TROISIÈME DIVISION
Antennes insérées latéralement au devant des yeux et près des mandibules, subcontiguës aux uns et aux autres. — Base du prothorax située au-dessous du niveau de celle des élytres. — Segments thoraciques en dessous àsl’état normal. — Languette cornée.
Cette division est aussi tranchée que la précédente l’est peu. On voit ici reparaître subitement un caractère propre aux Prionides les plus normaux, l'insertion des antennes à la base des mandibules et au-devant des yeux, insertion dont il n’y a pas un seul exemple dans les Cérambycides qui précèdent. Quant à la nature cornée de la languette, c'est également le seul cas de ce genre qui existe dans la section actuelle, tandis qu'on en a vu d'assez nombreux dans la précédente. Toutefois ce caractère important ne concerne que les Disténides, la languette des Hystérarthrides ne m'étant pas connue. Ces deux groupes sont les seuls qui rentrent dans cette Division.
I. Tête peu à peu ou non rétrécie en arrière; cavités co {yloïdes intermédiaires fermées en dehors. Disrénines.
I: — brusquement munie d’un col en arrière; cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes en dehors. HysTÉRARTHRIDES.
GROUPE I. Disténiides.
Languette tronquée ou largement échanerée en avant; son bord antérieur parfois muni d'un étroit liseré membraneux où finement cilié; ses palpes très-écartés à leur base.— Palpes robustes, les maxil-
un peu la saillie prosternale: Callidium lineatum, Fab. Syst. El. II, p. 340; Oliv. Entom. IV, 70, p. 26, f. 4, £. 50 (Copt. lin. À. White, Voy. of the Ereb. à Ter; Entom. p. 20, pl. 4, £. 5); Nouvelle-Zélande.
IL. Saillie prosternale, mésosternum et métasternum formant une surface Continue et plane, le second un peu échancré en avant : Copt. aculipenne, À. White, loc. cit. pl. 4, €. 2; même pays.
Vignore à laquelle de ces sections appartiennent les deux autres espèces du genre : Calid. sulcatum, Fab. loc. cit.; Oliv. loc. cit. pl. 4, f. 48; mème PAYS. — Nav. Douei, H. Lucas, Ann. d. 1. Soc. entom. 1863, p. 116, pl. 2, l, 4 Nouvelle-Calédonie.
Coléoptères. Tome IX. 15
laires beaucoup plus longs que les labiaux ; le dernier article de tous séeuriforme ou terminé en cône obtus. — Mandibules médiocres ou courtes, brusquement arquées, tronquées et entières au bout.— Tête ovalaire, plus ou moins prolongée et en général graduellement rétrécie en arrière des yeux; tubercules antennifères peu saillants ou déprimés, subéchanerés au bout ; front très-court, vertical ; épistôme horizontal; joues très-courtes. — Antennes villeuses ou non, subfiliformes ; leur 4® article allongé, en cône renversé, le 2° extrêmement court, cyathiforme. — Yeux médioerement, parfois finement granulés, subverticaux, légèrement échancrés ou (Nogmia) entiers, — Prothorax resserré à ses deux extrémités, tuberculeux latéralement, — Elytres débordant fortement Ja base du prothorax, rarement parallèles.— Pattes longues ; hanches antérieures grosses, subglobuleuses, assez saillantes, faiblement séparées; leurs cavités cotyloïdes ouvertes en arrière; celles des intermédiaires closes en dehors. — Episternums métathoraciques très-étroits, peu à peu rétrécis et aigus on aïvière. — Saillie mésosternalé large, parallèle, horizontale en arrière. — Saillie prosternale très-étroite, arquée postérieurement. — Corps allongé.
L'un des groupes de Longicornes dont le classement a le plus embarrassé les entomologistes (1). Ses espèces sont en général de taille au-dessus de la moyenne, de forme étroite, et leur livrée est souvent ornée de couleurs vives parmi lesquelles le bleu et le vert sont fréquents. La sculpture de leurs élytres est peu commune chez les Cérambycides; elle consiste en gros points enfoncés formant des rangées Le plus souvent régulières. Ces insectes sont, du reste, tellement homogènes qu’en dehors des caractères exposés plus haut, il n’en reste que très-peu pour distinguer leurs genres. Ces derniers sont au nombre de cinq dont deux (Typopryas, Noemia) sont propres aux Indes- Orientales; les autres sont américains.
I. Elytres peu à peu et fortement rétrécies en arrière. Prothorax tuberculé ou calleux en dessus : Distenia. — finement ridé — : Typodrias.
Il. Elytres parallèles ou peu s’en font.
a Yeux entiers; scape des antennes en massue arquée : Noemia.
(1) A. Serville avait mis les deux genres Disrenia et Comgres, créés par Îui, dans son groupe des Lepturètes, et cette place leur a été conservée par le petit nombre d'auteurs qui en ont parlé, saaf les deux suivants. M. J. L. Le Conte (Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, I, p. 36) se basant surtout sur la forme globuleuse des hanches antérieures, les a classés dans le voisinage jinmédiat des Cauzicunowa. Dans le travail récent de M. 3. Thomson (Syst. Cerambyc: p. 225), ces insectes constituent ce que ce savant entomologiste nomme les Cat lichromides faux.
DISTÉNIIDES, 227
aa Yeux échancrés; scape des antennes en cône régulier. Palpes max. des normaux : Cometes.
— — très-anormaux : Heferopalpus.
Genre incertæ sedis : Phelocalocera. à
DISTENIA.
A. Senv. Encycl. méth.; Ins. X, p. 485 (1).
Dâles : Palpes maxillaires du double au triple plus longs que les labiaux, leur dernier article en triangle allongé et obliquement tronqué au bout, où en forme de toupie allongée et terminée en sône obtus (2); celui des labiaux en triangle court et coupé presque carrément. — Tète sans bourrelet intra-antennaire, ses tubercules antennifères peu saillants. — Antennes à peine ou assez villeuses (3), leur 1er article en cône régulier. — Yeux assez fortement granulés, échancrés. — Prothorax au moins aussi long que large, muni de callosités ou de tubercules en dessus. — Elytres planes, peu à peu rétrécies en arrière ; leur extrémité variable. — Pattes assez longues; cuisses peu: à peu et médiocrement en massue, les postérieures notablement plus courtes que les élytres; tarses au plus médiocres, à article 4 égal à 2-3 réunis ou un peu plus long. — Corps allongé, pubescent ou non.
Femelles : Pour autant que je les connaisse elles ne diffèrent des mâles que par leurs antennes plus courtes, mais dépassant toujours le sommet des élytres, et leur dernier segment abdominal plus allongé.
Je réunis à ce genre l'es Anxinor et les Taezxrope de M. J. Thomson, leurs caractères ne reposant que sur la villosité des antennes et l'armature des cuisses.
Les Disrenra proprement dites ont les cuisses inermes au bout et
(1) Et Ann. d. I. Soc. entom. 1835, p. 207. — Syn. AnriNog, Tuezxiope, J. Thoms. Syst. Cerambyc. p.225 et 226.
(2) Ces deux formes, qui paraissent si distinctes, passent insensiblement de l'une à l'autre. Il suffit, pour changer la première en la seconde, que la troncafure du triangle soit très-oblique et que son angle terminal externe soit un peu Saillant et incliné en dedans; c’est ce qui a lieu, en effet. La forme de ces Palpes varie presque dans chaque espèce. J'en possède même une du Mexique, äppartenantau genre Tuezxiops de M. J, Thomson, chez laquelle ils sont moins du double plus longs que les labiaux, avec leur dernier articte très-Épais el en triangle isocèle.
(3) Cette villosité à laquelle on attribue une assez grande importance dans le SToupe actuel, me parait constituer un caractère plutôt sexuel que générique; ‘lle manque chez des femelles dont les mâles en sont pourvus. Voyez à ce Sujet, plus loin, le note annexée au genre Norma.
peuvent se sous-diviser selon que leurs élytres sont bi-épineuses (1) ou uni-épineuses (2) à leur extrémité,
Les quatre cuisses postérieures sont, au contraire, terminées par deux épines ou deux dents chez les ANriNoE (3) et par une seule chez les Taezx1oPE (4); le sommet de leurs élytres en a tantôt une seule, tantôt deux. ;
Ces insectes sont américains et répandus depuis le Brésil jusqu'aux Etats-Unis.
TYPODRYAS.
J. Taows. Syst. Cerambyc. p. 227.
Mèmes caractères que les Disrenra, sauf les deux points suivants :
Prothorax plus long que large, sans tubercules ni callosités en dessus, simplement couvert de rides onduleuses assez fines. — Pattes plus longues, surtout les postérieures ; cuisses cylindriques, peu à peu et très-régulièrement épaissies, atteignant chez les mâles le sommet des élytres.
L'unique espèce (callichromoïdes) du genre est de la taille de la Distenia undata, mais plus étroite, d'un bleu plus ou moins verdâtre avec la suture des élytres d’un bleu-violet ou d’un rouge cuivreux pourpré; ces derniers organes sont fortement et densément ponctués en stries dans environ leur moitié basilaire, presque lisses en arrière et terminés chacun par une assez longue épine ; les téguments, tant en dessus qu'en dessous, sont à peine voilés par une très-courte pubescence couchée. Les quelques exemplaires que j'ai vus de ce bel insecte provenaient du Sylhet.
NOEMIA.
Pascor, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 111.
Femelle : Dernier article des palpes maxillaires en triangle peu al-
(1) Les téguments sont, en outre, revêtus d’une pubescence couchée, épaisse chez l’unique espèce décrite : D. undata, 3. L. Le Conte, Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, II, p. 37; Etats-Unis. — En voici une nouvelle et superbe espèce, plus grande que toutes celles du groupe actuel connues jusqu'ici.
D. fimbriata. Subtus rufo-brunnea, supra nigro-ænea, minus dense pubescens; prothorace dorso tuberculis sex (4, 2) calloque medio oblongo instructo; elytris atutaceis irregulariter punetalo-striatis, vitta lata laterali intus dilacerata albido-tomentosa ornatis ; @’. Long. 32 mill. Communiquée par M. C. A. Dobrn, sans désignation de patrie, mais très-probablement, d’ après s son factes, originaire de quelque partie de l'Amérique du Sud,
(2) D. columhina, À. Serv. loc. cit ; Brésil; fait le passage, par sa faible pu= bescence el sa livrée, avec les espèces suivantes.
(3) À. bicolor; 3. Thoms. loc. cit.; Cayenne.
(4) T. viridicyanea, 3. Thoms. loc. cit; Brésil,
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longé et tronqué obliquement au bout, celui des labiaux subovalaire. — Antennes des DisreniA (1) avec le 4° article atténué et grêle à sa base, puis renflé en une massue allongée. — Yeux médiocres, finement granulés, à peine échancrés en avant. — Prothorax allongé, fortement resserré à ses deux extrémités, tuberculeux de chaque côté, sans callosités en dessus.— Ecusson en triangle rectiligne allongé. — Elytres subparallèles, arrondies en arrière, pareilles, du reste, à celles des DISTENIA. — Pattes assez longues; cuisses grêles et subpédonculées à leur base, puis renflées en une massue fusiforme, les postérieures notablement plus courtes que l'abdomen ; 4° article des tarses de la même paire plus court que 2-3 réunis.— Le surplus comme chez les Disrenra. — Mâle inconnu.
La petitesse relative des yeux, leur intégrité, la forme du 4° article des antennes et le parallélisme des élytres constituent les caracières essentiels de ce genre. Il ne comprend que trois espèces (2) des Indes-Orientales un peu plus petites et plus sveltes que les DisrenrA. Chez toutes le fond de la livrée est d’un vert bleuâtre ou bleu avec les palpes, les antennes et les pattes en partie d’un fauve clair. Les flytres de la seule (favicornis) que j'aie vue sont densément ponctuées en rangées régulières contiguës, et le corps est partout hérissé de poils fins redressés et peu abondants.