‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 98 sur 123 · MORDELLIDES · texte numérisé non relu

MORDELLIDES

ment rétréci d'avant en arrière et arqué en dessus, avec le prothorax et la tête inclinés, de telle sorte que cette dernière est presque toujours invisible, ou à peu près, d'en haut. Sa contiguité avec les hanches «antérieures ne permet de voir des organes buccaux qué les palpes maxillaires qui sont assez longs, les mandibules et le labre, Les secondes sont munies à leur base d’une dent molaire et bidentées à leur extrémité. Les yeux, malgré leur grandeur, ne sont jamais rapprochés sur le front, et les antennes restent toujours médiocres. Pour la dernière fois parmi les Hétéromères, le pronotum du prothorax est séparé de ses flancs par des arêtes vives et tranchantes (1). L'écusson est constamment distinct. Les élytres sont dépourvues d’épipleures, sauf à leur base, et recouvrent simplement le dos de l'abdomen. Les pattes s’allongent d'avant en arrière; les hanches postérieures sont sujettes (Mordellides vraies) à s ‘agrandir au point d’égaler au moins le métasternum en longueur. Les éperons des quatre jambes antérieures sont constamrnent courts. Les tarses sont grêles, plus ou moins comprimés, et la proportion relative de leurs articles ne varie pas sensiblement; le 4% est toujours allongé, surtout aux postérieurs, les trois suivants subégaux, et leurs crochets médiocres. Le premiersegment abdominal varie sous le rapport de la longueur; le pygidium chez les Mordellides vraies est converti en un cône allongé, grèle, aigu au bout, dirigé en arrière et engaîné à sa base par le dernier arceau ventral. Le mésosternum est vertical et plus ou moins quadrangulaire. L'ouverture antérieure du prothorax est petite, et le prosternum qui la limite en arrière ne forme plus qu’un mince filet en avant des hanches antérieures.

Les téguments de ces insectes sont toujours solides et revêtus d’une fine pubescence couchée qui a généralement un aspect soyeux. Leur livrée n’est jamais ornée de couleurs métalliques, mais très-souvent uniforme, et quand elle présente un dessin, celui-ci se borne à des taches ou des bandes blanches ou jaunâtres qui peuvent exister à la fois sur les élytres, le prothorax et les côtés du corps.

À part quelques espèces qu’on ne rencontre guère que sur les troncs des arbres ou dans le détritus de leur intérieur, les Mordellides fréquentent habituellement les fleurs, en donnant, du moins pour ce qui concerne celles d'Europe, la préférence aux ombellifères. Pendant la chaleur du jour, leurs mouvements sont d’une vivacité extrême, mais brusques, sautillants et giratoires; aussi parfois est-il assez difficile de les saisir ou, quand. on s’en est emparé, d'éviter qu’ils ne glissent des mains. Il y a de ces insectes dans presque toutes les régions du globe.

Plusieurs larves de cette famille, appartenant aux genres Mor-

(1) Un seul genre de Rhipiphorides (Crempia) fait exception sous ce ser port, +

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pELLA (1).et ANASPis (2), ont été décrites dans ces dérniers temps. Les premières, qu’on peut prendre pour terhgde comparaison, présentent les caractères suivants :

Leur corps charnu, à l’exception de la tête qui est subévailleuse, et du dernier segment anal qui est corné, est allongé, un peu atténué à ses deux extrémités, convexe en desSns, plan en dessous et glabre. La tête est arrondie ou ovale et inclinée, avec l’épistome distinct du front. Les parties de la bouche se composent : d’une lèvre charnue, presque carrée et portant deux très-potits palpes bi-articulés; deux mâchoires munies d’un seul lobe, et dont les palpes courts sont formés de trois articles cylindriques; deux mandibules courtes, robustes, arquées et simples au bout; enfin d’un labre corné occupant le vide entre les mandibules, Le nombre des ocelles varie (3). Us sont placés immédiatement à côté des antennes, qui sont insérées au-dessus des mandibules et composées de quatre articles dont la grosseur diminue gra duelkement. Les segments prothoraciques ne sont pas sensiblement plus grands que ceux de l'abdomen; le premier est recouvert en dessus d’un grand écusson corné. Les pattes que portent ces segments sont extrèmement courtes, dirigées obliquement en arrière,tet leurs articles sont presque confondus ensemble. Le dernier segment abdomindl est plus grand que les autres, âpre ou rugueux et prolongé en une saillie conique sous laquelle se trouve l'ouverture anale, sans aucun vestige de pseudopode (4).

La larve de l’Anaspis maculata, la seule espèce connue, diffère principalement des précédentes par sa forme plus linéaire, ses antennes plus longues, dont le dernier article est grêle et terminé par une longue soie; ses segments thoraciques plus longs que ceux de

(1) M. fasciata, L. Dufour, Ann. d. Se. nat. Sér. 2, XIV, p.225, pl. 11, f. 1, avec des détails. — aculeata, Erichs. Archiv, 1842, I, p. 372; description reproduite par MM. Chapuis et Gandèze dans les Mém. d. 1. Soc. d. Sc: d. Liège, VIL, p. 527. — maculosa (sous le nom de guttata), Letzner, Arbeit. d. Schless. Gesellsch. 1856, p. 103. — Schelling (Beitr. z. Entom. p. 96) a donné (pl. 8, f. 8), sans la décrire, une mauvaise figure de la larve de la M. pumila Gyllenh. qu'il avait trouvée dans L'intérieur des tiges de l’Artemisia vulgaris.

(2) 4; maculata, Ed. Perris, Ann. d. 1. Soc, entom. 1847, p. 29, pl. 1, D, f 1-5.

(3) Erichson en assigne un .de chaque côté à la larve de la M. aculeata, M. Letzner trois à celle de la maculosa, tandis que, selon M. L. Dufour, ces organes manqueraient chez celle de la fasciaia.

(4 Suivant M, Vallot (Mém. d. l’Acad. d. Dijon, 1829; Séance publ. p. 97), la larve de la M. parvula Gyllenh. qu'il cite sous le uom de pusilla Dejean, aurait son dernier segment anal terminé par deux courtes épines. Or, cette espèce est une MonpeLLISTENA, et ce caractère, non-seulement confirmerait l'établissement de ce genre, mais indiquerait son analogie avec les Anasmnis dont les larves ont également le dernier segment abdominal biépineux,

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