‹ Histoire naturelle des lépidoptères d'EuropeChapitre 3 sur 115 · AU RETOUR DE LA CHASSE · texte numérisé non relu

AU RETOUR DE LA CHASSE

On prend une planche ou étaloir (fig. 4) dont nous donnerons la description ci-après, et dont la rainure sera proportiennée aux corps des papillons que l’on voudra dresser; on les piquera dans ladite rainure en ayant soin de les y enfoncer jusqu’à la hauteur du dessous des ailes ; on abaissera ces dernières sur la planche, et on les y maintiendra au moyen d’une petite bande de papier fin de leur largeur, placée sur chacune d’elles, que l’on fixera à ses deux bouts avec des épingles courtes et assez fortes. Quélques personnes ont conseillé d'employer des petits morceaux de verre ou de cartes; cette méthode est défectueuse, en ce qu'on aplatit par trop la poussière coloriée qui leur donne un si bel éclat, et que souvent même on enlève totalement.

Les antennes doivent étre traitées avec beaucoup de soins pour leur donner une bonne position : on les fait so:tir de la rainure avec la pointe recourbée d’un petit poincon {fig. 5), et on les soutient sur Ja planche avec des épingles dont on trouvera tous les numéros

chez M. Simon, naturaliste, professeur de taxidermie, 5, rue de Tournon.

Cependant, au retour des excursions de la journée, sil arrivait que ceux des papillons dont les corps sont minces et délicats se soient séchés, il faudrait, avant de les étaler, chercher à les ramener à leur premier état de souplesse, ce qui ne peut se faire qu’en les piquant, comme ils le sont dans la boîte de chasse, sur une planche de liége que lon place sur du sable mouillé déposé au fond d’un vase; on couvrira ce dernier d’un linge un peu humide et de son couvercle. Vingt-quatre heures suffisent pour les ramollir. On procède ensuite, comme pour les autres, en les mettant sur l’étaloir, DS

Lorsque le papillon est bien sec, on enlève les bandes de papier, on le sort de la rainure, on enduit l'abdomen d’un peu de préservatif, et on le place dans les boîtes préparées pour cela.

Dans les grosses espèces, où la mite pourrait faire de grands ravages, on est obligé de fendre le ventre avec une fine pointe de scalpel; on élargit l'ouverture avec beaucoup de précaution, on enlève les œufs et les intestins avec les bruxelles et le petit cure-crâne; on met dans lintérieur une légère couche de préservatif, et on remplit avec du coton coupé bien fin; on rapproche les bords de l’incision, que l’on maintient dans cet état en passant dessus, avecun pinceau très fin (fig. 6), un peu d'une gomme préparée pour cette opération ; on le place ensuite comme les autres dans l’étaloir, jusqu’àce qu'il soit sec et en état d’être mis dans une boite pour être conservé pour l'étude.

Ces boites doivent être bien fermées et mises dans des endroits trèssecs. On pourra placer dans les encoignures des petits sachets de camphre et du coton imbibé d'essence de serpolet.

L'étaloir, ou planche à dresser les papillons (fig. 4) doit être de bois de peuplier très-tendre, longue de 32 centimètres, et large de 15 centimètres, divisée en deux parties égales par une rainure longitudinale large de 1 centimètre 5 millimètres, et de la profondeur de 1 centimètre 4 millimètres pour les grosses espèces. Ladite rainure divise la planche en deux plans inclinés et égaux, dont la partie la plus haute, qui est de 3 centimètres, se trouve du côté opposé à la rainure,

Ces planches, de l'invention de M. Simon, ont été ainsi faites pour conserver aux ailes des papillons une position un peu relevée, gracieuse et naturelle, qu'elles ne peuvent avoir en séchant à plat sur les panches qu'on emploie ordinairement à cet effet.

M. Simon a, pour dresser les papillons, trois numéros de planches don les rainures varient seulement de largeur, suivant la grosseur des espèces.

Nous ne terminerons pas sans indiquer aux amateurs le moyen à employer pour conserver leurs collections de papillons.

Ils devrout visiter souvent les boites dans lesquelles ces insectes sont classés, et lorsqu'ils auront remarqué au pied d’une épingle une poussière Jaunâtre qui leur aura indiqué que le papillon qu'elle supporte est attaqué, ils le retireront et le piqueront sur une planche de liége disposée au fond d’une boite de fer-blanc hermétiquement fermée, qu'ils descendront dans un vase de même métal rempli d’eau que lon mettra er ébullition pendant un bon quart d’heure ou une demi-heure. Au sortir de l’étuve, en lui passera’ de nouveau une couche de préservatif le long de l'abdomen avec le petit pinceau (fig, 6), et lorsqu'il sera sec, on le replacera dans la boîte dont on l'avait sorti.

La bruxelle désignée fig. 7 ne doit pas être crénelée à l’intérieur de ses deux extrémités.

La pince, dite d'entomologie (fig. 8), dont se servent MM. les amateurs pour soulever et piquer avec plus de facilité dans les boîtes les

papillons et les insectes, ne se trouve également que chez M. Simon, qui en est l'inventeur.

Un blaireau mou pour enlever la poussière qui auraitpu tomber sur les papillons avant de les placer dans la collection (fig. 9).

Une petite pince plate servant à fixer les épingles sur les bandes de papier Lane le papillon est dans l’étaloir (fig. ro).

Une autre petite pince pour couper toutes les épingles à la même hauteur lorsque les papillons sont dans des cadres d'ornement (fig. 11).

Une petite paire de ciseaux pour couper, au besoin, les ailes, les bandes de papier et toute autre chose (fig. 12).

Un étui servant à mettre les aiguilles à tête d’émail, le petit curecrâne et l’aiguille à coudre (fig. 13).

Un petit vase en cristal servant à mettre la gomme dont nous avons donné la composition à la fin de cette petite méthode, pour coller les antennes, les ailes, etc. (fig. 14).

Un scalpel pour faire l'ouverture des grosses espèces de papillons et pour tout autre usage (fig. 15}

Nous donrerons ici la recette d’une pâte savonneuse sans arsenic dont BI. Simon fait usage depuis nombre d'années, et qui remplace avec succès le savon arsenical de Bécœur et ceux des autres préparateurs, sans présenter les dangers auxquels la jeunesse studieuse, et quelquefois prédisposée à une affection de poitrine, serait infailliblement exposée en respirant les miasmes délétères de ce savon arsenical.

Les mères de famille peuvent donc être sans inquiétude en voyant leurs enfants, faibles encore, se livrer à leur goût pour l’histoire naturelle.

D'un autre côté, M. Simon garantit à MM. les amateurs la durée des objets préparés avec cette pâte savonneuse sans arsenic, dont il a composé la recette conjointement avec M. Julia de Fontenelle son ami, ex-professeur de chimie à la Sorbonne,

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