I. Dernier art. des palpes subfiliforme
a Antennes inermes.
b — sans touffes de poils, Prothorax subeylindrique, resserréenavant et à sa base : Rhopalophora.
— cylindrique, très-long, sans rétrécissements : Cycnoderus.
bb Antennes munies de touffes de poils : Cosmisoma. aa — épineuses; prothorax très-long, cylindrique : Amphirhoe.
11, Dernier art des valpes triangulaire ou ovale. € Prothorax inerme partout, cylindrique, ou eylindrico-ovalaire. À Art. 3-6 des antennes sillonnés en dessus : Elaphopsis. — — sanssillons — : Pelossus.
ce Prothorax arrondi sur les côtés, tuberculé en dessus. Antennes inermes; épaules desélytressaillantes : Ozodes. — épineuses; — — obtuses : Ornithia.
Genre incertæ sedis : Argyrodines.
RHOPALOPHORA.
À. Senv. Ann. d. 1. Soc. entom. 1834, p. 100 (1).
Mâles : Dernier article des palpes subfiliforme. — Tête munie d'un bourrelet intra-antennaire concave; ses tubereules antennifères parfois brièvement épineux au bout; front grand, vertical ou un peu oblique, sillonné ; joues au plus médiocrés. — Antennes grêles, hérissées de poils fins en dessous, deux fois et demie au moins plus longues que le corps, à articles 4 médiocre, en cône renversé ou en massue, 3-11 graduellement plus longs, 3-5 sillonnés en dessus. — Prothorax au moins aussi long que large, inégal ou non en dessus, fortement res-
(1) Syn. Tinorus, J. L. Le Conte, Journ. of the Acad, of Philad. Ser. 2, Il, p. 19. — Cerambyx Klug, — Carrichnowa Germ. — SrenocHônus Say. — Cos* MisomA pers, Serv. — CaLLipium ? Fab. — Lisrroprena? Chevrol.
RHOPALOPHORIDES, ait
serré à ses deux extrémités. — Ecusson variable. — Elytres plus ou moins allongées, déprimées, très-planes en dessus, parallèles ou légèrement atténuées en arrière, avec leur extrémité de forme variable. — Pattes grandes; cuisses longuement pédonculées, puis brusquement renflées en une massue ovalaire; les postérieures dépassant les élytres ; jumbes de la même paire souvent flexueuses ; leurs tarses grèles et longs, à article À beaucoup plus grand que 2-3 réunis. — Dernier segment abdominal transversal, arrondi, rarement tronqué en arrière. — Saillie mésosternale plus où moins large, horizontale, échancrée en arrière. — Saillie prosternale également de largeur variable, arquéo postérieurement, — Corps déprimé, finement pubescent.
Femelles : Antennes un peu plus longues que le corps, leurs articles terminaux graduellement plus courts, 14 moins grand que 10.— Cuisses postérieures moins longues. — Dernier segment abdominal plus allongé, obconique.
Genre assez riche en espèces (1) et répandu depuis le Brésil méridional jusqu'aux Etats-Unis. Avec un facies très-homogène, elles sont très-variables sous le rapport de la livrée.
Le genre Tinopus de M. J. L. Le Conte, fondé sur une petite espèce des Etats-Unis, ne diffère en rien d’essentiel de celui-ci, ainsi que ce savant entomologiste l’a reconnu plus tard (2).
(1) M. Chevrolat (in J. Thoms. Arcan. natur, p. 57), dans une bonne Monographie qu’il a publiée du genre, en décrit 21 qu’il répartit dans deux sections.
À Prothorax allongé, rétréci en avant ; pédoncule des quatre cuisses posté rieures lisse en dessus; saillie mésosternale très-large : Ceramb. aæillaris, Klug, Nov. Act. Acad. nat. Cur. XII, p. 458, pl. 3, f. 9 (Cosmis. id. Serv. loc. cit, p. 20); Brésil, — R. tristis, Ste.-Catherine; vidua, Amazones. — Callichr. collaris, Germar, Ins. Spec. nov. p. 498 (R. bicolor, Guérin-Mérev. Rev. Zool. 1839, p. 330; Callid. bicolor? Fah.; R. sanguinicollis, Serv. loc. cit. p. 101); Brésil. — R. occipitalis, Brésil. — cupricollis, Guér.-Ménev. Icon. Ins.; texte, p. 335; Mexique. — discicollis, Brésil. — pulverulenta, Guér.-Ménev. loc. cit. Nouvelle-Grenade. — lineicollis, À. White, Longic. of the Brit. Mus. p. 205; Mexique. — venezuelensis, Venezuela; mintatocollis, Mexique. — Stenoc. longipes, Say, Journ. of the Acad. of Philad. IE, p. 426 (Tinop. td. Les; R. porosa, À. White, loc. cit. p. 206); États-Unis. — Zistroptera? tenuis, Chevrol. Rev. et Mag. d. Zool. 1855, p. 181; Mexique; — incrustata, Mexique. — Aj. R rugicollis, 3. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. X, p. 83; Texas.
B. Prothorax à peine ou pas plus long que large; pédoncule des quatre cuisses postérieures granuleux en dessus; saillie mésosternale relativement étroite : R.brasiliensis, Brésil; versicolor, Nouvelle-Grenade. — pustulosa, À. White, loc. cit. p. 906; Vonezuelf. — dimidiata, Nouvelle-Grenade; ama- 50na, Amazone; torquata, Chili; platensis, Montevideo.
d'ignore à laquelle de ces deux sections appartiennent les deux espèces suivantes, qui, à ce que dit M. Pascoe, ne sont pas bien conformes aux caractères du genre : R. intincta, mœæstula, Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 3, V, P. 291; Colombie (Sainte-Marthe). ,
(2) Proceed. of the Acad, of Philad. VIE, p. 218.
CYCNODERUS. À. SEnv. Ann. d. l. Soc. entom. 1834, p. 101.
Genre à peine distinct des Raoparopnoma; il n’en diffère que par les caractères qui suivent :
Articles 3-4 des antennes plus densément ciliés, surtout en dessous, non sillonnés en dessus. — Prothorax quatre fois plus long que large, régulièrement cylindrique, à peine visiblement resserré à ses deux extrémités.
Tout le reste est exactement pareil. L'espèce (tæniatus) décrite par Serville est, par suite de la longueur de son prothorax, plus svelte que les RnoparopnorA, d'un brun rougeâtre obscur et mat avec un reflet bronzé; son prothorax finement et densément pointillé chez la femelle, l'est plus fortement sur les côtés chez le mâle. La ponctuation des élytres est pareille dans les deux sexes, c'est-à-dire très-fine et serrée. Cet insecte est originaire du Brésil. On a décrit trois autres espèces (1) du genre qui me sont inconnues.
COSMISOMA.
A. SErv. Ann. d. l. Soc. entom. 1834, p. 19 (2).
Ce sont des Raoparopnora dont le 5° article (3) des antennes est muni dans sa moitié terminale d'une touffe globuleuse de longs poils fins redressés qui parfois (fasciculatum) se prolongent, en devenant plus courts, sur une partie du 6e,
D'autres différences ayant une valeur générique font absolument défaut (4). On ne comprend pas dès lors que Serville ait séparé ces
(1) C. basalis, À White, Longic. of the Brit. Mus. p. 213, pl. 7, f. 5; Haut- Amazone (Ega); les cuisses postérieures étant peu à peu ct faiblement en massue, je ne crois pas que cet insecte appartienne au genre. — eæpedilus, Nouvelle-Grenade; chlorisans, Brésil; Chevrol. in J. Thoms. Arcan. natur, p.55.
(2) Syn. Cosmus, Perty, Del. anim. Art. Brasil. p. 89, — DisauLax, À. Serv. loc. cit. 1833, p. 562; ce nom étant antérieur à celui de Cosmisoma devrait avoir la préférence sur ce dernier; je m’abstiens de cette mesure pour ne pas embrouiller la syuonymie dans le cas où la réunion des deux genres ne serait pas adoptée. — CEramayx Linné, Klug, Gory. — Sarerpa Oliv., Kirby. — La: mia Drapiez.
(3) Et non le 6e, comme le dit Servilie; encore moins le 7e, comme l’affirme Gory, du speculiferum cité plus bas.
(4) On ne peut pas regarder comme telles le léger allongement du museau et du 1er article des antennes qui s'observe chez quelques espèces (par ex. scopulicorne, speculiferum). I n’estpas plus important que la modification qu’éprouve le 3e article des antennes qui, en général plus grand que le 4e, devient parfois (par ex. scopulicorne) exactement de la même longueur.
RHOPALOPHORIDES. 1143
insectes des RHopAroPHORA par un intervalle immense (4), en quoi il a été imité par les auteurs qui lont suivi, sauf, en dernier lieu, M. J. Thomson (2).
Leur facies est le même que celui des RnoPaLopnora, mais leur livrée est encore plus variée. Ils sont également propres à l'Amérique du Sud (3).
Le genre Disaurax de Serville ne se distingue absolument de celuici qu'en ce que ses antennes sont irrégulièrement frangées de longs poils sur trois de leurs faces (4), caractère qui, isolé comme il l’est, -ne me parait pas avoir une valeur générique. On n'en connaît qu’une espèce (5) du Brésil, voisine de la Cosm. scopulicorne par son prothorax lisse en dessus et même par le dessin de ses élytres.
AMPHIRHOE.
New. The Entomol. p. 24.
Mâle : Dernier article des palpes triangulaire. — Tête peu saillante, plane et finement sillonnée entre les antennes; front oblique, -
(1) Non-seulement il les a séparés ainsi, mais la seconde des deux divisions qu’il admet dans le genre est établie sur une RnoraLortona (azillaris Klug). Dejean (Cat. éd. 3, p. 350) a achevé d’embrouiller les choses; ses CosmisomA sont, à quelques exceptions près, des Compsocenus, insectes très-différents de ceux-ci et appartenant à un tout autre groupe, celui des Compsocérides.
(2) Syst. Cerambyc. p. 169; dans cet ouvrage le genre est placé immédiatement à côté des RaopALOPnoRA,
() Cer. ammiralis, Linné, Syst. nat. Il, p.625; Voet. Col. E, pl. 23, f. 125, @ (Cosm. formosa, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom. p. 209, pl. 22, f. 5, 9); Guyane, Bolivia; espèce remarquable par l’épine crochue dont le 3e article de ses antennes est muni à son sommet externe, — Sup. fasciculata, Oliv. Entom. IV, 68, p. 14, pl. 1, £. 3; Cayenne. — Cer. scopipes, Klug, Nov. Act. Acad. rat. Curios. XIL, p. 457, pl. 43, f. 10; Brésil; outre la touffe de poils aux antennes, ses jambes postérieures sont frangées dans leur milieu et en dehors de poils semblables. — Sap: scopulicornis, Kirby, Linn. Trans. XII, p. 442 (Cosmius ochraceus, Perty, loc. cit. pl. 18, f. 4); Brésil, — Cer. speculifer, Gory, in Guér.-Ménev. Icon.; Ins.; texte, p. 231 (Sap. fasciculata? Oliv.; Cosmis. eximium, Dej. loc. cit.); Cayenne. — œneicolle, Erichs. in Schomb. Guyana, HI, p. 572; Guyane anglaise. — C. subvirescens, À. White, Longic. ofthe Brit. Mus. p. 214; Para. — Les autres CosmisoA mentionnées dans les
“auteurs, sont des Compsocérides, comme on le verra plus bas.
(4) Serville lui assigne des palpes à dernier article cylindrico-conique aux maxillaires, très-dilaté et presque sécuriforme aux labiaux, tandis que chez les Cosmsoma, il serait presque cylindrique aux quatre palpes; mais ce caractère n'existe pas. L'article en question est subcylindrique à tous les palpes dans les deux genres; tout au plus, dans celui-ci, est-il un peu plus épais à son extrémité. . »
(5) Sap. hirsulicornis, Kirby, Linn. Trans, XIE, p. 442 (Lamia plumicor nis, Drapiez, Ann. génér. d. Sc. phys. IL, p. 190, pl. 39, f. 5). É
Coléoptères. Tome IX. 8
médiocre ; joues courtes. — Antennes très-grêles, à peine pubescentes, presque du double plus longues que le corps, à articles 1 médiocre, en cône arqué, 3 un peu plus long que les suivants et muni à son sommet externe, ainsi que 4-3, d'une très-courte épine, 4-11 subégaux. — Prothorax allongé, subeylindrique, légèrement arrondi dans son milieu sur les côtés, resserré à ses deux extrémités. — Ecusson arrondi en arrière. — Elytres allongées, planes en dessus, subparallèles, tronquées au bout, avec leur angle externe subépineux.— Pattes longues; cuisses longuement pédonculées (le pédonoule très-grèle), puis brusquement en massue au bout, les postérieures dépassant beaucoup les élytres ; tarses de la même paire assez longs, à article 1 un peu plus grand que 2-3 réunis. — Saillie mésosternale large, horizontale, échancrée au bout. — Saillie prosternale étroite, fortement arquée en arrière. — Corps allongé, glabre en dessus, revêtu d’une fine pubescence soyeuse en dessous.
Femelle : Antennes de 1/3 environ de leur longueur plus grandes que le corps. — Prothorax plus faiblement resserré à ses deux extrémités. — Guisses postérieures dépassant faiblement le sommet des élytres.
M. Newman a signalé la prétendue affinité de ce genre avec les PnoracanrmA et MM. J. Thomson (1) et Pascoe (2) se sont conformés à cette opinion en le plaçant dans le même groupe que ces dernières avec lesquelles il n'a de commun que les épines dont sont armées ses antennes. Il appartient au groupe actuel et est très-voisin des Cycno- DERUS près desquels je l’eusse placé sans la forme différente du dernier article de ses palpes.
Il ne comprend qu'une espèce (3) de la Tasmanie, de taille moyenne, d’un brun noirâtre plus ou moins foncé et ornée sur chaque élytre d’une fine raie médiane longitudinale et calleuse d’un beau jaune, bande abrégée à ses deux extrémités et flanquée en avant d’une courte raie basilaire de même nature; ces organes, ainsi que le prothorax, sont finement rugoso-ponctués.
ELAPHOPSIS.
A. SEnv. Ann. d.l, Soc. entom. 1834, p. 101.
Femelle : Dernier article des palpes assez fortement sécuriforme.
— Antennes d’un tiers environ plus longues que les élytres, à articles 4 de moitié plus court que 3 et que 5, ceux-ci et 6-11 subégaux, 3 sillonné en dessus. — Yeux gros, fortement granulés. — Prothorax près de trois fois aussi long que large, régulièrement cylindrique, à
(1) Syst. Cerambyc. p. 237. , {2} Journ. of the Linn. Soc.; Zoo]. IX, p. 129. (3) À. decora, Newm. loc. cit., avec une figure dans le texte.
RHOPALOPHORIDES. 4115
peine resserré à ses deux extrémités. — Elytres parallèles dans les 3/4 de leur longueur, obliquement rétrécies et légèrement échancrées au bout, largement canaliculées de chaque côté de la suture, à partir de leur base jusqu'aux 4/5° de leur longueur. — Pattes des Raopa- LOPHORA ®.— Le surplus comme chez les mêmes. — Mâle inconnu.
A. Serville, après avoir placé, avec doute, parmi les RnopazopnorA l'unique espèce (rubidus Serv.) du genre, a proposé d'en faire un genre à part sous le nom qui précède. Ce genre est, en effet, suffisamment distinct et s'écarte même de tous ceux du groupe actuel
- par la forte granulation des yeux. 5
Get insecte, originaire du Brésil etde taille moyenne, est d'un rouge sanguin clair, assez brillant en dessous, mat en dessus, avec les antennes, la suture des élytres, les jambes et les tarses noirs; son prothorax est lisse et ses élytres sont finement, mais assez peu densément ponctuées, sauf sur leurs bords latéraux ; sa pubescence ne consiste qu'en quelques longs poils redressés plus abondants sur les pattes que sur le reste du corps.
PELOSSUS.
J. Tnoms, Syst. Cerambyc. p. 222 (1).
Mâle : Dernier article des palpes ovoïde et déprimé. — Tète légèrement saillante, munie d’un assez fort bourrelet intra-antennaire un peu concave ; front vertical, en carré subéquilatéral; joues presque nulles.— Antennes peu robustes, presque glabres, sétacées, du double au moins plus longues que le corps, à articles 1 gros, médiocre, en cône arqué, 3 à peine plus long que les suivants, un peu noueux au bout ainsi que 4-5, ceux-ci et 6-11 subégaux. — Yeux gros, leur lobe supérieur grêle et très-court. — Prothorax plus long que large, légèrement fusiforme, un peu déprimé sur le disque. — Ecusson en triangle eurviligne. — Elytres médiocrement allongées, planes sur le disque, subparallèles, arrondies en arrière. — Pattes médiocres, subégales ; cuisses très-robustes, brièvement subpédonculées à leur base, puis renflées en une forte massue comprimée ; les postérieures de la longueur des élytres; tarses de la même paire grêles, assez longs, à article 4 plus grand que 2-3 réunis. — Episternums métathoraciques
assez larges, arrondis au côté interne, aigus en arrière. — Saillie mésosternale étroite, horizontale, en triangle assez aigu au bout, — Saillie prosternale extrèmement étroite, arquée en arrière. — Corps
assez allongé, revêtu d'une très-fine et très-courte pubescence couchée à reflets soyeux. — Femelle inconnue.
Ce genre, propre à la côte occidentale d'Afrique, me paraît y représenter les Ecapnopsis de l'Amérique. Quoi qu'il en soit de cette
(1) Syn, Concrarocasren ? J, Thoms. Archiv. entom, IL, p. 161; olim,