‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 96 · DE LA CLASSE · texte numérisé non relu

DE LA CLASSE

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Le célèbre naturaliste suédois Linné apportait un goût exquis dans le choix des nombreuses dénominations qu’il était chaque jour obligé d'inventer pour édifier son Système de la Nature. Ce fut lui qui proposa d'appeler Primates, c'est-à-dire Premiers ou Primats des Animaux, l'ordre par lequel nous commencerons cette histoire des Mammifères. IL y plaçait, avec l'Homme, non-seulement les Singes et Les Makis, dont l'organisation se rapproche plus ou moins de celle qui distingue notre espèce, mais aussi les Chauve-Souris et les Paresseux qui ont dû en être séparés, lorsqu'il a été permis d'apprécier plus exactement les particularités organiques qui les distinguent.

Les véritables Primates ou les Animaux de ce premier ordre jouissent du privilége d’exciter vivement la curiosité; ils méritent aussi toute l'attention du philosophe. Si d'autres espèces de Mammifères ont acquis une égale célébrité, à cause de leur grande taille et de leurs habitudes féroces, ou, au contraire, à cause de la facilité avec laquelle elles se soumettent à la domination de l'Homme, il n'en est certainement pas qui justifient mieux l'intérêt qu’on attache à les bien connaître. La pétulance de certains d'entre eux, la lenteur réfléchie de quelques autres, la variété ainsi que la mobilité des aptitudes chez le plus grand nombre, la finesse des instincts chez tous, et en même temps la forme du corps, toujours plus ou moins analogue à la nôtre, enfin les allures de ces singuliers animaux, leur physionomie presque humaine et la similitude à peu près constante de leurs mouvements avec ceux que nous exécutons sont autant de faits curieux qui excitent la curiosité du vulgaire et retiennent, sans jamais lui donner satisfaction, l'attention de l'Homme observateur. C'est pour ces motifs que chez tous les peuples, civilisés ou barbares, les Singes sont recherchés avec soin, et qu’on les garde en captivité pour s’en amuser ou pour s’instruire, quoiqu'il soit impossible d'en obtenir aucun autre service. A toutes les époques, ils ont inspiré les mêmes sentiments, et, dans quelques pays, ils ont joué ou jouent même encore un rôle important dans la religion et dans les préjugés nationaux. Les Egyptiens avaient fait du Tartarin le symbole de l’une de leurs divinités principales. Les Grecs, plus éloignés que les Egyptiens des pays habités par les Singes, et n'ayant sur plusieurs d’entre eux que des renseignements tout à fait incomplets ou même erronés, ont laissé dans leurs écrits une foule de notions fausses qui nous montrent comment la nature si ambiguë de ces Animaux avait dès lors frappé l'imagination des Hommes. Dans d’autres cas, on les a étudiés dans l'intention de perfectionner les connaissances anatomiques, et de suppléer ainsi à l'impossibilité dans laquelle on se trouvait d’étudier dans l'Homme lui-même les détails de la structure humaine. Plus récemment, et sur-

tout depuis les grands voyages et les conquêtes lointaines qui ont accompagné ou suivi l'époque de la Renaissance, les naturalistes ont ajouté de nombreuses espèces à celles d'ailleurs peu variées que les anciens avaient connues.

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Les travaux de Buffon ou de son dévoué collaborateur Daubenton ont surtout éclairé l'histoire des Primates; elle doit aussi de précieuses acquisitions aux recherches de MM. Geoffroy Saint-Hilaire père et fils, ou de F. Cuvier, en France, et de beaucoup d’autres naturalistes français ou étrangers dont nous rappellerons les noms dans cet ouvrage à mesure que l'occasion s’en présentera. Aux principaux Singes propres à l'ancien continent ou au nouveau, aux Makis et à quelques Animaux voisins que Buffon et Daubenton connaissaient, et que Linné avait inscrits dans son Système, sont venus s'ajouter plusieurs espèces aussi nouvelles que remarquables, et qui, pour la plupart, ont servi à l'établissement de genres particuliers. Les Colobes, la plupart des Semnopithèques, beaucoup d'espèces appartenant aux autres genres de Singes, et même plusieurs de ces genres dans les diverses tribus des Pithéciens, des Sapajous et des Ouistitis; les Galagos, l'Indri, l'Aye-Aye ou Cheiromys et les Galéopithèques n'étaient pas connus lorsque Buffon et Daubenton publièrent leur histoire des Singes et des autres Animaux du même ordre, ou ne l'étaient encore que très-imparfaitement lorsque ce célèbre ouvrage parut. De ce nombre était aussi le uorille, qui a été confondu avec le Chimpanzé jusque dans ces dernières années. Le Potto, déjà signalé par Bosmann , voyageur hollandais du dix-septième siècle, n’a été revu qu'en 1830, et on n’a pas connu plutôt en nature les Cheirogales de Geoffroy Saint-Hilaire dont il est cependant question dans les manuscrits du voyageur Commerson, qui avait accompagné Bougainville,

Comme on le voit, la science moderne s’est enrichie, au sujet de ces Animaux, d’un grand nombre d'observations importantes, et leurs mœurs, leur répartition à la surface du globe, les particularités principales de leur Organisation ont été également étudiées avec soin. Aussi leur classification est-elle aujourd'hui parfaitement établie; en même temps, la plupart des erreurs qui s'étaient accréditées à leur sujet ont pu être reconnues et remplacées

par des détails plus exacts. Beaucoup d'auteurs, imitant en cela Blumenbach et G. Cuvier, Ont préféré la dénomination de Quadrumanes à celle de Primates, qui a néanmoins prévalu, Pour les mêmes naturalistes, l'Homme, que Linné regardait comme le premier des Primates, et le Galéopithèque, qui en est, au contraire, le dernier, ne doivent pas être classés dans 1e même ordre que les Singes, les Sapajous et les Makis ou Lémuriens. Le Galéopithèque est 'angé par Cuvier à la fin des Chciroptères ; et l'Homme constitue à lui seul, dans la méthode de ce célèbre naturaliste, l'ordre des Bimanes, ainsi nommé par Blumenbach, et dont la place est marquée avant celle des Quadrumanes. N'ayant pas à traiter ici de l'espèce humaine, je ne dois pas discuter, avec tous les détails que Comporterait le sujet, ce point de doctrine scientifique. Je me bornerai donc à dire que si c’est à l’organisation elle-même que l’on emprunte les caractères qui doivent servir à la classification des espèces, on donne à ceux de la station et du mode de progression par lesquels l'Homme diffère des premiers Singes, une trop grande importance, en faisant de l'Homme le type d’un ordre à part; que si c'est : au contraire, l'intelligence que l’on consulte et Surtout la supériorité morale, l'établissement d'un ordre distinct pour cette espèce privilégiée n’est pas suffisant pour exprimer combien elle diffère de toutes les autres. Quant au Galéopithèque, les caractères qui le distinguent ne sont ni assez différents de ceux des derniers Primates, ni assez semblables à ceux du Cheiroptère, pour qu'il soit possible de le séparer du premier et de le réunir au second. Nous en parlerons done en terminant l'Ordre qui comprend les Singes, les Sapajous, ainsi que les Makis.

Quant à la dénomination de Quadrumanes, sous laquelle on Makis, en faisant allusion aux pouces opposables qui font de mains comparables à celles de l'Homme, elle e

a réuni les Singes et les leurs quatre extrémités des St bien loin de s'appliquer à la totalité des

espèces qui l'ont pourtant reçue, et je ne parle pas ici des Galéopithèques, qui n'ont des pouces opposables ni aux membres antérieurs ni aux postérieurs. {l y a des espèces parmi les Quadrumanes de Blumenbach et de Cuvier, qui n'ont pas quatre mains, dans le sens propre de ce mot, car elles manquent plus ou moins complétement de pouces aux membres supérieurs. Tels sont les Colobes, qui sont d'Afrique, et les Atèles, ainsi que les Eriodes, qui appartiennent, au contraire, à la tribu des Singes américains. D'autres ont bien un pouce complet aux membres supérieurs, mais ce pouce suit la même direction que les autres doigts, et il n’est pas plus opposable que celui des carnivores chez lesquels il acquiert le même degré de développement, Ce sont les Ouistitis, qu’on a même nommés Arctopithèques, à cause de cette particularité, c'est-à-dire Singes à mains d'Ours. Plusieurs Lémuriens sont aussi dans le même cas, et il en est de même du genre Cheiromys. Sous ce rapport, les Animaux que nous venons de citer sont plutôt Pédimanes à la manière des Sarigues et des Phalangers, que Quadrumanes, comme les Singes de l'ancien monde et les Makis.

On doit faire à cet égard une remarque très-importante pour la juste appréciation des aractères physiques de l'Homme, le premier de tous les Primates, et, pour tous les naturalistes, le premier des Animaux. Chez l'Homme, c’est le pouce des membres supérieurs qui est opposable et qui contribue à faire de la main cet instrument si parfait et si en rapport, par son exquise sensibilité ainsi que par la variété de ses mouvements, avec la supériorité de l'intelligence humaine, dont elle est le principal instrument. Le pouce des membres inférieurs est, au contraire, dirigé dans le même sens que le reste des doigts. C'est l'inverse qui a lieu chez les autres animaux : nul n’a de pouces opposables aux membres antérieurs, si ceux des membres postérieurs ne sont aussi dans ce cas, et quand il n'y à qu'une seule paire de pouces opposables, ce ne sont jamais que les pouces de derrière,

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L'ordre des Primates comprend un nombre considérable d'espèces, près de deux cents, qui toutes sont faciles à reconnaitre comme telles par l'ensemble de leurs caractères, Toutefois, il est impossibe d'en établir une diagnose absolument rigoureuse, aucun de leurs caractères n'ayant une constance absolue, |

On peut dire cependant que ces Animaux sont des Mammifères pourvus de quatre membres, à doigts ongui- , Le / culés, destinés à marcher : K ou mieux encore à grimper, et qui différent des autres familles également quadrupèdes et onguiculées, parce qu'ils ont presque généralement le pouce des membres postérieurs, ét, fréquemment, celui des membres antérieurs opposable aux autres doigts; le plus souvent leurs mamelles sont pectorales et au nombre de deux seulement; leurs dents, presque toujours de trois sortes, sont appropriées à un régime plus où moins frugivore. I faut ajouter que leur cerveau, de plus en plus semblable à celui de

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6 ORDRE DES PRIMATES, plus rapprochées de lui sous les autres rapports, a aussi ses lobes olfactifs grèles et allongés, ce qui ne se retrouve que dans les Phoques , et que la plupart de leurs organes qui servent à la locomotion, à la nutrition où à la reproduction de l'espèce, rappellent toujours ceux de l'espèce humaine d'une manière plus ou moins évidente, C'est ce qui a fait admettre, comme Linné l'avait d'ailleurs établi, que l'Homme, envisagé comme être organisé, appartient à la série des Primates.

On verra, par ce que nous exposerons, que l'ordre des Primates peut être divisé ainsi qu'il suit, en quatre familles, savoir :

1° Les SINGES (Simiadæ, Simidæ, ete., des nomenclateurs). Ils se partagent eux-mêmes en deux catégories bien distinctes, d’après la considération de plusieurs caractères que nous exposerons bientôt et qui concordent exactement avec leur répartition à la surface du globe. Les uns, auxquels on à étendu le nom de Pithèques, sont de l'ancien continent, principalement de l'Inde et de l'Afrique; les autres, appelés Sapajous et Ouistitis, habitent l'Amérique, surtout dans ses parties chaudes.

2 Les LÉMURIENS (Lemuridæ de quelques auteurs), Ils comprennent, outre les Makis, les Indris, ete., qui peuplent la grande île de Madagascar, quelques genres africains ou asiatiques, savoir : les Galagos, les Pérodictiques ou Pottos, les Tarsiers et les Loris.

3° Les CHETROMYS (Cheiromydæ, Is. Geoffroy). Leur seule espèce connue est le singulier Aye-Aye de Madagascar, qui réunit à plusieurs des caractères propres aux Lémuriens une dentition tout à fait comparable à celle des Rongeurs ;

4° Les GALÉOPITHÈQUES (Galeopithecidæ). Animaux pourvus de membranes destinées au vol, qui rappellent celles des Écureuils volants, et des Phalangers volants, Ainsi que nous l'avons déjà dit, ils vivent dans certaines îles de l'Inde.

FAMILLE »ves SINGES

Dans le langage ordinaire, et même dans celui de la science, le mot SINGE (Sümia) reçoit une signification bien arrêtée, mais plus étendue que celle que Buffon avait essayé de lui donner, Dans sa manière de voir, on aurait dà n’appeler ainsi que les espèces à formes plus semblables à celles de l’homme, également dépourvues de queue et n’ayant point d’abajoues, Ces espèces sont les mêmes que l’on a nommées depuis lors SINGES ANTHROPOMORPHES.

« J'appelle Singe, dit Buffon, un Animal sans queue, dont la face est aplatie, dont les dents, les mains, les doigts et les ongles ressemblent à ceux de l'Homme, et qui, comme lui, marche debout sur ses deux pieds : cette définition, tirée de la nature même de l'Animal et de ses rapports avec celle de l'Homme, exclut, comme l’on voit, tous les Animaux qui ont des queues, tous ceux qui ont la face relevée ou le museau long ; tous ceux qui ont les ongles courbés, crochus ou pointus ; tous ceux qui marchent plus volontiers sur quatre que sur deux pieds.» Le Pithecos des Grecs ou l’Animal de Galien, que nous verrons être le même que le Magot des naturalistes modernes, est regardé à tort comme un de ces singes par Buffon, La définition s'applique au contraire fort bien à l'Orang-Outan, auquel il rapporte non-seulement ce qui a trait à cet animal, mais aussi ce que l’on savait de son temps au sujet du Chimpanzé, qu'il a eu vivant, et du Gorille, qu'il n’a connu, ainsi que le véritable Orang, que par les récits des voyageurs. 1 y ajoute le Gibbon, Au-dessous des Singes véritables, Buffon classe les

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Babouins, parmi lesquels il distingue, outre le Cynocéphale où Magot, le Papion, le Mandrill et l'Ouanderou, Après les Singes et les Babouins, il décrit les Guenons, « Animaux qui ressemblent aux uns ot aux autres, mais qui ont de longues queues, c'est-à-dire des queues aussi longues ou plus longues que le corps, » Buffon en comptait neuf espèces, et il les énumére dans l'ordre suivant : les Macaques, les Patas, les Malbrouks, les Mangabeys, la Mone, le Callitriche, le Talapoin et le Douc. Toutefois, Buffon n'admet pas que ses trois catégories soient aussi distinctes qu'on serait tenté de le croire, Entre les Babouins et les Guenons vient se placer le Maimon; et le Magot, d'ailleurs distingué à tort du Pithèque, à l'espèce duquel il appartient , relie les Singes aux Babouins, Buffon ajoute qu'il ne se trouve dans le nouveau continent ni Singes, ni Babouins, ni Guenons, et que les animaux de l'Amérique que l'on a appelés des Singes forment deux catégories à part, les Sapajous et les « Sagouins, tous très-différents de tous les Singes de l'Asie et de l'Afrique, »

Ce fut en 1766 que le célèbre naturaliste français publia, dans le XIVe volume de son /lisloire naturelle, sa nomenclature des Singes, Les auteurs qui l'avaient précédé avaient mal décrit on général les Animaux que l’on désigne encore par cette dénomination, et dont les Singes proprement dits ou les véritables Singes de Buffon, ne forment qu’une fraction peu considérable, Son travail, auquel Daubenton concourut d'une manière active, modifia notablement les idées que l'on avait au sujet de ces Animaux, et il a servi de base à tout ce qui à été fait depuis sur la même matière, La distinction tranchée qu'il a établie entre les espèces américaines et celles de l'ancien continent mérite surtout d'être signalée comme une véritable découverte, car tout ce que l’on a observé depuis, aussi bien sur les espèces vivantes que sur celles qui ont vécu antérieurement à l'époque actuelle, et dont les débris ont été recueillis dans les terrains tertiaires, est venu la confirmer d’une manicre éclatante, Tandis que certains genres de Mammifères fournissent des espèces à l’ancien et au nouveau continents, et qu’il en est même, comme celui des Rats, qui ont des représentants jusque dans la Nouvelle-Hollande, les genres de Primates sont très-régulièrement distribués à la surface du globe, Ceux de l'ancien continent joignent à des dents semblables à celles de l'homme par le nombre et par la formule, une disposition particulière des narines et quelques autres caractères à l’aide desquels il est facile de les distinguer des genres américains, et ceux-ci ne se laissent pas moins aisément séparer des Primates inférieurs que l’on réunit, dans beaucoup de cas, en une seule famille, sous le nom de Lémuriens, emprunté au mot latin Lemur, par lequel Linné avait désigné le genre qui comprend les Makis, Ils sont d’ailleurs de deux sortes : les véritables Sapajous, dont les genres sont assez variés, et les Ouistitis, animaux plus petits que les précédents et moins nombreux en espèces,

Malgré le sens plus limité que Buffon avait essayé de donner au mot Singe, les naturalistes ont continué de l'appliquer aux nombreux Animaux que, dans le langage ordinaire, on appelle Également ainsi, Buffon lui-même n’a pas tenu compte, dans la suite de son ouvrage, de la distinction qu'il avait établie,

Les Singes, rigoureusement parlant, sont donc ces Mammifères, les uns propres à l’ancien continent, les autres particuliers au nouveau, qui ont avec l'Homme une ressemblance plus où moins grande dans les formes extérieures, et dont les allures ou les gestes ont souvent une telle analogie avec les nôtres que, de tout temps, les savants et le vulgaire ont été incertains s'ils ne devaient pas être associés génériquement à notre propre espèce,

Les Singes sont des Animaux qui vivent pour la plupart sur les arbres ou dans les pays rocailleux, qui se nourrissent de fruits, de bourgeons, d'œufs, quelquefois aussi d'insectes. On les reconnait aisément à leur organisation, dont les principaux traits concordent avec ceux que le genre humain présente à un degré si élevé de perfection ; leur cerveau et leurs autres organes profonds; leur apparence extérieure, et, en particulier, la forme de leur tête, la place et le nombre de leurs mamelles,

leurs pouces des membres ‘supérieurs, le plus souvent Opposables aux autres 4

oigts, leur station approchant de plus en plus de la

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verticale, mais sans jamais l'être complétement, et certaines communautés dans les aptitudes intellectuelles : tout, dans ces Animaux, accuse une incontestabie ressemblance avec l'Homme et une supériorité par rapport aux autres quadrupèdes. Toutefois, cette ressemblance diminue à mesure que l’on descend dans la série des genres qui composent la famille des Singes; et, tout en conservant les traits fondamentaux du groupe auquel elles appartiennent, les dernières espèces montrent dans leur intelligence autant que dans leur cerveau, dans leurs formes aussi bien que dans la structure. de leurs principaux organes, une infériorité évidente, si on les compare aux premières et surtout à l'Homme, Aussi les place-t-on à une bien plus grande distance de ce dernier dans la classification.

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Les Ouistitis sont précisément ces Singes inférieurs auxquels nous venons de faire allusion. Ils prennent rang aprés les Sapajous, Animaux également américains, avant lesquels on doit, au contraire, placer les Singes de l'ancien continent, Geux-ci ont, dans leur système dentaire et dans tous leurs organes, des affinités plus grandes avec l'espèce humaine,

Ainsi, nous aurons à parler successivement de trois groupes de Singes bien différents les uns des autres et dont chacun constitue une tribu distincte, savoir :

1° Les PITIRÉCIENS (Pithèques) où Singes de l’ancien continent, dont la formule dentaire est la même que celle de l'Homme,

2 Les CÉBIENS (Sapajous) où Singes américains, pourvus de trente-six dents,

30 Les HAPALIENS (Ouistilis) ; qui n'ont que trente-deux dents, comme les ithèques, avec une formule différente de celle de ces Animaux, et plus semblable en réalité à celle des Sapajous, Aussi peuvent-ils être réunis aux Gébiens.

TRIBU vs PITHÉCIENS

Les Pithéciens, ou Singes de l’ancien continent, se laissent aisément reconnaître aux Caractères que voici : leurs narines sont séparées, comme celles de l'Homme, par une cloison mince, chacune d’elles est étroite et plus ou moins inférieure, sans que pourtant ie nez fasse

habituellement saillie comme celui de notre espèce; le Nasique, qui est un Singe du genre Semnopithèque , présente cependant ce caractère, La queue existe fort souvent, et elle est tantôt longue, tantôt, au contraire, plus ou moins courte ; d'autres fois elle est tout à fait nulle, et on n’en trouve d'autre trace qu'un petit coceys caché sous la peau comme celui de l'Homme, Si développée qu'elle puisse être, elle n’est jamais prenante, c’est-à-dire susceptible de s’enrouler autour des corps pour les saisir ou y suspendre l’Animal, Les deux tubérosités des os ischiatiques, sur lesquelles les Pithéciens s’asseoient , sont habilueliement encroûtées de callosités épidermiques, dites callosités fessières, qui manquent constamment aux Singes américains, La formule dentaire est absolument la même que dans l'Homme, savoir : deux paires de dents incisives à chaque màchoife; une paire de canines et : ; 4 ie DENTS br L'Howmr, grandeur nafurele cinq paires de molaires divisibles

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La première dentition ressemble aussi à la nôtre, et se compose de vingt dents ainsi réparties : deux paires d'incisives à chaque mâchoire, une paire de canines et deux paires seulement de molaires.

LES VINGT DENTS DE LAIT DE L'ESPÈCE HUMAINE, LES VINGT DENTS DE LAIT DE L'ORANG ET SES QUATRE PREMIÈRES GROSSES DENTS grandeur nature!le. PENSETANTES, grandeur naturelle.

Les Singes de la premiére tribu ont encore beaucoup d'autres traits communs avec l'Homme, mais ceux que nous venons de signaler, étant plus faciles à saisir, ont, à cause de cela, une plus grande importance aux yeux des naturalistes classificateurs, et nous nous bornerons à leur seule énumération.

Le nom sous lequel nous avons inscrit cette premkre tribu est le même qu'a employé EE — M. de Blainville, Pithèque, et, par suite, Pithéciens ou Pithecini viennent du mot grec Pithecos, (riënxos), que les anciens ont fréquemment employé, et qui s’appliquait, dans la langue des Grecs, tantôt aux différentes espèces de Singes qu'ils connaissaient, tantôt à l’une de ces

espèces prisé en particulier, Cette espèce, qui était alors celle qu’on recevait le plus fréquem- à sl ment en Europe, est la même qui vit dâns le nord de l'Afrique, et que nous appelons le Magot.

Le substantif Pithecos entre aussi comme racine dans la composition de plusieurs autres dénominations, les unes employées par les anciens, les autres imaginées par les modernes pour désigner des Singes soit d'espèces africaices, soit d'espèces asiatiques. C’est ainsi qu’il est question dans Ctésias, dans Strabon et dans Pline, d’un Cercopithecos, c'est-à-dire d'un Pithèque pourvu d'une queue, et qu'Aristote parle d’un Choiropithèque où Pithèque à forme de Cochon,

Quoiqu'il reste encore quelque doute sur la détermination spécifique du Cercopithèque que Ctésias dit asiatique, et Pline, au contraire, éthiopien, et qu'il soit encore impossible à d'assurer ce qu'était le Choiropithèque qu’'Aristote mentionne sans le décrire, les naturalistes modernes ont employé les mêmes dénominations en arrêtant la valeur d’une manière plus précise, Buffon donne le nom de Cercopithecos comme ayant le sens attaché par lui au mot Guenon, et M, de Blainville a quelquefois substitué au nom générique des Cynocéphales, tel que les définissaient Buffon et G. Cuvier, celui de Chæropithecus, et il a proposé pour d’autres

genres des noms terminés également par la désinence Pithèque, F. Guvier à nominé Serro-

dents ainsi deux paires

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