‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 94 sur 123 · II. Col. de la tête très-étroit; yeux entiers · texte numérisé non relu

II. Col. de la tête très-étroit; yeux entiers

b Les trois derniers art, des antennes allongés; le 4e des tarses posté rieurs subbilobé,

Palpes max. en scie: Macratria.

— simples : Sferopes.

db Les trois derniers art. des antennes de longueur normale; le 4 des tarses postér. entier ; tête terminée par un très-long museau : Mitrœlabrus.

Genre incertæ sedis: Nematoplus.

ee : VRAIS. 577

ILUS.

Fiscx, », WaLon. Entom. d. 1. Russ. I, r. 35 (1).

Menton torterent transversal, tronqué ou un peu arrondi en avant. — Languette légèrement échancrée. — Dernier article des palpes maxillaires ovoïde, déprimé, aigu au bout, un peu dilaté au côté interne. — Mandibules entières à leur extrémité. — Labre plus ou moins saillant, arrondi (fuscus) ou tronqué en avant. — Tète courte; son col assez épaisz 6 istome transversal, tronqué, séparé du front par un sillon transversal bien marqué. — Yeux médiocres, transversaux, assez saillants, lunulés. — Antennes de la longueur du tiers ou de la moitié du corps, peu robustes, filiformes, à articles un peu obconiques ou légèrement triangulaires : 3 de longueur variable, 4-10 subégaux, : 11 à peine plus grand que 10.— Prothorax transversal, assez (fuscus) où peu convexe, rétréci en arrière, arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson en triangle eurviligne allongé. — Elytres allongées, parallèles, parfois (par ex. punctulatus) isolément rétrécies à leur extrémité. — Pattes médiocres; hanches postérieures légèrement séparées; cuisses plus ou moins robustes; jambes sans éperons; tarses finement villeux en dessous; le 4€ article des postérieurs allongé. — Segments abdominaux variables (2).— Corps allongé, parallèle, finement pubescent.

Fischer de Waldheïm a fondé ce genre sur un assez petit insecte (3) découvert primitivement dans l’Altaï et retrouvé depuis dans diverses localités de la Sibérie. Mais ce n’est, en quelque sorte, qu’un membre égaré d’une suite assez nombreuse d’espèces qui sont répandues dans la plus grande partie de l'Amérique du Nord (4). Ces insectes sont de cou-

(1) Syn. Conruyra, Say, Boston Journ. of nat. Hist. I, p. 189, — Anrmicus Say. — PynocHnoa? Hentz, Randall. :

(2) Chez deux exemplaires du P. fuscus, que j'ai sous les yeux et qui sont peut-être des femelles, je trouve les cinq segments abdominaux ordinaires, dont le dernier excessivement court et peu distinct, Chez trois autres de l’Amérique du Nord, appartenant à deux espèces (lugubris, punctulatus), et qui sont certainement des mâles, ces segments sont au nombre de six, dont les deux derniers notablement plus grands que les autres, sans compter un pénis trèslong et cylindrique. Je ne connais que les deux espèces américaines en question, et dois me borner à appeler l'attention des entomologistes sur ce point,

(3) P. fuscus, Fisch. d. Waïldh. loc. cit. pl. 5, £. 23.

(4) Leur synonymie est très-compliquée, et M. J. L. Le Conte, qui a donné un Synopsis de ces insectes (Proceed. of the Acad, of Philad. VII, p. 272) , l'E tablit de la manière suivante : P, punctulatus Say. — collaris Say (rufithoraz Newm., marginicollis Ziegl., infumatus Lec., olim, Anthicus terminalis? Say). — lugubris Say (infumatus Hentz, imus Newm., inornatus Rand., nigricans

Coléoptéres. Tome V. 37

ë ee.

leurs variées, très-sujettes à se modifler dans la mème espèce, et leurs élytres sont criblées de petits points très-serrés ou finement chagrinés. Autant que j'en puis juger par le petit nombre d’entre eux qui me sont connus, les mâles ont les tarses antérieurs AU. M dilatés et six segments abdominaux. . *

518 PÉDILIDES.

EURYGENIUS.

DE La Ferré, Mon. d, Anthic. p. 1 (1).

Menton subtransversal, rétréci et légèrement échancré en avant, arrondi sur les côtés à sa base. — Languette bilobée. — Dernier article des palpes labiaux épais et triangulaire, celui des maxillaires Sécuriforme, équilatéral ou assez allongé. — Mandibules entières au bout. — Labre transversal, sinué et cilié en avant. — Tète subhoragntale, munie d’un col épais, terminée par un large museau quad —Yeuxtrès-gros, saillants, obliques, atténués inférieurement;entie — Antennes médiocres, grèles, à articles 3 à peine plus long que les autres, 4-11 décroissant et grossissant peu à peu, 11 ovalaire, un peu plus grand que 40.— Prothorax un peu plus long que large, légèrement atténué en arrière, tronqué en avant, avec ses angles arrondis, légèrement arrondi et marginé à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres allongées, parallèles. — Pattes médiocres ; cuisses assez robustes, renflées au bout; jambes un peu comprimées; leurs éperons courts ; 1°" article de tous les tarses allongé, surtout aux,postérieurs, le dernier de tous subbilobé. = Gorps allongé, partout pubescent.

Le type du genre est d’origine brésilienne et de petite taille; il y en a dans l'Amérique du Nord quelques autres espèces sensiblement plus grandes et de forme un peu plus robuste (3). Ces insectes sont noirs ou brunâtres, chagrinés en dessus et revêtus d’une pubescence plus où moins abondante, en partie lanugineuse, en partie redressée.

Ziegl.). — labiatus Say (marginicollis Ziegl.). — pulcher Lec. — impressus Say.— quttula Newm. (Anthicus terminalis ? Say).—Newmanni Lec. (lugubris Newm.).—elegans Hentz (hæmorrhoidalis, ruficollis Ziegl.).—fulvipes Newm.

(1) Syo. Icuruyprow, Dej. Cat. 6d. 3, p. 223; Haldem.

(2) Ces organes sont tels dans l’espèce décrite par M, De La Ferté et chez le murinus. Jignore comment ils sont faits chez le constrictus ; ils sont distioctement échancrés dans une espèce inédite de l'Amérique du Nord, que M Chevrolat m'a communiquée sous le nom d'Euryg. Wilati; mais peut-être pourra-t-elle former un genre distinct.

(3) Esp. du Brésil : £. Reichei, De La Fert. loc. cit ; avec une figure accompagnée de nombreux détails. — Esp. de l’Amér. du Nord :Icht. murinum, Dej,, Haldem. Proceed. of the Acad. of Philad. I, p. 304.— Z. Wildii, à. L. Le Conte, ibid, VII, p. 270. — E, constrictus, 3. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New- York, V, p. 151; Californie,

PÉDILIDES VRAIS. . 579

lis se distinguent de tous ceux qui suivent, par la forme de leur tête et leurs p plus robustes. J'ignore s'ils présentent des différences

uebes.

FT ; STEREOPALPUS.

DE La Ferté, Mon. d, Anthic. p.4.

Menton évasé et faiblement échancré en avant. — Dernier article des palpes maxillaires cultriforme, allongé et un peu arqué. — Labre fortement transversal, coupé carrément et arrondi aux angles. — Tôte penchée, munie d’un col assez étroit, courte; épistome peu saillant, transversalement quadrangulaire, — Antennes notablement plus longues que le prothorax, grêles, filiformes, à articles obconiques : 2 un peu plus court seulement que les suivants, 3-10 subégaux, 11 fusiforme, plus long que 10. — Pattes longues; cuisses médiocrement robustes, grossissant peu à peu. — Corps allongé, parallèle, subeylindrique. — Le surplus comme chez les EURYGENIUS.

Ce genre, qui ne parait être confondu qu'avec les EURvGENIUS, est facile à en distinguer par les caractères qui précèdent, Il comprend en ce moment trois espèces (1) des Etats-Unis.

MACRATRIA.

Newm. The entom. Mag. V, p. 377 (2).

Menton en carré transversal. — Languette échancrée. — Palpes maxillaires en scie, à articles 2 large, triangulaire, 3 en triangle aigu transversal, 4 cultriforme, allongé, parfois subfusiforme. — Mandibules courtes, bifides au bout, — Labre transversal, arrondi en avant. — Tête courte, munie d’un col très-6troit, nodiforme, à vertex arrondi ou tronqué en arrière, terminée par un court museau.— Yeux grands, subréniformes ou ovalaires, médiocrement convexes. — Antennes au plus de la longueur du prothorax, très-grèles, à articles 4 gros, subcylindrique, 2-8 vbconiques, subégaux où non, 9-11 notablement plus longs et plus épais que les précédents. — Prothorax plus ou moins, en général très-allongé, oblongo-ovale ou rétréci à sa base; celle-ci arrondie et margmée. — Ecusson quadrangulaire ou trapéziforme. —

(1) S. Mellyi, De La Fert. loc. cit.; avec une figure et des détails. — badiipennis, guttatus, 3. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VIE, p. 271.

(2) Syn. Macrarrumius, De La Ferté, Mon. d. Anthic. p. 11; je ne vois aueune raison pour changer le nom imposé au genre par M. Newman, bien que M. De La Ferté s'appuie sur l’autorité d’Erichson (Archiv, 1840, LE, p. 307), qui, saus entrer dans aucun détail à cet égard, l’a converti en celui de MacrARTERIA. — Dincæa Fab. — Srenorss Doj.

580 PÉDILIDES.

Elytres allongées, parallèles ou un peu atténuées en arrière. — Pattes assez longues; cuisses plus ou moins atténuées à leur base et renfléos au bout; jambes un peu comprimées; tarses true Ma déprimés ; le 1° article des postérieurs très-allongé, le pénultième tous subbilobé. — Corps allongé, svelte, finement pubescent.

Voisin des Sreropes qui suivent, par la forme des antènnes et l'étroitesse du col de la tête, ce genre s’en distingue éminemment, comme de tous ceux du groupe, par les palpes maxillaires qui rappellent ceux des Mélandryides. Les trois derniers articles des antennes varient beaucoup sous le rapport de la longueur et peut-être selon les sexes. Il y à des espèces (par ex. Ainearis) où ilségalent presque en grandeur la tige, tandis que chez d’autres (par ex. énsularis) ils n’ont que le tiers de la longueur de cette dernière. Le dernier segment abdominal, entier et un peu acuminé chez les femelles, est tronqué ou échanoré en demi-cercle chez les mâles. Pour le surplus, ces petits insectes ont la sculpture et la fine pubescence couchée des précédents.

Il y en a en Amérique et aux Indes orientales; on en a déjà décrit dix espèces (1).

STEROPES.

Sveven, Mém. d. l. Soc. d. Nat, d. Moscou, 1, p. 166 (2).

Menton subtransversal, arrondi sur les côtés à sa base, rétréci et étroitement échancré en avant. — Languette courte, largement échancrée en arc. — Dernier article des palpes maxillaires cultriforme, allongé, dilaté au côté interne, le précédent en cône renversé, — Mandibules courtes, aiguës au bout. — Labre transversal, arrondi en avant. — Tête courte, munie d’un col très-6troit, à vertex subarrondi en arrière, terminée par un court museau. — Yeux gros, assez saillants et obliques. — Antennes plus longues que le prothorax, à articles 4 assez gros, en cône, 2-3 obconiques, inégaux, 4-8 (d) trèscourts, transversaux, submoniliformes, ou (?)obconiques et plus

(1) Esp. américaines : Dire. murina, Fab. Syst. El. II, p. 91; Etats-Unis; type du genre. — M. linearis, Newm. loc. cif.; avec une figure dans le texto; même pays. Erichson (loc. cit.) l’a regardé comme identique avec le précé= dent, mais très-probablement à tort, comme le pense M. De La Ferté. — Goudotii, Funkii, sericeus, de Colombie ; insularis, de Cuba; De La Ferté, loc. cit. p. 13. — confusa, 3. L. Le Conte, Proceed, of the Acad. of Philad. VII, p.272. — Esp. des Indes or. : M. Helferi, concolor, nigella, De La Ferté, ibid. p. 18; espèces recueillies par Helfer, et très-probablément originaires de la péninsule transgangétique, M. De La Ferté a figuré la murina et la Goudotii.

(2) Syn. Brasranus, Hlig. Mag. VI, p. 334; nom postérieur d'un an à celui de Steven,

PÉDILIDES VRAIS. 581

longs que larges, 8-11 excessivement allongés.— Prothorax oblongoovale, graduellement rétréci à sa base ; celle-ci en arc de cercle; ses. côtés antérieurs arrondis.—Ecusson allongé, arrondi en arrière. — Elytres longues, parallèles. — Pattes assez longues; cuisses robustes, graduellement renflées; jambes linéaires; tarses antérieurs un peu déprimés, le 1° article des postérieurs très-long. — Corps linéaire, pubescent.

La soule espèce connue (1) est originaire des bords de la mer Caspienne, et assez rare dans les collections. Elle est rougeâtre, sauf la tête qui est noire, et recouverte d’une fine pubescence fauve. Les antennes du mâle sont beaucoup plus longues que celles de la femelle, et leur tige ne forme guère que le tiers de la longueur des trois derniers articles, tandis que chez la seconde ces derniers ne sont pas beaucoup plus grands qu'elle. Le premier de ces sexes a le dernier segment abdominal largement échancré; chez le second il ne pré, sente rien de particulier.

MITRÆLABRUS.

SOLIER in Gay, Hist. d. Chile; Zoo!. V, p.259.

Menton subtransversal, arrondi sur les côtés à sa base, rétréci et largement échancré en avant. — Languette saillante, bilobée : ses lobes largement arrondis. — Palpes allongés, le dernier article des labiaux légèrement sécuriforme, celui des maxillaires cultriforme, grèle, sinué au côté interne, le 3° aussi large que lui, triangulaire.— Mandibules longues, grêles, droites, puis arquées et entières au bout. —Labre allongé, arrondi en avant. — Tête munie d’un col étroit en arrière, déprimée sur le front; épistome très-allongé, graduellement rétréci et tronqué en avant. — Yeux assez grands, peu convexes, longitudinaux et un peu obliques. — Antennes grêles, plus courtes que le prothorax, à articles 2 court, 3-6 subégaux, 7-11 décroissant et grossissant peu à peu. — Prothorax allongé, faiblement rétréci à sa base, tronqué en avant, avec ses angles très-arrondis, en arc de cercle à sa base. — Ecusson en carré long. — Elytres allongées, subparallèles, légèrement convexes.—Pattes très-longues; cuisses claviformes, atténnées à leur base; jambes et tarses très-grêles; les éperons des premières courts; le 1°" article des seconds allongé, surtout aux postérieurs, le pénultième visiblement échancré aux antérieurs, moins aux intermédiaires, entier aux postérieurs. — Corps svelte, finement pubescent.

(1) S.caspius, Stev. loc. cit. pl. 10, f. 9, 10 (Blast. colon Illig., Germ. Faun. Ins. Europ. XIV, 5). M. De La Ferté (Mon. d. Anthic.) a figuré également les deux sexes, avec beaucoup de détails.

582 PÉDILIDES.

Solier a fondé ce genre sur deux petites espèces (1) du Chili, qui ressemblent, pour la forme générale, aux Sreropes et aux Macrarria. Leurs caractères génériques résident principalement dans l’allongement du museau qui termine la tête, et auquel participent le labre et les mandibules. Ces insectes sont d’un bronzé obscur, avec les jambes et les tarses rougeâtres; une fine pübescence grisâtre et un peu lanugineuse les revêt en entier, et leurs téguments sont légèrement chagrinés en dessus.

Dans le seul (obscurus) que je connaisse, le mâle à son dernier segment abdominal légèrement échancré en are, tandis que celui de Ja femelle est tronqué et envahi par une grande dépression de forme subogivale, Un pénis long et grêle se voit également dans le premier de ces sexes; mais peut-être son apparition est-elle accidentelle.

Solier a placé le genre dans son groupe des Leptodéroïdes qui cor-

espond à la famille des OEdémérides, mais il appartient incontestalement à celle-ci.

Note.

M. J. L. Le Conte dit de l’espèce sur laquelle il a fondé le genre suivant, qu’elle ressemble aux EuryGenius. Il est probable dès-lors qu'il appartient à la tribu actuellegoù la structure des crochets de ses tarses lui assigne un rang à part.

NEMATOPLUS.

J. L. Le Coxre, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 275.

Languette échancrée. — Dernier article des palpes maxillaires ovalaire, tronqué au bout, plus long que le précédent ; celui des labiaux de même forme. — Mandibules bicuspides à leur extrémité. — Tôte brusquement rétrécie très en arrière des yeux; son col épais. — Antennes presque filiformes, à articles 2 petit, 3 égal aux 5° et suivants, 4 un peu plus long. — Prothorax de la largeur de la tête, convexe, transversal, arrondi et subanguleux sur les côtés. — Elytres plus larges que le prothorax, parallèles, convexes, avec leurs épaules un peu saillantes, arrondies à leur extrémité. — Pattes grêles; tarses allongés, filiformes; leurs crochets dilatés à leur base, mais non dentés, munis en dessous d’un appendice grêle recourbé à son extrémité, et entre eux d’un petit onychium.

Lo genre ne comprend qu’une espèce (colaris) de taille moyenne, provenant des bords du lac Michigan. Le mâle, le seul sexe connu, à six segments abdominaux, dont le pénultième est largement échancré, et le dernier lisse et tronqué au bout.

(1) M. obscurus, sericeus, Sol. loc. cit. p. 261 ; lo premier est figuré avec des détails, Col. pl. 21, f. 5.

SCRAPTIIDES. 383

TRIBU II

SCRAPTIIDES.

Tête veflias engagée dans le prothorax jusqu’au vertex exclusivement; son col invisible en dessus. — Prothorax le plus souvent aussi large que les élytres à sa base, avec ses bords latéraux tranchants.

Des trois genres composant cette tribu, l'un (XyLoPmILus), ayant le prothorax à l’état normal, ne donne lieu à aucune difficulté (1). Les deux autres (Scraptia, Troromma) , Chez qui cette partie &u corps est tranchante sur les côtés et aussi large à sa base que les élytres, sont plus ambigus, et ont été placés par les auteurs les plus récents, dans les Mélandryides ou les Mordellides (2). Mais la tête de ces insectes les exclut absolument de la première de ces familles, et on ne retrouve chez eux aucun des traits essentiels de l’organisation si particulière des espèces de la seconde. Une fois qu'on les a exclus de ces deux familles, il ne reste plus que celle-ci dans laquelle ils puissent rentrer. Ces trois genres ont des représentants en Europe.

I. Prothorax plus étroit que les élytres; son pronotum et ses flancs confondus ensemble : Xylophilus.

IL. Prothorax aussi large que les élytres, tranchant sur les côtés. Elytres minces, allüngées et un pou arquées en dessus : Scraplia. — solides, convexes et ovalaires : Trolomma.

Genre incertæ 'sedis : Tanarthrus.

(1) On à vu plus haut (p.574, note) que le dernier auteur qui en ait parlé, M. L. Redtenbacher, le place parmi les Anthicides. M. De La Ferté (Mon. d. Anthic. p. X) l'a exclus de cette famille. L'opinion de Latreille, qui, après l'avoir mis dans le même groupe (Fam. nat. p. 383),a fini (Règne anim. éd. 2, V, p. 73) par le classer dans les Cureulionides, à côté des Brucnus, ne peut être rappelée que pour mémoire; il le croyait, à tort, tétramère.

(2) La plupart des auteurs anciens et récents classent les SenapTiA parmi les Mélandryides. Voyez notamment Erichson (in Agess. Nomencel. zool. Col. p. 147) ot L. Redtenbacher (Faun. austr. éd. 2, p. 633). Le genre Troroma, dont la découverte est récente, a été introduit par son auteur, M. Rosenhauer, dans la même famille. — M. L. Redtenbacher (Faun, austr. éd. 1) est le premier qui ait eu l'idée de mettre les ScRapria parmi les Mordeliides, et son opinion a été adoptée récemment par M. Mulsant (Col. d. France ; Longipèd. p. 138), qui leur a en même temps associé les Troromwa.

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584 PÉDILIDES.

XYLOPHILUS.

(Bonezur) Larr, Fam. nat. p. 383 (1).

Dernier article des palpes labiaux sécuriforme, c (E des maxillaires très-grand, cultriforme, large et aigu au bout. — dibules bifides, parfois (populneus) finement denticulées en dedans. — Lahre transversal, plus où moins arrondi en avant. — Tête transversale, régulièrement convexe, à vertex arqué en arrière, terminée par un trèscourt museau.— Yeux de grandeur variable, plus ou moins échancrés. — Antennes au moins aussi longues que la moitié du corps, filiformes ou grossissant un peu, parfois légèrement en scie, à articles 2-3 variables; les suivants subégaux, le dernior ovalairo. — Prothôtax transversal ou suhéquilatéral, à peine ou non rétréci à sa base, presque droit sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités, plus étroit que les élytres; son pronotum et ses flancs confondus ensemble.—Ecusson très-petit, transversal. — Elytres médiocrement allongées, parallèles ou subovales, tantôt coupées carrément, tantôt un peu échancrées à leur base. — Pattes médiocres; cuisses assez robustes, comprimées; jambes et tarses grêles ; le 1° article des postérieurs de ceux-ci trèsallongé, le pénultième de tous suhbilché, — Corps finement pubescent.

Très-petits insectes, rattachant la tribu actuelle à la précédente, par suite de la forme de leur prothorax. On a proposé de les répartir dans plusieurs genres, basés principalement sur les modifications des yeux et des antennes; mais il en faudrait presque autant que d'espèces, ces organes variant beaucoup. |

Celui que M. Westwood a nommé Anerus a pour type une espèce (2) congénère et peut-être identique avec le Nolozus populneus de Fabricius (3), sur lequel Latreille a fondé le genre XyLopmizus. Cet insecte à des yeux assez gros, mais fortement séparés en dessus, des antennes assez robustes, fliformes, un peu plus longues que la moitié du corps, etremarquables par la brièveté de leurs 2° et 3° articles.

(1) Syn. Anenus, Evcrenes, Westw. Zool. Journ, V, p. 58, 59. — Puyro- BÆNUS, R. F. Sahlb, Nov. Col. Fennic. Spec. (Diss. in 18, 12 p.; Helsingforsiæ, 1834), p. 9. — Axrnicus Fab., Payk., Gyllenh., Schœnh. — Noroxus Fab., Panz. — Lyrra Marsh.

(2) Lyt. boleti, Marsh. Entom. Brit, p. 486; Westw. loc, cit. pl. 41, Suppl. f. 4. Schœnherr (Syn. Ins. II, p. 58) rapporte cet insecte à Antaicus floralis, mais à tort. Depuis cet auteur et M. Westwood, personne n'a parlé de cette espèce. J’ignore sur quoi se fonde ce dernier pour dire que ses caractères génériques différent essentiellement de ceux du populneus. La formule qu’il donne du genre Apenus, s'applique parfaitement à cet insecte.

(3) Entom. Syst. Suppl. p. 67 ; Panz. Faun, Ins. Germ. XXXV, 4. MM. Spy et Schuckard (Brit. Col. delin. pl. 55, £. 4) l'ont aussi figuré comme type du genre ADERUS.

16 L # te AE NRA IR, AP Les.

SCRAPTIIDES. 585

Le genre Payrosænus de M. R. F. Sahlberg semble n’en différer

’en ce que les articles 2-6 de ces organes sont presque égaux ontre eux et un peu plus iongs que les suivants (1). d

Dans ces d genres, les deux sexes ne diffèrent que peu entre eux. Il n’en cap de même dans celui que M. Westwood a nommé EUGLENES, et ne comprend que l’Anthicus oculatus de Paykull (2). Le mâle a les yeux contigus en dessus, et des antennes presque aussi. longues que le corps, très-légèrement en scie, avec le 3° article aussi long que les suivants. Chez la femelle, les yeux sont beaucoup plus petits, séparés en dessus, les antennes de Ja longuour de la moïtié du corps, grèles, peu à pou épaissies au bout. Cet insecte est plus allongé et plus svelte que les précédents.

Ces petits insectes n’ont qu’une livrée insignifiante,. dont le fauve testacé forme le fond. On les trouve ordinairement dans les bois, sur les arbres ou sous les écorces, mais tous sont peu communs. On en a déjà signalé en Europe, à Madère, dans l'Amérique du Nord et dans l'Australie (3).

SCRAPTIA.

Larr, Gen. Crust, et Ins. IL, p. 199 (4).

Menton en carré transversal. — Languette ndie en avant. — Dernier article des palpes labiaux en fer de hache transversal, celui des maxillaires cultriforme, subéquilatéral. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre saïllant, transversal, tronqué en avant, avec ses angles arrondis. — Tête courte, régulièrement convexe, à vertex arrondi en arrière, terminée par un court museau transversal. — Yeux assez petits, transversaux, lunulés, peu convexes. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, filiformes, à articles obconiques : { peu robuste, 2 un peu plus court que les autres, 3-11 subégaux. — Prothorax fortement transversal, aussi large que les élytres, un peu rétréci, arrondi et tranchant sur les côtés, rectiligne en arrière, tronqué

(1) P. amabilis, R. F. Sahlb, loc. cit, (Xyl. bisbimaculatus, Hampe, Stettin. entom, Zeit, 1850, p. 356).

(2) Faun. Suec. 1, p.256; Westw. loc. cit. pl. 41 Suppl. f. 5, 60" © ; Spry et Schuck. loc. cit. pl. 55, £. 3 o' (Q Not. melanocephalus, Panz, Faun. Ins. Germ. XXX V, 5).

(3) Aux esp. européennes ci-dessus mentionnées, aj.: X. nigrinus, Germ. Faun. Ins. Europ. XXI, 7. — Euglen. fennicus, Mannerh, Bull. Mosc. 1843, p. 97. — Esp. de Madère : X. pallescens, Wollast. Ins. Maderens. p. 538, pl. 13, f. 3. — Esp. de l’Amér. du Nord : X, fasciatus, Melsheim. Proceed. of the Acad, of Philad. LL, p. 55. — X. Melsheimeri, notatus, piceus, hasalis, J. L. Le Conte, ibid. VI, p. 276. — Æugl. signatus, Haldem. Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, L, p. 97. — Esp. de l’Australie : X, fasciatus, Voy. d. l'Eugénie ; Ins. p. 107.

(4) Syn. Carasia, Haldem. Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, I, p. 9. — DircÆa Gyllenh,, Schœnh. — Meranorya Latr., olim. — MeLvris Oliv.

586 PÉDILIDES.

à ses deux extrémités, avec un lobe médian à sa base, très-court, — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres allongées, peu convexes, atténuées dans leur tiers postérieur. — Pattes médiocres; cuisses assez robustes, comprimées; jambes et tarses grêles ; le LPS de ces derniers allongé, surtout aux postérieurs; le pénultième subbilobé,— Corps allongé, un peu arqué en dessus, fortement pubescent.

Ce genre se compose de quelques petits insectes propres à l’Europe et à Amérique du Nord (1), à téguments flexibles, brunâtres ou testacés, revètus d’une très-fine pubescence couchée et dont les élytres sont finement chagrinées. On les trouve en fauchant, sur les herbes, et quelquefois dans le détritus des vieux arbres.

Le genre Carasia de M. Haldeman a été établi sur une espèce des Etats-Unis, placée par M. Melsheimer'dans les OrcHEsIA (2), mais qui, selon M. J. L. Le Conte (3), appartient au genre actuel.

TROTOMMA.

KiesenwerT. Ann. d. 1, Soc. entom. 1851, p. 623.

Dernier article des palpes maxillaires en triangle transversal, un peu oblique. — Mandibules bifides (?):au bout. — Labre transversal, légèrement arronds"en avant. — Tête courte, régulièrement convexe, à vertex arqué en arrière, terminée par un très-court museau.—Yeux médiocres, étroits, transversaux, réniformes. — Antennes plus longues que le prothorax, filiformes, à articles { gros, subturbiné, 2 court, obconique, 3-4 plus longs, obconiques, subégaux, 4-11 transversaux, assez serrés, 11 ovalaire, — Prothorax fortement transversal, presque aussi large que les élytres, convexe, légèrement arrondi et tranchant sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson en triangle curviligne transversal. — Elytres ovalaires, convexes, coupées carrément à leur base et fortement contiguës au prothorax. — Pattes assez courtes; cuisses médiocrement robustes, comprimées ; jambos et tarses grèles; le 4 article des postérieurs très-allongé. — Corps régulièrement oblongo-ovale, convexe, pubescent.

(1) Esp. européennes : $. fusca, Latr. loc. cit. p. 200 (Dirc. fuseule Gyllenh., Mel. dubius Olix.).— bifoveolatus, Küster, Die Kæf. Europ. XXVII, 90 ; Raguse. — ophthalmica, minuta (S. fuscula? P. W. J. Müller), Muls. Col. d. France; Longip. p. 141. — Esp. de l’Amér, du Nord: $. pallipes, Melsheim. Proceed. of the Acad. of Philad. I, p. 56. — lutea (pallipes Melsheim.), bi-impressa, americana, rugosa, flavicollis, pusilla, Haldem. Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, 1, p. 100. Suivant M. J. L. Le Conte (Proceed. ibid, VII, p. 220), les deux avant-dernières doivent former un genre nouveau appartenant probablement aux Ténébrionides.

(2) 0. sericea, Melsheim. loc. cit. IE, p. 51. (3) Loc. cit. VII, p. 219.

SCRAPTIIDES. 587

Le très-petit insecte (1), typede ce genre, a été découvert par M. de Kiesenwetter, aux environs de Perpignan et de Montpellier; depuis on l'a rencontré également près d'Hyères. Il est en entier d’un jaune ferrugineux assez brillant, chagriné sur les élytres et revêtu d’une pubescence médiocrement ahondante. On le prend, comme les SCRAPTIA, sur les herbes, ou courant à terre avec beaucoup d’agilité.

Note.

Après avoir placé le genre suivant parmi les Anthicides (2), M. J. L. Le Conte a fini (4) par faire observer que ses yeux étaient profondément échancrés comme ceux des Xvropnrcus. Ce caractère l’excluant de la famille en question, il ne reste plus que celle-ci où Von puisse le placer, bien qu’il s’en éloigne par plusieurs caractères importants.

TANARTHRUS.

J. L, Le Cowre, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 156.

Palpes médiocres, leur dernier article triangulaire, étroit. — Tête grande, échancrée à sa base. — Yeux petits, latéraux. — Antennes insérées sur le front, filiformes; leur dernier article allongé, presque divisé en deux, les intermédiaires subturbinés. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, un peu plus courtes que l'abdomen et subtronquées au bout. — Jambes armées d’éperons allongés; tarses filiformes, leur pénultième article non bilobé. — Corps déprimé.

Dans l’origine, M. J. L. Le Conte n'avait compris dans le genre qu’un petit imsecte (salinus) trouvé par lui voltigeant à la façon des Bemmipium, au bord d’un lac salé des déserts du Rio-Colorado, Depuis (4), il y à ajouté une autre espèce découverte également par lui en Californie, et qu'il avait primitivement placée parmi les Anrmicus (5). Au total, je ne sais que penser de ce genre.

(1) T. pubescens, Kiesenw. loc. cit. p. 624, pl. 11, L, £. 9 a-f.

(2) Loc. cit. et Procced. of the Acad. of Philad. VI, p. 103. J'ai ajouté à la formule primitive du genre quelques détails mentionnés dans ce dernier ouvrage,

(3) Proceed. loc. cit. VIT, p. 227.

(4) Proceed. loc, cit. VI, p. 104

(5) 4. alulaceus, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 155.

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