STATIRA
Larn. Fam. nat. p. 381 (2).
Menton en carré fortement transversal, arrondi aux angles, et parfois un peu sur son bord antérieur. — Languette saillante, échancrée en avant. — Dernier article des palpes labiaux petit, subovalaire, celui des maxillaires cultriforme, allongé. — Mandibules plus ou moins longues, droites, arquées et aiguës au bout. — Labre saillant, un peu rétréci à sa base, arrondi sur les côtés et aux angles antérieurs, tronqué ou sinué en avant. — Tète munie d’un col étroit en arrière, transversale, terminée par un museau quadrangulaire ; épistome séparé du front par un profond sillon transversal. — Yeux variables, tantôt très-gros et très-saillants, subcontigus en dessous, rapprochés en dessus, tantôt plus petits, transversaux, sinués ou échancrés. — An- {ennes de la longueur au moins du tiers du corps, cylindriques, à articles 1 plus ou moins long, 2 court, 3-10 subégaux, 11 allongé. — Prothorax plus long que large, souvent très-long, cylindrique, tronqué en avant et à sa base, celle-ci munie d’un bourrelet précédé d’un sillon circulaire. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres plus ou moins longues, tantôt subparallèles, tantôt en ovale allongé, parfois épineuses à la suture. — Pattes assez longues; hanches antérieures assez courtes, séparées par une étroite saillie prosternale; cuisses graduellement épaissies; jambes linéaires, sans éperons : 4° article des tarses postérieurs très-allongé. — Saillie intercoxale assez large, ogivale, parfois triangulaire. — Corps allongé, glabre ou hérissé de quelques poils rares.
(1) Esp. du Cap : Chrys. unifasciata, De Géer, Mém. VII, p. 664, 70, pl. 49, f. 18, 19 (Hel. porrecta Fab.).— Het. elongata, Fab, loc. cit. (Cryproc. longus Gmel.). — Hel. quadrilineata, Bilb. in Schœnb. Syn. ns. IL, p. 278, note. — Esp. de l'Algérie : Æ, suturalis, Lucas, Explor. d. l’Algér.; Entom. p. 363, pl. 32, f. 1.— Esp. de l'Australie : E. australica, Bohem. Voy. d. l'Eugénie; Ins, p. 102.
® (2) Lepelletier de Saint-Fargeau et A. Serville (Encyel. méth. Ins. X, p. 479) ont, les premiers, publié les caractères du genre. — Syn. ARTHROMACRA, Kirby, Faun. Bor.-Amer. p. 238.
512 LAGRLIDES,
Genre exclusivement américain et très-riche en espèces, panmi lesquelles il en est qui rappellent complètément par leurs formes, leurs couleurs et la sculpture de leurs téguments, les Acra de la famille des Carabiques. Elles sont, du reste, trop variables sous les deux premiers de ces points de vue, pour en rien dire de général. Leur sculpture est plus constante, les élytres de presque toutes étant assez fortement striées, ponctuées dans les stries, avec les intervalles entre ces dernières, souvent costiformes. On n’a encore décrit qu'une faible partie de ceux deces insectes qui existent dans les collections (1). Îls sont répandus depuis le Canada jusques à Buenos-Ayres.
Note.
Le genre suivant, bien qu’appartenant sans aucun doute à cette tribu, est trop imparfaitement caractérisé pour qu’on puisse lui assignerson rang parmi ceux qui précèdent.
ISOTOMA.
(Der.) Brancu. Hist. nat. d. Ins. LU, p. 39.
Antennes guère plus longues que la tête et le prothorax réunis, à articles un peu élargis, surtout vers l'extrémité. — Palpes à dernier article sécuriforme.
Dejean (2) a fondé ce genre sur un insecte du Cap (I. rufescens) encore inédit. M. Blanchard en a décrit et figuré une autre espèce (3) de Corrientes, dans l'Amérique du Sud, qui ressemble complètement à une Statira, moins les antennes, lesquelles sont conformes à la courte description qui précède. Il reste à savoir si elle est réellement congénère avec l’espèce de Dejean.
(1) Esp. de l’Amér. du Sud : S. agroides, viridipennis, Lepellet. de sur Farg, et Serv. loc. cit. p. 480; Brésil. — caraboides, Guérin-Ménev. 1600; Ins. p. 428, pl. 33, f. 2; même pays. — unicolor, Blanch. in d’Orb, Voy.; Entom. p.199, pl. 15, £. 1 ; Bolivia. — cœJata, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 122; Pérou. — castanea, Bohem. Voy. d. l’Eugénie; Ins. p. 102; ile Puna (Pérou). — Espe de l’Amér, du Nord : S. œnea, Say in Long’s Exped. Il, p. 287 (4rthromacra donacioides Kirby). — resplendens, gagatina, Melsheim. Proceed. of the Acad. of Philad, IX, p. 311.
Les Anthicus ruficollis, fulvicollis, abdominalis et fuscipennis de Fabricius (Syst. EL. I, p. 289), appartiennent probablement au genre, — M. De Castelnau (Hist. nat, d. Col. IE, p. 257) y a compris trois insectes de Madagascar (Servillei, flava, ovalis) qui me sont inconnus, mais qui, très-probablement, ne doivent pas en faire partie. El a proposé en même temps de former, avec le der= nier, un genre à part, sus le nom d'Euparia. — Il existe également, dans l'Amérique du Sud, des espèces inédites, voisines des Srarima, mais qui s’en distinguent par leur tête peu rétrécie en arrière et leur prothorax transversal et non cylindrique. On verra s’il y a lieu de les séparer génériquement.
(2) Cat. éd. 8, p. 236.
(3) L. emarginaticollis, Blanch. in d’Orb. Voy.; Entom. p. 499, pl. 15,1 1:
LAGRIIDES VRAIES. 573 M. Bohemann place près des EurnapeLa le genre suivant,
EUOMMA.
Boum. Voy. d. L. Frégat. Eugénie ; Ins. p. 101.
Dernier article des palpes maxillaires grand, sécuriforme, — Tête oblongue, droite sur les côtés, fortement prolongée en avant des yeux, Gtranglée à sa base. — Yeux grands, oblongs, échancrés en avant, rapprochés en dessus et en dessous. — Antennes un peu plus courtes que la moitié du corps, assez grôles, filiformes, à articles 1 obconique, 2 court, 3-4 allongés, égaux, 5-41 oblongs, célui-ci déprimé au bout. — Prothorax à peine plus large que long, tronqué en avant, légèrement rétréci à sa base, élargi et arrondi sur les côtés en avant ; ses angles antérieurs arrondis, les postérieurs droits. — Ecusson triangulane.— Elytres légèrement saïllantes et arrondies à leur base, un peu plus larges et trois fois plus longues que le prothorax, parallèles dans plus de là moitié dé la longueur, puis rétrécies et arrondies en arrière. — Pattes médiocres, grèles; cuisses médiocrement en massue ; jambes
droites ; tarses étroits, le 4° article des postérieurs allongé; leurs cro-
chets divariqués, épaissis à leur base. — Corps oblong, peu convexe.
M. Bohemann ne parle pas de la forme du pénultième article des trses. S'il est simple, comme porte à le croire la formule qui précède, le genre est moins voisin qu’il ne le dit, des EurRaPELA, et se rapprocherait des TrAGHeLosreNus, dont il s’éloignerait d’un autre côté par la forme de la dt. a été fondé sur une espèce (1) de l'Australie assez petite, d’un fauve testacé, avec la suture et une bande marginale des élytres, élargie en arrière, noires.
Enfin, un dernier genre qui suit, établi par M. Hope, sur une petite espèce trouvée dans de la résine, animé, semble également devoir être classé ici. Telle est l'opinion d’Erichsôn (2), que je partage avec doute.
MEGALOCERA.
Horg in Guénin-Ménev. Mag. d. Zoo!.; Ins. 1842, pl. 88.
Tête arrondie en avant. — Yeux très-saillants. — Antennes dentées en scie, à articles 4 gros, 2 court, 3-10 triangulaires et s’allongeant peu à pou, 11 plus grand, aigu au bout. — Prothorax un peu plus large que la tête; ses côtés convexes dans leur milieu. — Elytres quatre fois plus longues que le prothorax, parallèles, striées-ponctuées, arrondies à leur extrémité, avec les épaules rectangulaires. — Pattes simples.
Cet insecte (rubricollis) était tout noir, avec le prothorax d’un rougeferrugineux vif.
(1) £. lateralis, Bohem. loc. cit. pl. 2, f. 1, avec des détails. 2) Archiv, 1844, IL, p. 203.
FAMILLE LIIT.
PÉDILIDES. :
Menton non porté par un pédoncule du sous-menton. — Languette saillante. — Deux lobes aux mâächoires, inermes et ciliés. — Mandibules ne dépassant pas le labre. — Tête saillante, penchée, brusquement rétrécie en un col, visible ou non d’en haut. — Yeux variables. — Antennes de onze articles, filiformes, insérées à découvert, immédiatement au-devant des yeux. — Prothorax plus étroit que les élytres chez la plupart; son pronotum presque toujours confondu avec ses flancs. — Elytres sans repli épipleural ou n’en ayant qu’un vestige à sa base. — Hanches antérieures et postérieures contiguës; celles-ci parfois seulement subcontiguës; celles-là coniques ou cylindriques, saillantes, leurs cavités cotyloïdes pee LAS en atrière ; les intermédiaires munies de trochantins, parfois subobsolètes; les quatre tarses antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles; le pénultième de tous subbilobé (MirræLAaprus excepté); leurs orochets simples. — Abdomen composé de cinq, rarement de six arceaux, tous distincts.
Je réunis dans cette famille un certain nombre de genres, dont la place, dans la méthode, est restée jusqu'ici incertaine (1), mais qui. me paraissent être évidemment intermédiaires entre les Lagriides qui
(1) Latroille (Règne anim. éd. 2, V, p. 58), qui n’en a connu que deux (Scnapria, Srenopus), les avait placés parmi les Anthicides. — Quatre d’entre eux (Eunycenius, Srergopazpus, STeROPEs, MacrATRIA) ont été récemment con= servés dans la mème famille, par M. De La Ferté-Sénecterre (Mon. d. Anthic. p. 1 sq.), mais en formant une section à part, sous le nom de Pseudo-Anthicites, et cette opinion a été adoptée par quelques-uns des auteurs les plus récents, pour ceux qui sont européens (Srenores, XyLopmiuus); voyez, entre autres, L. Redtenbacher, Faun. austr. ed. 2, p. 635. — M. J. L. Le Conte (Proceed. of the Acad. of Philad. VII, p. 270) a compris les Srengorazpus, EURYcenius, Macraria, Penizus et XyLormiLus, dans sa famille des Pyrochroites. — Pour ce qui concerne les Scrapria et les Troromwa, je renvoie à ce qui en est dit plus loin.
PÉDILIDES. 515
précèdent et les Anthicides qui suivent. Deux caractères négligés jusqu'ici les distinguent nettement de ces deux familles. Ils diffèrent de la première par leurs cavités cotyloïdes, largement ouvertes en arrière ; de la seconde, par la contiguité complète, ou peu s’en faut, de leurs hanches postérieures (1). Ils ne peuvent par conséquent être réunis ni à l’une ni à l’autre, et quant aux autres familles des Hétéromères, il ne peut être question de les faire entrer dans aucune d’entre elles.
La tête de ces insectes se présente dans deux conditions différentes. Chez les uns (Pédilides vrais), son col est dégagé du prothorax, trèsapparent, et son vertex est, par suite, plus ou moins distant de ce dernier ; il en résulte en même temps une plus grande liberté dans tous ses mouvements. Cliez les autres (Scraptiides), elle est verticale et peu mobile, son vertex étant contigu au prothorax et son col complètement engagé dans celui-ci. Le museau qui la termine varie assez; chez les MirræLaBrus du Chili, il s'agrandit et se rétrécit au point de ressembler à celui des Srenosroma, de fa famille des OEdérmérides. Les organes buccaux, et en particulier les mandibules, s'allongent naturellement en même temps que lui. La bouche, du reste, ne présente rien de particulier, si ce n’est chez les Macrarria, dont les palpes maxillaires sont dentés en scie, comme ceux de plusieurs Mélandryides. :
Les antennes n’offrent de remarquable que la grandeur de leurs trois derniers articles, chez-les MacrariA et les Sreropes. Les yeux sont plus souEnt obliques, relativement à l'axe de la tête, que transversaux. Quoiqu'ils soient fréquemment assez développés, il ne se rapprochent jamais beaucoup en dessus. Le pronotum du prothorax n’est distinct des flancs de ce dernier que chez les Scrapria et les Troromma, qui sont en même temps les seuls genres chez lesquels sa base égale en largeur, ou peut s’en faut, celle des élytres. L'absence chez celles-ci, d'un repli épipleural, dont il n’existe que rarement des vestiges, est un caractère que la famille possède en commun avec presque toutes celles qui suivent.
Los pattes sont généralement longues et déliées. Le pénultième article des tarses n’est entier que chez les MirrÆLABRUS, et seulement aux postérieurs. Le nombre des segments abdominaux ne, s'élève à six que chez les Penizus mâles. Les épisternums métathoraciques sont graduellement atténués en arrière, et accompagnés de petites épi-
(1) Chez tous les Anthicides que j'ai examinés, même les plus petits, j'ai tonstamment trouvé ces hanches séparées par la saillie intercoxale de l’abdomen, Elle est ordinairement triangulaire ou ogivale; mais il y a un genre (Fonmicomus) où elle devient aussi large que celle d’une foule de Ténébrionides. Si l’on fait abstraction de ce caractère, les Pédilides, malgré leur facies souvent très-différent, se confondent, par des transitions insensibles, avec les Anthicides.
376 PÉDILIDES,
mères. J'ajouterai énfin, que ces insectes sont toujours révêtus d’une fine pubescence, que leur livrée, constamment uniforme, sauf chez quelques PébiLus, ne présente rien de remarquable, et que les plus grands d’entre eux ne sont au plus qué de moyenne taille.
Les Péditides vivent sur les fleurs ou se trouvent sur les feuilles, plus rarement (ProromMA) parmi les herbes ou à terre. Tous paraissent déployer beaucoup de vivacité dans leurs mouvements. On na pas de renseignements précis sur leur régime, qui est probablement de nâture végétale, et les prerniers états d’aucuns d’entre eux n6 sont connus. Celles de leurs espèces décrites jusqu'ici appartiennent à l’Europe, à Asie, aux Indes orientales et aux deux Amériques.
I. Vertex de la tête distant du prothorax. PÉDILIDES vrais. 11É — . contigu au — SCRAPTHIDES.
TRIBU I
PÉDILIDES VRAIS.
Tête dégagée du prothorax, mobile; son col très-visible en dessus. — Prothorax toujours plus étroit que les élytres, sans aucuné trave de séparation entre son pronotum et ses flancs. ee
A part les Penizus et les STEROPES qui ont des représentants en Asie, les six genres qui composent cette tribu sont propres à l’Amtrique. e I. Col de la tête épais.
a Yeux étroits, transversaux, largement échancrés : Pedilus. aa — larges, entiers ou faiblement — Dernier art. des palpes mäx. sécuriforme : Zurygenius. — — cultriforme : Sfereopalpus.