‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 30 sur 62 · COMETES · texte numérisé non relu

COMETES

A. Senv. Encycl. méth.; Ins. X, p. 485 (3).

Dernier article des palpes maxillaires en forme de toupie plus ou moins allongée et acuminée au bout, celui des labiaux brièvement ovalaire. — Tête légèrement concave entre les antennes ; son front tantôt plan, tantôt concave également. — Antennes filiformes, non atténuées à leur extrémité, garnies en dessous de très-longs poils fins plus ou moins abondants, pareilles, du reste, à celles des Disrenra. — Yeux plus petits que chez ces dernières, au plus médiocrement, en général finement granulés. — Prothorax des Disrenta. — Elytres planes, parallèles ou subparallèles, arrondies ou (acutipennis) obtu-

(1) Chez quelques exemplaires de la flavicornis, dit M. Pascoe, les antennes sont munies, en dessous, de longs poils soyeux disposés sur un seul rang, et celui de cette espèce qu’il a figuré était dans ce cas. Il n’y à aucune trace de 68 poils ehez celui que j'ai sous les yeux et que je regarde comme une femelle. Il est bien possible que chez les Disténiides, en général, ces poils soient propres

. aux mâles.

(2) N. flavicornis, Stevensii, Pascoe, loc. cit; la première est figurée pl. 22, f.8, — chalybeata, Pascoe, Proceed, of the Zool. Soc. 1866, p. 227; Malaisie (Poulo-Pinang).

(3) Et Ann. d. 1. Soc, entom. 1835, p. 208.

sément acuminées au bout. — Pattes médiocres ; cuisses graduellement en massue ; les postérieures plus courtes que l'abdomen ; tarses de la mème paire à article À au maximum aussi long que 2-3 réunis. — Corps parallèle, faiblement pubescent.

Les deux sexes présentent entre eux les mêmes différences que ceux des Disrenra. Les espèces sont plus petites que ces dernières et leur livrée varie du bronzé obscur au vert ou au bleu; il n’est pas rare (par ex. argutulus, acutipennis) que les élytres soient fauves à leur base sur une petite étendue ou même (favipennis) en entier de cette couleur; ces organes sont en général criblés de gros points enfoncés très-serrés et disposés en rangées plus ou moins régulières, Le genre est propre à l'Amérique du Sud (1).

HETEROPALPUS.

Buquer, Mag. d. Zool.; Ins. 1843, pl. 118.

Mâle : Palpes maxillaires six fois au moins plus longs que les labiaux, à articles 2 très-allongé, un peu arqué,3 très-court, 4 linéaire, un peu moins grand que 2 et formant avec lui un angle ouvert, dirigé en dedans, muui à sa base externe d’un stylet plus long que lui, cilié, crochu au bout et dirigé en bas et en arrière ; le dernier des labiaux gros, brièvement ovalaire. — Tète assez fortement concave entre les antennes et sur le front-en avant. — Antennes d’un 5° plus longues que le corps, filiformes, hérissées en dessous de longs poils fins peu abondants, pareilles pour le surplus à celles des Disrenra.— Yeux gros, saillants, presque finement granulés. — Prothorax comme chez ces dernières. — Elytres moins allongées, assez convexes et lazgement déprimées sur le disque, peu à peu et légèrement atténutes en artière avec leur extrémité arrondie. — Pattes médiocres, assez robustes, subégales ; cuisses graduellement en massue, les postérieures un peu plus courtes que l’abdomen ; tarses de la même paire à article À moins long que 2-3 réunis. — Dernier segment abdcminal transversal, largement et faiblement échancré. — Corps médiocrement allongé, presque glabre.— Le surplus comme chez les Disrenra.

Femelle : M. Buquet ne l'a pas connue. Elle ne diffère du màle que par les caractères suivants : Palpes maxillaires normaux, à peine trois fois aussi longs que les labiaux ; leur dernier article en forme de toupie allongée et acuminée au bout. — Antennes dépassant moins le sommet des élytres. — Dernier segment abdominai plus long, rétréci et faiblement arrondi au bout.

Il n’y à pas dans l'ordre entier des Coléoptères de palpes maxillai-

(1) Voyez la monographie qu’en a publiée M. Buquet dans la Rev. et Mag: d. Zool. 1851, p. 188, pl. 5; elle contient 4 espèces : C. hirticornis, Serv. loc. cit., Brésil ; flavipennis, Colombie; argutulus, acutipennis, Cayenne.

HYSTÉRARTHRIDES. 231

res aussi singuliers que ceux du mâle. Si l’on en fait abstraction, le genre est plus voisin des COMErEs que d'aucun autre et ne s'en distingue guère que par la tète plus excavée entre les antennes et les cuisses plus fortement en massue. Mais son unique espèce (preliosus Bug.) est beaucoup plus grande que ces dernières, d'un beau vert doré sujet à passer au bleu, avec les cuisses fauves et les antennes, les jambes et les tarses noirs. La sculpture de ses élytres est pareille à celle de la plupart des Comeres. Cet insecte, extrèmement rare dans les collections, est originaire de Cayenne.

Note.

Le genre suivant, à l'appui duquel aucune espèce n’est citée, a été placé par M. Blanchard dans son groupe des Cométites qui correspond à celui-ci. s

PHELOCALOCERA.

Brancn. Hist. d. Ins. IE, p. 103.

Antennes très-grèles et longues, à 4 article épais. — Palpes à dernier article ovoïde.

Groupe II. Hystérarthrides,

(1) Tête brusquement tronquée en arrière des yeux et munie d'un col court; front très-petit; tubercules antennifères et joues presque nuls. — Antennes insérées immédiatement en avant des yeux, conliguës avec eux et avec la base des mandibules, plus courtes que le corps (9); leur dernier article aussi long que les six précédents réunis. —- Yeux grands, entiers, transversaux, très-rapprochés en dessus, moins en dessous. — Prothorax cylindrique, inerme. — Ecusson petit. — Elytres assez convexes, débordant fortement le prothorax en avant. — Pattes médiocres; hanches antérieures globuleuses, dépassant un peu le niveau de la saillie prosternale; leurs cavités cotyloïdes fermées en arrière, celles des intermédiaires largement ouvertes en dehors, — Episternums métathoraciques de largeur moyenne, parallèles. — Saillies mésosternale et prosternale étroites. — Corps médiocrement allongé.

Le mode d'insertion des antennes ne permet pas de placer l'unique genre de ce groupe ailleurs que dans le voisinage immédiat des Disténiides; mais tous les autres caractères sont très-ditférents, ainsi que

{1) Je n’ai à ma disposition qu’un exemplaire privé de ses organes buccaux (sauf le labre) et de la plupart des pattes. ILest peu probable que les premiers soient construits sur le même plan que ceux des Disténiides.

le fait voir la formule qui précède. Les antennes surtout sont tout à fait anormales; il n'y a parmi tous les Cérambycides que celles dos ANISARTHRON qui puissent jusqu'à un certain point leur être comparées. Le genre en question est propre à la Malaisie,

HYSTERARTHRON. , J. Taows. Syst. Cerambyc. p. 224.

Femelle : Tête un peu plus large que le prothorax, munie d’un court museau formé par l'épistome; front petit, subvertical, triangulaire. — Antennes peu robustes, filiformes, atteignant à peine le milieu des élytres, à articles 1 court, en cône renversé, les suivants obconiques , 3-7 subégaux, 8-10 un peu plus courts, 411 égal aux six précédents réunis, cylindrique, obtus au bout. — Prothorax aussi long que large, cylindrique, légèrement arrondi et rebordé à sa base, — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres médiocrement allongées, assez convexes, parallèles, arrondies en arrière. — Pattes médiocres, assez robustes; cuisses graduellement en massue, un peu arquées; les postérieures un peu plus courtes que l'abdomen; tarses longs, les postérieurs à article À plus grand que 2-3 réunis. — 5° segment abdominal plus long que 4, ogival. — Saillie mésosternale très-étroite, horizontale, canaliculée. — Saillie prosternale encore plus étroite, verticale en arrière, avec son sommet anguleux, — Corps oblong, glabre.

L’unique espèce (collare, J. Th.) du genre est de la taille des plus grands exemplaires de l'Obrium caniharinum, dont elle à un peu le facies. Sa livrée est d’un noir brillant en dessous, mat en dessus avec la tête et le prothorax fauves; ce dernier est assez finement ponctué; les élytres sont couvertes de stries peu profondes, rapprochées, et en même témps fortement ponctuées et comme corrodées par place.

\ COHORTE Ir.

CÉRAMBYCIDES VRAIS SOUTERRAINS.

Saillie intercoxale de l'abdomen étroite et triangulaire chez les mâles, très-large et arrondie, ou tronquée en avant chez les femelles.

A ce caractère essentiel s'ajoutent les suivants : Languette membraneuse, bilobée. — Tubercules antennifères courts, entiers au bout.— Antennes plus longues que le corps chez les mâles, sétacées ou filiformes. — Yeux plus ou moins fortement granulés, parfois assez finement. — Elytres laissant au moins le pygidium à découvert chez les femelles. — Hanches antérieures contiguës ou faiblement séparées, conico-cylindriques, anguleuses en dehors, très-saillantes au côté in-

CÉRAMBYCIDES VRAIS SOUTERRAINS. 233

terne (1); cavités cotyloïdes intermédiaires largement ouvertes en dehors. — Forme générale le plus souvent très-différenté dans les deux sexes.

Par la forme de leurs hanches antérieures, ces insectes sont des Lepturides dans le sens qu’on attache aujourd’hui à ce mot. Aussi est-ce dans ce groupe ou immédiatement à côté que presque tous les auteurs classent le seul (Vesperus) de leurs genres qui soit familier aux entomologistes. D'un autre côté , ils ont avec certains Prionides des rapports qui ont été sentis par quelques auteurs récents (9).

En dehors de la différence que présente leur saillie intercoxale selon les sexes, ces insectes ne possèdent pas constamment un autre caractère qui existe chez les femelles de tous les Prionides souterrains, c'est-à-dire l'absence des ailes inférieures. La plupart des leurs sont, au contraire, ailées. Tous, du reste, ont cette livrée ef’cette physionomie propres aux Longicornes hypogés.

Des quatre genres qu'ils constituent, un (Vespenus) appartient à la Faune méditerranéenne, deux (APATOPHYsIS, PACHYTICON) à l'Afrique, le dernier (TryPoceus), qui est nouveau, à la Malaisie (3).

I y a, sous le rapport de la forme de la tète et de quelques autres caractères, deux types distincts chez ces insectes, et qui rendent convenable de les répartir dans deux tribus.

I. Tête non ou peu à peu et faiblement rétrécie en arrière. APATOPHYSIDES. I. — brusquement tronquée etmunie d’uncol — VESPÉRIDES,

(1) Leurs cavités cotyloïdes sont généralement ouvertes en arrière, mais

parfois (Aparoruysis), elles sont telles chez les femelles et fermées chez les mâles,

(2) C’est ainsi que M. J. Thomson (Syst. Cerambyc, p. 147) à signalé la ressemblance très-prononcée qui existe entre la femelle de l’Apalophysis toxo- {oides ot celles du genre Pozyanrunon. Comme on l’a vu plus haut (tome VIII, p. 159), le même auteur a placé les Pmuus et M. Pascoe les Dorsus, deux genres de Prionides, à côté des Vespenus. Moi-même j'ai partagé cette opinion aussi longtemps que les organes buccaux de ces genres ne m'ont pas été connus. Enfin, M. Schiœdte (Ann. a. Mag. of nat. Hist. Ser. 3, XV, p. 202) a été plus loin; il a classé les Vesperus immédiatement à la suite des Pmonus.

(3) À ces genres il faut ajouter celui que M. J. L. Le Conte (Journ. of the Acad. of Philad. Ser. 2, I, p. 318) à établi, sous le nom de Piopes et dont j'ai dit précédemment (tome VIII, p. 442, note 1) qu’il me paraissait appar—" tenir aux Cérambycides souterrains. M. J. L. Le Conte m'a fait savoir, depuis, que cette conjecture était fondée.

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