‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 96 · SES RS · texte numérisé non relu

SES RS

Re en a

mm mn mn

L'espèce ou la race la plus commune est le SaïmiRt ScIURIN (Saëmiris Sciureus), que Buffon, Daubenton, Linné, F, Cuvier et la plupart des naturalistes ont observé,

Ce Saïmini est de la Guyane et du Brésil ; il a le pelage d’un gris olivacé avec le museau noirâtre, et les bras, ainsi que les jambes, d’un roux vif,

Desrs pu Saïmin , Sa tôle et son tronc réunis sont longs

LUE de dix pouces ; sa queue en a treize et demi,

Le SAïMIRt A DOS BRULÉ (Saëmiris ustus, Is. Geoffroy) a le dessus de la tête et la face externe des membres d’un gris olivâtre; le roux des parties supérieures de son corps est varié de noirâtre et passe au noir sur la partie postérieure et médiane du dos; les avant-bras et les

quatre mains sont jaune roux un peu doré, On le supposait du Brésil. MM. de Castelnau et E, Deville l'ont, en effet, trouvé à Santarem,

Saimint Scivnix, 2/3 de grand,

LR

SAÏMIRI A DOS BRULÉ, 2/3 de grand, nat. SAÏMIR ENXTOMOPHAGE, 1/2 de grand. nat.

Le SAÏMIRI ENTOMOPHAGE (Suëmiris entomophagus, d'Orbigny et P. Gerv.) est de la olivie et du Pérou, et c'est M, d'Orbigny qui l’a le premier rapporté, Il est, en général, fauve, avec des teintes verdâtres sur le dos; il a la gorge blanchâtre; les lèvres, la calotte et le bout de la queue noirs. Ses formes sont grêles ct gracieuses, comme celles des précédents; mais sa queue est un peu plus longue, Les poils sont annelés de fauve et de noirâtre sur une grande partie de son corps; les avant-bras , les mains et les pieds sont fauve doré. Ge Singe voyage par grandes troupes; il se nourrit principalement d'Orthoptères et d’Araignées. M. Is. Geoffroy suppose l'existence d'une quatrième sorte de Saïmiris. Ge serait le Titi de l'Orénoque de M. de Humboldt; 1l l'appelle Satmint À LUNULE (Saëmiris lunulatus). GENRE NYCTIPITHÈQUE (Wyctipithecus). Les Nyctipithèques de Spix, que F. Cuvier appelle, de son côté, Nocthores, doivent cette double dénomination à leurs habitudes essentiellement nocturnes, M. de Humboldt, qui s’en était procuré un exemplaire antérieurement aux recherches des deux naturalistes que nous venons de citer, l'avait aussi indiqué sous un nom générique partieulier; il le nommait Aofus, Toutefois, ee dernier mot n'a pu être conservé, quoique plus ancien que les autres, parce qu’il indique que les Animaux auxquels on l’a donné seraient “ivés d'oreilles; ce

qui n’est réellement pas. { Bexrs pr Nyoriririèque,

Les Nyctipithèques ont, au contraire, une conque auditive assez gti not

semblable à celle des genres que nous venons de décrire , et ce n'est pas par la considération de cet organe qu’on peut les en distinguer, Leurs principaux traits consistent dans leur queue très-faiblement prenante, comme celle des Callitriches et des Saïmiris, et susceptible seulement, comme celle de ces Animaux, de s’enrouler autour des corps sans pouvoir les saisir ni fournir à l’Animal un moyen de suspension, Leur tête, volumineuse, mais arrondie, permet de les séparer des Saïmiris, chez lesquels cette partie est allongée, et des’ Callitriches, chez lesquels la face est plus courte et la surface angulaire de la mâchoire inférieure plus considérable et surtout plus élevée, Les Nyctipithèques ont aussi le front moins renflé que les Saïmitis, et leurs yeux, qui ont un volume considérable, sont phosphorescents dans l'obscurité,

NyertiriTuèque, 1/5 de grand. nat.

MM. Humboldt, Spix et F, Cuvier ont décrit les mœurs des Nyetipithèques. Ces jolis petits Singes dorment à peu près tout le jour, aussi bien dans les ménageries qu’en liberté, M, de Humboldt a possédé pendant cinq mois un Aote ou Nyctipithèque qui s'endormait assez régulièrement à neuf heures du matin, quelquefois à l’aube du jour, et ne se réveillait que vers sepl heures du soir; la lumière l’incommodait beaucoup, mais, pendant la nuit, il était aussi actif que le sont durant le jour presque tous les autres Singes, Les Nyctipithèques se logent de préférence dans les creux des gros arbres et ne vivent pas en troupes comme les autres, M. de Humboldt assure qu'ils se tiennent deux à deux, dans un état de véritable monogarie, Touiefois, Spix dit que ceux qu'il a observés allaient par bandes, Leur voix est forte, et, suivant M. de Humboldt, leurs cris rappellent, pendant la nuit, ceux du Jaguar; ce qui a valu aux Nycetipithèques, que lon trouve dans les Missions de l'Orénoque, le nom de Mono-Tigre et de Titi-Tigre, De son côté, Spix appelle l’une des espèces de ce genre Nyctipithèque vociférant,

Celle-ci est du Brésil, a Le Nycripiruèque FÉLIN (Wyctipithecus felinus, Nycrivrruèque Fécin, 1/2 de grand

| Considéra it dans leur susceptible pouvoir les is arrondie, Callitriches , rieure plus renflé que scents dans

jolis petits rté, M, de 1SseZ r'Égue vers sepl aussi actif it de préfé-

de grand

Spix) , qui vit dans les bois de la province de Moxos, en Bolivie, ainsi que dans les parties du Brésil qui s’en rapprochent le plus.

L'espèce la mieux connue est le NicrypiTHÈQque Douroucous: de Fréd. Cuvier et de Blainville (Nocthora trivirgata, F. Cuv.). Elle a tout le pelage des parties supérieures du corps gris; les poils ont leur base noire, et sont ensuite annelés de blanc et de noir; les parties inférieures sont orangées depuis le menton jusqu’à l’anus, et cette couleur remonte sur les côtés du cou; le dessus des yeux est blanc, et trois lignes noires, ray onnantes, divisent le front; la queue est d’un gris jaunâtre dans les trois premiers quarts de sa longueur, avec le reste noir; elle a onze pouces ; le corps et la tête en ont dix seulement.

Fréd, Cuvier a constaté les habitudes crépusculaires et même nocturnes de son Douroucouli; il le nourrissait de lait, de biscuits et de fruits; mais, dans l'état de nature, l'espèce est surtout insectivore, et il en est de même de ses congénères, M, de Humboldt assure que ces jolis Singes chassent aussi les petits Oiseaux,

Le NYGTIPITHÈQUE DE M, DE HuuBoLpr, auquel reviendra en propre le nom de Wycti- | pithecus trivirgatus, est, pour M. Is, Geoffroy, une seconde espèce habitant les forêts épaisses du Gassiquaire et les environs de Maypure, entre le deuxième et le cinquième degré de latitude boréale,

La troisième est le NYGTIPITHÈQUE VOCIFÉRANT (Wyclipilhecus vociferans, Spix), du Para.

La quatrième répond au Mariquoina d'Azara; elle est du Chaco, sur la rive occidentale du Paraguay. Nous ne lui connaissons pas de nom spécifique, les auteurs l'ayant presque tous réuni aux Douroucoulis de de Humboldt et de F, Cuvier ou au Saki.

Une cinquième est le NYGTIPITHÈQUE D’'OsERY (Wyctipithecus Oseryi, Is. Geoffroy et Deville), dont le nom rappelle celui de l’un des compagnons de M, Castelnau, fâchement assassiné par les Indiens de la nation des Ieberos, pendant le cours de sa longue expédition à travers l’Amérique méridionale, Le Nyctipithèéque d’Osery habite les bords du haut Amazone, au Pérou; on l’y nomme Fa. Les parties supérieures de son corps sont d’un gris roux, qui passe au roux brun sur la ligne medio-dorsale; le dessous de son corps est fauve jaunâtre ; deux lignes noires contournées en S se voient sur les côtés de la face; il a une tache de même couleur au-dessus de chaque œil; les quatre mains sont brunes, et la queue est noire en dessus , avec la plus grande partie de son dessous rousse,

Une sixième espèce est le NYGTIPITHÈQUE LÉMURIN (Wyctipilhecus frs Is. Geoff.), Celle-ci habite les Andes de la Nouvelle-Grenade, M, Justin Goudot, qui l’a plusieurs fois chassée dans les grands bois du Quindiù, rapporte qu'on la trouve fréquemment à la hauteur de 1,400 mètres au-dessus du niveau de la mer, et même bien plus haut, Elle ne sort ordinairement de sa retraite qu'à la nuit tombante, vit par petits groupes ou familles, et ne paraît pas s'éloigner de certains sites où elle peut trouver facilement sa nourriture, La nuit le Lémurin fait entendre continuellement, lorsqu'il va dans les bois, un petit cri sourd qui se trouve assez bien rendu par le mot dowroucou, sourdement et faiblement prononcé, C'est sans doute le même motif qui a fait appeler ailleurs Douroucouli une espèce du même genre. À la Nouvelle- Grenade, on les nomme Mico-Dormilon, à cause de l’habitude qu'ils ont de dormir tout le jour. En liberté, ils se

cachent souvent au sommet des arbres, non les plus élevés, mais les plus touffus, et il est possible que les amas de petites branches et de feuilles sèches que l'on trouve dans les lieux où ils se tiennent soient réunis par eux, C'est dans ces

NYCTIPITHÈQUE LÉMURIN, 9/5 de ‘rand

Te PARTIE, 18

sortes de nids qu'ils restent toute la journée endormis, On a de la peine à découvrir leurs gites, et, lors même que l'on frappe contre l'arbre qui les supporte, ils ne se dérangent pas, Ce n'était qu’en leur tirant des coups de fusils que M. Goudot les faisait sortir de leur retraite. Leurs mouvements ne paraissent pas alors aussi vifs que pendant l'obscurité, Les femelles, comme celles de presque tous les Gébiens, portent leur petit sur leur dos.

M. Roulin, actuellement bibliothécaire de l’Institut, qui a autrefois habité la Nouvelle- Grenade , où il a fait d'importantes observations de Zoologie, a vu, à Santa-Fé de Bogota, un Nyctipithèque de l'espèce du Lémurin qui avait été pris aux environs de la Mesa, village situé à une journée de cette capitale,

GENRE SAKT (Pithecia, Desmarest), On a étendu le nom de Saki aux Singes américains qui ressemblent le plus à l'espèce que Buffon avait appelée ainsi, et comme Linné avait inscrit celle-ci, dans son Systema naluræ, sous la dénomination latine de Pithecia, Desmarest

s’est Servi de ce mot pour désigner le genre qui comprend les Sakis connus de son temps. Ges Animaux reçoivent quelquefois le nom de Singes à queue de Renard, à cause des poils touffus qui couvrent leur queue, Ge sont des Cébiens assez remarquables par leur apparence extérieure, Leur tête est courte, à front assez saillant, et leurs incisives des deux mâchoires sont proclives, c'est-à-dire couchées en avant; leurs dents molaires sont émoussées comme celles des Sajous , mais celles de la dernière paire sont plus fortes que chez les espèces de ce genre, Les Sakis n’ont pas la queue prenante, ni même susceptible de s’enrouler autour du corps ; elle est A tout à fait lâche et semblable, sous ce rapport, à celle des Nocthores et des Callitriches, ainsi qu'à celle des Sagoins de Buffon (Ouistitis et Tamarins des auteurs actuels),

Par une particularité tout à fait singulière et qu’on ne retrouve dans aucun autre genre de Cébiens, certains Sakis ont la queue plus courte que les autres, et tout au plus égale au huitième de la longueur du corps. M. de Humboldt avait déjà observé, pendant ses voyages dans l'Amérique, un de ces Sakis à queue très-courte, C’est le Cacajao des forêts du Cassiquaire et du Rio-Negro, Spix en a découvert une seconde espèce, et, depuis lors, MM, de Castelnau et Deville en ont rapporté deux autres, regardées aussi comme étant distinctes, C'est à ces Sakis à courte queue que l’on a réservé le nom, d’ailleurs très-convenable, de Bracnyune (Brachyurus, Spix) , qui signifie courte queue; mais il semble qu'on ait un peu exagéré la valeur du caractère qui les distingue, lorsqu'on les à séparés génériquement des autres, ceux-ci se partageant eux-mêmes en Sakis à queue longue comme le corps, et Sakis à queue un peu moins longue que le corps.

Tous ces Animaux sont intelligents, assez doux et de mœurs à peu près nocturnes. Ils vivent dans les broussailles plutôt que sur les arbres, ont une démarche lente, et sont, en général, fort craintifs, Les Sajous, qui connaissent leur peu de courage, les harcèlent souvent, surtout lorsqu'ils ont fait quelques provisions, et ils les forcent bientôt à abandonner la nourriture qu’ils s'étaient procurée, On rencontre des Sakis sur une assez grande surface du continent sud-américain; mais ils paraissent n’être abondants nulle part, En général, ils vivent par couples ou par petites familles; les mâles partagent avec les femelles l'éducation des petits, et lorsque ceux-ci sont devenus assez forts, ils les chassent ordinairement de leur société. Ces Animaux ont à peu près la taille dés vrais Sajous, ependant, ils sont moins robustes que la plupart d’entre eux. On les voit assez rarement dans nos ménageries d’Europe; néanmoins, une bonne figure de l'un d'eux, que F. Cuvier avait fait faire d'après le

vrir leurs gent pas.

à [eur reirité, Les

Nouvellee Bogota, a, Village

es Amériinné avait Jesmarest ;enre qui Ces Anies à queue couvrent arquables st courte, des deux achées en »s comme icre paire ce genre, ni même : elle est ipport, à

insi qu’à

genre de e au huiages dans issiquaire Castelnau ’est à ces ACHYURE xagéré la s autres, t Sakis à

arnes, Ils , sont, en souvent, * la noure du conils vivent ation des it de leur nt moins ies d'Eul'après le

vivant, à été publiée dans son grand ouvrage par son fils, M, le conseiller d'État F, Cuvier,

1, Sakis à queue très-courle : GENRE BRACHYURE, Spix,

Nous parlerons d’abord des Sakis à ‘queue très-courte, c'est-à-dire des Prachyures.

BRAGHYURE RUBICOND (Brachyurus rubicundus), H a été décrit avec détail sous ce nom de Brachyurus rubicundus par MM. Is, Geoffroy et Deville, dans le travail relatif aux Singes que le premier de ces naturalistes a publié dans les Archives du Muséum. La queue n'a qu'un décimètre; le tronc et la tête réunis en ont quatre et demi; la queue est si touffue qu'elle paraît avoir la forme d'une boule; le pelage est d’un roux vif sur la presque totalité du corps et des membres ; la face est rouge-vermillon, et la tête couverte de poils si ras qu’elle paraît nue, Ce Singe habite la vallée du haut Amazone, du côté de Saint-Paul Olivenza,

M. Deville avait réussi à ramener vivant jusqu’à Brest, où il le perdit, un de ces Brachyures qu'il s'était procuré dans le haut Brésil, Ce jeune et courageux voyageur, qui vient de succomber au commencement d’une seconde expédition sur le continent américain, nous a donné, à l'égard de son Brachyure, les détails suivants :

« Lorsque ce Singe était en colère , il se frottait les mains l’une contre l’autre avec une rapidité extrème, Il se levait souvent droit sur ses pattes de derricre, sur lesquelles il marchait fort bien; il était très-doux pour moi et pour les personnes qu’il connaissait, mais il n’aimait pas notre petit Indien, I acceptait avec beaucoup de plaisir les bananes mûres, les confitures, le lait, et, en général, toutes les choses sucrées, Il buvait régulièrement deux fois par jour à même un gobelet qu'il tenait très-bien avec ses mains, I n’aimait pas à être couvert la nuit, à moins qu'il ne fit trés-froid; il n’aimait pas non plus la fumée du tabac; je l'ai vu plusieurs fois arracher le cigare de la bouche, lorsqu'on lui envoyait de la fumée, et le mettre en poussière, Lorsqu'on lui donnait plusieurs bananes, il en gardait une dans ses mains et plaçait les autres sous ses pieds, [1 aimait à lécher les mains et la figure des personnes qu'il affectionnait, »

Fracuyerre RuRICOND, 1/6 de grand. Buacnyune CHAUVE, 1/0 do grand.

Ces Sakis Brachyures sont remarquables non-seulement par la brièveté de leur queue, mais aussi par la saillie de leur front et par la nudité plus ou moins complète de leur tête, Celui de M, Deville l'était, en outre, par la couleur rouge et comme avinée dont toute sa face était teinte, Cette couleur n'était point due à un pigmentum, car elle s’en alla après la mort, et, pendant la vie, on la faisait momentanément disparaître aux endroits sur lesquels on äppuyait fortement le doigt, =

Je tiens de M, Deville que les Indiens recherchent ces Singes et qu'ils leur donnent le nom d'Acari, Ceux de certaines tribus, qui s’aplatissent artificiellement le front et se déforment ainsi le crâne d’une manicre considérable, disent que les Hommes qui ne pratiquent pas cet usage el conservent à leur front la saillie qui donne tant de noblesse au visage, ressemblent à des Acaris, et ils n'ont pas pour eux la même estime que pour les autres,

Le BRACGHYURE CHAUVE (Brachyurus calvus de M. Is. Geoffroy) est de la province de Para, au Brésil, et du Pérou, auprès de Fonteboa. Il ressemble assez au précédent, mais il n'a pas la face rouge; sa gorge est roux mordoré foncé, C'est l'Acari blanc des Indiens de l'Amazone,

Le Bnacuyune Ouakany (Pithecia Ouakary de Spix) a aussi la tête en partie nue; sa face est noire; son dos est d'une couleur fauve brunâtre et ses extrémités sont noires, Il vit dans les forêts qui séparent les rivières nommées Solimoëns et ca, au Brésil, sur la rive gauche du haut Amazone,

Le BnacHYURE Cacaso (Pithecia melanocephala, E. Geoffroy), que M. de Humboldt a le premier décrit, vit au contraire sur les bords de l’Orénoque, Où l'y appelle aussi Carcicri, Mono-Rabon et Chucuto,

Ge Saki est également de couleur brun jaunâtre sur le pelage et il a la tête noire ainsi que les mains,

De nouvelles observations et surtout la comparaison attentive du squelette de ce Singe avec celui des précédents décideront s’il en est distinct et en même temps si ceux-ci différent véritablement entre eux comme espèces. Ainsi qu'on le voit, c’est la même question que nous avons soulevée au sujet de la plupart des autres Sapajous dans chacune des sections que nous avons énumérées ; et cette difficulté tient à l'impossibilité dans laquelle sont les naturalistes d'établir avec certitude les caractères par lesquels les simples races différent des espèces véritables, D'autre part, il est incontestable que les vraies espèces qui composent plu sieurs des genres de la famille des Cébiens sont elles-mêmes d’une distinction plus difficile encore que celles que nous avons étudiées parmi les Guenons, les Semnopithèques, ete., dans la tribu des Pithéciens, La manière dont nous les décrivons ici est celle qu'ont adoptée des naturalistes très-compétents; nous n'osons pourtant pas assurer qu'on ne doive par la suite y apporter des modifications,

2, Sakis à queue de longueur ordinaire.

D’autres espèces de Sakis ont la queue à peu près aussi longue que le corps, ce qui les distingue de celles que nous venons d’énumérer sous le nom de Brachyures, Ces Animaux ont les mêmes mœurs et les mêmes particularités organiques que ces derniers, On peut les diviser en groupes ainsi qu’il suit :

Les premières espèces manquent de barbe sous le menton,

On n'est pas noù plus bien fixé sur le nombre auquel on devrait le réduire; les deux plus anciennement observées ont été confondues par Buffon sous le nom de Saki. À cause du caractère non préhensile de leur queue, il les avait rapprochées de ses Sagoins qui sont nos Ouistitis et nos Tamarins, mais en établissant cependant qu'ils ne sont pas absolument du même genre,

M. Gray à décrit deux nouvelles espèces de Sakis dans la partie zoologique du vaisseau anglais le Sulplaur ; il leur donne le nom de Pithecia irrorata et leucocephala.

Le SAKIATÈTE BLANGHE (Péthecia leucocephala des catalogues méthodiques) à pour type

le Si avec centi

' queue, leur tête, le sa face la mort, Is on ap-

it lu nom éforment il pas cet inblent à

vince de nt, mais ndiens de

nue; sa res, I vit un la rive

boldt a le Carcicri,

ainsi que

ce Singe Ci difféstion que s sections it les naérent des sent plu - S difficile te,, dans optée des la suite x

e qui les Animaux peut les

les deux cause du sont nos iment du

'SCAU àali-

Jour type

es

sms

le Saki figuré

dans l'ouvrage de Buffon et décrit dans son texte sous le numéro 1, Il est noir

avec le tour de la face d'un blanc sale; son corps , la tète comprise, a vingt-neuf ou trente centimètres et sa queue en a trente-cinq,

SAKI A TÊTE BLANCHE, 1/6 de grand, nit,

LE SaRI A VENTRE ROUX (Pithecia rufiventer) est le second Saki Ce Buffon, Il est brun

SARI A VENTRE ROUX, 1/2 de gr.

IL paraît habiter le Brésil,

lavé de roussâtre avec le ventre roux; il vit comme le précédent dans la Guyane et il y reçoit aussi le nom de Farqué.

Le SAKI OGHROGÉPHALE ( Pithecia chrysocephala , Kuhl) a les poils des parties supérieures et latérales de la tête de couleur ocracée, mais il n’a pas la queue et les membres noirs.

Sani A TÈrE D'OR, 1/2 de grand.

Le Saki À ère p'oR (Pithecia ochu'ocephala, Xs. Geoffroy) est noir avec du roux doré vif sur les parties qui sont de couleur d’ocre dans l'espèce précédente, Dans le jeune âge, il a le pelage un peu tiqueté et le dessous de son corps est d’un brun marron qui passe au roux sous la gorge.

Le Sarr Moine (Pithecia Monachus, E. Geoffroy) est plus facile à distinguer par sa tête

al | | F4 l:

1f | AL:

comme rasée sur une assez grande étendue, par les longs poils noirs corps, et surtout par ses mains blanches, Il est du Brésil et du Pérov,

à pointe blanche de son

Saxi Moi, 1/0 de grand, nat,

Le Sak1 MARIQUOINA (Pithecia Mariquoina) , ainsi nommé par Azara, qui l'a décrit dans son ouvrage sur les Quadrupèdes du Paraguay , est gris-brun en dessus, cannelle en dessous , avec les poils du dos annelés et deux taches blanches au-dessus des yeux.

Ce Singe habite les bois de la province de Chaco et la rive orientale de la riv guay,

LE Sakt BRULÉ (Pithecia inusta, Spix) est du haut Brésil. Sa tête et ses mains sont jaure d'ocre, le dessus du cou est ferrugineux et le reste du Corps noir,

C'est à la même section qu'appartiendrait le Saki Noir de F. Cuvier, s'il était constaté qu'il fût adulte; mais il devra être préalablement comparé à ceux qui ont déjà été dénommis régulièrement,

Les détails qu'on possède sur ce Singe sont mälheureusement incomplets, les notes que F, Cuvier avait recueillies à son égard n'ayant point été retrouvées d la figure qu’il avait fait faire du Saki noir a été publiée,

LE SAKI A NEZ BLANC (Pithecia albinasa, Is. Geoffroy et Deville) n'est qu’il a sur le nez une tache blanche qu'on ne voit pas dans le pr dessin qu’en a laissé Fréd. Cuvier et que son fils a publié,

Il est de la province du Para,

2. Les autres Sakis à longue queue ont sous le menton une barbe assez longue ce qui augmen encore la singularité de leur physionomie,

L'un des plus curieux est le SAK1 SATANIOUE (Pithecia Satanas), ainsi dénommé par H mansegg; C’est le Couxio de M. de Humboldt. Son pelage est d’un brun noir dans le mâle ct d'un brun roux dans la femelle; une chevelure épaisse couvre toute sa tête et retombe sur son front; sa barbe est très-fournie et fait une forte saillie en avant,

On le trouve dans les bois de la région de l’Orénoque, en Colombie e Para et du Rio-Négro, au Brésil.

Les jeunes du Saki satanique n'ont

ière du Pare-

äns ses papiers lorsque

serait tout noir, si ce écédent, Cu moins sur le

& dans les provinces du

i les cheveux longs ni la grande barbe des adultes, el

on l sata

Le de $ sont un F en €

pole.

Hun l'hal de « poin pas blab

SeT4 hau Guy

gue Guy

lAMILLE DES SINGES, 113

che de son

Sant Satantoue, 1/6 de grand, nat

on les a quelquefois considérés comme étant d'une autre espèce, Ce sont des jeunes Sakis sataniques qui ont reçu de Spix le nom d2 Brachyures israélites (Brachyurus israelila).

Le Sakt vELU (Pithecia hirsuta de Spix) est du haut Brésil; ses poils sont abondants, en général noirs et un peu ondulés ; sa barbe est divisée en deux faisceaux,

Le SaKk1 CaPuGin (Pithecia chiropotes) ou le Simia chiropotes de M, de Humboldt doit son nom spécifique à l'habitude qu’il a de se servir du creux de sa main lorsqu'il boit, afin de ne point mouiller sa barbe, mais il n’est pas le seul Singe qui prenne une semblable précaution,

M. de Humboldt l'a souvent observé dans les régions désertes du haut Orénoque, et il habite aussi la

Écrit dans dessous ,

du Pareont jaure

constaté fnommis

iotes que s lorsque jl

Oir, si ce ns sur le

Sant SATANIQUE JEUNE, 4/5 de grand. nat.

ugmer Guyane.

Son nom de Saki Capucin lui vient non-seulement de sa barbe, mais aussi de la couleur ar Hoft roux brun des poils de son corps, qui rappellent la robe et l’habit d’un capucin; sa face et Alt 4 son front sont nus; ses yeux paraissent grands et enfoncés ; sa queue passe au noirâtre,

He sur Il est solitaire et son caractère est mélancolique, Il n’est pas certain qu'on doive en distin-

guer le Simia sagulata de M, Traill; celui-ci a été envoyé de Demerary et par conséquent de la

: Guyane anglaise.

inces du Jane anale

altes, et

TRIBU pes HAPALIENS

Les Haraziens (Hapalina, Gray, Is. Geoffroy, etc.) comprennent les Ouistitis et les Tamarins. Ms sont plutôt la continuation des Cébiens qu'une véritable tribu distincte de celle de ces Animaux. En effet, il serait facile de retrouver chez les Cébiens véritables la trace des particularités qui semblent les éloigner des Singes Hapaliens. La sixième paire de molaires, que l’on voit diminuer de volume chez beaucoup de Cébiens, manque entièrement chez les Hapaliens; mais la dentition de lait est la même dans les deux groupes. Le pouce antérieur est à peine opposable chez beaucoup de Gébiens, et, chez d’autres, il ne l'est plus du tout. fei, c'est ce dernier caractère qu'il présente, Les griffes des Hapaliens sont, il est vrai, plus allongées que celles des Cébiens, mais c’est là un caracière en rapport avec leurs habitudes plus grimpeuses, et ces Animaux ont les narines disposées comme celles des Gébiens, Aussi E, Geoffroy réunissait-il les uns et les autres sous le nom commun de Plalyrrhinins. Enfin, ces deux sortes de Singes sont également particuliers à l'Amérique; et, sous ce rapport encore, elles différent également des Pithéciens, dont les espèces ne se rencontrent que dans l’ancien monde, On pourrait donc dire que les Ouistitis et les Tamarins ne sont que les derniers des Cébiens. Cependant divers auteurs en font une troisième tribu dans la famille des Singes, et nous suivrons iei leur opinion, quoique nous ne la partagions pas, parce qu'elle a été adoptée dans plusieurs grandes collections.

GENRE OUISTITI (Hapale, Uliger). Buffon et Daubenton appellent Ouistili une espèce de petit Singe américain ayant dans sa forme générale quelque analogie avec les Écureuiis , et, comme eux, vif, pétulant et organisé pour vivre sur les arbres, dont les moindres branches ou les sommets les plus flexibles lui sont pour ainsi dire accessibles, Ge nom, imaginé par Buffon, rappelle le son articulé par l’Animal lui-même lorsqu'il donne de la voix. L'espèce de cet Ouistiti est la même que Brisson et d’autres auteurs avaient précédemment décrite sous le nom de Sagouin (Simia Jacchus, Linné). Elle est une de celles qui ont été rangées par Buffon dans son genre des Sagoins, et il en avait déjà été question dans Glusius et dans quelques auteurs du xvit siècle, Il n’est pas nécessaire d'ajouter qu’elle était inconnue avant la découverte de l'Amérique, et, c'est pour avoir oublié ce fait que Le Guide a représenté l'Ouistiti dans son tableau de l'enlèvement d'Hélène,

Le genre Sagoin, tel que Buffon l'avait défini, répond exactement à celui auquel les naluralistes modernes ont étendu le nom d'Ouistiti, et qu’Illiger a nommé en latin Hapale, par allusion à la fourrure en général moelleuse des espèces qui s’y rapportent, On en a c°pendant séparé les Tamarins dont nous parlerons en même temps.

Outre l’Ouistiti commun, Buffon et Daubenton avaient connu quatre autres espèces d'Hapaliens véritables; et si les mêmes auteurs ont placé avec elles le Saki, c’est faute d’avoir connu que son système dentaire le rapproche au contraire des autres Quadrumanes américains, c'est-à-dire des Sapajous ou Cébiens,

Le Saki est, il est vrai, remarquable var la disposition non préhensile de sa queue, mais c'est le seul caractère générique qu'il partage réellement avec les Ouistitis, D'ailleurs Buffon avait déjà entrevu que ce Singe n’était pas un Sagoin proprement dit, et qu’il avait même pressenti la nécessité dans laquelle on devait être, après un examen plus complet, d’en faire le type d’un genre à part. Il dit, en effet, que le Saki (type du genre actuel des Pithecia) «est aisé à reconnaître et à distinguer de tous les autres Sagoins, de tous les Sapajous et de toutes les Guenons, » c’est-à-dire de tous les Singes qui sont pourvus comme lui d'une longue queue,

Les caractères des Ouistitis ou véritables Sagoins sont très-faciles à saisir, et, quoique les espèces actuellement connues dans ce groupe soient nombreuses, sa circonscription esl

enc Sak déc et le velt ong qui on ( en | mai l'in

U tou.

trer que To pail ils « jam res pui lien leu

€ deg Oui la:

con l'an por

lilis et les te de celle es la trace re de montièrement Le pouce l’est plus ont, il est avec leurs »s Cébiens, yrrhinins.

us Ce r'apntrent que nt que Îles la famille pas, parce

une espèce ireuiis , et, s branches naginé par . L'espèce ent décrite té rangées ius et dans nue avant représenté

| les natuapale, par cependant

èces d'Haate d’avoir es améri-

eue, mais urs Buffon vait même d’en faire Pithecia) apajous et lui d’une

|, quoique ription est

encore aussi nettement arrêtée qu’elle l'était dans l’ouvrage de Buffon après la séparation du Saki. Les vingt-cinq ou trente espèces d'Hapaliens que les recherches des naturalistes ont fait découvrir en Amérique sont toutes d’une taille peu considérable; leur pelage est bien fourni et leurs couleurs sont plus variées que celle des autres Singes; leur queue est longue, trèsvelue et tout à fait incapable de saisir les corps ou même de s’enrouler autour d'eux; leurs ongles sont allongés et forment des griffes presque comparables à celle des Carnivores, ce qui leur à valu quelquefois le nom de Singes-Ours (Arctopithèques, E, Geoffroy) ; mais, comme on en a fait la remarque, ces ongles ne leur servent guère qu'à s’accrocher aux arbres et ils en font rarement usage comme moyen de défense, Les Ouistitis ont cinq doigts à chaque main ; leurs pouces de derrière sont seuls opposables, ceux de devant étant rapprochés de l'index et dirigés de même,

Caps ET MÉTACARPE p& L'Ovistiri MAIN DROITE DE L'OUISTITI A PINCEAUX, DENTS DE L'Ouisriri ADELTE, grand, nat. grand. nat. grand. na!.

Une particularité non moins importante s’observe dans le système dentaire de l’Ouistiti et de tous ses congénères : ces Animaux sont les seuls parmi les Singes américains qui n'aient que trente-deux dents. Les autres en ont trente-six, comme les véritables Sapajous de Buffon, auxquels il faut joindre son Saki et plusieurs autres genres qu'il n’a pas eu l’occasion d'observer, Toutefois les Hapaliens ne se rapprochent pas pour cela des Pithéciens, puisqu'ils ont trois paires d’avant-molaires , au lieu de deux, à chaque mâchoire, et que, comme les Sapajous, ils ont les dents de lait au nombre de vingt-quatre, tandis que les jeunes Pithéciens n’en ont jamais que vingt. C’est donc une paire d'arrière-molaires qui leur manque aux deux mâchoires; à cet égard, ils différent à la fois des Sapajous et des Sakis aussi bien que des Pithéciens, puisque tous on ont constamment trois paires, Sous presque tous les rapports, les Hapaliens sont inférieurs aux autres Singes, et celte infériorité se retrouve dans la disposition de leur cerveau, dont les hémisphères n’ont pas de circonvolutions,

Case Dex Oristirt AGÉ pk 37 Jours, MAGNOIRES DE L'OUISTITI ADULTE CERVEAU DE L'Ocisrin, grand. nat. grand, nat, grand. nat.

On doit en conclure, ou du moins on en a conclu, qu’ils n’acquéraient pas le même degré d'intelligence que les autres Singes, et ce que plusieurs naturalistes ont observé sur les Ouistitis vivants paraît confirmer cette manière de voir, Ainsi ils ne sont pas éducables comme la lupart des autres, même lorsqu'on les prend jeunes, et, s'ils ne paraissent pas méchants, comme beaucoup de Pithéciens, il faut dire qu'ils n’ont ni la force, ni la ruse, ni surtout l'amour de la liberté qui caractérise ces derniers, et qui, en leur rendant l'esclavage insupportable, les éloigne de l'Homme dès qu'ils sont assez forts pour se passer de ses services

l'O PARTIÉ, 19

ou se soustraire à ses caprices, À cet égard , les Ouistitis tiennent peut-être plus des Écureuils que des Singes supérieurs , et, comme ils ont aussi la livrée de ces Rongeurs , on les confondrait aisément avec eux si l’on ne constatait qu'ils sont Primates par leurs mains de derrière, par leurs dents, par la capacité encore assez grande de leur crâne et par l’ensemble de leur organisation. Mais, comme nous l'avons déjà dit, ce sont des Singes inférieurs à tous les autres, et ils tiennent le dernier rang dans la nombreuse catégorie de ces Mammifères ; leurs yeux plus écartés, le grand élargissement de leur membrane internasal , ainsi que plusieurs autres particularités secondaires , mais trés-évidentes, donnent à leur physionomie une apparence bien moins humaine qu’à celle de presque tous les autres genres de la même famille, ependant il ne paraît pas que l’on doive les distinguer comme famille à part des autres Singes que nous avons décrits ; et s'ils constatent pour ainsi dire une dégradation du même type, ils en montrent encore la plupart des traits distinctifs.

Is habitent les heux boisés et vivent par petites troupes. Leur nourriture consiste en fruits, en insectes, en œufs et même en petits Oiseaux, dont ils mangent de préférence la cervelle,

Les femelles, ainsi qu’on l'a constaté, à diverses reprises et sur divers couples de ces Animaux qu'on avait amenés vivants en Europe, ont jusqu’à trois petits à chaque portée, tandis que la plupart des Quadrumanes, et même les Cheireptéres, qui leur sont bien inférieurs, n’en ont habituellement qu'un seul, En càptivité, ils ne les élévent pas toujours, et il leur arrive souvent , comme à beaucoup de Carnassiers, deles dévorer, D'autrefois cependant on les a vus très-attentifs à soigner leur petite famille , et le mâle seconde alors la femelle avec beaucoup de dévouement. Les petits Ouistitis de l'espèce ordinaire , que F, Cuvier a vu naître, avaient les yeux ouverts en venant au monde et ils étaient revôtus d'un poil gris foncé très-ras, mais à peine sensible sur la queue, Ils s’attachérent aussitôt à leur mère en l'embrassant et en se cachant dans ses poils; mais presque aussitôt elle mangea la tête à l’un d'eux. Cependant les deux autres prirent la mamelle, et, dès ce moment, elle leur donna ses soins auxquels le père s’associa. Lorsqu'elle était fatiguée de porter ses petits, elle s’approchait du mâle, jetait un petit cri plaintif, et aussitôt celui-ci prenait les jeunes avec ses mains, les plaçait sous son ventre ou sur son dos, où ils se tenaient d'eux-mêmes, et il les transportait ainsi jusqu'à ce que le besoin de teter les rendit inquiets ; alors il les reportait à leur mére, qui leur donnait le sein et les lui remettait bientôt après, En général, dit F. Guvier, le pére était celui des deux qui en avait le plus de soin; la mère ne montrait point pour ses petits cette affection vive, cette tendre sollicitude qu’on aurait pu lui supposer, Durant le siècle dernier , on avait déjà eu plusieurs fois l'occasion de voir, en Europe, la reproduction des Ouistitis, Edwards en cite un cas observé en Portugal, et, en 1778, il y en eut un autre à Paris. J'ai vu dans la collection anatomique du Muséum un des petits Ouistitis qui sont nés à cette époque,

F. Cuvier n'accorde à ces Animaux qu’une faible intelligence, quoique, à en juger par leurs grands yeux toujours en mouvement et par la vivacité de leurs regards, on soit d’abord porté à leur prêter une certaine pénétration ; ils distinguent peu Îles personnes, se méfient de toutes et menacent indifféremment de leurs morsures celles qui les nourrissent comme celles qu’ils voient pour la premicre fois. Leur caractère est fort ivritable, et leur agilité, quoique supérieure à celle de beaucoup de vrais Cébiens, est loin d'égaler celle des Écureuils. Feu M. Audouin, savant naturaliste français, qui a succédé à Latreille dans la chaire d’entomologie du Muséum de Paris, à cependant fait sur les Ouistitis quelques observations qui montrent que leur discernement est bien supérieur à celui des Rongeurs, auxquels on les a si souvent comparés.

Nous en emprunterons le récit à M, Le, Geoffroy, qui le tenait de l'auteur lui-même

«Audouin s'est assuré, par des expériences plusieurs fois répétées, que ces Singes savent trés-bien reconnaître dans un tableau, non pas seulement leur image, mais même celle d’un autre Animal, Ainsi l'aspect d'un Chat, et; co qui semble plus remarquable encore, l'aspect

Écurouils es Confon- : derrière, le de leur à tous les res; leurs plusieurs une appa- Ie famille, les autres du même

nnsiste en férence la

Animaux dis que la ont habisouvent, très-atten e dévouet les yeux is à peine se Cachant eux autres s'associa, 1 pelit cri ventre ou ce que Île sein et les ii en avait tte tendre plusieurs te un cas collection

* par leurs it d’abord néfient de ime celles , quoique seuils, Feu tomologie montrent si souvent

ême

res savent celle d'un +, l'aspect

d'une Guêpe leur cause une frayeur manifeste, tandis qu'à la vue d'un autre insecte, tel qu'une Sauterelle ou un Hanneton, ils se précipitent sur le tableau comme pour saisir l'objet qui s’y trouve représenté,

«1 arriva un jour à l’un des deux individus de se lancer dans l'œil, en mangeant un grain de raisin, un peu du jus de ce fruit; depuis ce temps il ne manqua plus, toutes les fois qu’il lui arriva de manger du raisin, de fermer les yeux.

« Les deux individus qui ont fourni les intéressantes remarques que nous venons de rapporter attrapaient, avec une incroyable dextérité, les mouches que le hasard amenait dans leur cage; mais une Guêpe s’étant un jour approchée d’un morceau de sucre qu'on avait fixé à leurs barreaux, ces Animaux, qui n’avaient jamais vu de Guëêpes et qui ne pouvaient connaître par expérience le danger de la piqûre de ces insectes, prirent aussitôt la fuite et allèrent se réfugier au fond de leur cage, Étonné de ces marques de frayeur, Audouin prit alors une Guêpe et l’approcha des deux Ouistitis, qu’il vit aussitôt cacher leur tête entre leurs mains et rapprocher leurs paupières, en fronçant le sourcil, de manière à fermer presque entièrement leurs yeux. Au contraire, à peine leur avait-on présenté une Sauterelle, un Hanneton ou quelque autre Insecte dont ils n’avaient rien à redouter, qu'ils se précipitaient sur lui avec un avide empressement , le saisissaient à l'instant même et le dévoraient avec délices,

« Ils aimaient aussi beaucoup le sucre, la pomme cuite et les œufs qu’ils savaient briser avec beaucoup de grâce et vider avec une adresse remarquable; mais ils ont constamment refusé les amandes de toute nature, les fruits acides ou acidulés et les feuilles qui se mangent en salade, Ils n’aimaient pas non plus la chair; mais lorsqu'on mettait dans leur cage un petit Oiseau vivant et qu’ils parvenaient à s’en rendre maitres, ils lui ouvraient le crâne, mangeaient tout le cerveau, en ayant soin de lécher le sang qu’ils faisaient couler, et dévoraient quelquefois aussi la corne du bec, les tendons des pattes et quelques autres parties non charnues,

« Audouin à aussi remarqué que ses Quistitis étaient très-curieux ; qu'ils avaient la vue très-perçante; qu’ils tenaient beaucoup à leurs habitudes, quoiqu’ils fussent, sous plusieurs rapports, fort capricieux; qu’ils reconnaissaient parfaitement les personnes qui avaient soin d'eux (1) ; enfin que leurs cris étaient très-variés suivant les passions qui les animaient, C'étaient, lorsqu'ils étaient effrayés, des glapissements qui semblaient sortir du gosier et qu’ils faisaient entendre en cavrant la bouche, et en montrant leurs dents, et, lorsqu'ils étaient en colère, un sifflement bref suivi d’une sorte de croassement, Dans d’autres circonstances ils poussaient de petits sifflements prolongés, ce qui arrivait surtout quand on les mettait en plein air, ou bien ils s’appelaient l’un l’autre par un gazouillement semblable à celui d’un grand nombre d'Oiscaux, »

L'Ouistiti ordinaire a le corps long de quinze ou seize centimètres, en comprenant la tête; sa queue en à trente, Dans le petit naissant, la longueur totale n’est que de dix-huit centimètres, dont onze et demi pour la queue ; les dimensions des autres espèces sont peu différentes,

Ces diverses espèces ont été partagées en deux genres, par E, Geoffroy, sous les noms de Jacchus et Midas, et en cinq sous-genres, par M, Lesson, qui les appelait Hapale (synouyme de Jacchus), Mico, Midas, OEdipus et Leontopithecus.

En 1812, E. Geoffroy connaissait en tout treize espèces d'Hapaliens; les découvertes des naturalistes plus récents et les travaux descriptifs de MM. Spix, Gray, Is. Geoffroy et Deville ont porté ce nombre à une trentaine, MM. Wagner et Natterer ont aussi parlé d'Hapaliens nouveaux,

(1) Geci est contraire aux observations de F, Cuvier et montre que chez ces animaux, comme dans la plupart des autres Mammifères, tous les individus d'une même espèce n'ont pas rigoureusement le même caractère, Les dispositions particulières de chacun d'eux et tes conditions dans lesquelles ils ont êté élevés ou mieux encore éduqués expliquent suffisamment les différences qu'ils nous présentent à cet égard,

1° Nous énumérerons la plus grande grande partie des Animaux de ce groupe, et plus particuliérement ceux que l’on possède maintenant au Muséum de Paris, Nous commencerons par l'Ouistiti de Buffon et par ceux qui lui ressemblent le plus; ils ont comme lui des pinceaux ou éventails blancs sur les côtés de la tête,

L’Ovuisriri DE Burrox (Hapale Jacchus où le Simia Jacchus de Linné et le Jacchus vulgaris d'E, Geoffroy) est pour ainsi dire le type du genre entier, On le trouve au Brésil, Son pelage est en général cendré avec la croupe faiblement barrée de brun et la queue annelée; de très-longs poils cendrés existent devant ct derrière ses oreilles, le reste de la tête et le camail sont brun-roux.

L'OuisTiTi A COL BLANC (Hapale albicollis), décrit par Spix, a la région antérieure de la tête blanche ainsi que le dessus du cou; les mêmes parties sont grises dans le jeune âge. Il est du Brésil de mème que le suivant :

Ouisriri OREILLARD (Hapale aurita). U à d'abord été décrit par E. Geoffroy sous le nom de Jacchus auwrilus; son pelage est noir mêlé de brun: sa queue est annelée de noirâtre et de cendré; une tache blanche existe sur son front et de très-larges poils de la même couleur recouvrent ses oreilles, Cette charmante espèce est représentée à la page 8,

L'Ouisriri A CAMAIL (Hapale humeralifer), du même auteur, que l’on suppose également brésilien, est brun châtain, avec la queue légèrement annelée de cendré et la poitrine, les épaules ainsi que les bras blancs.

Les deux espèces suivantes ont les pinceaux noirs au lieu d’être blancs. Elles sont du Brésil:

Îl | ti !

OUISTITI A COL BLANC, 2/3 de grand,

OUISTITI A piNCEAUX Notre, 1/3 de grand.

lus partierons par

* grand,

se égalepoitrine,

du Brésil :

Page 1