‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 81 sur 123 · I. Corps arqué et souvent gibbeux en dessus, naviculaire · texte numérisé non relu

I. Corps arqué et souvent gibbeux en dessus, naviculaire

a Epistome tronqué au niveau de l'insertion des antennes.

— largement sinué en avant : Scofœus,

— entier : Cyrlosoma..

aa Epistome dépassant plus ou moins l'insertion des antennes. D Prothorax anguleux ou festonné latéralement.

Epaules des élytres tronquées obliquement : Cnodalon. 5 prolongées en une saillie conique : Thecacerus.

bb Prothorax arrondi ou rectiligne sur les côtés.

c !ète engagée jusqu'aux yeux inclusivement dans Je prothorax : Tetraphyllus.

ce Tète dégagée du prothorax; yeux distants de ce dernier. d Elytres non épineuses à leur extrémité : Camaria. dd — épineuses — Pattes très-longues et grêles : Campsia.

— médiocres : Blapida.

Il. Corps étroit, cylindrique ou cunéiforme.

e Elytres épineuses à leur extrémité : Acropteron. €8 —- non — Mésosternum fourchu; saillie prosternale horizontale : Hypocalis. — déclive; — verticale : Titæna..

(1) La tête dont les trois formes principales sont signalées plus haut, semblerait, au premier coup-d'œil, pouvoir servir de base à la création de trois groupes, mais il n’en est rien. En la prenant pour point de départ, les CxRTOsOMA se trouveraient séparés des Cnoparon et des Tugcacenus dont ils sout si Voisins par l’ensemble de leurs caractères; et, d’un autre côté, il faudrait isoler dans un groupe à part les Hypocaus et les TreÆna qui, avec une tèle semblable, diffèrent notablement par la structure de leur mésosternum , lequel est à l'état normal chez les premières, et simplement déclive et à peine concave chez les secondes.

CNODALONIDES. 417

SCOTÆUS.

Hore, Trans. of the entom. Soc. I, p. 14 (1).

Menton trapéziforme, convexe sur la ligne médiane. — Dernier article des palpes labiaux subeylindrique et tronqué au bout ; celui des maxillaires très-grand, en fer de hache transversal et oblique. — Labre découvert eñ entier, transversal et sinué en avant. — Tête courte, munie d’un col en arrière ; ses joues. arrondies ; épistome séparé du front par un sillon transversal , tronqué presque au niveau de l'insertion des antennes, et largement sinué en avant. — Yeux grands, transversaux, lunulés et prolongés sur le front. — Antennes de la longueur du prothorax, robustes, à articles 3 obconique, aussi long que 4-5 réunis, ceux-ci subégaux et subpyriformes, les suivants transversaux, déprimés, peu à peu élargis, carrés où un peu dentés en scie au côté interne et assez serrés, {1 plus grand que 10. — Prothorax transversal, médiocrement convexe, rétréci en arrière , arrondi en avant sur les côtés, avec son bord antérieur entier, faiblement bisinué à sa base, fortement marginé partout , sauf antérieurement, — Ecusson grand, en triangle curviligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, assez convexes, oblongoovales, rebordées latéralement; leur repli épipleural peu à peu rétréci en arrière. — Pattes longues et robustes; cuisses en massue tès-allongée et un peu arquées, les quatre postérieures au moins villeuses en dessous dans leur milieu ; jambes arrondies , toutes villeuses dans leur moitié terminale interne ; larses très-villeux en dessous, le 17 article des postérieurs un peu allongé, le dernier de tous à peine aussi grand que les précédent#réunis. — Saillie intercoxale

. large, ogivale. — Mésosternuim subhorizontal ; fortement concave en avant. — Saillie prosternale déprimée en arrière et terminée par

Un Court mucro. — Corps oblongo-ovale, glabre et brillant en dessus,

Ce genre se compose de quelques belles et assez grandes espèces des Indés orientales, dont une seule (2) est décrite en ce moment. Elle

(1) Syn. Eucynrus, Dej. Cat. éa. 3, p. 219.

@) S. corallipes, Hope, loc. cit. p. 15, pl. 1, f. 4; de Java. On regarde généralement, dans les collections de Paris, comme synonyme de cet insecte, l'Eucyrtus Pretiosus de Dejean, mais tout-à-fait à tort. Ce dernier est plus &rand, plus convexe, d’un cuivreux-violet très-brillant, à reflets violets en dessus, et ses pattes sont noires, avec un large anneau rouge aux cuisses. C'est une Gspèce très-distinote et également de Java. — L'Eucyrtus spiendens du même auteur, répandu depuis Java jusqu'au Sylhet, se rapproche, pour là forme, du Corallipes, mais il est plus grand, d'un violet éclatant en dessus, avée les pattes

Coléoptères. Tome Y. 27

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est d’un noir brillant, avoc les pattes , sauf les tarses, d’un rouge de corail, Sa tête et son prothorax sont eriblés de petits points enfoncés ; d’autres, plus gros et disposés en rangées régulières, se voient sur les élytres. je

Chez les trois espèces du genre qui me sont connues , les mâles se distinguent des femelles par leurs cuisses ét leurs jambes beaucoup plus villeuses ; cette villosité est même médiocrement apparente chez ces dernières.

Dejean avait placé ces insectes parmi les Taxicornes et immédiatementen avant des CNODALON.

CYRTOSOMA.

Perry, Del. Anim. art. Brasil. p.59 (1).

Mêmes caractères que les CNopALON qui suivent, avec les différences que voici :

Menton transversal, trapéziforme, aminci sur les bords latéraux. — Languette tronquée en avant. — Labre en entier à découvert, y compris sa membrane d'attache, un peu rétréci et arrondi en avant, — Epistome largement tronqué, presque au niveau de l'insertion des antennes. — Repli épipleural des élytres graduellement rétréci d’arrière en avant. — Mésosternum déclive , en forme de V à branches divergentes, recevant très-imparfaitement la saillie prosternale. — Celle-ci déprimée et peu saillante en arrière, obtuse au bout.

Ces insectes sont généralement réunis aux CNODALON dont ils sont très-distinets par les caractères qui précèdent, parmi lesquels je signalerai sunout la forme du repli épipleural de leurs élytres, qui est à L'état normal et non brusquement dilaté à sa base comme dans le genre en question. AE »

L'espèce décrite par M. Perty et quelques autres publiées ou non (2), reproduisent de près les formes du Cnodalon viride, ÿ Com-

entièrement noires, et ses élytres sont finement striées, au lieu d’être ponctuées en stries.

Le genre Praryengmis (Eschseh.) de Dejean (loc. cit.) est fondé sur un insecte (2. violacea Dej.) des Philippines, extrèmement semblable, sous tous les rapports, à cet Euc. splendens, sauf pour les tarses, qui sont excessivement larges, avec leurs articles très-rétrécis à leur base et échancrés en ayant au point d’être bilobés. L’exemplaire unique que j'ai sous les yeux est probablement un mâle, et il est possible que ces organes soient plus étroits chez la fes melle.

(1) Syn. Gnopazon, Lepellet. de St-Farg. et Serv., De Casteln., Dej., etc.

(2) C. unicolor, Penty, loc. cit. p. 60, pl. 42, f. 10; Brésil mér.— Cnod. atrum, Lepellet. de St-Farg. et Serv. Encyel. méth. Ins, X, p.97; Cayenne. = Cn. Lherminiert, Chevrol. im Guérin-Ménev. Iconogr.; Ins. p. 123, pl. 3l, £, 10; Guadeloupe.

CNODALONIDES, M9

pris celle du prothorax, 11 en est d’autres (1) qui sont plus allongées et beaucoup moins convexes, sans qu’on puisse néanmoins les retrancher du genre, dont elles offrent, à part cela, tous les caractères essentiels. Mais il y en a quelques-unes (+) qu’on y a comprises certainement à tort et qu’on devra en retirer.

Les espèces typiques (unicolor, atrum , etc.) sont au moins de la taille du Cnodalon viride et d'un noir presque mat. Les autres, de forme oblongue, sont plus petites et de couleur variée; l’une d’elles (lineatum) est ornée d’une livrée métallique éclatante; les autres sont d’un noir brillant, avec des raies longitudinales d’un rvuge sanguin sur les élytres.

Le genre est répandu depuis les bords de la Plata jusqu'aux Antilles inelusivement et n’est nulle part mieux représenté que dans la Guyane et la Colombie,

CNODALON.

Lan. Préc, d, car, génér. à. Ins. p. 23 (3).

! Menton étroit, en triangle allongé et arrondi en avant. — Languette arrondie antérieurement. — Palpes épais; leur dernier article en triangle subéquilatéral, — Labre dépassant à peine l’épistome, largement échancré. — Tête à peine rétrécie en arrière ; épistome séparé du front par un sillon quadrangulaire, assez saillant, brusquement rétréci et tronqué en ant. — Yeux distants du prothorax, médiocres, transversaux et sinués. — Antennes plus courtes que le prothorax, assez robustes, à articles 3 allongé, subeylindrique, 4-5 courts, obconiques, égaux, 6-7 trigones et saillants au côté interne, 8-10 (ransver- Saux, 11 plus grand que 10, largement arrondi au bout. — Prothorax transversal, faiblement rétréci en arrière, à peine échancré en avant, avec ses angles antérieurs rabattus et obliquement tronqués, anguleux

(1) Cnod. lineatum, De Casteln. Hist. nat. d, Col. IL, p. 230; Cayenne, — Le Cnod. Cruentum de Dejean (Cat. éd. 3, p. 219) et quelques espèces inédites Yiennent ici.

(2) Tels sont notamment les Cned. minutum et spheniscoides de Dejean, loc. tit. Tous deux ont le métasternum très-court; le premier a, en outre, un épistome Saillant, obtusément ogival, le second dés antennes d'Herors. L'un et l'autre me paraissent appartenir à la tribu des Hélopides.

(3) Aucune espèce n’est désignée dans cet ouvrage, et c'est plus tard (Hist. dal. d. Ins, X, p. 920, et Gener. Crust. et Ins. Il, p. 183) que Latreille a appris à ses lecteurs qu'il avait eu en vue l'insecte mentionné dans le texte, — Le genre CNopazon du Fabricins (Syst. EL. Il, p. 12), n'a aucun rapport avec celui-ci. Des Six espèces qui le composent, quatre (cupreum, triste, smaragdulun, ametiystinum), sont des AMAnYGMUs; une cinquième (nebulosum) parait ètre un 2PITRAGUS ; la dernière (dilatatum) m'est inconnue, mais, étant du Cap, n’ap- Partient certainement ni au genre acluel ni aux Cyrrosoma,

420 TÉNÉBRIONIDES.

dans son milieu sur les côtés, coupé carrément en arrière, avec un 1ohe médian court, large et tronqué, rebordé de toutes parts. — Evusson en triangle eurviligne allongé. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, courtes, très-convexes, parallèles dans leurs deux tiers antérieurs; leur repli épipleural brusquement et carrément dilaté au niveau des épaules, interrompu subitement avant son extrémité. — Pattes assez longues ; cuisses linéaires; jamhes arrondies, un peu CoMprimées; dernier article des tarses plus long que les précédents réunis; le 4° des postérieurs un peu allongé. — Saillie intercoxale large, fortement arrondie en avant. — Mésosternum horizontal, fourchu, recevant la saillie prosternale. — Celle-ci lanciforme et acuminée en arrière. — Corps convexe, glabre.

Latreille a fondé ce genre sur un bel insecte (1) de Haïty, d'assez grande taille, d’un beau vert bleuâtre brillant, lisse, et dont les élytres présentent des rangées régulières de points enfoncés, les uns arrondis, les autres allongés, mais tous profonds, surtout les derniers. Depuis, on lui à associé un assez grand nombre d'espèces de l'Amérique intertropicale, qui en diffèrent notablement par leur menton, leur labre, leur tête, le repli épipleural de leurs élytres et leur mésosternum. Ces différences réunies ont plus qu’une valeur de section, et ces espèces doivent rentrer, pour la plupart, dans le genre précédent, de M. Perty. L’insecte décrit par Latreïlle reste par conséquent jusqu'ici sans congénère.

THECACERUS. 4 Des. Cat. éd. 3, p. 229.

Genre extrêmement voisin des CNOpALON et n’en différant que par les particularités suivantes :

Menton trapéziforme, très-convexe sur la ligne mediane, étroitement aminei sur les côtés en avant. — Labre plus saillant, avec sou bord antérieur légèrement arrondi. — Elytres de même forme, avec les épaules prolongées en un fort tubercule conique dirigé en dehors, et ayant chacune dans leur milieu un tubereule sembiable, mais plus grand et dirigé en haut et un peu en dehors; leur repli épipleural graduellement rétréci et entier en arrière.

Tout le reste, y compris la ponetuation des élytres, est pareil, et il n’y a rien d'étonnant à ce que MM. G. R. Gray et De Castelnau aient

(1) C. viride, Latr. Hist. nat. d. Crust. et d. Ins. loc, cit. pl. 89, £. 5, et Gen. Grust. et Ins. loc. cit. pl. 10, f. 7; figures grossières, ainsi qu'une troisième qui existe dans l’Encycl. méth. Ins. pl. 361, f. 13. Cet insecte est rare dns les collections. Latreflle lui rapporte avec doute l'Helops morbillosus de Fabricius (Syst. El. 1, p. 158), dont la description lui convient en elfet assez bien.

CNODALONIDES. 49

placé parmi les CNopALoN, sous le nom de On. nodosum (1), Vanique espèce qui compose le genre. Dejean, au contraire, a complètement méconnu ses analogies en la mettant avec ses Dicyrrus, immédiatement à la suite des SPneniseus (2).

. L’insecte en question est plus grand que le Cnod. viride, un peu plus allongé et d’un bronzé brillant ; deux fossettes arrondies et profondes se voient sur le disque de son prothorax. La ponctuation de ses élytres, tout en étant de même nature que chez le Cnod. viride, comme je viens de le dire, est un peu moins régulière, surtout à la partie postérieure de ces organes. Ce hel insecta n’est pas rare au Brésil, du moins dans la province de Rio-Janciro,

TETRAPHYLLUS.

DE Casrezn. et BruLLé, Ann. d. Sc. nat. XXIIL, p. 404 (3).

Menton trapéziforme , caréné sux la ligne médiane. — Languette tronquée en avont. — Labre transversal, entier, avec ses angles antérieurs arrondis. — Tête courte, plane, enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux inclusivement, souvent marquée d’un sillon longitudinal sur le front; épistome séparé de ce dernier par un très-fin sillon arqué, peu saillont, subarrondi et tronqué ou sinué en avant. — Yeux médiocres, transversaux, lunulés. — Antennes médiocres ou assez courtes, grêles, à articles 3 obconique et plus long que les suivants, 4-6 obconiques, égaux, les cinq derniers déprimés, triangulaires (sauf 11), et formant peu à peu une massue allongée, de largeur variable (4). — Prothorax penché, fortement transversal, plus ou moins rétréci et échancré en avant, coupé carrément à sa base , avec un lobe médian faible et arrondi. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, globoso- ou oblongo-elliptiques, très-convexes; leur repli épipleural horizontal et brusquement rétréci avant l'angle sutural. — Pattes longues; cuisses parallèles ; jambes droites; 49 article des tarses posté-

(1) G.R. Gray in Griffith’s anim. Kingd.; Is. II, p. 22, pi. 74, f. 1, avec des détails ; De Casteln. Hist. nat, à. Col. IL, p. 230 (Thec. plerocerus Deij.).

(2) Les Dicynrus sont réellement voisins des Sruenisous. Ces deux genres L'ont que des rapports généraux avec le groupe actuel et appartiennent aux Ténébrionides otidogènes.

(3) Syn. Damarius, Casteln. Hist. nat. d. Col. IL, p. 224. — Hyronorus, Dej. Cat. 6d, 3, p. 224; Imhoff., — Camana, Klug, Ins. v. Madag. p. 94.

(4) Ces organes sont, par conséquent, pentaphylles, et le nom qui a été imposé au genre exprime un caractère qui n'existe pas; constamment le 76 article des antennes prend visiblement part à la formation de la massne. Il serait, dèslors, convenable de substituer au nom de Terrarnyzzus celui de Damarnis, que M. De Castelnau a imposé à l’une des sections qu'il a établies dans le genre. Il €sl rare (par ex. Smaragdinus) que la massue en question soit large et comme

foliacée ; elle est généralement fort grêle.

422 TÉNÉRRIONIDES.

rieurs médiocrement allongé; le dernier de tous plus grand que les précédents réunis. — Saillie intercoxale largement ogivale. — Mésosternum horizontal et fourchu. — Prosternum fortement échancré en demi-cerele en avant; sa saillie postérieure cunéiforme ou arrondie au bout, prolongée postérieurement, — Corps de longueur variable, trèsconvexe, glabre.

MM. De Castelnau et Brullé ont placé ce genre parmi les Diapérides; Dejean a 6t6 un peu plus heureux en le mettant parmi ses Hélopiens; Klug l'a réuni aux CAMARIA qui suivent, et dont il est en effet voisin, Il diffère essentiellement de tous les genres du groupe actuel (TiræÆNA excepté), par la brièveté du prosternum en avant, qui fait qu’au repos la tête, chez quelques-unes de ses espèces, s'appuie sur la saillie prosternale et les hanches antérieures. É

Ges insectes sont généralement fort courts èt comme bossus; quelques-uns seulement sont assez allongés, mais entre ces deux formes il y a tous les passages (1). Leur couleur varie du bleu ou du vert métallique au cuivreux doré. Tous ont Jes élytres régulièrement striées, mais finement, et souvent ces stries ne présentent aucune ponctuation.

Suivant M. Goquerel, qui a donné une bonne monographie des espèces de Madagascar (2), celles de ce pays vivent sous les écorces, parfois en sociétés nombreuses, et laissent exsuder entre les anneaux de l'abdomen et les insertions des pattes, un fluide d’une âcreté extrème. Le genre existe aussi à la côte de Guinée, dans l'Australie et aux îles Philippines (3).

(1) C'est d’après ce caractère illusoire de la forme générale, que M. De Castelnau a, depuis, divisé le genre en trois sections, dont deux seulement lui appartiennent : les TETRAPHYLLUS VRAIS, à corps très-court et globuleux, les Da- MATRIS, à corps Ovalaire. — La troisième section, qu'il nomme CYTOREA, est établie sur un Érotylien, l'Erofylus dimidiatus d'Olivier. Voyez ma Monogr. d. Érotyl. p. 406.

(2) Ann. d. 1. Soc. entom. 1852, p. 382; le prodrome de ce travail a paru dans la Revue et Mag. d. Zool. 1851, p. 88

(3) Esp. de Madagascar : D. formosus C. et B. (Hybon. globusus Dej , Cam. brevis K1.), mirificus, Deyrollei, splendidus C. et B., acerbus, acidiferus, bal teatus, Buquetii, purpuratus, smaragdinus, cuprinus, thorucicus, Coquer: loc. cit. — Esp. de la côte occ. d'Afrique : Hybon. femoralis, lmhof, Verhandl. d. Naturf, Gesellseh. in Basel, V, p. 176; Guinée.— T. testaceipes, byrrhoides, J. Thoms. Archiv.entom.Il, p. 97; Gabon.— Esp. de V’Australie : 7. Reaumuri, De Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 224. — sumpluosus, Hope, Trans. of the ent. Soc. IV, p. 109. — Esp. des îles Philippines : T. Latreillei, Gasteln. ct Brullé, loc. cit. p. 405, pl. 10, f. 6 (an huj. gen.?).

CNODALONIDES. 423

CAMARIA.

Encycl. méth.; Ins. X, p. 454 (1).

Menton en carré transversal ou équilatéral, plus ou moin$ convexe sur la ligne médiane. — Tête rhomboïdale, plus ou moins saillante, plane sur le front; épistome séparé de ce dernier par un fin sillon quadrangulaire, brusquement rétréci, assez saillant, tronqué ou faiblement échaneré en avant. — Yeux plus ou moins grands, transversaux et sinués en avant. — Antennes (2) tantôt plus courtes, tantôt plus longues que le prothorax, à articles 3 allongé, obconique, 4-5 de même forme, un peu plus courts, 6-10 élargis, déprimés, triangulaires, plus ou moins saillants au côté interne, 44 plus grand que 10, ovale. — Prothorax peu convexe, en carré transversal, faiblement rétréci en avant, légèrement bisinué à sa base, rebordé partout, sauf parfois dans son milieu, en avant. — Elytres plus larges que le prothorax, grandes, convexes et arquées en dessus, parallèles dans les deux tiers de leur longueur, puis rapidement rétrécies en arrière; leurs épaules obtusément saillantes et précédées d’une dépression; leur repli épipleural entier. — Pattes de longueur variable, les trois 497 articles des quatre tarses antérieurs plus ou moins larges, lé pénultième de tous grêle , le dernier très-grand. — Saillie intercoxale ogivale ou en triangle aigu au bout (3). — Saillie prosternale cunéiforme ou lanciforme en arrière, imparfaitement reçue dans la cavité mésosternale.—Corps allongé.

Genre riche en espèces, les unes de très-grande taille, les autres de grandeur moyenne, mais pour la plupart voisines les unes des autres et assez difficiles à distinguer entre elles. La sculpture des élytres qui sont tantôt fortement, tantôt finement striées, offre, sous ce rapport, plus de ressources que la couleur, qui est presque constamment uni-

(1) Syn. Hezors Fab., Germar, — Mycanis (pars) Pallas.

(2) Les auteurs du genre, Lepelletier de Saïnt-Fargeau et A. Serville, n'avaient assigné que dix articles à organes, erreur qui à été relevée, il y a longtemps, par Latreille (Règne anim, éd. 2, V, p. 37, notc). — La forme décrite dans le texte est l'ordinaire; mais il y a quelques espèces (par ex. aurivittis) chez les mâles desquelles le 5e article est tout aussi denté que le 6e. — ll en existe en outre, dans l'Himalaya, quelques-unes inédites, de grande taille, qui n'ont que leurs quatre derniers articles élargis et en même temps trèsallongé, rétrécis à leur base, sauf le dernier, el nullement dentés au côté interne, — Chez la chalcoptera de Madagascar, les yeux sont plus grands que de Goutume, déprimés en avant, et forment en arrière une sorte de bourrelet arrondi. C’est la seule, à ma connaissance, qui présente cette forme singulière.

(3) La première de ces formes existe généralement chez les espèces de l'antien continent, la seconde, chez celles de l'Amérique; elles pourront ôtre uti liséos pour diviser lo genre en sections.

424 TÉNÉBRIONIDES.

forme et varie du vert bronzé au bronzé obsour, en général très-brillant.

Les pattes varient aussi beaucoup sous le rapport de la longueur; dans les.grandes espèces elles égalent presque celles des CaMPSrA qui suivent, et les cuisses postérieures atteignent, à peu de chose près, l'extrémité de l'abdomen. Chez les petites (par ex. awrivitlis) ces organes se raccourcissent considérablement, ot les cuisses en question ne sont pas plus longues que celles des AcRopTERON. La légère dilatation des quatre tarses antérieurs, signalée plus haut, semble être un caractère plutôt spécifique que sexuel.

Ces insectes abondent dans les régions intertropicales de l'Amérique du Sud; hors de R il n’y en a qu'à Madagascar, dans l'Himalaya et à Java. On n’a encore décrit qu’une petite partie de ceux qui existent dans les collections (1).

CAMPSIA.

Encycl. méth.; Ins. X, p. 455 (2).

Mèmes earactères que les CamanrA, sauf les points suivants :

Yeux plus gros et plus saillants. — Antennes plus longues que le prothorax, à articles 3 plus grand que les deux suivants, cylindrique, renflé au bouts 4-5 de même forme, égaux, 6 10 triangulaires, dentés en scie au côté interne, 44 plus long que 10, irrégulièrement ovoïde. — Elytres plus convexes, du reste de même forme, et épineuses à l'angle sutural. — Pattes très-longues; jambes arrondies, grèles; les quatre antérieures arquées, épaissies et munies d’une brosse de poils à leur extrémité au côté interne ; tarses des mêmes paires ayant leur trois premiers articles un peu dilatés.

On n’en connaît que deux grandes espèces (+) originaires du Brésil, et communes dans les collections. Toutes deux ont les élytres réguliè-

(1) Les Helops mefallicus, æneus et striatus de Fabricius (Syst. EL. I, p.197 et 161) paraissent se rapporter au genre: = Cela est certain pour les Mylaris gibbosa et speciosa de Pallas, Icon. Ins. p. 38, Tab. C, f. 2,3; du Brésil. — C. nitida, Encyel. méth. loc. cit. p. 455; Brésil, — Hel. aurivittis, Germar, Ins. Spec. nov p. 158; Brésil. — C. spinipennis, Casteln. Hist. nat. d. Col. I, p. 231; Brésil (an huj. gen.?). — C. chalcoptera, Klug, Ans. v. Madag: p: 94. Klug décrit six autres espèces, dont une (brevis) est un TerTravayLLus ; Îles cinq autres (obscura, purpurata, helopioides, rufitarsis, hœmorrhoidalis) ont besoin d’être revues; quelques-unes rentreront probablement dans le même genre.

(2) Syn. Cnopazon Dalmon. — Herors Perty.

(3) Cnod. irroratum, Dalm. Anal. entom, p. 62 (C. multipunetata Dej): — C. testacea, Encyel. mêth. loc. cit. (Hel. flavus, Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 61, pl. 12, f. 15).

CNODALONIDES. 425

rement striées, mais diffèrent sous le rapport des couleurs, l’une (festacea) étant d’un fauve testacé sans taches, l’autre (irrorata) noire, avec les élytres testacées et ornées d’une multitude de petites taches noires, pour la plupart quadrangulaires.

Le genre est peu distinot des Camara, et s’en distingue plutôt par le système de coloration de ses espèces, que par des caractères positifs.

BLAPIDA. Penry, Del. Anim. art. Brasil. p. 58 (1).

Organes buccaux des deux genres précédents. — Tête un peu plus allongée, régulièrement, mais faiblement rhomboïdale; épistome largement échancré en avant. — Yeux assez grands, transversaux, échancrés. — Antènnes plus courtes que le prothorax, à articles 3 notablement plus long que les suivants, 4-5 obconiques, subégaux, 6-10 tiangulaires, obtusément en scie au côté interne, 11 plus grand que 10, ovale ou subtransversal. — Prothorax en carré équilatéral ou transversal, à peine échancré en avant, avec ses angles antérieurs arrondis, bisinué à sa base, avec son lobe médian large et arrondi, rebordé partout, sauf dans son milieu en avant. — Elytres notablement plus larges que le prothorax, calleuses aux épaules, très-allongées, convexes à leur base, longuement déclives en arrière, subparallèles dans leur moitié antérieure, puis rapidement rétrécies et prolongées au-delà de l’abdomen, en deux épines entre lesquelles la suture est canaliculée. — Pattes longues; jambes droites; tarses non dilatés, le 1‘ article des postérieurs médiocrement allongé, le dernier de tous plus long que les précédents réunis. — Le surplus comme dans les deux genres précédents. — Corps très-allongé, glabre.

Ces insectes, plus voisins des Campsia que des CaMaRIA, par suite de la structure de leurs antennes, se distinguent \les unes et des autres par la forme singulière de leurs élytres. Ils sont de grande taille, brillants, très-lisses, avec les élytres striées et marquées dans leur moitié postérieure , principalement sur les côtés, d’impressions trans- Yersales plus où moins distinctes. Comme celle des Cawpsia, leur livrée ne brille d'aucun éclat métallique, et varie dans les trois espèces connues (2), du noir brillant (Okext) au brun-rougeâtre (Spixit), ou au vert-olive (Pertyi). Ces insectes sont du Brésil, et, sauf le Spam, communs dans les collections.

(1) Syn. Ryssocmron, G. R. Gray in GriMth’s Anim. Kingd, ; Ins. pl. 50; Ce genre n’est pas mentionné dans le texte de l'ouvrage.

(2) B. Okeni, Porty, loc. cit. p. 59, pl. 12, f. 9 (Ryss. politus, Gray, loc. cit. pl. 50, f. 4, ct 79, . 2, détails; Blap. producta Dej.). — Pertyi (glauca Dei.) Spivii, Casteln, Hist. nat. d. Col. IL, p. 232.

k ACROPTERON.

Penry, Del. Anim. art. Brasil. p.64 (1).

Menton presque plan, trapéziforme, avec ses angles antérieurs un peu incisés. — Languette coupée carrément en avant. — Dernier article des palpes labiaux en triangle équilatéral, celui des maxillaires fortement sécuriforme.—Labre court, entier, avec ses angles arrondis, — Tôte courte, enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux exclusivement, plane sur le front; épistome séparé de ce dernier par un sillon peu marqué, médiocrement rétréci et tronqué ou arrondi en avant. — Yeux médiocres, transversaux, saillants, presque entiers. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, grèles, à articles 3 plus long que les suivants, 4-10 obconiques, décroissant et grossissant peu à peu, mais faiblement, à leur extrémité, 41 aussi long que 10, ovalaire. — Prothorax en carré transversal, peu ou médiocrement convexe, faiblement échaneré en avant, bisinué à sa base. — Ecusson médiocre, arrondi en arrière. — Elytres très-longues, de la largeur du prothorax et légèrement trisinuées à leur base, graduellement rétrécies, épineuses et légèrement déhiscentes à leur extrémité, leur repli épipleural incomplet en arrière. — Pattes courtes ; cuisses robustes, ovoïdes, atténuées à leur base; les postérieures plus courtes que le 2e segment abdominal; jambes arrondies, presque droites, leurs éperons à peine visibles; tarses plus longs que les jambes, comprimés ; le 1% article des postérieurs assez allongé, le dernier de tous au moins aussi long que les précédents réunis. — Saillie intercoxale étroite, en triangle très-allongé et aigu. — Mésosternum horizontal et fourchu (rufipes) où subdéclive et en forme de V concave (æneum). — Saillie prosternale prolongée en arrière, eunéiforme. — Corps grêle, trèsallongé, graduellement rétréci en arrière.

Ces insectes s’éloignent sensiblement de tous ceux qui précèdent, par leur facies, mais au fond, ils en ont tous les caractères essentiels. En tout état de choses, ils n’ont aucun râpport avec les SrroNGYLIUM, non loin desquels on les trouve ordinairement dans les “collections.

Ce sont des insectes de taille moyenne pour le groupe actuel, parfois assez petits, et de couleurs généralement métalliques ; leurs élytres ne sont jämais sillonnées à ma connaissance , mais simplement ponetuées en stries. Les mâles, outre leur taille plus petite, se distinguent ordinairement des femelles par la présence d’une bande de poils fauves sous les cuisses. Ils sont répandus dans la plus grande partie de l'Amérique du Sud (2).

(1) Syn. Anrmromarus, Solier in Gay, Hist. de Chile; Zool. V, p. 246. — Srnenosowa, Dej. Cat. éd. 3, p. 233. — Toxicum Germar. : (2) 4. rufipes, œæneum, Perty, loc. cit, p. 65, pl. 13, £. 8, 9. — Toæ. gent

CNODALONIDES. 427

Germar, par suite d’une erreur peu explicable, a cru qu’ils appartenaient au genre Toxicun de Latreille. En ‘dernier lieu, Solier a fondé son genre ARTHROPLATUS sur une espèce (1) du Chili qui, au point de vue générique, né diffère absolument en rien des autres.

HYPOCALIS.

Des, Cat, 6d. 3, p. 228 (2).

Menton carré,caréné sur la ligne médiane, largement impressionné de chaque côté en avant. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires très-grand, en fer de hache transversal. — Labre tronqué. — Tête courte, penchée, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux, convexe sur le vertex; épistome séparé du front par un fin sillon arqué, court et largement arrondi en avant. — Yeux assez grands, déprimés, lunulés. — Antennes un peu plus courtes que le prothorax, peu robustes, à articles 3 long et cylindrique, 4-7 obconiques, grossissant peu à peu ainsi que les suivants, 8-10 transversaux, 11 beaucoup plus long que 10, ovalaire et déprimé.— Prothorax en carré subtransversal, médiocrement convexe, faiblement échancré eu avant, rectiligne sur les côtés, coupé carrément, avec un faible lobe médian à sa base, rebordé partout, sauf en avant. — Ecusson assez petit, en triangle curviligne, — Elytres médiocrement longues, subeylindriques, aussi larges que le prothorax et tronquées à leur base ; leur repli épipleural entier. — Pattes courtes; cuisses robustes, les postérieures dépassant un peu le 2° segment ahdominal; jambes arrondies, légèrement arquées; tarses courts, le dernier article de tous aussi long que les précédents réunis. — Saillie intercoxale ogivale. — Mésosternum horizontal, en forme de V. — Saillie prosternale cunéiforme, assez saillante en arrière. — Corps subcylindrique, un peu déprimé.

Des deux espèces que MM. De Castelnau et Brullé ont comprises dans leur genre HemicerA, l’une (splendens) m’a paru pouvoir rester parmi les Diapérides. L'autre est tout-à-fait différente, et Dejean l’a rapprochée avec raison des CamartA, en établissant sur elle son genre Hyrocaus, dont j'expose par exception les caractères, parce qu'il fait le passage entre les genres qui précèdent et les TiræÆNA qui suivent.

Cet insecte (+), très-rare dans les collections, est de taille assez petite,

Culatum, Germar, Mag. IV, p.150. — To. nigripes, Germar, Ins. Spec. nov. D. 147. Tous du Brésil.

(1) Æ. palipes, Solier, loc. cit. p. 247, pl. 20, f. 11 a-d.

(2) Syn. Humicena (pars), De Casteln. et Brullé, Ann. d, Se. nat. XXII, (3) Her. arcuata, De Casteln. et Brullé, loc, cit. (Hyp, lineata Doij.).

428 TÉNÉBRIONIDES.

finement rugueux en dessus, avec des rangées régulières d'assez gros points enfoncés sur les élytres. En dessous, sa couleur est d’un brun rougeâtre, supérieurement d’un bleu d’acier à reflets cuivreux, dorés et d’un rouge de feu. L'île de la Réunion est sa patrie.

TITÆNA.

Encus, Archiv, 1842, I, p. 179.

Menton trapéziforme. — Languette arrondie en avant. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Labre transversal, arrondi en avant. — Tête courte, enfoncée dans le- prothorax jusqu'aux yeux, convexe sur le vertex, verticale et appuyée au repos sur les hanches antériéures ; épistome séparé du front par un sillon en arc à convexité antérieure, largement arrondi en avant, — Yeux contigus au prothorax , assez gros , arrondis, saillants, à peine entamés par les joues. — Antennes au plus aussi longues que le prothorax, médiocrement robustes, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-8 obconiques, grossissant peu à peu, 9-11 un peu plus gros, déprimés, transversaux, 11 plus grand que 10, arrondi au bout. — Prothorax transversal, subeylindrique , graduellement et faiblement rétréci en arrière , étroitement marginé sur les côtés , tronqué en avant , largement arrondi en arc à sa base: — Ecusson médiocre, en triangle curviligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, allongées, cylindriques; leur repli épipleural remontant au niveau des épaules, réduit à une simple tranche dans sa moitié postérieure. — Pattes courtes; cuisses robustes, les postérieures atteignant à peine le bord postérieur du 2° segment ahdominal ; jambes arrondies ; 1° article des tarses postérieurs àssez allongé, le dernier de tous plus court que les précédents réunis. — Saillie intercoxale en triangle aigu. — Mésosternum déclive, concave. — Prosternum profondément échancré en arc antérieurement; sa saillie verticale et brusquement recourbée en arrière. — Corps allongé, cylindrique, finement pubescent.

Ce genre se compose de quelques espèces (1) de l'Australie et de la Nouvelle Zélande , tellement semblables, sous la rapport de la forme générale, aux SrenucuiA de Kirby, qu’Erichson s’y est trompé et les a classées à côté de ces dernières, dont il les regardait même comme médiocrement distinctes. Mais il suffit d’un court examen pour voir que leur organisation est complètement différente de celle de ces insectes.

(1) T. columbina, aleyonea, Erichs. loc. cit.; la première est figurée pl. 4, f. 9; dans quelques collections de Paris, elle est inscrite sous Le nom de Strongulium voluulum. Toutes deux sont de l'Australie. — ÆErichsonii, A. White, Voy. of the Ereb. and Terr,; Entom. p. 12; Nouvelle-Zélande.

HÉLOPIDES. 429

D'un autre côté, elles ne s’éloignent pas moins des espèces typiques du groupe actuel par leur facies, et l’idée ne viendrait pas de les comprendre dans ce dernier , si les Hypocazis et les ACROPTERON ne formaient pas le passage entre elles et les CamARIA, CaMPS1A, ete., qui précèdent.

Comme celle des Hypocauis, la tête de ces insectes a les plus grands rapports avec celle des MisozamPus et des Spnærorus. Ils ont, à trèspeu de chose près, les antennes et les trèscourtes paltes du même genre, et leur prosternum est aussi échancré en avant que celui des TernarayLrus. Leur mésosternum, il est vrai, s'éloigne un peu de la forme typique qu'il a dans la tribu, mais il y a déjà quelque chose d'approchant chez les Cyrrosoma.

Les Trræna sont de taille moyenne , criblées de gros points enfoncés en dessus , et revètues, sauf sur l’abdomen, de poils fins médiocrement abondants et redressés. Leur couleur varie, selon les espèces, du violet foncé au bleu.

TRIBU XLI

HÉLOPIDES.

Languette saillante , ses palpes assez distants à leur base. — Lobe interne des mâchoires inerme (EnopLopus et AMPHIDORA exceptés). — Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme (PENTRE excepté). — Mandibules fissiles ou non à leur extrémité. — Labre plus où moins saillant. — Tête en général prolongée en arrière des yeux, arrondie ou trapéziforme en avant. — Antennes le plus souvent longues et grêles, filiformes ou légèrement dénrimées à leur extrémité, parfois médiocres ou courtes et grossissant peu à peu; leur dernier article presque toujours plus grand que le pénultième. — Yeux do forme variable, généralement petits, plus où moins distants du prothorax. — Celui-ci de forme variable. — Elytres embrassant tantôt faiblement, tantôt assez fortement le corps; leur repli épipleural enlier en arrière. — Pattes longues chez la plupart; hanches antérieures globuleuses; éperons des jambes souvent nuls ou à peine distincts; tarses revêtus en dessous de poils formant une brosse on non; les antérieurs, et souvent les intermédiaires, dilatés chez les mâles ; leur pénultième article parfois subbilobé. — Saillie intercoxale rarement (Pexrme, Nepopes) étroite et aiguë, en général large et arrondie en avant. — Métasternum de longueur variable ; ses épisternums médiocrement larges ou étroits, parallèles. — Mésosternum déclive, faiblement ou non concave, très-rarement (Hecemona) horizontal et four- £hu. — Saillie prosternale presque toujours recourbée en arrière, — Corps aptère ou ailé.

430 TÉNÉBRIONIDES.

Ainsi que son nom l'indique, cette tribu a pour type l’ancien genre Hgcops des auteurs. Il est à peine nécessaire de dire qu’elle ne contient qu’une petite partie des espèces que Latreille, et surtout Dejean, ont comprises dans leur famille des Hélopiens. Non-soulement cette famille, telle qu'ils l'ont composée , n’est susceptible d'aucune définition , mais elle se fond si insensiblement avec les Ténébrionites de Dejean, que Solier avait-pris, avec raison, le parti de la réunir à ces derniers pour en former son groupe des Coryssoptérides (1). Mêmeen la restreignant comme je le fais, il n’est guère possible de préciser rigoureusement les limites qui la séparent de quelques-uns des groupes de la cohorte actuelle et en particulier des Ténébrionides vrais.

Cela vient surtout de ce que le principal caractère de ces insectes réside dans leurs antennes (2), c’est-à-dire dans ce qu'il y a de plus variable peut-être chez les Ténébrionides. On peut se faire une idée exacte des trois formes les plus communes qu’affectent ces organes, d’après les cinq genres de la tribu que possède l’Europe.

Dans un premier groupe (APOCRYPHA, CONONOTUS, AMPHIDORA, ADE- Lium) ayant pour type les Læna, les antennes sont de longueur moyenne, filiformes ou légèrement épaissies, sans aucune trace de dépression, et leurs articles sont tous obconiques, sauf les deux outrois derniers qui sont sujets à devenir pyriformes ou ovoïdes.

Dans un second (Henoruçus, Zopmius, PsEUDHELOPS, etc.), ces organes reproduisent les formes qu’on observe chez les Misozampus. Ils

(1) Voyez Ann. d.1. Soc. entom. III, p. 492. Solier, du reste, n’est pas resté fidèle à son opinion primitive. Après avoir dit que sa famille des Coryssoptérides comprenait presque tous les Ténébrionites de Latreïlle et ses Hélopiens, moins le genre Acanrnopus (Enorropus), il a plus tard (in Baudi et Truqui, Studi entom, p. 155) reporté parmi les Collaptérides de sa tribu des Blapsites, ce même genre Acanruopus, ainsi que les Læna et les Aveuum, que Latreille avait placés parmi les Hélopiens. En voyant figurer à côté de ces genres les MisoLampus que Latreille avait classé parmi les Ténébrionites, on se demande, saus en trouver la raison, pourquoi les SpHænoTus, qui en sont si voisins, ne s'y trouvent pas aussi. — M. de Brème, qui a publié sur plusieurs genres (Mi- SOLAMPUS, SeHÆROTUS, Zopuius, Herrorueus et Divomus) de la tribu actuolle, un travail spécial, les place également parmi les Blapsides. Voyez sa brochure intitulée : « Monographie de quelques genres de Coléoptères hétéromères appartenant à la tribu des Blapsides, » (in-8v 26 p. avec 1 pl. n. Paris, 1842), brochure qui n’est qu'une réimpression de deux articlés insérés dans la Revue zoologique, 1842, p. 81 et 106. -

(2) C’est uniquement d'après ces organes que Latreille, dans tous ses ouvrages, à défini ses Hélopiens; los autres particularités distinctives qu’il leur assigne, sont vagues ct sans aucune valeur Les auteurs Les plus récents, qui udmettent une famille des Hélopides, n'ont pas trouvé d’autres caractères que celui dont il s'agit en ce moment, et en effet il ny en a pas. Voyez, par exemple, L. Redtenbacher, Faun. Austr. ed, I, p. 53; ét Mulsant, Col. d. France; Latigèn. p. 293.

HÉLOPIDES. - 434

sont au plus de longueur médiocre, et vont en s’élargissant graduellement à leur extrémité, avec leurs derniers articles déprimés ettransversaux (Ps£upneLors, quelques Hezrorueus) ou non. C’est, en un mot, la forme normale des antennes des Ténébriorides vrais (1).

Dans un troisième (Hecemowa, HebypHANES), ces organes sont faits comme chez les Exorrorus , Hecops et Nepnones, c'est-à-dire grèles et très-allongés (sauf chez quelques Hepvpnanes), avec leurs articles terminaux plus ou moins déprimés, toujours beaucoup plus longs que larges et légèrement en scie.

Un quatrième groupe, qui n'a pas de représentants en Europe, est constitué par les Pexrue, dont les antennes plus ou moins fusifornes sont terminées par quelques articles obconiques, plus courts que les précédents.

Quoiqu'il y ait quelques transitions entre ces formes, j’ai eru pouvoir m'en servir en les combinant avec quelques autres caractères, pour diviser la tribu en cinq groupes. Deux genres (HkLors, Hepx- PHANES) rendent cette division d’une exécution assez difficile, par suite de l'instabilité de quelques-uns de leurs organes. Dans tous deux en effet, selon les espèces, le corps est ailé ou apière, le métasternum court ou allongé, enfin la saillie intercoxale de l'abdomen, d'assez large et arrondie en avant, sujette à devenir étroite et en triangle aigu.

Les Hélopides sont rarement (Hkcemona) de grande taille ou trèspetits (APocrypna, Cononorus, quelques HeLops). Presque tous sont révêtus d’une livrée uniforme, noire ou d’un fauve testacé ; celle des HEecemoNA, des Spaænorus et de beaucoup d’Anezium, est seule ornée de couleurs métalliques. Ces insectes vivent sous les écorces, comme nos HeLops européens ou sur le sol. Par une excéption unique dans la famille, les Nepmopes fréquentent les fleurs.

Trois larves de cette tribu appartenant au genre HeLops sont conaues en ce moment (2). Elles se rapprochent de celles des TENRBRIO et des MeNEPHILUS, au point de s’en distinguer par des particularités plutôt spécifiques que génériques. Comme ces dernières , elles sont revètues de téguments cornés et lisses. Leur corps est subeylindrique, parallèle sur les côtés, hérissé de quelques poils, et sa soulpture est faible, sauf sur le pénultième segment abdominal, qui est plus grand, plus fortement ponctué que les autres et muni de quelques épines varia-

(1) Les Srrænorus, dont les caractères sont si voisins de ceux des MisoLambus, font le passage entre ce groupe et le suivant. Leurs antennes sont des antennes d'HeLops.

(2) 11. cœruleus, Waterh. Trans. of the entom. Soc. 1, p. 29, pl. 4, f. 3, avec beaucoup de détails; Westw. An Introd. ete., 1, p. 312, f. 36, nos 20-25 ; Eu. Perris, An, d, Sc. nat. Sér. 2, XIV, p. 81, pl 5 A, f. 1-5; Mulsant, Col. d France; Latigèn, p. #11. — anipes, Blanch. Mag. d. Zool. Ins. 1847, pl. 175. — Slriatus,Ed, Perris, Ann. d. 1. Soc. ent. 1857, p. 367, pl. 9, f. 408-465; ces figures représentent seulement quelques détails de cette larve et la nymphe.

432 TÉNÉBRIONIDES.

bles selon les espèces. Le dernier est très-court et armé de deux crochets cornés, fortement recourbés en haut. Les ocelles n’ont encore été signalés que chez une seule espèce (striatus), et sont au nombre de deux de chaque côté de la tête. Ces larves sont xylophages (1) et vivent dans les vieilles souches décomposées de diverses espèces d’arbres.

Les genres européens de la tribu ont été indiqués plus haut ; l’un d’eux (Hezors) est répandu sur une grande partie du globe, mais en dehors des régions intertropicales. Ceux exotiques sont propres à l’Amérique, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande.

I. Antennes médiocres, filiformes ou légèrement épaissies, mais jamais déprimées au bout; leurs articles obconiques ou subeylindriques, sauf le dernier et parfois les deux pénultièmes.

Pronotum confondu aveg les flancs du prothorax. APOCRYPHIDES, — distinct des — ADÉLIIDES,

I. Antennes médiocres chez la plupart, grossissant peu à L' déprimées à leur extrémité; leurs avantderniers articles peu allongés, souvent transversaux. MisoLAMPIDES.

III. Antennes longues, déprimées à leur extrémité, leurs deux ou trois pénultièmes articles beaucoup plus

longs que larges et obliquement triangulaires. HÉLOPIDES VRAIS. IV. Antennes médiocres, fusiformes; leurs avant-derniers articles plus courts que les autres et obconiques. PENYIMDES.

GROUPE I. Apocryphides.

Antennes filiformes ; leurs articles obconiques , sauf le dernier. — Yeux très-petits, transversaux on non, — Prothorax imparfaitement contigu aux élytres, non échancré en avant; son pronotum confondu avec ses flancs. — Cavités cotyloïdes intermédiaires non ouvertes en dehors ; leurs trochantins très-petits. — Saillie intercoxale large etarrondie en avant. — Métasternum très-court. — Corps aptère.

Quelques très-petits insectes, jusqu'ici propres à la Californie et au Chili, constituent ce groupe très-tranché. Leurs trochantins internédiaires sont si petits, qu'il est assez difficile de décider s'ils existent réellement; je crois cependant les apercevoir dans toutes les espèces que j'ai à ma disposition. C’est là, avec la fusion du pronotum et des flancs du prothorax, le caractère le plus essentiel qui les distingue des

(1) La larve de l'A. testaceus aurait des habitudes assez différentes, d’après une observation de M. Pilate, communiquée à M. Mulsant (loc. cit. p. 304); elle vivrait dans les tiges des chardons qui croissent sur les bords de la mer.

LE] HÉLOPIDES. 433

autres Hélopides dont ils sont en même temps très-différents par leur forme générale.

I. Prothorax globoso-ovale; mésothorax pédonculé : Apocrypha. IL, — long, déprimé, fortement rétréci à sa base : Cononotus.

APOCRYPHA.

Escuscu. Zoo!. Atlas, Heft IV, p. 13 (1).

Menton petit, trapéziforme. — Languette tronquée en avant, — Dernier article des palpes labiaux ovalaire ; les maxillaires assez allongés, leur dernier article fortement sécuriforme, — Tète assez prolongée et faiblement rétrécie en arrière des yeux; épistome court, graduellement rétréci et tronqué en avant. — Yeux ovalaires, transversaux, entiers. — Antennes plus longues que le prothorax, peu robustes, à articles 3 à peine plus long que les suivants, 4-10 obconiques, décroissant et grossissant à peine, 41 ovalaire, plus grand que 10. — Prothorax séparé des élytres par un intérvalle notable , transversal, cupuliforme , tronqué à ses deux extrémités, plus ou moins convexe. | — Écusson petit, en triangle rectiligne allongé. — Elytres très-régulièrement oblongo-ovoides, rétrécies et arrondies à leurs deux extrémités; leur repli épipleural très-étroit. — Pattes médiocres ; cuisses médiocrement robustes; jambes filiformes ; tarses très-grêles; le 427 article des postérieurs très-allongé, le pénultième de tous entier. — Mésosternum plan, déclive. — Prosternum recourbé en arrière, — Corps très-finement villeux.

Genre intéressant, malgré la très-petite taille de ses espèces, dont les plus grandes, parmi celles décrites, ont à peine une ligne et demie de long. Leur ressemblance avec certaines CrivinaA de la famille des Carabiques est, en effet, telle qu’au premier coup-d’œil on les Confondrait avec ces insectes. L'espèce typique (2), découverte par Eschscholtz en Californie, est d’un jaune ferrugineux ; une seconde du même pays, publiée par M. J. L. Le Conte (3), est d’un noir assez brillant, avec les pattes fauves. Toutes deux sont sans aucune trace de Ponctuation, et recouvertes d’une fine pubescence redressée qui voile À peine leurs téguments.

I yen à au Chili une troisième (4) décrite par Solier, qui a fondé Sur elle son genre ComPSOMORPHUS , lequel est complètement identi-

(1) Syn. Cowrsoworruus, Solier in Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 208. (2) 4. anthicoides, Eschsch. loc. cit. pl. 18, f. 7.

a A: dyschirivides, 3. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, D. 197,

(4) ©. élegans, Solier, loc, cit, p. 210; Col. pl. 19, f. 11 a-g. Je possède une quatrième espèce, de Guatimala, longue d'environ quatre

Coléoptéres. Tome V. 28

434 TÉNÉBRIONIDES.

que avec celui-ci. Elle est seulement un tant soit peu plus grande que les deux précédentes, mais présente la même absence de sculpture et la même pubescence.

CONONOTUS.

J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p.137.

Organes buccaux des ApocrypxA, avec le dernier article des palpes maxillaires en triangle allongé. — Tête brièvement rhomboïdale, subtransversale, plane ; épistome très-court, tronqué en avant. — Yeux subarrondis, latéraux, déprimés, — Antennes à articles 2-6 obconiques, subégaux, 7-10 transversaux, 11 ovalaire et acuminé. — Prothorax allongé, déprimé, graduellement et fortement rétréci en arrière, tronqué à ses deux extrémités, — Ecusson à peine distinct. — Elytres en ovale allongé, atténuées à leurs deux extrémités, recevant dans une échancrure en are de leur base celle du prothorax, sans lui être contiguës; leurs épipleures très-étroites, sans repli. — Pattes des ApoeryeuA, avec les deux 4°" articles des tarses postérieurs allongés. — Corps allongé, déprimé. — Le surplus comme chez les APOCRYPHA.

; Ce genre me paraît voisin des ArocrypxA, près desquelles M. J. L. | Le Conte Va placé avec raison, quoique, par suite de la structure de leur prothorax et de leur forme très-déprimée , ses espèces aient un facies différent. Elles sont également très-petites et au nombre de deux (1), d’un fauve elair peu brillant, très-finement pointillées en dessus, et revêtues d’une pubescence, légère d'un aspect soyeux. Ces insectes habitent la Californie.

GrovwpeE II, Adéliides.

° Antennes médiocres, filiformes ; leurs articles obconiques ou subeylindriques, sauf le dernier et parfois les deux pénultièmes, — Yeux transversaux. — Prothorax rarement conligu aux élytres, plus où moins échaneré en avant; son pronotum plan ou peu convexe, distinct de ses flancs. — Saillie intercoxale large. — Métasternum très-court. — Corps aptère.

Les geures Anezun de Kirby et Taonacopnorus de M. Hope constituent les types de ce groupe. Tous deux représentent dans l'Australie les autres Hélopides qui y font défaut. Je leur associe sans hé-

lignes, qui ne diffère des autres que par le dernier article de ses antennes obliquement acuminé au bout. Elle ressemble, au plus haut degré, à une LæNa inédite du Bengale, dont il sera question plus loin.

(1) C. sericans, punclatus, Y, L. Le Conte, loc. cit.; pour une figure dupré mier, voyez les Rep. on a railr. to the Pacif. Oc. IX; Append, L, pl. 2, fe à.

HÉLOPIDES. 435

sitation les Læna de l’Europe orientale, mais avec quelque doute les Awemivora de la Californie. Cependant, leur corps hérissé de poils, leurs antennes et leur saillie intercoxale un peu autrement faites, ne me paraissent pas devoir les exclure de ce groupe dont elles ont les caractères essentiels. Je ne parle pas du crochet dont est muni le lobe interne de leurs mâchoires et qui manque dans les trois genres précédents, On a déjà vu de nombreuses exceptions de ce genre dans les tribus précédentes, et l’on en trouvera encore une plus loin dans le groupe des Hélopides vrais.

I Corps hérissé de poils fins : Amphidora..

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