FAMILLE L
PYTHIDES.
Menton transversal, non porté par un pédoncule du sous-menton, — Languette plussou moins saillante. — Deux lobes aux mâchoires, lamelliformes et ciliés. — Mandibules souvent dentées au côté interne, — Tête non rétrécie à sa base, saillante, horizontale ou légèrement inclinée (Acnaraus excepté). — Yeux latéraux, entiers. — Antennes de onze articles, médiocres, insérées à découvert au-devant des yeux, filiformes, grossissant peu à peu ou terminées par une petite mass — Prothorax notablement plus étroit à sa base que les él tres n pronotum confondu avec ses parapleures (Crymopes excepté). - S courtes; hanches antérieures conico-cylindriques, médiocrementsa lantes, contiguës (Crvmoprs excepté), leurs cavités cotyloïdes ouvertes
transversales; tarses filiformes, les quatre antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles, le pénultième de tous entier; leurs crochets simples. — Episternums métathoraciques médiocrement larges, atténués en arrière. — Abdomen composé de cinq segments tous libres. à
Famille nouvelle, dont l'établissement me paraît nécessaire pour rapprocher un certain nombre de genres qui sont, à l’heure qu’il est, disséminés loin les uns des autres dans des familles différentes. Les Pyrno, auxquels j’emprunte le nom que je lui donne, sont classés dans les Mélandryides ou près des Pyrocanoa (1). Les Crymones ot les Prioënaruus l'ont 6t6 par M. J. L. Le Conte, leur auteur, parmi les Ténébrionides. Les SarpiNcus et genres voisins constituent une famille à part qu’on a coutume de placer à la fin des Hétéromères. Enfin
(1) Pour la première de ces places, voyez L. Redtenbacher, Fann. austr. éd. 2, p. 632; pour la seconde, Mulsant, Col. d. France; Latipennes, p. 26. Latreille (Règne anim. éd. 2, V, p. 40) avait laissé ces insectes parmi ses Hélopiens. C’est un fort indice qu’un insecte n’est pas à sa place lorsqu'on le ballotte ainsi de famille en famille
L'YTHIDES: 521 les FAUNE : Oo dans les auteurs les plus récents parmi les Anthicides (1 ! FNSERS LR Le He 4 ne É
Or, a ce dernier Pr qui est un peu aberrant, tous ces insectes ont la même D 1 les mêmes mœurs, et, pour autant que leurs larves sont connues, Splus intimes rapports sous leurs premiers états drag peu les: confondre qu'avec les Ténébrionides et les Mélandryides dont ils sont faciles à distinguer. Leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière, suffisent pour les différencier des pre ;
s'éloignent des secondes par la direction et la forme da leur tête, 1 yeux constamment entiers et leur prothorax plus étroit à sa b les élytres et dont le pronotum est confondu avec ses flancs. caractères, tels que les hanches antérieures moins saillantes; médiaires plus arrondies et les postérieures jamais obliques, non sans valeur, sont moins importants, attendu Li on les re çà et là chez quelques Mélandryides. tn
Ces insectes sont rarement (Cnynopes) de taille assez grande, souvent petits, allongés ou au moins oblongs, exceptionnellement(Pyro) très-déprimés, et, sauf chez les AGxaraus, leurs téguments sont glabres et,en général, brillants; tous, sans exception, sont ailés. Pour le surplus, il y à peu à ajouter à la formule inscrite plus haut.
Le dernier article des palpes maxillaires est tantôt sécuriforme (Pythides vrais, Agnathides), tantôt (Salpingides) ovalaire. Les mandibules dépasse quelquefois (Pythides vrais) fortement le labre et affectent alors la forme de tenailles. La tête, dans trois genres (RHINOSIMUS , HOMALIRHINUS, TANYRHINUS), S s’allonge en un long rostre déprimé, qui ressemble complètement à celui de certains Curculionides. Dans ce cas, les antennes sont souvent insérées à peu près à la moitié de sa longueur, au lieu de l'être, comme chez les autres espèces, près du bord antérieur des yeux. Les élytres débordent toujours le prothorax; leurs épipleures ne sont distinctes qu’à, leur base et se prolongent plus loin que la moitié de la longueur de ces organes, qui embrassent très-faiblement l’arrière-corps. La présence des trochantins aux hanches intermédiaires forme ici l’exception. Ces pièces n'existent que chez les Pythides vrais, et, en outre, il y a un de leurs genres (Crymopes) qui en possède aux hanches antérieures. Les éperons des jambes sont en général très-petits et assez souvent presque nuls. Les tarses sont 2evêtus
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(1) Voyez notamment Dejean, Cat. éd. 3, p. 237, et L. Redtenbacher, Faun. austr, éd, 2, p.635; dans la première édition de cet ouvrage, l'auteur avait placé le genre parmi les Mélandryides, entre les Hypuzus et les Dincæa. F à parle pas de l'opinion de Germar qui, en décrivant l'espèce type (Mag. d. Entom. III, p. 129), Vavait placée dans les Clérides. M. De La Ferté seul (Mon. d. Anthic. p, 295) me paraît avoir vu juste en signalant son analogie avec les Sazrneus. La différence entre les deux genres ne porte essentiellement quésur la forme du prothorax et de la tête; mais olle est assez forte pour exiger que Celui-ci soit mis dans un groupe à part.
522 t.. 'YTRIDES.
n s : peu abodante, souvent à pét près
point de ne plus former qu’un mince filet en avant dés érieures. -
L parfait, toutes les espècés de la famille vivent sous les écorces ou se trouvent à leur extérieur, sur les troncs d'arbres abattus, les amas de fagots et autres lieux semblables:
J'ai dit plus haut que celles de leurs larves qui sont connues, avaient entre elles la plus grande analogie. Ceci ne s'applique qu’à celles des espèces typiques dont on n’a encore publié que deux, celles du Pytho depressus (1) et du Rhinosomus roboris (2).
La première, connue depuis longtemps, présente tous les caractères essentiels de celle des PyrocHro4, mais en diffère par deux autres qui sont importants ; sa tête est un peu engagée dans le prothorax, et son dernier segment abdominal n’est pas plus large que le précédent et n’a rien de singulier dans sa forme. Cette larve est allongée, parallèle, très-déprimée, avec les segments du corps arrondis sur les côtés, d’un jaune sale et revêtue de quelques poils redressés et isolés. La tête est horizontale, arrondie, sans épistome distinct. Les organes buccaux se composent d’un étroit menton allongé, aïnsi que la languette qui est entière et porte deux courts palpes biarticulés, dont les supports sont soudés ensemble; deux mâchoires transversales ter minées par un seul lobe, dont l'angle interne est garni de petites épines crochues, et qui portent des palpes assez longs de trois articles. Les stemmates sont au nombre de cinq de chaque côté et disposés sur deux rangs. Les antennes; insérées sur les côtés de la tête, se composent de trois articles graduellement plus courts. Le segment prothoracique est un peu plus court que les suivants qui sont égaux entre eux. Tous sont revêtus d’écussons cornés, plus larges en dessus qu’en
(1) D6 Géer, Mém. V, pl. 2, f. 15-20. — Latr. Hist. nat. d. Crust. et d. Ins.X, p.329. — Bouché, Nat. d. Ins. p.192, pl. 9, £. 13.— Wéstw. An Introd., etc. 1, p. 289, f. 32, n° 16-17. — Erichson (Archiv, 1842, I, p. 371) en à donné aussi une description générale en même temps que de celle des PynocHROA.
ette larve est, à proprement parler, intermédiaire entre celles des PYnocnRoa et celle du Rhin. roboris, mais plus voisine de ces dernières. Elle a en commun avec les premières l'absence de prolongement anal; avec Ja seconde, la tête engagée dans le prothorax, et la simplicité du dernier segment abdominale Par conséquent elle prouve tout aussi bien l’analogie qui existe entre I6s Pyruo et les Rmnosimus que célle des premiers avec les PyRocHROA.
(2) Erichs. Archiv, 1847, 1, p. 287.
+ de ù + Si SDS d US. te Ré de l'abdomen est armé RS le de
stes saillies, et en dessous d’une rangée de dentelures. L'ouver. io anale estrune fente transversale qui ne se prolonge opode. Les stigmates sont au nombre de neuf paires : la pre è située entre le prothorax et le mésothorax, les autres au bord inférieur des écussons dorsaux des huit premiers segments de l’abdomen.
La larve du Rhinosimus roboris roprodtiit tous les caractères essentiels de la précédente, avec les différences qui suivent. Elle nds en
étroite et un peu plus convexe. Sa tête est légèrement atténuée en avant. Erichson n’a pas pu lui découvrir de languette. Les ante
se composent de quatre articles. Le prothorax est un peu plus long que les segments suivants, et son bord antérieur s’élargit ct se prolonge sous la tête. Le dernier segment abdominal est un peu plus petit que les précédents, impressionné en dessus, et armé de deux courtes et larges saillies, chacune portant deux petits crochets aigus, dont l’externe est recourbé en dehors et l’interne en dedans.
Quant à la larve de l’Agnathus decoratus, dont on doit.la Fe M sance récente à MM. Mulsant et Rey (1), elle diffère des préc par des caractères importants. Comme celle de l’insecte parfait, s fA 1ôte est verticale et en même temps arrondie et terminée par un court museau. Les stemmates sont absents. Ses antennes, insérées sur de courts tubercules, se composent de trois articles graduellement plus grèles, et dont le dernier est très-petit et subulé. Les trois segments thoraciques sont notablement plus longs que les suivants, sürtout le prothorax, et purtent des pattes assez courtes, composées de quatre pièces. Les six premiers segments abdominaux sont transversaux, épaissis en bourrelets sur les ( côtés ; les trois derniers plus larges, surtout le pénultième. Le dernier est ‘ur peu plus long que celui-ci, convexe, granuleux, tronqué et tranchant en arrière, et muni de deux fossettes arrondies, voisines de son bord postérieur ; les angles de celui-ci portent deux à crochets recourbés en haut. Les stigmates sont situés près des angles antérieurs des segments abdominaux (2).
Le corps de cette larve est légèrement convexe, de couleur testacée , ethérissé de poils peu abondants, formant six rangées longitudinales. Elle avait 6t6 trouvée dans de vieilles souches d’aulne, en compagnie de larves de RnizopnaGus et de Bosrricaus. MM. Mulsantet Rey soupçonnent qu’elle est parasite et dévorait ces dernières. La nymphe, qu’ils ontégalement décrite, ne présente de particulier que l'existence, au som-
(1) In Mulsant, Opuse. entom. fase. VII, p. 114, avec une pl.
(2) MM. Mulsant et Rey, par suite, sans doute, d’un lapsus calami, assigent des stemmates au dernier segment abdominal. Ils ne parlent pas de ceux dü thorax,
r, et rri àt- 18", 8 edérait dei mnt 4 ASF dt note, } Nos RE - « 7 b
; 52 PYTHIDES. w
de son ent anal, d’un lobéMlarge ot déprimé, divisé en quatre Il ñ les externes sont spiniformes et beaucoup plus Luis intermédiaires. à :
f une seule espèce de SALPINGUS qui habité la T Pl ille parait propre à l'Europe et à l'Amérique. Elle se divise na +) lement en trois groupes. RE Ci po
La v
I. Prothorax coupé carrément en avant, non échancré en dessous. * Mandibules saillantes. PYTUIDES vrais, — ne 0 pas le labre. SALPINGIDES. .
IL P thorax très-saillant en avant; prosternum profondément échancré. AGNATHIDES, *.
TRIBU TI. D à.
PYTHIDES VRAIS.
ier article des palpes maxillaires sécurilorme. — Mandibulés he, — Prothorax coupé carrément en avant, tant en dessous qu'en dessus. — Hanches intermédiaires pourvues de trochantins. — Dernier segment abdominal de grandeur normale.
Des trois genres qui suivent, deux (Cnymonrs, PRioGNATHUS) sont de création récente et très-peu connus des entomologistes. Tous trois comprennent les plus ge espèces de la famille. En réduisant leur taille par la pensée, les deux derniers ressembleraient complètement à des SALPINGUS. |
L Corps très-déprimé : Pylho. d I — non = ‘ Hanches antér. munies de trochantins très-apparents : Crymodes.
— sang — Priognathus. e PYTHO.
Larn. Préc. d. car. gén. d, Ins. p. 23 (1).
Menton transversal, largement arrondi en avant, — Languette peu saillante, échancrée en arc. — Dernier article des palpes mMaxillaires assez fortement sécuriforme. — Mandibules bifides au bout, avec une petite dent interne près de leur sommet. — Labre court, légèrement échancré en are. — Tête subeylindrique et déprimée en arrière, im-
(1) Syn. Tenernio Linné, De Géer, Oliv.Herbst. — Cucuus Fab., Oliv, Gyllenh., Payk., ete. ; olim.
he hu PYTELEEVRAIS . 525
pressionnée sur la front, terminée par un très-court museau transversalement quadrangulaire. — Yeux médiocres, latéraux, subovalaires, assez saillants. — Antennes de la longueur du prothorax, assez robustes, filiformes, à articles 4 assez long, en massue arquée, 2 aussi long que #4, 3 beaucoup plus long que ce dernier, 4-7 obconiques comme les précédents, décroissant peu 8-10 transversaux , déprimés, submonilifor es, 11 ovalaire et a 6. — Prothorax transversal, cordiforme, arrondi sur les côtés, qué à ses deux e ctrémités, déprimé, avec deux grandes dépre en dessus; son pronotum confondu avec ses parapleures. — usson en triangle eurviligne. — Elytres allongées, déprimées, un peu FES dans leur tiers postérieur, légèrement échancrées en arc à leur ttes assez longues ; hanches antérieures contiguës, munies d me
cuisses assez robustes; éperons des jambes presque nuls; rai formes, finement nes. le Atr article des postérieurs “in peu plus court que les suivants réunis, — Corps allongé, très-déprimé, labre.
Ce genre se compose ence moment de cinq espèces, dont l’une (1), anciennement connue, est répandue depuis le nord de l'Europe, où elle n’est pas rare, jusque dans les régions montagneuses des parties moyennes de ce continent. C’est un des insectes Les plus variables qui existent sous le rapport des couleurs. Les exemplaires normaux sont noirs, avec les élytres bleues, et les antennes, les parties de la bouehe et les pattes" d’un testacé plus ou moins clair. Cette dernière couleur peut envahir le corps entier; entre ces extrêmes on trouve tous les Das sages. Une seconde espèce (2 ) européenne, qui n’est peut-être qu'une variété de la précédente, dont elle ne se distingue sit que par un sillon sur le disque du prothorax, est noire, avec les antennes, la bouche et les tarses brunâtres. Les trois autres existent dans l'Amérique boréale (3).
Ces insectes sont assez grands, ponctués en dessus, avec des sillons assez marqués sur les élytres. Leur forme, presque aussi déprimée que celle des Cucusus, les a fait placer dans ce genre par les anciens auleurs.
(1) Ten. depressus, Linn. Syst. nat. IE, p. 675 (Ten. lignarius De Gévr, planus Herbst; Var. Cucuj. cœruleus, festivus, castaneus Kab., etc.).
(2) P. kolwensis, C. R. Sahlb. [ns. Fennic, [, p. 445; les entomologistes semblent avoir perdu de vue cette espèce; elle n’est pas mentionnée dans les catalogues les plus récents des Coléoptères d'Europe.
(3) P. niger, americanus, Kirby, Faun. Bor.-Amer. p.164; le premier est figuré pl, 7, £. 2. — deplanatus, Mannerh. Bull. Mose. 1853, Il, p. 258 (americanus ? Kirby).
Le P, pallidus de Say (Journ, of the Acad, of Philad, LE, p. 271) est un Téuébrionide du genre (inédit) Apgcina de Dejean, selon M, J, L. Le Conte, Proceed, of the Acad, of Philad, VII, p. 219.
526 PYTHIDES.
CRYMODES.