VA
TENbnac ÉPINEUX, 1/2 de grand.
I n'est pas bien certain que l’on doive en distinguer l'Animal du même pays que M. Martin a décrit, en 1838, dans les Transactions de la Société zoologique de Londres, sous le nom d'Echinops Telfairi, D'après M, Telfair, les habitants de Madagascar l’appellent Sokina, Cependant M, Martin ne donne à son genre Echinops que trente-deux dents.
GENRE TANRECS (Centetes, Iliger), Les Tanrecs véritables, qu’on nomme en latin (entetes où Centenes, manquent entièrement de queue, mais ils ont le corps plus long que les Hérissons ; leur tête est plus effilée, et leurs piquants, moins roides, sont entremêlés de poils soyeux ; leur tête osseuse s’allonge comme celle des Sarigues ou des Potoroos de la catégorie des Marsupiaux, et leurs dents ont aussi quelque analogie avec celles de ces Animaux. On leur en compte en tout quarante, savoir :
CRANR ET DENTS DU TaNREC, grand. nat.
lois paires d'incisives en haut ct en bas, une paire de canines supérieure et une inférieure ct six paires de molaires à chaque mâchoire; les canines sont fortes; les inférieures viennent 1'e PARTIE, 30
se loger dans une excavation de l'os incisif, qui fait tomber la paire externe des incisives en s'élargissant ; les premières molaires sont assez éloignées des canines,
Le TANREC SOYEUXx (Centetes setosus), que Linné appelait £rinaceus ecaudatus, est l'espèce la mieux connue, Il ne dépasse guire 0,30 de longueur, Son pelage, qui est médiocrement épineux, est fauve, plus ou moins tiqueté de blanc en dessus; les piquants y existent sur la nuque, le cou, la partie antérieure du dos et les épaules; en dessous il est uniquement composé de poils ordinaires.
TANREC SOYRUX, 1/4 de grand.
Le Tanrec est originaire de Madagascar, On le trouve aussi à Bourbon et à Maurice, mais on assure qu'il y a été transporté par l'Homme, ce qui n’est cependant pas démontré, C'est un Animal nocturne, qui creuse comme les Hérissons et vit comme eux d’Insectes, Les Nègres de Bourbon le recherchent pour le manger et ils le nomment Tangue, L'odeur des mâles leur répugne et ils préfèrent les femelles,
Bruguière, cité par Buffon, affirme que le Tanrec s'engourdit pendant les grandes chaleurs de l'été, comme d’autres Animaux le font dans nos pays sous l’influence du froid, mais M, Coquerel, chirurgien de la marine, qui a eu l’occasion d'observer des Tanrecs et des Tendracs, émet quelques doutes à cet égard, «J'aurais vivement désiré, dit ce naturaliste, avoir des ren+ seignements exacts sur le prétendu sommeil de ces Animaux pendant les grandes chaleurs ; mais je ne puis malheureusement me prononcer avec une certitude complète à cet égard; je dois dire cependant que ce fait me paraît trés-douteux, Je me suis trouvé à Sainte-Marie de Madagascar pendant les trois mois les plus chauds de l’année, en janvier et février; j'ai conservé à cette époque des Tanrecs pendant plusieurs semaines dans une caisse en bois, et je n'ai jamais remarqué que ces Animaux tombassent dans un état de torpeur, Ils sont essentiellement nocturnes; pendant ie jour ils restent blottis dans un coin, ils s’agitent au contraire
s incisives en
audatus, est ui est médioquants y exisus il est uni-
Maurice, mais imontré, C'est es, Les Nègres des mâles leur
indes chaleurs }, mais M, Codes Tendracs, avoir des renhaleurs ; mais égard; je dois -Marie de Ma- ; j'ai conservé ois, et je n'ai nt essentiellet au contraire
FAMILLE DES MACGROSCÉLIDÉS. 235 «
beaucoup pendant la nuit; plusieurs parvinrent même alors à s'échapper en grimpant le long dos parois de la caisse, qui étaient cependant assez élevées, IL se peut que des observateurs inattentifs, ayant trouvé pendant le jour des Tanrecs engourdis, aient conclu, dans l'ignorance de leurs habitudes nocturnes, que ces Animaux passent les grandes chaleurs dans un état de torpeur, Plusieurs personnes, en qui je puis avoir toute confiance, m'ont assuré cependant qu'à Bourbon, à l'époque de la saison chaude, les Tanrecs disparaissent tout à coup dans les lieux bas; mais elles n'avaient jamais entendu parler de leur prétendu sommeil estival, et elles m'ont assuré qu’à cette époque ces Insectivores se retiraient sur les hauteurs, où ils trouvaient sans doute une température moins élevée et une nourriture plus abondante, Les noirs de leur côté m'ont répété que dans les lieux élevés on trouvait des Tanrees pendant toute l'année, »
Cependant feu M, Julien Desjardin, qui habitait l'ile Maurice, et M, Telfair, qui a séjourné à l'Île de France, ont parlé de la léthargie des Tanrecs, Suivant eux, elle aurait lieu non pas lorsque la température est le plus élevée, müis au contraire pendant les mois les moins chauds,
Le TANREG ARMÉ (Centetes armatus, Is, Geoffroy) diffère du précédent par son pelage gris noirâtre, tiqueté de blanc en dessus et dont les piquants sont plus forts, I est exclusivement de Madagascar,
Le TANREG ÉPINEUX (Centetes spinosus, G, Cuvier) paraît être une espèce réellement différente, mais il est encore mal connu, :
Le Setiger inauris d'E, Geoffroy ou Tanrec sans oreilles est au contraire une espèce purement nominale, D’après M, Is, Geoffroy, il repose sur l'examen d'un exemplaire mal préparé et, par suite, déformé, qui appartenait à l'espèce du Hérisson ordinaire,
C'est à tort que l’on en a cité une espèce parmi les Mammifères éteints de l'Auvergne, La pièce sur laquelle repose cette indication provient sans doute de l’un des Marsupiaux propres aux mêmes terrains qui constituent le genre Pérathérium.
Les Centésiens actuellement connus sont des Animaux exclusivement propres à la faune de Madagascar, et il n'en a pu être retrouvé, même à l'état fossile, dans les autres parties du monde,
FAMILLE pes MACROSCÉLIDÉS
Bien différents de la plupart des autres Mammifères du même ordre, certains Insectivores ont les pieds longs et sont des Animaux essentiellement sauteurs ; comme ils joignent à ce carac- {ère plusieurs autres particularités dans la forme de leur squelette, dans la disposition de leur systéme dentaire et dans la nature de leur canal intestinal qui est pourvu d'un cœcum, on peut en faire une petite famille à part, ayant pour type le genre des Macroscélides. L'une des Wibus de cette famille comprend les Macroscélides et les Pétrodromes ; V'autre consiste dans un seul genre nouvellement découvert par M, Péters, qui l’a nommé Ahynchocyon. M est décrit dans l'ouvrage que ce savant voyageur vient de publier sur les Mammifères qui vivent en Mozambique,
TRIBU pes MACROSCÉLIDIENS
GENRE MAGROSCÉLIDE (Macroscelides, À, Smith). On nomme ainsi un groupe d’Insectivores dont fa forme rappelle sensiblement celle des Gerboises, où mieux encore celle des
Gerbilles, et qui ont, comme elles, les membres postérieurs notablement plus grands que les antérieurs, très-allongés dans leur partie métatarsienne , et fort bien disposés pour le saut, Leurs métatarsions sont allongés, trés-sorrés les uns contre les autres, mais non soudés entre eux comme le sont ceux des trois doigts principaux chez les Gerhoises,
Les Macroscélides ont cinq doigts en arrière comme en avant; leur corps est assez court : leur museau est prolongé en petite trompe ; leurs oreilles sont assez grandes; leurs yeux sont plus forts que ceux de la plupart des autres Insectivores, et leur corps est terminé par une queue assez longue et garnie de poils courts, Lours dents ont une disposition assez particulière; on en compte quarante en tout, dont dix paires à chaque mâchoire, Les trois premières paires de la mâchoire supérieure sont grêles , écartées entre elles et implantées dans l'os incisif; la première est plus longue que les autres; elles sont verticales, Vien- (Y nent ensuite quatre avant-molaires biradiculées, c'est-à-dire à deux racines (la première pourrait dre aussi regardée comme une canine), puis trois ar- Dents on MacnoscéLior be Rozxr, rière-molaires , dont les deux premières ont quatre aide: tubercules élevés, et la dernière trois seulement, Les cinq premières paires de dents inférieures sont simples; les deux antérieures étant un peu plus fortes que les autres et les trois autres plus petites, Après elles viennent deux paires de molaires biradiculées ; puis trois paires d'arrière-molaires, Les dents des Macroscélides ont, dans leur forme générale, quelque chose qui rappelle celle des plus petites espèces de la famille éteinte des Anoplothériums.
Ces Mammifères ne sont pas exclusivement insectivores ; ils mangent aussi des substances végétales, Leur squelette présente plusieurs dispositions caractéristiques ; ils vivent uniquement en Afrique, et l'on en connaît plusieurs espèces, Les lieux rocailleux et arides sont ceux qu'ils habitent de préférence, Ge sont de petits Ananaux inoffensifs, qu'il est très-aisé d'apprivoiser, La facilité avec laquelle on les nourrit, la gentillesse de leurs allures et leur petits taille les rendent intéressants, et l’on a plusieurs fois amené vivants, en France, des individus appartenant à l'espèce de ce genre qui vit dans la province d'Oran,
Gelle-ci est le Macnoscézibe be Rozer (Wacroscelides Rozeti, Duvernoy) ou At à trompe des Français établis en Algérie, Son pelage est doux, fauve en dessus, avec la base brune et blanchâtre en dessous, La trompe a douze millimètres, le corps, sans les pieds de derrière, douze centimètres, et la queue dix environ, Quand l’Animal se tient debout, il à à peu près 10 centimètres,
Le Macroscélide de Rozet, dont le nom spécifique rappelle celui du savant auquel on doit les premières notions exactes sur la géologie de l'Algérie, a été plus souvent étudié qu'aueune autre espèce du même genre, Son cerveau est lisse comme celui des autres Insectivores. Son squelette présente plusieurs particularités curieuses, principalement dans la forme du crâne et dans l’aplatissement du sternum, Il à été décrit avec soin par M. Duvernoy, dans son excellent Mémoire sur cet Animal, et par M, de Blainville, dans son Ostéographice.
Quoique ces Insectivores n'aient été mentionnés que récemment dans les ouvrages des mammalogistes, on les connaît cependant depuis assez longtemps,
Le premier auteur qui ait parlé des Macroscélides est Petiver, naturaliste anglais du dernier siècle, qui avait formé une des plus belles collections connues de son temps; il les nommait Surex araneus maæimaus capensis, ce qui exprime assez bien leurs affinités avec les Insectivores de la famille des Soricidés.
M. le Docteur Andrew Smith s'étant procuré des Animaux analogues pendant son séjour dans l'Afrique australe, en à étudié les caractères avec plus de soin, et, en 1829, il en à fait un genre nouveau sous le nom de Macroscélide que tous les naturalistes ont accepté
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FAMILLE DES MACROSCÉLIDÉS, 237
Plus récemment, il en a publié quelques espèces nouvelles, M, Lichtenstein à, de son côté, : À ‘+ 1 ' Ÿy , ! !
proposé de les appeler Ahinomys, MM, 1x, Geoffroy et Lesson s'en sont aussi occupés vors la
même époque,
Macnoscécine ue Rozer, 1/2 de grand
Nous énumérerons, mais sans les décrire, les espéces de Macroscélides qui sont propres à l'Afrique australe ; ce ont les Macroscelides rupestris , intufi, brachyrhynchus ex Edwardsii des Hustrations z00logiques de M. Andrew Smith, et le Ahinomys jaculus de M. Lichtenstein, Celui-ci répond peut-être à l’un des précédents, mais il est bien certainement distinct du Macroscélide de Rozet, ainsi que l’on peut s'en assurer en comparant le crâne de l’un et de l’autre sur les planches du grand ouvrage ostéologique de Blainville,
Ces diverses espèces vivent dans la colonie du Cap, en Cafrerie et dans le pays des Hottentots,
M. Peters en à trouvé une autre en Mozambique; c'est celle qu’il appelle Macroscelides
lére er parre pe Macnoscécines vuseus, grand. nat, fuscus, Sa taille et ses mœurs sont les mêmes
que dans celies dont il vient d'être question.
Le GENRE PÉTRODROME (Petrodromus, Peters) se rapproche sensiblement du précédent par sa forme générale, par son nez allongé en trompe, par ses grandes oreilles et par le grand développement de ses membres postérieurs, dont les métatarsiens sont disposés
comme ceux des Âniinaux que nous venons de citer, Ît à te tnème nombre de dents et la
même formule, mais ses pieds de derrière n’ont que quatre doigts au lieu de cinq, même au squelette,
L’unique espèce est le PÉrnopnomE TÉTRADACTYLE (Petrodromus tetradactylus, Peters) de Tête, en Mozambique, Cet. Animal a les mœurs des Macroscélides, mais il les surpasse en grandeur,
TÊTE, CERVEAU ET PAITTE POSTÉRIEURE DE PÉTRODROME, grand, nat.
TRIBU pes RHYNCHOCYONS
GENRE RHYNCHOCYON ( Xhynchocyon, Peters). Ce genre, le seul que l’on connaisse dans la présente tribu, s'éloigne bien plus des Macroscélides, que celui des Pétrodromes, Il n'a que quatre doigts aux membres antérieurs, aussi bien qu’à ceux de derrière; ses yeux sont gros, ses oreilles de grandeur moyenne, et ses dents au nombre de trente-six, dont ! incisives, + canines et + molaires de chaque côté, Le crâne manque des /oramine palalina que l’on observe chez les Macroscélides,
CRANE ET DENTS bu RHyNCHOCYON, grand, nat
L'espèce a reçu le nom de RayncnocyoN pEe GERNÉ (Ahynchocyon Cernei, Peters), Elle est brun ferrugineux avec du noir aux oreilles et à l’occiput, et quelques taches rouxlai sur le dos,
s pieds de derdoigts au lieu ette,
PÉTRODROME dromus tetrate, en Mozams mœurs des es surpasse en
l’on connaisse étrodromes. II ère; ses yeux e-six, dont !
nine palalina
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rnei, Peters), s taches roux-
FAMILLE DES SORICIDÉS.
RuyNouocyon be Cenxé, 1/4 de grand,
M. Peters a donné, dans la partie zoologique de son Voyage à la côte mozambique, une bonne description de ce curieux Animal dont aucun naturaliste n'avait parlé avant lui, et il l'a représenté dans tous ses détails. Les figures que nous en donnons ici , Soit pour l’Animal entier, soit pour le crâne et les dents, lui sont empruntées, Le Bhynchocyon est gros comme le Hérisson, mais il est bien plus élancé; ses poils sont flexibles et son museau se prolonge en une trompe mobile, Voici comment ses deuts sont disposées : l'os incisif manque de dents; le maxillaire en a huit, dont la première, rapprochée de la région ineisive est petite et comme aciculaire ; la seconde est, au contraire, caniniforme, Les dents inférieures sont au nombre de dix de chaque côté, M. Peters y voit trois incisives, une canine et sept molaires, comme chez les Macroscélides, La première de celles-ci est plus caniniforme chez le Rhynchocyon, eCelle à deux racines; les trois incisives ont leur couronne bilohée.
FAMILLE pes SORICIDÉS
Elle comprend des Insectivores ayant l'apparence extérieure des Rats, mais dont le museau est en trompe pointue ou aplatie et dont les dents sont serrées et inégales, les extérieures plus fortes étant séparées des plus reculées par d’autre dents plus petites. Le nombre de ces dents varie suivant les genres et les sous-genres, Les Soricidés peuvent être partagés en trois tribus
que nous indiquerons par leurs noms vulgaires de Musaraignes, de Solénodontes et de Desmans.
TRIBU pes MUSARAIGNES
Nous réunirons, sous une seule dénomination générique , toutes les espèces de cette tribu dont nous avons à parler, C’est à ces Animaux que l’on donne communément le nom de Musaraignes, Ce sont les Soricina des auteurs modernes,
GENRE MUSARAIGNE (Sorex, Linné). Les Musaraignes sont des Insectivores ayant à peu près les formes de la Souris, mais à queue moins longue en général que dans cette espèce de Rongeur, à tête plus effilée, à museau pointu, à oreilles plus courtes et arrondies, et dont le système dentaire et les principaux caractères intérieurs sont notablement différents, Leurs espèces sont répandues sur une grande partie de la surface du globe: il ven ä plusieurs en Europe; d'autres vivent en Afrique, quelques-unes en Asie ou dans les îles de
l'Inde; l’on en connaît aussi dans l'Amérique septentrionale, Certaines d’entre elles sont plus grosses que la Souris, telle est en particulier celle qu’on nomme Musaraigne à queue de Rat; d'autres sont au contraire plus petites que les moindres espèces de Rongeurs, moindres, par exemple, que le Mulot nain ou quelques autres analogues. C’est donc parmi les Musa- ''aignes que prennent place les plus petits de tous les Mammifères connus.
MUSARAIGNE MUSETTE {Sorex araneus), 4/5 de grand, MUSARAIGNE PORTE RAME {Sorex remifer) 4/5 de grand. (Variété de la suivante ) Musanaiaxe p'rau {Sorex fodiens), 4/5 de grand,
Les Animaux de ce groupe vivent principalement d’Insectes et leur dentition permet de les distinguer aisément de tous les autres Mammifères, Îls ont en avant une paire de fortes incisives supérieures et inférieures; les premitres de ces dents sont arquées et renforcées à leur base postérieure par un talon comprimé simulant une forte dentelure; les autres ou celles de la paire inférieure ont leur couronne plus longue que leur racine et en lame de couteau obtus, quelquefois dentelé sur son tranchant, En arrière de la grande paire d’incisives supérieures sont trois, quatre ou même cinq petites dents gemmiformes qui, étant placées de chaque côté entre cette incisive et les véritables molaires et offrant une forme assez anormale, sont désignées par le nom de dents intermédiaires: derrière elles, à la même mâchoire, sont quatre paires de vraies molaires assez compliquées à leur couronne et dont la dernière est étroite transversalement ; la grande incisive inférieure est suivie de chaque côté par deux petites dents intermédiaires et après celles-ci on voit trois vraies molaires décroissantes. Suivant le nombre de leurs dents intermédiaires supérieures , les Musaraignes DENTS DE LA MUSARAIGNE MUSETTE, ont au total vingt-huit, trente ou trente-deux dents, On ER EOR établit parmi elles des distinctions génériques ou plutôt sous-génériques en partie fondées sur ce caractère,
La séparation de leurs dents antérieures en incisives proprement dites, cauines et fausse;
e elles sont plus à queue de Rat; urs, moindres, Jarmi les Musa-
n permet de les e de fortes incienforcées à leur res ou celles de couteau obtus, ves supérieures de chaque côté
ARAIGNE MUSETTE, grand.
rtie fondées sur
iuines el fausses
FAMILLE DES SORICIDÉS. 241
molaires, ne saurait être établie avec certitude tant que l’on n'aura pas reconnu exactement le mode d'implantation des supérieures et leur mode de remplacement. La grande dent on crochet de la mâchoire supérieure et une partie des premières paires de dents intermédiaires sont implantées dans l'os intermaxillaire, les autres le sont dans l'os maxillaire, Il est également possible de faire intervenir, dans la caractéristique des sous-genres, la coloration partiellement rouge ou au contraire l’absence de coloration de la couronne des dents,
Le crâne des Musaraignes manque d’arcades Zygomatiques; il est un peu en forme de coin. Leur mâchoire inférieure a son apophyse angulaire très-prononcée, Ces petits Animaux ont habituellement trois paires de mamelles ; cependant le Musaraigne d’eau en a quatre, ainsi que Daubenton l'avait remarqué. L’odeur qu'ils répandent est due à une glande située sur les flancs de chaque côté du corps.
GLANDE ODORANTE DE LA MUSARAIGNE. Son ANATOMIE d'après E. GEOFFROY.
Les anciens ont connu les Musaraignes, et les Grecs leur ont donné le nom trés-convenable de Mygale (Muya\ï), qui veut dire Souris-Belette; tandis que les arteurs modernes ont trèsimproprement employé le même mot pour désigner les Desmans, Les Romaine les nommaient Mus araneus, et c'est sous cette dénomination qu'il en est question dans Pline, Albert le Grand en à parlé plus tard sous le nom de Mus terraneus. Les auteurs modernes se sont beaucoup occupés de ces Animaux, et s'ils ont enrichi la science d’un grand nombre d'observations au sujet des espèces exotiques, ils n’ont pas été aussi heureux pour ce qui regarde les Musaraignes européennes, et les travaux de plusieurs d’entre eux ont singulièrement compliqué la synonymie de nos trois espèces les plus communes, Ces trois espèces servent de type à trois des sous-genres que l'on a établis dans ce groupe.
1. Musaraignes à dents blanches, au nombre de vingt-huit, dont trois petites paires intermédiaires à la grande paire d’incisives et aux quatre vraies molaires supérieures, GROCIDURE (Grocidura, Wagler), (Voir la fig., p. 240.)
Le groupe des Crocidures est aussi le genre Suncus de M. Ehrenberg,
La MUSARAIGNE MUSETTE ou Musaraigne des Sables (Sorex araneus) est longue d'environ 0,062 pour la tête et le corps, et de 0,035 pour la queue ; elle est grise, un peu lavée de fauve roussâtre en dessus, On la rencontre dans une grande partie de l'Europe, où elle vit dans les bois, dans les champs et dans les grands jardins, recherchant les Insectes, les vers et d’autres substances animales. En hiver, elle se rapproche davantage des habitations, se ‘ache sous les meules ou dans les tas de fumier et elle entre parfois dans les écuries ou les élables, On croit à tort qu’elle mord les pieds des Animaux domestiques et qu’elle leur occasionne certaines maladies, C’est un petit Animal tout à fait inoffensif, gracieux dans ses mouvements , élégant dans ses formes, et qui répand une odeur musquée, Les Chats attrapent les Musettes, jouent avec elles comme avec des Souris, mais ils ne les mangent pas.
Quelques auteurs en distinguent, avec Hermann, la MUSARAIGNE LEUCODE (Sorex leucodon) ; mais elle en est si peu différente qu'il reste beaucoup de doute à cet égard, On fait cependant valoir qu’elle est plus brune en dessus et plus franchement blanche en dessous. On la cite en Alsace, en Champagne et dans quelques autres parties de l’Europe,
Au contraire, il paraît certain que plusieurs autres Musaraignes européennes qui ont été signalées comme constituant des espèces différentes de la Musette, mais du même groupe,
1" PARTIE, 3
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ne doivent pas on être séparées ; au contraire, il y a en Afrique plusieurs Musaraignes véritablement distinctes de celle-là, quoique appartenant au même sous-genre,
De ce nombre estla MUSARAIGNE A QUEUE ÉPAISSE (Sorex crassicaudus, Lichtenstein), dont le pelage est d’un brun gris argenté, et la queue épaisse à son origine. Elle dépasse notablement en grandeur celle de nos pays, el se rencontre dans plusieurs parties de l'Égypte. Les anciens Égyptiens paraissent l'avoir mise au nombre de leurs Animaux sacrés, car on en trouve des exemplaires momifiés dans les cryptes où sont enfouis les restes de tant d’autres sortes d’Animaux : Mammifères, Oiscaux et Reptiles, qu’ils ont préparés presque avec le même soin que les momies humaines, et dont les squelettes, comparés à ceux des individus morts de nos jours, n’ont montré aucune différence appréciable, Comme ces momies n'ont pas moins de trois mille ans, on y trouve la preuve que les espèces sont beaucoup moins modifiables que ne le croient certains naturalistes,
Olivier s'était déjà procuré, dans les puits de Sackara, des momies de Musaraignes, et Lesson les à appelées Sorex Olivieri. M, Is. Geoffroy en a observé d’autres dans la collection formée par M. Passalacqua. Il en indique de plusieurs espèces, et donne à l’une d’elles le nom de Sorex religiosus. Il en est également fait mention dans un ouvrage de M. Ehrenberg, sous la dénomination de Suncus sacer. Hérodote, le plus ancien des historiens grecs qui nous aient parlé de l'Égypte, avait déjà cité deux sortes de Musaraignes sacrées.
M. Peters vient de faire connaître quatre espèces de Grocidures toutes de Mozambique. II donne à l’une d'elles le nom spécifique de Cr. sacralis.
La MUSARAIGNE BLONDE (Sorex flavescens, Is. Geoffroy) ne diffère des Crocidures égyptiennes que par sa couleur, qui est d’un blond fauve, Elle vit au cap de Bonne-Espérance, C'est sans doute la même espèce que M. Lichtenstein, de Berlin, appelle Musaraigne cannelle,
L'Afrique australe est encore la patrie de quelques autres Musaraignes appartenant à ce sousgenre, Nous citerons en particulier la MUSARAIGNE MANGOUSTE (Sorex herpestes, Duvernoy), qui ne diffère peut-être pas du Sorex varius de M. Smuts,
La dentition de la MUSARAIGNE ARDOISÉE (Sorex cyaneus de M. Duvernoy) n’a point encore été observée, ce qui empêche de dire si c’est bien une Crocidure ; il en est de même pour les Sorex capensoïdes, elc., de quelques autres mammalogistes, Ces espèces sont également propres aux régions de l’Afrique qui avoisinent le Cap.
2. Musaraignes à dents blanches, au nombre de trente, dont quatre petites paires intermédiaires à la grande incisive el aux quatre vraies molaires supérieures, PACGHYURE (P4achyura, de Sélys).
La MUSARAIGNE ÉTRUSQUE ($S0rex elruscus, Savi) représente cette division en Europe, Gest le plus petit de tous les Mammifères propres à cette partie du monde, Ce curieux Animai est presque entiérement gris; il a les oreilles arrondies et la queue garnie de quelques longs poils en forme de soies. Son corps est long de 0,035, la tête comprise, et sa queue a 0,025, On l’a d'abord trouvé en Italie, et particulièrement en Toscane, Plus récemment, il a été constaté en France dans les départements du midi,
M. Crespon, do Nîmes, m'en a re-
MUSARAIGNE ÉTRUSQUE, grand, nat,
saraignes vérita-
is, Lichtenstein), ne. Elle dépasse s parties de l'É- Animaux sacrés, uis les restes de préparés presque Jarés à ceux des mme ces momies s sont beaucoup
Musaraignes, et lans la collection à l’une d’elles le re de M. Ehrenhistoriens grecs acrées,
Mozambique. Il
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