‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 96 · LS · texte numérisé non relu

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Gi88oN Hoorocn, 1/3. GIBBON CONCOLORE, 1/3.

1s l'Histoire Le GIBBON CONCOLORE (//ylobales concolor), également décrit par M. Harlan, est tout à

n, fait noir, 11 habite l’île de Bornéo, M. Martin l’a nommé Hylobates Mulleri. Le GIBBON GHOROMANDEL (Hylobates choromandus, O'Gilby). I a le pelage brun cendré, de grandes moustaches noires, une barbe bien fournie, OPA et les poils du dessus de la tête longs et redressés. C’est ir ns une espèce incomplétement connue, que l’on dit origi- ——{}—

naire de l’Inde continentale.

LE GIBBON CENDRÉ ( Hylobates leuciscus) est le Wouwou de Camper, mais point celui de Duvaucel et de F, Cuvier. Audebert l’a représenté sous le nom de Moloch. C'est celui que l’on amène le plus fréquemment en Europe, Java paratt être le point où on le trouve. Son pelage est uniformément gris cendré, avec Jé des-

sus de Ja tête gris foncé et le tour du visage gris clair,

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GIBBON CERNDRÉ, 1/3,

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Gerv.) La seule espèce connue n’existe plus sur le globe. C'est le Singe fossile à Sansan, dans le département du Gers, dont les débris, découverts par M. Lartet, sont décrits dans les derniers ouvrages de paléontologie, sous le nom de Pliopithecus antiquus.

Ce Singe européen, était un peu inférieur aux Gibbons pour la taille, et ce que l’on a observé

de son squelette tend à faire supposer que,

Macnoine inrénivar ou Prioririèque, de grand, nat

tout en appartenant à la même division des Pithèques Anthropomorphes, il doit prendre rang au-dessous d’eux dans la série des genres. M, de Blainville, M. Is. Geoffroy, M. Laurillard et moi en avons successivement décrit les caractères. La pièce la plus complète qu'on en connaisse est la mâchoire inférieure dont nous venons de donner la figure de grandeur naturelle,

SEMNOPITHÈQUES

On reconnait les Singes de cette catégorie à leur face courte, à leurs oreifles arrondies, à leur corps assez grêle et élancé, ainsi qu’à leur queue, plus longue que chez tous les autres, Ces caractères ne sont pas les seuls qu’on puisse leur assigner : il faut y ajouter 1° que les canines des Semnoôpithèques ne sont pas très-développées, et que celles de leur mâchoire supérieure, souvent un peu plus larges que d'habitude, dépassent peu les autres dents, 2° que leurs molaires ont les tubercules de la couronne disposés en collines transversales, ce qui indique un régime plus exclusivement végétal que celui de la plupart des autres Primates, et concorde bien avec la forme plus compliquée de leur estomac. Cet organe, au lieu d’être simple etplus ou moins analogue à DENTS DU SEMNOPITHÈQUE MAURE,

grand, ra!,

celui de l'Homme, des

Carnivores, etc., comme l’est celui des autres Singes, est remarquable par son grand allongement, et il présente , dans une grande partie de sa région moyenne, des boursouflures tout à fait comparables à celles du gros intestin ; sa partie cardiaque ou la plus rapprochée de l'æœsophage est dilatée de manière à représenter, mais avec un développement moins considérable, la panse des Ruminants ; d'autre part, la région pylorique est allongée, ce qui la fait ressembler un peu à la caillette des mêmes Herbivores. Tous les Semnopithèques ont l’estomac ainsi disposé et ils manquent d’abajoues.

Il ÿ a deux genres parmi ces Animaux, Celui qui renferme le plus d'espèces est celui des Semnopithèques, exclusive-

ment propre à l'Inde. Deux de ces espèces, qui s'éloignent

EsromMac DU SLMNOPITHÈQUE NEIGEUX, rer NT , £ :

2/3 de grand. nat. assez des autres, ont paru mériter une distinction générique,

Ce sont le Vasique, Animal si singulier par le grand allonge-

ment de son nez, et le Presbyle, qui diffère par l’absence de troisième colline à la dernière

molaire inférieure, Les Colobes, qui vivent en Afrique, sont aussi des Semnopithéciens; leurs

mains antérieures manquent de pouces ou n'en ont qu’un faible rudiment à l'extrémité du

métacarpien, qui porte chez nous et chez la plupart des Singes les deux phalanges dont le

pouce est constitué, C’est à peu près le seul caractère à l’aide duquel on puisse les distin-

guer des Semnopithèques véritables chez lesquels le même organe est d’ailleurs plus court qu'il ne. l'est habituellement chez les Primates, (Voyez au genre Magot.)

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Les mœurs des Semnopithéciens paraissent peu différentes de celles des Guenons. Toutefois ces Animaux n’ont pas la pétulance des Singes africains que nous venons de nommer.

Quoique fort agiles, ils sont moins brusques:; leurs passions sont moins vives, et leur régime, ainsi que nous l'avons dit, approche davantage de celui des’ Herbivores. Leurs dimensions égalent en général celles des grandes espèces de Cercopithèques, mais elles sont inférieures à celles des Anthropomorphes et des Cynocéphales. L'Entelle, qui représente à peu près la taille moyenne des Semnopithéciens, a un peu plus d'un mètre quand il se tient debout, et sa queue est longue d’un mètre, Les couleurs des, mêmes Singes sont quelquefois assez agréables; mais, parmi eux, le Douce peut seul rivaliser avec les Guenons par l'élégance de son pelage; la plupart des autres ont en partie l’uniformité que nous avons vue chez les premières espèces, et le roussâtre, le gris, le brun ou le blanchâtre sont leurs teintes les plus habituelles,

Il n’est pas probable que les anciens aient vu des Singes du genre Semnopithèque, et les Golobes paraissent leur avoir été inconnus, Ce qu’ils nous ont laissé au sujet de l’Animal qu'ils nomment KepxortOexos (Cercopithecos) , est trop vague et trop entaché d'erreurs pour qu'il soit possible d’y retrouver avec certitude quelqu'une des espèces à très-longue queue dont cette tribu est composée, plutôt qu'une Guenon, ou, au contraire, un Macaque, ainsi qu’on l'a successivement proposé, Le plus ancien auteur qui ait parlé du Cercopithecos est Ctésias, médecin de la famille des Asclépiades, qui vivait environ quatre cents ans avant J. C., et qui, ayant été fait prisonnier à la bataille de Cunaxa, fut retenu pendant dix-sept ans à la cour d’Artaxercès,

De retour à Athènes, Ctésias rédigea une histoire de la Perse et une relation sur l'Inde; celte dernière renferme des détails d'histoire naturelle, Il y parle de deux espèces de Singes dont une, plus petite que l’autre, ayant la queue fort longue (il dit quatre coudées). Hérodote a’aussi fait mention du Cercopithèque comme d'un Animal particulier à l'Inde; mais Pline a dit qu'il était d’Ethiopie, ce qui jette queique doute sur la déterminätion de ce Singe, l'Afrique ne nourrissant aucune des espèces de Quadrumanes qui vivent dans l'Inde,

Quoi qu'il en soit, le même nom à été laissé en propre par les auteurs les plus modernes aux Singes africains, appelés aussi Guenons, et dont la queue, assez longue, maïs sans être égale à celle des Semnopithéciens, constitue l’un des principaux caractères,

De nos jours, on voit quelquefois des Semnopithèques dans les ménageries; mais on n’y à pas, que je sache, conduit encore les Colobes. L'espèce qu’on y amène le plus’ souvent est l’Entelle ou Singe sacré des Indous. La ménagerie du Muséum a aussi possédé le Semnopithèque nègre. Ni l'un ni l’autre ne paraissent répondre au Cercopithèque des Grecs, et si celui-ci était réellément un Animal de ce genre, on devrait supposer que c'était plutôt le Semnopithèque à fesses blanches (Semnopithecus leucoprymnus du naturaliste Otto). En effet, celui-ci vit dans l’île de Ceylan, dont les anciens ont parlé sous le nom de Trapobane; et comme cette Île, quoique dépendante de l’Inde, n’est pas très-éloignée de l'Afrique, on pourrait, à la rigueur, supposer que sa position géographique ou quelque autre cause a conduit Pline à donner le Cercopithèque comme Africain, Qui ne sait, d’ailleurs, combien sont fréquentes les erreurs relatives à l’habitation des Animaux déjà connus de l'antiquité, et combien de semblables méprises sont commises ou rectifiées chaque jour par les naturalistes et les voyageurs au sujet des espèces dont les premiers exemplaires avaient été obtenus par suite des relations commerciales,

GENRE SEMNOPITHÈQUE (Semnopithecus, F. Cuvier), Les Semnopithéciens d'Afrique ou les Colobes avaient été distingués gérériquement, en 1811, par Illiger ; ce fut seulement en 1821 que F, Cuvier sépara des Gv2nons les Singes à longue queue de l'Inde, Il leur donna le nom de Semnopilhecus, rapp' que leurs formes sont assez grêles, si on les compare à celles des Guenons et surtout des Macaques, Deux espèces de Semnopithèques avaient déjà servi à l'établissement de deux genres différents : le Douc (genre Lasiopyga,

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liliger, ou Pygatrix, E. Geoffroy), parce qu’on le croyait à tort dépourvu de callosités fessicres , et le Nasique (genre Nasalis, E, Geoffroy), à cause de la forme allongée de son nez, Ni l’un ni l'autre de ces noms ne pouvaient être appliqués aux espèces que F, Cuvier à nommées Semnopithèques, Il indiqua d’abord les caractères de ce genre dans son ouvrage sur les Dents des Mammifères, et, dans son Zistoire naturelle de la même classe d'Animaux, il ajouta de nouveaux renseignements à cet égard, montrant en même temps que l’Entelle, le Cimepaye, le Tchincou et le Croo devaient y être rapportés. Desmarest, l’un des premiers, a adopté cette division, qui est, en effet, excellente, et il en a parlé dans le Supplément à sa Mammologie.

M. Is. Geoffroy s’en est occupé longuement dans plusieurs occasions, et en particulier dans la partie zoologique du Voyage aux Indes de M. Belanger. On lui doit la description de plusieurs espèces de Semnopithèques. Voici comment le même naturaliste expose dans un autre ouvrage la classification des Semnopithèques dont on possède les dépouilles dans les galeries du Muséum :

1° Espèces ayant les poils du dessus de la tête, à partir du front, courts et dirigés en arrière :

Semnopithèque Douc (de la Cochinchine),—Semnopithèque aux fesses blanches (de Ceylan), — Semnopithèque barbique (patrie inconnue) , — Semnopithèque obscur (de la presqu'île malaise) , —Semnopithèque à capuchon (de l'Inde continentale ) ;

2° Espèces ayant les poils du dessus de la tôte divergents, à partir du point central, et couchés :

Semnopithèque de Dussumier (du Malabar) , — Semnopithèque Entelle (de l'Inde) ,— Semnnopithèque aux mains blanches (des îles Philippines) ;

3° Espèces ayant les poils du dessus de la tête relevés, ceux de la partie antérieure arqués en avant :

Semnopilhèque huppé (de Sumatra) , — Semnopithèque nègre (de Java) , — Semnopithèque à cuisses rayées (de Bornéo, peut-être aussi de Sumatra) , — Semnopithèque doré (de Java? des Moluques ?) ;

4° Espèces ayant sur la tête de longs poils disposés en une crête ou huppe comprimée:

Semnopithèque couronné (de Bornéo) ,— Semnopithèque de Siam (du continent indien), — Semnopithèque mitré (de Java),— Semnopithèque aux mains jaunes (de Sumatra), — Semnopithèque à huppe noire (de Sumatra), — Semnopithèque rouge (de Bornéo).

Cette liste ne comprend pas toutes les espèces de Semnopithèques que l’on connaît dès à

présent; mais le nombre de celles qui n’y figurent pas, et qui manquent par conséquent à nos collections publiques, est peu considérable, Le NasiQue (Semnopithecus larvatus ou S.

nasalis), dont l'espèce sert de type à un genre à part, n’est pas compris dans l’énumération précédente; il appartient néanmoins aux véritables Semnopithèques par ses proportions, par la forme de son squelette, par son système dentaire et même par son estomac compliqué, C’est bien le plus curieux des Semnopithéciens ; mais il diffère de ces Animaux, ainsi que de tous les Singes connus, par l'allongement de son nez, qui ressemble à celui de l'Homme, et dépasse même en dimension celui des individus les mieux doués de la race caucasique, Les na- Téêre ne aeune Nasique, SA de grand. nel. rines sont inférieures, et leur cloison, comme

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