Guérin-Ménev, Mag. à. Zoo!.; Ins, 1834; Mélas, p. 33 (2).
Menton élargi en avant, du reste variable (3). — Languelte tronquée ou sinuée en avant. — Lobe interne des mâchoires armé d’un crochet bifide. — Dernier article des palpes sécuriforme. — Mandibules tantôt bifides, tantôt entières au bout. — Labre saillant, transversal, tronqué, avec ses angles arrondis, — Tête rhomhoïdale, plus ou moins prolongée en arrière des yeux, peu saillante en avant de ceux-ci; épistome brusquement rétréci chez la plupart, sinué ou tronqué en avant, séparé du front par un sillon demi-circulaire, tantôt superficiel, tantôt fortement marqué. — Yeux en général plus ou moins grands et prolongés sur le front, dilatés inférieurement , entamés par les joues. — Antennes un peu plus courtes que le prothorax, grossissant peu à peu et déprimées à leur extrémité, à articles 3 allongé, noueux au bout, 4-5 ou 4-6 obconiques, subégaux, 6-10 ou 1-10 plus larges, carrés où submoniliformes, 11 toujours plus grand
(1) I. italicus (Deï.) ; Italie depuis le Piémont jusqu’en Sicile; croaticus, Hongrie, Croatie, Grèce; Bellardii, Candie; Truqui, loc. cit. p. 93. Dejean donne pour synonyme au premier un Tenebrio angulatus de Rossi, dont il n'existe aucune trace dans les écrits de cet auteur. — Nyc. serrata, Manerh, Bull. Mose. 1843, p. 284; Californie; figuré par M. J. L. Le Conte dans les Rep. on a railr. to the Pacif. oc. IX, Append. L, pl. 2, f. 5.
(2) Syn. Myzanis (pars), Pallas Icon. Ins. p. 37. Après avoir établi le genre Nycropares, M. Guérin-Méneville (Iconogr.; Ins. texte, p. 120) a proposé de remplacer ce nom par celui de Pallas; mais cet auteur n’a donné nulle part les caractères de son genre Myzans, dont une seule espèce (gigas) appartient à celui-ci; les autres sont des Camara où des SrronGyLiuM. — Jrammnus, Dej. Cat. éd, 3, p. 225.—Tenepnio Oliv., Fab., Herbst, Wiedem., Say, otc.— HeLors Fab, — Unis Herbst, Germar, — Trocosira Fab,
(3) Ses fermes rentrent dans les trois types suivants : il est tantôt plan, légèrement et triangulairement échaneré en ayant, avec ses angles antérieurs fortement arrondis, et parfois impressionné sur sa face externe (gigas et espèces voisines); légèrement convexe en dehors et tronqué en avant, avec ses angles aigus (vaigus, tibialis) ; ou enfin, comme chez beaucoup de Pédinides, composé de trois parties distinctes : une médiane convexe et deux latérales amincies (sinuatus). La seconde de ces formes est la plus commune; il est superflu d'ajouter qu'il y a des passages de l’une à l’autre,
372 TÉNÉBRIONIDES.
que 10. — Prothorax un peu plus étroit que les élytres, en carré transversal où subéquilatéral, plus ou moins arrondi sur les côtés et convexe en dessus, bisinué à sa base, marginé partout, sauf en avant. — Ecusson grand, en triangle curviligne. — Elytres allongées, subparallèles ou peu à peu élargies dans leurs deux tiers antérieurs, rétrécies en arrière ; leur repli épipleural dilaté et flexueux avant son extrémité. — Pattes longues; cuisses parallèles ou grossissant peu à peu ; jambes cylindriques, variables selon le sexe ; dernier article de tous les tarses au moins aussi long queles précédents réunis; le 19° des postérieurs un peu allongé. — Saillie intercoxale de l'abdomen en triangle aigu ou assez large et ogivale. — Mésosternum plan ou légèrement déclive et faiblement concave en avant. — Saillie prosternale convexe, fléchie en arrière et tronquée au hout.—Corpsallongé.
J'ai rédigé cette formule avec l'intention de comprendre dans le genre toutes les espèces qui le composent en ce moment dans les collections et en particulier dans le Catalogue de Dejean. Mais il ne pourra guère rester constitué de la sorte, et il y aura lieu de le diviser en plusieurs (1). Tout ce qu’on en peut dire en ce moment, c’est
(1) On ne pourra y laisser, entre autres, certaines espèces de la côte de Guinée (sinuatus, punctatus Fab.) qui ont le mésosteraum horizontal, fourchu, et la saillie prosternale prolongée et acuminée en arrière, ni d’autres de l’Amérique (variolosus Fab., excavatus Dej., de Cayenne) dont le mésosternum est muni de deux gros tubercules coniques, avec la saillie prosternale également prolongée. Ces insectes devront former au moins un genre nouveau, voisin des Awenorms. Je les ai néanmoins compris dans la liste suivante qui contient en
outre des espèces douteuses au point de vue générique. Plusieurs sont probablement des Uris ou des Menevmirus.
Esp. de lAmér. du Sud : Ten. gigas, Linné, Syst. nat. IL, p. 674 (Mylar. gigantea, Pallas, loc. cit. pl. G. f. 1). — Up. maxima, Germar, Ins. Spec, nov. p. 148; Perty, Del. anim. art, Brasil. nl. 12, f.6. — Ten. variolosus, Fab. Syst. EL. I, p. 146.
Esp. de l’Amér. du Nord: Ten. pensylvanicus, De Géer, Mém. V, p. 52, pl. 13, f. 10 (Up. chrysops Herbst; Ten. lœvis ? Oliv.).— Ten. barbatus, Knoch, Neue Beytr. p. 166, pl. 7, £. 1 (Ten. pensylvanicus Kirby ; Up. glaber ? Herbst). — Ten. saperdoïdes, Oliv. Entom. ILE, 57, p. 11 (Hel. spinipes Fab.; Ten. anthracinus Knoch; Var, Ten. rufipes Say).— Trogos. femorata, Fab. Syst. EL. I, p.154 (Up. fulvipes Merbst). — Nyct. inermis, Mannerh. Bull. Mosc. 1843, p.284; Californie. — Jpht. œreus, Melsheim. Proceed. of the Acad, of Philad. A, p. 65.— Nyct. intermedia, Haldem. in Stansbury’s Exped. to Utah; Append. Cp. 376. — Cette liste est empruntée à M. Melsheimer dans son Cat. of the deser. Col, of the unit. Stat. p.139; elle me paraît avoir besoin d’une révision approfondie.
Esp. africaines : Hel. sinuatus, punctatus, Fab. Syst. El. I, p.60; Guinée.— Nyct. confusus (sinuatus Fab.), hypocrila, transversalis, brevicornis, rotundicollis, Westw. Trans. of the Zvol. Soc. III, p. 224, pl. 19, f. 6-11 ; Guinée. — Ipht. crenatostriatus (hypocrita Westw.), Imholf, Verhand]. d. nat. Gosellsch.
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 373
qu'il diffère des Jearmimus par les caractères exposés plus haut à l’occasion de ceux-ci, et des Upis par la forme des cuisses,
Ses espèces sont nombreuses, mais propres aux régions chaudes de l’ancien et du nouveau continent. Quelques-unes (gigas , maxima) sont les plus grands Ténébrionides connus; les autres sont au moins de taille moyenne. Un petit nombre (par ex. @reus) sont ornées de couleurs métalliques; un noir profond, peu brillant ou mat, constitue la livrée de la plupart d’entre elles ; il est rare (confusus) qu’elle
soit en partie d’un rouge sanguin , mais commun, au contraire, que
les téguments soient recouverts d’une efilorescence fugace qui leur donne un aspect velouté ; enfin, la sculpture des élytres consiste en sillons très-marqués (par ex. valgus) ou fins et superficiels, ce qui est le cas ordinaire.
Les mâles ont presque constamment les pattes antérieures plus longues que les femelles, mais leurs jambes de la même paire varient. Plusieurs (gigas, valgus, impressus, etc.) les ont plus où moins flexueuses et crochues au bout : dans la majorité des espèces, elles sont simplement arquées; les postérieures affectent ou non cette forme. Quelquefois (angulutus, barbatus) ce sexe se reconnaît à son menton garni d’une brosse de poils.
Les Nycropares vivent sous les écorces. Jai fait connaître dans le temps (:) que les grandes espèces américaines {gigas, ete.), quand on les saisit, lancent par l'anus, à plus d’un pied de distance, une liqueur caustique, d’une odeur aussi pénétrante que celle des CaraBus.
AMENOPHIS.
J. Tuows. Archiv. entom. I, p. 93,
Genre très-voisin des Nycrogares, mais bien distinct par les caractères suivants :
Antennes élargies et déprimées à partir du 4° article : 4-10 triangulaires, en scie au côté interne, et graduellement plus larges, 11 plus grand que 40.— Mésosternum horizontal, fourchu et recevant la saillie prosternäle. — Celle-ci dilatée entre les hanches antérieures, horizontale et rétrécie en arrière, lanciforme.
in Basel, V, p. 174; Guinée. — Ten. sulcator (nec Knoch}, Klug, Ins. v. Madag. p. 91; Madagascar.
Esp. des Indes or. : Ten. impressus, Fab. Syst El. I, p.146 (sulcator Knoch). — Ten. valqus, Wiedem. Zool. Magar. AL, 1, p. 42. — Nyct. tibialis, Guérin- Ménev. loc. cit. p. 34. Tous de Java.
Esp. des Moluques, de l'Australie et de la Nouvelle-Guinée : Up. crenata, de l’Australie; sulcigera, d'Amboine; Loétinit, de la Nouv.-Guinée; Boisduv. Faun, d. l'Océan. I, p.255. — Up. angulata, Erichs, Archiv, 1842, 1, p. 174; Tasmanie, — Nyct. æquatorialis, Blanch. Voy. au pôle Sud; Entom, p. 161; Ins, pl. XI, f. 11; Borneo.
(1) Ann, à, Se. nat, XX, p. 290.
314 TÉNÉBRIONIDES.
Tout le reste est absolument identique à ce qui existe chez les Nyc- TOBATES, et c’est à tort que M. J. Thomson a placé le genre près des SreNocIA avec lesquelles il n’a rien de commun. 1 l’a fondé sur deux grands insectes (1) du Gabon, de forme plus convexe que la plupart des Nycrogares, d’un beau vert métallique brillant et dont les élytres sont assez fortement striées et ponetuées dans les stries.
J'ai eu entre les mains le mâle d’une autre espèce de la côte de Guinée, aussi grande, encore plus convexe et d’un noir profond et velouté. Ses pattes sont comme chez tous les Nycroares, notablement plus longues que dans l’autre sexe, et ses jambes antérieures légèrement arquées.
UPIS. Fas. Entom, Syst. IL, p. 75 (2).
Je ne trouve pas d'autre caractère distinctif entre ces insectes et les Nycromates, que la forme de leurs cuisses, qui sont fortement et longuement atténuées à leur base, puis renflées en une massue ovoïde et allongée.
Tout le reste varie comme dans le genre en question : cependant les espèces sont généralement plus cylindriques; leur prothorax est moins bisinué à sa base , et même parfois coupé tout-à-fait carrément; en un mot le faces varie dans chaque espèce.
Le type du genre est un assez grand insecte (3) du nord de l’Europe et de l'Amérique boréale, remarquable par la sculpture de ses élytres, qui sont couvertes de rugosités confluentes dans tous les sens. Indépendamment d’elle, il n’y en a, à ma connaissance, que deux autres des Indes orientales qui soient décrites (4). Jen ai vu et j'en possède en partie quatre autres de l'Amérique du nord.
DEROSPHÆRUS.
J. Taous. Archiv, entom. U, p. 99.
Mêrnes caractères que les Uris, avec les différences qui suivent : Tête courte, transversale, enfoncée dans le prothorax jusqu’au bord
(1) À. Fairmairei, elongata, À. Thoms. loc. cit.; le premier est figuré pl. 2, f. 3, et m'est seul connu. L’exemplaire qu'a bien voulu me communiquer M. Thomson est une femelle; je soupçonne que le second est le mâle.
(2) Syñ. Arvezasus Linné, — Sronpyzis Fab. — Teneprio De Géer, Panzer, Oliv. — Hezors Wiedem.
(3) Attel. ceramboïides, Linné, Syst. nat. IL, p. 621 (Tenebr. variolosus Do Géer, Panzer; Up. reticulatus, Say in Long’s Exped. II, p. 279).
(4) Hel. niger, Wiedem. Zool. Mag. I, 3, p. 164; Bengalo.— U, rotundicollis, Casteln. Hist, nat, d. Col. Il, p. 213; Manille.
Germar (Linn. entom. III, p. 198) a décrit une Up, cylindrica de l'Australie qui me parait être voisine des Mengeuipus et qui doit peut-être former un genre à part,
TÉNÉBRIONIDES VRAIS, 375
postérieur des yeux, du reste semblable. — Prothorax aussi long que large, arrondi sur les côtés, fortement et régulièrement convexe en dessus, à peine échancré en ayant, faiblement bisinué et rebordé à sa base. — Elytres assez courtes, convexes, fortement déclives en arrière. — Mésosternum en forme de V à branches très-divergentes. — Saillie prosternale très-concave entre les hanches antérieures, déprimée en arrière.
La forme particulière du prothorax ne suffirait pas pour distinguer ce genre des Uris, car il y en a parmi ceux-ci (par ex. rotundicollis) qui l'ont tout aussi globuleux, et j'en dirai autant de la forme générale qui est plus courte. Mais la brièveté de la tête, ainsi que la forme du mésosternum et du prosternum suflisent pour rendre cette coupe générique acceptable. Les cuisses sont peut-être encore plus fortement en massue que chez les Upis.
Le genre ne comprend qu’une espèce (globicollis) originaire du Gabon. Elle est de taille moyenne, d’un noir brillant peu profond, et ses élytres présentent des stries profondes et ponctuées, dont les intervalles sont arrondis.
TAUROCERAS.
Hore, The Coleopt. Man. I, p.130 (1).
Mes : Menton plan, graduellement élargi et triangulairement
échancré en avant. — Languette sinuée sur son bord antérieur, concave sur la ligne médiane. — Dernier article des palpes fortement sécuriforme. — Mandibules entières au bout. — Labre trans-
versal, faiblement arrondi et cilié en avant, — Tête relativement petite, munie d’un col limité en avant par un sillon circulaire, arnée au-devant des yeux d’une forte épine triangulaire , redressée et aiguë au bout; épistome brusquement rétréci, tonqué et muni sur son bord antérieur de deux longues cornes redressées, divergentes et un peu recourbées en arrière. — Yeux grands, assez saillants, lunulés, assez fortement prolongés sur le front, élargis en dessous. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, grossissant peu à peu, à articles 3 allongé, noueux au bout, 4-6 de même forme, plus courts, égaux, 7 triangulaire, 8-11 carrés, perfoliés, 11 plus long que 10.—Prothorax non contigu aux élytres, transversal, un peu convexe et sillonné sur le disque, déclive et légèrement échancré en avant, fortement arrondi, marginé et festonné sur les côtés, légèrement bisinué à sa baso, avec les angles de celle-ci rectangulaires. — Ecusson grand, curviligue. — Elytres allongées, assez convexes ; subparallèles, rétrécies et sinuées dans leur tiers postérieur. — Pattes très-longues, surtout les
(1) Syn. Bucenus, Dej. Cat. 6d. 3, p. 225. — TenspRio Fab., Oliv., Dalm,
376 TÉNÉBIIONIDES:
antérieures; ouisses robustes, subparallèles ; jambes soyeuses au côté interne; les antérieures obliquement élargies en dedans à leur sommet ; tarses allongés, très-villeux en dessous; le 4° article des postérieurs plus long que les intermédiaires réunis. — Saillie intercoxale de l'abdomen en triangle aigu. — Mésosternum en forme de V.— Saillie prosternale déprimée en arrière, et terminée par un mucro. — Corps allongé.
Femelles : Tête inerme, moins épineuse au-devant des yeux.— Antennes à peine aussi longues que le prothorax. — Celui-ci plus court et moins convexe. — Pattes plus courtes, égales entre elles; jambes beaucoup moins villeuses au côté interne ; tarses notablement moins
longs.
M. Hope a donné pour iype à ce genre le Tenebrio cornutus de Fabricius et Olivier (1), que ces deux auteurs indiquent comme originaire des environs de Smyrne, mais qui est, sans aucun doute, un insecte de l'Amérique du Sud, congénère avec deux autres espèces du mème pays publiées par Dalman et M. Perty (2). C'est d’après ces deux dernières que je donne les caractères du genre, qui est bien distinct de tous ceux de ce groupe, ne fût-ce que par la forte dissemblance qui existe entre les deux sexes.
Ce sont de fort grands insectes, d’un noir assez brillant en dessous, mat et comme velouté en dessus, et dont les élytres sont fortement sillonnées (añgulatus) ou ponctuées en stries (aries).
ZOPHOBAS, (Des) Branon, Hist. nat, d, Ins. IL, p. 15 (3).
Menton plan, trapéziforme, transversal. — Languette légèrement échancrée en avant. — Dernier article des palpes en fer de hache subtransversal. — Mandibules entières à leur extrémité. — Labre saillant, sinué, avec ses angles arrondis. — Tête rhomboïdale, prolongée et rétrécie en arrière des yeux; épistome séparé du front par un sillon demi-cireulaire, bien marqué, brusquement rétréei et tantot échancré
(1) Fab. Syst. EL. I, p. 147; Oliv. Entom. I, 57, p. 6, pl. 1, f. 2097; ces deux auteurs avaient pris connaissance de cet insecte dans la collection de Banks. Le mâle diffère de ceux des deux espèces mentionnées dans le texte, par ses jambes antérieures qui sont munies, selon Olivier, de deux dents, l’une interne, petite, l’autre externe, terminale et précédée d’une sinuosité. Ce caractère sexuel ne me paraît pas suffisant pour qu’on en sépare génériquement les espès ces de Dalman et de M, Perty.
(2) Ten. aries, Dalm. Anal. entom. p.60 (Bucer, armatus Dej.). — Ten. angulatus, Perty, Delect. Anim, art. Brasil. p. 57, pl, 12, f. 7 @ (Buc. Taurus Dej.). Tous deux du Brésil.
(3) Syn, HeLors Fab., Sahlb, — Trweprio Oliv.
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 377
ou sinué, tantôt coupé carrément. — Yeux fortement transversaux, plus où moins sinués et assez prolongés sur le front, atténués inférieurement. — Antennes plus longues que le prothorax, surtout chez les mâles, grossissant peu à leur extrémité, à articles 3 très-allongé, 4-1 ou 4-8 subégaux ou décroissant et s’élargissant peu à peu, obconiques ou déprimés, 8-10 où 9-10 plus courts, 14 plus grand que 40, obliquement tronqué au bout. — Prothorax quadrangulaire, légèrement arrondi et finement rebordé sur les côtés, bisinué ou non à sa base, tronqué en avant, avec ses angles antérieurs rabaltus et arrondis, — Elytres un peu plus larges que le prothorax à leur base, allongées, graduellement rétrécies en arrière. — Pattes longues, surtout les antérieures ; cuisses graduellement renflées ; jambes de forme variable, en général à peine tomenteuses à leur extrémité interne; le 4° article des quatre tarses postérieurs plus long que les intermédiaires réunis. — Saillie intercoxale de l’abdomen en triangle aigu. — Mésosternum déclive, fortement concave. — Saillie prosternale déprimée en arrière des hanches antérieures, parfois munie d’un court mucro, — Corps allongé.
Ce genre se distingue, au premier coup-d’œil, de tous les précédents, par les antennes, dont les articles terminaux varient dans chaque espèce, mais qui sont toujours plus longues que le prothorax. Celles des femelles ne dépassent que médiocrement la base de cet organe quand elles sont repliées en arrière ; chez la plupart des mâles elles sont aussi longues que la moitié du corps. L’échancrure de l'épistome caractériserait encore mieux le genre, si elle était constante; mais, très-profonde chez quelques espèces (par ex. morio), elle est réduite chez d’autres (par ex. quadrimaculatus) à un simple sinus ; dans ce dernier cas, elle manque chez les femelles, qui l'ont toujours moins prononcée que les mâles. .
En outre de ces deux caractères, les sexes de ces insectes se reconnaissent à la forme de leurs pattes antérieures : celles des mâles sont plus longues, leurs cuisses sont plus robustes, et leurs jambes plus arquées. Parfois, en outre (quadrimaculatus), ces organes sont mumus au côté interne, chez les femelles, de longs poils roux qui n'existent qu’en vestige chez les mâles. .
Les Zopnoas sont tous de grande taille et d’un noir profond, ve- Jouté, que relèvent sur les élytres, chez quelques-uns d’entre eux (quadrimaculatus, bifasciatus), deux bandes interrompues, d’un rouge san- Bu, Ces organes sont striés et ponctués régulièrement.
Sauf quelques espèces inédites, découvertes récemment au Mexique, le genre est propre à l'Amérique du Sud et aux Antilles (1).
(1) Hel, morio, Fab. Syst. EL L, p. 160 (Ten. nigritus Oliv.) ; des Antilles e de la plupart des régions de l'Amérique équatoriale. — Tenebrio quadrimaoulatus, Oliv, Entom. HI, 57, p. 8, pl. 1, f. 6; Brésil. —Hel, opacus, Sahlb, Peric.
MENEPHILUS, Murs. Col, de France; Latiyèn. p. 276.
Ce genre ne se distingue du suivant que par les particularités que s voici :
Tète plus prolongée en arrière des yeux; ceux-ci, par suite, plus distants du prothorax, plus gros, plus larges, faiblement entamés par les joues. — Antennes beaucoup plus courtes que le prothorax, grossissant peu à peu, avec leurs derniers articles transversaux et serrés, — Prothorax coupé carrément en avant, tronqué ou bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs spiniformes et prolongés en arrière, — Elytres fortement striées-ponctuées, avec une strie scutellaire trèsmarquée. = Pattes plus courtes ; les antérieures parfois (longipennis) très-allongées chez les mâles; jambes sans éperons terminaux; les antérieures arquées dans les deux sexes et crochues au bout chez les mâles; 4° article des tarses postérieurs plus court que les intermédiaires, le dernier plus long que les précédents réunis.
Cet ensemble de caractères donne à ces insectes une physionomie fort différente de celle des Tenrpnto, à quoi il faut ajouter que tous sont très-étroits et syeltes, d’un noir brillant, fortement ponctués dans les stries des élytres, dont les intervalles sont convexes, et enfin, que tous ceux qui me sont connus ont l'extrémité interne des jambes antérieures garnie d’une brosse de poils jaunes soyeux qui n'existe pas dans le genre suivant. Quelques espèces de celui-ci, entre aulres . celles propres à l’Europe, n’ont pas les tarses plus garnis de poils que les Teneerto, mais ce caractère disparaît chez celles des exotiques qui me sont connues. La séparation des deux genres est en outre justifiée par les différences qui existent entre leurs larves, et qui ont été signalées plus haut.
Le type du genre est le Ten. curvipes des auteurs (1), insecte de l'Europe australe et orientale. Les autres espèces décrites sont propres à l'Australie (2).
entom. p. 17, fi. 1, f.7 Q ; Brésil. — Z. bifasciatus, Brichs. Archiv, 1847, | p. 118; Pérou. :
Le Tenebrio costatus de M. Guérin-Méneville (Voy. d. 1. Coq.; Entom. p.97; Ins. pl.4, f.5; Zoph. sulcipennis Dej.) que Dejean et Erichson (loc. cit.) com prennent dans le genre actuel, s’en éloigne par ses antennes plus courtes eb plus robustes, surtout par son mésosternum fourchu et sa saillie prosternale prolongée ‘en arrière et acuminée; son facies est également très-différent de celui des espèces précédentes. Cet insecte doit former un gènre propre: Il hubite le Pérou,
(1) Fab, Syst. El. I, p. 145 (cylindricus Herbst; affinis Rossi),
(2) Ten. longipennis, conveziusculus, Hope, Traus, of the entom. Soc. IV,
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 319
TENEBRIO.
Liné, Syst. nat. Ed. 6.
Menton trapéziforme, plus où moins convexe sur la ligne médiane. — Languelte tronquée ou un peu sinuée en avant.— Lobe interne des mâchoires muni d’un crochet corné. — Dernier article des palpes labiaux ovalaire et tronqué au bout ou un peu triangulaire; celui des maxillaires sécuriforme. — Labre très-peu saillant, faiblement échancré et cilié en avant. — Tête rhomboïdale, peu prolongée en arrière des yeux; épistome séparé du front par un très-fin sillon, saillant, graduellement rétréci et tronqué ou sinué en avant. — Yeux peu distants du prothorax, fortement transversaux, entamés par les joues 5 leur portion inférieure beaucoup plus grande que la Supérieure. — Antennes un peu plus ou à peine plus courtes que le prothorax, à article 3 plus ou moins allongé, avec les suivants grossissant peu à peu, obconiques et serrés, plus rarement (molitor) ayant leurs quatre derniers articles moliniformes et perfoliés. — Prothorax en carré transversal, faiblement arrondi et finement rebordé sur les côtés, échancré en démi-cercle en avant, bisinué à sa base, avec les angles de celle-ci peu saillants. — Ecusson en triangle curviligne, rarement (molitor) transversalement hexagone. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, allongées, parallèles, pointillées et faiblement striées. — Pattes médiocres; cuisses robustes, renflées ou non; jambes arrondies, les avtérieures plus ou moins arquées, au moins chez les mâles; les éporons de toutes bien distinets; tarses garnis-en dessous de cils peu abondants; le 1 article des postérieurs plus long que les deux suivants réunis; le dernier plus court que les précédeuts pris ensemble, — Mésosternum presque plan ou déclive, peu où médiocrement concave. — Saillie prosternale recouxbée en arrière. — Corps allongé, parallèle, peu convexe.
Ce genre, dont les anciens auteurs avaient fait un magasin où se trouvaient entassées les espèces les plus disparates, ne comprend plus que celles qui sont exactement conformes à la formule qui précède. Plusieurs, que les auteurs les plus récents y admettent, s’en trouvent par là exclues et doivent rentrer parmi les Mexrmizus qui précèdent.
Les Texrnrio, ainsi limités, sont des insectes de taille moyenne, plus où moins criblés en dessus de petits points enfoncés, qui contribuent à rendre opaque leur couleur, laquelle est presque d’un brun
p.110. — hunilis, colydioides, corvinus, Erichs. Archiv, 1842, L, p. 174; le premier est liguré dans le Voy. au pôle Sud. ; Ins. pl. 11, £, 9, — nigerrimus, Blanch, Voy. au pôle Sud ; Entom. p. 163, pl. 11, f. 40.
Ces espèces australiennes ne me sont pas toutes connues, et c'est d’après les descriptions que je rapporte au genre celles que je n’ai pas eu occasion de voir,
380 TÉNÉBRIONIDES.
noirâtre, sujet, chez quelques-uns, à passer au ferrugineux. La vestiture de leurs tarses, qui n’a pas été assez remarquée, leur serait propre dans le groupe actuel, si elle ne se retrouvait pas chez quelques espèces de MENEPHILUS.
Les habitudes de ces insectes sont assez variées; il en est qu’on ne trouve que sous les écorces ou dans les troncs cariés des vieux arbres; d’autres, parmi lesquels figurent les deux espèces (molitor, obscurus) les plus communes d'Europe, se nourrissent principalement de son, de farine ou (obscurus) de substances animales. Par suite de ce régime, l'une d’elles (molitor) a 6té transportée presque partout par l'homme,
Le genre paraît être limité, au point de vue géographique, à l’Europe, l'Afrique et l'Amérique du Nord (1).
, ro ZOLODINUS.
Brancu. Voy. au pôle Sud; Entom. p. 159.
Menton quadrangulaire, un peu transversal. — Languette légèrement échancrée. — Dernier article des palpes labiaux épais et fortement tronqué; celui des maxillaires en fer de hache un peu oblique. — Labre visible en entier, court, faiblement sinué. — Tête rhomboïdale ; épistome court, confondu avec le front, arrondi en avant. — Yeux libres, gros, saillants, subarrondis et faiblement sinués en avant, munis d’une large orbite en dessous. — Antennes de la longueur du prothorax, peu robustes, filiformes, à articles 3 assez allongé, 4-7 plus courts, égaux, 8-10 moins longs que les précédents, 11 aussi grand que 7, ovalaire. — Prothorax médiocrement transversal, faiblement rétréci en arrière, légèrement et largement échancré en avant et à sa base, avec les angles de celle-ci assez aigus. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres allongées, graduellement rétrécies en arrière, planes dans leurs deux tiers antérieurs, coupées carrément à leur base, avec leurs épaules rectangulaires. — Pattes assez longues ; cuisses 10-
(1) Esp. européennes : T. molitor auctor. — obseurus, Fab., Herbst, Panzer, ele. (Var. morio Herbst). — opacus, Duftschm. Faun. austr. Il, p. 299. — transversalis, Duftschm. ibid. p. 300 (loripes? 3. Sturm, Deutschl, Ins. U, pi. 47, f. eC; laticollis Steph. ; noctivagus, Muls. et Rey).— Esp. africaines : T. guineensis, Imhoff, Verhandl. d. nat. Gesellsch. in Basel, V. p. 174 (subrugosus Dej.); Sénégambie, Angola, Natal. — foveicollis, J. Thoms. Archiv. entom. Il, p.90; Gabon.—Esp. de l’Amér. du Nord: T, æneus, DeGéer, Mém, V, p. 53,ple 13, f. 11 .— depressus, Fab. Syst. EL. I, p. 147 (planus Oliv.). — castaneus, Knoch, Neue Beytr. p.171 (interstitialis Say)—sublævis, minimus, variolosus, elongatus, Paliss.-Beauv. Ins, d’Afr. et d’Amér. p.163, pl. 91, f. 4-9.— badius, Say, Journ. of the Acad. of Philad, LL, p. 256.— rufinasus, Say, Boston Journ. of nat. “Hist. L, p. 187. — estriatus, 3. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p: 149; Californie. La plupart de ces espèces américaines me sont inconnues; plusieurs n’appartiennent probablement pas au genre.
TÉNÉBRIONIDES VRAIS. ‘à 381
bustes, graduellement épaissies ; jambes droites, arrondies; leurs éperons distincts ; tarses finement villeux en dessous ; 4°° article des postérieurs aussi long que le 4°, — Mésosternum concave dans toute sa longueur, — Saillie prosternale recourbée en arrière.— Corps allongé, déprimé, rétréci en arrière, glabre.
La forme des yeux suflirait à elle seule pour distinguer ce genre de tous les précédents, et, à un moindre degré, celle des antennes, qui sont aussi cylindriques que celles des Goniadérides, mais sans que leur dernier article soit allongé. L’unique espèce (1) de la Nouvelle- Zélande qui le compose, est de la taille d’un grand Texeprio, d’un brun de poix assez brillant, ponctuée sur le prothorax et fortement sillonnée sur les élytres, avec les sillons ponctués et leurs intervalles costiformes. J'ignore si les deux sexes présentent quelques différences dans la forme des pattes; l’exemplaire que j'ai sous les yeux les a simples, mais pourrait bien être une femelle.
GROUPE II. Catapiestides.
Lobe interne des mâchoires sans crocket corné. — Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme.— Tête rétrécie postérieurement en un col étroit; épistome trapéziforme. — Antennes grossissant peu à peu. — Prothorax transversal. — Prosternum et mésosternum extrêmement larges, plans.
Le genre Cararigsrus de M. Perty diffère tellement des autres Ténébrionides vrais par la largeur extraordinaire du prosternum et du mésosternum, qu'il devrait, à la rigueur, former une tribu distincte. La tête elle-même, sans cesser d’être rhomboïdale, affecte une forme particulière, par suite du col court et étroit dont elle est munie postérieurement. Mais comme par tout le reste de leur organisation, ses espèces appartiennent manifestement à la tribu actuelle, ilme parait préférable de ne les regarder que comme constituant un groupe particulier dans cette dernière.
CATAPIESTUS.
Penry, Col. Indiæ or. p. XXXVIII (2).
Menton légèrement convexe dans son milieu, subcordiforme, tronqué en ävant. — Languette faiblement et largement échancrée. —
(1) Z. selandicus, Blanch. loc. cit. p. 169; Ins. pl. 11, £. 7, sous le nom de Zophobas selandicus.
(2) Syn. Prarera (De Haan), Casteln. Hist. nat. d. Col. LE, p. 215; M. De Castelnau attribue, à tort, la création de ce nom à M. Perty; il n'avait évidemment pas consulté l’ouvrage de ce dernier, cité plus haut.