I. Elytres sans déclivité postérieure
a Articles 3-6 des antennes épineux : Anaglyplus. aa — — inermes, sauf parfois 3.
Prothorax régulièrement convexe : Epodus.
— renflé de chaque côté du disque : Aglaophis.
IT. Elytres munies d’une Céclivité postérieure, Jambes nou carénées sur leur face externe : Cyrtophurus. — carénées — — : Mygalobas.
ANAGLYPTUS.
Muss. Col. d. France; Longic. 64. 1, p. 91.
Mâle : Tète munie d'un faible bourrelet intra-antennaire; front oblique, en carré subéquilatéral; joues allongées. — Antennes peu robustes, hérissées de longs poils, surtout en dessous, un peu moins longues que le corps, à articles 3 notablement plus long que 4, celui-ci plus court que 5, 5-11 décroissant peu à peu, 3-6 terminés par
6t Philad. XIE, p. 570; Texas. — Arhop. lutosus, J. L. Le Conte, ibid. XI, * p. 306, Kansas. \
ANAGLYPTIDES. 85
une épine aiguë. — Yeux médiocres, largement mais faiblement échancrés. — Prothorax gioboso-ovalaire, brièvement resserré à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres médiocrement allongées, peu convexes, subparallèles, sans déclivité postérieure, tronquées en arrière avec leur angle externe épineux, obtusément carénées sur les côtés, plus fortement aux épaules, munies chacune d'une élévation basilaire saillante.— Pattes médiocres, assez robustes ; Cuisses grêles à leur base, puis graduellement en massue, les postérieures un peu plus courtes que les élytres; tarses de la même paire à article 1'égal à 2-3 réunis. — Episternums métathoraciques étroits, parallèles. — Saillie mésosternale médiocrement large, horizontale, — Saillie prosternale étroite, fortement arquée en arrière. — Corps médiocrement allongé, pubescent.
Femelle : Antennes un peu plus courtes. — Cuisses postérieures n'atteignant pas le sommet des élytres.
M. Muisant ayant placé en tète de ce genre le Clytus gibbosus de Fabricius (1), c’est cette espèce qui en constitue le type. Elle diffère assez du €. mystieus qu'il lui a associée pour devoir en être séparée génériquement. Les différences portent moins sur l’armature des antennes que sur la forme des élytres qui ne présentent aucune trace de déclivité postérieure et sont carénées aux épaules. Cet insecte, propre à l'Europe méridionale, est de taille moyenne et noir avec trois bandes grises paraboliquement arquées au-dessous de la base des élytres; l'extrémité de ces dernières est de la même couleur.
EPODUS.
(I. Tuows.) Cuevror. Mém. d. 1, Soc. d. Se. à. Liège, XVII, p. 335.
Genre à peine distinct des Anacrverus; ses caractères différentiels se bornent aux suivants :
Front vertical. — Antennes plus grôles, dépassant un peu le sommet des élytres, inermes (2). — Epaules des élytres plus fortement carénées et plus saillantes en dehors.
Tout le reste, y compris le facies, est semblable; seulement le dessin des élytres consiste sur un fond noir en trois bandes communes blanchâtres et régulièrement espacécs entre la base de ces organes et leur extrémité. Cet insecte (humerosus Chevrol.) habite les Indes- Orientales.
(1) Syst. EI. IL, p. 353; L. et G. Mon. d. Clyt. p. 105.
(2) Chez l'unique exemplaire que j'ai sous les yeux et qui me parait être un mile, une très-petite épine existe au sommet du 3e article, Ces épines ne conslituent pas un caractère générique dans le groupe actuel.
86 LONGIGORNES.
AGLAOPHIS.
JT, Tuows. Archiv. entom. I, p.315.
Genre, à son tour, très-voisin des Epopus dont il ne s’éloigne que par les particularités qui suivent :
Antennes des ANAGLYPTUS, mais inermes.— Prothorax transversal, convexe, renflé de chaque côté du disque en un gros mamelon obtusément conique. — Elytres peu à peu atténuées en arrière et légèrement arquées en dessus ; leurs élévations basilaires moins prononcées.
Sans la forme différente du prothorax, il n'y aurait pas de raisons sufisantes pour séparer le genre du précédent. Celle des élytres donne à son unique espèce (fasciata) le facies de certaines Cozosoraea. Cet insecte, de la taille des g'ands exemplaires de l'Anaglyptus gibbosus, est d’un brun rougeûtre clair et revêtu d’une pubescence grise qui forme sur les élytres des bandes transversales et des taches compliquées. Il est également propre aux Indes-Orientales. M. J. Thomson a beaucoup hésité sur la place à assigner au genre (1); il appartient sans aucun doute au groupe actuel.
CYRTOPHORUS.
J. L. Le Conre, Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, I, p. 29 (2).
Genre absolument semblable aux deux qui précèdent, sauf pour la forme des élytres qui ont les épaules un peu saillantes, mais nullement carénées, non plus que leurs bords latéraux, et sont pourvues d’une déclivité postérieure subverticale avec leur extrémité légèrement tronquée ou arrondie. Daus les espèces de l'Amérique du Nord le prothorax est, en outre, plus ou moins comprimé et comme tranchant en dessus, caractère qui, étant isolé, ne me paraît pas avoir une valeur générique.
La plupart des espèces ont une livrée analogue à celle du Clytus mysticus d'Europe. On peut les diviser en deux sections selon que le 3e article des antennes est muni d’une épine (3) ou non (4). M. Che-
(1) Après l'avoir d’abord (loc. cit.) classé parmi les Saperdides, puis (Essai, ete. p. 355) dans les T'mésisternides, il a fini (Syst. Cerambyc. p. 155) par le mettre dans son groupe des Pythéites.
(2) Syn. Ouicosnorzus, Chevrol. Mém. d.1. Soc. d. Sc. d. Liège, XVIII, p. 335. — Axactyrtus Muis, — Ciyrus et CarLinium auctor.
(3) Callid. hieroglyphicum, Herbst, Arehiv, p. 99, pl. 24, f. 20 (Clyt. mysticus var, Schœnh.); du Nord et des régions alpines de l'Europe. — Callid. verrucosum, Oliv. Entom. IV, 70, p. 67; (Clyt. id. L. et G. Moc. p. 106; Var.? C: compressicollis L. et G. ibid.); Etats-Unis. — Olig. ventralis, Chevrol. loc. cit.; Indes or. (Nilgherries).
(4) Lept. mystica Linné (Clyt. mystic. L. et G. Mon. p. 69); de toute l’Eu-
ANAGLYPTIDES. 87
vrolat convient lui-même que l'espèce unique de son genre Oricor- Norzus ne diffère du Clytus mysticus que par la présence de cette épine qui manque même chez la femelle.
Il y a de ces insectes en Europe, en Asie et dans l'Amérique du Nord. ; MYGALOBAS.
CHEvROL. Ann, d. l. Soc. entom. 1862, p. 66.
Mâle : Tôte plane entre les antennes ; front un peu oblique, trans- . versal, plan ; joues médiocrement allongées. — Antennes assez robustes, hérissées de quelques longs poils fins, un peu plus courtes que le corps, à articles 1assez long, en cône renversé, 3-4 noueux au bout, celui-là le plus grand, celui-ci légèrement canaliculé en dessus ainsi que 5-6, ces derniers et 7-10 déprimés, anguleux à leur sommet et graduellement plus courts, 441 égal à 10, acuminé au bout. — Yeux assez petits, transversaux, largement et fortement échanerés. — Prothorax plus long que large, globuleux, très-fortement rétréci et comme pédonculé à sa base. — Ecusson en triangle allongé. — Elytres courtes, parallèles, planes en dessus, arrondies sur leur déclivité postérieure et à leur extrémité, du double plus larges en avant que la base du prothorax etchacune pourvue à la base d'une, élévation médiocre. — Pattes assez longues, robustes; cuisses brièvement pédonculées à leur base, puis renflées en une forte massue fusiforme; les postérieures dépassant fortement les élytres ; jambes comprimées, carénées sur leur face externe ; tarses postérieurs à article 4 égal à 2-3 réunis. — Abdomen à peine plus long que le métasternum.— Episternums métathoraciques étroits, parallèles. — Saillie mésosternale horizontale, très-étroite, en triangle aigu. — Saillie prosternale étroite, arquée en arrière. — Corps court, hérissé partout, y compris les pattes, de longs poils fins. — Femelle inconnue.
Par son facies etla forme de son prothorax, l'unique espèce (ferrugineus) de ce genre est plus voisine de celles placées en tête du groupe suivant que des précédentes, mais ses cavités cotyloïdes intermédiaires qui sont ouvertes en dehors ne permettent pas de l’introduire dans le groupe en question.
Sa livrée est d'un rouge fauve foncé ayant un aspect velouté, surtout sur les élytres. Ges dernières sont traversées après leur milieu par une bande d’un fauve pâle à laquelle aboutit sur chacune d'elles un grand are longitudinal et à concavité externe, d'un-brun rougeâtre. Cet insecte est du Brésil.
rope. — Clyt. caucasicus, Motsch, Bull. Mosc. 1839, p. 54(C, Bruckii, Kraatz, Berlin. entom. Zeitschr. VIII, p. 389, pl. 4, f, 1); Caucase, Asie-Min.—Clyf. gibbulus, J. L Le Conte in Agass. Lake Super. p. 234; Nord des Etats-Unis. — Cyrt. niger (gibbulus?), même pays; duplicatus, Pennsylvanie; J, L. Le Conte, Journ, of the Acad. of Philad. loc. cit,
GrouPe XXXII. Tillomorphides,
Caractères généraux des Clytides, avec les différences suivantes :
Antennes filiformes ou sétacées, rarement (ErrPepocera) terminées par une massue dentée; celles des mâles dépassant parfois assez fortement les élytres. — Yeux au plus médiocres, assez souvent entiers oupeu s’en faut. — Prothorax jamais cylindrique, toujours convexe et plus ou moins resserré à sa base. — Elytres médiocrement allongées, souvent munies à la base de chacune d'elles d’une élévation plus ou moins prononcée, et de linéoles ou de taches éburnées. — Cavités cotyloïdes des hanches antérieures fermées ou très-6étroitement ouvertes en arrière ; celles des intermédiaires closes en dehors ; tarses postérieurs peu allongés, à article 4 pas ou à peine plus grand que 2-3 réunis. — Episternums métathoraciques toujours étroits et linéaires. — Corps médiocrement allongé.
De mème que les Anaglyptides, ces insectes sont un démembrement des Clytides des auteurs. Ils en sont nettement séparés par la fermeture en dehors de leurs: cavités cotyloïdes intermédiaires. Mais d’un autre. côté, il est très-difficile de trouver une ligne de démarcation entre eux et ceux des groupes suivants qui présentent le même caractère. La forme générale, la livrée et le facies sont tout ce qu’on peut invoquer dans ce but.
Les MyGaLoBas qui terminent le groupe précédent peuvent donner une idée de la plupart de ces insectes (Euerces, TizLomorpa, ete.). Beaucoup d'entre eux rappellent par leur aspect et leur livrée les Clérides, principalement du genre CLerus ; il en est même (Mesorira, CLyTELLUS) qui ont perdu le facies des Longicornes. Presque tous sont fort petits. Les huit genres suivants qu'ils constituent sont propres à PAmérique, aux Indes-Orientales et à l'Australie.
I. Elytres parallèles, non ou peu convexes en arrière, a Antennes filiformes ou sétacées, leurs art. médians non sillounés.
b Elytres munies d’une déclivité postérieure et presque toujours d’élévations à leur base.
€ Yeux fortement échancrés.
Antennes épineuses, à art, 3 égal à 4-5 réunis: Zuderces. — inermes — un peu plus long que 4 : Homoœmola.
ce Yeux entiers : Tillomorpha.
bb Elytres sans déclivité postérieure ; leurs élévations basilaires obsolètes.
Antennes à art. 3 pluslong que 4: Ectosticta. — court — : Jpomoria.
TILLOMORPHIDES, 89
aa Antennes en massue dentée au bout; leurs art. médians sillonnés : Epipedocera ; II. Elytres élargius et fortement renflées en arrière. Leur base pas plus large que celle du prothorax : Mesolita. — débordant — — : Clytollus.
è EUDERCES.
J. L. Le Cowre, Jour. of the Acad. of Philad. Ser, 2, IL, p. 30 (1).
Tête plane entre les antennes; front vertical, plan, en carré subéquilatéral; joues courtes. — Antennes peu robustes, filiformes, de la longueur des 2/3 des élytres, à articles 3 aussi long que 4-8 réunis, À beaucoup plus court que 5, celui-ci et les suivants décroissant peu à peu ; 3 et parfois aussi 4 épineux au bout.—Yeux petits, profoudément échancrés; leur partie supérieure très-grêle (2). — Prothorax globoso-ovalaire, tronqué et rebordé à sa base, souvent couvert de fines stries longitudinales. — Ecusson en triangle rectiligne. — Elytres peu convexes, parallèles, arrondies sur leur déclivité postérieure et à leur extrémité, celle-ci parfois légèrement échancrée ; munies chacune à leur base d’une élévation oblongue. — Pattes grèles ; cuisses en massue fusiforme, subpédonculées à leur base; les postérieures pas plus longues que les élytres ; jambes carénées sur leur face externe; tarses postérieurs à article À à peine égal à 2-3 réunis. — Saillie mésosternale assez large, horizontale, triangulaire. — Saillie prosternale très-étroite, arquée en arrière.— Corps finement pubescent. — Sexes inconnus.
M. J.-L. Le Conte n’a connu de ce genre que le Clytus picipes de Fabricius (3), petit insecte commun dans la plus grande partie des Etats-Unis, et il a omis de parler des épines de ses antennes qui, en effet, sont très-petites et sujettes à disparaitre complétement (4). De-
(1) Syn. Arecocera, Chevrol. Ann. d. 1. Soc. entom. 186), p. 61; M. Chvrolat écrit ce nom tantôt ainsi, tantôt AriLocerA.—EpLornorus, Chevrol, The Journ. of Entom. I, p. 248; genre non caractérisé et répudié par l’auteur lorsqu'il a fondé le précédent, — CLvrus Chevrol. clim.
(2) M. J. L. Le Conte les décrit comme étant divisés avec leur portion supérieure petite et arrondie ; cette disposition m'’échappe complétement.
(3) Syst. EL. I, p. 353; Lap. et Gory, Mon. d. Clyt. p. 107. — Les Clyt. ge- Minatus ot gazellula de M. Haldeman (Trans. of the Amer, Phil. Soc. X, p. 42), dont les antennes sont indiquées comme élant inermes, sont probablement dans le mème cas que le picipes, et dès lors appartiendraient au genre actuel, sice ne sont pas des TiLLOMORPHA.
(4) Sur sept exemplaires que j'ai sous les yeux, trois seulement n’en offrent aucune trace, un n’en à que sur le 3 article, les autres en ont sur le 3e et le 4°; ces épines étant très-courtes échappent à un examen superficiel.
‘ Se MS “" dés rh ti dr nd de
puis, M. Chevrolat a fondé son genre ArPrrocera sur des espèces (4) du Mexique et du Brésil chez lesquelles ces épines sont plus développées et paraissent constantes d’après les exemplaires qu'on en a dans les collections. Les deux genres ne différant que par ce seul caractère, qui se trouve être illusoire, doivent par conséquent être réunis.
La livrée de ces insectes est assez variée et chacune de leurs élytres présente constamment dans son milieu une étroite liture transversale, calleuse et d'un blanc plus ou moins pur.
HOMÆMOTA.
Pascog, The Journ. of Entom. IL, p. 371.
Je ne trouve pour distinguer ce genre des Euperces que les caractères suivanis :
Antennes grèles, sétacées, inermes, dépassant assez fortement les élytres chez les mâles, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-6 subégaux, 7-11 plus courts, décroissant peu à peu.— Guisses postérieures plus longues que le corps dans le même sexe; jambes non carénées sur leur face externe.
Les deux espèces (2) de l'Australie que décrit M. Pascoe sont aussi petites que les Euperces et ont une livrée analogue à la leur ; mais leur prothorax est privé de stries longitudinales. Chez la seule (Duboulayi) que j'aie à ma disposition, il est muni de trois fines carènes longitudinales abrégées à leurs deux extrémités.
TILLOMORPHA.
Brancu. in Gay, Hist. d. Chile; Zool. V, p. 482 (3).
Mâles : Tète des Euperces, avec le front oblique. — Antennes gréles, grossissant légèrement à leur extrémité, de la longueur des élytres, à articles 4 plus long que 3, celui-ci un peu plus grand que 4, ce dernier et 5-6 subégaux, les suivants décroissant rapidement. — Yeux petits, oblongo-ovales, à peine échanerés. — Prothorax beaucoup plus long que large, en cône renversé, fortement resserré à sa base. — Ecusson très-petit, en triangle rectiligne. — Elytres courtes, déprimées, avec leur déclivité postérieure et leur extrémité arrondies,
(1) Clyt. spinicornis, Chevrol. Col. d. Mexiq. Ceut. LE, fase. 4 (C. elegans, L. et G. Mon. p. 108). — 4. Waltli, Chevrol. Ann. d, 1, Soc. entom. 1862, p. 62; Brésil. — À, Guerinii, Nouvelle-Grenade; Boucardi, Vera-Paz; Chevrol. ibid. p. 535. — A. poslica, Pascoe, Trans, of the entom. Soc. Ser. 3, V, p. 285; Colombie (Sainte-Marthe).
(2) H. basalis, Pascoe, loc. cit. p. 372. — Duboulayi, Pascoe, Journ. of the Lion. Soc.; Zool. IX, p. 103. Toutes deux de l'Australie occ.
(3) Syn. Cazuinertenus pars, L, Fairm. — Cyrus auct,
TILLOMORPHIDES. Mn
parallèles ou un peu élargies en arrière, beaucoup plus larges en avant que la base du prothorax et parfois sans élévations basilaires.— Pattes grèles; cuisses en massue, les postérieures à peine aussi longues que les élytres; jambes non carénées; tarses postérieurs à article 4 un peu plus long que 2-3 réunis. — Saillies mésosternale et prosternale très-étroites ; la 47e on triangle aigu, la 2 arquée en arrière. — Corps finement pubescent. — Femelles inconnues.
Ces insectes se distinguent sans peine des deux genres LOT ne fût-ce que par la déclivité de leur front et la forme de leurs yeux; cependant n'ayant vu que quelques-unes de leurs espèces, je ne puis garantir que ces deux caractères ne souffrent pas quelques exceptions. Ils sont propres à l'Amérique, fort petits, et variables sous le rapport de leur livrée qui, cependant, est en général noire avec un dessin peu prononcé (1).
ECTOSTICTA.
Pascoe, Journ. of the Linn. Soc.; Zoo. IX, p. 104 (2).
Mâles : Tète presque plane entre les antennes ; front court, déclive; joues courtes.— Antennes subfiliformes, peu robustes, un peu moins longues que le corps, à articles À assez long, en cône renversé, 3 plus grand que les suivants, 4 de grandeur relative variable, 3-7 subégaux, 8-11 décroissant rapidement. — Yeux médiocres, fortement échancrés. — Prothorax au moins aussi long que large, plus ou moins globuleux, brièvement et fortement resserré à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres peu convexes, parallèles, parfois (eburala) rétrécies à leur extrémité, sans déclivité verticale postérieure. — Cuisses fortement pédonculées à leur base, puis renflées en une grosse massue ovalaire; les postérieures plus courtes que les élytres;
(1) T. lineoligera, Blanch. loc, cit. p. 483, Col. pl. 29, f. 4; Chili; type du genre. — T', cleroides, À. White, Longic. of the Brit. Mus. p. 290; Colombie, — T. myrmicaria, L. Fairm. Ann. d. 1, Soc. entomol. 1859, p. 503; Callider. testaceicornis, p.505; Chili.—T. Æsopus, balleata, Chevrol. ibid. 1860, p. 502; Mexique. — T!. corticina, Chevrol. ibid. 1862, p. 60; Brésil.
Le Clyt. piniadeus de Fabricius (Syst. El. I, p. 353; L. et G. Mon. p. 353; Callid. pini Oliv.), insecte des Etats-Unis, appartient aussi au genre. M. A. White (loc. cit. p. 290) lui rapporte à tort, quoique avec doute, le genre Psenocenus de M. J. L. Le Conte (Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, IE, p. 158); ce dernier fait partie des Lamiides.— Le Cyrtophorus nivicinctus de M. Chevrolat (Ann. d, 1. Soc. entom. 1862, p. 532) placé par lui, dans l’origine (ibid. p.264) et avec doute, dans le genre actuel, n’est probablement pas un Cyrro- PHORUS, genre que j'ai réuni plus haut aux Anaczyerus; j'ignore ce qu'il peut être, II habite Cuba.
La Tillom.moæstula de l'Australie, que décrit M. À. White (ibid.), est douleuse génériquement parlant.
(2) Syn, Cauumium À. White, Pascoe (olim),
tarses de la même paire courts, à article 4 moins long que 2-3 réunis.— Saillie mésosternale horizontale, tantôt (cleroides) large et parallèle, tantôt plus étroite et rétrécie en arrière. — Saillie prosternale de largeur médiocre, arquée postérieurement. — Corps en général déprimé, presque glabre en dessous, hérissé en dessus et sur les pattes de quelques poils redressés,
Femelles : Pour autant que j'en peux juger elles ne diffèrent des mâles que par leurs antennes un peu plus courtes.
Les espèces typiques (cleroides, ruida) ressemblent beaucoup à des Callidiides parmi lesquelles une d'elles a été placée par M. A. White. Leur livrée se compose de noir et de jaune ferrugineux. La troisième (eburata) que contienne le genre a un facies fort différent dû à sa forme plus svelte et à sa livrée d’un brun noirâtre uniforme et mat. Toutes trois ont chacune de leurs élytres traversée par deux bandes calleuses d'un blanc jaunâtre. Ces insectes sont propres à l'Australie (1).
IPOMORIA.
Pascor, Journ. of the Linn. Soc.; Zool. IX, p. 104 (2).
Femelle ? : Tète enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax, presque plane entre les antennes; front assez grand, déclive ; joues courtes. — Antennes légèrement épaissies à leur extrémité, atteignant à peine le milieu des élytres, à articles 3 plus court que 4, 4-5 les plus longs de tous, subégaux, les suivants décroissant rapidement, 41 ovalaire, aigu au bout.— Prothorax globoso-ovalaire, fortement et assez longuement rétréci en arrière, couvert de fines rides longitudinales. — Elytres déprimées, parallèles, planes dans toute leur étendue, carénées latéralement aux épaules. — Tarses postérieurs grêles, à article 1 un peu plus grand que 2-3 réunis. -— Saillie mésosternale déclive, triangulaire, large à sa base. — Saillie prosternale très-étroite, arquée postérieurement. — Corps déprimé, hérissé partout de longs poils fins médiocrement abondants. — Le surplus comme chez les Ecrosricra typiques.
L'unique espèce (tillides) du genre est également australienne, d'un noir profond passant au brun marron sur la poitrine et l'abdomen,
(1) Callid. cleroides, A. White, Longic. of the Brit. Mus. p. 322; le C. simillimum, décrit à la suite, n’en est probablement qu'une variété. — E. ruida, Pascoe, loc. cit. — Callid. eburatum, Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 3,1, p. 563; cet insecte est trop différent des deux espèces précédentes et rompt l'homogénéité du genre; il a tout-à-fait le facies de la Plangone biseburata et me paraît devoir former un genre nouveau à côté d’elle,
(2) M. Pascve dit que ce genre parait être allié de très-près à celui que M. Newman a nommé Monorrra. Ce dernier m’est inconnu et je ne l'ai vu cité nulle part,
TILLOMORPHIDES. 93
avec deux litures blanches calleuses sur les élytres, toutes deux obliques, surtout l'antérieure ; en arrière de la postérieure les élytres, qui jusque là étaient mates et densément ponctuées, deviennent presque lisses, brillantes et prennent un reflet bronzé.
EPIPEDOCERA.
CHEyRoL. Mém. d. 1. Soc. d. Sc. d. Liège, XNIU, p. 339 (1).
Mâles : Tête courte, munie d’un mince bourrelet intra-antennaire assez saillant; front vertical, en carré transversal ; joues assez allongées. — Antennes assez robustes, épaissies à leur extrémité, de la longueur des 3/4 ou des 4/5° du corps, glabres, à articles 1 en cône renversé, 3-6 subégaux, noueux au bont, sillonnés en dessus, 7 plus court, anguleux à son sommet interne, ainsi que 8-10, ceux-ci décroissant rapidement, 11 ovalaire, appendiculé. — Yeux petits, brièvement ovalaires, entiers. — Prothorax transversalement globosoovalaire, brièvement tubuleux en avant, fortement resserré à sa hase avec le milieu de celle-ci largement échancré. — Ecussen petit, val riable. — Elytres médiocrement convexes, parallèles, munies d'une déclivité postérieure, isolément et étroitement tronquées au bout, avec les angles de la troncature subépineux ou épineux. — Pattes robustes; cuisses graduellement en massue, les postérieures à peine ou pas plus longues que les élytres ; jambes carénées sur leur face externe ; leurs tarses courts, à article À triangulaire, à peine égal à 2-3 réunis. — Saillie mésosternale large, parallèle et horizontale en arrière. — Saillie prosternale assez large, plane, arquée postérieurement.— Corps partiellement pubescent, en général glabre en dessus.
Femelles : Celles qui me sont connues ne diffèrent de leurs mâles que par leurs antennes et leurs cuisses postérieures plus courtes.
L'un des genres les mieux caractérisés du groupe actuel, Ses espèces (2) sont généralement plus grandes que les précédentes et leur livrée varie du noir uniforme au rouge ferrugineux ; presque toutes sont ornées sur les élytres d’une liture où de taches calleuses blanches. Elles sont propres aux Indes-Orientales.
MESOLITA.
Pascce, The Journ. of Entom. 1, p. 362.
Mûles : Tète courte, finement sillonnée et faiblement concave entre
(1) Syn. Ciyrus Hope, Newm., A. White, Pascoe.
(2) Clyt. lunatus, Newm. The Entomol. p. 247; îles Philippines. — Hardwickii, À. White, Longie. of the Brit. Mus. p. 288 (undulatus, Hope in Gray, Zool. Miscell. p. 28); Hindostän hor. — cruentatus, Pascoe, Trans. of the entom, Soc. Ser. 2, IV, p. 239; Malacca.— Ep, zona, Népaul; affinis, Niclgherrics; setulosa, Ceylan; Chevrol. loc. cit. p. 340 sq.
les antennes ; front vertical, en carré subéquilatéral; joues longues, — Antennes très-écartées à leur base, grèles, sétacées, plus longues que le corps, à articles 4 assez long, en massue ovalaire, échancré à sa base en dessous, 3 plus long que les suivants, ceux-ci décroissant peu à peu. — Yeux assez petits, fortement échancrés. — Prothorax allongé, oblongo-ovalaire, médiocrement rétréci en arrière. — Ecusson en triangle curviligne allongé. — Elytres contiguës au prothorax et pas plus larges que lui à leur base, peu à peu renflées et oviformes en arrière, isolément acuminées et épineuses à leur extrémité.— Pattes longues; cuisses fortement en massue, les postérieures un peu plus longues que les élytres; tarses de la même paire grèles, à artiele 4 à peine plus long que 2-3 réunis. — Saillies mésosternale et prosternale planes, presque sur le même niveau; la 4° triangulaire, la 2 assez large, tronquée et nullement arquée en arrière. — Corps médiocrement allongé, finement pubescent. — Femelles inconnues.
Le seul genre, à ma connaissance, de tous les Cérambycides où les élytres affectent la forme indiquée dans cette formule, ce qui le rend très-distinet. M. Pascoe en décrit deux espèces (1) de l'Australie orientale (Queensland), l’une (lineolata) assez grande pour le groupe actuel, l’autre (transversa) petite, et dont la livrée est très-différente. Je n'ai vu que la seconde.
CLYTELLUS.
Wesrw. Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IL, p. 240,
Mâle? : Tète très-courte en arrière, rétrécie entre les yeux par les cavités cotyloïdes des antennes; front vertical, en carré long; joues courtes. — Antennes rapprochées à leur base, peu robustes, filiformes, de la longueur des élytres, à articles 3-8 subégaux, 9-10 plus courts, 11 plus long que 10.— Yeux petits, oblongo-ovales, à peine échanerés. — Prothorax allongé, convexe, en cône renversé, profondément étranglé en arrière, avec un épais bourrelet basilaire. — Ecusson petit, vertical, en triangle allongé. — Elytres à peine plus longues que la tète et le prothorax réunis, embrassant fortement l'abdomen, très-convexes, avec leur partie antérieure déprimée et un peu plus large que la base du prothorax, carénées aux épaules et munies chacune d’un fort tubercule basilaire, conique et recourbé en arrière, — Pattes longues ; cuisses pédonculées à leur base, puis renflées en une massue ovalaire; les postérieures dépassant assez longuement les 6lytres; tarses de la même paire à article 1 pas plus long que 2-8 réunis. — Saillies mésosternale et prosternale très-étroites, lamelliformes; la dre déclive et aiguë en arrière, la 2° arquée postérieurement, — Corps faiblement pubescent, aptère (?).
(1) M. transversa, lineolata, Pasvoe, loc. cit. p.363; la première est figurée pl. 17, £.7.
SESTYRIDES. 95
Tels sont les caractères de l'espèce typique (1), petit insecte originaire de la Chine (Hong-Kong), d'un noir bronzé, avec la base des élytres rougeâtre, et ayant, comme le dit M. Westwood, plutôt le facies d'une MernocA (Hyménoptères) femelle que d'un Coléoptère. M. Pascoe en a décrit une seconde espèce de Borneo, plus grande, et qui s'en éloigne par des caractères qui me paraissent plus que spécifiques (2).
Groupe XXXIII. Sestyrides.
Palpes très-courts, surtout les labiaux ; leur dernier article faiblement triangulaire, — Mändibules très-courtes, arquées dès leur base, aiguës au bout. — Tête débordant le prothorax, courte, brusquement rétrécie en un col de grosseur variable. — Antennes grêles, au maximum de la longueur des élytres (3). — Yeux assez gros et assez saillants, profondément échancrés, lunulés, — Prothorax très-allongé. — Ecusson petit. — Elytres médiocrement longues, planes ou peu s’en faut, débordant le prothorax à leur base. — Hanches antérieures globuleuses, assez saillantes ; leurs cavités cotyloïdes fermées en arrière ; celles des intermédiaires eloses en dehors; cuisses postérieures ne dépassant pas les élytres; tarses de la même paire plus ou moins courts, grêles, à article 1 égal à 2-8 réunis. — Episternums métathoraciques très-6troits, linéaires. — Saillie mésosternale horizontale et parallèle en arrière, déclive en avant. — Saillie prosternale plus étroite. — Corps allongé et svelte.
Cet ensemble de caractères, parmi lesquels figure au premier rang la forme de la tête, ne s'observe que dans les deux genres suivants créés par M. Pascoe et me paraît suffisant pour les constituer en un groupe à part. Is sont propres à la Malaisie et ne comptent chacun qu'une espèce.
L. Prothorax conique; cuisses non pédonculées à leur base : Collyrodes. Il. — Cylindrique; — pédonculées — : Sestyra.
COLLYRODES, Pascor, Trans. of the entom. Soc. Ser, 2, V, p. 25.
Tête presque cubique, fortement rétrécie postérieurement en un col
(1) C. methocoides, Westw. loc. cit. pl. 12, f. 6, avec des détails.
(2) C. Westwoodi, Pascve, loc. cit. Ser. 2, IV, p. 97; cet insecte diffère du Methocoides par sa tête non perpendiculaire, mais parallèle au prothorax, et ses élytres sans tubercules à leur base et déprimées dans leur milieu de façon à former deux gibbosités, l'une antérieure, l’autre postérieure. C’est plus qu’il n’en faut dans la famille pour former un genre à part.
(3) Chez les exemplaires que jai sous les yeux et dont j'ignore le sexe; peutêtre sont-ce des femelles,
assez long, plane entre les antennes, sillonnée jusqu'au bas du front ; celui-ci grand, subvertical, — Antennes grôles, filiformes, à articles 1 relativement assez gros, en cône arqué, 8 un peu plus long que les suivants, ceux-ci décroissant un peu à partir du 9°. — Prothorax en cône très-allongé, renflé sur les côtés à sa base, largement resserré à une assez grande distance de son hord antérieur, muni d'un bourrelet déprimé à ses deux extrémités. — Ecusson en triangle curviligne aigu. — Elytres peu convexes, pas plus longues que la tête et le prothorax réuuis, parallèles, arrondies en arrière. — Pattes médiocres ;
- cuisses peu à peu en massue fusiforme, les postérieures un peu plus courtes que les élytres; tarses de la même paire médiocres. — Saillie prosternale très-étroite, arquée postérieurement. — Corps allongé, svelte, glabre, sauf sur l'abdomen. — Sexes inconnus.
L'espèce unique (1) du genre a la taille et le facies d’une CoLLvnis (Carabiques) de seconde grandeur. Elle est d’un violet pourpré, avec les élytres d'un vert noirâtre et les antennes ainsi que les pattes fauves. Sauf les élytres qui sont assez densément pointillées, les téguments sont partout lisses et.-brillants. Cet insecte est un des Cérambycides les plus singuliers qui soient connus.
SESTYRA.
PAscoE, Proceed. of the Zool. Soc. 1866, p. 513.
Tète rétrécie en un col gros et court, un peu concave et sillonnée entre les antennes; front vertical, en carré équilatéral; joues trèscourtes. — Antennes sétacées, de la longueur des élytres, à articles 1 peu robuste, brusquement terminé par une massue ovalaire, 3 beaucoup plus grand que les suivants, 4-5 plus courts, égaux, 6-11 décroissant assez rapidement. — Prothorax très-allongé, cylindrique, muni d'un profond sillon circulaire avant son bord antérieur et d’un autre moins marqué près de sa base. — Ecusson carré. — Elytres planes, parallèles, conjointement acuminées au bout. — Pattes assez longues, très-grèles; cuisses pédonculées, brusquement renflées en une massue ovalaire, les postérieures atteignant presque le sommet des élytres; tarses de la même paire courts. — Saillie prosternale étroite, fléchie postérieurement. — Corps allongé, svelte, pubescent en dessous, partellement en dessus. — Sexes inconnus.
M. Pascoe n'en décrit également qu'une espèce (2) presque de moitié plus petite que le Collyrodes Lacordaire, noire, avec les élytres d'un vert obscur et munies chacune d’une bande fauve basilaire qui finit en pointe au milieu de leur longueur; une assez épaisse
(1) C. Lacordairei, Pascoe, loc. cit. pl. 2, f. 4; Malacca. (2) S. cephalotes, Pascoe, loc. cit. pl. 41, f. 3; Poulo-Pinang.
CLÉOMÉNIDES. 97
pubescence blanche revêt le corps en dessous et forme sur le prothorax deux bandes transversales, l’une antérieure, l’autre postérieure.
GROUPE XXXIV. Cléoménides.
Palpes courts, surtout les labiaux; leur dernier article subfiliforme (Nira excepté). — Mandibules courtes, entières au bout. — Tête plane ou un peu concave entre les antennes; ses tubereules antennifères très-petits, entiers au bout (Zosrerius, Ocmimus exceptés); joues rarement assez allongées. — Antennes de forme variable, assez rarement un peu plus longues que le corps et chez les o' seulement, — Yeux plus où moins échancrés. — Prothorax cylindrique chez la plupart, inerme latéralement. — Ecusson petit. — Elytres planes, au moins sur le disque, débordant le prothorax en avant, parfois peu. — Hanches antérieures globuleuses (1), en général petites, peu saillantes; leurs cavités cotyloïdes ouvertes ou fermées en arrière (2); celles des intermédiaires closes en dehors; cuisses pédoneulées ou au moins très-amincies à leur base ; leur massue de forme variable. — Episternums métathoraciques, saillies mésosternale et prosternale variables. — Corps plus ou moins allongé, rarement (Dene) court.
Les genres qui constituent ce groupe sont voisins des Rhopalophorides qui suivent, au point que, dans l’origine, je les avais réunis à ces derniers. Pris dans leur ensemble, ils n’en diffèrent, en effet, que par la brièveté relative de leurs antennes, qui sont aussi variables que celles des Rhopalophorides sont constantes dans leur forme. Leur facies et leurs autres caractères présentent également des différences notables. Quelques-uns d’entre eux (surtout AProGastER, ARTIMPAZA et Mypasra), par exemple, ont un abdomen de Prothémides, c’est-à-dire très-convexe, ovalaire et remarquable par la grandeur de son 4® segment. J'en eusse fait un groupe à part, si ce caractère ne s'effaçait pas d'une manière si graduelle qu'on ne saurait lui assigner des limites.
L'étendue de l'habilat de ces insectes explique, du reste, leur peu d'hemogénéité apparente. Ils sont, en eftet, disséminés aux Indes orientales, dans l’Australie, en Afrique, en Amérique, et chacune de ces régions à imprimé à ceux d’entre eux qu'elle possède une physionomie propre. Les plus grands sont dé taille moyenne et leur livrée est très-variée. Ils forment les 14 genres suivants :
(1) Celles des Arrocaster sont globoso-coniques et un peu plus saillantes que de coutume,
(2) La règle générale est qu’elles soient fermées; elles sont plus ou moins ouvertes chez les APIOGASTER, SOPHRON, ZosTERIUS et LisTROPTERA.
Coléoptères. Tome IX. y
I. 1er segment abdominal aussi grand que les suivants réunis. Antennes courtes, peu à peu épaissies : Apiogaster. — aussi longues que le corps, sétacées, en scie : Arlimpaza.
IL. 1or segment abdominal plus court que les suivants réunis. a Antennes terminées par une longue massue fusiforine : Mydasta.
aa — peu à peu épaissies.
b Tarses postér. à art. À pas plus long que 2-3 réunis. Cuisses postér. grèles à leur base, peu à peu én massue : Dere.
— Jonguernent pédonculées, puis brusquement en massue : Cleomenes.
bb Tarses postér. à art. 1 beaucoup plus grand que 2-3 réunis : Epianthe.
aaa Antennes sétacées, rarement filiformes.
c Elytres non carénées latéralement. à d Cuisses postér. fortement pédonculées à leur base. e Antennes simples; massue des cuisses oblongo-ovalaire. f Abdomen ovalaire; son der segment égal à 2-3 réunis: Mimistena.
ff — cylindrique ou conique, à segment 1 de longueur normale, Dernier art, des palpes subfiliforme : Sophron. — — — triangulaire : Nida.
ee Antennes en scie; massue des cuisses brièvement ovalaire : Brachyarthron.
dd CGuisses postér. peu à peu en massue à partir de leur base. Prothorax inerme latéralement : Zosterius.
— tuberculé — : Ochimus.
ce Elytres carénées latéralement. F Cuisses postér. gradueliement en massue : Listroptera. — longuement pédonculées : Dinammaphora.
APIOGASTER.
B. Pennour, Mélang. entom. I, p. 73 (1).
Tête enfoncée presque jusqu'aux yeux dans le prothorax, un peu concave entre les antennes; front grand, déelive ; joues formant avec l'épistome un museau assez long. — Antennes un peu épaissies au bout, atteignant les 2/3 des élytres, à articles 1 peu robuste, en cône arqué, 3 égal à 4-5 réunis, ceux-ci un peu plus longs que 6-7, les suivants décroissant rapidement, — Yeux médiocres, subovalaires,
(1) Syn. Pogcna, J. Thoms. Essai, etc. p. 468; olim.
CLÉOMÉNIDES. 99
faiblement échancrés à leur partie postérieure.— Prothorax du double plus long que large, cylindrique. — Ecusson très-petit, triangulaire. — Elytres assez courtes, planes sur le disque, largement sinuées sur les côtés, puis élargies en arrière et isolément échancrées au bout; leurs épipleures saillantes à leur base. — Pattes courtes ; hanches antérieures subcontiguës et un peu saillantes; cuisses pédonculées à leur base, brusquement renflées en une courte et forte massue, les postérieures plus courtes que l'abdomen; tarses de la mème paire courts, à article 4 beaucoup moins long que 2-3 réunis. — Abdomen “ovalaire, très-convexe; son 1 segment égal aux suivants réunis. — Episternums métathoraciques larges, atténués en avant. — Saillie mésosternale assez large à sa base, triangulaire, déclive. — Corps revêtu de quelques cils redressés. — Sexes inconnus.
Genre très-distinct et ne comprenant qu'une assez petite espèce (1) du Gabon, noire avec les élytres d’un bleu clair et l'abdomen d’un fauve sanguin. Son museau et ses yeux lui donnent un peu le fucies d'un Rkinotragide.
ARTIMPAZA.
J. Tuous. Syst. Cerambyc. p. 160.
Mâle : Tête peu saillante, à peine concave entre les antennes; front plan, déclive, transversal; joues un peu allongées. — Antennes de la longueur du corps, assez grôles, peu à peu atténuées, à articles 4 assez grand, en cône arqué, 3-5 subeylindriques, celui-là le plus long, 6-10 légèrement dentés en scie, 14 aussi long que 10, — Yeux médiocres, latéraux, fortement échancrés, — Prothorax quatre fois aussi long que large, subeylindrique, un peu rétréci et muni d'un sillon transversal anguleux à sa base, assez fortement resserré à quelque distance de son bord antérieur. — Ecusson allongé, étroit. — Elytres planes, un peu déhiscentes en arrière, isolément rétrécies et terminées par une épine aiguë au bout. — Pattes médiocres; cuisses pédonculées, brusquement renflées en une forte massue ovalaire, les postérieures pas plus longues que l’abdomen; tarses de la même paire médiocres, à article À aussi long que 2-3 réunis. — Abdomen court, convexe, ovalaire ; son 4% segment égal aux suivants réunis. — Episternums métathoraciques assez larges, parallèles, atténués en arrière. — Saillie mésosternale horizontale, large, transversale. — Saillie prosternale étroite, plane. — Corps allongé, svelte, presque glabre.
Femelle : Elle ne diffère du mäle que par ses antennes atteignant à peine le milieu des élytres et plus fortement dentées en scie.
Ce genre ne comprend également qu'une espèce de la Malaisie à laquelle M. J, Thomson à imposé le nom d’odontoceroides qu'elle justifie assez par son facies qui rappelle un peu celui des OponNToCERA.
(1) A. rufiventris, B. Perroud , loc. cit. p. 79 (P. cylindricollis J. Thoms.).
Elle est de taille moyenne, et d’un noir brillant, avec la tête, le 4er article des antennes et le quart antérieur du prothorax d'un rouge ferrugineux ; ses élytres sont en grande partie d’un blanc semi-vitreux dans leur centre.
MYDASTA,
Pascor, Proceed. of the Zool. Soc. 1866, p. 512.
Mûle :, Tête assez saillante, munie d’un bourrelet intra-antennaire à peine concave; front déclive, plus long que large; joues assez allongées. — Antennes robustes, ne dépassant pas le milieu des élytres, à articles À gros, en cône renversé, 3 égal à 4-5 réunis, ceux-ci assez grands, égaux, les suivants formant une massue fusiforme, 11 conique, aigu au bout. — Yeux fortement échancrés, leur lobe inférieur grand. — Prothorax plus long que large, subeylindrique, fortement resserré avant son bord antérieur, plus faiblement à sa base. — Écusson en triangle curviligne allongé. — Elytres planes, peu à peu rétrécies et arrondies en arrière. — Pattes robustes; cuisses pédonculées à leur base, terminées par une forte massue fusiforme, les postérieures dépassant notablement les élytres; tarses de la même paire à article 1 égal à 2-3 réunis. — Abdomen convexe, ovalaire; son 4er segment égal à 2-3 réunis. — Episternums métathoraciques assez larges, parallèles. — Saillie mésosternale large, horizontale et transversale en arrière. — Saillie prosternale assez étroite, fléchie postérieurement. — Corps presque glabre en dessus, partiellement pubescent en dessous. — Femelle inconnue.
L'unique espèce (1) que décrit M. Pascoe est de taille moyenne, mais de beaucoup la plus massive du groupe actuel, et originaire de la Malaisie. Elle est en dessous d’un bleu-vivlet foncé, en dessus d’un noir mat, avec les élytres fauves depuis leur milieu jusqu'à peu de distance de leur extrémité ; la massue des cuisses et le sommet des jambes sont d'un rouge sanguin.
DERE.
A. Ware, Longic. of the Bril. Mus., p. 248.
Femelle : Tète munie entre les antennes d’un faible bourrelet assez concave; front oblique, en carré équilatéral. — Antennes dépassant un peu le milieu des élytres, finement pubescentes, à articles 1 assez allongé, cylindrique, 3 aussi long que 4-5 réunis, ceux-ci et 6-11 égaux, grossissant peu à peu, les trois derniers très-serrés, cylindracés, 11 obtus au bout. — Yeux médiocres, arrondis, faiblement échancrés. — Prothorax un peu plus long que large, cylindrique, resserré et muni d'un sillon anguleux près de ses deux extrémités, un peu
(1) M. discoidea, Pascoe, loc. cit. pl. 41, f. 4; Poulo-Pinang.
CLÉOMÉNIDES. 101
arrondi latéralement. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres planes, médiocrement allongées, parallèles, un peu rétrécies, étroitement échancrées et brièvement bi-6pineuses en arrière. — Pattes assez tourtes; cuisses postérieures graduellement en massue, grèles à leur base, un peu plus courtes que l’abdomen; 4° article des tarses de la même paire presque aussi long que 2-4 réunis. — Abdomen non rétréci en avant, son 5° segment en cône obtus au bout. — Episternums métathoraciques assez larges, un peu arqués au côté interne. — Saillie mésosternale large, parallèle, inclinée en arrière. — Saillie * prosternale assez étroite, plane, fléchie postérieurement. — Corps déprimé, faiblement pubescent en dessous, glabre en dessus.
M. A. White me paraît avoir décrit le mâle; d’après la figure qu'il en donne, il ne différerait de la femelle que par ses antennes atteignant les 2/3 de la longueur des élytres.
L'espèce (1) sur laquelle il a fondé lo genre est un petit insecte du nord de la Chine, d’un noir mat, avec les élytres d'un bleu de cobalt foncé et le prothorax d'un rouge fauve et noir à ses deux extrémités; ce dernier est presque lisse, tandis que les élytres sont finement et uniformément àpres. v <
M. Pascoe en a décrit, depuis, une seconde espèce (marginata) de la Malaisie (2).
Le genre s'éloigne des trois précédents par ses cuisses postérieures uon pédonculées.
CLEOMENES.
J. Tuows. Syst. Cerambyc. p. 161.
Femelle? : Tête peu saillante, assez concave entre les antennes; front oblique, en carré plus long que large. — Antennes médiocrementrobustes, un peu plus courtes que les élytres, à articles 4 médiocre, en cône un peu arqué, 3 plus long que 5, celui-ci et 6-11 décroissant graduellement et peu à peu épaissis à partir de 7. — Yeux assez saillants, médiocrement échancrés. — Prothorax assez allongé, cylindrique, à peine resserré en avant. — Ecusson trapéziforme. —Elytres planes, allongées, parallèles, isolément échancrées et bi-épineuses à leur extrémité. — Pattes médiocres, grêles; cuisses pédonculées à leur base, brusquement en massue au bout; les postérieures aussi longues que les élytres; jambes de la mème paire un peu arquées; leurs tarses assez courts, à article 4 égal à 2-3 réunis. — Abdomen cylindrique; son 5° segment aussi long que 4, largement arrondi au bout. — Episternums métathoraciques étroits, rapidement atténués et aigus en arrière, — Saillie mésosternale étroite, horizontale, rétrécie en arrière, — Saillie prosternale très-étroite, fléchie postérieurement.
(1) D. thoracica, À. White, loc. cit. p. 249, pl. 8,f.1. (2) Procced. of the Zool. Soc. 1866, p. 522.
— Corps très allongé, linéaire, glabre en dessus, revêtu en dessous d’une sorte d’enduit.
La livrée de l’unique espèce (dihammaphoroides Thoms.) du genre est noire, mate en dessus, voilée en dessous par un enduit d’un gris perlé analogue à celui dés Caranpra (fait unique chez les Cérambycides vrais), avec le prothorax d’un fauve sanguin, et, sur chaque élytre, une bande fauve, longitudinale, étroite, qui, partant de la base, n’atteint pas tout à fait l'extrémité ; ces organes sont criblés de points enfoncés alignés en rangées contiguës, sauf en arrière où ils deviennent confus. Cet insecte est originaire des Moluques (Mindanao).
EPIANTHE.
PascoE, Proceed. of the Zoo!. Soc. 1866, p. 511.
Mâle? : Tète méäiocrement saillante, plane entre les antennes; front grand, déclive ; joues très-courtes. — Antennes peu robustes, atteignant à peine le milieu des élytres, graduellement épaissies, à articles À médiocre, en cône arqué, 2 un peu allongé, 3 égal à 4-5, ceux-ci égaux, 6-7 plus courts, 8-11 très-courts, très-serrés, peu distinets. — Yeux médiocres, fortement échancrés. — Prothorax du double plus long que large, cylindrique, muni de deux faibles sillons circulaires en avant et en arrière; ces sillons anguleux. — Ecusson petit, cordiforme. — Elytres médiocrement allongées, planes, parallèles, arrondies en arrière, — Cuisses fortement pédonculées, brusquement en massue, les postérieures dépassant notablement les élytres; tarses de la même paire à article 4 sensiblement plus long que 2-3 réunis. — 1% segment abdominal plus court que 2-3 pris ensemble. — Episternums métathoraciques de largeur moyenne, aigus en arrière. — Saillie mésosternale large, horizontale et parallèle en arrière. — Saillie prosternale étroite, fléchie postérieurement. — Corps allongé, glabre en dessus, revêtu en dessous d’une pubescence soyeuse, à reflets argentés.
La seule espèce (1) connue est propre à la Malaisie, assez petite, d'un vert presque mat, passant au bleu sur le prothorax et au vert doré sur le disque; ses pattes antérieures sont d’un fauve sanguin, les autres noires, les tarses de toutes, jaunes.
Avec ce genre finissent ceux du groupe actuel dont les antennes sont épaissies à leur extrémité.
MIMISTENA.
Pascoz, Proceed. of the Zool. Soc. 1866, p. 513. Mâle : Tète des Eprantue. — Antennes grèles, sétacées, finement
(1) E. viridis, Pascoe, loc. cit, pl. 41, f, 5; Poulo-Pinang.
CLÉOMÉNIDES. 103
ciliées en dessous, un peu plus longues que le corps, à articles 1 en cône arqué, 4 beaucoup plus court que à et surtout que 3, b-11 décroissant légèrement. — Yeux fortement échancrés. — Prothorax trois fois au moins aussi long que large, cylindrique, déprimé dans son milieu, muni d'un profond sillon cireulaire à quelque distance de son bord antérieur et d’un autre anguleux, moins profond, à sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres assez longues, planes, subparallèles, isolémentatténuées et brièvement épineuses en arrière. — Pattes longues, grêles; cuisses pédonculées, brusquement renflées . en une massue ovalaire, les postérieures dépassant notablement les élytres ; tarses de la même paire assez longs, à article 1 du double plus grand que 2-3 réunis. — Abdomen convexe, oblengo-ovalaire ; son 4% segment égal à 2-3 réunis. — Episternums métathoraciques assez larges, subparallèles, aigus en arrière. — Saillies mésosternale et prosternale des EPrANTRE. — Corps allongé, svelte, presque glabre en dessus, partiellement pubescent en dessous. — Femelle inconnue.
Genre réunissant à la plupart des caractères des EPIANTHE, des antennes sétacées comme celles des genres suivants. Son unique espèce (1) est de taille médiocre, d'un vert métallique assez brillant, passant au noir sur la tête, les pattes et les antennes; ces dernières ont leurs articles 6-8 d’un testacé jaunâtre. La patrie de cet insecte est également la Malaisie.