SSSS NS NW RT
VESPERTILION DISCOLORE, grand, nat
VESPERTILION OREILLARD, grand, nat
218 ORDRE DES GHEIROPTÈRES,
ses oreilles en à fait faire un genre à part (Prrecopus, E, Geoffroy), auquel on à quelquefois associé d’autres Vespertilions ayant aussi les oreilles très-grandes.
VESPERTILION OREILLARD, 1/2 de grand.
On en a distingué, mais peut-être à tort, une espèce européenne sous le nom d'Oreillard brévimane.
Le VESPERTILION GRANDE-OREILLE (Vespertilio macrolis et megalolis), qui est de l'Amérique septentrionale, parait, au contraire, constituer une autre espèce, Il a été décrit par Rafinesque et par M, Lecomte,
Il en est plus sûrement ainsi du VESPERTILION EURYOTE (Vespertilio euryolis, Natterer), qui est de l'Amérique méridionale, C'est aussi une Ghauve-Souris à grandes oreilles, et, sous ce rapport, il a encore de l’analogie avec le Vespertilion voilé,
B. Espèce type du genre FURIE de F, Guvier,
Il existe également trente-six dents chez la petite espèce de la Guyane à oreilles courtes, arrondies et très-ouvertes, à oreillon hastiforme et à face verruqueuse et presque difforme , que F, Cuvier a décrite comme formant un genre à part, sous le nom de FURIE HORRIBLE (Furia horrens).
4. Vespertilions pourvus de brente-huit dents dont vingt-quatre molaires ($ de chaque côté) par suile de la présence de trois paires de petites molaires en haut et en bas.
Ceux qui ressemblent le plus au Murin ont reçu le nom de Murinoïdes.
Le VESPERTILION MURIN de Daubenton ( Vespertilio murinus) est le plus fort et l’un des plus communs parmi les Cheiroptères de ce groupe. On le trouve dans une grande partie de l’Europe et même en Algérie, IL vit par troupes nombreuses, se retirant pendant le jour dans les endroits sombres et, en général, sous les combles des grands bâtiments. Son vol est rapide, Ses excréments, que l'on trouve amoncelés dans les lieux où il se cache, ont, comme
Aa à quelque-
m d'Oreillard
, qui est de Il a été décrit
lis, Natterer), Iles, et, sous
illes courtes, que difforme , E HORRIBLE
» chaque côté)
s fort et l’un grande partie ndant le jour , Son vol est ont, comme
FAMILLE DES VESPERTILIONIDÉS, ceux de la plupart des autres Gheiroptères, une odeur musquée, Il a 0,45 d'envergure, Son pelage est brun cendré; son museau est assez allongé et ses oreilles en forme de cornet ont leur oreillon en lame pointue,
CHANE ET DENTS D'UN VESPERTILION LA
GROUFE DES MumiNoines
D'autres espèces murinoïdes, ég taille, s'observent en Europe, Quatre ont été trouvés en France, ce sont : Le VESPERTILION DE BESCHTEIN (Vespertilio Beschteinit, L prochent pour la grandeur de celles de l'Orcillard, Le VESPERTILION pe Narrenen (Vespertilio Nattereri, Kuhl). Le VESPERTILION MYSTACIN ( méral de M, Baillon ne diffère pas ; Et le VESPERTILION ÉCHANCRÉ (
Vespertilio emarginatus , E. Geoffroy), D'autres sont égi
lement européens, mais n'ont pas été vus dans notre pays en particulier le VESPERTILION LIMNOPHILE ( la seconde fausse molaire supérieure plus pe
alement pourvues de trente-six dents, mais d’une moindre
eisler) , dont les oreilles ap-
Vespertilio mystacinus, Loisler) , dont le Vespertilion hu
. Nous citerons
Vespertilio limnophilus, Temminck) , qui a lite que la premiére, [1 vole très-tard, à l'entrée
220 ORDRE DES CHEIROPTÈRES,
de Ja nuit, et parait rarement ailleurs que sur les eaux et au milieu des roseaux, On ne l'a encore trouvé qu’en Hollande,
Nous avons fait connaître, dans l'ouvrage sur le Chili de M, Gay, les dents du VESPERTILION DE GHILOE (Vespertilio chiloensis, Waterhouse), petite espèce non moins curieuse qui habite le Ghili; elles rapprochent ce Gheiroptère du Limnophile,
L'Amérique méridionale est aussi le pays des Vespertilio br'asiliensis (Spix); V. hypothrix (P. Gerv, et d'Orb,) et V. /sidori (P, Gerv, ct d'Orb.),
L'ile de Cuba a seule fourni jusqu’à ce jour l'espèce plus curieuse encore par la forme de sa face ct l'allongement de son crâne, que j'ai décrite sous le nom de Vespertilio lepidus (Histoire de Cuba, publiée par M. De la Sagra), Cette espèce devrait former à elle seule une division particulière,
Plusieurs Vespertilions également pourvus de trente-huit dents sont propres à l'Amérique septentrionale, Tels sont les Vespertilio gryphus, NV. subulalus et V, Salarii de Fréd, Guvier; tous trois sont de l'État de New-York,
Dans l'énumération qui précède nous avons dà insister sur les espèces vulgaires ou sur celles plus rares qu’il nous a été possible d'étudier en nature, Nous en aurions beaucoup d'autres à signaler si nous voulions donner la liste complète de celles qui ont été décrites dans ce genre, mais on n’a pas fait connaître le système dentaire de la plupart de celles qui nous resteraient à signaler, et ilest par conséquent impossible de leur assigner un rang dans la méthode que nous avons adoptée; il en est d’ailleurs quelques-unes, ainsi que M. Temminek en à déjà fait la remarque, qui ont été décrites d'une manière trop imparfaite pour qu'il soit possible de les reconnaitre avec certitude,
E. Geoffroy n'avait pas multiplié, comme on l’a fait depuis, les divisions génériques de la triba des Vespertilioniens, et il avait assigné des limites plus larges au genre Vespertilion, JL n'en comptait, il est vrai, que dix-huit espèces, M, Temminck, qui à apporté un soin égal et des vues non moins sages dans l'étude du mème groupe, en évaluait, il y a déjà quelques années, les espèces à une centaine, non comprises celles à une scule paire d'incisives supérioures, dont nous avons parlé sous les noms d’Atalaphe et de Nycticée, Une trentaine de ces espèces sont de l’Europe, région du globe où les Vespertilions représentent le groupe des Cheiraptères à l’exelusion de presque tous les autres genres du même ordre, L'Amérique septentrionale paraît en posséder un nombre à peu près égal, mais il y en a moins dans l'Amérique méridionale, qui nourrit tant de Phyllostomidés, et ils n’entrent pas non plus pour une fraction aussi notable dans le nombre total des Gheiroptères propres à l'Inde et à l'Afrique, pays si riches en Molosses et surtout en Roussettes,
On ne connaît encore que trop incomplétement les Gheiroptéres de Madagascar pour qu'il soit possible de rien dire sur la proportion suivant laquelle les différentes familles de Gheiroptères y sont représentés,
La Nouvelle-Hollande, ce continent si pauvre en Mammifères monodelphes, a fourni quelques Cheiroptères comme aussi quelques Rongeurs, et ces Cheiroptères, quoique d'espèces différentes de ceux du reste de la terre, rentrent, comme beaucoup de Reptiles australiens, dans des genres propres à l’ancien continent, On n’y connaît aucun Phyllostomidé, mais il ya, comme nous l'avons déjà dit, deux ou trois Roussettes ; la famille des Rhinolophes y est représentée par le Nyctophile de Geoffroy et par les Rhinolophes orangé ct mégaphylle; enfin il y à plusieurs Vespertilions, C’est parmi eux que paraissent se ranger les Vespertilionidés, nommés par M. Gray : Noctulina tasmaniensis, Scolophilus Gouldii, Séotophilus pumilus, Scotophilus Greyi et Scotophilus Morio, AY a aussi un Vespertilion à la
Dents OÙ VESPERTILION LIMNOPHILE, 4/1
LIMNOPUILE, 4/1
, publiée par \re,
à l'Amérique Fréd, Guvier;
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sr
FAMILLE DES VESPERTILIONIDÉS, 221
Nouvelle-Zélande; c'est le Mystacina tuberculata de M, Gray, et un autre de l'ile Norfolk qui est peu éloignée du même archipel, Ces deux Gheiroptères sont les seuls Mammifères que l'on connaisse encore dans l'archipel Nouveau-Zélandais, qui est si différent de la Nouvelle-Hollande par ses productions ornithologiques, que l'on doit le considérer comme étant aussi un centre particulier de population animale,
Nous avons donné les caractères du Mystacina tuberculata en parlant des OEllo et des Emballonures, Le Vespertilion de Norfolk (Vespertilio norfolcensis, Gray), que nous avons récemment étudié dans le musée Britannique , est de la taille de la Pipistrelle et du Mystacin, etil a, comme eux, la queue entièrement comprise dans la membrane interfémorale et de formo ordinaire, Son orcillon est à peu près sécuriforme ; sa couleur est brunâtre,
GENRE MOLOSSE (Molossus, E, Geoffroy), Les Chciroptères dont nous parlerons sous ce nom, comme l'ont fait de leur côté MM. Temminck et de Blainville, sont les mèmes dont on à fait les différents genres des Molosses, Nyctinomes, Myoptères, Dysopes, Cheiromèles, Dinops, ete, As sont remarquables par leur grosse têto, par leurs oreilles simples, arrondies, plus ou moins gaufrées, comme ourlées à leur pourtour, mais sans véritable orcillon intérieur ; par leurs lèvres épaisses et dont les supérieurs sont en lippes plus ou moins frangées ; par leur queue dépassant de moitié la membrane interfémorale; enfin par les soies roides que l'on voit sur leurs doigts de derricre,
Ce sont des Animaux hideux, à ailes étroites, mais aiguës, et dont les jambes courtes ont leur péroné presque aussi fort que le tibia, et très-arqué en dehors; ils volent avec rapidité et marchent plus facilement que la plupart des autres Chauve-Souris, Leur taille est, en général, supérieure à celle de nos petites espèces de Vespertilions; elle égale ou même dépasse, dans la plupart des espèces, celle du Murin et de la Noctule; leur régime est essentiellement insectivore; ils ont des incisives dont la formule varie avec l’âge, mais qui sont habituellement au nombre de deux paires à la mâchoire inférieure, et d'une seule à la supéricure; les premières étant simplement bilobées à la couronne, et les unes et les autres serrées entre les canines, qui sont fortes ; ils ont tantôt quatre, tantôt cinq paires de molaires supérieures, et présentent constamment cinq paires de dents analogues à la mâchoire inférieure,
Les diverses espèces du genre des Molosses habitent les régions chaudes et tempérées ; elles nous fournissent le second exemple d’un genre à la fois conimun aux deux continents, Tous ceux que nous avons étudiés jusqu'à présent, soit parmi les Gheiroptères, soit parmi les Primates, étaient particuliers au nouveau continent ou, au contraire, à l’ancien, et quelques-uns mêmes, parmi ceux qui habitent ce dernier, exclusivement cantonnés en Afrique, dans l'Inde ou à Madagascar, comme c'est le cas pour la plupart des Pithéciens et pour les Lémuridés, Une seule espèce de Molosse à été constatée en Europe, C'est le Holossus Cestoni, type du genre Dinops de M, Savi, Aucune n'a été signalée en Australie,
{. Certains Molosses n'ont que quatre paires de dents molaires supérieures.
Le Mozosse À coLLier de Temminck (Molossus torquatus), que M. Horsfield à décrit sous le nom générique de Cheü'omèle, est de ce nombre; c’est le Molosse pédimane de M, Temminck. C'est aussi la plus grande espèce connue; sa longueur totale est de 0,15, et son envergure 0,65. On le trouve à Bornéo, ct, assuret-on, dans le royaume de Siam, Le doigt externe de ses pieds de derriére est entièrement séparé des autres, libre et presque aussi opposable que le pouce des Quadrumanes ; le corps n’a que quelques poils.
Le MOLOSSsE DE DAUBENTON (Wolossus Daubenlonii), dont nous avons parlé plus haut sous le nom de Aal-volant, à été découvert au Sénégal par Adanson; il est moins fort que le précédents il a le corps tout couvert de poils bruns,
DENIS pe Moiosse pe Darbenion, ZE de gi
on TS épnse
ORDRE DES CHEIROPTÈRES,
Le Morosse mors (WMolossus mops), décrit comme espèce du genre Dysopes par F, Guvier, est de Sumatra, où il a été trouvé par Diard et Duvaucel; c'est peut-être le même que le M, dilatatus de quelques auteurs,
Lo MoLosse ounson (Molossus ursinus, Spix) habite, au contraire, l'Amérique méridionale, ainsi que les M, rufus (E. Geoffroy), velox (Temminek), et obscurus (E, Geotfroy). Ce dernier a été rapporté de Cuba et de la Martinique, ainsi que du continent Sud-Américain, par exemple, de la Guyane, Le Molosse véloce va jusqu'à Buenos-Ayres, Lo Molosse roux est de Saint-Jean-de-Curaçao,
2. Les autres espèces du méme genre ont cinq paires de molaires aux deux mâchoires,
On ne connaît bien parmi celles de l'Amérique que le MoLosse NASIQUE (Molossus nasulus, Spix, où Nyclinomus brasiliensis, E, Geoffroy) , que l'on trouve au Brésil, dans la République argentine et au Chili; il paraît s'étendre au nord jusqu’à la Nouvelle-Orléans, Ge Molosse a les lèvres plissées, le tour du nez denticulé, les oreilles amples, non réunies audessus du front, et le pelage de couleur brun noir en dessus et cendré en dessous; son envergure est de 0,29,
Le MoLosse DE CEsTont (Molossus Cestoni), que M. Savi a décrit sous le nom géné rique de Dinops, s'observe en Italie; il a d'abord été découvert à Pise; il existe aussi en Égypte et dans l'Algérie,
Morossx mors, grand nut
MOLOSSE DE CESTONI, grand, nat Déxrs ou MoLosse ue Cusront, 2/1 de grand
jette curieuse espèce de Chauve-Souris est sans doute l'Animal que Rafinesque avait appelé Tadarida tæniolis, et aussi le Wolosse Ruppel de la Monographie de M, Temminck.
Le MOLOssE PLISSÉ (Molossus plicatus), nommé encore Nyclinomus bengalensis, est de couleur de suie, avec le dessous du corps plus pâle; ses lèvres sont plissées ; son envergure est de 0,33, Il vit au Bengale,
Le MOoLossE ÉGYPTIEN (Molossus ægypliacus), découvert par E. Geoffroy, est de la taille de la Sérotine; ses orcilles ne sont pas réunies sur la ligne médiane,
Le MoLosse pe Port-Louis (Wolossus: acetabulosus), décrit par E. Geoffroy et Temminck , et déjà signalé dans les manuscrits de Gommerson, vit à l'Ile-de-France et peut-être à Madagascar; c’est une espèce assez pelite et dont l’envergure n'a G:2 0,28, La glande qu'il porte sous le cou est considérable, eu égard à la taille de l'Animal et lui a volu son nom la- yosocs ve donrLons, gran nat tin; son pelage est brun noir,
lécrit comme de Sumatra , 4 peut-être le
Spix) habite, los A, rufus us (E, Geota Martinique, emple, de lu os-Ayres, Lo
mâchoires.
E (Molossus résil, dans la Orléans, Ce n réunies aus; SON enver-
e nom généiste aussi en
2/1 de grand
avait appelé ck.
lensis, est de ; SOn enver-
US, grand, hat
ORDRE pes INSECTIVORES
Animaur mammifères pourvus de quatre extrémités onguiculées, propres à la locomotion ordinaire ou modifiées pour fuir, n ‘ayant pas les pouces opposables ; mode de développement analoque à celui des Chei= roplères et des Primates ; intelligence très-peu développée ; régime plus où moins insectivore ; dents souvent aiguës ou garnies de tubercules aigus, en général moins faciles à diviser en trois sortes que celles des familles précédentes, mais toujours différentes de celles des Rongeurs, dont la plupart des Insectivores se rapprochent sous d'autres rapports. Les plus connus de ces Animaux sont les Hérissons, {es Musaraignes ed les Taupes. L'Afrique et l'Asie méridionale en nourrissent qui constituent des genres différents.
L'ordre des Insectivores répond, à peu de choses près, à celui des Bestiæ de Linné, mais il faut en éloigner son genre Didelphis, dont le mode de développement est tout différent. Quoique beaucoup d'autres Mammifères se nourrissent d'insectes , on laisse en propre à ceux dont nous allons parler le nom d'/nsectivores, Is constituent un groupe intermédiaire aux ordres des Cheiroptères et des Rongeurs, ayant avec eux des affinités incontestables dans la forme du cerveau, dans le mode de reproduction, dans le degré d'intelligence, ete., Mais qui se laisse aisément distinguer des uns et des autres par l'apparence extérieure ainsi que par la disposition de leur Système dentaire. Là forme des membres chez les Insectivores , la position des mamelles et quelques autres
aractères séparent nettement ces Auimaux des Chciroptères ; leurs dents ne pernettent pas non plus de les confondre avec les Rongeurs, quelque ressemblance qu'ils aient d’ailleurs avec ces derniers sous d’autres rapports. Ils ont toujours un nombre plus considérable de dents, et jamais ils ne présentent, entre les incisives et les vraies molaires, le grand espace vide ou la barre que l’on trouve constamment chez les Rongeurs. Toutefois, cette différence n'est pas aussi importante que celles qui distinguent les Insectivores d’avec les Cheiroptères. On peut cependant y ajouter que les incisives antérieures des Insectivores, et leurs vraies molaires ont toujours une autre forme que celles des Rongeurs, et cette nouvelle particularité coïncide avec la différence qui existe dans le régime de ces deux groupes de Mammifères, Les Rongeurs vivent surtout de graines, d'herbes ou d’autres substances végétales. Certains d'entre eux aiment aussi la chair et les matières animales ; mais aucun ne se nourrit d’Insectes. Les Insectivores, au contraire, comme leur nom l'indique, préfèrent toujours les Insectes, et, s'ils y associent d’autres aliments, ce sont surtout des aliments empruntés aux classes inférieures du règne Animal, tels que les Vers, les Limaces, ete. Aussi n'ont-ils pas le canal intestinal aussi long que celui de la plupart des Rongeurs, et le plus grand nombre d’entre eux manquent de cœcum.
Au lieu de prendre leur proie au vol, comme le font les Chauve-Souris , ils la poursuivent sur les arbres, à terre, dans l'eau ou dans le sol lui-même, De là des différences considéables dans leurs organes locomoteurs, et qui rappellent, dans l'ordre des Insectivores, la plupart des formes qui distinguent entre eux les Rongeurs, Il n'est pas jusqu'à celle des Gerbilles et des Gerboises, ou Rongeurs disposés pour le saut et « nieds de derrière trèsallongés, qui ne se retrouve chez les Insectivores, où elle nous est 1ournie par les Macroscélides et les Pétrodromes. Les espèces arboricoles sont représentées par les Hylomys, les Tupaias et les Ptilocerques, et les seconds de ces Animaux ont une si grande analogie extérieure avec les Écureuils, que les Malais les désignent par le même nom; les genres terrestres du même ordre sont les Hérissons, les Gymnures et plusieurs autres ; les Desmans sont la répétition des Ondatras, des Myopotames, ete., dans le même groupe; enfin, les Taupes, les Chrysochlores, ete., y tiennent la place de ces Rongeurs éminemment souterrains, auxquels on à même donné le nom de Rats-Taupes, pour rappeler la similitude qu'ils ont avec les Taupes dans leur genre de vie aussi bien que dans l'apparence extérieure.
Indépendamment de leurs grandes affinités avec les Rongeurs, les Insectivores en ont aussi avec les Marsupiaux, et principalement avec ceux qui se nourrissent, Comme eux, d'Insectes. Ces ressemblances sont telles qu'à plusieurs reprises les naturalistes ont regardé comme Insectivores placentaires des Animaux qui sont, au contraire, des Insectivores marsupiaux, et réciproquement comme Marsupiaux des Insectivores placentaires. Toutefois, certaines particularités du squelette et la disposition des organes reproducteurs, ainsi que la forme sous laquelle les petits viennent au monde, établissent entre ces deux sortes d’Animaux une différence tranchée. IL est également remarquable que les Insectivores marsupiaux el les Insectivores monodelphes, que l'on peut confondre les uns avec les autres, ne se rencontrent point dans les mêmes pays. Ainsi, les Sarigues, habitent l'Amérique méridionale, où il n'existe aucune espèce de ce groupe, et il n’y a pas non plus d’Insectivores monodelphes dans la Nouvelle-Hollande, qui est le pays des petits Dasyures, des petits Phalangers, du Myrmécobie et des autres Insectivores marsupiaux les plus semblables à nos Insectivores. Les Insectivores monodelphes se rattachent d’une manière plus évidente encore aux Lémuridés par quelques-unes de leurs espèces, principalement par les Tupaias, qui ont, comme les Lémuridés, le cercle orbitaire entitrement osseux,
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FAMILLE DES ÉRINACIDÉS, 225
Les genres dont nous aurons à parler dans ce chapitre se groupent autour de notre Hérisson, de nos Musaraignes où de nos Taupes, qui sont les seuls Insectivores répandus en Europe; ils sont propres à l'Afrique, à l'Asie ou à ses iles méridionales, ainsi qu'au Japon et à l'Amérique séptentrionale.
On les distingue aisément les uns des autres par leurs caractères extérieurs , auxquels se joignent de très-bonnes particularités empruntées au nombre et à la disposition des dents. Toutefois, il est difficile de donner pour ces derniers des formules aussi précises que celies qu'on établit pour les autres ordres, et les auteurs sont loin d'être d'accord sur leur répartition en incisives, canines et molaires ; c’est pourquoi nous nous attacherons de préférence au nombre et à la forme de ces organes. On n'a pas non plus établi d'une manière précise les changements que l'âge apporte dans le nombre et dans la disposition de ces dents. Les Insectivores paraissent être, sous ce rapport, dans une condition tout à fait particulière ; mais ce que l'on à dit au sujet de plusieurs d’entre eux doit être revu avec soin.
Leurs organes des sens présentent des variations considérables, suivant qu'ils sont appelés à vivre dans telles ou telles conditions, et nous parlerons des particularités qui les distinguent à propos de la description de chaque genre. I en est de même de leur système tégumentaire dont les deux dispositions extrêmes nous sont offertes par le Hérisson ct par la Taupe.
Indépendamment des diverses espèces d'insectivores que l'on connait dans la nature actuelle, on en a décrit plusieurs autres qui n'existent plus aujourd'hui et dont les restes fossiles ont seuls permis d'établir les caractères distinetifs. On en cite surtout dans les terrains miocènes de l'Europe. I y en à aussi dans les dépôts à Paléotherium, Un fait remarquable, c'est que, dans plusieurs endroits, les débris de ces Insectivores d'espèces éteintes sont associés à ceux de certains Marsupiaux intermédiaires aux petites espèces qui vivent maintenant dans l'Amérique méridionale et dans l'Australie, Dans une autre partie de cet ouvrage, nous parlerons de ces Marsupiaux, fossiles en Europe, sous le nom de Peratherium.
On peut diviser les nsectivores qui vivent actuellement sur le globe en quatre familles , SAVOIT :
lo Les ÉRINACIDES, divisibles en quatre tribus, sous les noms de Tupaia, Hérisson, Gymnure et Tanrec ;
2 Les MACROSCÉLIDÉS, qui comprennent les Macroscélidiens et les Rhynchocyons ;
3 Les SORICIDÉS, partagés en Musarrignes, Solénodontes et Desmans ;
& Les TALPIDÉS ou les Chrysochlores, les Sealops, les Condylures et les Taupes.
FAMILLE oes ÉRINACIDÉS
Les Animaux que nous réunissons dans celte famille sont les plus gros de tous les Inseclivores et ceux dont l'apparence extérieure s'éloigne le moins de celle des autres Mammifores, Leur apparence générale rappelle assez bien celle des Carnassiers, et ils ont aussi plus ou moins d'analogie avec ces derniers dans leur régime, quoique les Insectes en forment l'élément essentiel, Leur dentition est également moins anormale que celle des Talpoïdes, et, sous ce rapport encore, ils tiennent des Garnivores; ils ont aussi de l’analogie avec les Lémuridés; cependant on ne saurait les placer ailleurs que dans l'ordre des Insectivores, La diversité des conditions d'existence auxquelles la nature les a destinés rend cample des différences de forme qui ies séparent les uns des autres, et qui ont souvent fait méconnaitre les caracteres
1e PARTIE, 29
Les
ere ee
= nee
plus profonds qui doivent les faire associer, Les Tupaias, qui vivent sur les arbres, ont des formes plus gracicuses ; les Æérissons, qui se tiennent à terre, ont le corps plus ramassé el leur queue est rudimentaire ; les Tanrees sont les représentants des Hérissons dans la Faune de Madagascar ; enfin les Gymnures, qui sont les seuls Erinacidés propres aux Îles de la Sonde, se distinguent des autres Animaux de la mème famille par leur queue longue et nue et par leurs dents, plus nombreuses qué celles des genres précédents
TRIBU pes TUPATAS
Les Tupaias (Tupaia) ont les dents mieux disposées pour le régime insectivore que les Hérissons proprement dits; leurs allures sont plus semblables à celles Écureuils qu'à celles de ces Animaux, et ils vivent constamment sur les arbres, Ge sont, de tous les Inseetivores , ceux qui se rapprochent le plus des Lémuridés par l'ensemble de leurs caractères anatomiques, Ils différent encore des Hérissons par l'absence de piquants,
GENRE TUPAIA (Tupaia, Raffles). Les espèces de ce genre vivent sur les arbres, et leur physionomie extérieure est très-semblable à celle des Écureuils, ou de quelques autres Aninaux ayant les mêmes habitudes, Dans les grandes îles de l'Inde où vivent principalement les Tupaias, les habitants les confondent mème avec les Écureuils et ils donnent aux uns et aux autres le même nom de Tupaias où Toupaies, C'est ce mot Tupaia que Raffles a pris pour désigner le genre lui-même; Diard avait proposé de l'appeler Soreæ-Glis, mol composé que Desmarest a changé en Glisoreæ, et qui veut dire Loir-Musaraigne; F, Guvicr le nomme de son côté Cladobate et M. Temminck Hylogale.
Malgré leur ressemblance apparente avec les Écureuils, les Tupaias peuvent en être distingués très-aisément, ainsi que de tous les autres Mammifères; ils ont d’ailleurs un régime fort différent,
Leurs doigts, au nombre de cinq à chaque pied, sont terminés par des griffes; leurs pouces ne sont opposables ni en avant ni en arriére, et cependant les Tupaias ont encore beaucoup de ressemblance avec les petits Makis; leurs dents indiquent un régime insectivore, mais elles ont aussi quelque chose de celles des Animaux frugivores, et l’on sait qu'ils se nour-
CRANE ET DENTS DE TUPAIA FERREGINEUX, 2/1 de grand
rissent aussi bien de fruits que d’Insectes, Les Tupaias ont en tout trente-huit dents, dont neuf paires supérieures et dix inférieures, Les premières consistent de chaque eôti en : deux incisives assez longues, grêles et écartées entre elles; une dent caniniforme implantée la première dans l'os maxillaire; quatre fausses molaires, dont la quatriéme est forte et pourvue d’une grosse épine à sa base interne; enfin trois arriére-molaires ayant trois tubereules épineux à leur couronne et un bourrelet externe, Inféricurement , il y a deux paires de dents antérieures qui
rbres, ont des lus ramassé et ns la Faune de »s de la Sonde, » et nue et par
ctivore que les uils qu'à celles s Insectivores, tores anatomi-
arbres, et leur es autres Aniprincipalement nnent aux uns que Raffles à rex-Glis, mot me; F, Cuvicr
nt en Ôtre dis- ‘urs un régime
; leurs pouces core beaucoup
ents, dont neuf : deux ineisives
premiére dans je d’une grosse épineux à leur antérieures qui
une dent plus
FAUILLE DES ÉRINACIDÉS. 227
petite, une autre plus forte et caniniforme, trois petites fausses molaires croissant de la pre- AE mière à la troisième et trois vraies molaires dont la partie antérieure est tricuspide,
Le crâne des Tupaias est remarquable par le cercle osseux comparable à celui des Lémuridés qui entoure chaque orbite, et de plus son os molaire est percé, Leur cerveau paraît assez développé,
Le pelage de ces Animaux est doux, assez fourni ; il à de l’analogie avec celui des Sciuridés 1 Ik ct'avec celui de certaines Mangoustes ; leur queue longue est en panache comme celle de la plupart des Écureuils,
On trouve ces Mammifères dans les parties boisées des îles de la Sonde, II y en à aussi dans l'fnde continentale; mais ils y sont plus rares, Ce sont les plus élégants et les plus gracieux de tous les Insectivores, On en distingue maintenant six espèces,
Le TUPAIA FERRUGINEUX (Tupaia ferruginea, Raffles) ou le Press de Fréd, Cuvicr, est presque entièrement de couleur ferrugineuse, Son museau est notablement allongé; son corps et sa queue ont ensemble quarante centimètres environ, dont la queue fait plus de la moitié, est commun aux îles de Java, de Sumatra et de Bornéo,
TUVAIA FERRUGINEUSX, 25 de grand
Le TupArA TANA (Tupaia tune, Raffles) est brun roussâtre, avec le dos piqueté et une
petite Tige oblique plus rousse sur chaque épaule, On le trouve à Sumatra ainsi qu'à Bornéo, Sa taille est un peu supérieure à celle du Tupaia ferrugineux,
Le Tupara pe JAVA (Tupaia javanica, Raffles) est d'un gris brun, tiqueté, avec la ligne des épaules blanchâtres il est un peu moindre que le précédent, C'est le Corp ou Banxring ce F, Guvier, On l'a observé dans les trois Hos or VIE aussi le Papua ferrugineux, c'est-à-dire 1 Java, à Sumatra et à Bornéo,
228 ORDR DES INSECTIVORES.
Le Tupara Muni (Hylogale murina de Temminek et Schlegel) n'a encore été observé qu'à Bornéo,
TEPAIA MORIN, 1/3 de grard
Le Tupaia pu PÉGou (Tupaia pequana), qui paraît constituer une cinquième espéce, à été décrit par M, Is. Geoffroy , d’après des individus rapportés du Pégou (empire des Birmans par M. Bélanger, Ses formes ne différent pas de celles du Tane et sa couleur le rapproche du Tupaia de Java; elle est cependant un peu plus rousse et il n°y à qu’une simple tâche grisàtre au lieu d’une bande sur l'épaule, Comme ses congénères des îles de la Sonde, cette espèce vit sur les arbres, principalement dans les bois épais et humides,
Le Tupara D'ELzzior (Tupaia Elliotü, Waterh) a le pelage fauve uniforme finement tiqueté, On l’a rapporté des environs de Madras,
GENRE HYLOMYS (Zylomys, Temminck et Schlegel). C'est auprès des Tupaias qu'il faut placer deux genres d’Insectivores dont la découverte est encore assez récente, L'un, ou celui des Hylomys, ne comprend qu'une espèce,
L'HyLouys cocHoxxer (Hylomys suillus, des mêmes naturalistes), dont Bornéo est le pays. C’est un petit Tupaia qui différe principalement des précédents par sa queue rudimentaire et presque nue,
GENRE PTILOGERQUE (Plilocereus, Gray). L'antre genre, qui appartient à la même tribu que les Tupaias est celui des Ptilocerques dont l'espèce également unique n'est encore connue que d’après un seul exemplaire que le musée de Londres à reçu de Sumatra,
C'est le PriLocerqQuEe DE Low (Ptilocereus Lowii, Gray), I ressemble aux Tupaias, mais sa physionomie rappelle en même temps celle des Marsupiaux australasiens du genre Phascogale, Ses dents sont au nombre de trente-huit et sa queue, qui est longue, à son dernier tiers garni de poils distiques , tandis qu’elle est presque nue dans les deux autres tiers. On en doit la découverte à M. Low, qui le prit dans la maison du rajah de Sarawack.
Le Ptilocerque de Low a le crâne assez semblable à celui des Tupaias, mais plus court, sans perforations palatines, et pourvu d'un cercle orbitaire un peu incomplet en arrière, La forme de ses dents a beaucoup d'analogie avec celle des Tupaias {il v en à également neul
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FAMILLE DES ÉRINACIDÉS, 229
paires supérioures et dix inférieures, De celles-ci, les deux premières paires sont déclives , inégales, l'interne étant la plus petite: là seconde est suivie de quatre petites dents intermédiaires inégales, dont la seconde est moins forte que sa correspondante chez les Tupaias ; enfin les quatre dernicres de la série ressemblent à celles des Animaux que nous venons de nommer,
ET
PriLOCERQUE DE Low, 1/3 de grard,
TRIBU pes HÉRISSONS
La tribu des Hérissons se compose de quelques espèces propres à l'Europe, à l'Asie ou à l'Afrique, qui, toutes, ont le corps recouvert de piquants, les dents à peu près semblables à celles des Animaux omnivores, le crâne pourvu d’une arcade zygomatique et la queue rudimentaire, Il n'y en à, à proprement parler, qu'un seul genre, même en comprenant les espéces fossiles, Ge genre est celui qui à donné son nom à la tribu,
GENREHÉRISSON (£rinaceus, Linné). Icomprenddes Animaux à queue très-courte, à pieds pentadactyles, à poils en grande partie transformés en épines, et dont les mâchoires sont armées de trente-six dents, savoir : supérieurement, trois paires d’incisives, dont les antérieures les plus longues sont écartées l'une de l’autre; trois paires de dents uniradiculées ; une grosse dent carnassicre et trois paires d’arriére molaires tuberculeuses, dont les deux premicres sont à peu nrès carrées et surmontées de quatre tuber-
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uniradiculées dont la première est la plus longue, une carnassicre et trois arrière-molaires dont les deux premières résultent de la réunion de deux lobes, l’un et l’autre en forme de F,
Les Hérissons sont des Animaux bien connus qui habitent indifféremment les bois ou les lieux cultivés: ils se retirent pendant le jour au pied des arbres, dans des creux de murs ou
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sous des tas de pierre etils y restent dans un état de somnolence jusqu'au soir; alors ils so mettent à rôder, cherchant, suivant l'occasion, des Insectes, des fruits ou même des racines: ‘ils sont peu intelligents, mais ils peuvent devenir familiers si l'on s'occupe d'eux, et on les nourrit très-bien en captivité avec les restes de la cuisine, On peut les laisser dans les jardins sans qu'il en résulte de véritables inconvénients, Pallas à fait, au sujet des Hérissons, une remarque digne d’être citée, elle est relative à la faculté qu'ont ces Animaux de manger des Cantharides, même en grande quantité, sans en être incommodés, tandis que pour l'Homme et pour beaucoup d’autres espèces, ces Insectes sont un poison des plus violents, ot dont les effets désastreux ne tardent pas à amener la mort, Les Gantharides sont même dangereuses si elles ont été prises en petite quantité, Les Hérissons des contrées où l'hiver est rigoureux s'engourdissent à la manière de plusieurs autres espèces pendant la mauvaise saison,
Ces Animaux ont de trois à sept petits à chaque portée, En naissant ils n'ont pas encore les piquants qui constituent l'un de leurs caractères génériques, Ges piquants sont leur principale défense, et lorsqu'ils se sont roulés en boule, ils en ont le corps hérissés de toutes parts, ce qui empêche les Renards, les Chiens et tous les autres Animaux qu'ils ont pour ennemis de les saisir, IS restent ainsi tant que le danger les menace, mais lorsqu'ils ont jugé qu'ils peuvent se remettre en route, ils se hâtent de retourner à leur retraite, Il ÿ a plusieurs espèces de ces Animaux; elles sont répandues en Europe, en Asie et en Afrique : celle de nos pays s'engourdit en hiver,
C'est le HÉRISSON EUROPÉEN (Ærinaceus europæus) qui habite une grande partie de l'Europe, Il est long de vingt centimètres; ses piquants, à peine longs de trois centimètres, sont d'un brun clair avec la pointe blanchâtre ; ses poils sont d’un gris sale et presque tous assez rudes,
Cet Animal est l'£chinos des Grecs, Exivos, Les anatomistes ont réuni de nombreux détails sur la conformation de ses différents organes, Quoiqu'il ail été longtemps employé en matière médicale, on n'en tire plus aujourd'hui aucun parti, On mange cependant sa chair dans quelques endroits, Sa peau servait autrefois de cardes à cause des piquants dont elle est garnie, et l’on peut employer ces derniers en guise d’épingles : Hénissos EUtoréEx, L/4 00 grand comme ils n’ont pas les inconvénients des épingles métalliques, ils sont quelquefois préférés pour les préparations anatomiques que l’on veut placer dans l'alcool, Quelques personnes admettent l'existence de deux espèces parmi les Hérissons de nos pays, mais rien ne justifie réellement cette distinction,
Quoi qu'il en soit, le Hérisson ordinaire n’est pas l'unique espèce européenne de son genre, Il existe dans les parties orientales de l'Europe et dans les provinces occidentales de PAsie une où deux espèces analogues qui se distinguent de la nôtre par des caractères assez cortains, Telle est, en particulier, la suivante :
ILÉRISSON À LONGUES OREILLES (£rinaceus aurilus, Pallas), 1 habite les bords de la mer Noire, ainsi que l£rinaceus concolor de M. Martin, dont les caractères sont moins bien Cons,
alors ils so des racines:
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FAMILLE DES ERINACIDÉS. 231 La région himalayenne et l'Inde ont aussi lours espèces de Hérissons, et les auteurs décrint comme distinctes celles dont les noms suivent : Lrinaceus spalangus (Bennett), des monts Himalayas; Z, Grayi (Bennett), des mêmes Montagnes; £rinaceus nudiventris (Hodgson) de Madras; £rinaceus collaris, Gray), également de l'Inde continentale,
L'Afrique nourrit aussi des Animaux de ce genre, Ceux que l’on trouve en Égypte ont été généralement rapportés à l'espèce nommée Zrinaceus auritus par Pallas, M. Lereboullet a proposé d'appeler £rinaceus algirus le Hérisson que l'on rencontre dans quelques parties de l'Algérie, et l'on en cite deux autres dans l'Afrique australe sous les noms d'£rinaceus fronlalis (Bennett) et Frinacous capensis (A, Smith),
Les caractères de ces différentes espèces auraient besoin d'être revus comparativement, et Jusqu'à ce que ce travail ait été fait on peut conserver quelques doutes au sujet de quelquesunes d’entre elles,
Plusieurs terrains appartenant à la période tertiaire renferment des débris indiquant des espèces plus où moins voisines des Hérissons d'à présent, M, de Blainville nomme Zricaneus «rvernensis Une premiére espôce qui est enfouie dans les dépôts miocènes de l'Auvergne, et M. Aymard, £rinaceus nanus une seconde propre aux couches marneuses, à Palcotherium , des environs du Puy en Velay,
Les cavernes et le diluvium ont fourni dans plusieurs localités des fragments de mächoires et des os qui ont été attribués au Hérisson ordinaire; quelques-uns ont des dimensions supérieures et ils indiquent une race ou peut-être une espèce à part : on en à fait l'£rinaceus major.
TRIBU pes GYMNURES
Dents plus nombreuses que celles des Hérissons ; pelage doux; queue longue et nue. Un seul genre,
GENRE GYMNURE (Gymnura), La seule espèce qui le constitue est pour ainsi dire un Hérisson à corps et surtout à tête plus allongés que dans ceux qui viennent d’être décrits
FlÈPRE
GYMNORE pe Rarrees, 1/5 de grand
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à poils flexibles et pourvu d'une queue à peu près nue et aussi longue que le tronc, Ses dents sont aussi plus nombreuses ; il y en a en tout quarante-quatre, dont trois paires d’incisives en crochet et écartées entre elles, une canine biradiculée, trois paires de petites fausses molaires écartées et quatre de vraies molaires à la màchoire supérieure, et, inférieurement, trois incisives, une canine, quatre petites fausses molaires et trois vraies molaires de chaque côté,
C'est le Gyunune DE RarrLes (Gymaura Rafflesii) que sir Raffles a le premier décrit, mais en le plaçant à tort parmi les Viverriens sous le nom de Viverra gymnura, MM, Vigors et Horsfield, en Angleterre, et M, Lesson, en France, ont reconnu à peu près en même temps la nécessité d'en faire un genre à part et ils lui ont donné le nom de Gymnure, que de Blainville remplace par celui d'£chinosoreæ, pour lui laisser sa valeur spécifique qu’il avait précédemment, L'Animal dont nous parlons s’appellerait alors £chinosorex gymnurus.
Le Gymnure est encore peu connu, Toutefois, on peut assurer que ce n’est ni un Viverien, comme on l'avait dit d'abord, ni un Marsupial, comme on l’a pensé depuis; ses affinités le raménent auprès des Hérissons, Il est gristre et son corps est recouvert de poils soyeux dont la disposition et la couleur rappellent le pelage de la Sarigue ordinaire ; son museau est surtout plus allongé que celui des Hérissons ou des Tendracs, et ses avant-molaires ainsi que ses incisives sont plus écartées, Sa taille est à peu près égale à celle des Hérissons, mais il a les formes plus élancées et il doit Ôtre plus agile. Son corps à 0,35; ct sa queue 0,30, On ne l’a encore observé qu'à Sumatra.
TRIBU pes TANRECS
Le nom latin Centeles, que plusieurs auteurs écrivent Centenes, à été appliqué comme générique à des Animaux de Madagascar, qui ont une assez grande analogie avec les Hérissons et les Gymnures, mais qui en différent surtout parce que leur crâne manque d'arcade zygomatique, Ces Animaux ont le corps plus où moins épineux; leur queue est courte où nulle, Ce sont aussi d'assez petits Animaux, qui se nourissent d’Insectes et qui vivent à terre, Buffon en parle sous les noms de Zanrec et de Tendrac, mais ce qu'il en dit est un peu obseur, et ce n'est qu'après les travaux récents de MM, de Blainville et Is, Geoffroy, que l'on a reconnu la nécessité de diviser ces Insectivores en deux genres comme nous allons le faire,
GENRE TENDRAC (Zriculus, Is. Geoffroy). Comprend des Animaux encore trés-senblables aux Hérissons par la forme de leur corps ainsi que par la nature de leurs piquants, 6, comme eux, peuvant se rouler en boule, Ge sont les prétendus Hérissons de même espece que les nôtres signalés à Madagascar par Buffon, sous le nom de Sora. C'est, en effet, ainsi qu'on appelle les Tendracs dans ce pays; ils ont le crâne à peu pres de même forme que celui des Hérissons véritables, mais sans arcade zygomatique, et leurs dents différent de celles de ces Animaux: ils en ont trente-six, savoir : deux paires d'incisives à chaque mâchoire, une paire de canines médiocres et six paires de mo-
CRANE ET DENTS DE TENDRAG, grand. rat,
laires, On n'en connaît bien qu'une espèce, le TENprAG ÉPINEUX (£riculus spinosus) , qui est
le Centenes spinosus de G. Guvier, et l'£riculus nigrescens de M, fs, Geoffroy, C'est une 1 { À
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le tronc, Ses s paires d'inetites fausses wement, trois chaque côté, ‘emier décrit, , MM, Vigors même temps que de Blainil avait précés,
un Viverien, es affinités le poils soyeux nn museau est molaires ainsi 8 Hérissons, ; et Sa queue
liqué comme vec les Hérisnuque d'arcade est courte où vivent à terre, it est un peu froy, que l'on allons le faire, core très-sentpiquants, 0, me espece que
, Savoir : deux paires de mo-
1osus) , qui est roy, C'est une
FAMILLE DES ÉRINACIDÉS. 233 È
sorte de Hérisson d’un tiers moindre que le nôtre , très-épineux e
t dont les épines ou piquants ont leur portion apparente noire avec la pointe blanche ou roussâtre dans le plus grand PT
‘ . “ . , È | nombre, Gette espèce vit à Madagascar et ne se rencontre point ailleurs,
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