‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 28 sur 62 · TES · texte numérisé non relu

TES

médiocres; hanches antérieures transversalement ovalaires, non saillantes, très-fortement séparées ainsi que les intermédiaires ; cavités cotyloïdes des premières ouvertes en arrière, celles des secondes en dehors. — Les trois segments thoraciques formant en dessous une surface continue très-large; prosternum échancré en arrière ; Mésosternum formant une bande flexueuse recevant en arrière une large saillie du métasternum ; épisternums de ce dernier larges, un peu afténués et tronqués en arrière ; épimères mésothoraciques munies, près de leur bord externe, d'une crête saïllante (1). — Corps large, eunéiforme.

Le genre Mecanerus de Latreille est universellement (2) regardé comme appartenant au même groupe que les Trachydérides avec lesquels il a en effet un rapport manifeste par la grandeur et la forme de son écusson. Mais si l’on fait abstraction de ce caractère, on trouve que, par tout le reste, il s'éloigne considérablement de ces insectes. C'est une forme isolée qui représente, en Amérique, les genres suivants et me paraît devoir être placée à leur tête,

MEGADERUS.

(Des.) Larr. Règn. anim. 6d. 2, V,p. 141 (3).

Mâles : Tête un peu concave et sillonnée entre les antennes, fortement déclive en avant, avec une impression transversale. — Antennes un peu plus courtes que le corps, peu robustes, glabres, à articles 4 assez gros, en cône renversé, 3-10 noueux au bout, décroissant peu à peu, celui-là d’un tiers plus long que 4, 41 très-long, grêle, aigu au bout, appendiculé à partir de son milieu. — Prothorax aussi long que large, paraboliquement arrondi sur les côtés en avant, quadrangulairement échancré en arrière de ses angles postérieurs, ceux-ci obtus, bifides et suivis d'une assez grande dépression oblique. — Ecusson plus long que le tiers des élytres. — Celles-ci à peine du double plus longues que le prothorax, notablement plus larges en avant que sa base, peu à peu rétrécies et arrondies en arrière, inermes au bout.— Pattes assez longues, peu robustes; cuisses comprimées, peu à peu en massue, les postérieures légèrement arquées à leur base, un peu plus courtes que les élytres; tarses de la même paire assez longs, à article 1 égal à 2-3 réunis. — Dernier segment abdominal transversal, sinué au bout. — Corps large, glabre en dessus.

(1) Cette crête n’est que le développement exagéré d’une fine carène qui existe dans le même point chez la plupart des Trachydérides, des Lissonoüdes, etc., carène dont il m’a paru inutile de parler.

(2) Dejean seul (Cat, éd. 3, p. 344) l'a placé entre les Tracocenus et les Dis- TICHOCERA qu'il mettait immédiatement en avant des Trachydérides.

(3) Syn. Cerameyx Linn., Herbst, etc. — Cazuipium Fab., Oliv., Illig., etc.

TRAGOCÉRIDES. 217

Femelles : Antennes de la longueur de la moitié du corps, plus robustes, à articles 7-10 déprimés, légèrement en scie àleur extrémité, 8-10 notablement plus courts que 7, 11 pas plus long que 10, atténué au bout. — Dernier segment abdominal à peine sinué. — Prosternum plus large entre les hanches antérieures.

Le type (1) de ce genre est connu depuis longtemps et très-répandu dans les collections. Il est, en effet, commun dans la plus grande partie de l'Amérique intertropicale. Les plus grands exemplaires atteignent jusqu'à près de 30 millimètres de longueur, mais il y en a qui sont de moitié plus petits. Sa livrée est d’un noir mat chez le mâle, plus brillant chez la femelle, avec une bande jaune oblique sur chaque élytre, bande absente parfois, surtout chez le premier de ces sexes; les femelles, par compensation, sont sujettes à avoir les jambes d’un rouge ferrugineux. J'ai fait connaître dans le temps (2) que cet insecte exhale une odeur très-forte et qui ne ressemble à celle d'aucun autre Longicorne; néanmoins, je ne lui trouve pas de pores odorifères.

On en connaît une seconde espèce (3) du Mexique et du Texas, plus petite, plus parallèle et dont les élytres sont jaunes à leur base et traversées dans leur mileu par une assez large bande de la même couleur.

GROUPE II. Tragocérides.

Palpes peu robustes, médiocres; les labiaux les plus longs ; le dernier article de toufen cône renversé ou subfiliforme. — Mandibules médiocres, droites, arquées et entières au bout. — Tête relativement petite; tubercules antennifères largement séparés, déprimés, entiers ; front grand, vertical, transversal; épistome muni dans son milieu d'une forte saillie carrée ; joues assez courtes, — Antennes assez robustes, filiformes, au maximum un peu plus longues que les élytres. — Yeux grands, fortement échancrés. — Prosternum transversal, recouvrant à sa base celle des élytres. — Ecusson médiocre. — Elytres déprimées, munies de côtes longitudinales saillantes, carénées latéralement ; leurs épipleures verticales, profondément échancrées à leur base. — Pattes médiocres ; hanches antérieures grosses, globuso-co-

(1) Cer. stigma, Linn. Syst. nat. IN, p. 635; on en a plusieurs figures dont les plus récentes se trouvent dans Guér.-Ménev, Icon.; Ins. pl. 43, f. 2, et Dupont, Mon. d. Trachydér. pl. 141, f. 1.

(2) Ann, d. Se. nat. XXI, p. 173.

() M. bifasciatus, Dup. Mon. d. Trachydér. pl. 141, f. 2 (M. corallifer, Newm. Mag. of nat. Hist. Ser. 2, 1V, 1840, p. 195; Gguré par M, Haldeman in Stansbury’s Rep. on Utah, pl, f. 15; nom postérieur de près de quatre ans

à celui de M. Dupont et adopté à tort par M. À. White, Long. of the Brit, Mus. p. 67),

niques, dépassant peu le niveau de la saillie prosternale, assez fortement anguleuses en dehors; leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière ; celles des intermédiaires largement ouvertes en dehors; cuisses postérieures beaucoup plus courtes que l'abdomen ; tarses de la même paire assez longs. — Métasternum envoyant entre les hanches inter. médiaires une large et forte saillie arrondie en avant; ses épisternums très-larges, en triangle renversé.— Mésosternum lamelliforme, large, vertical, accolé à la saillie métasternale. — Corps assez long, large, subdéprimé.

Groupe ne comprenant que le genre Tracocerus de Serville, l’un de ceux au sujet desquels les entomologistes sont le moins d'accord (4). Comme on le voit par la formule qui précède, il réunit au plus haut degré les caractères de la division actuelle.

TRAGOCERUS.

(Der.) A. Senv. Ann. d. l. Soc. entom. 1834, p. 60 (2).

Mâles : Tète finement sillonnée, largement et peu profondément coucave entre ses tubercules antennifères, — Antennes presque aussi longues que le corps, mates, à articles À médiocre, en cône renversé, 3-10 subégaux, 5-10 obtusément anguleux à leur sommet interne, 41 plus long que 10. — Prothorax régulièrement convexe, peu à peu rétréci en avant, anguleux, parfois muni d’un petit tubercule de chaque côté, faiblement bisinué ou arrondi à sa base. — Ecusson en triangle rectiligne. — Elytres subparallèles ou gffduellement rétrécies en arrière, tronquées et plus ou moins échancrées au bout, sinuées en dedans des épaules. — Pattes assez robustes ; cuisses peu à peu et faiblement en massue ; tarses de la même paire à article 4 à peine plus long que 2-3 réunis. — Dernier segment abdominal allongé, un peu rétréci et tronqué au bout. — Saillie prosternale au plus médiocrement large, brusquement arrondie en arrière. — Corps pubescent.

Femelles : Antennes un peu plus longues que la moitié du corps;

(4) Donovan (Ins. of New.-Holl.) qui, le premier, en a décrit deux espèces, les avait placées parmi les Prionus, d’où Serville les a retirées pour les mettre dans les Cérambycides, ce qui n’a pas empêché quelques auteurs venus après lui de les comprendre de nouveau dans les Prionides; voyez entre autres, Castelnau, Hist nat. d. Ins. II, p. 410, et A. White, Longic. of the Brit. Mus: p.56: Pour Latreille (Règn. anim. 6d. 2, V, p. 121) ces insectes, réunis aux Disricno= ceRA, TMEsisrenNus et Lerrocena (GLAUCYTES), formaient un groupe à part re jeté à la fin de ses Cérambycins. Enfin, eu dernier lieu, M.J. Thomson (Syst. Cerambyc. p. 162) les a mis dans son groupe des.Callichromites vrais, entre les Disricnocera et les Tananius.

(2) Syn. Prionus Donov.

8PINTHÉRIIDES, 219

à article 41 pas plus grand que 10.— Elytres plus parallèles, arrondies et inermes à leur extrémité (1).

Ces insectes sont de taille moyenne ou assez grande, d'un jaune rougeätre plus ou moins foncé, avec la tête et le prothorax en général plus obscur, et les élytres ornées tantôt de bandes transversales et de quelques taches formées par des poils d'un jaune soufré, ou simplement de bandes noires peu nombreuses etirrégulières. La pupescence dont ils sont revêtus est jaune, abondante sur la poitrine et Je dessous du prothorax et forme des taches de chaque côté de l’abdomen. Les téguments sont lisses, mais les élytres ont chacune quatre fines côtes longitudinales et entières. Les espèces décrites s’élèvent en ce moment à six (2). .

GROUPE III. Spinthériides.

Palpes médiocres, les maxillaires un peu plus longs ; le dernier article de tous en triangle allongé. — Mandibules courtes, arquées et aiguës au bout. — Tête petite, penchée, plane entre les antennes; ses tubereules antennifères nuls, leur ouverture entière ; front déclive ; joues assez allongées. — Antennes sétacées, plus longues que le corps chez les œ. — Prothorax allongé, trapéziforme, recouvrant la base des élytres, muni d’un large lobe basilaire. — Ecusson étroit, allongé, parallèle, arrondi en arrière, logé dans une dépression commune des élytres. — Celles-ci planes, atténuées en arrière. — Pattes longues ; hanches antérieures grosses, globuleuses, ne dépassant pas le niveau de la saillie prosternale ; leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière ; celles des intermédiaires ouvertes en dehors (3). — Saillie intercoxale

(1) Je ne suis pas certain que ce caractére indiqué comme sexuel par À, Serville, le soit constamment; il pourrait bien ètre spécifique dans certains cas, Le T. Spencei de Hope, cité plus bas, à en juger par la figure, est, par exemple, une femelle par la brièveté de ses antennes, et un mâle par ses élytres échancrées au bout. Je n’ai pas vu assez d’exemplaires de ces insectes pour savoir au juste ce qui en est.

(2) Prion. bidentatus, Donov. Ins, of New.-Holl. (T. australis, Serv. loc. cit). — P, fasciatus, Donov. ibid. (Var. T. australis, Boisduv. Faun. d. l'Océan, 11, p. 465, pl. 8, f. 6; bifasciatus, Guér.-Ménev. Voy. d. 1. Coq.; Entom. p. 133, pl. 7, f. 3). — Prion. lepidopterus, Schreib. Trans. of the Linn, Soc. VI, p. 197, pl. 21, £. 7; grande espèce distincte de toutes les autres par ses élytres gibbeuses à leur base et sa livrée grisâtre. — T. Spencei, Hope, Trans. of the entom. Soc. 1, p. 18, pl. 2, f. 4. — subfasciatus, Germar, Linn. eutom, U, p. 224. — formosus, Pascoe, Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, IX, p. 463.

(3) Elles sont plus onvertes chez les Anasretua que chez les Srinruenta; les épimères mésothoraciques de ces dernières entrent à peine en contact avec les hanclies intermédiaires ; il y a même es exemplaires où elles restent tout-à-fait séparées.

de l'abdomen très-obtuse en avant. — Métasternum muni en avant d'une saillie reçue dans une échancrure du mésosternum; ses épisternums de largeur moyenne, subparallèles; ses épimères découvertes dans toute leur longueur. — Mésosternum envoyant en avant une forte saillie recouvrant en entier la saillie prosternale; celle-ci variable. — Corps plus ou moins large, brillant.

Groupe le plus singulier de la division actuelle, tant par la forme générale de ses espèces que par la structure insolite du mésosternum, Il nè comprend que les deux genres suivants qui sont très-voisins l'un de l'autre.

I. Elytres fortement épineuses à leur extrémité : Spin/heria, If, — inermes : Anastetha.

SPINTHERIA.

J. Tuous. Essai, etc. p. 357 (1).

Mâle : Antennes plus de deux fois aussi longues que le corps, à articles 4 assez long, peu à peu en massue, 3-4 subégaux, plus courts que les suivants, ceux-ci graduellement plus longs. — Prothorax plus long que large à sa base, médiocrement et régulièrement convexe, peu à peu rétréci en avant; son lobe médian assez large, saillant et arrondi en arrière. — Elytres larges, fortement rétrécies en arrière, isolément et fortement échancrées et biépineuses à leur extrémité, bisinuées à leur base, avec leurs épaules embrassant celle du prothorax. —Pattes assez robustes; cuisses en massue fusiforme, les postérieures de la longueur des élytres; tarses de la même paire à article 1 égal à 2-3 réunis. — 3° segment abdominal un peu plus long que 4, subtronqué en arrière. — Saillie mésosternale robuste, très-allongée, peu à peu rétrécie et obtuse au bout. — Saillie prosternale étroite, arrondie en arrière, — Corps large, très-brillant, partiellement pubescent.

Femelle : Antennes de la longueur des élytres. — Cuisses postérieures un peu plus courtes que ces dernières.

On ne connaît qu’une espèce de ce genre remarquable, le Tmesislernus graliosus de M. Pascoe (2), insecte de taille moyenne, d'un noir plus ou moins rougeâtre en dessous, sur les pattes et les antennes, d'un vert métallique très-foncé et très-brillant en dessus, avec deux lignes longitudinales et latérales sur le prothorax, les échancrures de sa base, deux étroites bandes transversales, sur les élytres, leurs échancrures basilaires et terminales, enfin des taches sur les côtés de l'ab-

(1) Syn. TussistenNus Pascoc.

(2) Trans. of the entom, Soc.iSer. 2, IV, p. 99, pl. 22, f. 4.

COPTOMMIDES, 2921

domen et de la poitrine, blancs. Cet insecte s’est assez répandu dans les collections. Mes exemplaires sont de la Nouvelle-Calédonie; celui décrit par M. Pascoe provenait de l’île des Pins (Polynésie).

ANASTETHA.

Pascor, Proceed. of the entom. Soc. 1866, p. XXVIII.

Genre très-voisin du précédent et n'en différant que par les particularités suivantes : ï

Antennes du mâle moins longues, ne dépassant le sommet des élytres que du tiers de leur longueur; celles de la femelle pas plus longues que ces dernières. — Prothorax plus convexe, moins rétréci en avant, du reste semblable, — Elytres moins atténuées et subarrondies en arrière. — Saillie mésosternale triangulaire , recouvrant un peu moins la saillie prosternale. — Corps beaucoup plus étroit, hérissé partout de longs poils fins.

Le genre est en outre remarquable par son habitat qui est l’Austalie. Il ne comprend également qu'une espèce (rariyila Pasc.) de taille médiocre et dont les téguments sont aussi brillants que eeux de la Spintheria gratiosa. Is sont noirs avec la poitrine, la base de l’abdomen, celle des cuisses et les trois quarts antérieurs des élytres d'un beau rouge sanguin. Ces dernières ont chacune une grande tache noire subarrondie immédiatement avant leur milieu.

GRouPE IV. Coptommides.

Palpes médiocres, les maxillaires un peu plus longs; le dernier article de tous triangulaire. — Mandibules très-courtes, arquées et aiguës au bout. — Tôte plus étroite que le prothorax, peu prolongée en arrière des yeux, horizontale, tronquée en avant; tubercules antennifères déprimés, subéchanerés; joues très-courtes. — Antennes sétacées, beaucoup plus longues que le corps chez les. — Yeux fortement échancrés. — Prothorax carré, exactement appliqué contre les élytres. — Ecusson petit. — Elytres alloñigées, rétrécies en arrière, débordant le prothorax en avant. — Pattes longues; hanches antérieures transversalement ovalaires, non saillautes; leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière; celles des intermédiaires largement ouvertes en dehors. — Métasternum muni en avant d'une saillie aiguë reçue dans une échancrure du mésosternum; ses épisternums assez larges, subparallèles, aigus en arrière. — Mésosternum horizontal, tonqué en avant; son bord antérieur saillant et arrondi. — Saillie Prosternale large, horizontale, tronquée en arrière. — Corps allongé, Subcunéiforme,

Ce groupe ne comprend que le genre suivant, remarquable par son étonnante ressemblance avec les TmesisrerNus de Latreille (1)..

COPTOMMA.

New. Ann. a. Mag. of nat. Hist. V, 1840, p. 18 (2).

Mâles : Tôte longitudinalement bi-sillonnée en dessus, presque plane entre les antennes; front vertical, très-court. — Antennes dépassant les élytres de plus du tiers de leur longueur, à articles 1 médiocre, gros, 4 plus court que 3 et que 5, celui-ci et les suivants déprimés et croissant peu à peu. — Prothorax médiocrement transversal, pou

(t) L'emploi de cenom de TuesisrenNus tend à s’embrouiller et exige quel. ques éclaireissements. On l’applique généralement à des éléments très-distincts dont les uns (Corromma, Navomonpna, Srintsenta) ayant le dernier article des papes triangulaire et les jambes antérieures sans sillon oblique interne, sont des Cérambycides de la division actuelle, tandis que les autres (les vrais Tussisrennus de Latreille et quelques autres genres) possédant ce sillon et des palpes, dont le dernier article est aciculé, sont des Lamiides. Récemment, M. J. Thomson les a tous platés dans ces dernières, non que les différences qui les distinguent lui aient échappé, mais en se basant sur l’air de famille évident qu'ils ont en commun. Mais comment définir les Lamiides si l’on adinet qu'il y en a qui ontà la fois le dernierarticle des palpes triangulaire et Les jambes antérieures sans sillon interne? À mon seus, il y a seulement ici un cas trèsremarquable de ces formes représentatives, comme on les a appelées, qui peuvent exister d’espèce à espèce, de genre à genre, de famille à famille, etc. et dont les exemples sont nombreux dans le Règne animal. On en a déjà vu un plus haut dans le genre Hererozenis, autre représentant des TMESISTERNUS qui est nn Strongyluride,

(2) Syn. Tuesisrennus (pars), Serv. Ann. d. 1. Soc entom. 1834, p. 72; I. Thoms. Essai, etc., p. 357 et Syst. Cerambyc. p. 37. — Cazcipium Fab:, Oliv.

Cette synonymie exige également quelques explications. Il n'est pas exact de dire, comme le fait M. J, Thomson (Essai, etc. loc. cit.}, que Latreïlle, l'auteur du genre Tmesisrennus (Règn. mim. 6d. 2, V, p. 121) ne l’a pag caractérisé. Il lui assigne, au contraire, des antennes simples, plus longues que le corps, un corselet lobé postérieurement, avec le prosternum prolongé postérieurement, tronqué et reçu dans l'échancrure d'une saillie du mésosternum. À ces carac* tères, surtout au dernier, on reconnait sars peine ces insectes, auxquels Dejean avait jadis imposé dars sa collection, le nom d’Icrayosomus auquel il à re= noncé plus lard. Latreille ajoute en note que les espèces du genre sontinédites, propres à la Nouvelle-[rlande et (preuve qu’il les en distingueit) ont de grands rapports avec les Callidium variegatum, linealum et sulcatum de Fabricius qui appartienuent au genre actuel ou aux Navomorpua. Or, ce sont ces mêmes Caluivium de Fabricius que Serville a pris pour types du genre TuesisTERNus, chan guant ainsi complétement l’acception que Latreille avait donnée à ce nom. Le droit de priorité et le respect dû au nom de Latreille exigent qu’on en revienne à ce qu’il avait fail. On trouvera donc plus loin son genre TmESISTERNUS tel qu’il l'avait conçu et à son rang dans la Sous-Famille des Lamiides à Jaquelle il appartient.

NAVOMORPHIDES. 203

convexe, parallèle, muni à sa base d’un faible et large lobe médian, pluri-sillonné en dessus. — Ecusson transversal, arrondi en arrière, — Elytres médiocrement convexes, légèrement atténuées et isolément arrondies en arrière, munies d'une côte saillante entière, voisine de la suture, — Pattes robustes; cuisses graduellement en massue, les postérieures de la longueur des élytres; tarses de la même paire larges, à article 4 à peine égal à 2-3 réunis, — 8° segment abdominal égal à 4, tronqué en arrière. — Corps assez allongé, massif, pubescent.

Femelles : Plus petite que les mâles. —Antennes dépassant à peine les élytres. — Pattes plus faibles ; cuisses postérieures un peu plus courtes que le corps.

Le type du genre est lo Callidium variegatum de Fabricius et d'Olivier (1), bel insecte de la Nouvelle-Zélande. Il est assez grand, surtout le mâle, d'un noir bronzé très-brillant, s’éclaircissant sur les élytres et couvert sur ces dernières de mouchetures jaunâtres qui, en se condensant, forment sur chacune d'elles une ligne oblique partant de la base et une assez large bande tranyersale un peu avant de leur milieu, bande en avant de laquelle se trouve un assez grand espace dénudé ; mais ce dessin est parfois peu apparent. Le dessous du corps est plus ou moins tacheté et la tête ainsi que le prothorax sont parcourus par des bandes longitudinales de même couleur.

Cette espèce est, à ma connaissance, la seule qui soit décrite en ce moment (2); mais il est probable que quelques-unes se trouvent confondues avec les TMESISTERNUS. J'en ai sous les yeux une, inédite, provenant de la Tasmanie. e

GROUPE V. Navomorphides.

Palpes assez longs, surtout les maxillaires ; le dernier article de tous obliquement sécuriforme. — Mandibules courtes, arquées dès leur base, aiguës au bout. — Tête assez saillante, graduellement rétécie en arrière, plane entre les antennes ; ses tubercules antennifères nuls, entiers au bout; front grand, oblique; joues courtes.— Antennes sétacées, beaucoup plus courtes que le corps dans les deux sexes, — Veux grands, obliques, fortement échancrés. — Prothorax subparallèle, ou obconique, exactement appliqué contre les élytres,

(1) Fab. Syst. El. II, p. 349; Oliv. Entom. IV, 70, p. 25, pl. 5, f. 58 Q Copt. virgatum, Newm. loc. cit., et non vitticolle, comme le dit M. À, White, Longie. of the Brit. Mus. p. 335 et Voy. of the Ereb. a. Terr.; Entom. p. 20); ; Y à une bonne figure du G' dans le Voy. au Pôle Sud; Entom.; Col. pl. 17, ‘1.

(2) M. Newman (loc. cit.) décrit, sous le nom de texlorium, une soi-disant Seconde espèce du genre, originaire de l’Australie et que personne n’a citée depuis; mais, d’après la description, ce doit être une Navomonpua.

294 LONGIUQRNES.

muni d'un lobe médian à sa base. — Ecusson petit. — Elytres presque planes, peu à pou et fortement rétrécies en arrière.— Pattes assez longues; hanches antérieures globuleuses, médiocres, de niveau avec la saillie prosternale; leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière; celles des intermédiaires closes en dehors. — Saillie intercoxale de l'abdomen obtuse en avant. — Celle antérieure du métasternum largement arrondie au bout; ses épisternums au plus de largeur médiocre, atténués en arrière. — Mésosternum et saillie prosternale tantôt pareils à ceux des Coptommides, tantôt formant une surface continue. — Corps allongé, cunéiforme.

Le genre NavomorPHA, qui à lui seul constitue ce groupe, est généralement regardé comme très-voisin des Copromma parmi lesquels ses espèces ont même été comprises par plusieurs auteurs. Mais il en diffère par un caractère plus que générique, à savoir la fermeture des cavités cotyloïdes intermédiaires, et doit dès lors former un groupe à part.

NAVOMORPHA.

(Brancu) J. Tuows, Essai, etc. p. 356 (1).

Tête sillonnée entre les antennes; front tricaréné, la carène médiane abrégée en avant. — Antennes grêles, glabres, de la longueur des 2/3 des élytres, à articles À médiocre, 3 plus grand que 4 et que 5 isolés, ceux-ci un peu plus longs que les suivants, 6-10 décroissant graduellement. — Prothorax au moins aussi long que large, un peu aplani sur la ligne médiane, tronqué à sa base avec un lobe médian assez large et court. — Ecusson en triangle rectiligne. — Eliytres déprimées sur le disque, peu à peu et fortement rélrécies en arrière, débordant faiblement le prothorax et embrassant son lobe médian, — Cuisses graduellement en massue; les postérieures un peu plus courtes que les élytres ; tarses de la même paire à article 4 à peine aussi long que 2-3 réunis. — Corps partiellement pubescent.

Je ne connais pas bien les sexes de ces insectes, Les exemplaires assez nombreux que j'en ai vus avaient tous les antennes de la longueur indiquée dans la formule qui précède.

Jusqu'ici le genre paraît être exclusivement propre à la Nouvelle- Zélande et à la Nouvelle-Calédonie. On en a décrit quatre espèces (2)

(1) Le nom du genre a été publié pour Ja première fois par M. A. White, mais sans exposition de caractères (Longic. of the Brit. Mus. p. 334). Pour quelques détails à son sujet, voyez H. Lucas, Ann. d. 1. Soc. entom. 1862, Bull. p. XX VII, et 1863, p. 115. — Syn. Tuesisrennus (pars) A. Serv.—CoP= Toma (pars) Newm., Blanch., A. White. — Cazrinium Fab., Oliv.

(2) Elles se divisent en deux sections d’après les rapports qu'ont entre elles les pièces thoraciques en dessous.

I. Mésosternum prolongé en une pointe large et obtuse en avant, recouvrant

DISTÉNIIDES, 225

dont la plus grande (lineata) est de taille moyenne. La livrée de ces espèces varie du jaune ferrugineux au brun rougeûtre assez brillant; sur ce fond se détachent des lignes, formées par des poils blancs ou jaunâtres, qui parcourent la tête, le prothorax et les élytres; en dessous les côtés du corps sont revêtus de poils semblables, Les téguments ne présentent aucune trace de ponctuation.

Page 1