‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 43 sur 96 · LÉMURIDÉS DE L'INDE ET DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

LÉMURIDÉS DE L'INDE ET DE L'AFRIQUE

Avant de parler des Lémuridés propres à Madagascar et à quelques îles qui en sont trèsrapprochées, nous traiterons de ceux qui vivent dans l’Inde et en Afrique, Ils constituent quatre seures bien différents les uns des autres, et dont on peut faire, dans l’état actuel de la science, trois tribus distinctes, Celui des Pérodictiques que nous rapprochons des Galagos, ressemble en effet beaucoup à ce dernier par son système dentaire, Ces trois tribus sont celles des Loris, des Galagos et des Tarsiers,

TRIBU pes LORIS

GENRE LORIS (Loris), Ce nom, que Buffon à pris dans une acceplion générique, est le même, d'après lui, que les Hollandais ont employé pour désigner le petit Animal de l'Inde qu'on appelle aujourd’hui le Loris grêle, et qui se distingue très-bien du Loris du Bengale et des îles de la Sonde, aussi décrit par les zoologistes du même pays. Ces deux Animaux sont de petite taille; le corps du plus fort n’est guère plus gros que celui d'un Ouistiti, et celui de l'autre est

moins volumineux encore, Ils sont allongés, ont les jambes assez courtes, la

démarche lente et bizarre,

et ils jouissent de la possi- En >

bilité de se tenir assez long- :

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est arrondie, mais leur face

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et velues; leurs yeux sont volumineux et à pupilles étroites et t'ansversales, ce qui indique des habitudes essentiellement nocturnes; leur pouce de derrière est nettement opposable et l'ongle de leur second orteil est subulé comme celui des autres Lémuridés. Ces Loris n’ont aucune trace extérieure de queue; leurs mamelles paraissent au nombre de quatre, parce que chacune d'elles à deux tétines, et ils ont trente-six dents, savoir : deux paires supérieures d'incisives assez petites et gemmi-

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formes (l'une d'elles disparaît souvent de bonne heure) , deux paires d'incisives inférieures grêles et projetées en avant, ainsi que les canines de la même mâchoire, tandis que les canines supérieures sont fortes et de forme ordinaire; enfin six paires de molaires inférieurement et supérieurement : celles-ci sont appropriées à un régime frugivore, La première d'en bas est Ganiniforme,

Indépendamment de leurs habitudes nocturnes, ces petits Animaux se font remarquer par la lenteur singulière de leur démarche; aussi leur a-t-on donné le nom de Paresseux, qui leur convient très-bien, mais qui a le défaut de les faire confondre avec les Paresseux d'Amérique ou Bradypes, qui sont des Mammifères d’un tout autre groupe, D'Obsonville et Wosmaër ont donné, vers la fin du dernier siècle, quelques détails sur les mœurs des Loris, et depuis lors plusieurs naturalistes ont eu l’occasion de les observer de nouveau, On reçoit même quelquefois des Loris vivants en Europe; ils sont doux, inoffensifs et presque entièrement dépourvus d'initiative, quoiqu'ils aient cependant quelque intelligence ; ils s’accommodent fort bien du régime auquel on soumet les autres Animaux de la famille des Lémuridés. L'espèce à corps et à membres grêles est surteut singulière par la lenteur exagérée et la prudence extrême avec laquelle elle marche ; qu’elle soit placée sur un sol résistant , ou bien qu’elle grimpe contre la grille de sa cage ou sur quelque branche, l’écartement qu’elle donne à ses pattes, l'angle que font la jambe sur la cuisse ou l’'avant-bras sur le bras, et enfin l’apparence Comme paralytique du Loris grêle , rappellent d’une manière notable les allures du Caméléon.

Les anatomistes ont plusieurs fois disséqué ces Animaux, et l’on doit à cet égard de belles observations à M. Vrolich d'Amsterdam, Ceux qui ont cherché la cause de cette espèce d’engourdissement des Loris, engourdissement que l’on retrouve presque au même degré chez le Tarsier, l'ont attribuée à une disposition particulière des artères des membres chez ces Animaux (la brachiale et la crurale) , qui se divisent sur une partie de leur trajet en un réseau plexueux, comme chez les Paresseux proprements dits.

Les Loris ont dans un cas seize et dans l’autre quinze vertèbres dorsales,

On ne connaît que deux espèces parmi ces Lémuridés, et on les a séparées en deux genres distincts, dont l’un a conservé le nom de Loris, et dont l’autre a reçu celui de Wycticèbe (E. Geoffroy). Illiger, qui ne les divise pas génériquement , à préféré, au nom consacré par Buffon, celui de Stenops, dont quelques auteurs se sont servis après lui,

Le Loris GRÈLE (Loris gracilis), qu’on a aussi appelé Loris ceylanicus, ete., est le Loris proprement dit de Buffon, C’est un Animal roussâtre ayant une bande blanche sur le front et sur le nez; le dessous de son corps est plus clair que le dessus; il est long de deux décimètres ou un peu plus; son nom spécifique Lonts énfur, 1/4 de grard rappelle la gracilité de ses membres et l'allongement de son

LORIS PARBSSEUX, 1/6 de grand,

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FAMILLE DES LÉMURIDÉS. 157 corps. C’est dans la presqu'île de Pondichéry et à l'île de Geylan que vit ce curieux Mammifère.

Le Lonis PARESSEUX (Loris tardigradus), que Buffon a signalé, d’après Wosmaër, sous la dénomination de Loris du Bengale, est un peu plus gros et surtout plus robuste; il est roux en dessus avec une ligne dorsale brune; une bande blanche remonte des côtés de son nez et s'étend jusqu'au front; le dessus de son corps est grisâtre, Son corps est long de rois décimètres et demi.

Loris PARESSEUX, 9/4 de grand, Lonis GRÊLE, 1/4 de grand.

On le trouve à Java, à Sumatra et à Bornéo, peut-être aussi au Bengale, mais il y a moins de certitude à cet égard, On en a distingué, mais sans doute à tort, une espèce sous le nom de Z, javanus.

Le Loris paresseux, qu’on nomme aussi Poucan, est le type du genre Nycticèbe d'E. Geoffroy, La description du Loris du Bengale, que Buffon avait tirée de Wosmuër, n’a été publiée qu'après sa mort, dans le t, VIT de ses Suppléments. C'est par erreur qu'elle attribue à cette espèce la tête décharnée trouvée dans un puits de l’ancienne ville de Sidon, et dont Daubenton avait donné la description dans le t. XV du même ouvrage : cette tête est celle du Daman et point du tout celle du Loris.

TRIBU pes GALAGOS

Elle a pour type le genre Salago, Une nouvelle étude des Pérodictiques me porte à croire qu'il doit également en faire partie,

GENRE PÉRODICTIQUE (Perodicticus, Bennett). Bosmann, voyageur hollandais du vue siècle, qui avait été en Guinée, parle, dans le récit qu’il a laissé, de plusieurs Animüux particuliers à ce pays qui n’ont été revus que dans ces dernières années, L'un d'eux est un Chevrotain dont nous rappellerons les caractères en décrivant les espèces de ce genre; un

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autre est un Quadrumane que Bosmann appelle Potto, et dont les naturalistes modernes ont fait successivement un Galago, un Nycticébe, et plus récemment un genre distinct,

Le PénopiGTIQUE Porro (Perodicticus Potto) a les orcilles à peu près semblables à celles des Loris et bien moins grandes que celles des Galagos, mais il a une queue tandis que les Loris en manquent; d'autre part, cette queue est bien moins longue que celle des Galagos ; elle est à peine égale au tiers du tronc, Get Animal est moins gros qu'un Chat et il parait être essentiellement grimpeur, Ses pieds de derritre, dont le pouce est bien séparé et complétement opposable, ont leur second orteil pourvu d'un ongle subulé et, antérieurement, sa main a aussi le pouce opposable, élargi à sa base et tellement écarté, que la main elle-même ressemble à une pinee dont une branche serait formée par le pouce et l’autre par le reste des doigts; mais le premier de ceux-ci ou l'index présente une particularité très-remarquable ; il est tout à fait rudimentaire et ne paraît extérieurement que comme un petit tubercule onguiculé, On ne connaît rien d’analogue dans les autres espèces de la classe des Mammifères.

CRASNE pe PÉRonicrique, grard. nat, Main pu PÉRODICTIQUE, grand. nat,

Le Potto à la dentition des Loris et des Galagos; il se rapproche surtout de ces derniers, mais il à la première molaire supérieure uniradiculée et la dernière plus courte, Nous n'avons pu en représenter que la dentition de lait, L'exemplaire observé par Bennett, en 1830, était dans ce dernier cas, ainsi que celui qu'a décrit plus récemment M, Van der Hoeven, et il en est de même d'un troisième appartenant au Muséum de Paris, C’est de celui-ci que nous dounons une fixure en couleur, (Planche IX.)

Le Potto est un Animal assez trapu, coloré de roux brun avec un glacé plus foncé sur le dos et gris-blanc sur les lombes, les flanes et les pattes; la partie terminale de sa queue est noire, On le trouve dans les forêts de la Guinée, particulitrement auprès de Sierra-Leone, C'est un Mammifère lent et paresseux qui semble établir le passage entre les Loris de l'Inde ct les Galagos de l'Afrique,

GENRE GALAGO (Galago, E. Geoffroy), Adanson, qui a été, comme l'on sait, un grand botaniste, à aussi rendu des services fort importants à la zoologie, soit par ses travaux sur les Mollusques, soit par les collections mammalogiques et ornithologiques qu'il à faites au Sénégal, C'est à lui que l’on doit les premicres observations sur les Galagos, qu'il avait eu l'occasion d'observer pendant son voyage, et dont il rapporta en France des peaux ainsi qu'un crâne,

E, Geoffroy rappelle plusieurs particularités à cet égard dans son Mémoire intitulé « Le Galago du Sénégal, description suivie de considérations sur l'Animal anonyme, » mémoire qui a paru dans lPAisloire naturelle des Mammifères de F, Guvier, «Il y avait longtemps, dit Geoffroy, qu'Adanson avait eu connaissance du Galago : des nègres qui le servaient durant son séjour au Sénégal, ayant remarqué qu'il prenait des notes sur toutes les productions de leur pays, lui procurérent cet Animal dont ils lui avaient auparavant vanté la gentillesse el l'extrême agilité, Ce joli Quadrupéde est connu dans les déserts au delà de Galam sous le nom de Galago, que nous avons adopté, Adanson en prit sur les lieux plusieurs croquis, I où rapporta aussi quelques dépouilles en Europe: et, c'est en s'aidant de ces moyens que, de retom

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FAMILLE DES LÉMURIDÉS. 159

à Paris, il fit composer une planche de grandeur in-folio, où le Galago est représenté dans les attitudes qui lui sont le plus familières, Feu Desmoulins fut chargé de la gravure de cette belle planche, et Adanson ne l’a employée, ni dans son Voyage au Sénégal, ni dans aucun autre de ses ouvrages, Occupé du projet d’une Encyclopédie sur l’histoire naturelle, il y a toujours destiné cette planche ainsi que d'autres faites avec les mêmes frais, et il est mort sans publier ces précieux matériaux, »

Le Galago ordinaire du Sénégal, qui reçoit aussi dans ce pays le nom de Æhoyah, n’est pas la seule espéce connue dans ce genre. Outre quelques Galagos dénommés par les auteurs modernes, mais dont quelques-uus sont trop peu différents de l'espèce ordinaire pour que l'on puisse les en distinguer comme espèces, il faut y joindre deux espèces qui sont au contraire plus grandes, mais également de couleur gris perlé, et une autre plus petite. Gelle-ci est le Galago de Demidoff, à tort rapprochée du Maki nain; les autres sont le Galago à grosse queue el le Galago d'Allen, Quand au Potto de Bosmann, dont quelques auteurs ont fait aussi un Animal de ce genre, nous en avons parlé précédemment sous le nom de Pérodictique , parce qu'il doit évidemment constituer une division à part.

Les Galagos sont de jolis Animaux ayant à la fois l'organisation des Primates et l'apparence gracieuse des Écureuils. Ils ont pour caractères leur tête assez grosse et arrondie, remarquable par ses grandes oreilles membraneuses et par la grosseur des yeux; leur queue est longue et fournie; leur pelage est moelleux; le pouce de leurs pieds de derrière est opposable aux autres doigts; leur second orteil est pourvu d'un ongle subulé et leur tarse est notablement allongé, Ils sont du petit nombre des Primates qui ont trois paires de mamelles; leurs dents sont en même nombre que chez les Makis, les Loris et les Sapajous, c’est-à-dire au nombre de trente-six; mais la forme de ces organes est bien plus semblable ici à ce que l’on voit chez les Makis ou Loris ; les trois paires antérieures de la mâchoire inférieure étant proclives et en forme de peigne, comme chez ces derniers Animaux,

Les Galagos sont inoffensifs, presque entièrement nocturnes, et ils vivent sur les arbres ou/ ils font la chasse aux Insectes et aux petits Oiseaux; ils mangent aussi des fruits. On les: trouve surtout dans les grandes forêts de Gommiers ou arbres qui fournissent la gomme, et les Européens du Sénégal les nomment, à cause de cela, Animaux de la gomme, Il paraît qu'ils aiment aussi cette substance, et, en captivité, on peut leur en donner ainsi que des fruits et d'autres aliments.

G. Cuvier et Geoffroy-St-Hilaire imposèrent, en 1795, le nom latin de Chirosciurus, qui signifie Écurcuil à mains, au genre qui comprend les Galagos, et, l’année suivante, dans son Mémoire sur les rapports naturels des Makis, le second de ces naturalistes en parla sous le nom qu'Adanson avait indiqué, En 1811, Illiger, conséquent au principe lrop souvent oublié, mais auquel la synonymie doit plus d’un embarras, que les noms employés d'abord comme spécifiques ne doivent jamais être pris dans une acception générique, substitua le mot d'Ololicnus (signifiant oreille en forme de van) à celui de Gulago, et il appela l'espèce la plus commune Ololicnus Galago, comme antérieurement Schreber Pavait appelée Len Galago,

C'est cette même espèce qui est le GALAGO DU SÉ- Gataco où SÉNÉGAL, 4/9 de gran.

Devrs pu GALAGO, grand, nat,

NÉGAL (Galago senegalensis) des ouvrages récents de mammalogie, et l'on doit, à notre avis, lui réunir celles qui ont été établies sans motifs suffisants, sous les noms de Galago Geoffroyi, Galago Moholi et Galago conspicillatus, Elle est d'un gris légérement teinté de roussâtre avec une partie de la face et les yeux de cette dernière couleur; dans les individus qui ont été conservés pendant longtemps dans nos collections le roux disparaît, La taille est un peu inférieure à celle de l'Ouistiti et le museau est plus fin, Ge joli Mammifère se rencontre au Sénégal, en Cafrerie, dans l’Abyssinie et dans la Nubie,

Le GALAGO D’'ALLEN (Galago Alleni, Waterh.) est un peu plus gros,

GALAGO pu SÉNÉGAL, 1/3 de grand,

Le GALAGO À QUEUE TOUFFUE (Galago crassicaudatus, E. Geoffroy) est le plus grand de tous ; sa teinte est à peu de chose près la même. On le trouve dans l'Afrique intertropicale, et en pariiculier à Port-Natal, C'est sans doute l'O. Garnetti, de M, O'Gilby.

Le GALAGO DE Deutnorr (Galago Demidoffi, G. Fischer) est au contraire plus petit ;

Gataco ok Demipogr, 1/) de grand,

FAMILLE DES LÉMURIDÉS. 161

sa taille égale seulement celle du Gheirogale nain, dont il a aussi la couleur et l'apparence extérieure, Il est de la côte occidentale d'Afrique, et particulièrement du Gabon,

C'est sans doute à côté de cette espèce qu'il faut placer le Microcebus myoxinus de M. Peters, qui vit en Mozambi ‘1e, Nous ne le connaissons pas en nature,

TRIBU pes TARSIERS

GENRE TARSIER (Tarsius), Ce nom de Tarsier, qui rappelle la longueur assez grande du tarse chez Animal qui le porte, a été donné par Daubenton et latinisé par Storr, professeur à Tubingue, dans le Prodrome d'une méthode des Mammifères qu'il a publié en 1780, C’est Daubenton qui a le premier fait connaître le Tarsier; ce qu’il en a dit est déjà fort complet, Gependant ni lui ni Buffon n'ont décidé de ses véritables affinités, quoiqu'ils en aient parlé en même temps que des Makis et des Loris. Le Galago ressemble encore plus au Tarsier qu'aucun autre Lémurien, mais il n’a été connu qu'après lui, Cependant le Tarsier doit être regardé comme formant le type d'un genre à part, et c'est à tort que M. de Blainville réunissait ces deux sortes d’Animaux,

Si le Tarsier a, comme les Galagos , la tête assez forte, les yeux gros, les oreilles grandes, les tarses allongés ct la queue plus longue que le corps, il en différe en ce qu'il n’a que trente-quatre dents au lieu de trentesix, par suite de la présence d’une seule paire d’incisives inférieures au lieu de deux. En outre ses dents ont une forme un peu différente de celle qu'on leur-connaît chez les Galagos, les incisives supérieures internes sont plus fortes et plus longues ; les fausses molaires inférieures sont aussi plus petites et comme gemmuformes, et il y a quelques autres particularités dans les autres dents, De plus, le Tarsier a les deux os de la jambe réunis dans une grande partie de leur longueur, et le second et le troisième de ses orteils, qui sont plus courts que les Desrs nt Tansien, 12 de grand, autres doigts, sont pourvus chacun d’un ongle subulé ou

mieux en forme de petit sabot : disposition, qui rappelle ve que l'on voit Chez la plupart des Marsupiaux australiens, mais avec cette différence que chez le Tarsier ces deux doigts restent séparés l’un de l’autre. Le pouce de ses pieds de derrière est parfaitement opposable, et il est on-

plus grand rtropicale,

plus petit ;

= suiculé; son ongle est plat et seulement un peu coupé en pointe, comme

77 celui des quatrième et cinquième or cils,

7 | Lorsque les classificateurs ont vou'u assigner au Tarsier sa véritable | place dans la méthode, ils ont éprouvé quelques difficultés, et la com-

” paraison que Buffon en avait faite avec la Gerboise, qui est un Rongeur,

= d'a pas peu contribué à les égarer, Schreber l'a associé aux Marsupiaux, = sous le nom de Didelphis macrotarsus : Lennant l’a réuni aux Gerboises,

\ en l'appelant, en anglais, Woly Jesboa ; mais Pallas a montré qu'il s'était

lait une idée plus exacte des careetères du Tarsier en l’associant aux Lémuridés, sous le nom de Leur spectrum. Plus récemment, M. Gray en à lait une tribu distincte dans La méme famille, et M, Es, Geoffroy une famille FRRRU FateL à part, sous le nom de Tursidés,

LE Tansier Svecrre (Zarsius Spectrum) est encore la seule espece de ce genre 1e PARTIE, 21

dont on ait bien démontré l'existence; il a recu plusieurs dénominations, et divers auteurs ont établi à ses dépens deux ou trois prétendues espèces qui n'ont pas pu être acceptées, On le trouve dans les îles de Banka, de Bornéo et de Gélèbes, qui font partir da grand Archipel indien; il n’est pas certain que Sumatra le possède, malgré son voisinage de Banka,

‘est un petit Animal fort gracieux, à pelage doux, de couleur roussâtre, plus où moins nuancé de brun en dessus et de gris en dessous; sa taille égale à peu près celle du rat commun, mais son corps à plus de rapport avec celui des Singes; son museau est court et fin; sa queue, longue et velue, est plus fournie à son extrémité que vers la base. Les Malais le nomment Podje, I est inoffensif, tranquille ou même lent, et il vit principalement d'insectes, On le ‘rencontre dans les lieux boisés, Malgré l’analogie de ses pieds avec ceux des Didelphes Australasiens, dont il est voisin par sa patrio aussi bien que par plusieurs autres de ses caractères, nous ne le séparons pas des vrais Lémuridés, Peut-être devrait-on lui donner un rang plus élevé parmi ces Animaux, car il paraît leur être supérieur en intelligence aussi bien que par quelques-unes de ses partieularités anatomiques, Cependant son cerveau manque de véritables circonvolutions,

Tansten, 1/2 de grand

Cenveau pe Tansien, grand, rat

LÉMURIDÉS DE MADAGASCAR

On peut les partager en deux groupes constituant chacun une tribu; le premier a pour type le genre Indri, et le second les Makis proprement dits.

TRIBU os INDRIS

L'Indri, le Propithèque et l'Avahi forment, parmi les Lémuriens de Madagascar, une

petite tribu que nous placerons avant celle des Makis véritables, à cause de analogie plus grande que certains de leurs caractères présentent avec ceux des Singes, Ces Animaux se tiennent droits plus facilement que les Makis et pendant plus longtemps qu'eux. Leurs dents, appropriées à un régime végétal, sont moins nombreuses que celles de ces Animaux; ils n'en ont jamais que trente, savoir : cinq paires de molaires à chaque mâchoire, au lieu de six;

ar sa patrie nous ne Île lui donner A ’ "être supée ses partie véritables

a pour type

ascar, une alogie plus Animaux se eurs dents, ux; ils n’en lieu de Six;

PROLITUÈQUE DIADÈME Le Loptthoctes dundeiriur

DEF MADAGANCAI

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CnanE pe L'Ixonti, 4/5 de grand

paires de dents proclives, au lieu de trois; de ces dernières, l’une est regardée comme une Cà-

nine, et l’autre est une incisive.

Comme les trois espèces d’Indris diffèrent entre elles par quelques caractères tirés ae la forme de leurs dents ou de leur crâne et dela longueur de leur queue, on en à fait trois genres distinets. Leur ensemble forme la tribu des Zadrisiens ou Lichanoltiens de quelques auteurs.

GENRE INDRI (/ndris, E. Gcoffroy). I comprend l'INDRI À GOURTE QUEUE (Indris

brevicaudatus), Animal singulier de l’île de Madagascar, dont la découverte est due au voyageur français Sonnerat, C’est le plus grand des Lémuriens ; il est haut d'un mètre lorsqu'il est debout sur ses pattes de derrière, Son pelage est doux, très-fourni et en grande partie noirâtre; mais il a du blanc à la figure et du blanc roussâtre sur les flancs; sa queue n’a guère que trois ou quatre centimètres de long, L’Indri est d’un naturel doux, et, quoiqu'il ne soit que médiocrement intelligent , il est susceptible d'éducation ; on peut, dit-on, le dresser pour la chasse, Sa ressemblance avec l'Homme, quoique bien inférieure à celle des premiers Singes où même à celle de certains Singes américains, l’a fait appeler Æomme des bois par les habitants des

contrées où on le rencontre, C’est le plus anthropomorphe de tous les Lémuridés, GENRE PROPITHÈQUE (Propilhecus, Bennett), A diffère surtout de l'indri par sa

queue, qui est presque aussi longue que le corps.

La seule espèce connue, ou le Propiruioue prADÈME (Propithecus diadema de Bennett),

FAMILLE DES LÉMURIDÉS,. 163

une paire de canines supérieures ne dépassant pas beaucoup le mveau des molaires, et qui pourraient être prises pour des avant-molaires; enfin, à la mâchoire inférieure, doux

Dents DE L'INnRI, grand. nut,

Input,

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