PROPHANES
Wesrw. Trans. of the entom. Soc. V, p. 203.
Une définition de ce genre, tel que l’a composé M. Westwood, n’est pas possible, les quatre espèces qu’il y comprend différant les unes des autres par des caractères essentiels. Je prends pour type celle qu'il a placée en tête.
Organes buccaux des deux genres précédents. — Tête enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux inclusivement, presque carrée ; épistome séparé du front par un sillon transversal, tronqué en avant, avec ses angles antérieurs obtus. — Yeux grands, médiocrement séparés sur le front, sinués en avant. — Antennes des PLATYPHANES, mais un peu moins dilatées au bout. — Prothorax transversal, presque droit sur les côtés, quadrangulairement échancré en avant, avec ses angles antérieurs prolongés en épines aiguës, à peine bisinué à sa base; ses angles postérieurs faiblement arrondis. — Elytres allongées, parallèles, rétrécies dans leur quart postérieur, avec leur angle sutural épineux. — Pattes longues et grèles; 4° article des tarses postérieurs très-allougé; le dernier de tous au moins aussi long que les précédents rôunis. — Saillie intercoxale médiocrement large, ogivale. — Métaster-
(1) P. gibbosus, Westw. loc. cit, pl. 20, f. 6, avec des détails.
CYPHALÉIDES, au
num transversalement concave. — Prosternum et mésosternum des deux gonres précédents. — Corps allongé, médiocrement convexe.
L'espèce typique (:) est dé grandetaille, d’un bronzé obscur brillant, avec deux fossettes arrondies sur le disque du prothorax et autant d'impressions à sa base, près des angles postérieurs ; ses élytres sont irrégulièrement ponctuées et présentent chacune trois lignes saillantes, peu distinctes. Elle se trouve dans l’Australie méridionale,
HEMICYCLUS.
(Hore) Wesrw. Arcan. enlom. 1, p. 44.
Menton trapéziforme. — Languette tronquée en avant. — Dernier article des palpes maxillaires très-grand. — Labre transversal, entier. — Tôte courte, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux inclusivement, presque carrée; épistome séparé du front par une dépression transversale, très-court, tronqué en avant, avec ses angles arrondis.— Yeux assez grands, transversaux, lunulés. — Antennes grêles, un peu plus longues que le prothorax, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-6 obconiques, les cinq derniers grossissant peu à peu et
(1) P. aculeatus, Westw. loc, cit. p. 204, pl. 20, f. 4— Les trois autres espèces décrites par M. Westwood en diffèrent par les points suivants :
Metallescens. Tète allongée, avec l’épistome subarrondi en avant. — Yeux presque contigus sur le front. — Antennes plus longues et plus grêles, à 3° article très-allongé,les cinq derniers plus courts, mais pas plus épais que les précédents. — Elytres tronquées au bout, avec une épine à chaque extrémité de la troncature,
Simpleæ. Epistome brièvement et obliquement rétréci, fortement échancré en avant. — Prothorax légèrement arrondi sur les côtés, avec ses angles antérieurs non saillants, bi-impressionné en avant et à sa base. — Elytres non épineuses au bout,
Striatopunctatus. Tète arrondie et largement trônquée en avant. — Prothorax fortement arrondi sur les côtés antérieurs, avec ses angles antérieurs non saillants, largement bisinué à sa base, avec un lobe médian large et arrondi, — Elytres non épineuses au bout. — Métasternum nullement concaÿe. — Mésosternum évasé et largement échancré en demi-cerele en avant.
À quoi il fant ajouter que dans chacune de ces espèces la sculpture des ély- Les varie, sans ressembler à celle de l'aculeatus. Je connais en outre trois autres espèces qui ne s'accordent pas plus avec les précédentes que celles-ci le font entre elles. L'une d'elles, voisine du melullescens, est l’Adelium cupreum de M. G.R. Gray (in GriMith's Anim. Kiugd.; us. II, p. 22, pl. 80, £. 2); les deux autres sont inédites. 11 faut par conséquent ou laisser le genre tel que l'a constitué M. Westwood, ou le diviser en sept. Ce n’est là, du resto, qu'un exemple entre cent, de l'instabilité des formes dans la famille actuelle.
L’Helops plicipennis de M. Perty (Col. Ind. or. p. 41) me paraît appartenir
à ce genre et correspond probablement à l’une des espèces décrites par M. Westwood,
412 TÉNÉBRIONIDES.
faiblement, — Prothorax court, rétréci et fortement échancré en avant, coupé obliquement de chaque côté de sa base, avec le milieu de celleci très-arrondi, aminei latéralement. — Elytres très-amples, convexes, suborbiculaires, largement échancrées en demi-cercle antérieurement, rebordées sur les côtés; leur repli épipleural horizontal, entier. — Pattes médiocres; hanches antérieures transversales ; cuisses comprimées; jambes droites; tarses grêles, le 4® article des postérieurs allongé, le dérnier de tous plus court que les précédents réunis, — Saillie intercoxale médiocrement large, ogivale. — Prosternum comprimé; sa saillie postérieure plane, lanciforme en arrière, — Corps hémisphérique, glabre.
Insectes singuliers, reproduisant, parmi les Ténébrionides, les formes des Coccivecra et de certains Æcrrnus. M. Westwood en décrit deux espèces de l’Australie, l'une (grandis) assez grande (1), l'autre (metallicus) de moitié plus petito, toutes deux parfaitement lisses, d’un bleu d'acier éclatant, avec des reflets verts et cuivreux. Les mäles se distinguent des femelles par leurs quatre tarses antérieurs légèrement dilatés.
CHARTOPTERYX.
Wesrw. Arcan, entom. 1, p. 43 (2).
Menton trapéziforme, un peu convexe en dehors. — Languette entière. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires très-grand, transversalement sécuriforme. — Labre transversal, entier. — Tôte enfoncés dans le prothorax jusqu'aux yeux exclusivement ; orbites antennaires un peu redressées ; épistome séparé du front par un sillon arqué, court, brusquement rétréci et tronqué en avant. — Yeux médiocres, lunulés, — Antennes plus longues que le prothorax, grêles, à articles 3 très-allongé, cylindrique, 4-7 de même forme, décroissant peu à peu, 8-11 plus courts, déprimés et un peu plus larges. — Prothorax transversal, rectiligne, sauf ep avant, etrebordé sur les côtés, quadrangulairement échancré en avant, avec ses angles antérieurs aigus, coupé carrément à sa-base, avec un lobe médian large et arrondi. — Elytres à peine plus larges que le prothorax, arrondies aux épaules, convexes et graduellement élargies, puis forte: ment rétrécies dans leur tiers postérieur. — Pattes longues; cuisses fusiformes; jambes arrondies, droites; tarses plus courts que les jambes; le 4° article des postérieurs très-allongé, le dernier de tous plus court que les précédents réunis. — Saillie intercoxale large, ar-
(1) Elle est figurée pl. 12, f. 3 a-c. M. Westwood se demande si le metallicus n'en serait pas le mâle; j'ai sous les yeux dos individus de ce sexe appartenant aux deux espèces. ;
(2) Syn. Ouisruæna, Erichs. Archiv, 1842, I, p. 177.
CYPHALÉIDES. H3
rondie en avant. — Prosternum caréné dans toute sa longueur ; sa saillie postérieure lanciforme et aiguë au bout. — Corps villeux.
M. Westwood a fondé ce genre sur un très-bel insecte de l'Australie (1), d’assez grande taille, ponctué finement sur la tête et le prothorax, plus fortement sur les élytres et présentant un dessin remarquable, Sa couleur générale est d’un vert brouzé plus clair sur les élytres, et la déclivité postérieure de ces dernières est ornée d’un réseau irrégulier, lisse, dont les mailles sont formées par des lignes criblées de points enfoncés et portant des poils plus serrés que ceux qui revêtent le corps en dessus; ces lignes enclosent des espaces d’un bleu d'acier brillant, C’est à cette particularité qu'a été emprunté le nom du genre.
Cet insecte est convexe, et sa forme élargie en arrière lui donne un facies particulier. Mais il existe dans le même pays quelques autres espèces plus petites, plus parallèles, moins convexes, et dont la livrée est d’un noir brillant uniforme ; à part cela, elles présentent identiquement les mêmes caractères génériques. C’est sur l’une d’elles (>) qu'Erichson à établi son genre OLisraænA, qui ne me paraît pas suflisamment distinct de celui-ci,
LEPISPILUS. k (Hope) Wesrw, Arcan. entom. 1, p. 44 (3).
Menton transversal, trapéziforme. — Languette arrondie en avant. — Dernier article des palpes labiaux en triangle équilatéral, celui des maxillaires en triangle plus long que large. — Lohe interne des mâchoires inerme. — Labre transversal, légèrement arrondi en avant. — Tôte engagée jusqu'aux yeux dans le prothorax, plane; épistome confondu avec le front, graduellement rétréci et tronqué en avant, — Yeux médiocres, transversaux et sinués en avant. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, à articles 3-5 obconiques, allongés, subégaux, 6-7 triangulaires, allongés, déprimés, 8-10 suborbicuaires, 11 oblongo-ovale.— Prothorax transversal, droit sur les côtés en arrière, arrondi et rétréci en avant, médiocrement et quadrangulairement échancré antérieurement, coupé carrément à sa base, avec un lobe médian large, court et arrondi, sillonné sur la ligne médiane et
(1) C. Chüdrenü, Westw. loc. p. 44, pl, 12, f. 2.
(2) O. nitida, Erichs. loc. cit. p. 178, pl. 4, £. 8; de la Tasmanie. — Je doute légèrement que les O. cuprina et planicollis des iles Wallis (Polynésie) dé- Gites par M. L. Fairmaire (Rev. et Mag. d, Zool. 1849, p. 451) appartiennent au genre,
() Syn. Pacuycoura, Dej. Cat. éd. 3, p. 208, et Boisduv. Faun. de l'Océan. IL, p. 208, Dejean a classé le genre dans sa famille des Mélasomes, à la suite des Nycrozoiuus ; mais ce n’est certainement pas là sa place.
#4 TÉNÉBRIONIDES.
peu convexe en dessus. —Ecusson en triangle rectiligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax à leur hase, assez convexes, parallèless rétrécies dans leur tiers postérieur; leurs épipleures entières. — Pattes assez longues; cuisses robustes, atténuées à leur base; jambes comprimées, les quatre antérieures un peu dilatées en dehors à leur extrémité; les éperons de toutes bien distincts; tarses plus longs que les jambes; le 1° article des postérieurs très-allongé, ainsi que le dernier de tous, — Saillie intercoxale courte, assez large, ogivale, — Mésosternum déclive, fortement concave, recevant la saillie prosternale, — Celle-ci assez étroite, obtuse en arrière. — Corps oblong, pubescent.
La place de ce genre me paraît être dans le groupe actuel, bien qu'il s’écarte des carüctères généraux de ce dernier, par l'absence de crochet au lobe interne des mâchoires et la déclivité du mésosternum qui, du reste, est profondément excavé, comme dans les genres précédents. Pour le surplus, son unique espèce (:) dé la Tasmanie est complètement à l’état normal, et reproduit exactement les formes des Orisraæna d'Erichson. C’est un insecte de taille moyenne, rougeñtre, criblé de points enfoncés sur la tête et le prothorax, avec les élytres vaguement sillonnées. La fine pubescence blanchâtre qui le revêt est en partie disposée par touffes, et forme sur le bord latéral et médian de chaque élytre une sorte detache plus grande que les autres,
TRIBU XL, CNODALONIDES.
Languette saïllante; ses palpes rapprochés à leur base. — Lobe interne des mâchoires inérme. — Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibules vresque toujours entières et tronquées à leur extrémité. — Labre saïllant. — Tête de forme variable, — Antennes grossissant peu à peu, le plus souvent élargies et déprimées à partir du 6° ou du 7° article. — Yeux transversaux, échaner6s, très-rarement voilés par le prothorax, souvent distants de ce dernier. — Prothorax en général un peu plus étroit que les élytres à leur base , non où à peine échancré (TerraPHyzLus excepté). — Ecusson plus ou moins grand. — Elytres émbrassant faiblement le corps; leur repli épipleural entier en arrière. — Hanches antérieures globuleuses ; éperons des jambes nuls; tarses villeux ou munis de brusses en des-
(1) Z. sulcicollis, Westw. loc. cit, pl. 42, f. 4. M. Boisduval, après l'avoir décrit sous le nom de Pachycælia sul@icollis) Va reproduit une seconde fois | sous celui d’Helops sulcicollis (loc. cit. p.268, pl. 7, f. 5). Il est vrai que dans quelques collections de Paris on trouve, comme étant ce dernier, un insecte classé parmi les SRoNGYLIUM; muis c’est à tort; il n’a rien de commun avec la description ct la figure que donne M, Boisduval de l’Hxvors en question:
CNODALONIDES. A1S
sous ; les quatre antérieurs parfois légèrement dilatés chez les mâles ; leur dernier article très-long chez la plupart, — Saillie intercoxale de largeur variable, ogivale ou en triangle aigu. — Métasternum trèsallongé ; ses épisternums parallèles ou graduellement rétrécis en arrière. — Mésosternum horizontal, fourchu et recevant la saillie prosternale (Tiræna excepté). — Epimères mésothoraciques en général très-grandes. — Corps ailé.
Cette tribu comprend les derniers Ténébrionides platygènes de la cohorte actuelle, qui réunissent à des antennes grossissant peu à peu un métasternum allongé et un mésosternum plus ou moins horizon- {al, fourchu, ou du moins fortement excavé, et recevant en partie la saillie prosternale. Cette combinaison de caractères se retrouve chez les Cyphaléides qui précèdent, mais ces derniers, ainsi que je l'ai dit précédemment, y ajoutent des mandibules fendues à leur extrémité, des mâchoires munies d’un crochet corné, et un prosternum comprimé, ettrès-souvent caréné en avant des hanches antérieures, particularités qui n’existent pas ici ou du moins que très-exceptionnellement, et jamais toutes à la fois.
Deux genres bien connus des entomologistes, les CNopazoNet les Camara, peuvent être considérés comme les types de la tribu. La grande majorité des espèces sont, comme les leurs, arquées en dessus, souvent comme gibbeuses, en un mot plus ou moins régulièrement naviculaires. Celles qui s’éloignent de cette forme sont allongées, étroites ot cylindriques (Hypocazis, TITÆNA) ou cunéiformes (ACROPrERON), ce qui les a fait placer parmi les Strongyliides, avec lesquels, à part cela, elles n’ont rien de commun. Cette anologie et celle indiquée plus haut avec les Cyphaléides ne sont pas les seules que présentent ces insectes. Les Scorzus et les CyrrosomA reproduisent ici la forme de tête particulière aux Diapérides et aux Ulomides. Celle des Hyrocaus et des Tiræna ressemble presque complètement à celle des Mrsorampus et des Sexænotus de la tribu des Hélopides. Enfin, les Campsra et les Camara, surtout ces dernières, touchent de si près les Nycropates du groupe des Ténébrionides vrais, qu’il n’est pas rare de trouver dans les collections, des espèces à couleurs métalliques de ce dernier genre confondues parmi elles.
Les Cnodalonides sont tous exotiques et conñnés dans les régions intertropicales de l’ancien et du nouveau continent, mais celui-ci en possède beaucoup plus que le premier. Ce sont, pour la plupart, de fort beaux insectes, de grande taille et ornés de couleurs variées, souvent métalliques. Tous ceux dont les habitudes sont connues, vivent à la façon de nos Hecors européens.
Ces insectes étaient des Hélopiens pour Latreille (1), qui n’a, du
(1) Règne anim. éd. 2, V, p. 37. Les deux genres mentionnés par Latreille sont les GnopaLon et les Cawpsra auxquelles il réunissait les Camara.
416 TÉNÉBRIONIDES.
reste, connu que deux de leurs genres. Dejean les a dispersés parmi ses Taxicornes, ses Ténébrionites, ses Hélopiens , et c’est dans cet état qu’ils se trouvent en ce moment dans les collections. On croirait, d'après cela, qu’il existe de notables différences entre eux, tandis qu’au contraire leurs genres ont des rapports tels que je ne trouve pas de caractères suflisants pour les répartir dans des groupes secondaires (1),