‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 83 sur 123 · LÆNA · texte numérisé non relu

LÆNA

(MecenLe) Larr. Règne anim. 6d. 2, V, p. 39 (1).

Menton cordiforme, tronqué en avant. — Dernier article des pälpes labiaux ovalaire et tronqué, celui des maxillaires en fer de hache équilatéral. — Labre assez saillant, légèrement échancré en are. — Tète un peu rétrécie en arrière; épistome court, séparé du front par un sillon bisinué, d’où partent deux sillons dirigés en arrière, brusquement rétréci, un peu renflé, puis déclive et assez fortement échancré en arc. — Yeux très-petits, transversaux, déprimés. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-10 obconiques, subégaux, 41 plus long que 10, ovalaire. — Prothorax non contigu aux élytres, presque plan, aussi long que large, légèrement rétréci en arrière, arrondi et finement rebordé sur les côtés, légèrement échancré en avant, tronqué à sa base, — Ecusson triangulaire, placé sur le pédoncule du mésothorax. — Elytres oblongo-ovales, déprimées sur le disque, non carénées latéralement, arrondies aux épaules ; leur repli épipleural sinué dans son milieu. — Pattes médiocres; cuisses robustes, renflées en massue, surtout les antérieures; jambes grêles, arrondies ; leurs éperons trèscourts et très-grèles ; tarses finement villeux en dessous; le 44 article des postérieurs beaucoup plus long que le 4°, le pénultième de tous subbilobé. — Mésosternum déclive, à peine concave. — Saillie prosternale recourbée en arrière. — Corps allongé, très-finement pubescent,

La place de ce genre a 6té méconnue pendant longtemps (2), bien que Fabricius et Latreille l’eussént déterminée assez exactement, le premier en introduisant l'espèce typique dans son grand genre HELops,

| le second en le mettant immédiatement à la suite de ces derniers in- | sectes. C’est un genre très-voisin des ApeLium, dont il reproduit tous les caractères essentiels, et qu'il représente par conséquent en Europe.

On en connaît en ce moment quatre espèces (3) de taille au plus

(1) Syn. Hecors Fab., Schœnh. — Scaunus J. Sturm, Duftschm.

(2) Dejean (Cat. éd. 3, p. 204), par exemple, l’a mis parmi les Tentyrides, entre les Hyrerops et les Hyriruus, sans qu’on puisse même soupçonner la rai- Son d’un pareil rapprochement, Solier (in Baudi e Fruqui, Studi entom. p. 188), qui l’a classé immédiatement à côté des Aneziuw, est le seul auteur, à mon avis, qui ait été dans le vrai,

(3) Hel, pimelie, Fab. Syst. El. I, p. 162 (Scaur. viennensis, J. Sturm, Deutschl. Ins. IL, p. 180, pl. 41, f. a A); Autriche. — L. pulchella, Fisch. d. Waldh. Entom. d. 1. Russ. IL, p. 201, pl. 22, f. 8; Russie mér. — L. pubella, Solior in Baudi e Truqui, Studi entom. p. 190 (pulchella ?) ; même pays. — fer- Tuginea, Küster, Die Kæfer Europ. V, 68; Dalmatie. — J'en connais une cin-

440 TÉNÉBRIONIDES,

médiocre , parfois très-petite (ferruginea), variant pour la couleur du brun-noirâtre au brun-ferrugineux assez brillant, pointillées sur toute leur surface en dessus, avec les élytres assez fortement striées; les intervalles entre les sillons sont plans. Les mäles se distinguent de leurs femelles par leurs tarses antérieurs légèrement, mais visiblement dilatés, autre rapport de plus que ces insectes ont avec les ADELIUM.

Groupe III. Misolampides,

Antennes courtes ou médiocres chez la plupart, grossissant peu à peu et déprimées à leur extrémité ; leurs avant-derniers articles peu allongés, assez souvent transversaux. — Yeux transversaux. — Prothorax presque toujours contigu aux élytres; son pronotum très-souvent convexe, distinct de ses flancs. — Elytres embrassant en général fortement l’abdomen.— Saillie intercoxale large.— Métasternum très-court. — Corps aptère.

M. De Brème, ainsi qu'on l’a vu plus haut (1), est le fondateur de ce groupe. Je le laisse tel qu'il l’a composé , en y ajoutant seulement deux genres (PseunneLops, Ospara) qu'il n’a pas connus. La forme des antennes, qui lui est propre, finit par disparaître chez les Spxæ- ROTUS, qui ont ces organes faits comme les Hélopides vrais. Il y a par conséquent, sous ce rapport, un passage insensible de ce groupe au suivant; mais, à part les PseupHELops qui ressemblent assez à certains HeLors, comme leur nom l'indique, le facies des espèces des deux groupes est tout-à-fait différent.

Les Misolampides sont disséminés dans l’Europe méridionale, à Ceylan, à Java, dans l'Océanie et en Amérique. Tous sont, au plus, de grandeur moyenne.

JL. Prosternum et mésosternum contigus; celui-ci horizontal: Pseudhelops. IL. — distants; — déclive.

a Ecusson indistinct; yeux divisés ou peu s’en faut: Misolampus. aa — distinct; — sinués, parfois entiers.

b Saillie intercoxale médiocrement large.

Mandibules à peine ou non bifides au bout : Heliofugus, Dinomus. — bifides au bout : Zophius.

quième espèce du Bengale, beaucoup plus grande que la pimelia, de forme plus convexe, et qui fait le passage avec les ArochyPna, mais qui est réellement une LæÆna.

(1) P. 430, note 1. M. De Brème n’a pas caractérisé le groupe, et s’est borné à exposer les caractères des genres qui le composent.

HÉLOPIDES. 4m bb Saillie intercoxale large.

Elytres couvertes de tubercules : Osdara.

— ponctuées ou fovéolées en stries, parfois lisses : Sphœrotus..

PSEUDHELOPS.

Guénin-Ménev. Revue Zool, 1841, p. 124.

Menton trapéziforme, caréné sur la ligne médiane. — Languette tronquée en avant. — Dernier article des palpes labiaux ovalaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibules bifides au bout. — Labre saillant, légèrement arrondi en avant. — Tête engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux; épistome séparé du front par un fin sillon transversal, court, graduellement rétréci et tronqué en avant. — Yeux très-petits, transversaux, à peine sinués en avant, munis d’une large orbite en arrière. — Antennes un peu moins longues que le prothorax , grossissant peu à peu, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-7 obconiques, égaux, 8-10 transversaux, déprimés, serrés, 11 plus gros que 10, ovalaire. — Prothorax contigu aux élytres, aussi long que large, légèrement arrondi sur les côtés, à peine échancré en avant, largement et faiblement arrondi à sa base. — Eeusson petit, arrondi en arrière, — Elytres ovales, pas plus larges que le prothorax et échancrées en arc à leur base, assez convexes, rétrécies en arrière ; leur repli épipleural sinué Gans sa moitié postérieure. — Pattes courtes; cuisses assez robustes, comprimées; jambes filiformes, presque droites; 4° article des tarses assez allongé, le dernier long. — Saillie intercoxale médiocrement large, sulitronquée en avant. — Mésosternum et saillie prosternale assez larges, subcontigus ; le 4° horizontal et plan, la seconde déprimée et tronquée au bout. — Corps oblongo-ovale, atténué à ses deux extrémités, glabre.

Ce genre a pour type un insecte des îles Auckland (1), de la taille d'un Herops de taille assez petite, brunâtre en dessous, d’un bronzé mat supérieurement, très-finement pointillé en dessus, avec des stries peu profondes et ponctuées sur les élytres. Les intervalles entre ces stries sont plans, mais trois d’entre eux (le 3°, le 5° et le 7°) portent en arrière, à des distances inégales, un tubercule assez saillant et comprimé. Les méles ont leurs iarses antérieurs légèrement dilatés, exactement comme ceux des ADELIUM que ces insectes me paraissent, jusqu'à un certain point, rattacher au groupe actuel.

(1) P. tuberculatus, Guérin-Ménev. loc. cit. p. 125; il y en a une figure peu exacte dans le Voy. au Pôle sud; Col. pl. 11, f. 17; l’insecte y est représenté trop allongé.

442 TÉNÉBRIONIDES.

MISOLAMPUS.

Larn. Gener, Crust. et Ins. IL, p. 160.

Menton petit, transversal, trapéziforme et entier. — Languette saillante, petite, en triangle transversal. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibules entières à leur extrémité. — Labre court, faiblement échancré en arc. — Tète verticale au répos et s'appuyant sur les hänoches antérieures, un peu renflée en arrière ; épistome séparé du front par un sillon arqué où quadrangulaire, court; graduellement rétréci, légèrement tronqué ou subarrondi en avant. — Yeux petits, transversaux, fortement entamés et parfois (scabricollis) divisés en deux. — Antennés plus longues que le prothorax, grossissant peu à peu, à articles 3 un peu plus long que 4, 4-7 obconiques, décroissant graduellement, 8-10 plus épais, 41 plus grand que 10, largement arrondi au bout. — Prothorax contigu aux élytres, subeylindrique et comme voülé en avant, muni de deux fines arêtes latérales, placées très-bas, légèrement échancré en avant, arrondi et rebordé à sa base, — Ecusson nul. — Elytres courtes, cylindrico-ovalaires, à peine plus larges que le prothorax et échancrées en arc à leur base, arrondies sur les côtés; leur repli épipleural étroit dans toute son étendue. — Pattes courtes; cuisses subfiliformes ; jambes subquadrangulaires, comprimées, plus ou moins soyeuses à leur sommet en dedans; leurs éperons à. peine distincts; le 1° article des tarses postérieurs aussi long que le 5°. — Saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Saillie prosternale verticale, fortement recourbée et terminée par un petit mucro. — Mésosternum déclive, concave. — Corps glabre.

Ces insectes se distinguent essentiellement de tous les genres qui suivent, par l’absence de l’écusson et la forme des yeux. Tous sont d’un noir profond, assez brillant où presque mat, et oouverts d’une fine ponctuation très-serrée, à laquelle s'ajoutent assezsouvent sur les élytres quelques rangées de points enfoncés, plus gros que ceux du fond. Jusqu'ici ils paraissent propres à la péninsule ibérique et à l'Algérie. On en connaît cinq espèces en ce moment (r).

(1) Pimelia gibbula, Herbst, Die Kæ£er, VOL, p. 51, pl. 120, f. 7 (Mis. Hoffmannseggii, Latr. loc. cit. pl. 10, £. 8; Guérin-Ménev. Iconogr.; Ins. pl. 29, f. 3); Portugal. — M. Goudotii, Guérin-Ménev. Mag. d. Zool! Ins. 1834; Mélas. p. 28, pl. 114, f. 1; Algér. occid.; Tanger. — lusitanicus, de Portugal; Ramburii, de l’Andalousie; De Brème, Mon. d. quelq. genr. d. Blapsit. p: 10; — scabricollis, Graells, Ann. d. 1. Soc. ent. 1851, p. 15, pl. 1, f. 4; et Mem. d. 1. Acad. d. Madrid ; Cienc. nat. L, part. 2, p. 138; environs de Madrid ; la, plus grande espèce du genre.

HÉLOPIDES. 443

HELIOFUGUS, Guénin-MÉNEv, Voy. à. l, Cog.; Entom. p. 96 (1).

Menton transversal, trapéziforme, caréné sur la ligne médiane. — Languette un peu arrondie en avant. — Palpes et mandibules des Misorampus. — Labre découvert en entier, fortement transversal, arrondi en avant. — Tête des Misorampus, avec l’épistome plus court, tronqué où arrondi à peu de distance de l'insertion des antennes, et séparé du front par un sillon peu distinct, parfois obsolète. — Yeux médiocres ou petits, transversaux, à peine sinués. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, grossissant peu à peu, à articles 3 sensiblement plus long que 4, 4-10 obconiques, graduellement plus larges et déprimés, 11 plus long que 10. — Prothorax transversal, convexe, rétréci en arrière, arrondi et en général muni d’une erête tranchante et rebordée sur les côtés, bisinué en avant, tronqué et finement rebordé à sa base. — Ecusson patit, en triangle curviligne. — Elytres régulièrement oblongo-ovoïdes, pas plus larges que la base du prothorax ét arrondies aux épaules en avant; leur repli épipleural large en avant, graduellement rétréci en arrière. — Pattes médiocres, avec les jambes villeuses dans leur moitié terminale interne; le 4% article des postérieurs assez allongé. —Saillie intercoxale médiocrement large, arrondie en avant. — Mésosternum déelive, à peine concave. — Prosternum très-court en avant; sa saillie fortement recourbée et ne dépassant pas en arrière les hanches antérieures. — Corps oblongoovale, glabre.

Sous le rapport de la forme générale, ces insectes ressemblent assez aux Curculionides du genre Orrorayncuus. Ils sont noirs comme les Misorampus, et la sculpture de leurs élytres consiste chez la plupart en rangées de gros points enfoncés, distants. Mais il en est (par ex. sulcatus) chez lesquelles ces derniers sont remplacés par des sillons étroits, profonds et presque imponctués. Ces insectes sont propres au Pérou, au Chili et à Montevideo (2).

Solier ne s’est pas aperçu que M. Guérin-Méneville en avait déjà fait un genre particulier et a créé de nouveau ce dernier sous le nom d'EUSCHATIA.

(1) Syn. Euseuama, Solier in Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 227. — Heursrenes, Hope, The Gol. Man. ME, p. 124; sans caractères. — Awrnysus, Dej. Cat. 64. 3, p. 210.

(2) H. arenosus, Guérin-Ménev. loc. cit.; Inë. pl. 4, f. 6; Chili. — sulcatus, de Montevideo ; impressus (E. punctata Sol.), du Chili; Guérin-Ménev. Mag. d. Zool.; Ins. 1834; Mélas. p. 27, pl. 113. — Æ. proæima, parva, sulcata (nec Guér.-Ménev.), Solier, loc. cit. p. 229; Chili.

Le sulcatus a le prothorax un peu moins contigu aux élytres que les autres espèces, par suite de l'effacement complet des épaules de ces derniers organes.

444 TÉNÉBRIONIDES.

DINOMUS.

DE Bnrème, Mon. d. quel. genr. d. Blapsit. p. 24.

Languette peu saillante. — Dernier article des palpes labiaux globuleux, celui des maxillaires sécuriforme. — Mandibules très-fortes, non bidentées et fortement recourbées. — Labre à peine arrondi, cilié et peu saillant. — Tête aplatie; épistome rétréci antérieurement et avancé, mais presque pas sensiblement séparé du front. — Antennes pas plus longues que le prothorax, à 3° article plus long que les deux premiers réunis; les suivants égaux, cylindriques ou à peine renflés au bout; le pénultième et le dernier plus courts ; celui-ci ovalaire. — Prothorax transversal, parallèle, légèrement arrondi sur les côtés, plus large que la tête et presque autant que les élytres, très-peu convexe. — Ecusson en triangle transversal. — Elytres moins emhrassantes que chez les HecroruGus et les SPHÆnOTuS, subparallèles, avec les angles huméraux très-légèrement relevés, convexes à leur base. — Pattes médiocres ; jambes inermes ; tarses soyeux en dessous, leurs crochets très-petits.

Je reproduis ces caractères d’après M. De Brème, ce genre m’étant inconnu. Son type (D. perforatus) est un “insecte du Mexique, d’un brun-noirâtre brillant, fortement ponctué sur la tête et le prothorax, lisse sur les élytres qui ont chacune neuf rangées de points enfoncts, de profondeurs inégales et entourés d’une petite dépression, sculpture qui se rapproche beaucoup de celle de quelques SPHÆRoTUS.

ZOPHIUS.

(Der) De Bnime, Mon. d. quelq. genr. à. Blapsit. p. 19.

Menton transversal, rétréci à sa base et en avant, avec son bord antérieur tronqué, convexe sur la ligne médiane. — Dernier article des palpes labiaux globoso-ovalaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre transversal, entier. — Tète dégagée, assez prolongée en arrière ; épistome séparé du front par un sillon demi-circulaire très-marqué, graduellement rétréci et tronqué en avant, — Yeux transversaux, réniformes, saillants. — Antennes peu robustes, grossissant peu à peu et déprimées à leur extrémité, à articles 3 assez long. 4-8 subturbinés, 9-41 plus larges, 14 plus grand que 10, largement arrondi au bout. — Prothorax transversal, assez convexe, arrondi et rebordé sur les côtés, légèrement échancré en avant, tronqué et rebordé à sa base, — Ecusson petit, trigone. — Elytres assez courtes, à peine plus larges que le prothorax à leur base, un peu élargies, déclives et atténuées en arrière, non

HÉLOPIDES. 445

carénées latéralement. — Pattes assez longues; cuisses antérieures un peu renflées à leur extrémité; jambes arrondies; tarses soyeux en dessous ; le°r article des postérieurs presque aussi long que le 4°. — Corps glabre, très-rugueux.

La seule espèce connue est l’Helops rufopictus de Wiedemann (1), insecte du Cap, de taille moyenne, remarquable par le dessin d’un rouge-sanguin obscur qui orne ses élytres, dessin consistant sur chacune d’elles en trois bandes longitudinales partant de la base de ces organes et qui, en arrière, forment un réseau assez compliqué. Quélques taches de même couleur, plus ou moins apparentes, selon les individus, se voient sur les côtés du prothorax.

OSDARA.

F. Wazxen, Ann. and. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, 1[, p. 284,

Menton trapéziforme, transversal, très-convexe et comme tuberculeux dans son milieu, avec ses angles antérieurs largement amincis, bisinué en avant. — Languette saillante, échancrée. — Dernier article des palpes labiaux subeylindrique et tronqué au bout, celui des maxillaires en triangle allongé. — Mandibules entières au bout. — Labre transversal, tronqué en avant, avec ses angles fortement arrondis. — Tète enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux exclusivement; épistome séparé du front par un sillon quadrangulaire, court, presque graduellement rétréci. — Yeux médiocres, fortement granulés, étroits, transversaux, lunulés. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, assez robustes, à articles 3 aussi long que 4-5, 4-7 ohconiques, égaux, 8 de même forme, plus épais, 9-10 aussi larges, transversaux, subperfoliés, 11 notablement plus gros que 10, en carré subéquilatéral. — Prothorax transversal, assez convexe, fortoment rétréci sur une petite étendue en arrière, arrondi et légèrement festonné sur les côtés, faiblement échancré ea avant, tronqué et contigu aux élytres à sa base. — Ecusson très-petit, en triangle rectiligne. — Elytres brièvement ovalaires, convexes et en même temps déprimées sur le disque, fortement atténuées et déclives en arrière, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes longues et assez robustes ; jambes arrondies et sans éperons: tarses courts, munis de brosses en dessous ;’le 4° article des postérieurs un peu plus long que le 2, le dernier de tous très-grand, très-robuste, un peu ampullacé., — Saillie intercoxale large, rectangulaire, tronquée en avant.— Prosternum non échancré en avant; sa saillie large, légèrement concave, terminée par un court mucro. — Mésosternum subhorizontal, en forme de V, — Corps faiblement pubescent.

(1) Zool. Mag. JE, 1, p. 40.

446 TÉNÉBRIONIDES.

M. F. Walker n’a caractérisé ce gonre qu’en très-peu de mots, à peine suffisants pour le faire reconnaître, mais ila saisi et signalé son affinité avec les Spxærorus; il est encore plus voisin des Zoprs qui préeèdent. L'espèce typique (picipes) est un assez remarquable insecte de Ceylan, de taille moyenne, d’un noir peu brillant, ponctué sur la tôte, finement rugueux sur le prothorax et d’un rouge ferrugineux sur les élytres; ces organes sont couverts de tubercules noirs arrondis, disposés en rangées régulières, nombreux, mais inéquidistants pour la plupart dans chaque rangée. Cette sculpture donne à cet insecte des rapports réels avec les Psoropes qu’on verra plus lein, mais ils appartiennent en réalité au groupe actuel.

SPHÆROTUS.

Kinsy, Frans. of the Lin. Soc, XII, p. 416.

Menton aussi long que large, un peu évasé et tronqué en avant, aminci et arrondi sur les côtés, plus ou moins convexe sur la ligne médiane. — Languette petite, saillante, trapéziforme et échancrée en avant. — Dernier anticle des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibules entières au bout. — Labre court, entier ou faiblement échancré. — Tôte subverticale au repos, plus ou moins prolongée et non rétrécie en arrière des yeux; épistome séparé du front par un sillon en are souvent très-marqué, graduellement rétréci et largement tronqué en avant. — Yeux mtdiocres, transversaux, sublunulés. — Antennes notablement plus longues que le prothorax, graduellement élargies et déprimées à leur extrémité, à articles 3 sensiblement plus long que #4, 4-7 obconiques, décroissant peu à peu, 8-10 plus courts, 44 plus long que 10, arrondi au bout. — Prothorax transversal ou non, tantôt très-(par ex. curvipes), tantôt peu convexe, contigu aux élytres, légèrement échancré en avant, un peu rétréci, tronqué et finement rebordé à sa base, arrondi et muni latéralement d'une fine carène. — Ecusson petit, trigone. — Elytres pas plus larges que le prothorax et un peu échancrées en arc à leur base, globuleuses ou renflées en arrière, parfois ovales, fortement déclives et atténuées postérieurement; leur repli épipleural remontant au niveau des épaules. — Pattes assez longues; toutes les jambes arrondies, arquées et soyeuses à leur extrémité en dedans ; tarses longs, le 1° article des postérieurs plus court que le 4, — Saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Prosternum médiocrement échancré en avant; sa saillie postérieure déprimée et plus ou moins prolongée en. arrière des hanches antérieures. — Mésosternum déclive, un peu ,concave, — Corps glabre.

Kirby a fondé ce genre sur un insecte (curvipes) assez commun au

HÉLOPIDES. 447

Brésil et remarquable par sa forme courte, son prothorax très-convexe et ses élytres fortement ventrues. Depuis, on a découvert d'autres espèces chez lesquelles ces formes s’altèrent, considérablement et qui permettent de diviser le genre en plusieurs sections.(r).

Ces insectes sont de taille au plus moyenne; la moitié d’entre eux sont d’un bronzé brillant, les autres d’un noir également brillant ou mat. Leur tête et leur prothorax sont toujours tès-finement pointillés ; la sculpture de leurs élytres varie. Chez la plupart, elle consiste en rangées de points enfoncés, irrégulièrement distants, formant parfois (curvipes) de véritables fossettes; chez d’autres (lævigatus, costatus) en sillons; il en est même (politus) chez qui elles sont entièrement lisses.

Les Spnærotus sont répandus depuis le Brésil méridional jusqu’au Mexique; leurs habitudes sont les mêmes que celles de nos HeLops d'Europe.

Groupe IV. Hélopides vrais,

Antennes longues et grêles, déprimées à leur extrémité; leurs der ou trois pénultièmes articles beaucoup plus longs que larges et plus ou moins triangulaires. — Yeux transversaux. — Prothorax rarement convexe, le plus souvent contigu aux élytres et échancré en avant; son pronotum distinct de ses flancs. — Saillie intercoxale et métasternum variables, — Corps aptère ou ailé.

L’instahilité des formes du métasternum et de la saillie intercoxale n'existe, comme je l'ai dit précédemment, que dans les deux genres Hecors et HkpypHanes. Néanmoins le premier est beaucoup plus souvent court que long, et ce n’est qu’exceptionnellement que la seconde est étroite et en triangle aigu. Il y a des espèces qui, dans les deux cas, font le passage. En dehors des deux genres en question, les caractères du groupe sont constants,

La majeure partie des espèces de la tribu appartiennent à ce groupe.

Sauf un seul (HEGEMONA), qui est américain, les cinq genres qui la composent ont des représentants en Europe.

(1) M. De Brème (Mon. d. quelq. genr. d, Blapsit. p. 13) en établit trois basées sur la forme du prothorax.

1. Prothorax plus long que large, fortement convexe, arrondi et embrassant la tête : S, curvipes, Kirby, loc. cit, p. 417, pl. 21, £. 15; Brésil. — cribratus, du Paragüay ; lœvigatus, costatus ; du Brésil.

IL. Prothorax plus long que large, faiblement convexe, uu peu plus étroit en avant qu’en arrière : S. politus; du Mexique.

I. Prothorax plus large que long, dilaté, à peine convexe et nullement embrassant : S. gravidus, N..., thoracicus, mexicanus; du Mexique.

Je soupçonne que parmi ces espèces, il pourrait bien se trouxer quelques Heuioruaus,

448 TÉNÉBRIONIDES.

I. Saillie intercoxale très-large; mésosternum horizontal, fourchu et recevant en partie la saillie prosternale : Hegemona.

II. Saillie intercoxale de largeur médiocre ou en triangle aigu ; mésosternum déclive, plan ou faiblement concave. x

a Orbites antennaires en contact avec les yeux. Cuisses antérieures dentées : Enoplopus.

— inermes : Helops.

aa Orbites antennaires n’atteignant pas les yeux. Prothorax non contigu aux élytres : Hedyphanes. — contigu — Nephodes.

Genre incertæ sedis : Zntamogonus.

HEGEMONA.

DE CasreLn. Hist. nat. d. Col, IL, p. 230 (1).

Menton trapéziforme, convexe sur la ligne médiane. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires en fer de hache transversal. — Mandibules entières à leur extrémité. — Labre saillant, transversal, légèrement arrondi en avant.—Tête rhomboïdale, plane, engagée dans le prothorax presque jusqu'aux yeux; épistome séparé du front par un sillon quadrangulaire très-marqué, assez saillant, presque brusquement rétréci et largement échancré en avant. — Yeux grands, transversaux, lunulés.— Antennes de la longueur de la moitié du corps, grèles, à articles 3-7 subégaux, obconiques, 8-10 presque aussi longs, peu à peu déprimés et en triangle oblique allongé, 11 aussi grand que 10, oblongo-elliptique. — Prothorax en carré transversal, peu convexe, largement échancré en are antérieurement, tronqué à sa base, rebordé partout. — Ecusson médiocre, en triangle curviligne. — Elytres amples, très-convexes, régulièrement globoso-ovales, pas plus larges que le prothorax, subtronquées et rebordées à leur base, acuminées et munies d’un crochet arqué en dedans à leur extrémité. — Pattes très-longues; cuisses sublinéaires; jambes presque droites; les quatre 1" articles des quatre tarses antérieurs dilatés, très-rétrécis à leur base, échancrés en avant; les postérieurs comprimés, avec leur 4° article allongé; le dernier de tous presque aussi long que les précédents réunis. — Saillie intercoxale très-large, parallèle, arrondie en avant. — Métasternum très-court. — Mésosternum horizontal, fourehu. — Saillie prosternale dépriméo et prolongée en arrière, aiguë au bout. — Corps globoso-ovale, glabre.

Le type de ce genre est un grand et magnifique insecte du Mexi-

(1) Syn. Eucawprus, Dej. Cat. éd. 3, p. 230. — Eusanca, Chevrol. in Dej. ibid.

HÉLOPIDES, : 449

que (1), d’un noir-cuivreux, avec les élytres ornées de bandes longitudinales alternativement cuivrevses et vertes; ces bandes occupent les intervalles entre les sillons profonds dont ces organes sont couverts. J'ai vu un assez grand nombre d'exemplaires de cet insecte, et tous, quoique de taille différente, avaient les quatre tarses antérieurs également dilatés, de sorte qu'il est probable que ce caractère est spécifique et non sexuél.

Le genre a la plus grande analogie avec les Camara et genres voisins, de la tribu des Cnodalonides, par la forme de sa tôte, la longueur de ses pattes ot la structure du mésosternum, ainsi que l’a très-bien reconnu M. De Castelnau. Mais la brièveté de son métasternum l’exclut de ce groupe, et la forme de ses antennes, qui sont absolument pareilles à celles des Hecops, ainsi que la dilatation des quatre larses antérieurs, montrent qu'il appartient à celui-ci.

- ENOPLOPUS. Sozier ir Baupi e Truqui, Studi entom, à, 158 (2).

Menton en carré subéquilatéral, tubereuleux sur sa face externe. — Languette faiblement échancrée en avant. — Lobe interne des mûchoires muni d’un crochet corné. — Dernier article des palpes labiaux iiangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibules entières et arrondies au bout. — Labre transversal, faiblement arrondi en avant. — Tôte courte, engagée jusqu'aux yeux; épistome Wès-court, séparé du front par un sillon quadrangulaire peu distinct, étréci et largement tronqué en avant. — Yeux médiocres , transyer- Saux, presque entiers, en contact avec les joues. — Antennes des Hx- LOPS, — Prothorax contigu aux élytres, transversal, arrondi, tranchant et finement rebordé sur les côtés, rétréci et assez fortement échancré On avant, bisinué et rébordé à sa base; ses angles postérieurs embrassés par les angles huméraux des élytres. — Ecusson très-petit, trigone, — Elytres aussi larges que le prothorax à leur base, briève= ment elliptico-ovales, carénées latéralement; leurs épipleures assez luges, sans repli. — Pattes assez longues; cuisses robustes, compri-

(1) H. resplendens, Casteln. loc. cit. (E. iridis Dej.). — Aj. E. flibuster, J. Thoms. Rev. et Mag. d. Zool. 1856, p. 475, pl. 23; Costa Rica. — Je connais deux autres espèces du genre, également originaires du Mexique : l’une, d’un bronzé cuivreux éclatant en dessus, et encore plus convexe que l'espèce typique, tout en ayant à peu près la même forme; l’autre, qui fait partie de ma collection, plus Pelite, plus courte, comprimée latéralement et en entier d’un bleu obscur. Toutes deux sont privées du muero qui termine chaque élytre chez le type du £enre, ot leur mésosternum, au lieu d’être horizontal, est assez déclire et fortement concave,

(2) Syn. Acavrmorus, Meg., Latr., Règne anim. éd. 2, V, p. 38; nom pro- Posé, dès 1807, par Klug, pour un genre d’Apiaires, in Illiger, Mag. VI, p. 226. — Becors Panzer, Petagna. — BLars Germar.

Coléoptéres, Tome V. 20

450 TÉNÉBRIONIDES.

mées, les antérieures renflées au bout, et munies en dessous, près de leur sommet, d’une forte dent trigone et aiguë; jambes un peu arquées, soyeuses à leur sommet en dedans; 1° article des tarses postérieurs allongé. — Saillie intercoxale assez large, parallèle et arrondie en avant. — Métasternum très-court. — Saillie prosternale recourhée en arrière, — Mésosternum déelive , un peu concaye. — Corps trèscourt, large, médiocrement convexe.

Le type du genre (1) est un insecte de moyenne taille, d’un noir profond assez brillant, couvert sur la tête et le prothorax de rugosités et de plis très-serrés, avec les élytres pointillées et finement striées; les intervalles entre ces stries sont tout-à-fait plans. Il est répandu dans la plus grande partie de l'Italie, en Dalmatie et dans les pays voisins. Solier lui a associé une espèce (2) du Cap qui lui ressemble assez, mais qui appartient au groupe des Méracanthides qu'on trouvera plus loin.

Le genre est en effet très-voisin du groupe en question par l’armature de ses cuisses antérieures, mais, la forme de sa tête, celle des yeux, en un mot, l’ensemble de ses caractères, exigent qu’il soit classé dans celui-ci. Son unique espèce pourrait même se définir très-bien un Herops de forme très-large, et à cuisses antérieures dentées.

HELOPS.

Fas. Syst. Entom. p.257 (3).

Menton trapéziforme, caréné sur la ligne médiane. — Languette tonquée en avant. — Dernier article des palpes labiaux ovoïde et tronqué au bout, parfois subtriangulaire ; les maxillaires assez allongés, leur 4° article en fer de hache oblique. — Mandibules en g£néral simples au bout. — Labre découvert, transversal, entier. — Tète plus ou moins prolongée et rétrécie en arrière; épistome séparé du front par un sillon subquadrangulaire, court, graduellement rétréci et largement tronqué en avant. — Yeux médiocres, transversaux, étroits, sinués: — Antennes notablement plus longues que le prothorax, peu robustes, grossissant faiblement à leur extrémité, à ar-

(1) Hel. dentipes, Panz. Fauo. Ins. German. L, 4; Petagna, Ins. Calabr. p.26; pl. 4, f. 15:

(2) Æ. capensis, Solier, loc. cit. p. 161, pl. 4, f. 6; c’est l’Acanthomerus helopioides de M. Guérin-Méneville, (Mag. d. Zool.; Ins. 1834, Mélas. p.24, pl. 112, f.5), et, à ce que je crois, l'Oplocheirus helopioides de Dejean, Cat. éd. 3, p.238.

(3) Syn. Gyzionnorus, Falderm. Faun. ent. Transe. I, p- 73; — ANTEROS (type : chalybeus), Hipronowe (type : azureus), De Casteln. Hist, nat. d. Col. I, p. 235. — Xanruomus (type : pallidus), Narassus (types : harpaloides, striatus, lanipes, ete.), Muls. Col: d: France; Latigèn. p. 302 ot 323, — TENeBIO Geoffr., Linné, etc,

HÉLOPIDKS. 451

ticles 3 allongé, 4-7 où 4-8 plus courts, subégaux, obconiques, 8-10 ou 9-10 en général faiblement tiangulaires, 41 de forme variable, — Prothorax contigu aux élytres, transversal ou non, rétréci à ses deux extrémités, arrondi latéralement , faiblement ou à peine échaneré en avant, Onqué ou arrondi en are à sa base, — Ecusson transversal, curviligne, situé entre les élytres. — Celles-ci en général oblongoovales, assez convexes, tronquées ou échancrées à leur base, avec leurs épaules assez souvent dentiformes; leur repli épipleural rarement incomplet en arrière. — Pattes plus ou moins longues; cuisses assez robustes; jamhes graduellement élargies ; 4° article des tarses postérieurs assez allongé; le dernier de tous plus court que les précédents réunis. — Saillie intercoxale médiocrement large, ogivale, rarement en triangle aigu. — Métasternum en général court, au plus médiocre. — Mésosternum déclive, concave en avant. — Saillie prosternale re-

courbée en arrière et-parfois prolongée, — Corps ailé ou aptère, oblong ou ovalaire, rarement pubescent.

Genre très riche en espèces, mais ne comprenant plus qu’une trèspetite partie de celles que les anciens auteurs y avaient introduites. Elles sont polymorphes, et présentent une foule de petites modifications dans leurs diverses parties (1), sans que ces caractères soient suf-

(1) M. Küster (Die Kæfer Europ. XXI), qui a donné nn tableau synoptique des espèces européennes, au nombre de 85, ne les a pas réparties dans moins de 21 sections, où elles sont groupées d’une manière assez peu naturelle, Voyez les observations qu'a faites M. Mulsant sur ce tableau, qu'il a reproduit en entier (Col. d. France; Latigèn. p. 297).

Esp. européennes et de l'Asie occid : H. striatus Geofr., Muls. (caraboides Pauz., Sturm, Küster, etc; Var. ruficollis Fab. Oliv.); de toute l'Europe tem- Pérée, ainsi que les deux suivants. — quisquilius Fab., Sturm, Küster, Muls. — lanipes Linné, Fab., Oliv., ete. — cœruleus Linné, Fab., Oliv. (chalybœus Latr., Casteln.; @ Marloysi Castel.) ; Eur. mér. — Rossi (chalybeus Rossi, Cœruleus Duftschm.), eraralus, Germar, Reise in Dalmat, éd. 2, p.191 ; Eur. mér.— melanarius, Allemagne ; anthracinus, Sicile, Portugal ; Germar, Mag. I, p. 124, — Schmidtii, Germar, Faun. Ins. Europ. I, 3 (Subrugosa Duftschm..) ; Hongrie, — dermesloides, Ilig. Die Kæf. Preuss. p- 120; Eur, tempérée. — Pallidus, Curtis, Brit. Ent. V, p. 298 (testaceus Dej., Küst.); Eur. tempér. et mér, — conveæus, Comolli, De Ins. Prov. Novocomi, p. 26; Italie bor. — badius, L. Redtenb, Faun. austr. p. 601; Eur. tempér. — Genei, Gené, De quibusd. Ins. Sardin. IL, p. 34; Sardaigne. — arboreus, Germar, Ins. Spec. nov. P: 160; Crimée, — plebejus, tentyrioides, Walt, Isis, 1838, p. 464; Turquie, GAUreus, mori, tenebricosus, Brullé, Expéd. d. Morée; Entom. p. 221; Urèce. — sulcatus, Fisch. d. Waldh. Bull. Mose, 1844, I, p. 128; Anatolie, — lacertosus, Küster, Die Kæf, Europ. I, 30; Turquie. — Germari, Italie; Fulei,

Urquie; melas, Andalousie ; nilidipennis (anthracinus Dej., Küst. olim. l6e. Git. T, 47), Sicile ; interstlilialis, Esp. mér.; r'ugosus, damascenus, Russ. mér.; larsatus, Hongrie ; nigroæneus, crassicollis, carbo, Espagne; convexicollis (assimitis var), æneoniger (assimilis var.), assimilis, France mér.; oblusan-

452 TÉNÉBRIONIDES,

fisants pour être réparties dans des genres distincts. Faldermann seul en a distrait, sous le nom de GyziNpriNorus, quelques-unes de la Russie méridionale (1) qui, pour la plupart, ressemblent beaucoup,

gulus, Corse; pygmœus, siculus, Sicile ; rotundicollis, France mér.; juncorum, lagenioides, Sicile; gracilis, corvinus, Turquie; fumidicollis, quadralicollis, Corfou; impressus, Russie mér.; cordatus (striatus Oliv.), Italie; incurvus, Eur. mér.; asphaltinus, Bannat; nigropiceus, Turquie ; inlersparsus, Sicile; parvulus, Espagne; nanus, Sicile; œmulus, talie; lapidicola, gruniger, gagatinus, Portugal; zabroides, Russie mér.; longipennis, France mér.; amaroides, Eur. mér.; Ecoffetti, harpaloides, France mér.; brevis, Crimée; laticollis, France mér.; picipes, Dalmatie ; lœvigatus, Autriche ; brevicoliis, Russie mér.; picinus, Suisse; dislinguendus, Turquie; planipennis, Italie ; plebejus, Grèce; gibbicollis, Sardaigne; sphæricollis, Italie mér.; pubescens, Esp. mér.; Küster, loc cit. XXI, 20-88 ; Sturmii, grandicollis, Russie mér.; consentaneus, foraminosus, Stevenii, Turquie ; coriaceus , Espagne; tuberculatus, iles Toniennes; clypeatus, Sicile; brunnitarsis, [lyrie; Terrenii, Candie; {entyrioides, Grèce ; foveicoliis, Esp. mér, ; XXIT, 60-72..— cerberus, robustus, dryadophilus, Foudrasii, meridianus, pyrenœus, agonus, Muls. loc. cit. p. 316; France mér. — pellucidus, Muls. Opuse. entom. VII, p. 18; France mér. — fuberculiger, Grèce; fulvipes, acutipennis, Palestine; Reiche et Sauley, Ann. d. 1, Soc. ent. 1857, p. 265.

Esp. asiatiques : H. perpleæus, gilvipes, luridus, fragilis, tantillus, Ménétr. Ins. rec. p. Lehm. part. II, p. 26; Turcoménie.

Esp. indienne : H. ebeninus, F. Walker, Ann. and Mag, of nat. Hist. Ser, 3, IL, p. 285 ; Ceylan.

Esp. africaines : H. afer, Erichs. in Wagners Reise, III, p. 184; Algérie. — insignis, punctlicollis, tuberculipennis, rotundicollis, villosipennis, heteromorphus, punclipennis, ophonoides, cribripennis, nilidicollis, angustatus, parvulus, Lucas, Explor. d. l’Algér.; Entom. p. 348; Algérie. — quadratus, transversus, Brullé in Webb et Berthel. Canar.; Entom. p.70; Canaries, — asper, Küster, Die Kæf. Europ. XXI, 65; Madère. — vuicanus, confertus, Pluto, infernus, Leacocianus, lucifugus, congregatus, fulilis, cinnamomeus, porlosanctanus, Madère; carbunculus, Ténériffe; Wollast. Ins. Maderens. p. 913. — subdepressus, Wollast. Cat. of the Col. of Madeir, p. 158 ; Madère, — spinicollis, 3. Thoms. Archiv. entom. Il, p. 91; Gabon.

Esp. de l'Australie : H. latipennis, Hope, Trans. of the ent. Soc. IV, p. 3

(an huj. gen.?).

Esp. de l’Amér. du Nord : Hel. micans, Fab. Syst. EL I, p, 187 (uitéatus Oliv., tœniatus Paliss.-Beauv.), — tristis, tenebrioides, americanus, carolinensis, Palis.-Beauv. Ins. d’Afr. et d'Amér. p. 121. — venustus, Say in Long's Exped. If, p. 283. — pullus, politus, tenuicollis, aratus, Say, Journ. of the Acad. of Philad. V, p.240. — œreus, Germar, Ins. Spec. nov. p. 199. — californicus, Mannerh. Bull. Moso. 1843, p. 287. — rugulosus, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 151; Californie. — lœtus, J. L. Le Conte, Rep. on a railr. to the Pacif, Oc. IX; Append. I, p. 50; Orégon. — farclus, 1. L. Le Conte, Proceed, of the Acad, of Philad. 1858, p.74; Texas.

Esp. des Antilles : H. azurescens, granulipennis, Jacquel.-Duv. in Ramon de la Sagra, Hist. phys. etc., de Cuba ; Ins. p. 153.

(1) C. lugubris, funestus, umbrinus, gibbicollis, Falderm, loc. cit. p. 74.

HÉLOPIDES, 453

sous le rapport de la forme générale, à LH, striatus (caraboides) d'Europe. Je ne leur trouve d’autre différence avec les autres espèces que d’avoir les mandibules fissiles à leur extrémité, caractère qui, dans le cas actuel, ne me paraît pas avoir une valeur générique. Les noms créés par MM. De Castelnau et Mulsant, qui sont cités dans la synonymie, 0e s'appliquent qu’à de simples sections,

Les HeLops sont, pour la plupart, de taille moyenne, rarement (par ex.parvulus) très-petits. Leur livrée, toujours uniforme (micans excepté), est noire, ferrugineuso, bronzte, bleue ou violette. Les mâles diffèrent ordinairement de leurs femelles par leurs formes plus sveltes, leurs antennes et leur prothorax plus longs, mais surtout par leurs tarses antérieurs et intermédiaires plus où moins dilatés.

L'immense majorité des espèces sont propres à la Faune méditerranéenne, en prenant ce mot dans sa plus large acception. Dans l’an- | cien continent atlantique, leurs limites sont en ce moment les îles Canaries. On n’en connaît qu’une espèce des Indes orientales, et une autre de l’Australie; mais il est douteux que celle-ci appartienne au genre. Dans le nouveau continent, il n’en existe que dans l'Amérique du nord; une espèce du détroit de Magellan, qu’on à rapportée au genre, donne lieu au même doute que celle de l'Australie.

HEDYPHANES.

Fiscuen DE Warou. Entom. d. L Russie, I, p. 171.

Genre voisin des Herors et n’en différant que par les caractères qui suivent :

Yeux plus ou moins petits, étroits, transversaux, entiers, non.contigus äux orbites antennaires. — Prothorax distant des élytres, de longueur variable, selon les sexes et les espèces, régulièrement convexe, cordiforme ou simplement arrondi en are sur les côtés, avec ses angles effacés ou très-obtus. — Ecusson fortement transversal, situé sur le pédoneule du mésothorax. — Elytres régulièrement oblongo-ovales, avec leurs épaules entièrement effacées et arrondies.

Cest de l'Helops azureus de Grèce el espèces voisines, que ces inseules se rapprochent le plus, mais avec des formes plus sveltes et un l'acics différent. Les caractères sexuels sont les mêmes que chez les HeLors; les mâles sont plus petits et notablement plus étroits que leurs femelles, les trois derniers articles de leurs antennes s’élargissent un Peu, et le dernier est obliquement tronqué, tandis que dans l’autre SX, ces organes sont filiformes ; enfin, leurs tarses antérieurs et parfois les intermédiaires sont dilatés. Le métasternnm varie comme celui des Herors, sous le rapport de la longueur.

Le genre est par conséquent très-suffisamment distinct des HeLops,

454 TÉNÉBRIONIDES.

et c’est avec raison que Faldermann (1) a critiqué Dejean pour l'avoir réuni à ces derniers. Ses espèces sont de la taille de ceux-ci, noires ou bleues, et leurs élytres, qui sont lisses ou rugueuses, n’ont souvent que desrangées régulières de points enfoncés, très-petits, ou sont striées.

Elles paraissent propres jusqu'ici aux régions voisines de la mer Caspienne, où elles remplacent les Hecops qui semblent y être peu abondants. On en connait déjà une quinzaine (2).

NEPHODES.

(Der.) Rosenu. Die Thiere Andalus. p. 218 (3).

Menton en carré transversal, ses angles antérieurs membraneux et saillants. — Languette évasée et à peine sinuée en avant. — Dernier article des palpes labiaux subovalaire et tronqué au bout; les maxillaires allongés, leur 4° article fortement sécuriforme. — Labre court, légèrement arrondi en avant. — Tôte courte, non rétrécie en arrière; ses orbites antennaires un peu relevées et n’atteignant pas les yeux; épistome très-court, subitement rétréci ot largement tronqué.— Yeux petits, transversaux, assez saillants et entiers. — Antennes des Hezops, avec leurs trois derniers articles un peu moins larges. — Prothorax contigu aux élytres, presque carré, légèrement rétréci en arrière, peu convexe, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres un peu plus larges que ïe prothorax et coupées carrément à leur base, avec leurs épaules obtuses, allongées, parallèles, peu convexes, rétrécies dans leur tiers postérieur, — Pattes des HeLops. — Saillie intercoxale étroite, en triangle aigu. — Métasternum allongé. — Mésosternum déclive, à peine concave. — Saillie prosternale étroite, recourbée en arrière. — Corps allongé, ailé, partout pubescent.

Avec un fueies différent de celui des Hecors, l'unique espèce (4) du genre en est très-voisine et ne s’en distingue même essentiellement que par l'absence de contiguité entre les yeux et les orbites antennaires, caractère omis par M. Rosenhauer dans la diagnose très-détaillée et très-exacte qu'il a, le premier, donnée du genre.

(1) Faun. ent. Transc. If, p.80, note.

(2) H. cœrulescens, Fische d. Waldh. loc. cit. p. 174, pl. 15, £ 6gadu pays des Kirguises. — lalicollis (Hel. Fischeri Dej.), quadraticollis, Menetriesit, tentyrioides, tagenioides, Ménétr. Cat. rais. p. 196; Russie mér — helopioides, upioides, Dejeanii, Mannerheïmii, hegeteroides, nycterinoides, impressicolis, Besseri, chalybeus, Kalderm. loc. cit.; Russie mér.

(3) M. Blanchard (Hist, nat. d. Ins. IE, p. 34) avait publié antérieurement les caractères du genre, mais très-sommairement, — Syn. Hecors Küst, — Tanuria Ziegler ; nom de collections.

(4) N. villiger (Hoffmans), Rosenh. loc. cit.; suivant M. Rosenhauer, l'Helops melallescens de M. Küster (Die K&æf. Europ. VII, 47), provenant de Sardaigne, n’en sorait tout au plus qu’une variété.

HÉLOPIDES: 455

Cet insecte.est allongé et de forme peu robuste; ses téguments sont moins solides que ceux des Hezops en général, et il est entièrement revêtu d’une pubescence blanche, couchée, plus abondante inférieurement qu’en dessus. Sa couleur est d’un bronzé obscur plusou moins cuivreux, et ses élytres présentent de fines stries occupées par des points enfoncés, pour la plupart contigus. Les tarses antérieurs sont légèrement dilatés chez les mâles. Il paraît répandu dans une grande partie de l'Espagne ainsi qu’en Sardaïgne, et ses habitudes sont bien différentes de celles des autres Hélopides, car on le rencontre volant en plein soleil sur les fleurs, principalement celles des mauves, à ce que dit M. Rosenhauer.

Note.

Le genre suivant de Solier m'est inconnu ; d’après les caractères qu'il lui assigne, il me paraît appartenir plutôt au groupe actuel qu'au suivant, et je ne vois même pas bien en quoi, sauf l’échancrure des

angles postérieurs du prothorax et la saillie qui termine les élytres, il diffère des HeLops.

ENTOMOGONUS.

Sque in Baup: e Truqui, Studi entom. p. 155.

Menton petit, subrectangulaire et subéquilatéral. — Dernier article des palpes labiaux renflé et fortement tronqué au bout, celui des maxillaires très-grand, en triangle subéquilatéral. — Labre très-saillant, en carré transversal, arrondi aux angles. — Tôte suborbiculaire, rétrécie en trapèze en avant ; épistome peu saillant et tronqué en avant. — Yeux fortement transversaux, légèrement lunulés. — Antennes longues, à articles 3 très-long, 4-7 croissant peu à peu, mais légèrement, 9-10 décroissant et grossissant graduellement, 41 irrégulièrement ovale el plus grand que 10. — Prothorax suhorbiculaire, aminei et rebordé sur les côtés, entaillé de chaquexôté près de sa base; celle-ci tronquée. — Écusson petit, triangulaire. — Elytres en ovale allongé, tronquées en avant, avec leurs angles huméraux saillants et dentiformes; leur extrémité déprimée et'formant une sorte d’appendice avec la suture déhiscente. — Hanches postérieures assez rapprochées à leur base; cuisses inérmes; jambes un peu coraprimées et légèrement dilatées au bout; les trois 4° articles des quatre tarses antérieurs dilatés.

Solier à établi le genre sur un insecte (1) de Syrie dont il n’avait à Sa disposition qu’un exemplaire, sans aucun doute du sexe mâle. Cet insecte est de taille moyenne, couvert de gros points sur la tête, de stries en partie confluentes sur le prothorax, avec les élytres finement Slriées et ponctuées.

(#) ZE. Barthelemy, Solier, loc. cit, p. 187, pl. 4, f. 1.

456 TÉNÉBRIONIDES.

Groupe V. Penthides,

Antennes médiocres, fusiformes; leur 1° article entièrement découvert, les avant-derniers plus courts que les autres et obconiques. — Yeux grands, transversaux. — Prothorax contigu aux élytres, échancré en avant; son pronotum distinct de ses flancs. — Saillie intercoxale courte, étroite, en triangle äigu. — Métasternum allongé. — Corps ailé.

Je ne connais que le genre Penrue de M. Newman qui puisse rentrer dans ce groupe. Il appartient incontestablement aux Hélopides, mais c’est un genre plus aberrant qu’on ne l’a pensé jusqu'ici. Les orbites antennaires ont tellement disparu dans les deux espèces qui le composent, qu'à peine en reste-t-il un très-faible vestige, de sorte que leur tête n’est plus, à proprement parler, une tête de Ténébrionide. C'est à cette cause et à son allongement que le premier article des antennes doit d’être complètement à découvert.

PENTHE.

New, The entom. Mag. V, p. 313 (1): #

Mouton transversal, presque carré. — Languette arrondie ot à peine sinuée en avant. — Lobe interne des mâchoires très-pelit, lamelliforme, cilié; l’externe rudimentaire. — Palpes labiaux très-petits, leur dernier article subeylindrique ; les maxillaires longs et robustes, eur 4° article allongé, déprimé, à peine triangulaire. — Mandibules bifides au bout, — Labre arrondi en avant. — Tète petite, engagée jusqu'aux yeux exclusivement dans le prothorax, sans orbites antennaires; épistome confondu avec le front, très-court, brusquement rétréci et tronqué en avant. — Yeux grands, transversaux et sinués. — Antennes plus longues que le prothotax, fusiformes, à articles À gros, allongé, obconique, 2 très-petit, 3 très-long, cylindrique, 4 de même forme, plus court, 5 aussi long mais beaucoup plus gros; les suivants e forme variable (2). — Prothorax fortement transversal, déprimé, rétréci et arrondi sur les côtés en avänt, avec son bord antérieur échancré, muni de deux sillons sur le disque, faiblement bisinué à

(1) Syn. Pyrnocis, De Casteln. Hist. nat. d. Col. Il, p. 236. — AnoroPs, Dej. Cat. 64.3, p. 231. — Hecors Fab., Palis.-Beauv.

(2) Chez l’obliquala, le Te article est aussi gros que le 5°, tandis que le 6° est beaucoup plus petit que l’un et l’autre; les quatre derniers sont brusquement plus courts que le 7e, avec le 112 très-acuminé au bout. Chez le funerea, le 5e article est seulement un peu plus gros que Jes six derniers, qui sont plus courts èt égaux entre eux. 1l en est de même chez le brevicollis de Dojean, espèce inédite de Java, Mais ces modifications sont peut-être sexuelles.

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HÉLOPINIDES. 457

sa base. — Ecusson grand, cordiforme, tomenteux. — Elytres peu convexesg un peu plus larges que le prothorax à leur base, régulièrement oblongo-evales ; leurs épipleures étroites, entières. — Pattes longues ; cuisses assez robustes, linéaires; jambes arrondies, droites ; tarses finement ciliés, le 47 article de tous allongé, surtout aux postérieurs. — Mésosternum subvertical, plan. — Saillie prosternale recourbée en arrière. — Corps oblongo-ovale, peu convexe, pubescent.

Ces insectes s’éloignent beaucoup de tous ceux qui précèdent, par leur faces et leur sculpture, mais il n’y a pas à douter qu’ils appartiennent au groupe actuel. Jusqu'ici on n’en à décrit que deux espèces (1) de l'Amérique du nord, de taille moyenne, d’un brun-noirâtre, revêtues d’uneMfine pubescence couchée, assez dense, avec les élytres criblées de | enfoncés, disposés en rangées assez régulières et contiguës. L'une d'elles (obliquata) a l'écusson d'un jaune doré, tandis que chez l’autre. (funerea) les poils qui le revêtent sont noirs. Le genre existe aussi aux Indes orientales.

TRIBU XLi.

HÉLOPINIDES.

Languette médiocrement saillante ; ses palpes peu distants à leur base. — Lobe interne des mâchoires muni d'un crochet corné, — . Dernier article des palpes maxillaires en fer de hache transversal. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre plus où moins saillant. — Tête engagée dans le prothorax jusqu’à peu de distance des yeux, de forme variable. — Antennes longues, filiformes, composées d’articles obconiques ; le 3° très-long , cylindrique. — Yeux variables. — Prothorax contigu aux élytres, variable. — Ecusson distinet. — Elytes embrassant fortement l'abdomen, le plus souvent soudées, — Hanches antérieures globuleuses ; éperons des jambes distinets ; tarses villeux en dessous , les antéfieurs parfois dilalés chez les mâles. — Saillie intercoxale très-large, tronquée en avant. — Métasternum trèscourt; ses épistérnums larges, arrondis au côté interne, souvent en triangle curvili, — Corps apière.

Parmi Îles apsites de Solier, il se trouve trois genres (MICRANTE- REUS, HeLOPINUS, PrERAULUS) qui sont encore plus ambigus que tous

(1) Het, obiiquatus, Fab. Syst. EL. I, p. 162; figuré dans Palissot-Beauvois, Ins, d’Afr, et d'Amér. pl. 30, £. 5. — P. funerea, Newrm. loc. cit. p.874 (Pyrr. Lesueri Casteln.; "An. unicolor Dej.); probablement le mâle du précédent. M. Melsheimer (Cat. of the Col. of the Unit. Stat. p. 141) le donne à tort comme Synonyme de l'He. pimelia de Fabricius (Syst. El. loc. cit.); ce dernier est le type du genre LÆNa, du groupe des Adéliides.

458 TÉNÉBRIONIDES.

ceux de la tribu des Hélopides que Solier avait placés dans le même groupe. Tous trois appartiennent à la cohorte actuelle par la vestiture de leurs tarses, et, à ce caractère, réunissent des antennes ét des palpes maxillaires d'Heroprs. Pour tout le reste, mais surtout par l’extrême largeur de leur saillie intercoxale et de leurs épisternums métathoraciques, ils appartiennent aux Molurides vrais. D'un autre côté, leurs rapports avec les Psoronzs qui figurent en tête des Ténébrionides otidogènes sont si étroits, qu’une de leurs espèces, le Micrantereus amomalus, avait été comprise par M. Guérin-Méneville dans ces derniers. Le nom d’Hecopinus, que Solier a imposé à l’un des genres de ces insectes, montre qu'il sentait très-bien l’analogie qu'ils ont avec les HELops. Aussi est-ce à ce genre, bien qu'il soit très-pou connu des entomologistes , que j'ai cru devoir emprunter le nom de la tribu.

Les Hélopinides sont propres à l'Afrique et à la Syrie. D’après leur facies ils doivent être épigés, et, sauf les MICRANTEREUS, ils sont d'assez petite taille.

I. Episternums métathoraciques beaucoup plus longs que larges, rétrécis en arrière: Micran!ereus.

IL. — presque ou aussi larges que longs, en triangle curviligne. a Yeux réniformes, latéraux.

Proriotum distinct des flancs du prothorax : Emyon. — continu avec les — Drosochrus.

aa Yeux ovalaires, presque supérieurs; pronotum continu avec les flancs du prothorax : Helopinus.

Genres incertæ sedis : Diestecopus, Menederes.

MICRANTEREUS.

Soie in Baunt e Truou1, Sfudi entom. p. 175,

Menton trapéziforme, convexe en dehors, étroitement aminci sur ses bords latéraux. — Dernier article des palpes labiaux ovoïde et tronqué au bout, celui des maxillaires en fer de hache transversal. — Labre saillant, un peu rétréci à sa base, sinué en avant. — Tête courte, non rétrécie en arrière, plane, munie d’un repli près des yeux; épistome court, brusquement rétréci et légèrement échancré. — Yeux fortement transversaux, légèrement sinués; leur partie supérieure non dilatée. — Antennes de la longueur de la moitié du corps. — Prothorax transversal, peu convexe, fortement arrondi sur les côtés, tronqué et rebordé à sa base, échancré en arc antérieure ment, quadrifovéolé sur le disque. — Ecusson très-fortement transversa], pénétrant légèrement entre les élytres. — Celles-ci ovalaires, fortement déclives et rétrécies en arrière, arrondies aux épaules et pas

HÉLOPINIDES. 459

plus larges que la base du prothorax en avant, subcarénées latéralement; leurs épipleures assez larges, avec leur repli étroit. — Pattes très-longues; cuisses-arrondies, grossissant graduellement ; éperons des jambes très-distincts; tarses longs, le 4° article des postérieurs très-allongé. — Premier segment abdominal concave. — Episternums métathoraciques allongés, arrondis en dedans et atténués en arrière. — Mésosternum large, déclive et faiblement concave en avant. — Saillie prosternale un peu convexe, assez saillante et un peu excavée en arrière, ogivale à son extrémité. — Corps oblongo-ovalaire.

L'espèce typique est l’'Acanthomerus anomalus de M. Guérin-Méneville (1), grand insecte du Sénégal, d’un noir mat, et dont les élytres sont couvertes d’un grand nombre de tubercules brillants, disposés saps ordre; quatre fossettes placées transversalement se voient sur le milieu du prothorax. Le mâle se distingue de la femelle par ses cuisses intermédiaires munies près de leur sommet, en dessous, d’une dent triangulaire aiguë, et ses jambes antérieures sinuées au côté interne, dans leur moitié terminale : ce sinus est rempli d’une villosité fauve. Les tarses sont pareils dans les deux sexes.

M. Gerstæcker en a publié une seconde espèce (2) de Mozambique, aussi grande, et dont les élytres ont chacune deux côtes, avec des tubercules latéraux.

EMYON.

GensrÆck. Monatsber. d. Berlin. Acad. 1854, p. 532.

Ce genre ne diffère du suivant que par l’épistome faiblement échancré, les antennes un peu plus sourtes, et la présence d’une fine arôte de chaque côté du prothorax, séparant son pronotum de ses parapleures.

Tout le reste est absolument semblable, y compris la sculpture des téguments. La tête est finement rugueuse, le prothorax criblé de petits points enfoncés, la plupart confluents, et les élytres, outre la suture qui est saillante , présentent chacune neuf côtes fines et très-régulières, dont les intervalles sont divisés par des cloisons transversales en fossettes presque carrées. M. Gerstæcker a fondé le genre sur une espèce de Mozambique qu’il a ndmmée cælatus, et qu'il a bien voulu

ne communiquer. Elle est du double plus grande que les DrosocaRus qui suivent.

(1) Mag. d. Zool,; Ins. 1834; Mélas. p. 24, pl. 112, £. 7. (2) M. bicostatus, Gerstæck. Monatsber. d, Berlin. Acad. 1854, p. 532.

460 TÉNÉBRIONIDES.

DROSOCHRUS.

Enens, Archiv, 1843, 1, p. 243 (1).

Menton petit, trapéziforme, fortement caréné sur sa face externe, — Dernier article des palpes labiaux ovalaire et acuminé, celui des maxillaires très-grand, en fer de hache transversal. — Labre transversal, échancré en arc de cerele. — Tète assez petite, non rétrécie en arrière, plane sur le front; épistome très-court, séparé où non du front par un sillon arqué, échancré en demi-cerele, — Yeux latéraux , axrondis, étroitement échancrés, entourés par un sillon. — Antennes assez longues, très-grèles, villeuses, à articles 2 très-court, 3 très-long, 4-10 ohconiques, décroissant peu à peu, 11 aussi grand que 10, ovoïde. — Prothorax aussi long que large, presque carré, plan en arrière , déelive en avant, tronqué à sa hase; son pronotum confondu avec ses flancs, — Ecusson en triangle transversal. — Elytres très-exactement contiguës au prothorax et pas plus larges que lui à Jeur base, brièvement ovalaires, peu convexes, déclives en arrière, non carénées latéralement; leur repli épipleural très-étroit dans toute sa longueur, — Pattes longues et grêles; jambes arrondies , leurs éperons grôles et courts; le 1% amticle des tarses postérieurs de longueur variable. — Saillie prosternale fortement recourbée en arrière. — Episternums métathoraciques très-larges, triangulaires. — Mésosternum large, déclive en arnère, vertical en avant. — Corps court, glabre ou finement pubescent, :

Insectes de pelite taille, d’un brun-noirâtre ou rougeûtre, et dont les élytres sont couvertes, y compris leurs épipleures, de côtes fines et ranchantes, très-régulières, avec les intervalles occupés par de pettes aspérités. Le prothorax présente de très-fines stries onduleuses, confluentes et très:serrées. Les trois espèces décrites par Erichson provenaient d’Angola et du cap de Bonne-Espérance (2).

Solier ignorant que le genre existait déjà, l’a établi de nouveau sous le nom de PrERAULUS. :

HELOPINUS: SOriER in BauDI € Truouy, Studi entom. p.197.

Aa Ce genre ne présente d’autres différences avec les DROSOCHRUS que celles qui suivent :

(1) Syn. Prenaucus, Solier in Baudi e Tryqui, Studi entom. p. 200. — Btacopes pars, Dej. Cat, éd, 3, p. M1.

(2) D. crenulatus, d'Angola; brunnipes (Blac. brunnipes Dej.), depressus, du Cap; Erichs. loc. cit. p. 244. — Per. cristatus (brunnipes? Er.), sulcali- Dennis (depressus? Br.), Solier, loc. cit, p. 204 ; le premier est figuré pl. 8, f: 1.

HÉLOPINIDES. 461

Dernier article des palpes labiaux brièvement ovalaire et tronqué au bout, celui des maxillaires en fer de hache équilatéral. — Yeux presque supérieurs, ovalaires, transversaux et faiblement échancrés. — Prothorax moins contigu avèc les élytres. — Celles-ci régulièrement ovoïdes, également rétrécies à leur base et à leur extrémité. — Pattes plus robustes.

À ces caractères assez légers s'ajoutent des différences sexuelles qui paraissent ne pas exister chez les Drosocurus, et qui résident dans les pattes. Ces organes sont plus robustes chez les mâles; leursteuisses antérieures sont munies à leur extrémité, en dessous, d’une courte dent que Solier à passée sous silence; leurs jambes de la même paire sont épaisses, un peu sinueuses, et présentent à leur sommet, en dedans,

‘une grande excavation, dont les bords sont munis de trois épines; enfin leurs tarses antérieurs sont légèrement dilatés.

On prendrait, au premier coup-d’œil, pour un Curculionide du genre OrioruyNCaus, l'unique espèce (1) qui compose le genre. Elle est un peu plus grande que les Drosocanus ; la sculpture de sa tête et de son prothoax sont comme chez ces derniers, et ses élytres sont couvertes de côtes très-peu saillantes, dont les intervalles sont Apres.

Solier l'indique comme originaire d'Arabie; les EE exemplüires que j'ai sous les yeux proviennent de la Syrie. S

Note.

Il me parait à peu prèsscertain que des deux genres suivants, qui me sont inconnus, lé premier appartient à la tribu actuelle. Quant au second, établi d’après un exemplaire incomplet, je ne sais qu'en penser, et je ne le rapporte ici que parce que Solier l’a placé immé-

‘ diatement à la suite des Drosocarus.

DIESTECOPUS.

SoLier in Baunt e Truqui, Sfudi entom. p. 194.

Menton en trapèze renversé, presque aussi long que large, — Dernier article des palpes labiaux renflé, ovalaire et acuminé ; celui des Mmaxillaires très-grand, en fer de hache très-fortement transversal. — Labre en carré transversal, avec ses angles arrondis. — Tête suborbi- Culaire, enfoncée dans le prothorax jusqu'aux yeux; une impression l'ansversale bien marquée sur la suture de l’épistome.—Yeux grands, Orbiculaires et presque entièrement supérieurs. — Antennes longues, à articles 2 assez long, 3 très-allongé, 4-10 subégaux , 11 oblongo- OValaire, subégal à 40. — Prothoraxtexactement contigu aux élytres, transversal, graduellement et fortefient rétréci en avant, avec les côtés arrondis, échancré antérieurement, tonqué à sa base, — Ecusson

(1) . costatus, Solier, loc. cit, p. 199, pl, 7, f, 10.

462 TÉNÉBRIONIDES.

indistinet. — Elytres oblongo-elliptiques, de la largeur du prothorax à leur base, — Pattes assez longues; hanches postérieures très-écartées; cuisses assez robustes, filiformes ; jambes grêles, les añtérieures légèrement triangulaires; tarses grèles, filiformes, les antérieurs un

peu plus courts et plus larges que les autres. — Corps régulièrement ovale.

Solier n'avait vu qu’un exemplaire, peut-être femelle, de l’espèce (1) qu'il a décrite. Cet insecte est de petite taille, d’un noir peu brillant, couvert de petits sillons, en partie confluents sur la tête et le prothorax, et finement granuleux sur les élÿtres ; celles-ci présentent chacune trois côtes presque obsolètes. Le cap de Bonne-Espérance est la patrie de l'espèce.

MENEDERES.

SoLtEn, loc. cit. p. 203.

Menton convexe sur la ligne médiane, subtrilobé en avant; le lobe médian fortement tronqué, les latéraux triangulaires” — Palpes assez saillants; le dernier article des labiaux ovalaire, renflé et ohtusément acuminé au bout (1). — Labre en carré transversal , fortement et triangulairement échancré. — Tête courte ; épistome non saillant et légèrement échancré en avant. — Antennes à articles obconiques : 3 un peu plus long que 4. — Yeux grands, fortement transversaux, lunulés ; leur partie supérieure un peu-prolongée sur le front et élargie. — Prothorax transversal, présque plan, toPémènt rétréei et échancré en avant; ses côtés postérieurs, y compris leurs angles, fortement arrondis et laissant de chaque côté un vide entre eux et les élytres. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres oblongo-ovales; leurs angles huméraux arrondis. — Pattes médiocres ; jambes antérieures en triangle allongé; tarses longs et grêles, les articles 2-3 des antérieurs

dilatés et garnis d’une brosse en dessous; ceux des quatre postérieurs longuement villeux inférieurement.

Genre établi également sur un seul exemplaire qui était probablement un mâle, comme le pense Solier, d’après la dilatation de ses tarses antérieurs. L'espèce du Cap (3) à laquelle il appartenait, est d’un noir brillant, avec les antennes, les palpes et les pattes rougedtres, ponctuée sur la tête et le prothorax, finement strige sur les élytres ; los intervalles entre ces stries sont plans et lisses.

(1) D. erodioides, Solier, loc. cit. p. 196, pl. 7, f. 5.

(2) Le dernier articke des maxillaires manquait dans l’exemplaire examiné par Solier, ainsi que les articles 6-11"des antennes. D’après la description et là figure qu’il donne des articles basilaires, ces organes sont construits sur le mème type que dans les autres genrés du groupe.

(3) 4. rufilabris, Solier, loc, cit, p. 205, pl. 8, £, 6.

HÉLOPINIDES. 463

B. Orrmocènes.

J'ai expliqué suffisamment dans les généralités de la famille, en quoi consiste la forme particulière des orbites antennaires, qui m'a engagé à donner aux Ténébrionides qui suivent, le nom d’Otidogènes, et j'ai dit qu’elle coexistait toujours avec un museau quadrangulaire, brusquement formé par l’épistome, le labre et les mandibules. Ces deux caractères ne sont pas les seuls qui donnent à ces insectes une physionomie spéciale. Leur tête est plus ou moins concave sur le front, selon que les oreillettes antennaires sont plus ou moins redressées et sail- Jantes. Leurs yeux sont remarquablement grands, fortement échancrés (CyPRoNorus excepté) et ont une grande tendance à se réunir en dessus. Le dernier article de leurs palpes maxillaires est toujours très-fortement sécuriforme. Très-souvent, leur prosternum est échancré en avant, &ù point qu’au repos la tête s'appuie sur les hanches antérieures ou sur la base de la saillie prosternale. Enfin, presque toujours leurs pattes sont très-allongées. Quant au mode d'insertion de leurs antennes que j'ai dit également être placées sur une ligne qui passe au-dessus du bord supérieur des mandibules, ce qui n’a pas lieu chez les espèces précédentes, c’est une particularité de médiocre importance, ainsi que la visibilité du premier article de ces organes en dessus. Cè dernier caractère se manifeste déjà chez un grand nombre des derniers Ténébrionides platygènes et par degrés si insensibles, qu'on ne peut en ürer aucun parti.

Comme il est impossible dans une famille telle que celle-ci, qu’il n'y ait pas quelques espèces qui échappent aux règles les plus générales, il existe ici un genre (CxPnoworus) très-singulier du groupe des Strongyliides, qui est dans ce cas. Chez quelques Præucewa et les SyNopricus également les orbites antennaires ont perdu la forme d’oreillettes, mais comme le museau subsiste, et que chez d’autres espèces du premier de ces genres les oreillettes sont parfaitement développées, il n’y a pas là une exception réelle. Ces trois genres sont les seuls qui puissent donner lieu à quelques difficultés.

La place de ces insectes n’est pas douteuse. La forme de tête qui leur est propre est précisément celle qui est de règle chez les Cistélides. Les derniers d’entre eux touchent de très-près cette dernière famille; ceux qui figurent à leur tête, les Méracanthides, ont les rapports les plus évidents avec le dernier groupe des Ténébrionides plalYéènes, celui des Hélopinides. Dans les collections, ils sont dispersés, Comme l'avait fait Dejean, parmi les Mélasomes, les Ténébrionites et les Hélopiens.

Les quatre tribus qui suivent sont complètement étrangères à LEu- 10pe.

pes

46% TÉNÉBRIONIDES.

TRIBU XL

MÉRACANTHIDES.

Palpes labiaux subcontigus à leur base. — Lohe interne des m4choires inerme. — Mandibules tronquées à leur extrémité. — née verticale au repos, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux: ses oreillettes orbitaires peu saillantes. — Antennes très-longues, grèles, filiformes, composées d'articles obconiques, sauf le dernier, — Yeux fortement séparés sur le front. — Prothorax contigu aux élytres, — Ecusson variable. — Elytres embrassant assez fortement le corps chez la plupart. — Pattes en général très-longues; cuisses antérieures où intermédiaires dentées; tarses densément villeux en dessous , le 4%artiele des postérieurs allongé. — Saillie intercoxale médiocrement large, arrondie en avant. — Métasternum très-eourt; ses épisternums parallèles. — Mésosternum déclive, un peu concave. — Prosternum trèscourt et-profondément échancré en avant des hanches antérieures, formantune mentonnière. — Corps aptère.

Ce premier groupe des Ténébrionides Otidogènes est le seul chez lequel le métasternum soit très-court, et ce caractère suffirait à Ii seul pour le faire reconnaître. Il a, comme je viens de le dire, de nombreux rapports avec les Hélopinides et présente les mêmes analogies qu'eux avec les Molurides. Les deux genres qui le composent, quoique voisins l'un de l’autre, au point qu'un seul caractère de médiocre importance les sépare, ont eu un sort bien différent, ainsi qu’on le verra dans leur synonymie. L'un (Psoropes) a été placé presque universellement dans les Mélasomes de Latreille (1), et l’autre (M£racanra) parmi les Hélopiens. Solier, qui les a réunis en un seul, a mis ce dernier dans ses Blapsites. Mais les mêmes raisons qui s'opposent à l'introduction des Hélopinides et des Hélopides dans ce groupe, conservent ici leur valeur,

D’après M. Haldeman (2), la larve de la Meracantha contracta vessemble beaucoup à celles des TeNeBrio ; mais ses mandibules sont un peu autrement faites, ‘et son dernier segment abdominal est obliquement tronqué et concave en dessus.

Des deux genres qui suivent, le premier est africain, le second propre à l'Amérique du nord.

I. Ecusson très-large, pénétrant à peine entre les élyires : Psorodes. Il. — médiocre, situé entre les élytres : Meracantha,…

(1) Wiedemann est le seul qui ait senti les rapports qu'il a avec les Hélopiens; il avait placé simplement parmi les Herops celle de ses espèces qu'il a décrite.

(2) Proceed. of the Acad, of Philad. V, p. 5; la description se borne aux quelques mots reproduits dans le texte, \

MÉRACANTHIDES, 465

PSORODES.

(Des.) Sozier in Baumi e Truqur, Sludi entom. p. 162 (1).

Menton presque carré, légèrement arrondi sur les côtés. — Languette tronquée en avant. — Dernier article de tous les palpes en fer de hache subéquilatéral, celui des maxillaires parfois transversal, — Lahre transversal, un peu échaneré en arc de cercle. — Tôte s'appuyant au repos sur la mentonrière du prosternum, plane sur le front ; épistome séparé de ce dernier par un sillon en arc de cercle, quelquefois effacé. — Yeux fortement transversaux, dilatés et arrondis supérieurement. — Antennes aussi longues au moins que le tiers du corps. —Prothorax transversal, médiocrement convexe, légèrement arrondi sur les côtés, faiblement échancré en demi-curcle antérieurement, tronqué à sa base, finement marginé de toutes parts, — Ecusson très-fortement transversal, arrondi en arrière, pénétrant à peine ou non entre les élytres, — Celles-ci un peu plus larges que le prothorax et tronquées où un peu Gchancrées à leur base, ovalaires, peu convexes sur le disque, déclives etatténuées en arrière, non carénées sur les côtés; leur repli épipleural étroit, élargi en avant sans remonter au niveau des épaules. — Pattes plus ou moins longues ; cuisses antérieures élargies au bout et munies près de leur sommet, en dessous, d’une dent triangulaire, aiguë, parfois äbsente chez les femelles; jambes arrondies, leers éperons à peine distincts. — Saillie prosternale fléchie et cunéiforme en arrière, — Corps tuberculeux chez la plupart, glabre ou velu.

Les caractères sexuels ne sont pas bien connus et exigent de nouvelles observations. La dent dont les cuisses antérieures sont armées paraît exister dans les deux sexes, sauf chez la gratilla de Herbst dont la femelle en est privée (2). Les trois 1975 articles des tarses antérieurs et ceux des intermédiaires, à un moindre degré, sont dilatés dans une autre espèce, l’alternans de Wiedemann, et il est probable qu’il en est de même chez plusieurs autres espèces. t

Ces insectes sont propres au cap de Bonne-Espérance et d'assez Sraude taille. La plupart sont glabres, quelques-uns (par ex. gratilla)

(1) Syn. Acantiromena, Latr. Règne anim, éd. 2, V, p. 16; nom précédement employé par Wiedemann pour un genre de Diptères, et que Latreille luimême à reproduit (loc. cit. p. 482) une seconde fois, sans s'apercevoir qu’il tommeltail un double emploi, — AcaNruomenus, Guérin-Ménev. Mag. d. Zool. Ins. 1834; Mélas. P: 21. — Brars Fab. — Prugzra Herbst. — Herors Wiedem. (2) Solier (loc. cit. p. 174), qui n’a connu que ce sexe, en a fait une espèce à part, sous le nom de Dejeanii, tout en convenant que cette espèce pourrait bien être Ja femelle de Ja gratilla de Herbst. La description de Herbst s’appliquant Parfaitement, sauf la dent en question, à cet insecte, je crois que l’idenlité des deux espèces est suffisamment établie.

Coléoptéres. Tome V. 30

466 TÉNÉBRIONIDES.

hérissés de poils redressés, peu abondants. La sculpture de leurs élytres consiste tantôt en tubereules disposés en rangées assez régulières, tantôt en stries dont les intervalles sont couverts d’aspérités.

Quoique peu riche en espèces, le genre est d’une étude difficile, et sa synonymie laisse à désirer (1).

MERACANTHA.

Kinpy, Faun. Bor.-Amer. p.237 (2).

Genre très-voisin du précédent, au point qu'après l'examen le plus minutieux, je ce trouve pas d'autre caractère différentiel que la forme de l'écusson qui est ici en triangle curviligne, un peu transversal et entièrement logé entre les élytres, au lieu d’être très-large, très-court et presque dégagé des organes en question.

Par tout le reste de son organisation, l’unique espèce (3) du genre est une Psoropes, et l’on ne saurait blâmer Solier de l'avoir comprise parmi ces dernières. Elle est de Amérique du nord, où elle parait commune dans les parties centrales des Etats-Unis. Sa taille est assez grande et sa forme est très-voisine de celle de la Psor. calcarala; ses élytres sont seulement plus ventrues el présentent des rangées régulières de points enfoncés, dont les intervalles, très-plans, sont finement

(1) 1 faut d’abord en retrancher l'Acanthomerus striatus de M. Guérin-Mépeville (loc. cit. p. 24, pl. 112, f. 6) et la Psorodes inflata de Solier (loc. cit. p. 167). Le premier appartient au genre OPLocueginus de Dejean, qu’on, trouvera plus loin; la seconde constitue le genre Meracanrma de Kirby, qui vientà la suite de celui-ci. Cela fait, les espèces du genre peuvent s'établir ainsi :

Pim. gratilla (Q Psor. Dejeanii Sol.), armata, Herbst, Die Kæf. VILL, p. 79, pl. 122, £.5, 6. — Blaps dentipes, Fab. Syst. EL L, p.131 (Q Pim. mamillata, Herbst; Var.? Por. Boyeri, Duponti Sol). — Blaps calcarata, Fab. loc. cit. p. 142. — Hel. alternans, Wiedem. Zool, Mag. IL, 1, p. 141 (Acanth. substritus Guérin-Ménev.: Psor. substriata Sol.). — P. trapezicolis, echinata, Sol. loc. cit. p. 169 et 173.

J'ai dit précédemment (p. 450, note 2) que L'Acanthomerus helopioides de M. Guérin-Méneville, compris par Solier dans le genre Enorcopus, sous Je n0m dE. capensis, n’appartenait pas à ce genre. Il peut rentrer, à la rigueur, dans celui-ci, quoique sa forme déprimée et son prothorax fortement et peu à peu rétréci en avant, lui donnent un facies très-différent de celui des autres 6$pèces.

(2) Syn. Paysocoecus, Dej. Cat. éd. 3, p. 233. — Psonones Solier. — HELOPS Palis.-Beauv., Melsheim, — Acanrmorus (sectio FaLacen), Casteln. Hist. nat: d. Col. I, p 233.

(3) Hel. contractus, Palis.-Beauv. Ins. d’Afr. et d'Amér. p. 122, pl: 30, f. 6 (Mer. canadensis Kirby; Phys. inflatus Dej.; Psor. inflata Solier; Hel, tumidus, Melsheim, Proceed. of the Acad. of Philad. HI, p.61; AC. cupreus Casteln.). — L'Helops cisteloides de Germar (Ins. Spec, nov. p. 159) me parait être aussi cet insecte.

MÉGACANTHIDES. 467

pointillés. Cette sculpture, réunie à la couleur générale qui eft d’un bronzé obscur et brillant, donne à cet insecte le facies de certains Hgzops. % 0

TRIBU XLIV

MÉGACANTHIDES.

Palpes labiaux médiocrement séparés à leur base. — Lobe interne des mâchoires muni d’un crochet corné. — Mandibules tronquées au bout, avec une fissure terminale. — Tête le plus souvent verticale au repos, engagée dans le prothorax au moins jusqu'aux yeux; ses oreillettes antennaires en général très-saillantes. — Antennes de forme variable. — Yeux très-grands, fortement échancezés, au plus médiocrement séparés sur le front. — Ecusson distinct. — Elytres embrassant faiblement le corps. — Pattes longues; cuisses antérieures dentées.— Saillie intercoxale au plus médiocrement large, arrondie en avant, — Métasternum allongé; ses épisternums étroits et parallèles.— Mésosternum déclive, concave ou canaliculé. — Prosternum très-court en avant des hanches antérieures. — Corps ailé.

Ces insectes ont conservé plusieurs des caractères du groupe précédent, notamment l’armature des cuisses antérieures; mais ils en diffèrent fortement par la saillie de leurs orbites antennaires, la grandeur de leurs yeux, leur métasternum allongé, etc. La dent des cuisses en question suffit pour les distinguer des espèces des deux groupes suivants, dont ils sont en même temps aussi différents que possible par leur facies. .

Tous sont propres à la côte occidentale d'Afrique et rentrent dans les quatre genres suivants :

1. Dont des cuisses antérieures très-distincte. a Oreillettes antennaires latérales, séparées. Art. 8-10 des antennes glabuleux, moniliformes : Megacantha. — allongés, obcouiques : Oplocheirus. .

aa Oreillettes antennaires presque réunies en avant : Gonocnemis. Il. Dent des cuisses antérieures à peine distincte : Synopticus.

MEGACANTHA.

Wesrw. Zrans. of the Zoo. Soc. IL, p. 228 (1)

Menton fortement transversal, évasé et largement échancré en avant, arrondi sur les côtés, caréné sur la ligne médiane, — Languette échancrée en cœur antérieurement. — Palpes robustes, le dernier article de

(1) Le genre est connu dans quelques collections de Paris sous le nom d'Eu- LIMENES, que M, De Brème lui avait imposé, et qui n’a jamais été publié.

468 TÉNÉBRIONIDES.

tous en triangle subéquilatéral. — Labre en carré transversal. — Tête assez saillante, penchée, un peu renflée en arrière, concave sur le front, avec une ligne saillante, arquée, en dedans de chaque œil; son épistome très-court, tronqué presque au niveau des oreillettes antennaires ; celles-ci très-saillantes. — Yeux médiocrement séparés en dessus; leur partie inférieure plus grande que la supérieure. — Antennes de la longueur du prothorax, assez robustes, à articles 3 obconique, plus grand que les suivants, 4-7 de môme forme, égaux, 8-10 subglobuleux, perfoliés, 11 ovoïde, acuminé au bout. — Prothorax transversal, peu convexe, légèrement arrondi et rebordé sur les côtés, à peine échancré en avant, avec ses angles antérieurs dentiformes, muni à sa base d’un lobe médian assez large, très-court et tronqué. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres un peu plis larges que le prothorax et un peu échancrées à leur base, parallèles et déprimées dans leurs deux tiers

ntérieurs, rétrécies et fortement déclives en arrière. — Pattes très- ARE cuisses subeylindriques, les antérieures munies en dessous d’une petite dent aiguë avant leur sommet; jambes grèles, droites ; tarses courts, leur 4° article allongé; le dernier de tous aussi long que les précédents réunis. — Saillie intercoxale ogivale. — Mésosternum horizontal en arrière, largement concave en avant. — Soillie prosternale, fortement recourbée, puis prolongée en arrière. — Corps robuste, oblong.

Genre remarquable, ayant pour type un grand insecte (1) de la côte de Guinée, d’un noir mat, et couvert pendant la vie d’une efflorescence pruineuse d’un aspect bleuâtre; ses élytres sont finement, mais assez profondément striées et ponctuées. J'en connais une seconde espèce, presque aussi grande, du même pays. Au premier coup-d'œil, on prendrait presque ces insectes pour des NYCTOBATES.

. OPLOCHEIRUS.

Des. Cat. éd. 3, p. 233 (2).

Menton trapéziforme, convexe en dehors. — Languette légèrement échancrée en arc antérieurement. — Palpes épais; le dernier article des labiaux triangulaire, celui des maxillaires en fer de hache transversal. — Labre transversal, arrondi en avant. — Tète engagée dans le pro-

(1) M. tenebrosa, Westwv. loc. cit. p. 229, pl. 15, £. 12; c'est très-probablement l'Helops dentatus de Fabricius (Syst. El. 1, p. 160), comme M. Westwood le dit avec un point de doute.

(2) Syn. Horconyx, 4. Thoms. Archiv. entom. II, p. 98; ce nom exprime Un caractère qui n'existe pas. On voit seulement à la base des crochets des tarsès, et pas chez toutes les espèces, une très-courte saillie obtuse qui se retrouvê dhes une foule de Ténébrionides, et qui ne mérite pas le nom de dent. J'ai cru, d'a près cela, pouvoir conserver au genre le nom que lui a imposé Dejean.

MÉGACANTHIDES. 469

thorax jusqu'aux yeux, verticale et plane sur le front; oreillettes antennaires saillantes; épistome séparé du front par un sillon légèrement arqué. — Yeux faiblement séparés sur le front, leur partie supérieure dilatée et plus grande que l’inférieure. — Antennes beaucoup plus longues que le prothorax, peu robustes, filiformes, à articles obconiques : 3 un peu plus grand que les suivants, 4-11 subégaux, ou décroissant à partir du 7°, — Prothorax transversal, presque plan, rectiligne sur les côtés en arrière, légèrement arrondi et faiblement échancré en avant, légèrement bisinué à sa base.—Ecusson en triangle curviligne. — Elytres notablement plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, oblongues, subparallèles, rétrécies en arrière, peu convexes. — Pattes assez longues; cuisses assez robustes, un peu atténuées à leur base ; les antérieures munies en dessous, près de leur sommet, d’une large dent triangulaire; jambes arrondies; 4® article des tarses postérieurs très-allongé, le dernier de tous très-grand. — Saillie intercoxale ogivale. — Mésosternum déclive, canaliculé dans toute sa longueur.—Prosternum échancré jusqu’à la base de sa saillie ; celle-ci verticale, fortement recourbée en arrière, terminée par un court mucro. — Corps oblong.

Des cinq espèces que Dejean a comprises dans ce genre, trois seulement doivent y rester {1}, dont une, le carbonarius, décrite depuis longtemps par Klug (21), doit en être regardée comme le type. Récemment M. J. Thomson en a publié deux autres (3). Cinq ou six autres inédites existent dans les collections.

Ce sont des insectes de la côte occidentale d'Afrique, de taille au plus moyenne, le plus souvent d’un noir profond, mat ou brillant, à élytres striées et ponctuées sur le prothorax. Cette ponctuation est généralement très-serrée. Quelquefois les stries des élytres sont remplacées par des rangées de points plus ou moins gros.

GONOCNEMIS.

J. Taows. AÆrchiv. entom. II, p. 101 (4). L

Organes buccaux des OpLocuemus. — Tête petite, verticale au repos, très-concave sur le front; oreillettes antennaires faiblement

(1) Outre le carbonarius, ce sônt le tencbrioides et l’upioides. — L'helo- Dioides, comme on l'a vu plus haut (p.466; note 1), peut, à la rigueur, rentrer dans le geure Psorones. — L’alleculoides doit former un genre nouveau, qui Me parait devoir être placé près des PRÆUGENA.

@) In Ermann, Naturhist. Atlas, p. 40 (Acanthomerus striatus Guérin- Ménev.) ; Sénégambie. M. De Castelnau (Hist. nat. d. Col. If, p. 241) en a fait une PrÆucena.

(3) Hopt. alleculoides (nec Dejean), monophthalmus (carbonarius ?), 3. Thoms. loc. cit.; Gabon.

(4) Syn. Orcowenus, Dej. Cat. éd, 3, p. 227.

ré et ‘ 3

470 TÉNÉBRIONIDES.

ou à peine séparées en avant; cavités antennaires très-grandes, subcontiguës ou peu s’en faut; épistome placé sur un plan très-inférieur à celui du front, saillant et tronqué, ou échancré en avant, — Yeux très-grands, occupant le vertex entier de la tête, sauf une étroite ligne médiane. — Antennes robustes, notablement plus longues que

le prothorax, à articles 3 à peine ou pas plus long que les sui-

vants, 4-10 subégaux, obconiques, pyriformes ou obtusément en scie, 11 ovoïde. — Prothorax transversal, presque plan en dessus, plus ou moins quadrangulaire, à peine échancré en avant, bisinué

à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax à leur base, parallèles, peu convexes ou planes. — Pattes médiocres; cuisses assez robustes, les anté-

rieures armées, près de leur sommet en dessous, d’une très-forte dent triangulaire ; jambes comprimées, planes sur leur tranche externe ; les antérieures échancrées à leur base interne chez les mâles; tarses garnis en dessous de longs cils; le 4° article des postérieurs allongé, le dernier de tous plus court que les précédents réunis, — Saillie intercoxale assez étroite, courte et ogivale. — Mésosternum et prosternum des OpLocngmus. — Corps plus ou moins allongé, parallèle, glabre ou pubescent. +

La tôte singulière de ces insectes ne peut se comparer qu’à celle de certains Elatérides, notamment à celle des Perorxops ; mais ce n'est au fond que celle des OProcagrmus qui a été fortement modifiée. Il n’y a en ce moment qu’une espèce du genre qui soit décrite. J'en connais quatre autres originaires de la côte occidentale d'Afrique ( 1). Ce sont des insectes de taille au plus moyenne, dont les élytres présentent des sillons plus ou moins larges, dans lesquels sont alignés des points enfoncés, arrondis ou de forme carrée; les intervalles entre ces sillons sont toujours finement carénés, sauf quelquefois les internes.

Dejean a méconnu les analogies du genre au point de le placer dans sa famille des Ténébrionites, tandis qu’il avait mis les OPLOCHEIRUS dans celle des Hélopiens. Les deux genres se trouvaient ainsi séparés par trente-sept autres.

SYNOPTICUS.

J. Tuows. Archiv, entom. II, p. 101.

Menton en carré transversal, convexe sur la ligne médiane. — Der ,

nier article des palpes maxillaires en fer de hache fortement trans-

(1) Celle (sérigipennis) du Gabon, décrite par M. J, Thomson, est la plis petite de toutes. Parmi les quatre autres figure l'Oplom. dentipes de Dejcan, qui habite le Sénégal. Les trois restantes sont originaires de la Guinée portugaise. Les antennes varient beaucoup chez ces insectes, presque dans chaque espèce, et l’on proposerd probablement, sur ce caractère, plus d’un genre nouveau; mais je crois qu’il v’a qu’une valeur de sections.

dt AMARYGMIDES. 471

Re:

versal (1). — Labre court, coupé carrément en avant. — Tôte courte, convexe sur le vertex ; ses oreillettes antennaires très-petites, peu distinctes, non redressées ; épistome très-court, tronqué en avant.—Yeux irès-grands, en fer-à-cheval, subcontigus en dessus, oceupant environ la moitié de la tête. — Antennes de la longueur des deux tiers du corps, grôles, filiformes, à articles 3-10 obconiques, subégaux, 11 aussi grand que 10, ovalaire. — Prothorax fortement transversal, rectiligne en arrière, à peine échancré en avant, avec ses angles antérieurs fortement rabattus, tronqué et légèrement trisinué en arrière, — Ecusson en triangle subrectiligne. — Elytres pas plus larges que le prothorax à leur base, oblongo-ovales, assez convexes.— Pattes médiocres ; cuisses assez robustes et un peu arquées; les antérieures plus grosses que les autres et munies en dessous d’une très-petite dent à peine distincte; jambes linéaires, leurs éperons presque nuls; 1° article des tarses postérieurs très-allongé, le dernier des antérieurs extrêmement long. — Mésosternum en triangle très-allongé, déclive, concave en avant, — Prosternum recourbé en arrière. — Corps oblongo-ovale, pubescent.

M. J. Thomson me paraît avoir très-bien reconnu la place de ce genre, en le plaçant immédiatement à la suite des GONOGNEMIS ; mais il n’a pas vu la dent des cuisses antérieures qui, bien qu'extrèmement petite, est néanmoins distincte. Le petit insecte (degener) du Gabon qui en forme le type, est une forme dégradée du groupe actuel, et en même temps des Ténébrionides otidogènes, ses orbites antennaires étant très-réduites, ce qui est dù au grand développement des yeux qui n’ont plus laissé de place pour ces saillies. Son museau, quoique fort court, est bien celui d’un Mégacanthide.

Cet insecte est d’un brun-ferrugineux et entièrement revêtu d’une pubescence roussâtre couchée. Ses élytres présentent des stries oceupées par des points enfoncés, très-rapprochés et bien marqués; les intervalles entre ces stries sont légèrement costiformes.

TRIBU XLV

AMARY@MIDES.

Palpes labiaux médiocrement séparés à leur base. — Lobe interne des mâchoires inerme. — Mandibules entières au bout. — Tête verlicale au repos, engagée dans le prothorax au moins jusqu'à la moitié des yeux; ses oreillettes orbitaires saillantes. — Youx plus ou moins

(1) M. J. Thomson l'indique comme étant ovoïde et acuminé; je le vois dislinctement tel que je le décris. Les autres organes buccaux dont il n’est rien dit dans le texte sont invisibles sans dissection sur l’exemplaire que M. J. Thom son à eu l’obligeance de me communiquer.

472 TÉNÉBRIONIDES. ‘2

grands, fortement échancrés, plus ou moins séparés sur le front. — Antennes de forme variable, — Ecusson grand. — Elytres embras- . sant faiblement le corps. — Pattes plus ou moins longues; cuisses inermes. — Saillie intercoxale de largeur variable. — Métasternum allongé; ses épisternums parallèles. — Prosternum très-court en avant des hanches antérieures et formant une mentonnière plus ou moins distincte. — Corps ailé.

Ce groupe est très-voisin du précédent, et je ne l’en eusse pas séparé s’il ne présentait pas d’autre différence que l'absence d’une dent aux cuisses antérieures. Mais ce caractère, d’une valeur médiocre, est corroboré par l’inermité du lobe interne des mâchoires. J’ajouterai de plus que toutes ses espèces sont de forme ovalaire, plus ou moins convexe, et non oblongue comme le sont les Mégacanthides.

A l'exception des Pyanis1a, elles sont propres à l’ancien continent et se répartissent dans les quatre genres qui suivent :

I. Yeux recouverts par le prothorax; leur portion supérieure seule visible ; antennes longues et grèles.

Saillie intercoxale large, ogivale : Eupezus. — courte, en triangle aigu : Amarygmus.

IL. Yeux contigus au prothorax; antennes médiocres, plus ou moins robustes.

Mésosternum entier ; saillie prosternale recourbée en arrière : Nesioticus. fourchu ou très-fortement concave, recevant en partie la * saillie prosternale : Pyanisia Genres incertæ sedis : Aygmodus, Plesiophthalmus.

EUPEZUS. (Der.) Bcanon. Hist. nat, d, Ins. IE, p.84.

Mûles : Menton forteraent transversal, trapéziforme, convexe sur la ligne médiane ; ses anglés antérieurs un peu saillants. — Languette étroitement échancrée dans son milieu; ses lobes largement arrondis. — Palpes épais; leur dernier article fortement sécuriforme. — Labre transversal, un peu arrondi engvant, — Tôte assez petite, engagée dans le prothorax jusqu'aux yex inelusivement, concave sur le front; oreillettes antennaires en triangle eurviligne; épistome séparé du front par une dépression transversale et un fin sillon arqué, court et tronqué en avant.— Yeux subcontigus en dessus, — Antennes grôles, filiformes, au moins de la longueur des #3 des élytres, à articles 4 très-allongé, # plus court que chacun des trois suivants, ceux-ci longs, égaux, 8-10 de la longueur de 4, mais un peu plus gros et obconiques, 11 aussi long que 10, déprimé et un peu arqué. — Prothorax fortement transversal, un peu rétréci et à peine échancré en avant, lépèrement arrondi sur les côtés, faiblement bisinué à sa base, rebordé

L AMARYGMIDES. 473

partout, sauf en arrière. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax et légèrement trismuées à leur base, régulièrement ovales, convexes.—Pattes extrémement longues ; cuisses linéaires, les postérieures dépassant les élytres en arrière; jambes grèles, les postérieures un peu flexueuses, les intermédiaires longuement villeuses en dedans; 1 article des tarses postérieurs très-allongé. — Saillie intercoxale large, ogivalé. — Mésosternum plan, quadrangulaire, triangulairement échancré en avant. — Saillie prosternale canaliculée, pénétrant librement dans le mésosternum. — Corps ovalaire, convexe.

Femelles : Antennes de la longueur de la moitié du corps. — Jambes postérieures droites; les intermédiaires pas plus villeuses que les autres au côté interne.

Genre très-distinct, ayant pour type l’Helops longipes de Fabricius (1), grand insecte de la côte occidentale d'Afrique, d’un noir profond, mat et velouté, dont les élytres sont finement striées et ponctuées dans les stries. Il existe à Natal une seconde espèce inédite (2), de même forme et de même taille, et dans la Sénégambie, une troisième (3) de moitié plus petite, qui m’est inconnue et qui, d’après la description qu’on en a, semble s'éloigner assez fortement des deux précédentes par son fucies.

AMARYGMUS.

Dazm. Anal. entom. p. 60 (4).

Menton subtrapéziforme, reboxdé sur les côtés. — Languette cordiforme; ses lobes antérieurs largement arrondis. — Dernier article des palpes labiaux en triangle équilatéral, celui des maxillaires en fer de bache subtransversal. — Labre tronqué ou arrondi en avant. — Tête engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux inclusivement, non ou peu concave sur le front ; oreillettes antennaires en général petites et médiocrement redressées; épistome allongé. — Yeux au plus médiocrement séparés en dessus, parfois subcontigus. — Antennes notablement plus longues que le prothorax, grèles, à articles 3 très-allongé, 4-10 obconiques, décroissant et grossissarit peu à peu, mais légèrement, 11

(1) Syst. EL. I, p. 161.

(2) Elle est connue dans les collections de Paris, où elle est commune, sous le nom d’Æ, natalensis. À la différence du longipes, le mâle a les jambes glabres au côté interne, tandis que toutes sont longuement villeuses chez les femelles, Ce caractère est par conséquent à la fois sexuel et spécifique.

(3) Æ. sulcipennis, Klug in Ermann, Naturhist. Atlas, p. 40 ; son prothorax est globuleux, et les antennes du mâle sont presque aussi longues que le corps. C'est l'Z. sulcatopunctatus de Dejean, Cat. éd. 3, p. 233.

(4) Syn. Cnonaron Fab, — Herops Oliv., Schœnh. — CunysomgLa Fab.

474 TÉNÉBRIONIDES.

oblongo-ovale. — Prothorax transversal, rétréci et à peine ou non échancré en avant, paraboliquement arrondi sur les côtés, coupé un peu obliquement de chaque côté de sa base, avec un large et faible lobe médian. — Ecusson en triangle subrectiligne, aigu au bout. — Elytres ovalaires ou elliptico-ovales, plus ou moins convexes, un peu plus larges que le prothorax et largement échancrées en arc à leur base, avec leurs épaules parfois dentiformes; leur repli épipleural étroit, entier. — Pattes assez longues; cuisses sublinéaires, rarement atténuées à leur base; jambes grêles, arrondies ; leurs éperons bien distincts; tarses grêles, ciliés en dessous ; le 4% article des postérieurs très-allongé, le dernier de tous long. — Saillie intercoxale médiocrement large ou étroite, triangulaire et aiguë. — Mésosternum tantôt déclive et concave en avant, tantôt horizontal, avec son bord antérieur échancré en are (1). — Saillie prosternale un peu prolongée et cunéiforme en arrière. — Corps ovalaire, elliptico- ou globoso-ovale, glabre.

Beaux insectes, mais polymorphes, les uns ressemblant de très-près aux Ceropria du groupe des Diapérides, les autres à des CHRYSOMRrA ou des Erotyliens, quelques-uns étant presque globuleux, tout en conservant un facies qui leur est propre. Beaucoup d’entre eux sont ornés des couleurs métalliques les plus éclatantes; les autres sont d’un noir, d’un bronzé ou d’un violet obscurs. Tous ont les élytres finement striées ou ponctuées en rangées régulières ; leur tête et leur prothorax sont toujours très-finement pointillés. Les plus grands sont de taille un peu au-dessus de la moyenne.

Ces insectes forment, sous le rapport des tarses, une exception réelle parmi les Ténébrionides otidogènes. Ce sont les seuls d’éntre eux chez qui ces organes ne sont pas villeux ou garnis de brosses en dessous. Sous ce rapport, ils se rapprochent des Hecors, dont beaucoup présentent une exception pareille.

Le genre est riche en espèces, et parait propre à l'Australie, aux archipels indiens et à la Polynésie (2).

(1) Cette dernière forme est propre aux espèces courtes (par 0x. œreus) , et, dans ce cas, la saillie prosternale entre en contact avec le mésosternum, C6 qui n’a pas lieu chez les espèces de forme régulièrement ovale et médiocrement convexe, telle que l’amethystinus et beaucoup d’autres. Ce caractère ne me semble pas ici suffisamment générique.

(2) Esp. de l'Australie: Cod. cupreum, triste, smaragdulum, amethystinum, bicolor, Fab. Syst. El. IL, p. 12; la patrie du friste est douteuse. — 4. viridi-

- colis, velutinus, Mae-Leay in King's Surv. of the coasts of Austral. Il, Append. p. 443.— A. columbinus, resplendens, Boisduv. Faun. d. l'Océan. LL, p. 271.— Cnod. longipennis, cupripennis, cupricolle, puncticolle, sulcipennis, picicorne, cyanipennis, anthracinum, Hope, Trans. of the ent. Soc. IV, p. 109. — A, purpureus, fervens, fasluosus, rugosus (sulcipennis Hope), Germar, Linn. ent. ll, p. 199. — Esp. de Ceylan : 4. chrysomeloides, F, Walker, Ann, and Mug. of nat. Hist, Ser, 3, Il, p. 285. — Esp. des archipels indiens et de la Polynésie :

AMARYGMIDES. 475

NESIOTICUS.

Wesrw. Trans. of the Zool. Soc. WI, p. 227.

Menton évasé et légèrement bisinué en avant, caréné sur la ligne médiane. — Languette coupée carrément en avant. — Palpes épais, leur dernier article en fer de hache transversal. — Labre fortement transversal. — Tête concave sur le front ; oreillettes antennaires obtuses et assez saillantes; épistome très-court, tronqué. — Yeux contigus au prothorax, fortement séparés et non dilatés sur le front. — Antennes assez robustes, un peu plus longues que le prothorax, grossissant faiblement et un peu déprimées au bout, à articles 3 plus long que les suivants, 4-5 ovalaires, 6-10 transversaux, cylindriques, 11 assez allongé, arrondi au bout. — Prothorax transversal, assez convexe, légèrement arrondi sur les côtés, non échancré en “avant, légèrement saillant au milieu de sa base, très-finement rebordé de toutes parts. — Ecusson en triangle rectiligne. —Elytres un peu plus larges que le prothorax à leur base, très-convexes, brièvement ovales. — Pattes très-longues ; cuisses comprimées; jambes droites, soyeuses en dedans à leur extrémité ; 1% article des quatre tarses postérieurs allongé, le dernier de tous plus petit que les précédents réunis. —Saillie intercoxale assez large, ogivale. — Mésosternum coupé verticalement et canaliculé en avant; ses angles antérieurs dentiformes. — Saillie prosternale verticalement recourbée en arrière et munie dans son milieu d’un court macro. — Corps glohoso-ovale, glabre.

On n’en connaît qu’une grande et belle espèce (1) de la côte de Guinée, d’un noir légèrement brillant et ornée d’un dessin fauve, consistant sur chaque élytre en un anneau triangulaire postérieur et une bande basilaire, transversale, envoyant en avant trois longues dents, l'une près du bord externe, les deux autres près de la suture ; ce dessin est, du reste, assez variable. Les élytres ont des rangées très-régulières de petits points enfoncés, à peine visibles à l’œil nu. Ce bel insecte est peu commun dans les collections.

Chrysom. micans, Fab. Syst. El. I, p. 428 (Hel. diaperis Schœnh.); Java. — Hel. cuprarius, Fab. ibid. [, p.161; Java. — A4. œreus, Casteln. Hist. nat. d, Col. IL, p.234; Java. — À. mutabilis, dé Bourou ; todicollis, d'Amboine; cupreus, de la Nouvellé-Guinée ; Guérin-Ménev. Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 101; Ins. pl. 5, f, 1, 2. — 4: hydrophyloides, tuberculiger, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1849, p. 450 ; Tonga-Tabou. — fulgiditessellatus, de Bornéo; #uficrurus, des îles Arrow; Blanch. Voy. au pôle Sud ; Entom. p. 179. — Patrie inconnue : * A. speciosus, Dalm. loc. cit.

L'Am. Paykullii, que Dalman comprend avec doute dans le genre, semble, en effet, d’après la description qu'il en donne, ne pas lui appartenir.

(1) N. flavopictus, Westw. loc. cit. pl. 15, f. 13 ; M. J. Thomson en a donné également une belle figure dans ses Archiv. entom. If, pl. 3, f. 1.

476 TÉNÉBRIONIDES.

PYANISIA.

De Casreun. Hist. nat. d. Col. TI, p. 235 (1).

Menton évasé et tronqué en avant, convexe en dehors. — Languette échancrée dans son milieu. — Palpes épais, leur dernier article fortement sécuriforme. — Labre découvert, tronqué en avant. — Tête enfoncée dans le prothorax jusqu’au bord postérieur des yeux, assez concave sur le front; oreillettes antennaires médiocres; épistome séparé du front par un sillon arqué, tronqué. — Yeux assez fortement séparés et médiocrement dilatés sur le front.—Antennes assez robustes, notablement plus longues que le prothorax, cylindriques et grossissant peu à peu, mais faiblement, à articles 3 un peu plus long que les suivants, obconique, 4-10 de même forme, décroissant à partir du 7€ ou du 8°, 11 obliquement tronqué au bout, — Prethorax transversal, convexe, rarement (opacus) déprimé, un peu rétréei et légèrement échan- . cré en arc en avant, plus ou moins arrondi sur les côtés, légèrement bisinué à sa base, finement rebordé partout. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres à peine plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base, avec leurs angles huméraux un peu saillants et aigus, convexes, cylindrico-coniques, parfois (opacus) déprimées sur le disque. — Pattes plus ou moins longues; jambes soyeuses à leur extrémité interne ; 4°" article des tarses postérieurs allongé, le dernier, sauf aux antérieurs, plus court que les précédents réunis. — Saillie intercoxale assez étroite, ogivale et acuminée au bout. — Mésosternum déclive, fortement concave, parfois (undatus) horizontal et fourchu. — Saillie prosternale lanciforme et pénétrant en partie dans le mésosternum. — Corps en général cylindrico-ovale.

M. De Castelnau n’a fait de ce genre qu’une section des Hezops, et Solier l'a placé dans sa tribu des Blapsites, deux opinions aussi peu fondées l’une que l’autre. Il se compose d’un petit nombre d’espèces!(2) du Brésil et du Mexique, très-homogènes sous le rapport de la taille qui est moyenne, mais non des couleurs. Celles du premier de ces pays sont variées de noir et de rouge sanguin en dessus, tandis que

(1) Syn. Cyuarnores (Dej.), Blanch. Hist. nat. d. Ius. il, p.33; et Solier in Baudi e Truqui, Studi entom,. p. 178. — Herors Fab., Oliv., Perty.

(2) Esp. du Brésil : Hel. undatus, Fab. Syst. EL. 1, p. 161; Oliv. Entom. I, 58, p 11, pl. 2, f. 4; type du genre. Solier ne l’a pas connu, non plus que le suivant, bien que tous deux soient plus écmmuns dans les collections que les espèces mexicaines, les seules qu'il ait décrites, — Hel. vestitus, Casteln. loc. cit, p. 236 (C. rubidus Dej.). — Hel. hyerogliphicus, Perty, Del. anim, art. Brasil. p. 61, pl. 13, £. 1 (C. argus Dej.). — Esp. du Mexique : Hel. tristis, Castela. loc. cit, — ©, opacus, coarctutus (tristis Casteln.), unicolor, Solier, loc. cit. p. 180,

AMARYGMIDES. 471

celles du Mexique sont entièrement noires ; toutes pendant la vie sont revétues d’une légère efflorescence qui donne à leurs téguments un aspect velouté. Les mâles, du moins chez la plupart d’entre elles, diffèrent des femelles, par leurs pattes antérieures plus longues et dont les jambes sont un peu épaissies et légèrement arquées à leur

extrémité.

Note.

M. A. White place près des Amaryemus le genre suivant, qui m'est inconnu. La diagnose suivante qu’il en donne, ne contient pas les éléménts nécessaires pour reconnaître si cette opinion-eit fondée.

RYGMODUS.

A. Ware, Voy. of the Ereb. and Terr.; Entom. p.11.

Chaperon presque carré, légèrement entaillé au bout. — Antennes composées en apparence de huit articles : 4 long et grêle, 2 arrondi, 3-5 petits, ne paraissant former qu’un article, 6-8 déprimés, élargis et formant une massue allongée. — Tête et prothorax inclinés. — Elytres plus longues et plus larges que l'abdomen. — Jambes allongées et un peu aplaties. — Corps ovale, très-convexe.

Sauf la forme générale, on ne voit rien dans ces caractères qui rappelle les AmaryGmus. M: A. White décrit deux espèces (modestus, pedinoides) propres à la Nouvelle-Zélande et dont il n'indique pas la taille.

Le genre suivant dé M. De Motschoulsky semble, au contraire, trèsvoisin des AmMaRyGmus, comme il le dit, et n’en différer que par la longueur extravrdinaire du troisième article des antennes, des yeux plus grands et les palpes maxillaires plus allongés.

PLESIOPHTHALMUS.

DE Morseu. Etud. entom. Ann. VI, p. 35.

Palpes labiaux courts, leur dernier article élargi et presque carré ; les maxillaires très-saillants, leur dernier article fortement sécuriforme. — Yeux grands, plans et très-rapprôchés sur le front qui est concave, — Antennes plus longues que la moitié du corps, grèles; leur 3° article trois fois plus long que les deux suivants ensemble, le 4° plus court que le 5° et égalant en longueur le 41° qui, ainsi que les quatre précédents, est un peu élargi. — Cuisses antérieures élargies au milieu de leur bord interne; jambes de la mème paire un peu grquées, les postérieures droites; 4° article des tarses postérieurs aus$i long que les {rois suivants réunis; les antérieurs non élargis. — Corps ovalaire, assez convexe, élargi au “milieu, atténué à ses deux extrémités.

478 TÉNÉBRIONIDES.

Lo type du genre est un assez grand insecte (P. nigrocyaneus) du Japon, d’un noir bleuâtre brillant, ponctué en dessus, avec les élytres finement striées. | ’

TRIBU XLVI

STRONGYLIIDES.

Palpes labiaux médiocrement séparés à leur base. — Lobe interne des mâchoires fautôt en forme de griffe, tantôt légèrement arqué et sans crochet distinct. — Mandibules en général entières au bout. — Tête dégagée du prothorax, simplement penchée; ses oreillettes antennaires plus ou moins saillantes, rarement (Gypnonorus, la plupart des PRrÆUGENA) nulles. — Yeux grands, distants du prothorax, de forme . variable ainsi que les antennes. — Ecusson grand. — Elytres embrassant faiblement le corps. — Pattes longues; cuisses inermes ; tarses faiblement villeux chez la plupart. — Saillie intercoxale jamais trèslarge, souvent étroite et en triangle aigu. — Métasternum allongé, ses épisternums étroits, parallèles. — Mésosternum large, horizontal, enfoui et concave (PRæÆUGENA excepté). — Prosternum de longueur normale en avant des hanches antérieures. — Corps ailé.

Parmi ces caractères, il en est un, la forme du mésosternum, qui mérite plus particulièrement d'attirer l'attention. Il est propre à ces insectes dans la famille entière et ne manque que chez les PRÆUGENA. Le prosternum est également plus large que de coutume entre les hanches antérieures, de sorte que ces dernières sont plus écartées que chez les autres Ténébrionides. Comme on le verra plus loin, elles présentent chez les CyPnonorTus une exception remarquable à leur forme normale, mais qui n’est pas äbsolument isolée, car il y a quelque chose de semblable chez les Seneniscus. Ge même genre CYPHONOTUS ainsi que la plupart des PRæuGENA ne sont plus, à proprement parler, des Ténébrionides otidogènes, si l’on n’a égard qu’à la forme de leurs orbites antennaires. Mais les caractères que j'ai signalés précédemment comme accompagnant celui-ci, continuent de subsister chez ces insectes exceptionnels, du moins pour la plupart. Dans la majeure partie des espèces, le pronoturg est confondu soit en totalité, soit partiellement, avec les flancs du prothorax. Enfin, à part un très-petit nombre, ces insectes ont une physionomie particulière, due à leur forme allongée et arquée en dessus ou régulièrement cylindrique. Des couleurs très-variées ét très-souvent métalliques forment leur livrée ordinaire. Ce sont, du reste, des insectes dont la classification présente de sérieux obstacles, leurs genres, sauf les Cypmonorus et les PRÆUGENA, passant de l’un à l’autre par les nuances les plus graduées.

Sur les huit genres qui suivent, cinq appartiennent exclusivement

STRONGYLIIDES. 479

à l'Amérique; un (SrroNGyLium) lui est commun avec l’ancien a nent; les deux autres (PRÆUGENA, PHYMATISOMA) sont propres à cé dernier.

I. Mésosternum large, horizontal, enfoui et concave. a Hanches antérieures coniques et très-sillantes : Cyphonotus.s.. aa — globuleuses ou brièvement ovoïdes.

b Antennes non terminées par une massue foliacée. c Leur 3e article plus long que le #.

d Leurs articles 4-10 plus ou moins en scie : Spheniscuss. da — > ONON — e Pronotum tranchant sur les côtés.

Epaules des élytres munies d’une tubérosité : Dicyrtus®—- sans — Pœcilesthus.

ee Pronotum confondu avec les flancs du prothorax, parfois séparé d'eux par une fine ligne saillante : Sérongyliums.

cc 3e article des antennes beaucoup plus court que le 4°: Oploptera. bb Antennes terminées par une massue foliacée de 4 art. : Phymatisoma. IL Mésosteraum de largeur normale, déclive et concave : Prœugena.

CYPHONOTUS.

Guéri-Ménev. Voy. d. l. Coq.; Enlom. p. 102 (1).

Menton allongé, évasé et subarrondi en avant, convexe sur la ligne médiane. — Languette acuminée en avant. — Palpes labiaux trèscourts et épais, leur dernier article cupuliforme ; les maxillaires trèslongs, à articles 2 allongé et arqué, # très-grand, en fer de hache fortement transversal et oblique. — Lohe interne des mâchoires sans crochet corné. — Mandibules un peu bifides au bout. — Labre transversal, sinué en avant. — Tôte assez allongée, cylindrique et horizontale en arrière, verticale en avant; oreillettes antennaires trèspetites et planes; épistome séparé du front par une dépression trans- Yersale, renflé, puis déclive et largement arrondi en avant. — Yeux grands, allongés, peu saillants, obliques, étroitement échancrés près de leur extrémité inférieure. — Antennes à peine plus longues que le Prothorax, grêles, à articles 3 plus long que les suivants, 4-7 cylindriques, subégaux, 8-10 un peu plus larges, triangulaires, déprimés, 11 ovale. — Prothorax aussi long que large, régulièrement cylindrique, sans aucune trace d’arôtes latérales, tronqué à ses deux extrémités, rebordé à sa base. — Ecusson en triangle curviligne allongé. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, échancrées en arc et

(1) Syn. Howocvarus, Doj. Cat. éd, 3, p. 232.

480 TÉNÉBRIONIDES.

rebordées à leur base, très-allongées et très-convexes, comprimées latGralement, rétrécies en arrière et terminées chacune par une épine aiguë, aplanies le long de la suture, et munies chacune d'une forte saillie pyramidale près de leur base, et de deux carènes longitudinales, l’une voisine de la suture, l’autre du bord latéral. — Pattes longues; hanches antérièures conico-cylindriques, très-saillantes; cuisses arrondies ; jambes assez robustes, légèrement arquées ; A® article des tarses allongé, surtout aux postérieurs, le dernier de tous très-long, muni d’un onychium sétigère ; crochets grands, ohtusément dentés près de leur base en dessous.—Saillie intercoxale assez étroite, ogivale. — Mésosternum médiocrement large, horizontal, canalieulé, en forme de V à branches arrondies en dehors. — Prosternum assez large, déprimé, graduellement élargi, excavé et tronqué en arrière, — Corps allongé, pubescent.

L'un des genres les plus singuliers de la famille, mais dont les analogies ne sont pas douteuses. Sa place est près des Spxeniscus et des STRONGYLIUM, comme l'ont pensé MM. Guérin-Méneville et De Castelnau (1). Son pronotum confondu avec les parapleures prothoraciques, son mésosternum et son prosternum suflisent pour décider cette question. Ses hanches antérieures elles-mèmes ne sont qu’une exagération de ce qui existe déjà d’une façon assez sensible chez les Spnenisous.

Il ne comprend jusqu'ici qu'un assez grand insecte du Chili (2), d’un vert ou d’un bleu obscur, et dont les élytres sont entièrement couvertes de larges aréoles irrégulières, contenant chacune une tache blanche formée par des poils très-denses. Quatre bandes longitudinales de poils semblables ornent le prothorax, deux les côtés de la poitrine, et des taches de même nature se voient sur les côtés de l’abdomen. Ce bel insecte n’est pas commun dans les collections. Les quelques exemplaires que j'en ai vus né m'ont présenté aucunes différences sexuelles.

SPHENISCUS.

Kiney, Trans. of the Linn. Soc. XII, p. 421.

Menton trapéziforme, plus ou moins convexe en dehors. — Languette tronquée en avant, avec ses angles antérieurs échancrés. —

(1) M. De Castelnau (Hist. nat. d, Col. I, p. 239) l’a placé entre les STRoN= eyuium et les Srenocuta, deux genres qui, pour moi, n’en forment qu'un seul ; Dejean, près des Anguiuw; Solier (io Gay, Hist. d. Chile; Zool..V, p.262) a eu la bizarre idée de l’associer aux Orougsia, dans une famille à part, qu’il uomme les Comphocaroïdes.

(2) C. dromedarius, Guérin-Ménev. loc. cit. p. 103; Ins. pl. 5, £. 4. Onena deux autres figures : l’une, dans Griffith, Anim, Kingd.; ns. pl. 124, £. 2; l'autre publiée par Solier in Gay, loc. cit.; Col, pl. 21, f. 6.

STRONGYLIIDES. 481

Lobe interne des mâchoires grêle et terminé Par un crochet aigu, — Dernier ärticle des palpes en triangle subtransversal, — Labre tronqué ou sinué en avant. — Tôte médiocre, assez saillante, déclive en avant, souvent sillonnée entre les yeux; oreillettes antennaires médiocres, rectangulaires ; épistome déprimé, plan, séparé du front par un sillon arqué; son bord antérieur taillé en biseau et tronqué. — Yeux très-grands, peu convexes, dilatés et médiocrement séparés en dessus, fortement échancrés. — Antennes plus longues que le prothorax , assez robustes, à articles 3 obconique, allongé, 4 de même forme, plus gros, tantôt plus court, tantôt aussi long ou plus long, 5-10 triangulaires, ohtusément dentés au côté interne, graduellement plus courts, 11 en carré oblique. — Prothorax transversal, peu convexe, régulièrement rétréci et échancré en arc antérieurement, faiblement bisinué et rebordé à sa base ; tous ses angles aigus; pronotum séparé des flancs du prothorax par une arête très-obtuse, parfois nulle. — Ecusson en triangle subrectiligne allongé. — Elytres un peu plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, graduellement élargies dans leurs deux tiers antérieurs, rapidement rétrécies en arrière, tès-convexes et comme gibbeuses. — Pattes très-longues; hanches antérieures brièvement ovoïdes, un peu saillantes; cuisses linéaires S jambes arrondies; les quatre tarses postérieurs très-allongés, avec leur 1% article long. — Saillie intercoxale rétrécie et arrondie en avant. — Saillie prosternale large, déprimée et concave en arrière, arrondie au bout, — Corps oblong, très-convexe, glabre,

Cette formule ne s'applique rigoureusement qu’à l'espèce typique décrite par Kirby (1) et celles qui lui ressemblent. Chez d’autres qu'on leur associe dans les collections, les élytres cessent peu à peu d'être gibbeuses, et le corps devient simplement oblong et plus ou moins arqué en dessus (2). À part cela, les caractères essentiels continuant de subsister, elles peuvent rester dans le genre. Mais il y en a d'autres qu’on Yÿ comprend à limitation de Dejean, et qui me paraissent devoir en être exclues (3).

(1) S. erotyloides, Kirby, loc. cit. p. 422, pl. 22, f. 4; du Brésil, Il vûrie braucoup, et je crois que le S. Kirbyi de M. De Castelnau (Hist. nat. d. Col. IL, P: 232) n’en est qu'une variété. — Les 8. variolatus, formosus, maculosus, Marginicolis de Dejean (Cat. éd. 3, p. 229), viennent se placer ici, ainsi que Quatre ou cinq autres espèces inédites.

(2) S. pictus, Guérin-Ménev. Iconogr.; Ins. texte, p. 423, pl. 31, £ 1; de Cayenne et du Brésil. — Helops cinctus, Oliv. Entom. UT, 58, p. 13, pl. 2, £. 6; Brésil (cruciatus Dej.); il s'éloigne beaucoup de tous les précédents par son système de Coloration, mais appartient réellement au genre ; J'en connais deux es- Pèces voisines et inédites. — Le S. Chevrolatii, Rojas, Ann, d, 1. Soc. ent. 1856, D. 695, pl. 20, IL, £. 3, semble appartenir à cette division; il est des environs de Caracas, — Les &. nigromaculatus, helopioides ét Lecontei, de Dejean, se pla- Sent immédiatemont à la suite du pictus.

(8) Elles s’en éloignent par leurs antennes, dont les quatre derniers articles

Coléoptéres. Tome V. 31

482 TÉNÉBRIONIDES.

La ressemblance de ces insectes avec les EROTYLUS à ‘4 signalé depuis longtemps et s'étend jusqu’au système de coloration: PHesqu tous en effet sont noirs, avec les élytres d’un blanc jaunâtre et couvertes de taches noires ou bleues, irrégulières, plus ou moins nombreuses et en partie confluentes. Elles sont ordinairement accompagnées d’une tache apicale commune et d’une bande médiane transversale de même couleur. La ponctuation des élytres est très-variable et souvent irrégulière.

Le genre est américain et répandu depuis le Mexique jusque dans le Brésil méridional. On a à peine décrit la sixième partie des espèces qui existent dans les collections.

DICYRTUS.

Des, Cat. 6d. 3, p. 229.

Genre intermédiaire entre les Spaeniscus et les P&CILESTHUS qui suivent, ne différant des premiers que par les caractères suivants :

Antennes à articles 3-4 allongés, subeylindriques, subégaux, 4-6 plus courts, en triangle allongé, égaux ou décroissant un peu, 1-10 transversaux, presque carrés ou un peu rétrécis en arrière, 41 largement arrondi en avant. — Prothorax transversal, plan, plus ou moins impressionné en dessus, légèrement arrondi sur les côtés, avec une petite dent obtuse et submédiane , tronqué en avant, avec sos angles antérieurs arrondis, légèrement bisinué à sa base, rebordé de toutes parts ; pronotum limié latéralement par une arête tranchante. —Elytres notablement plus larges que le prothorax, convexes en ayant, avec leurs épaules surmontées d’une grosse saillie; parallèles dans leurs deux tiers antérieurs, fortement rétrécies en arrière, munies chacune, à quelque distance de leur base, d’une forte tubérosité. — Cuisses atténuées et grèles dans leur moitié basilaire; 1% article des tarses postérieurs plus courts.

forment une massue déprimée, serrée, nullement en scie, el par leur prothorax rectangulaire, dont le pronotum est limité latéralement par uné arête vive: Ce sont là des caractères de Posciesruus, et c’est à ces insectes que CCS espèces deyront être réunies, si l’on n’en fait pas des genres nouveaux. Je n’en connais que deux de décrites : le S. ferrum equineum de M. Vander Hoeven (Mag. d. Zool. Ins. 1839, pl. 4), originaire de Surinam, et le S. quadrimaculatus d’Erichson (Archiv, 1847, L, p. 120); il est du Pérou. — ]1 y en a une troisième dans le Catalogue de Dejean, son S. marginipennis de Cayenne, et une quatrième, du Mexique, conuue dans les collections sous le nom de $. nigropunctalus Chevrol.

Le $. lagroides de Dejean est une espèce à part, différente de toutes les autres par sa couleur d’un bleu plombé brillant, et ses élytres criblées de grandes et profondes fossettes disposées sans ordre; sa forme est oblongue et médio= crement convexe. Elle présente, du reste, les caractères essentiels du genre et peut y rester,

STRONGYLIIDES, 483

. Les caractères de ce genre n’ont jamais été publiés. 11 diffère principalement des SPHENISCUS par ses antennes et son pronotum muni d'une arûte latérale, des Pœcrcesraus par le lobe interne de ses mdchoires, fait comme celui des SPHeNISCUS, des uns et des autres par la forme de son prothorax, de ses élytres et de ses cuisses postérieures.

Dejean en à mentionné deux espèces du Brésil, et je n’en ai pas vu d’autres dans les collections. L'une (gibbosus), qui est très-rare, reproduit complètement les couleurs des SPHENISCUS ; elle est noire, avec les élytres d’un jaune testacé, et couverte d’une multitude de fossettes arrondies et noires. L'autre (binodosus), commune au contraire, est en entier d’un vert ou d’un bleu bronzé obscur > et ses élytres présentent un grand nombre de larges dépressions irrégulières , qui les rendent hès-inégales; les stries régulières qui les parcourent sont fréquemment interrompues. 3

POECILESTHUS.

(Des.) BLancu, Hist. nat. à. Ins. IL, p. 33 (1).

Organes buccaux des SPHENISCUS, avec le lobe interne des mäâchoires non crochu au bout. — Tête’ des mêmes. — Yeux médiocres, largement séparés en dessus, fortement échancrés. — Antennes notablement plus longues que le prothorax, à articles 3-4 allongés, subégaux, ÿ-6 obconiques, plus courts et plus épais ; les suivants graduellement largis et déprimés, formantune massue plus ou moins large, parfois (par €x. geniculatus) grêle. — Prothorax transversal, peu convexe, carré ou légèrement rétréci en avant, faiblement ou à peine échancré antérieurement, tronqué à sa base, rebordé de toutes parts; son pronotum liité latéralement par des arêtes vives. — Elytres un peu plus larges que le prothorax et tonquées à leur base, avec les épaules obtuses, en général allongées, médiocrement convexes el arquées en dessus, Parfois plus courtes, plus larges et subgibbeuses. — Pattes de lonsueur variable, mais toujours allongées et peu robustes, pareilles à telles des Spmeniscus. — Le surplus comme chez ces derniers.

Ce genre se distingue aisément des Spneniscus par ses antennes ét son prothorax, et je viens d'indiquer les caractères qui le séparent des Dicyrrus de Dejean, mais je ne vois aucun autre moyen de le dif- Grencier des STRONGYLIUM qui suivent, que de tenir un compte rigou- 'eux de la forme de son prothorax qui est tranchant sur les côtés, et d'exclure du nombre de ses espèces, toutes celles chez lesquelles il D'affecte Pas exactement cette forme (2).

(1) Syn. Enoryzus Fab. — HeLors Perty, Germar.

(2) Le lobe interne des mâchoires, qui est crochu chez les SrroNcYLIUM, et Présque droit dans lo genre actuel, fournirait un meilleur caractère; mais il Fsle à savoir si cette différence est constante entre toutes les espèces des deux

Tr

484 TÉNÉBRIONIDES.

Sauf quelques espèces inédites, de forme navioulaire plus ou moins large, ces insectes sont allongés et ont un facies peu robuste. Tous sont au moins de taille moyenne , et leurs couleurs sont très-variées, sans jamais être métalliques. Leur habitat est le même que celui des Semeniscus, et la plupart de leurs espèces sont communes dans les régions intertropicales de l'Amérique du Sud. On ne les trouve jamais que sur les feuilles dans les bois (1).

STRONGYLIUM.

Kmay, Trans. of the Linn. Soc. XII, p. 417 (2).

Organes buccaux des précédents, avec le lobe interne des mäâchoires en forme de griffe, ou simplement un peu arqué. — Tète généralement courte, avec le front déclive ou subvertical ; ses oreillettes antennaires le plus souvent courtes et peu relevées; épistome comme chez les précédents. — Yeux plus ou moins dilatés et largement séparés en dessus, fortement échancrés. — Antennes plus longues que le prothorax, de formé variable, grossissant peu à peu à partir du 5° et du 6° article; les cinq ou six avant-derniers tiangulaires, obconiques ou presque carrés. — Prothorax transversal, subeylindrique, tronqué à ses deux extrémités; son pronotum confondu avec les flancs du prothorax; la séparation indiquée parfois par une fine ligne saillante, tantôt complète, et alors presque toujours arquée, parfois n'existant que près des angles antérieurs. — Elytres en général de très-peu plus larges que le prothorax, médiocrement convexes et arquéès chez les uns, cylindriques chez les autres. — Pattes des précédents. — Mt sosternum plan et largement concave, très-rarement en forme de: V.

genres, ce dont je doute beaucoup. Il est évident que dans la composition de ces derniers, Dejean a eu presque uniquement égard au système de coloration. Il a placé parmi les Porcizesraus toutes les espèces privées de couleurs métal liques, et dans les STRONGYLIUM (ses Sxnancopes), toutes celles qui en possèdent Une seule (erythropterum) fait exception sous ce rapport, et elle me parait devoir Ôtre exclue du genre. D’après ce qui est dit dans le texte, les Pœcilesthus ornatus, Hæœpfneri, lividus, rufipennis de Dejean, et probablement d’autres encore, ayant le pronotum confondu avec les flancs du prothorax, Sont pour moi des STRONGYLIUM. L

(1) £rot. fasciatus, Fab. Syst. EL. IL, p.6; Brésil. — Hel. suturalis (marginellus Dej.), geniculatus (Zebra Dej.), Germar, Ins. Spéc. nov. p: 156, — Het. tigrinus (maculipennis Dej.), geometricus (histrio Dej.), Perty, Del, anim, art, Brasil. p. 61, pl. 12, £. 14 et16; Brésil.

(2) Syn. Srenoemia, Kirby, loc. cit, p. 423.— SxRANGOoDES (STRONGYLIUM Kirby) Dej. Cat. éd. 3, p.229. — Genranis, De Casteln. Hist. nat. d: Col. U, p- 240; nom d’une section établie par l’auteur dans les Srenooma et à laquelle il n'assigne aucun caractère. — Herors Fab., Germar, Perty.— Unis Say. — TENE emo Say, — Myzans pars, Pallas.

STRONGYLIIDES. 485

— Saillie prosternale parfois prolongée en un court mucro. — Les autres caractères comme chez les SPHENISCUS. — Corps assez souvent revêtu en dessous d’une fine pubescence satinée. :

de réunis dans ce genre les Srroncyzium et les Srevocmra de Kirby, étant dans l'impossibilité la plus absolue de découvrir aucun caracière différentiel entre eux, bien que Dejean les ait séparés par neuf autres genres. Kirby; en les fondant, ne connaissait du premier qu'une espèce (1) de forme oblongue et arquée en dessus, et du second que deux espèces (2) parfaitement cylindriques. Dans cet état de choses, les deux genres pouvaient paraître assez distincts; mais les collections en. contiennent aujourd’hui plus de cent espèces, entre lesquelles les passages entre les deux formes ci-dessus s’établissent de telle sorte qu'il y en a près d’un tiers desquelles on ne saurait dire si ce sont des STRONGYLIUM où des STENOCHIA (3).

La forme du prothorax est tout ce qui distingue ces insectes des PœcLESTHUS qui précèdent; même quand il est muni d’une fine arête sur les côtés, complète ou non (4), il n’est jamais tranchant et ne saurait se confondre avec celui du genre en question.

Ces insectes abondent dans l'Amérique du Sud; celle du nord en possède peu; il y en a quelques espèces dans l'Afrique australe, aux Indes orientales, en Syrie et dans l'Australie; mais la plupart deyront

“constituer plusieurs genres nouveaux (5). À part quelques Pœcizes-

(1) S. chalconotum, Kirby, loc. cit. p. 418, pl. 21, f. 16; Kirby l’a cru de l'Australie, tandis qu'il habite le Brésil, où il n'est pas-rare : c'est le Sœrangodes cicatricosus de Dejean.

(2) Sten. rufipes, cyanipes, Kirby, loc. cit. p. 423; du Brésil; la première est figurée pl. 22, f. 5. Je crois que ces deux espèces n’en font qu’une, dont la première est la femelle et la seconde le mâle.

(3) Je dois cependant ajouter que dans les deux espèces de Srroncyzium que j'ai disséquées (chatconoum Kirby, fulgidum Dej.), j'ai trouvé le lobe interne des mächoires formant une griffe, tandis qu’il était inerme chezles Senochia rufipes, violacea, splendida, azurea, que j'ai examinées également. Mais, comme pour les Porcsesmuus, il faudra voir si ce caractère persiste ou non. Les SrE- NOoHA américaines, de forme régulièrement cylindrique, présentent, en outre, Un caractère sexuel qui n’a pas encore été signalé et que je ne trouve pas chez Celles de forme arquée en dessus, non plus que chez les SrnoncyLivu de Kirby : Xe mâles ont un sixième segment abdominal.

(4) N se pourrait bien que ce caractère jouât un rôle dans la distinction des

SEX6S; il manque parfois chez les miles, tandis qu'il est très-apparent chez les femelles; la Stan, rufipes de Kirby en offre un exemple. (5) Je citerai, entre autres, l'Helops sulcicollis (Boisduv. Faun, d. l'Océan, II, D. 268, pl. 7, £. 5) de l'Australie, que Dejean a compris dans les SrnoNGYLIUM. Sos antennes composées d'articles obconiques et grossissant à peine à leurs UXlrémités, ses yeux très-gros et subcontigus sur le front, etc., ne permettent Pas de le Jaisser dans le genre actuel.

486 TÉNÉBRIONIDES.

aus que j'ai dit plus haut devoir rentrer parmi eux, presque tous sont ornés de couleurs métalliques, vertes ou bleues, que relèvent souvent, sur les élytres, des bandes transversales ou longitudinales d’un jaune-blanchâtre. On n’a guère décrit que la moitié des espèces existantes dans les collections (1).

OPLOPTERA.

Crevroz, in Guérin-Ménev. Zconogr.; Ins. p.125.

Lobe interne des mäâchoires en forme de griffe. — Veux très-grands, réniformes, profondément échancrés, très-rapprochés sur la partie antérieure du front. — Antennes de la longueur au moins de la moitié du corps, à articles 3 de moitié plus petit que 4, obconique, 4-10 déprimés en triangle, très-allongés et anguleux à leur sommet interne, décroissant peu à peu, 11 aussi grand que 10, arrondi au bout. — Prothorax en carré transversal, tronqué et rebordé en avant et à sa base, muni d’une petite dent médiane sur les côtés; son pronotum continu avec les parapleures prothoraciques. — Elytres sensiblement plus larges que le prothorax, avec les épaules obtuses, trèsallongées, arquées en dessus, terminées chacune par une épine. — Pattes très-longues. — Le surplus comme chez les STRONGYLIUM.

Ce genre diffère du précédent, principalement par les yeux et les

(1) Esp. de l’Amér. du Sud (moins les trois citées plus haut) : Hel. erythrocephalus, metallicus, æneus, violaceus, morbillosus, bicolor, hœmorrhoidalis, viridis, Fab. Syst. EL. I, p. 156. — Mylar. violacea, Pallas, Icon. Ins. p. 40, tab. C, f. 2. — Hel. laceratus, interpunctatus, splendidus (Myl. violacea Pallas), aurichalceus, azureus, interslitialis, flavicrus, luteicornis, limbatus, Germar, Ins. Spec. nov. p. 150. — Sfen. bicolor, rugosa, picla, flavofasciata, cœrulea, du Brésil; aurata, de Colombie; viridis, du Brésil, De Casteln. Hist, nat. d. Col. II, p. 239.— Strong. humerale, flavicorne, Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 62, pl. 13, f. 2, 3. — Sien. chalcodes, Pavonii, procera, rutilans, cyanicornis, Brichs. Archiv, 1847, 1, p. 120.— Sfen. compta, Erichs. in Schomb, Guyana, IL, p. 565.— Esp. des Antilles: S{en. amethystina, Jacquel.-Duv. in Ramon de la Sagra, Hist. phys. etc. de Cuba; Ins. p. 155.

Esp. d. l’'Amér. du Nord: Tenebr. terminatus, Say, Journ. of the Acad, of Philad, JL, p. 267. — Hel. tenuicollis, Say, ibid, V, p. 241. — Hel. aroualus, Say in Long's Exped. IL, p. 283.— La Sten. gracilis de M. J. L. Le Conte (Ann: of the Lyc. of New-York, V, p. 150) est une Cistélide.

Esp. des Indes or. : Strong. rufipenne, Kollar u. L. Redtenb. in Hügels Kaschmir, IV, 2, p.533, pl. 25, f. 3; Cachemire.

Esp. africaines : Sen. diehroma, cribratissima, rapax, œamthosona, geniculata, puncticollis, quadraticollis, longicornis, X. Thoms. Archiv. entom: IL, p. 94; Gabon.

Esp. de Syrie : Sten. saracena, Reiche et de Saulcy, Ann. d. 1. Soc. entom. 1857, p. 270, pl. 5, f. 1.

STRONGYLIIDES. 487

antennes. Il à pour type un grand insecte(:) du Brésil, brunâtre, avec des reflets d’un vert métallique plus ou moins prononcés et la base de toutes les cuisses d’un rouge-fauve. Ses élytres sont assez fortement striées et ponctuées, avec les intervalles entre les stries légèrement costiformes,

PHYMATOSOMA.

DE Casrecn. et Bruzré, Ann. d. Sc. nat. XXII, p. 408.

Menton trapéziforme, aminci sur les bords latéraux. — Languette tronquée en avant. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires en fer de hache transversal. — Labre tronqué en avant.— Tête courte, en arrière des yeux; oreillettes anténnaires sail- Jantes; épistome séparé du front par un sillon transversal, tronqué en avant. — Yeux gros, saillants, réniformes, médiocrement séparés sur le front. — Antennes notablement plus longues que le prothorax, à articles 3 grêle, subobconique, beaucoup plus long que le suivant, 4-7 obconiques, décroissant et s’élargissant peu à peu; les quatre derniers formant une massue allongée et déprimée. — Prothorax transversal, presque carré, muni d’une fine arôête latérale, tronqué et rebordé à ses deux extrémités, un peu déprimé et canaliculé en dessus. — Ecusson en triangle curviligne allongé. — Elytres allongées, parallèles et peu 7 dans leurs deux tiers antérieurs, plus larges que le prothorax, avec une callosité sur chaque épaule. — Pattes longues; cuisses en massue à leur sommet, grèles à leur base; jambes arrondies; tarses grêles, très-longs, le 19° article des postérieurs et le dernier de tous très-allongé. — Saillie intercoxale en triangle aigu. —- Mésosternum large, horizontal, concave. — Saillie prosternale assez large, concave, déprimée en arrière. — Corps allongé et un peu arqué en dessus,

L'unique espèce décrite du genre (P. fuberculatum) se distingue aisément des STRONGYLIUM par ses antennes, ses yeux et ses cuisses. Elle est de Java, de taille médiocre, brunâtre , avec une petite callosité jaune et arrondie sur chaque élytre, à quelque distance de la base ; les callosités humérales, mentionnées dans la formule qui précède, Sont de même couleur. La ponctuation de ces organes consiste en petits points allongés, disposés en rangée régulière. Il y a dans les collections une seconde espèce du genre, laquelle est originaire du Bengale.

(1) 0, serraticornis Ghevrol.; figuré, loc, cit. pl. 32, f. 7, sous le nom de Strongulium serraticorne. Gette figure ne donne qu’une idée peu exacte de ’insecte,

Jo possède une seconde espèce du genre, plus petite, dont les antennes sont de la longueur des trois-quarts du corps et les élytres inermes à leur extrémité, Elle est également originaire du Brésil.

488 TÉNÉBRIONIDES.

PRÆUGENA.

DE CasrezN, Hist. nat. d. Col. U, p. 241 (1).

Menton trapéziforme, convexe en dehors, aminei sur ses bords latéraux. — Languette en triangle très-fortement transversal, tomenteuse, — Lobe interne des mâchoires corné, assez robuste, droit, finement velu à son extrémité; l’externe carré, longuement et densément cilié, âvec son angle externe prolongé en une épine aiguë. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires en fer de hache plus ou mofas oblique. — Mandibules brusquement arquées, tronquées à leur extrémité. — Labre tronqué ou un peu arrondi en avant. — Tôte assez saillante, subrhomboïdale, plane sur le front; oreillettes antennaires presque nulles; épistome tantôt brusquement, tantôt graduellement rétréci, assez long, séparé du front par un sillon arqué, parfois obsolète, d’où partent deux autres sillons bien marqués, longeant les yeux au côté interne, — Ceux-ci grands, réniformes, assez largement séparés en dessus. — Antennes de la longueur de la moitié du corps, filiformes; leurs aficles 3-11 cylindriques ou très-légèrement obconiques, égaux ou subégaux. — Prothorax transversal, tantôt carré, avec ses angles antérieurs arrondis, tantôt rétréci en avant et paraboliquement arrondi sur les côtés; muni latéralement d’une arôte tranchante, finement rebordé partout. — Ecusson en triangle subrectiligne. — Elytres plus larges que le prothorax, allongées et parallèles ou ovales, dans ce dernier ces assez convexes. — Pattes plus ou moins longues ;cuisses en massue très-allongée ; jambes arrondies, leurs éperons assez longs; tarses longs, le 1° article des postérieurs au moins aussi grand que les deux suivants réunis. — Saillie intercoxale en triangle aigu. — Mésosternum de largeur normale, déclive, concave. — Saillie prosternale recourbée en arrière. — Corps tantôt allongé et parallèle, tantôt oblong ou ovale, en général glabre.

Comme on le voit, ces insectes aflectent deux formes. Ceux qui sont plus ou moins ovales paraissent jusqu'ici propres à Madagascar, ef, à ma connaissance, il n’y en a jusqu’à présent aucun de décrit (2). Les autres, de forme allongée et parallèle, habitent le continent africain, depuis le Sénégal jusqu’au Cap, et l’on peut en regarder comme le type, l'Helops marginatus de Fabricius, espèce du premier de ces pays, commune dans les collections. On a décrit aussi une espèce de l'Aus-

(1) Syn. Avezenus, Dej. Cat. éd. 3, pe 230. — Hors Fab., Oliv., Paliss.- Beauv., Klug,

(2) Dejean en mentionne deux (4. purpureolimbatus et Cræsus) ; il y on à une demi-douzaine d’autres dans les collections.-Ces espèces ont les palpes maxillaires plus longs et la languette un peu autrement faite que celles de forme typique ; peut-être pourra-t-on en faire un genre à part. \

STRONGYLIIDES. 489

tralie (1), mais j'ai quelques doutes sur la légitimité de son introduction dans le genre.

Les oreillettes antennaires de la, majeure partie de ces insectes ne méritent plus ce nom ; elles sont faites comme chez les Ténébrionides platygènes ; mais outre qu'il existe des espèces inédites chez lesquelles elles sont à l’état normal (2), tout le reste de l’organisation rappelle celle des SrroNGyLIUM, et, d’un autre côté, le genre est tellement voisin des Arracrus de la famille des Cistélides, que dans les collections on trouve souvent confondues parmi eux des espèces appartenant à ce dernier.

Les PRÆUGENA sont pour la plupart de beaux insectes dont la livrée est presque constamment ornée des plus riches couleurs métalliques, mais très-sujette à passer, dans la même espèce, du rouge cuivreux au vert, au violet et au bleu brillant; le dessous de leur corps, y compris les pattes, est noir ou rougeätre. La sculpture de leurs élytres a la plus grande analogie avec celle de la plupart des Srroncyriun. Elle consiste le plus souvent en sillons très-marqués, ponctués dans leur fond, et dont les intervalles sont plus ou moins costiformes. Les espèces du genre décrites en ce moment ne s'élèvent qu’à six (3).

(1) 4. lœvicollis, Germar, Linn. entom. JL, p. 201.

(2) J'ai sous les yeux deux espèces de la côte de Guinée, voisines des P, marginata ot beniniensis, dont les oreillettes sont aussi développées que celles des STRONGYLIUM, et qui ont un museau d’une longueur extraordinaire.

(3) Hel, marginatus, Fab. Syst. EL I, p. 157 ; figuré dans Oliv. Entom. II, 58, pl. 1, £. 3. Les He]. cyanipes et œruginosus de Fabricius (ibid. p. 158), originaires de la côte de Guinée, appartiennent peut-être aussi au génre.— Hel. beniniensis, Paliss.-Beauv. Ins. d’Afr. et d’Amér. p. 24, pl. 30, f. 3; Guinée. — P. rubripes (sanguinipes Dej.), Casteln, loc. cit.; Sénégal. — P. festiva, viridoscens, Gerstæck. Monatsber. d. Berlin. Acad. 1854, p. 534; Mozambique, — P. femorata, 3, Thoms. Archiv. entom, IL, p. 91; Gabon,

FAMILLE XLVIIT.

CISTÉLIDES.

Menton en trapèze renversé, dégagé du sous-menton et porté par un pédoncule de ce dernier. — Languette saillante; ses paraglosses peu distinctes. — Mâchoires découvertes, leurs lobes lamelliformes et ciliés. — Mandibules munies d’une saillie interne à leur base. — Yeux latéraux, presque toujours échancrés, parfois très-grands et plus ou moins rapprochés sur le front. — Antennes de onze articles, insérées immédiatement au-devant des yeux, à découvert ou sous de petites orbites en forme d’oreiliettes. — Hanches antérieures globuleuses, ou légèrement transversales, parfois cylindriques et saillantes, dans ce dernier cas contiguës ; leurs cavités cotyloïdes étroitement fermées en arrière ; les intermédiaires toujours munies de trochantins; les postérieures fortement transversales ; tarses hétéromères ; les quatre antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles; leurs crochets pectinés. — Abdomen composé de cinq ou six segments, tous distincts; le pénultième de longueur variable.

J'ai dit précédemment qu'Erichson, en réformant les Ténébrionides, avait compris parmi eux les Cistélides de Latreille (1). Si l’on compare, en effet, les curactères des deux familles, on voit qu’elles ne diffèrent rigoureusement que par la pectination des crochets des tarses, cons-

(1) Voyez plus haut, p. 2. L'opinion d’Érichson n’a été adoptée que par MM. Chapuis et Candèze dans leur Catalogue des larves des Coléoptères, el dans les dernières éditions du Catalogue des Coléoptères d'Europe, de la Société entomologique de Stettin. Les auteurs les plus récents qui ont écrit sur les Cistélides, notamment MM. L. Redteubacher et Mulsant, ont persisté à en faire une famille à part. :

Ces insectes se rattachent à la longue série des Ténébrionides sur trois points différents. Un de leurs genres (Cyzivonornonus), très-singulier et très-peu connu des entomologistes, a une analogie assez prononcée avec les Molurides, pour que Solier s’y soit trompé et l'ait placé dans ce groupe. Un second (ATRAG= rus) est si voisin des PrÆuGENA, que dans les collections ses espèces sont parfois mélangées avec ces dernières. Les Cisreca ot les CTENIOPUS semblent être un rameau détaché des Hélopides vrais.

CISTÉLIDES. 491

tante dans celle-ci et dont il n’y a pas un exemple connu dans la précédente. A l’état de larve, les rapports entre elles sont encore plus intimes. Mais les familles des Hétéromères sont, pour la plupart, séparées par des caractères si faibles, que celui dont il s’agit, et qui partout ailleurs n'aurait pas la même importance, me paraît suffire pour que celle-ci soit regardée comme un type distinct.

I ny a aucun parti à tirer, au point de vue systématique, du menton, de la languette et des mâchoires des Cistélides. Le premier ne présente que d’insignifiantes modifications dans sa forme; Ja séconde est plus ou moins élargie et sinuée, plus rarement tronquée en avant, avec ses angles antérieurs arrondis. Les troisièmes varient à peine, du moins chez les espèces que j'ai examinées. Les caractères les plus importants que procurent les organes buccaux sont fournis par le dernier article des palpes maxillaires, selon qu'il est grand, cultriforme (1) ou sécuriforme, ou bien (Cténiopides) à peine plus gros que le précédent et faiblement triangulaire. Les palpes labiaux sont fort courts, insérés sur la face externe de la languette et peu distants à leur base. Après les palpes, les mandibules sont d’un assez grand secours dans la classification. Quant au labre, il est en général fort saillant.

La tête est toujours dégagée du prothorax, et le museau qui la termine est assez souvent (ArrAcrUs, TANYCHILUS, la plupart des Cténiopides) fort long, ainsi que son prolongement en arrière des yeux (par ex. CreN1opus). Ses orbites antennaires, quand il en existe, affectent la forme d’oreillettes, comme celles des Ténébrionides otidogènes; mais les Prosrenus sont les seuls chez lesquels elles sont saillantes et redressées au point de rendre le front concave.

Les yeux sont constamment à découvert et souvent situés à une distance notable du bord antérieur du prothorax. C’est chez les Cistélides raies qu'ils sont sujets à devenir très-gros et à se rapprocher sur le front au point d’être subcontigus. Les antennes sont généralement fort longues, grèles et filiformes ou légèrement dentées; celles de plusieurs Lystronychides seuls s’élargissent graduellement et quelquefois au point de devenir foliacées.

Le prothorax n’est jamais échancré en avant, et les CyLINPROTHORUS sont les souls chez lesquels il y a continuité entre son pronotum et ses parapleures. L’écusson ne manque jamais. Les élytres embrassent toujours faiblement l’arrière-corps ; celles des Cyzinprormonus sont

(1) C'est-à-dire formant un triangle plus ou moins allongé, à sommet dirigé en avant, et qui s'articule avec le pénultième urticle par l'angle externe de sa base. IL est sécuriforme quand la base du triangle est antérieure ou un peu oblique, et que c’est son sommet, dirigé en arrière, qui s'articule avec l’article Cn question. Bien qu'il ÿ ait quelques passages entre ces deux formes, elles fournissent d’assez bons caractères génériques,

492 CISTÉLIDES. ”

soudées, ce qui à entrainé l'absence des ailes inférieures qui existent dans toutes les autres espèces sans exception.

Les pattes sont généralement longues et le plus souvent peu robustes, Sous le rapport des hanches antérieures, ces insectes font le passage entre lés Ténébrionides et les familles suivantes. Ce n’est que dans le plus petit nombre des espèces qu’elles deviennent cylindriques et saillantes comme dans ces dernières; lorsqu'elles sont globuleuses ou légèrement transversales, la saillie prosternale qui les sépare, reste toujours fort étroite et arrive à leur niveau. Les trochantins intermédiaires ne sont jamais absents; ils sont transversalement allongés et occupent le bord antérieur des cavités cotyloïdes. Les cuisses sont parfois (Loporopa) assez robustes, les jambes toujours subfiliformes et munies d’éperons médiocres, mais bien distincts. Les lamelles dont les tarses sont pourvus dans la moitié environ des espèces, appartiennent essentiellement au pénultième article (1), mais il peut y en avoir sous les trois qui précèdent. Leur nombre n’est pas toujours le même à toutes les pattes ni dans les deux sexes. La vestiture des tarses ressemble le plus souvent à celle de la plupart des Herops, c’est-à-dire consiste en courts eils spiniformes ; il est rare (CyziNprornorus) qu'ils soient revôtus d’une villosité abondante. Les dentelures des crochets des tarses sont assez fixes, selon les genres, au point de vue de leur nombre ; au minimum il y en a cinq à six à chacune de leurs branches, et au maximum dix à douze.

La saillie intercoxale de l'abdomen n'offre plus ici de ces variations de forme si fréquentes et si prononcées chez les Ténébrionices. A part celle des Lystronychides, qui est en général assez large et courte, elle affecte constamment la forme d’un triangle aigu; mais souvent (Gis- ELA, Mycerocarss, les Cténiopides) elle est si grêle et si courte, que les hanches postérieures sont contiguës, ou peu s’en faut. Le sixième arceau que présente parfois cette partie du corps est propre aux Cténiopides et existe dans les deux sexes. 5

Le métasternum est allongé, sauf chez les CYLINDROrHORUS, OL SES épisternums sont constamment parallèles et graduellement rétrécis en arrière; ils sont toujours accompagnés d’épimères distinctes. Celles du mésosternum sont assez larges et forment au côté externe les cavités cotyloïdes intermédiaires.

Les caractères sexuels des Cistélides résident principalement dans les antennes, qui sont toujours plus longues chez les mâles; puis dans ‘ les yeux, qui sont plus gros dans ce sexe, du moins chez les espèces qui ont ces organes très-développés. Quelquefois (Grex1opus , Oxorazus) ils se distinguent de leurs femelles par une excavation qui occupe leur dernier segment abdominal.

(£) Get article n’est jamais bilobé, comme le disent les auteurs, mais simple= ment excavé pour la réception du dernier.

CISTÉLIDES. 493

A l'état parfait, la moitié environ de ces insectes vivent sous les écorces où dans l’intérieur des arbres en décomposition; les autres fréquentent les fleurs.

Les caractères généraux de leurs larves sont identiquement les mêmes que ceux des larves des Ténébrionides. Toutes celles qui sont connues en ce moment (1) sont très-grôles, plus où moins cylindriques et ont én commun le dernier segment abdominal conique, excavé en dessous et muni à la base de l’excavation, d’une saillie lamelliforme, dirigée en arrière, recouvrant plus ou moins l’ouverture anale et terminée par deux appendices grèles, de forme variable selon les espèces. Pour le surplus, elles ne diffèrent guère entre elles que par les proportions relatives de leurs segments thoraciques et l’absence ou la présence, de chaque côté de la tête, d’une tache noire, de nature assez ambiguë, mais qui paraît être un stemmate. Elle existe chez les Hyme- Nonus et les CistELA, tandis que les MycerocHares semblent en être privés.

Ces larves vivent dans le vieux bois qu’elles perforent en tous sens, etla plupart se trouvent dans des arbres d’espèces variées. Une seule, celle de la Cistela atra, est indiquée comme se renfermant, pour se métamorphoser, dans une coque formée de détritus ligneux qu’elle agglutine à l’aide d’un fluide particulier; les autres se pratiquent simplement une loge à l'extrémité des galeries qu’elles ont creusées. Les nymphes de toutes les espèces sont pourvues sur les côtés de l’abdomen , de ces appendices singuliers, signalés précédemment chez celles des Ténébrionides.

À part les Losopona, les AzzreurA et les Lystronychides, les Cisté- ‘lides sont peu nombreuses dans les régions intertropicales. Les deux genres en question sont confinés en grande partie dans l'Amérique du Sud. Les Lystronychides paraissent jusqu'ici être propres à cette partie du globe, les Arracrus et les TanvcniLus à l'Australie, les Cx-

(1) Ge sont les suivantes dans l’ordre systématique : Allecula morio, Muls. Col. d. Fr.; Pectin, p. 94. — Hymenorus Doublieri, Muls. Opusc. entom. I, p.170. — Cistela atra, Kyber in Germar, Mag. IL, p. 16, pl. 1, € 7-11 (Hel. alter); Bouché, Naturg. d. Insekt. p. 194, pl. 9, f. 23 (Hel. ater); Waterh. Trans, of the entom. Soc. I, p. 27, pl. 4, f. 1 (Eryæ niger) ; Ed. Perris, Ann. d. Se. nat. Sér. 2, XIV, p. 83, pl. 3 A, f. 7-13; et Ann. d. I. Soc. eutom. 1857, p.370, pl. 9. f. 466-472 (Prionychus ater). — Cist. ceramboides, Waterh. loc. cit. p. 28, pl. 24, f. 2; Westw. An Introd. etc. I, p. 310, f. 36, nos 7-12; Heeger, Isis, 1848, p. 982. — Mycetochares linearis (barbata Latr.), Bouché, loc. cit. p.198; Muls, loc. cit. p. 21.; E. Gussac, Ann. d. L. Soc. entom. 1855, p.243, pl. 13,1, 1. 11-21. La larve que M. Heeger (Sitzungeber. d. Wien. Akad. X, p. 173, pl. 5) à décrite comme celle de cet insecte, ne peut pas appartenir à la famille aetelle, non plus qu’à celle des Ténébrionides. Elleest, en effet, indiquée comme complètement apode, pourvue d’une tête ayant à peine le tiers de la largeur du corps, etc. — Myc. axillaris, Bouché, loc. cit. p. 197, pl. 10, £. 1. — Myc. bipustulata, Waterh, loc, cit, p, 29, pl, 5, £. 3 (sous le nom de scapularis),

494 CISTÉLIDES.

LINDROTHORUS à l’Afrique australe. Les autres genres sont plus particulièrement européens et asiatiques.

Pendant longtemps la famille n’a 616 composée que des genres Cs- TELA, ALLECULA et Mycerocrares. Ce n’est qu’assez tard (1825) que Latreille (1) les a réunis en un groupe particulier, sous le nom de Cistélides, groupe dont il forma la seconde tribu de ses Sténélytres, arrangement qu’il à conservé plus tard (2), en ajoutant aux précédents le genre Lysrro\ycaus. Solier, après avoir fait de ce groupe de Latreille la quatrième famille des Hétéromères (3), a changé son nom en celui de Xystropides, et donné une exposition des genres qu’il y admettait (4). C’est, avec M. De Castelnau (5), le seul auteur qui ait traité la famille dans son ensemble. Depuis cette époque, le travail le plus remarquable dont ces insectes aient été l’objet, est la Monographie qu'a publiée M. Mulsant (6), de celles de leurs espèces qui habitent la France. Ê

La famille ne me paraît divisible qu’en deux tribus qui sont trèsdistinctes.

I. Pronotum et flancs du prothorax confondus; corps aptère. CYLINDROTHORIDES. IL — — distincts; corps ailé. CYSTÉLIDES VRAIES.

TRIBU I

CYLINDROTHORIDES.

Métasternum très-court. — Pronotum et parapleures du prothorax

confondus ensemble. — Ecusson très-grand, placé sur le pédoncule .

du mésothorax. — Elytres soudées. — Tarses munis de lamelles. — Corps aptère.

I existe parmi les espèces que Solier a comprises dans sa tribu des Molurides, un genre remarquable (CyLprotHorus) qui n'appartient pas même à la famille des Ténébrionides. Solier ne s’est pas aperçu que ses tarses étaient pourvus de lamelles et leurs crochets pectinés.

(1) Fam. natur, p. 379.

(2) Règne anim. éd, 2, V, p. 41.

(3) Ann. d. L. Soc. entom. IL, p. 493.

(4) « Prodrome de la famille des Xystropides ; » Ann. d, 1. Soc. entom. IV, p.229.

(5) Hist, nat, d. Col. IT, p. 242. M. De CaStelnau fait de ces insectes la seconde tribu des Hélopiens. IL n’adopte aucun des genres établis par Solier, el n’en crée pas de nouveaux.

(6) Gol. d, France; Pectinipèdes; in-80, Paris, 1856.

CYLINDROTHORIDES. 495

Si l’on ajoute à cela ses antennes insérées à découvert, et ses hanches antérieures coniques, saillantes et subcontiguës, on aura dys de preuves qu’il n’en faut pour se convaincre qu’il appartient aux Cistélides, malgré son métasternum très-court, son écusson pareil à celui des Molurides et ses élytres soudées. Par ces derniers caractères, il représente ici ces derniers insectes, et, à ce titre, doit être placé en tête de la famille.

: CYLINDROTHORUS.

Soutien, Mém. d. l'Acad. à. Turin, Sér. 2, VI, p. 262.

Menton petit, convexe sur la ligne médiane, évasé et tronqué en avant. — Dernier article des palpes labiaux légèrement triangulaire, celui des maxillaires en fer de hache un peu plus long que large et oblique. — Mandibules tronquées à leur extrémité. — Labre saillant, en carré transversal. — Tête assez saïllante, rhomboïdale, plane sur le front; épistome brusquement rétréci, quadrangulaire, — Veux médiocres, latéraux, assez saillants, entiers, oblongs et obliques. — Antennes assez longués, à articles obconiques : 1 médiocre, gros, 2 wès-court, 3 notablement plus long que les suivants, 48 égaux, 9-11 plus courts, suhégaux, 11 oblongo-ovale. — Prothorax transversal, cylindrique, tronqué en avant et à sa base, avec ses angles postérieurs largement arrondis. — Ecusson très-large, arrondi en arrière. — Elytres pas plus larges que le prothorax à leur base, en ovoïde allongé, sans aucun vestige d’épaules. — Pattes moyennes; hanches antérieures cylindriques, assez saillantes, subcontiguës ; cuisses en massue allongée ; jambes arrondies, un peu épaissies au bout ; tarses assez longs, à articles intermédiaires triangulaires, garnis en dessous, ainsi que le 1°", de brosses villeuses très-denses; le pénultième de tous prolongé en une assez longue et large lamelle.—Saillie intercoxale de l'abdomen étroite, à bords parallèles. — Mésosternum en triangle allongé, concave. — Saillie prosternale très-étroite, enfoncée, non saillante en arrière. — Corps oblong, assez convexe, pubescent et hérissé partout de longs poils redressés.

Le type du genre est un très-rare insecte (1) du Cap, de taille moyenne, d’un bronzé fuligineux brillant, et dont les élytres présentent quelques rangées d’aspérités pareilles à celles d’une râpe et distantes. Les poils couchés qui le revêtent partout sont assez longs et médiocrement abondants, ceux redressés sont plus nombreux sur les pattes qu'ailleurs. La femelle, que Solier n’a pas connue, est notablement plus courte que le mâle, plus ventrue, et une partie des poils de ses élytres forment de petites touffles; ses yeux sont moins sails

(1) C. pilosus, Solier, loc. cit. p. 263, pl. 2, f. 7; cette figure ne donne qu’une très-fausse idée de l'insecte.

496 CISTÉLIDES.

lants et légèrement réniformes. 11 serait possible, du reste, que l’unique exemplaire à ma disposition que je regarde comme appartenant ce sexe, conslituât une espèce distincte.

TRIBU IL

CISTÉLIDES VRAIES.

‘Métasternum de longueur normale. — Pronotum distinct des flancs du prothorax.—Ecusson médiocre, engagé entre les élytres.— Celles-ci libres. — Corps ailé.

Solier a divisé ces insectes en deux groupes que M. Mulsant a conservés : les Cistélides proprement dites et les Cténiopides. Bien qu'il y ait quelques genres exotiques restés inconnus au premier de ces auteurs, qui les rendent moins naturels qu’il ne le pensait (1), je crois devoir les conserver. D’un autre côté, les Lysrronycaus et genres voisins différent tellement par leur facies des Gistélides vraies, parmi lesquelles Solier les à intercalés, que jo crois devoir les isoler également, quoiqu'il n'existe aucun caractère absolu qui les sépare de ce groupe et de celui des Cténiopides.

I. Saillie intercoxale en triangle allongé et très-aigu, souvent petite, parfois presque nulle.

Cinq segments abdominaux, au moins chez les ®. CIiSTÉLIDES VRAIES. Six — dans les deux sexes. CrÉNioPIES.

II. Saillie intercoxale assez large, en triangle court. LYSTRONYCHIDES.

GROUPE I. Cistélides vraies.

Saillie intercoxale de l'abdomen en triangle aigu, parfois presque nulle. — Abdomen composé de cinq segments, sauf parfois chez les mâles. — Dernier article des palpes maxiliaires beaucoup plus large que le précédent. — Antennes grèles, filiformes, rarement un peu en scie. — Prothorax presque de la largeur des élytres à sa base (ATRACrus excepté). — Tarses lamellés ou non.

Le segment additionnel que les mâles présentent parfois à l’abdo-

(1) Ces genres sont les Arnacrus et les TanyemiLus. Tous deux, avec les caractères essentiels des Cistélides vraies, ont le museau et les mandibynles des Gténiopides. Je possède, en outre, une espèce de Chine qui, à tous les caractères des Creniopus, y compris la couleur, réunit un abdomen dont les segments ne sont qu’au nombre de cinq dans les deux sexes, Ce sont Jà de ces transitions inévitables, comme il y en a partout,

Si ati

CISTÉLIDES VRAIES. 497

men, est toujours très-petit et accidentel, sauf peut-être chez les Tanycrois et quelques Amracrus. Dans ces mêmes genres, les mandibules sont pareilles à celles des Cténiopides, ainsi que je l'ai dit plus haut. Partout ailleurs elles sont courtes, arquées à peu de distance de leur base et légèrement bifides au bout. On retrouve chez les Myerrocnares un autre caractère des Cténiopides; leurs hanches antérieurés sont contiguës, où peu s’en faut. Les lamelles des tarses manquent dans la moitié environ des espèces. Enfin les crochets de ces organes ont une portion plus où moins notable de leur extrémité dépourvue de dentelures. En général, il n’y en a que de cinq à sept à chacune de leurs branches.

Parmi les sept genres qui suivent, trois (ALLEGULA, CisreLa, MycerocHARfs) ont des représentants en Europe. [ls passent, pour la plupart, des uns aux autres par des transitions si insensibles, qu’il m'a été impossible d’en dresser un tableau synoptique dont je fusse salisfait. Le suivant n’est qu'approximatif.

L. Mandibules allongées, droites, recourbées seulement à leur extrémité ; celleci entière.

*Prothorax en carré allongé, beaucoup plus étroit que les élytres : Atractus. — aussi large à sa base que les élytres : Tanychilus. IL. Mandibules courtes, bifides au bout.

a Tète appliquée au repos contre la saillie prosternale. ette saillie prolongée en arrière, creuse en dessus : Blepusa. — recourbée en arrière : Lobopoda.

aa Tôte simplement penchée au repos.

b Hanches antérieures non contiguës (1).

Tarses munis de lamelles, très-rarement petites : Alecula.

Tarses très-rarement munis de lamelles; celles-ci toujours peu distinctes : Cistela.

bb Hanches antérieures contiguës ou subcontiguës ; tarses sans lamelles : Mycetochares. k

ATRACTUS.

(Mac-Leay) Des. Cat, éd, 3, p. 233.

Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires Gultriforme et allongé. — Mandibules minces, saillantes, droites, puis &rquées et aiguës au bout, largement membraneuses au côté interne.

— Lübre très-saillant, un peu évasé et sinué, avec ses angles arrondis. — Tête rhomboïdale, terminée par un long museau quadrangulaire ;

Le (1) Sauf chez les Cisreza du genre HymenautA de M. Mulsant.

Coléoptères. Tome V. 32 .

498 CISTÉLIDES.

épistome carré et tronqué en avant ; des orbites antennaires très-petites, un peu redrèssées. — Yeux distants du prothorax, médioères, réniformes, transversaux, — Antennes au plus de la longueur de la moitié du corps, grêles, filiformes, à articles 1 peu allongé, assez gros et obconique, 2 très-court, transversal, 3 notablement plus long que les suivants, 4-10 subégaux, allongés, faiblement obconiques, 14 aussi long que 10, subovalaire. — Prothorax en carré long, peu convexe, muni latéralement d’une fine arète, tronqué et marginé à ses deux extrémités, avec ses angles obtus. — Ecussonen carré long. — Elytres presque du double plus larges que le prothorax et subtronquées leur base, peu convexes, parallèles, puis rétrécies dans leur tiers postérieur; leur repli épipleural presque entier. — Pattes médiocres; ouisses r0bustes, graduellement renflées; jamhes droites, leurs éperons médiocres ; tarses déprimés, les deux pénultièmes, anx quatre antérieurs, le pénultième seul, aux postérieurs, munis d’une assez grande lamelle.— Saillie intercoxale assez longue. — Corps allongé. k

Les caractères de ce genre sont encore inédits. Je les donne, parce que ses espèces ont beaucoup de ressemblance avec les PRÆUGENA et, par suite, rattachent plus particulièrement les Cistélides à la famille précédente. Elles sont de taille moyenne, pour le groupe actuel, glabres ou non en dessus, revêtues d'une fine pubescence blanchâtre en dessous, d’un vert métallique inférieurement, et varient en dessus du vert doré au vert foncé, au cuivreux, au violot, etc., dans la même espèce. Les élytres chez toutes sont assez fortement striées, avec les stries crénelées et leurs intervalles costiformes. Les deux sexes ne diffèrent que par leurs antennes ; celles des mâles sont presque de la moitié, celles des femelles du tiers de la longueur du corps. Les premiers ont parfois un sixième segment abdominal.

Ces insectes sont propres à l'Australie, On n’en a encore aucune description suffisamment détaillée; celle des trois (1) qu'a publiées M. Boisduval, le seul auteur qui en ait parlé, est trop sommaire.

TANYCHILUS.

New. The entom. Mag. NV, p.487.

Organes buecaux des Arracrus, avec le dernier article des palpes maxillaires un peu plus long. — Tête très-saillante, rétrécie en arrière des yeux, terminée par un museau encore plus grand que celui des Ammaerus, par suite de la longueur de l’épistome qui est en carré plus long que large. — Yeux très-gros, saillants, réniformes, subcontigus

(1) À. viridis, virescens, columbinus, Boisduv. Faun. a vo an. I, p. 283; il serait bien possible que les deux derniers ne fussent que des variétés du viridis.

CISTÉLIDES VRAIES. 499

on dessus chezles mâles, médiocrement séparés chez les femelles. — Antennes frès-longues et très-grêles, à articles 4 médiocre, ovalaire, 2 transversal, 3-10 graduellement amincis à leur base, un peu noueux au bout, 11 atténué à son extrémité. — Prothorax à peine transversal, médiocrement convexe, graduellement rétréci et tronqué en avant, faiblement bisinué à sa base, finement marginé sur les côtés. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax à leur base, allongées, médiocrement convexes, un peu arquées en dessus; leur repli épipleural presque entier. — Pattes longues ; cuisses assez robustes ; jambes droites, leurs éperens grêles, assez longs aux postérieures seulement; tarses allongés, le 1° article des postérieurs tès-grand ; les deux pénultièmes,aux quatre antérieurs, le pénultième seul, aux postérieurs, lamellés; leurs lamelles grandes. —Suillie intercoxale en triangle très-allongé et très-aigu. — Corps allongé et arqué en dessus.

Des quatre espèces que M. Newman a comprises dans ce genre, les deux premières (1) doivent seules y rester. Les deux autres que luimème indique comme aberrantes, me paraissent devoir constituer un genre nouveau (2). Le Tan.'striatus, la seule espèce du genre qui me soit connue, est un grand insecte d’un noir marron brillant, sujet à passer au rouge ferrugineux, finement ponctué sur le prothorax et fortement strié sur les élytres. Outre ses yeux, le mäle se distingue de la femelle par ses antennes qui sont presque de la longueur des deux tiers des élytres, tandis que chez cette dernière, elles n'arrivent guère qu'à la moitié de ces organes. Le genre est, comme le précédent, propre à l'Australie.

BLEPUSA.

Wesrw. Trans. of the entom. Soc. I, p. 69.

Müles : Organes buccaux, tête et yeux des LoBopopa qui suivent.— Antennes de la longueur du tiers du corps, un peu moins grèles que chez ces dernières, du reste semblables. — Prothorax fortement transversal, déprimé en dessus, un peu rétréci et à peine échancré en avant, avec ses angles antérieurs obtus et largement rabattus, bisinué à sa base; les angles de celle-ci rectilignes et faiblement saillants en dehors, — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres allongées, un peu

(1) T. sériatus, Newm. loc. cit.; avec une figure en bois accompagnée de détails dans le texte. — dubius, p. 488 (sériatus var.?).

(2) Ces deux insectes (cistelides, gibbicollis) font partie d’une suite d'espèces australiennes dont on trouvera l’énumération plus bas à propos du genre ALLE- CULA, — Le Tanychilus metallicus de M. A. White (Voy. of the Ereb. and Terr,; Entom. p. 12) semble appartenir au genre actuel, La Nouvelle-Zélande est sa patrie,

300 ctsnéuross.

plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base, peu à peu et fortement rétrécies en arrière. — Pattes des Loopopa, avec les quatre tes articles des tarses antérieurs munis de larges lamelles, et le pénultième des quatre derniers d’une petite, grêle et bifide; le 19° article, des postérieurs extrèmement allongé. — Saillie intercoxale de l’abdomen en triangle allongé et aigu. — Saillie prostornale prolongée en arrière, cunéiformo, aiguë, creuse en dessus, et recevant dans cette cavité une crête allongée du pédoneule du mésosternum.— Ce dernier, en arrière de cette crête, horizontal et concave presque jusqu'à sa base.

Femelles : Outre leurs yeux, pareils à ceux des Lonopopa du même sexe, elles ne diffèrent de leurs mâles que par leurs tarses {ous eylindriques et dont le pénultième article seul est muni d’une petite lamelle. ”

Ces insectes ne diffèrent essentiellement des Losopopa que par leur saillie prosternale et leur mésosternum, deux caractères dont M. Westwood n’a pas parlé. Il a fondé le genre sur un insecte (1) dont la patrie ne lui était pas exactement connue et qu’il supposait du Mexique ou de quelque partio de l'Amérique du Sud. J'en ai sous-les yeux un exemplaire provenant du nord du Brésil, plus une seconde espèce trèsvoisine et originaire de la province de Sainte-Catherine.

Ces deux espèces dépassent pour la taille les plus grandes LonopoDA et sont plus larges. Toutes deux sont d’un noir profond, avec les élytres fortement sillonnées, et les intervalles entre les stries costiformes ; un renflement se voit à la base de chacune d’elles, ce qui fait paraître déprimée la suture à leur niveau. Cette particularité, réunie à la forme du prothorax, leur donne un facies un peu différent de celui dés espèces du genre en question.

LOBOPODA.

Souier, Ann. d. l. Soc. entom. IV. p. 233 (2).

Mäes : Dernier article des palpes labiaux en triangle équilatéral, celui des maxillaires en fer de hache transversal et fortement prolongé au côté interne. — Mandibules courtes, bifides au bout. — Labre transversal, arrondi aux angles et faiblement échancré. — Tète verticale au repos et appuyée sur la base de la saillie prosternale , assez courte, avec l’épistome transversalement quadrangulaire ; orbites antennaires planes. — Yeux contigus au prothorax, très-grands, en ferà-cheval et faiblement séparés ou contigus sur le front en avant. — Antennes au moins de la longueur de la moitié du corps, grèles, à

(1) B. costata, Westw. loc, cit. p. 70, pl. 3, f, 3 a-e. (2) Syn. AzcecuLa Fab., Germar, Perty, Erichs.

: ETS OP PP fe PES

# CISTÉLIDES VRAIES. 501

articles 1 gros, en cône renversé, 2 très-petit, 3-4 égaux, noueux au bout, 5-10 de même forme, plus courts, 41 ovalaire, aussi grand que 10. — Prothorax transversal, plan en dessus, avec ses angles antérieurs rabattus ét arrondis, légèrement rétréci et tronqué en avant, coupé carrément et faiblement bisinué à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres à peine plus larges que le prothorax et tronquées en avant, graduellement rétrécies en arrière, arquées en dessus. — Pattes longues ; hanches antérieures globuleuses ou légèrement Cylindriques ; cuisses plus ou moins robustes et grossissant peu à peu, les antérieures au moins et, souvent, toutes arquées; jambes en général droites; tarses antérieurs assez fortement dilatés, leur 4° article triangulaire et à peine plus long que le suivant; des lamelles sous les quatre 1°" ou sous leurs 3° et 4° articles; les intermédiaires on ayant sous le 3° et le 4° ou sous le 4°; le 1° des postérieurs très-allongé. — Saillie intercoxale en triangle allongé et aigu. — Mésosternum déelive et concave. — Prosternum très-court en avant; sa saillie étroite, verticale en avant et brusquement recourbée en arrière.

Femelles : Antennes un peu plus courtes. — Yeux plus distants sur le front, jamais contigus. — Tarses antérieurs moins dilatés, n’ayant une larnelle que sous le pénultième article ; les intermédiaires parfois non lamellés.

Les auteurs qui se sont occupés des ALLEGULA exotiques depuis Solier, n'ont pas adopté ce genre, qui me paraît suflisamment distinct. Ses caractères différentiels résident dans la forme du dernier article des palpes maxillaires, la position de la tête au repos, et, secondairement dans le volume et le rapprochement des yeux. Les deux sexes ne se distinguent pas seulement par les caractères indiqués plus haut; les pattes et le dernier segment abdominal des mäles présentent parfois des particularités étrangères aux femelles et variables selon les espèces.

Solier a divisé le genre en deux sections : les Lopopopa proprement dites, qui n’ont point de lamelles aux tarses postérieurs (1), et les Mo- NOLOBA qui n’en ont qu'une au pénultième article de tous les tarses ;

(1) Solier les répartit dans deux sous-divisions : A. Les quatre 1ers articles des tarses antérieurs, le pénultième des intermédiaires, lamellés. Il y rapporte V4. contracta de Germar (Ins. Spec. nov. 163) et l’A. pallicornis, Fab. Syst. EL. IL, p. 22 (brunnea Dej.); la première du Brésil, la seconde de Buenos- Ayres, — Aj.: 4. velutina (tomentosa Dej.), Gasteln. loc. cit. p. 243. — helopina, calopina, Perty, Del, anim. art. Brasil, p. 63, pl. 13, f. 6-7; du Brésil, üinsi que la précédente. — B. Les articles 3-4 des quatre tarses antérieurs la- Mellés : L. striata, Sol. loc. cit. p. 235 ; Bahia, — Aj.: À. umbrosa, Erichs. Archiv, 1847, 1, p. 121; Pérou.

d'ignore à laquelle de ces deux sections appartiennent les A. cayennensis et impressipennis de M. De Castelnau, loc. cit. ; la première de Cayenne, la setonde du Brésil,

RS coté Li 7, 7"

502 GISTÉLIDES.

mais cette seconde section a été établie sur la femelle d’une espèce (1) dont le mâle a quatre lamelles aux tarses antérieurs, de sorte que ces deux divisions doivent être caractérisées uniquement d’après l'absence (Losoropa) ou la présence (Moworoga) d’une lamelle à l’avant-dernier article des tarses postérieurs.

Le genre me paraît ètre exclusivement américain. Ses espèces sont nombreuses dans l'Amérique du Sud, et étendent leur habitat jusqu'aux environs de Buenos-Ayres. On ne les rencontre ordinairement que sous les écorces, et quand on les prend, la plupart se couvrent d’une liqueur abondante, exhalant la même odeur que celle des Hezors et de tant d’autres Ténébrionides vivant dans les mêmes conditions.

ALLECULA.

Fas, Syst. El, IL, p. 21 (2).

Dernier article des palpes cultriforme'ou fortement sécuriforme, très-rarement (morio) prolongé au côté interne. — Tôte simplement penchée, ne s'appuyant pas, au repos, SUF la saillie prosternale. — Yeux médiocres, lunulés, jamais fortement rapprochés sur le front. — Prothorax lantôt quadrangulaire, tantôt graduellement rétréci en avant, coupé carrément ou à peine bisinué à sa base; ses angles antériours rarement fortement rabattus. — Tarses munis de lamelles en nombre variable. — Prosternum plus où moins large en avant des hanches antérieures; sa saillie non verticale en avant. — Corps tantôt atténué graduellement en arrière, tantôt sübparallèle, plus où moins arqué en dessus. — Le surplus comme chez les Loopopa.

Abstraction faite des Loropona, toutes les ALLECULA des auteurs rentrent ici, sauf un certain nombre d’espèces exotiques, qui ont besoin d’être revues et qui pourront constituer plusieurs genres nor veaux (3). Ainsi constitué, le genre se distingue sans peine du précé-

(1) L. dircæoides, Sol. lue, cit. p. 236 (4. apiata Dej.); Brésil. — Aj.: A. impressa, inculta, Erichs. loc. cit.; Pérou.

(2) Syn. DiETopsis, Solier, Ann, d. 1. Soc. entom. IV, p. 236. — UriNELLA, Muis. Opuse, entom. VII, p. 17. — Cisreza Fab., Panz., Payk., Ilig., etc.

(3) Je signalerai en premier lieu toute une suite d'espèces propres à l'Australie, parmi lesquelles il y en à qui ressemblent assez aux Pnæucena de la famille des Ténébrionides, pour que, dans quelques collections, on les trouve mélangées avec ces dernières, malgré leurs crochets des tarses pectinés. Il est possible cependant que parmi les suivantes mentionnées dans les auteurs, quelques-unes soient de vraies AzLscuca : Alec. rugulosa, australis, cylindricollis, Boisduv. Faun. d. l'Océan. IL, p. 282. — À. tristis, carhonaria, cylindrica, fastigiata, Germar, Lionæa entom. ILE, p. 201. — AUL.? rotundicollis, Casteln. Hist. nat. d. Col® Il, p. 243. — A. latipennis, pimeloides, omophloides, melan- ÿ cholica, canescens, foveicollis, Gouidii, nigricans, Hope, Trans. of the entom, Soc. IV, p. 111. — Il y a aussi au Bengale et à Madagascar des espèces inédites

CISTÉLIDES VRAIES. 503

dent par la position de la tête au repos et la moïndre grosseur des yeux, sans parler d’autres caractères moins importants. On a déjà pro-

posé de le diviser en trois, mais d’après des particularités qui ne me

paraissent pas avoir une valeur générique.

Solier a fondé son genre Digropsis sur une seule espèce inédite, qu'il n’a pas même décrite (1), et qui aurait, suivant lui, une grande lamelle au pénultième article de tous les tarses ,.une autre aussi grande aux 9° article des quatre tarses antérieurs; et une peu développée aux deux 1° articles des antérieurs, C’est un groupe nombreux et exclusivement exotique (2).

Toutes ces Dreropsis ont des antennes très-grêles, à articles 3-4 égaux, et 5-11 subégaux ou décroissant légèrement. Les UpineLzA de M. Mulsant n’en diffèrent qu’en ce que le 3° article de ces organes est sensiblement plus long que le 4°, et que les quatre derniers se raccourcissent plus rapidement. Les quatre tarses antérieurs ont aux deux

remarquables par leur forme allongée et étroite, qui s’éloignent beaucoup des autres par leur facies. L'une d'elles, du premier de ces pays, pourrait être prise, au premier coup-d’œil, pour un Spareprus. — Enfin il existe dans l'Amérique du Sud un petit groupe dont les espèces ont les élytres fortement atténuées en arrière et biépineuses au bout, le prosternum saillant en arrière et reçu dans le mésosternum, qui est horizontal et fourchu. L'AU. metallica de Dejean (Cat. éd, 3, p. 234) peut en être regardé comme le type.

(1) Depuis, Solier (in Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 248) à exposé de nôuveau les caractères du genre, en les modifiant. Il n’assigne plus dès lamelles qu'aux articles 3-4 des tarses antérieurs et ne parle pas de celles des autres tarses. Nulle part il n’a parlé des différences qui existent sous ce rapport entre les sexes. Des trois espèces du Chili qu’il a décrites ( D. pulchella, fusca, rufa, loc. cit,; la première est figurée avec des détails, pl. 20, f. 12), la pulchella seule m'est connue ; c’est une des espèces du goare les plus aberrantes sous le rapport de la forme, qui est allongée, subparallèle et déprimée.

(2) Je crois qu’il faut rapporter ici toutes les espèces suivantes : Esp. de l’Amér. du Sud : 4. geniculata, Germar, Ins. Spec. nov. p. 164 ; Brésil. — Diet. Solieri, Casteln. Hist. nat. d. Col. II, p. 242. — 4. pallida, Blanch, in d’Orb. Voy.; Entom. p. 199, pl. 15, f. 3; Bolivia. — debilis, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 122; Pérou. — A. fortipes, spadicea, Erichs. in Schomb. Guyana, I, p, 565 ; Guyane anglaise. — rubripes, Bohem. Voy. d. l'Eugénic; Ins. p. 99, — Esp. de l'Amér, du Nord : À. erythrocnemis, Germar, loc. cit. p. 164, — Cisé. obsura, atra, Say, Journ, of the Acad. of Philad, V, p. 242. — 4. pilosa, punclulata, nigrans, Melsheim. Proceed, of the Acad. of Philad, I, p. 58, — 50- Cia, 3, L. Le Conte, ibid. VIL, p. 84. — gracilis, J. L. Le Conte, ibid, VI, D. 219 (Stenochia gracilis, Lec. Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 150 ; olim); Californie, — Esp. africaines : 4. picca, livida, Sahlb. Perieul, entom. p.19; Sierra Leone. — 4. caligata, Diet. striata, X. Thoms. Archiv. entom. L, p. 102; Gabon. — Esp. de Madagascar: 4. sugillata, brevicollis, Klug, Ins. V. Madag. p. 98.— Es). des Indes or. : A. fusiformis, elegans,F. Walker, Aun. and Mag. of nat. Hist, Ser. 3, IL, p. 285. — Esp. de l’Australie : 4. angusticollis, lalicollis, Bohem. Voy. d. l'Eugénie ; Ins. p. 100.— Esp. de Taïty: A. puneticollis, Bohem, ibid, p, 99,

à mrphe +

504 CISTÉLIDES.

pénultièmes articles et les postérieurs au pénultième seulement, une lamelle très-apparente. L’unique espèce européenne (1) qui compose le genre, a un facies particulier dû à sa forme subparallèle et pou arquée en dessus; mais il y à des Dreropsis qui s’en rapprochent sous ce rapport. .

Solier et M. Mulsant réservent le nom d’ALLECULA aux espèces qui n’ont qu'une petite lamelle au pénultième article de tous les tarses, et dont les antennes ont leur 3° article beaucoup plus court que le 4e, avec leurs articles terminaux de ces organes dans les proportions otdinaires. La seule espèce connue (2) est européenne et complètement normale sous le rapport du facies.

Les plus grands de ces insectes arrivent tout au plus à la taille des plus petites Logoropa, et plusieurs ne surpassent guère à cet égard les Mycerocnares. La plupart sont propres à l'Amérique.

CISTELA.

Fan. Syst. Entom. p. 116 (3).

Dernier article des palpes labiaux épais, en triangle transversal, celui des maxillaires cultriforme, plus ou moins allongé, — Mandibules courtes, bifides au bout. — Labre saillant, transversal. — Tôte rhomboïdale ; épistome séparé du front par un sillon arqué, rectangulaire ou subtrapéziforme ; orbites antennaires nulles. — Yeux transversaux, réniformes, fortement séparés en dessus. — Antennes plus ou moins longues, filiformes ou légèrement en scie ; leur 3° article de longueur variable. — Prothorax transversal, aussi large, ou peu s’en faut, que les élytres, de forme variable, jamais échancré en avant. — Ecusson généralement en triangle allongé. — Elytres oblongo-ovales, souvent arquées en dessus ; leur repli épipleural entier. — Pattes médiocres; hanches antérieures plus ou moins transversales ; cuisses comprimées ; jambes grêles ainsi que les tarses; le 18° article de ceux-ci allongé, surtout aux postérieurs; le pénultième de tous rarement

(1) U. aterrima, Muls. loc. cit. p.18. M. L. Redtenbacher (Faun. austr. Dio Kæf, 64.2, p. 622), le seul auteur qui lait décrite, avec M, Mulsant, l’a laissée parmi les ALLECULA.

(2) A. morio, Fab. Syst EL, IT, p. 21 (Cist. opaca, Hi. in Schneid, N. Mag. p. 614).

(3) Syn. Envx, Steph. Il. of Brit. Entom. V, p. 24 (1832) ; nom imposé, trente ans auparavant (1802), par Daudin, à un genre d'Ophidiens., — Pnronycuus (Eryx)}), Solier, Ann. d. 1. Soc. entom. IV, p. 237. — Hywexonus, Mulsant, Opusc. entom. 1, p. 188 (Hywenornonus, Muls, ibid. p. 68; olim.), — GONODERA (nom trop voisin de celui de Gontapena, imposé par M. Perty à un genre de Ténébrionides; voyez plus haut, p.391), Hymenaria, Isomina, Mulsant, Gol. d, France ; Pectiaipèdes, p. 41 sq. — Monpezca, Geoffr., Fourer. — CunYSOMELA Linné. — Pyrocunoa De Geer. — Criocents Marsh. — Amanyemus pars, Lutr.

CISTÉPIDES VRAIES. 505

muni d’une très-potite lamelle. — Saillie intercoxale très-courte et aiguë, parfois presque nulle; dans ce cas, les hanches postérieures contiguës ou subeontiguës. — Mésosternum très-étroit en arrière, évasé et à peine concave en avant. — Prosternum étroit, fortement arrondi en arrière. — Corps ovale ou oblongo-ovale.

Insectes très-voisins des ALLECULA et ne s’en distinguant que par un ensemble de petites particularités ayant à peine des limites appréciables et dont les principales résident dans la moindre longueur des pattes, la forme des hanches antérieures et la brièveté de la saillie intercoxale de l’abdomen. Sous le rapport de la forme générale, qui est très-différente dans la plupart des cas, les deux genres se confondent par degrés insensibles. On a déjà proposé de diviser celui-ci en six, établis uniquement d’après les espèces européennes.

Trois d’entre eux se distinguent des autres par la présence d’une lamelle à peine distincte au pénultième article de tous les tarses.

On peut placer en tête les Hywenonus Muls. Ce sont des insectes de forme oblongo-ovale, peu convexe, à antennes filiformes, de la longueur des deux cinquièmes du corps et° composées d'articles obconiques, dont le 3° est un peu plus long que le 4; enfin, dont le prothorax, fortement transversal, est carré, sauf un léger rétrécissement antérieur (1). On n’en connait que deux espèces du midi de la France, de taille moyenne et d’un noir brillant (2).

Les Prionyenus Sol. (Envx Steph.) ont les antennes de la longueur de la moitié (o’) ou des deux cinquièmes (£) du corps, et légèrement en scie à partir du 4° article, avec le 3° au moins aussi long que celuici; le prothorax demi-circulaire, tonqué en avant et faiblement bisinué à sa base, avec les angles de celle-ci rectilignes ou légèrement arqués, ot la saillie intercoxale assez développée. Leur forme générale est régulièrement ovale, assez convexe, et leurs téguments presque glabres. Ce sont d'assez grands insectes de couleur noire (3).

Les Hymenazra Mulsant, avec des formes semblables, ont les an-

(1) M. Mulsant assigne à ces insectes des palpes maxillaires à dernier article cupiforme etun écusson pentagonal. L'article en question est cultriforme, comme dans les autres espèces, mais seuiement un peu échancré au côté interne. Quant à l'écusson, il est, comme de coutume, en triangle curviligne,

(2) H. Doublieri, Muls. loc. cit. — rugicollis, Muls. ibid. VI, p. 20; M. Mulsant soupçonne que c’est le mâle du précédent, d’après ses yeux un peu plus rapprochés en dessus.

(3) Het, ater Fab., Oliv., Panz., ete. (Er. nigra Steph.) ; de toute l’Europe otassez commun partout. — P. melanarius, Küster, Die Kæf. Europ. XXI, 89 (ater var. Q?) ;Allemagne. — Zr. anthracina, N.; mauritanica, d'Algérie; Nuls. Opuse. entom. VII, p. 23. — Suivaut M. Melsheimer (Cat. of the deser, Col, of the Unit. Stat, p. 141), la Cistela amœna de Say (Journ. of the Acad, of Philad, UE, p. 268) viendrait ici.

506 GISTÉLIDES,

tennes notablement plus longues, légèrement dentées (o) ou filiformes (Q), et dont le 3° article est un peu plus petit que le 4, Elles sont plus pubescentes, et leur couleur-varie du noir brunâtre au jaune fuliginoux (1).

Dans les trois genres suivants, le pénultième article des tarsés est tronqué et sans aucun vestige de lamelles. F

C’est par ce caractère, le dernier article de leurs palpes maxillaires, plutôt en triangle oblique que cultriforme, et leurs hanches postérieures contiguës, par suite de la brièveté de la saillie intercoxale, que les Cisrera, telles que les a restreintes M. Mulsant, se distinguent des HYMENALIA (2).

Ses IsowrrA ont des antennes aussi longues que dans les deux genres précédents, mais filiformes dans les deux sexes, et à 3° article aussi long que le 4, ou peu s’en faut; le dernier article de leurs palpes maxillaires est plus grêle; leur prothorax, également demi-cireulaire et tronqué en avant, est faiblement bisinué et largement arrondi dans son milieu à sa base ; leurs hanches postérieures sont subcontiguës (4),

Enfin ses Gonongra sont essentiellement caractérisées par leur prothorax qui est fortement transversal, légèrement zétréci en avant, ef arrondi au milieu de sa base, avec ses angles postérieurs non saillants; leurs antennes sont très-longues, filiformes, et leur 3° article est beaueoup plus court que le 4°; l’article terminal de leurs palpes maxillaires est régulièrement cultriforme, et leur saillie intercoxale presque pareille à celle des Prionycaus (4).

(4) Cist. fusca, Hlig. in Schneider, N. Mag. p. 610 (Cisé. rufipes Fab., Panz., Gyllenh., etc.) ; Europe.

(2) C. ceramboides Linné, Fab.. Oliv., ete.; de toute l'Europe. — serrafa, Chevrol, in Guérin-Ménev. Icon.; Ins. p. 125, pl. 32, f. 9; Hongrie.

(3) C. antennata, Panzer, Faun. Ins. Germ. LVII, 8. — murina Linné, Fab., Oliv., Panz., ete. (Var. C. evonymi, thoracica, maura Fab., rubricoliis Panzer, fusca Steph.). — hypocrita, Mulsant, Col. d. France; Pectinip. p. 60. — corsica, Muls. Opusc. entom. VII, p. 22; toutes d'Europe.

(4 C. fulvipes Fab., Panz., Payk., ete. (Var. C. ferruginet Fab., Panzer); Europe. — metallica, Küster, Die Kæf, Europ. XX, 73; ltalie.

Le genre PLesia de Klug (Ins. v. Madag. p. 97), dont les caractères n'ont jamais été publiés, est extrèmement voisin de ces Gonopena, et n’en diffère que par le dernier article des palpes maxillaires en triangle très-allongé, obliquement tronqué au bout, et le pénultième article des tarses lamellé. Je n’en parle, du reste, que d’après la P. micans, la seule des trois espèces décrites par Klug qui me soit connue. Cet insecte ressemble tellement, au premier coup= d'œil, à la Cistela fulvipes, qu'on croirait qu’il n’en est qu'une variété à couleurs métalliques plus vives et de taille un peu plus grande que les exemplaires typiques. Les deux autres espèces (melanura, geniculata) semblent, d'après lés descriptions, assez différentes. Ces insectes ne me paraissent avoir aucun droit à former un genre à part et doivent prendre place dans celui-ci à la suite des Hymemazra ou des Gonovgna, selon qu’on accordera plus d’importanco à la lamelle des tarses où à la forme générale.

CISTÉLIDES VRAIES. 507

Lesespèces exotiques, qui me sont connues, se classent difficilement, pour la plupart, dans ces genres, etien exigeraient presque autant de nouveaux. ‘ &,

Les CrsrerA sont, au plus, de taille moyenne, et leur livrée qui ne présente jamais aucun dessin, est assez variée et parfois ornée de.couleurs métalliques; chez la plupart d’entre elles, les téguments sont revêtus de poils fins, couchés et peu abondants. A l’exception. des PrionycHus, qui sont crépusculaires et vivent sous les écorces et dans l'intérieur des vieux troncs décomposés, elles sont diurnes et,se trouvent sur les fleurs.

Ces insectes sont plus particulièrement propres aux régions tempérées de l'hémisphère boréal dans les deux continents (1). ;

a MYCETOCHARES. ‘

Larr. Fam. natur. p. 379 (2).

Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires eultriforme, subéquilatéral. — Mandibules courtes. — Labre peu saillant, un peu rétréci et sinué, avec ses angles arrondis, — Tète brièvement rhomboïdale, transversale ; épistome déprimé et séparé du front par un sillon bien marqué, graduellement rétréci et largement tron-

(1) Aux espèces citées dans les notes précédentes, aj. celles qui suivent : Esp. européennes : C. lœvis, Italie, Hongrie; lugens, Sicile; saperdoides, Hongrie; subœnea, Grèce; gravida, Dalmatie ; ferruginea, Sardaigne ; conveæicollis, Turquie ; Küster, Die Kæf. Europ. XX, 69 sq.; ochropus, Dalmatie; XXI, 92; semiflava, icteropus, Suisse ; XXV, 71, 72.— quadricollis, rugosicollis (an Creniorus?), Brullé, Expéd. d. Morée; Entom. p. 124, pl. 4; f. 1,2; Grèce. — granatensis, Rosenh. Die Thiere Andalus. p. 221 ; Espagne mér. — Esp. de la Rüssie mér. : C. subalpina, Ménétr. Cat. rais. p. 204. — C. alleculoides, pulcherrima, Falderm. Faun. entom. Transe. Il, p. 102.— Esp. de la Sibérie : C. areuata, Gebler in Ledeb. Reise; Ins. p. 129. — Esp. africaines : C. melanophthalma, Lucas, = à d, l'Algér.; Entom. p. 356, pl. 31, f. 8. — rufula, X. Thoms. Archiv.ento , p. 104; Gabon.— Esp. de l’Amér. du Nord: C. femoralis, Oliv. Entom, IE, 54, p. 12. — brevis, senicea, Say, Journ. of the Acad, of Philad. HE, p. 269. — erythropa, Kirby, Faun. Bor. Amor. p. 239. — marginata, erythroptera, Ziegler, Proceed. of the Acad. of Philad. II, p. 46. — fuliginosa, fuscipes, pulla, Melsheim. ibid. HT, p. 59 — Esp. de Ceylan : C, congrua, F. Walker, Ann. and Mag. of nat. Hist. Ser. à; Il, p. 286.— Esp. des Moluques : C. pilosula, Bourou ; luteola, Amboine ; Guérin- Ménev. Voy. d. 1. Coq; Entom. p. 107, pl. 5, £. 10, 11. — Esp. de l'Australie : C. securigera, Mac-Leay in King's Surv. of the coasts of Austral, 1, p. 443.

(2) Le nom imposé au genre par Latreille à été altéré par quelques auteurs el changé en ceux de Mycerocmaus (Sahlberg, Zetterstedt), Mycerocnara (Cas- {elnau) et Mycerocmanus (Stephens, Melsheimer).— Syn. Mycgrornita,Gyllenh. ns. Suec. IL, p. 541; nom imposé antérieurement par Meigen à un genre de Diptères. — Herors Latr.; olim. — CisreLa Fab., Panzer, Illig., Payk., etc.

508 CISTÉLIDES,

qué. — Yeux latéraux, saillants, transversaux, échancrés. — Antennes un peu plus courtes que la moitié du corps, filiformes, finement hispides, à articles ohconiques : 1 médiocre, 2 très-court, 3 au moins aussi long que 4, les suivants égaux ou décroissant peu à peu.— Prothorax fortement transversal, peu convexe, rétréci en avant, avec ses angles antérieurs rabattus et fortement arrondis, les postérieurs rectilignes ; tranchant sur les côtés, faiblement bisinué à sa base. — Ecusson médiocre, en triangle rectiligne. — Elytres un peu plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, plus ou moins allongées, légèrement ovales ou atténuées en arrière, peu convexes; leur repli épipleural presque entier. — Pattes médiocres ; hanches antérieures tantôt légèrement séparées (barbata, bipustulata, ete.), tantôt contiguës (par ex. 4-maculata, flavipes), dans ce dernier cas obconiques et un peu saillantes ; cuisses assez robustes; jambes et tarsés grêles, filiformes; le 1% article des postérieurs très-allongé, le dernier de tous simple et tronqué au bout. — Saillie intercoxale presque nulle. — Mésosternum très-étroit en arrière. — Prosternum étroit, quand il existe, et fortement recourbé en arrière. — Corps plus où moins allongé, finement pubhescent.

Petits insectes très-voisins des CisreLA ot s’en distinguant à peine par leurs yeux plus saillants, leurs antennes un peu autrement faites, leurs hanches antérieures, et leurs formes plus sveltes. La plupart sont noirs ou brunâtres; chez plusieurs cette livrée uniforme est relevée par des taches ou des bandes fauves sur les élytres. Ces organes sont ponctués sans ordre comme le reste de la surface du corps en dessus, et présentent assez rarement des stries qui ne sont jamais complètes. Les femelles, outre leurs antennes ordinairement moins longues, se distinguent assez souvent de leurs mâles par leur forme plus courte et quelques modifications dans le prothorax et les élytres.

Il y à de ces insectes en Europe et dans l'Amérique du Nord. Ils vivent sous les écorces, dans les holets et le détritus des vieux arbres (x). 2

(1) Esp. européennes : Cist. bipustulata (humeralis? Fab., scapularis Gyllerh.), linearis (Hel. barbatus Latr., Cist. brevis Ponz.), brevis (Hel. picipes Panz.), Illig. in Schneid. Mag. p. 606. — aæillaris, Payk. Faun. suec. I, p.123. — Hel. quadrimaculatus, Latr, Hist. nat. d, Crust. et d. Ins. X, p. 349. — Cist. flavipes, Fab.‘Syst. EL IE, p. 19. — M. morio, L. Redtenb. Faun. Austr. éd. 1, p. 605, et 6d. 2, p. 621 (maurina Muls.). — rudis, 4-maculala (4-mdculata? Latr), Küster, Die Kæf. Europ. XXI, 99, 100. — fasciata, Muls. Ann. d. 1. Soc. Linn. d. Lyon, 1854-55, p. 355. — bimaculata, Mannerh. Bull. Mosc. 1844, p. 197. — fhoracica, Gredier, Die Kæf. v. Passeier, p. 15. — Esp. de Ja Russie mér. : M. gracilis, Falderm. Faun. entom. Transe. . IL, p, 98, — Esp. de l’Amér. du Nord : Cist. binotata, Say in Long's Exped. IL, p. 285. — C. basilaris, fraterna, Say, Journ. of the Acad. of Philad. HI, P: 269. — M. nigra, ruficornis, Melsheim. Proceed, of the Acad, of Philad. HI,

CISTÉLIDES VRAIES. 509

$ GROUPE II. Cténiopides.

Saillie intercoxale de l'abdomen en triangle aigu, très-petite. — Abdomen composé de six segments dans les deux sexes. — Dernier article des palpes maxillaires pas beaucoup plus gros que le précédent, en triangle très-allongé. — Mandibules entières à leur extrémité. — Antennes grèêles, filiformes. — Prothorax présque de la largeur des élytres à sa base. — Tarses sans lamelles.

Ce groupe se réduit aux trois genres suivants, qui sont jusqu'ici propres à l’ancien continent et tous trois représentés en Europe.

IL. Mandibules courtes, arquées dès leur milieu : Podonta. IL. — allongées, droites, puis arquées au bont. Angles postérieurs du prothorax rectangulaires : Cfeniopus. — — arrondis ou très-oblus : Omophlus.

PODONTA. = Murs. Col. d. France; Pectinipèa. p. 66 (1).

Genre très-voisin des Grenropus qui suivent, et n’en différant que par les particularités assez faibles que voici :

Mandibules courtes, graduellement arquées. — Tète moins allongée et terminée par un museau notablement plus court. — Antennes moins longues que la moitié du corps (a/pina excepté), leur 3° artie généralement plus long que le 4°. — Prothorax aussi large que les élytres à sa base; celle-ci largement et faiblement échancrée en are, avec sos angles rectilignes. — Elytres allongées, graduellement rétrécies en arrière et arquées en dessus. — Hanches antérieures toujours séparées par le prosternum, plus ou moins obliques.

Le système de coloration de ces insectes vient à l’appui de leur séparalion d'avec les Crenropus, dont ils diffèrent, en outre, sensiblement par leur facies. Tandis que la livrée de ces derniers est, au moins en partie, d'un beau jaune, la leur est constamment d’un noir pro-

p: 59. Suivant M. J. L. Le Conte (Proceed. of the Acad. of Philad. VII, p. 219), la seconde de ces espèces est une Mélandryide du genre HALLOMENUS. — Cist. rufipes, Maj. Le Conte, Boston Journ. of nat. Hist. L, p. 170.

(1) Ce nom de Poponra est de la création de Solier (Ann. d. 1. Soc. entom. IV, p. 247), qui l'avait imposé à la deuxième section de ses MEciscaia, composée d'OoruLus, auxquels il associait la Cist: nigrita, en ajoutant qu'elle devait former un genre à part, — Syn. Meciseujy, L. Redtenb. Faun. Austr. éd. 2, P. 024, — Cisrera Fab., Panz., Steph, er.

510 CISTÉLIDES.

fond et plus ou moins brillant. Les habitudes sont, du reste, les mêmes dans les deux genres; leurs espèces vivent sur les fleurs. Celui-ci en contient quatre en ce moment, les unos européennes, les autres asiatiques (1).

CTENIOPUS. % SoLier, Ann. d. !. Soc. entom. IV, p. 246.

Dernier article des palpes labiaux déprimé et fortement tronqué celui des maxillaires très-faiblement triangulaire et obliquemenf" coupé au boul, — Mandibules allongées, droites, puis recourbées à leur extrémité. — Labre saillant, tronqué ou échancré en avant. — Tête allongée, rhomboïdale, terminée par un long museau parallèle; épistome séparé du front par un sillon bien marqué. — Yeux distants du prothorax, au plus médiocres, transversaux, assez saillants, faiblement,échancrés. — Antennes au mains aussi longues que la moitié du corps, grèles, filiformes ou grossissant légèrement, à articles obconiques : le 3° aussi long, ou peu s’en faut, que le 4°. — Prothorax transversal, plus où moins rétréci en avant, un peu plus étroit que les élytres à sa base; celle-ci coupée carrément ou faiblement bisinuée, avec ses angles rectangulaires. — Ecusson allongé et tronqué en arrière, — Elytres allongées, arquées en dessus, parallèles ou un peu sinuées dans leur milieu, arrondies en arrière; leur repli épipleural entier. — Pattes longues et grôles; hanches antérieures tantôt étroitement séparées par le prosternum, tantôt contiguës, dans ce dernier cas cylindriques et saillantes; le 1° article des tarses postérieurs guère plus long que les deux suivants réunis. — Mésosternum trèsétroit en arrière. — Corps allongé, arqué en dessus, à peine pubescent. ,

Les mâles, outre leurs antennes plus longues que celles des femelles, ont constamment leur sixième segment abdominal fortement excavé, et quelquefois en même temps (par ex. lutea) échancré au bout.

La Jivrée de ces insectes offre coci de particulier, que la couleur jaune y entre toujours pour une partie ; il est même rare (sulphuripes) qu’elle se borne aux pattes. Le genre se compose en ce moment de six espèces (2), dont une (su/phureus) est très-commune dans la DIE grande partie de l’Europe.

(1) C. nigrita, Fab. Syst. EI. IT, p. 20 (C. oblonga ? Oliv.); Europe moyenne et mér.; type du genre, — lugubri is, AUsteE Die Kæf, Europ. XX, 80; Turquie. — Aubei, Orient; alpina, Europe or.; Muls. Opusc. entom. VII, p. 29.

(2) C.sulphureus Linné, Fab., Oliv., ete.; la Cis£. bicolor de Fabricius (Syst. EI. II, p. 18) en est généralement, déo comme le mâle, et M. Mulsant, ainsi que M. L. Redtenbacher, ont adu À cette opinion; Erichson, au contraire

CISTÉLIDES VRAIES. 511

= OMOPHLUS. 0 : Æ sat (Mec.) Souien, Ann. d. L. Soc. entom. IV, p. 246 (1).

Organes buccaux des Creniopus, avec le dernier article des palpes maxillaires coupé plus carrément au bout. — Tête et yeux pareils; la première parfois non rétrécie en arrière. —Antennes moins longues que la moitié du corps, assez robustes, filiformes êt un peu épaissies dans leur moitié terminale, à articles 1 gros, médiocre, 2 très-court, 3 plus long que 4; les trois Ou quatre suivants généralement plus courts et moins cylindriques que les derniers. — Prothorax imparfaitement contigu aux élytres et un peu moins large qu’elles, fortement transversal, peu convexe, non ou légèrement rétréci en avant, tronqué à ses deux extrémités, avec tous ses angles arrondis ou au moins obtus. — Ecusson presque toujours en triangle rectiligne. — Elytres de lonsueur et de forme variables, isolément arrondies à leur extrémité. — Pattes en général un peu plus robustes que celles des Creniopus, avec leurs hanches antérieures cylindriques, saillantes et contiguës, rarement un peu séparées par le prosternum. — Mésosternum des mêmes. — Corps tantôt pubescent, tantôt glabre sur les élytres.

Ces insectes, au milieu d'assez nombreuses modifications dans leur forme générale, ont toujours une physionomie très-diflérente de celle des Cremopus. Ils sont beaucoup plus grands, moins convexes, et leur livrée n’a pas cette uniformité qu’on remarque chez ces derniers. Leurs mâles ont également le sixième segment abdominal excavé; ils sont, en outre, plus parallèles que les femelles, et présentent habituellement dans leurs jambes et leurs tarses antérieurs, quelques particularités étrangères à ces dernières, et variables selon les espèces.

Solier avait compris presque tous ces insectes, à lui connus, dans son genre MEGiscHIA, caractérisé par le dernier article de tous les palpes tronqué carrément au bout. Il réservait le nom d'OmorxLus à ceux chez qui cet article est coupé obliquement et qui ont le dernier des labiaux plus ou moins sécuriforme, caractère insignifiant et variable. M. Mulsant en a découvert dans le repli épipleural desélytres, un autre plus important, d’après lequel il a divisé le genre en deux.

(Archiv, 1841, IL, p. 180), en faisait une espèce distincte. — Cüist. sulphuripes, Germar, Ins. Spec. nov. p. 162 (® C. collaris, Küster, Die Kæf. Europ. XX, 75); Hongrie. — C. lutea, Küster, loc. cit. XII, 82; Sicile, Espagne mér. ; pallida, XX, 82; Mésopotamie. — C. altaica, Gebler in Ledeb. Reise ; Ins. p. 128; Altaï. — C. elegans, Falderm. Faun. entom. Transe. Il, p. 104; Russie mér,

Le Cten. splendidus de M. Thomson (Archiv. entom. Il, p. 103), insecte d'un vert bronzé brillant, avee les pattes testacées, me paraît étranger au genre et est probablement une Cisreca. Le Gabon eat sa patrie.

(1) Syn. Mrciseura, Solier, loc. cit. p. 247. — Hemoraunus, Mulsant, Col. d. France; Poctinipèdes, p. 73. — CisreLa Fab., Oliv., etc.

ne ant ve TE

512 CISTÉLIDES.

Chez ses HeciorauRus, ce repli arrive, ou peu s'en faut, jusqu'à l'angle sutural, et a une tendance à se renverser en dehors, tandis que chez les OnopaLus il s'arrête au.niveau de la base de l'abdomen. Mais ily a des passages entre ces deux formes (1) qu’on pourra , du reste, employer pour fonder de simples sections.

Les Omoparus appartiennent à la Faune méditerranéenne, en prenant ce mot dans une acception assez large. Leurs habitudes sont les mêmes que celles des CrENIoPUs. |

Groupe III. Lystronychides.

Saillie intercoxale de l'abdomen assez large, en triangle court, parfois subogivale. — Abdomen composé de cinq segments. — Dernier article des palpes maxillaires beaucoup plus large que le précédent. — Mandibules courtes, arquées, légèrement bifides à leur extrémité. Antennes de forme variable, en général plus ou moins robustes, souvent comprimées et mêmes foliacées. — Prothorax beaucoup plus étroit à sa base que les élytres chez la plupart. — Tarses sans lamelles.

Ces caractères sont presque identiques avec ceux des Cistélides vraies, et c’est, dès-lors, près de ces dernières que ces insectes paraitraient deyoir être placés. Mais ils diffèrent tellement de toutes les autres espèces de la famille, qu’on ne peut les intercaler dans la série

(1) M. Mulsant en signale lui-même deux chez les O. curvipes et armillatus, qu'il a placés parmi les OmopuLus, bien que le repli en question soit chez eux presque aussi distinct que chez les Hegcoraurus. Depuis la publication de son travail sur les Pectinipèdes de France, ce savant entomologiste a donné, dans ses Opusc. entom. VII, p. 36, une Monographie de ces derniers et décrit plusieurs espèces d’OmorxLus.

Au premier de ces genres appartiennent : H, nigripennis Kab, (Var. Meg. erythrocephala Sol.), abdominalis, ovalis Casteln., anceps Muls., Algérie; rufiventris Waltl, Espagne mér.; erythrogaster Luc. (Cist. testacen Casteln. }, cœruleus Fab. (cist. cœrulescens Oliv.), Perroudi Muls., distinctus Gasteln., Algérie; ruficoilis Fab.; Espagne mér.; angusticollis Muls., Egypte; Reichei Muls., Algérie.

Au second : O. curvipes Brul., Europe mér.; armillatus Brul., Grèce, Sicile; picipes Fab. (Hibialis Costa, sericeicollis Küster), frigidus Muls., pubescens Linn. (amerinæ Curtis, pinicola L. Redtenb.), lividipes Muls. (picipes L. Redtenb.), lepturoides Fab. (lepheroides Fab., olim), brevicollis Muls., France mér.; orience Muls., Turquie; scufellaris Muls., Egypte; syriacus Muls., Syrie.

: Cist. pilicollis, Ménétr. Cat. rais. p. 204 ; Russie mér, — O. dilatalus, mu Falderm. Faun. entom. Transe. IL, p. 99; même pays.— 0.elongatus, Dalmatie; curtus, Corfou ; atripes, Volhynie, arinillatus, Corfou ; nigripes, Mésopotamie ; Küster, Die Keæf. Ra XX, 59 sq. — alpinus, Miller, Verbandl. d. Zool.-Botan. Ver, in Wien. I, p. 119 ; Autriche. — produclus, Rosenh, Die Thiere Andalus, p. 220; Espagne mér,

CISTÉLIDES VRAIES. . 513

de ces dernières, comme l’a fait Solier, sans violer les analogiès. J'ai done cru devoir les isoler, bien que leurs caractères distinetifs soient vagues et incertains. F genres sont aussi difficiles à limiter que leur ensemble luiième, la tête, les antennes, le prothorax, les pattes et surtout la forme générale, se modifiant de la manière la plus insensible. Ce sont, du reste, pour la plupart, des insectes très-élégants, dont la livrée ordinaire est d’un beau bleu indigo ou bronzée, couleurs que relèvent paroi es taches d’une autre nuance. Il est très-rare qu’ils soient glabres, et leur pubescence consiste, sans aucune excepüion, en poils fins redressés, parmi lesquels ceux des élytres sont en partie au moins disposés en rangées régulières (1).

Le groupe est exclusivement propre à l'Amérique et nombreux; mais jusqu'ici on n’en à décrit qu'un: très-petit nombre d’espèces. Celles que j'ai eu l’occasion d'observer au Brésil et à Cayenne, vivent sur les fleurs et les plantes basses.

Solier, qui a connu à peine quelques-uns de ces insectes, les a divisés en quatre genres. Ceux qui suivent, en pareil nombre, ne correspondent pas exactement aux siens, pour la plupart. Une étude approfondie du groupe entier décidera s'ils doivent être conservés.

I. Cuisses très-grêles à leur base, puis renflées et ovoïdes : Prostenus. IL — grossissant peu à peu.

a Prothorax plus étroit à sa base que les élytres ; corps oblong. Antennes filiformes : Lystronychus.

— comprimées à leur extrémité : Xystropus.

aa Prothorax aussi large que les élytres; corps ovale : Cleisa.

PROSTENUS.

Larn. Fam. nat. p. 377 (2).

Tête prolongée et, rétrécie en arrière, avec un sillon circulaire, en général peu marqué, en arrière des yeux, plus ou moins excavée en ävant, par suite du redressement des orbites antennaires. — Antennes au moins aussi longues que la moitié du corps, parfois aussi longues que lui ; leurs quatre avant-derniers articles au moins, quelquefois les Sept avant-derniers, très-fortement comprimés, comme foliacés et plus où moins en scie ; le dernier de même forme, ovalaire ou triangulaire

(1) Les Omopnrus sont les seuls, parmi les autres Cistélides, dont la pubestence soit aussi redressée, quand elle existe ; les autres espèces sont glabres ou revêtues de poils conchés. .

(2) Syn, Xysrnopus (ectio Mecocenus), Solier, Ann. d. 1. Soc. entom. IV, P.241; le nom de Mecoërnus avait été appliqué antérieurement par Schœuherr À des Anthribides. — Lysrronvenus Saund, , Casteln.

Coléoptéres. Tome V. 33

544 CISTÉLIDES-

et plus grand que le 40°. — Toutes les cuisses forteme moins longuement atténuées à leur base, renflées à leu Les autres caractères comme chez les LYSTRONYCHUS. » = Après avoir fondé son genre PROSTENUS, Sans en exposer les caractà ni indiquer quelle espèce il lui donnait pour type, Latreïlle n’en plus reparlé, et à ce nom, à substitué celui de LYSTRONYCHUS, enrsignalant cette fois l'insecte sur lequel il établissait cette coupe générique. Le nom de Prosrenus étant ainsi disponible, peut sans inconvénient s'appliquer à un certain nombre d'espèces qui se di e éminemment des autres Lystronychides par les caractères ù plus haut. Les antennes varient dans chaque. espèce et ne diffè à que peu selon les sexes. Il en est de même de la concavité de la tête et de la forme des pattes; la première est parfois très-prononcée, Le prothorax varie comme les antennes, mais moins ; il est générà ment transversal, assezconvexe, rétréci à sa base, arrondi sur les côtés et -toujours beaucoup plus étroit en arrière que les élytres. L* Les Prosrenus, à de rares exceptions près (par ex. splendens), sont d’un beau bleu d’indigo, sujet parfois à devenir verdâtre ou violet,et beaucoup d’entre eux ont les cuisses largement annelées de rouge. Leurs élytres sont régulièrement ponctuées, mais toujours assez finement, et souvent les bords antérieurs des points se redressent de façon à imiter les aspérités d’une râpe (1). > Solier a associé ces insectes à ses Xysrropus, tout en reconnaissant qu'ils en différaient beaucoup.

LYSTRONYCHUS.

© Lam. Règne anim. Ed. 2, V, p. 41 (2).

Dernier article des palpes labiaux épais et légèrement triangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Labre court, faiblement : arrondi en avant. — Tête rhomboïdale, plus ou moins prolongée en arrière et en avant des yeux, peu convexe sur le front, à orbites antennaires nulles ou très-petites. — Yeux distants du prothorax, médiocres, transversaux et luuulés. — Antenres longues, filiformes, grossissant peu à peu et faiblement à leur extrémité, à articles 3 un peu pluslong que 4, 4-10 subégaux, 14 notablement plus long que 10.— Prothorax transversal ou nor, de forme variable, beaucoup plus étroit à sa base :

(1) P. periscelis,Perty, Del. anim. art. Brasil. p. 60, pl 12, f. 43; Brésil, — laticornis, Saund. Trans. of the entom. Soc. I, p. 154, pl. 14, f. 4; Montevideo. — Xyst. Dejeanii, Sol. loc. cit. p. 242; Brésil. — Lys. splendens, Gasteln. Hlist. nat. d. Col. Il, p.244. — Les Prosten. violuceipennis, Boisduvalii, m0niliferus, femoralis, episcopalis, clavipes, azureus, cyaneus, et probablement plusieurs autres encore du Catalogue de Dejean, appartiennent au genre:

(2) Syn. Xysronia, Solier, Ann. d, 1, Soc. entom. IV, p. 238, — PROSTENUS Dej. — Hecops Fab.

CISTÉLIDES VRAIES. #15

émités. — Ecusson en triangle curvilign e agges, assez convexes, parallèles, obtuse onquées un peu obliquemient aux épaules. — Pattes longues; cuisseSantérieures un peu atténuées à leur base; jambes filiformes; tarses peu robustes, le 1% article des postérieurs allongé. — Saillie intercoxale assez large, triangulaire. — Mésosternum déclive, un peu concaye en avant. — Saillie prosternale. étroite, arrondie en arrière. - | ;

Latreille, en créant ce genre, lui a donné pour type l’Helops equestris de F'abricius (.), insecte très-élégant et commun aux environs de Rio- Janeiro, d’un noir bleuâtre soyeux, avec une tache d’un jaune citron sur les élytres. Près de lui, vient se placer une autre espèce (2) du même pays, aussi remarquable par ses couleurs. Ces deux insectes ont en commun une tête médiocrement allongée, des antennes très-grèles, presque aussi longues que le corps et un prothorax transversal et convexe en dessus.

Solier les a laissés seuls dans le genre Lysrronycnus et a fondé son genre XYSTRONIA Sur une autre espèce (3) qui n’en diffère que par sa tête plus allongée, ses antennes plus robustes et pas plus longues que la moitié du corps, enfin son prothorax plus long que large et médiocement convexe. Mais ce genre ne me paraît propre qu’à former une section dans celui-ci, qui, tel que je le comprends, est essentiellement et uniquement caractérisé par la forme des antennes et celle des pattes réunies à un prothorax notablement plus étroit que les élytres.

XYSTROPUS.

SouEr, Ann. d. 1. Soc. entom. IV, p. 241.

Antennes do longueur variable, grossissant peu à peu et en même temps comprimées à leur extrémité ; leurs cinq ou six derniers articles

(1) Syst. EL. I, p. 160 ; figuré dans Perty, Del. anim. art. Brasil. pl. 13, f. 5. — Latreille cite en même temps, comme congénère de cet insecte, l'Helops columbinus de Germar (Ins. Spec. nov. p. 157), et le Notozus helvolus de Dalman (Anal. entom. p. 56). Le premier m'est inconnu, mais, d’après la des- Cription qu’en donne Germar, il est évident qu’il n’a rien de commun avec le genre actuel. Quant au second; j'ai dit précédemment (tome IV, p. 439, note) que c'était un Cléride, probablement du genre PELONIUX.

(2) L.pulchellus, Saund. Trans. of the entom. Soc. 1, p. 153, pl. 14, f. 5 (Prost Semoculatus Dej.). — Le Pr. axillaris Dej., de Cayenne, appartient à cette division,

(3) X. cœrulea, Sol. loc. cit. p. 239 (Pr. janthinus Dej.). Par une rare ex- Ception, cet insecte est glabre, ou très-peu s’en faut. Il y a dans les collections, Plusieurs espèces qui viennent se placer à côté, et dont probablement.quelques-

Unes sont mentionnées dans le Catalogue de Dejean. ”

transversal, peu convexe, arron! es côtés, de cas à sa base; celle-ci en général s beaucoup plus étroite quelles élytres., — Pattes plus ou moins courtes ; cuisses graduellement 6p aissies comme chez les LYSTRONYCHUS. — Le surplus comme chez les derniers, sauf pour la forme générale. du À

Après avoir séparé des Prosrenus de Dejean les deux genres qui précèdent, il y reste encore un nombre considérable d'espèces, la plupart de petite taille, et qui finissent par perdre peu à peu le facies propre aux Lystronychides, à ce point que plusieurs d’entre elles n’en ont absolument rien conservé. Solier a fondé le genre actuel sur lune d’elles qu'il n’a pas décrite et qu’il indique comme étant le pilosus de Dejear, en quoi il me paraît être dans l’erreur (1).

Ces insectes ne pourront pas rester associés ensemble, et le genre lui-même étant établi sur une espèce inédite et douteuse, n ’est mentionné ici que pour mémoire (2). 1%

form à

516 De terminaux plus larges que ro arfois le dernie

CTEISA.

SoLter, Ann. d. 1. Soc. entom. 1V, p. 242.

Organes buccaux des précédents, avec le labre dépassant faiblement l’épistome. — Tête courte, rhomboïdale, plane sur le front; épistome confondu avec ce dernier, arrondi et légèrement tronqué dans son milieu en avant. — Yeux transversaux, à peine lunulés. — Antennes dépassant faiblement le prothorax en arrière, grossissant légèrement à leur extrémité, à articles 3 plus long que 4, 4-7 ou 4-8 obconiques, plus longs que larges, 7-10 ou 8-10 transversaux, déprimés ou submoniliformes, 14 à peine plus grand que 40. — Prothorax transversal,

(1) Solier indique les antennes comme étant à peine de la longueur de la tête et du prothorax réunis; clles dépassent notablement ce dernier en arrière, même chez les femelles, dans le vrai pilosus de Dejean; celles des LE sont de la longueur de la moitié du corps.

(2) Je ne connais que les quatre espèces suivantes de décrites qui puissent y rentrer. Chacune d’entre elles s'éloigne des antres par quelques particularités, surtout par la longueur des antennes : Lystron. humeralis (Prost. anliquus Dej.), œneus, Casteln. Hist. nat. d. Col. Il, p. 244; Brésil. — Pr. violaceus, Blanch. in d’ Orb. Voy.; Entom. 199, pl. 15, f. ä; Bolivia, — P. blandus, Ærichs. Archiv, 1847, I, p. 122; Pérou.

Ici viennent, parmi les PROSTENUS de Dejean qui me sont connus, ceux qui suivent : P. rufofemoratus, femoratus, nitidus, metallicus, punctatissimus, pilosus, œquinoclialis, Lebasii. On pourra peut-être les laisser ensemble. Quant aux P, nebulosus, juvencus, tomentosus du même auteur, le premier rentrerait, à la rigueur, parmi les Crersa ; les deux autres devront former un géure à part.

# CISTÉLIDES VRAIES. 517

exactement contigu aux élytres, légèrement rétréci en avant, plus ou moins arrondi sur les côtés, à peine bisinué à sa base. — Ecusson curviligne ou subquadrangulaire, transversal. — Elytres peu convexes, brièvement ovales, exactement de la largeur du prothorax à leur base; celle-ci tronquée. — Pattes courtes; cuisses grossissant peu à peu; jambes filiformes; le 4°* article des tarses postérieurs allongé, —Saillie intercoxale, mésosternum et prosternum des LYSTRONYCHUS. — Corps régulièrement ovale, plus ou moins velu.

Ces insectes reproduisent parmi les Cistélides les formes de certaines PsaryoemaA ot de quelques Pédinides. J'en connais trois ospèces inédites, outreelle sur laquelle Solier a établi le genre. Toutes trois sont d’un Ne et sous le rapport de la ponctuation, comme de la vestiture, ressemblent aux autres espèces du groupe actuel. Elles sont de diverses parties ds l'Amérique du Sud (1).

(1) C. hirta, Sol. loc. cit.; Bahia. — Dejean a connu les trois espèces inédites; l’une d’elles est son Prostenus carbonarius; il avait placé la seconde parmi les BLarsrinus, sous lo nom de B. anæius ; la troisième, qu’il avait reçue depuis l'impression de son dernier Catalogue, figurait dans sa collection sous le nom de Prostenus pedinioides. Fa

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