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interne des membres roux marron, avec le dessous du corps roux tiqueté de noir; sa queue est garnie de longs poils : elle a été comparée à celle du Cheval, C’est un Animal de Java et, ajoute-t-on, de Malacca,
L'Écuneuiz pe RarrLes (Sciurus Rafflesii, Horsfield) est noir sur le dos et la queue, roux cannelle sous le corps et aux membres; il présente de chaque côté, depuis la joue jusqu’à la hanche, une bande blanche lavée d’un peu de gris ou légèrement jaunâtre, Il est de Malacca et de Bornéo,
Le Sciurus flavimanus, Is. Geoffroy, de Gochinchine; le Sciurus griseiventer, Xs. Geoffroy, de Java; le Sciurus bivitlatus, F, Cuvicr, de Malacea; le Sciurus bilineatus, E. Geoffroy, de Java, et quelques autres également indigènes des îles de la Sonde ont aussi le système dentaire et les principaux caractères des Sciurus hippurus et Rafflesii. Certaines espèces plus petites sont les Sciurus exilis (de Sumatra et de Bornéo) et melanotis (de Java et de Sumatra), décrits par MM, Salomon Muller et Schlegel.
FAMILLE pes CASTORIDES
Les auteurs ont souvent varié la place qu’ils donnent aux Gastors dans l’ordre des Rongeurs, Nous avons essayé, dans un Mémoire publié il y a déjà plusieurs années, de faire voir que leurs affinités les rapprochaient des Sciuridés , et qu'ils devaient être considérés comme formant un groupe voisin de ces Animaux, M, Waterhouse, dont les travaux ont tant contribué à perfectionner la classification des Rongeurs, a accepté cette manière de voir,
Nous parlerons donc ici des Castors, Ces Animaux, si célèbres par la singularité de leurs instincts, sont aquatiques, et, comme tels, on les a souvent associés aux autres espèces du même ordre qui vivent aussi dans l’eau, Leurs pieds palmés les ont fait ranger dans la même famille que le Myopotame, l'Ondatra et même l'Hydromys; mais les Gastors n’ont point l’organisation de ces derniers, et il est préférable, de les rapprocher des Sciuridés, Ils ont, en effet, la même conformation erânienne que les Écureuils et les Marmottes, et ils se rapprochent encore de celles-ci par plusieurs autres particularités importantes, Les caractères qui les isolent et qui justifient peut-être leur distinction comme famille à part, consistent dans la disposition palmée de leurs membres postérieurs et dans la forme écailleuse et élargie en palette de leur queue; cet organe concourt avec leurs pattes de derritre à les rendre très-bons nageurs, Trois ou quatre genres établis par les paléontologistes pour des espèces éteintes depuis un temps plus ou moins reculé doivent être ajoutés à celui des Gastors actuels : on leur a donné les noms de Stencofiber (E, Geoffroy), Chalicomys (Kaup) et Castoroëides (Forster). La seule espèce de ce dernier est connue d’après des ossements trouvés dans un marais voisin du lac Ontario, dans l'Amérique septentrionale; elle était d’une taille supérieure à celle des autres Rongeurs, ainsi qu’on peut en juger par son crâne, qui à 28 centimètres de long, tandis que celui du Castor vivant n’en a que 15. Gelui du grand Cabiai en a cependant 25.
GENRE CASTOR (Castor, Linné). Quatre paires de molaires subégales en haut et en bas, ayant leur ivoire renforcé par des replis de l'émail qui sont inversement disposés pour chaque màchoire; corps trapu, bas sur jambes ; yeux assez
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élargie en palette ovalaire, aplatie et écailleuse sur ses deux faces; pieds à cinq doigts, les postérieurs palmés; ongles forts, celui du quatrième orteil comme doublé; deux paires de poches ovoïdes auprès de l'anus, Celles de la première paire secrètent une humeur huileuse: celles de la seconde fournissent le castoréum, substance odorante dont on fait usage en pharmacie,
Les Castors sont des Animaux aquatiques ; il n’y en a que dans l'hémisphère boréal; on les rencontre en Europe, en Asie et dans l'Amérique septentrionale, mais les naturalistes n’ont pas encore trouvé de caractères certains à l’aide desquels on puisse distinguer ceux de ces Animaux qui habitent l'Amérique d’avec ceux de l’Europe ou de l'Asie,
Cette espèce, en apparence unique, est le Casron FIBER (Castor fiber), dont les auteurs anciens ont parlé d’après les colonies de ces Animaux qu'on observe en Europe et en Asie, et sur lequel les modernes ont fait beaucoup d'observations nouvelles, non-seulement dans l'ancien continent, mais aussi dans le nouveau, Elle est plus grosse que la plupart des autres Animaux du même ordre; son corps mesure à peu près 65 centimètres ct sa queue 28 ou 30 ; celle-ci en à 0,10 dans sa plus grande largeur; elle est écailleuse, sauf à sa base; tout le Corps et les pattes sont garnis de poils abondants, les uns soyeux ct de couleur marron, les autres plus longs, bruns ou gris, formant au-dessous des premiers une sorte de duvet doux et moelleux, qui donne à la-fourrure du Castor les qualités supérieures qu’on lui reconnait, Quelques exemplaires ont une coloration plus ou moins différente; il y en a de plus foncés, d'autres sont plus pales, et il en est même de tout blancs, mais ce sont alors des individus albinos, La fourrure des Castors est fort estimée; elle est plus ou moins belle, suivant l’âge de l’Animal et selon l’époque de l’année à laquelle on l’a tué,
Casron Fingn, 1/8 de grand,
On trouve des Rongeurs de cette espèce sur une surface très-étendue ; toutefois, il ne paraît pas qu'il y en ait en Afrique, ainsi qu’on l'avait dit, ni dans l'Inde, D'ailleurs ils étaient autrefois plus abondants qu’ils no le sont de nos jours, et en France ils n'existent plus qu’en fort petit nombre,
Dans mon ouvrage sur la Zoologie et la Paléontologie de la France, j'ai donné les renseignements suivants au sujet de la répartition des Castors français, Ils v sont présentement
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limités à une portion du Rhône; mais ils vivaient, il y a peu de temps encore, sur une étendue bien plus considérable du cours de ce fleuve et dans ses principaux affluents, le Gardon, la Durance, l'Isère, ete, Il y avait aussi des Castors dans la Somme, dans la Saône et ailleurs, La petite rivière de Bièvre qui se jette dans la Seine, à l'entrée de Paris, semble leur devoir son nom, et dans le Midi on les appelle encore Vibré, dénomination qui a sans doute la même origine que celle de Bièvre, fiber, ete., qu’on leur donne aussi dans d'autres pays. Il y a encore un certain nombre de Castors dans la partie méridionale du Rhône, et l’on doit s’étonner que plusieurs auteurs aient affirmé la ‘disparition complète de ces Animaux dans notre pays; Cependant il est à craindre que cette extinction ne soit prochaine, Les dégâts que les Castors occasionnent parfois dans les plantations, et, en particulier, dans celles qu'on nomme oscraies ou saussaies; le prix de leur fourrure; leurs poches de castoréum qui ont une certaine valeur dans la droguerie; leur chair qui est bonne à manger; enfin le soin que les naturalistes mettent à se procurer ces Animaux pour les Musées, sont autant de causes qui en activeront la destruction, Il faut y ajouter l'extension que prennent chaque jour la navigation du Rhône et la culture de ses rives.
Actuellement on tue de temps en temps des Castors auprès d'Arles, ainsi qu’à la hauteur de Beaucaire et Tarascon, ou même auprès d'Avignon: quelques-uns remontent encore au delà jusqu’au Pont-Saint-Esprit, et il peut en venir accidentellement dans l'embouchure de l'Isère. Dans certains cas, il en entre aussi dans le Gardon et dans la Durance. Ceux qui restent dans le Rhône fréquentent les îles de ce fleuve et ils se retirent dans des terriers qu'ils creusent eux-mêmes sous la berge, Nulle part, ils ne construisent comme ceux de l'Amérique, car la présence de l'Homme est un obstacle constant à l'exercice de leur instinctive industrie. Dans une propriété de la Tour de la Motte, à trois lieues de Saint-Gilles (département du Gard) , un des terriers habités aujourd'hui par des Castors fut mis à découvert par l’éboulement d’une digue : il servait à plusieurs individus, Sa longueur était de quinze mêtres environ et il occupait toute la largeur de la chaussée. Dans son intérieur on reconnut plusieurs compartiments, et l’un d'eux renfermait des branches de saules prises au dehors et dont quelquesunes fixées en terre, dans l’intérieur du repaire, avaient même poussé des feuilles,
En général, c’est pendant les grosses eaux et au moment même des fortes crues que l'or prend des Gastors, Leurs îles, leurs terriers, les endroits où ils se nourrissent étant alor. inondés, ils viennent dans des lieux plus élevés pour y trouver des aliments, et comme ces lieux sont aussi ceux que l'Homme habite le long du fleuve, les Castors y sont plus exposés à être tués ou faits prisonniers, En 1846, pendant une crue, on en a pris un sur le port même d'Avignon, Dans quelques endroits on les attrape en creusant des trous dans lesquels on met des tonneaux défoncés et recouverts seulement de branchages, d'herbe et d’un peu de terre, Si les Castors tombent dans ces piéges, ils ne peuvent plus en sortir; on s’en empare alors et il est facile de les conserver vivants, car ils ne cherchent point à mordre et ils sont peu difficiles sur le choix des aliments. Les jeunes pousses des saules sont cependant la nourriture qu'ils préfèrent, et il est très-probable qué le principe particulier qu’elles renferment donne au castoréum son caractère dominant et son odeur,
On tue de temps en temps des Castors au château d'Avignon, en Camargue, Le musée d'Arles possède des jeunes de cette espèce pris sur les bords du fleuve et, daps plusieurs autres musées, on en conserve des exemplaires adultes qui viennent du Rhône proprement dit ou de sa petite branche, Nous en avons nous-même acquis un en 1846 pour le cabinet de la Faculté des sciences de Montpellier, et nous avons eu l’occasion d’en disséquer plus récemment deux autres,
L'année 1840, qui fut marquée par une si terrible inondation, paraît avoir été funeste à ces Animaux, Alors on en tua plus que d'habitude, Anciennement ils étaient bien plus nom= bieux dans le Rhône ; on doit même croire que pendant le siècle dernier ils étaient communs : püisque les religieux d’une ancienne chartreuse, située sur la rive droite du fleuve, à Villes
neuve-les-Avignon, avaient rangé la chair de ces Rongeurs parmi les viandes maigres et qu'ils en vendaient des saucissons fort estimés dans le pays.
Les ossements de Gastors que l'on trouve enfouis dans le sol sont le moyen le plus certain que l’on ait pour constater l’ancienne existence de ces Animaux dans certains lieux où leur race n'existe plus de nos jours; mais, comme il y a dans plusieurs endroits des débris de Rongeurs qui en sont voisins, quoique distincts cependant par leur espèce ou même par leur genre, il faut avoir soin de comparer exactement les débris fossiles de ces Castors à ceux des individus de notre époque,
Voici l'indication des localités propres à la France où l’on a trouvé des os qui m'ont paru être ceux du Castor ordinaire, c’est-à-dire du Castor fiber :
1° Diluvium d’Abbeville (Somme) ; — 2° Tourbières de Bresles (Oise) ; — 3° Tourbitres du Port-à-l'Anglais, près Paris; — 4° Tuf de Resson (Aube) ; — 5° Diluvium de la Ferté- Aleps (Scine-et-Oise) ; — 6° Diluvium de Soute (Charente-Inférieure) ; — 7° Caverne de Voidon , près Joyeuse (Ardèche) ; — 8° Caverne de Lunel-Viel (Hérault),
Les restes observés auprès d'Issoire (Puy-de-Dôme) sont peut-être d’une autre espéce, malgré leur grande ressemblance avec celle d’à-présent; ils répondent au Castor issiodorensis de l'abbé Croizet,
D’autres sont certainement différents, et ils appartiennent à des faunes plus anciennes ; tels sont les suivants, qu’on a aussi recueillis en France :
Castor des Barres, près d'Orléans; — Castor sigmodus, P. Gerv., de Montpellier ; — Castor subpyrenaicus, Lartet, de Bonrepos (Haute-Garonne), et de Ville-Franche-d’Astarac (Gers); — Castor sansaniensis, P, Gerv., de Sansan (Gers); — Caslor viciacensis, P, Gerv. (le genre Steneofiber, E, Geoffroy) de Saint-Geraud-le-Puy (Allier).
Les Castors fiber existaient encore en Angleterre durant l’année 1188, mais il y a longtemps qu'on les y à détruits, et ils n’y sont plus connus, comme dans plusieurs autres parties de l’Europe, que par leurs restes fossiles,
La vallée du Rhin est dans le même cas. Toutefois, il y en a encore dans plusieurs parties de l'Autriche, dans la Prusse, dans la Pologne, dans la Russie d'Europe et dans la Russie d'Asie, On en connaît dans plusieurs endroits sur le cours du Danube, dans le Dnieper, dans la Bérésina, auprès de son embouchure dans ce fleuve, dans l’Elbe, dans l'Oder, dans la Vistule, dans la Petchora et dans plusieurs parties de l'Asie, Pallas et Gmelin en ont observé sur l’Obi, qui se jette dans l'Océan glacial, ainsi que sur plusieurs de ses affluents, principalement aux environs de Berezow, mais plus au sud; il y en a aussi dans les environs de Tobolsk, de Taza et de Surgut, ainsi que le long du Pamara, du Kinzl et de plusieurs autres rivières des steppes de la Sibérie méridionale, L’Irtish en nourrit également, et ils s'étendent au nord jusqu’au Tas et au Jénisei, et même jusqu'à l’Aldan, qui court latéralement à l’est de la Léna, dans lequel il se verse; mais ils ne paraissent pas dépasser le cercle polaire, Au midi, on les retrouve au sud dans la grande Tartarie, mais il ne semble pas qu’il y en ait plus avant,
Dans la plupart des contrées, soit européennes, soit asiatiques que nous venons d'énumérer, on les chasse activement à cause du prix de leur fourrure et de celui de leur castoréum, Ceux de la région du Pont, aujourd’hui la mer Noire, étaient déjà connus des anciens qui se servaient de la matière odorante qu’on en retire, Pline et Strabon en parlent; ils disent les Gastors communs auprès de cette mer, Cependant il paraît qu'il n’y en a plus aujourd'hui, et l’on assure qu'ils y ont été détruits comme dans beaucoup d'autres lieux. Leur ancienne existence dans les mêmes contrées est, d'ailleurs, attestée par les ossements qu'ils ont laissés dans le sol, mais que l’on n’a retrouvés jusqu'ici que fort rarement,
Les poursuites auxquelles les Castors sont partout exposés en Europecomme en Asie sont la cause principale qui les empêche de construire à la manière de ceux d'Amérique; mais on sait qu'autrefois ils le faisaient absolument comme eux, Albert le Grand, qui écrivait au troisième
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siècle et par conséquent avant que l'on ne connût les Castors américains, parle des curieuses constructions que font les Animaux de cette espèce, D'autre part, quelques autres auteurs déjà éloigné” de nous confirment cette assertion; elle est même vraie pour les Castors d’aujourd'hui, € æ si la grande majorité de ces Animaux ne construit pas, il en est quelques familles qui, plus tranquilles que les autres, sont restées fidèles aux anciennes habitudes de leur espèce, C’est ce qui a été vérifié par M. de Meyerinck, Cet observateur a publié, en 1827, la description des constructions faites par une colonie de Castors allemands dans le Magdebourg, près de la petite ville de Barby et à peu de distance du lieu où la Nuthe se jette dans l'Elbe ; cet endroit est même connu sous le nom de Mare aux Castors (Biberlache), Les huttes qu’ils ÿ construisent sont en tout semblables à celles des Castors américains,
Cependant la très-grande majorité des Animaux de cette espèce se contente, en Europe aussi bien qu’en Asie, de creuser des galeries souterraines, Il est vrai qu’elles sont le plus souvent fort longues, et que la même habitude se retrouve aussi chez certains Castors de l'Amérique auxquels on donne, à cause de cela, le nom de Castors terriers, Leurs galeries ont souvent été comparées à celles des Blaireaux et des Loutres, Il y en a qui n’ont pas moins de cent pieds de long,
Les voyageurs ont beaucoup vanté l'intelligence des Castors constructeurs , Mais en même temps ils l'ont souvent exagérée, et quelque curieuses que soient les huttes ou les digues faites par ces habiles architectes, le sentiment qui les di*ige n’est guère supérieur à celui que les autres Mammifères instinctifs apportent dans leurs travaux. Par sa constante uniformité et par la spontanéité, qui en est un des caractères principaux, il relève, en effet, des phénomènes instinctifs qui sont, comme on le sait, bien inférieurs à ceux qui prennent leur source dans l'intelligence proprement dite, Les Castors y apportent sans doute plus de discernement que les abeilles et les oiseaux n’en mettent dans leurs travaux de nidification, mais les résultats auxquels ils parviennent ne sont pas sensiblement supérieurs à ceux que ces derniers obtiennent, Voici, d’ailleurs, comment se passent les choses :
Une ou plusieurs centaines de Castors se réunissent dans les endroits qui sont le mieux appropriés à leur genre de vie, principalement au bord de ces lacs si variables par leur grandeur et en nombre si considérable qui existent dans l'Amérique septentrionale, Is construisent, soit sur le lac, soit sur le trajet de quelqu'un des cours d’eau qui s’y rendent, des huttes fort bien faites dont les matériaux consistent surtout en branchages et qui forment une sorte de dôme assez élevé au-dessus du niveau habituel des eaux, mais l’extérieur en est clos de toutes parts comme une cloche. Des pierres , des fragments de hois, de la terre péurie servent à mieux soutenir ces habitations , et leur intérieur est simple ou divisé en compartiments, mais sans qu’il y ait jamais plusieurs loges superposées, Au plancher de ce petit intérieur est un trou, et l’Animal doit plonger pour rentrer dans sa demeure ou pour en sortir, Les barrages ou les digues des Castors ont pour effet d'éviter qu'à l’époque où les eaux baisseront le paurtour de leurs demeures ne baigne plus, et, dans certaines rivicres, ils ne craignent pas d'entreprendre la construction de semblables digues sur une largeur de près de trente ou quarante .uètres. Ils leur donnent environ trois métres de base et seulement deux pieds d'épaisseur au joint le plus élevé ; elles sont faites de branchages, de troncs d'arbres , de pierres et de bore,
Les Castors, ainsi qu'ou l’a dit, coupent leur bois en amont des points où ils veulent bâtir, et c’est au moyen de leurs fortes incisives qu’ils abattent les arbres qui doivent leur être utiles, Pendan: qu'ils les rongent à une petite hauteur au-dessus du sol, ils écartent les copeaux avec leurs pattes de devant, et lorsque l'arbre est prêt à tomber, ils le regardent à Chaque nouveau coup de dents pour voir où en est le travail, et ils ont bien soin de l’abattre du côté de la rivière, Alors ils le dépouillent plus ou moins complétement de ses branches, et ils le font flotter jusqu’à leur établissement,
Les huttes sont plus où moins grandes: elles peuvent avoir plusieurs compartiments,
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dont chacun a son entrée particulière ouverte dans le plafond, mais jamais dans la paro extérieure ; d’autres fois elles n'ont pas de cloisons, Quatre vieux et six ou huit jeunes vivent en général dans chaque cabané, principalement pendant l'hiver, car en été les mâles se tiennent isolés , s’éloignent plus ou moins des colonies, et couchent sur la berge ou dans des terriers, En automne et en hiver, ils reviennent aux constructions, réparent les anciennes huttes ou en construisent de nouvelles, et s'associent chacun à une femelle, Celle-ci porte quatre mois, et elle met bas de deux à cinq petits, rarement six. Toute la colonie concourt à l'édification des digues, mais chaque cabane est un travail particulier et quelques individus seulement se chargent de son exécution,
Les Castors constructeurs sont encore très-répandus en Amérique, mais autrefois ils l’étaient bien davantage ; leur nombre a donc sensiblement diminué, principalement dans certains lieux, à cause de la chasse active qu'on leur a faite, En 1743, on a expédié de Montréal, pour la Rochelle, cent vingt-sept mille peaux de Castor, sans compter vingt-six mille sept cent cinquante autres envoyés par la compagnie d'Hudson pour l'Angleterre, Avant l'établissement des Européens dans ces contrées, les Indiens chassaient déjà les Castors, mais ils en détruisaient une bien moindre quantité, car ils se contentaient de ceux qui étaient nécessaires pour les vêtir, n’en ayant alors aucun débouché commercial,
Les environs du lac de l'Esclave et de la baie d'Hudson, le lac Supérieur, le lac Huron, le Canada et même le nouveau Brunswick, ainsi que la Nouvelle-Écosse, ont conservé beaucoup de Castors; on en voit, mais isolément, à l’île de Terre-Neuve,
Dans le nord du nouveau continent, ces Animaux mangent des écorces de peuplier, de saule, d’aune, de magnolia glauca, de liquidambar styraciflua, de fréne (fraxinus rotundifolia) , de sassafras, ete. En Europe, ils recherchent, outre les jeunes pousses et l'écorce des saules, celles des peupliers et des bouleaux, les racines des nénuphars , et, ajoute-t-on, les prêles, M. de Meyerinck a constaté qu'ils peuvent couper des saules de trentecinq à cinquante-cinq centimètres de diamètre,
Sur les bords du Rhône, on reconnaît les bâtons abattus par les Castors à la forme en bec de flûte que présente l’une de ieurs extrémités,
Le castoreum ou la substance odoriférante des Castors est employé comme antispasmodique ; il est secrété par une double poche située auprès de l’anus, sous les téguments, au-dessus des sacs à huiles qui ont à peu près la même forme et le même volume, L'orifice commun des poches de chaque côté se voit bilatéralement au dehors, à côté de l’anus.
Dans la pièce représentée par la figure ci-contre,
on a isolé la poche au castoreum et la poche
à huile du côté droit, et on les a ouvertes;
celles du côté gauche sont entières, et l’on voit Les VOCHFS DC CasTORËCA Er LES POCHES À HUILE, 1/3, : préparation de M. Brandt.
les muscles qui les recouvrent en partie,
Les Castors présentent quelques autres particularités dignes d'intérêt; les principales sont fournies par leur squelette et ont rapport au genre de vie aquatique de ces Animaux. Telles sont la largeur de l’humérus et celle du fémur, dont les trois trochanters sont très-saillants ; la présence au carpe et au tarse d’un os particulier, ete,
Le cerveau des Gastors manque de circonvolutions. Sous ce rapport, il ressemble à celui des Animaux inéducables et chez lesquels un instinct inné, incapabie de perfection, est l'unique mobile de phénomènes remarquables sans doute, mais qui n’ont ni la variété ni la
ans la paro eunes vivent es mâles se ou dans des s anciennes elle-ci porte nie concourt es individus
s ils l’étaient rtains lieux, Sal, pour la le sept cent | l'établisse- , mais ils en | nécessaires
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peuplier, de r'axinus r'o-
pousses et uphars , et,