‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 96 · PACE · texte numérisé non relu

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dans le même genre qu'eux, et on pourrait aussi le séparer du Cheirogale de Milius, comme on a séparé le Lemur murinus où véritable Makis nain. Quant au Cheirogaleus lypicus de M. Smith, nous ignorons s’il doit être ou non distingué du Cheirogale de Milius, auquel

il ressemble beaucoup,

CurinoGaLEe 4 Founcue, 1/6 de grand,

Le CHEIROGALE NAIN (Cheirogaleus murinus) ou le Little Macauco de Brown (Lemur murinus, de Pennant) a le corps long de quinze centimètres, avec la queue un peu plus longue; il est entièrement roux ferrugineux, Buffon en avait vu et fait dessiner un individu vivant, mais il n'avait pu en faire la description complète, el l'on n’a trouvé dans ses papiers qu'une courte note où il en parle sous le nom de Rat de Madagascar,

CuUrrROGALE NAIN, 2/5 de grand,

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FAMILLE DES CHEIROMYDÉS, 173

Dans cette note, que Lacépède a fait paraître dans le tome VIL des Suppléments à l'Hisloire naturelle , il est dit que le prétendu Rat de Madagascar était nocturne, et qu’it avait les mouvements très-vifs. On le nourrissait d'amandes et de fruits, La même espèce a été nommée Lemur pusillus par Geoffroy-Saint-

Hilaire, qui en a fait plus récemment le type de son genre

Microcebus ; c'est peut-être aussi le Cheirogaleus Smithii de

M. Gray. D'autres auteurs la regardent comme appartenant au

même genre que les Galagos, à cause de sa grande

ressemblance extérieure avec Je Galago de Demidoff. L'un des caractères les plus remarquables de ce petit Animal est d’avoir trois paires de mamelles, comme les espèces du genre que nous venons de nommer, tandis que les vrais Makis n'en ont qu'une seule paire, laquelle est placée sur la poitrine, à peu près comme celle des Singes. Nous ignorons si les Cheirogales des deux espèces précédentes diffèrent à cet égard de l'espèce type du genre Microcèbe. M. Is. Geoffroy a fait connaître que le cerveau de ce dernier était privé de circonvolutions,

s, comme typicus de s, auquel

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FAMILLE vs CHEIROMYDÉS

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un individu La seule espèce que l'on connaisse dans cette famille est le Cheiromys Aye-Aye, Animal essentiellement différent de tous les autres Primates, parce qu'elle n’a que deux sortes de dents, savoir : des incisives, en même nombre et à peu près de même forme que celles des Rongeurs, et des molaires assez semblables à celles des Sciuridés, et qui sont de même séparées des incisives par une barre ou espace vide,

GENRE CHEIROMYS (Cheiromys, G. Cuvier). Lors de son voyage à Madagascar, Sonnerat se procura, sur la côte occidentale de cette île, cette espèce fort bizarre de Mammifère dont aucun naturaliste n'avait encore parlé, On pouvait la prendre, à son apparence générale, pour quelque gros Écureuil; mais, en réalité, c'était plutôt un Quadrumane, ayant de la ressemblance avec les Rongeurs de la famille des Sciuridés, car ses pieds de derrière avaient le pouce opposable aux autres doigts; sa tête était arrondie, et on reconnaissait que la partie cérébrale en était volumineuse, La queue longue, bien fournie et lâche du même Animal, avait, d'ailleurs, autant de ressemblance avec celle des Sakis qu'avec celle des Écureuils ; mais ce qui le rendait surtout singulier, c'était le grand allongement de ses doigts antérieurs , et, comme il joignait aux caractères que nous venons d'énumérer un système de dentition tout à fait comparable à celui des véritables Rongeurs, et fort différent, par conséquent, de celui des Primates ou Quadrumanes, on comprend combien les zvologistes furent embarrassés lorsqu'ils essayèrent de déterminer le rang précis qu’il convenait d'assigner dans la classification à ce Quadrupède d’un genre si exceptionnel, Le peu de détails que Sonnerat publia sur cet Animal, dans son Voyage aux Indes, laissa subsister toutes les difficultés que présentait une réunion de caractères aussi insolite, et elles furent peut-être encore augmentées par ce que Lacépéde en dit dans le Supplément aux œuvres de Buffon, qu'il fit paraître bientôt après,

Sonnerat avait possédé deux exemplaires vivants de cette singulière espèce à laquelle il

ses papiers

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donna le nom d’Aye-Aye, qui rappelle l’exelamation que les Madécasses d'une autre partie de l'île poussérent lorsqu'il les leur montra, L'Aye-Aye, Animal fort rare à Madagascar, n'était pas même connu des gens qui habitent celte Île,

Sonnerat conserva ses Aye-Aye vivants pendant deux mois, « Je les nourrissais, dit-il, de riz cuit, et ils se servaient, pour le manger, des doigts grêles des pieds de devant, comme les Chinois se servent de leurs baguettes. Ils étaient comme assoupis, se couchant la tête placée entre leurs jambes de devant ; ce n’était qu’en les secouant plusieurs fois qu'on parve nait à les faire remuer, »

Ces deux Aye-Aye ont été, jusque dans ces dernières années, les seuls qui soient venus à la connaissance des naturalistes, et Sonnerat paraît même n’en avoir conservé qu'un, Il le déposa, en 1782, au Jardin du Roi, à Paris (depuis lors le Muséum d'histoire naturelle), Get Aye-Aye est encore l’une des pièces les plus précieuses de la collection mammalogique de ce vaste établissement, C’est d’après la peau bourrée du même Aye-

Aye, son crâne et quelques

os tirés de ses membres, que

l'espèce à été décrite par les

auteurs qui s’en sont occupés,

Cependant, en 1844, un autre

individu de la même espèce Ÿ $

fut trouvé à Madagascar et JAI E D Dane dus

préparé par les soins de M, de Lastelle, qui en a aussi fait don au Muséum, Nul autre cabinet d'histoire naturelle ne possède encore cette espéee animale; mais l’exemplaire dû à Sonnerat a souvent été décrit et figuré, Ayant pu observer ces Animaux en détail, aussi bien celui de M. de Lastelle que celui de Sonnerat, nous essayerons d’en tracer l’histoire de manière à les faire bien connaître, et nous rappellerons en même temps les principales observations auxquelles ils ont donné lieu de la part des naturalistes,

La singularité des caractères distinctifs des Aye-Aye, et l'intérêt des discussions scientifiques auxquelles ils ont donné lieu, nous ont paru mériter ces développements, dont nous nous serions, au contraire, abstenu, s’il se fût agi de l’un de ces genres dont tous les naturalistes comprennent les affinités de la même manière,

Dans l'édition qu’it a publiée du Systema naturæ de Linné, en 1789, Gmelin inscrivit l'Aye- Ave parmi les Écureuils, sous le nom de Sciurus madagascariensis, Les notes publiées sous le nom de Buffon Pavaient bien comparé aux Animaux de ce genre, mais elles ajoutaient

que, par l’aplatissement du pouce de ses pieds de derrière, il se rapprochait du Tarsier,

CUELROMYS DE SONNERAT, 1/6 de grand,

Cueinomys DE M, DE LASTELLE, 1/2 de grand.

Va dacty En il dé d'ana qui si ailleu reçu ( qu'il sur Ce de la un R( re de M Aye, avec aussi terme La l'Aye- E, après ''appo des L Au plusie au m ouvel chez ingui uns < nissa touff bres, davai Le

FAMILLE DES CHEIROMYDÉS. 175

Vers la même époque, Schreber, d'Erlang, en fit un Lémuridé, et il l'appela Lemur psilodactylus.

Eafin, ce fut E, Geoffroy qui le signala le premier comme devant former un genre à part, et il dédia ce genre à son maître et ami Daubenton, Lors de la publication de ses Leçons d'analomie, c'est-à-dire en 1800, G. Cuvier remplaça, par la dénomination de Cheiromys, qui signifie Rat-à-Mains, le nom de Daubentonia, proposé deux ans auparavant, Il en explique ailleurs le motif: « C’est, dit-il, parce que l'usage de donner des noms d'Hommes n’est pas reçu en zoologie comme en botanique, » Quoique l’on n’ait pas toujours suivi cette règle, et qu'il y ait même en zoologie plusieurs genres Cuvieria, le nom de Cheiromys a prévalu sur celui de Daubentonia, bien que moins ancien que lui et malgré l’idée fausse qu'il donne de la véritable nature réelle de l’Aye-Aye, qui n’est pas, comme ce mot semble l'indiquer, un Rongeur pourvu de mains,

C'est pour éviter cet inconvénient que Blainville a composé beaucoup plus tard les noms de Myspithecus où Myslemur par lesquels il exprime les doubles affinités que montre l’Aye- Aye, d’une part, avec les Quadrumanes, en particulier avec les Lémuridés, et, d'autre part, avec les Rongeurs; mais Blainville n'a fait que très-rarement usage de ce mot, et lui, aussi bien que Geoffroy-Baint-Hilaire, se sont habituellement servi dans leurs ouvrages du terme employé par Cuvier.

La différence d'opinions que Gmelin et Schreber avaient eue au sujet des affinités de l'Aye-Aye se retrouve chez les naturalistes plus récents.

E. Geoffroy, ainsi que G, et F. Cuvier, d’une part, et, d’autre part, de Blainville, et après lui, M. Is, Geoffroy, ont surtoui pris part à ce débat, les premiers ayant continué à rapporter l’Aye-Aye à l’ordre des Rongeurs, et les deux derniers, au contraire, le rapprochant des Lémuridés, dans l’ordre des Quadrumanes ou Primates.

Aux divers caractères propres à l’Aye-Aye que nous avons déjà indiqués, il faut en ajouter plusieurs autres, Tels sont : la position terminale des narines; l'absence de fissure verticale au milieu de la lèvre supérieure; l'ampleur des conques auditives, qui sont fort minces et ouvertes en avant; la position des yeux, beaucoup moins latérale que chez les Rongeurs ; deux mamelles seulement, placées à la région inguinale; la nature du pelage composé de deux sortes de poils, les uns soyeux, quoique rudes, longs et lisses, les autres laineux et fournissant une sorte de bourre à la base des premiers; enfin la disposition touffue, mais non distique, des poils de la queue. Quant aux membres, au crâne et aux dents, ils méritent que nous nous y arrôtions davantage,

Les membres antérieurs ont cinq doigts, comme les postérieurs, : mais la forme en est assez différente, Le radius et le cubitus sont distincts dans toute leur longueur, et leur forme rappelle celle des mêmes os chez les Quadrumanes, Le carpe montre aussi, entre ses deux rangées, los intermédiaire que présentent la plupart des Animaux du même ordre, mais que l’on retrouve dans plusieurs autres groupes. MAIN AMGR. DE CEIROMYS,

CUAXNE DE CHEIROMYS ADULTE, grand, nat, Les doigts sont aliongés , 4/2 de grand.

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