‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 76 sur 96 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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et du Pérou; leur nourriture se compose généralement de plantes bulbeuses; mais comme leur fourrure est un objet assez important de commerce, ils sont devenns presque partout l’objet d’une chasse très-active et pour laquelle on emploie des Chiens dressés à les prendre sans endommager leur robe, Ces Chiens sont, le plus souvent, conduits par des enfants.

Un grand nombre de peaux étaient annuellement expédiées en Europe de Valparaiso et de Santiago; il en vient encore, mais en moindre nombre, Ces peaux sont déjà préparées, et manquent, comme presque toutes celles du commerce, des différentes pièces du squelette et même des membres , ainsi que de la queue. C'est d’après elles seulement que les naturalistes ont, pendant longtemps, connu les Chinchillas; aussi les vrais caractères de l'espèce étaientils restés ignorés, malgré le nombre immense des individus que l’on sacrifiait annuellement, Pendant la grande mode, le chiffre des fourrures expédiées chaque année en Europe était si considérable, que les autorités chiliennes ont dû prendre des mesures pour éviter la destruction de l'espèce, Séhmidt-Meyer, dans son voyage au Chili et aux Indes, publié en 1824, rapporte «que l’usage immodéré qu’on en faisait à cette époque avait occasionné une véritable destruction de ces Animaux, » Et cependant, de 1828 à 1832, il s’est vendu à Londres dix-huit mille peaux de Chinchillas, À présent, on porte moins cette fourrure, en France du moins, mais elle est encore assez loin d’être abandonnée en Angleterre.

Les pattes antérieures du Chinchilla sont plus courtes que les postérieures, à cinq doigts: et celles-ci en ont quatre seulement ; son intestin est pourvu d’un cœcum considérable, sa dentition est établie sur le type commun aux Viscaches et aux Lagotis. Une espèce fossile, trouvée en Auvergne, ne s'éloigne que très-faiblement du Chinchilla sous ce rapport, et on l’a même rapportée pendant quelque temps à ce genre, C’est l'Archæomys chinchilloïdes, dont les dents sont figurées à la page 273. Sa mächoire inférieure est cependant, comme celle de l’Anomalure, plus semblable à celle des Rats, des Pétromys et des Sciuridés qu’à celles des Hystricidés véritables et des: Cténomydés.

Le squelette du Chinchilla présente quelques particularités qu’il est convenable de rappeler: son crâne a les caisses auditives considérables et multiloculaires de chaque côté; inférieurement, en arrière, en dessus et en avant du canal auditif, qui est subvertical, la portion supérieure de la caisse est mise à nu entre l’occipital et les pariétaux, et elle est séparée du canal auditif par une bande osseuse étroite, provenant de la jonction, à son côté externe, de deux apophyses, dont l’une part de l’occipital et l’autre du temporal. Les pariétaux ne montrent aucune trace de la suture sagittale. Les vertèbres dorsales sont au nombre de treize, etil y a six vertèbres lombaires, trois sacrées et vingt coccygiennes ; le sternum est composé de six pièces ou sternèbres, Quant aux membres, les’ antérieurs ont une clavicule complète, c'est-à-dire allant du sternum à l’acromion , partie de l’omoplate qui est ici fort saillante; l'empreinte deltoïdienne de l’humérus est développée en manière de troisième tubérosité, et la fosse olécrânienne est perforée, caractère qui se retrouve dans le Lagotis, mais qui manque chez la Viseache. Le radius et le cubitus sont distinets dans toute leur longueur , aussi bien que le tibia et le péroné; ces deux derniers os ont une longueur assez considérable; les phalanges onguéales sont, en général, pourvues d’un sillon à leur extrémité libre,

Les mamelles des Chinchillas sont au nombre de trois paires, savoir : une inguinale et deux latérales placées à la partie antérieure de l'abdomen, Leur position est assez relevée,

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FAMILLE DES HYSTRICIDÉS. 355

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Une membrane semblable à celle des Écureuils volants s'étend sur les flancs entre les quatre membres, et comprend, en outre, l’espace interfémoral et la partie basilaire de la queue ; il y a des écailles imbriquées sous cette dernière.

GENRE ANOMALURE (Anomalurus). Le genre très-remarquable des Anomalures a été établi en 1842 par M. Watherhouse, pour un Animal jusqu’alors inconnu des naturalistes qui venait d’être rapporté de Fernando-Po par M. Fraser. C’est l’Anomalurus Fraseri. Depuis lors le même genre s’est enrichi d’une seconde espèce, décrite en Hollanae, sous le nom d'Anomalurus Pelei ; celle-ci vient de la côte occidentale d'Afrique,

Envisagés dans leurs caractères extérieurs, les Anomalures ressemblent fort aux Ptéromys, et ils sont pourvus, comme eux, d’expansions aliformes entre les membres, mais ils ont aussi une membrane entre les cuisses, et la base de leur queue y est engagée, Les ongles de ces Animaux sont plus arqués et plus comprimés que ceux des Ptéromys. Leur queue est longue, en partie libre et en forme de panacho; elle présente un caractère fort singulier dans les grosses écailles cornées, imbriquées les unes sur les autres, qui garnissent sa base en dessous. Cependant le pelage est doux et souple, et il n’y a aucune trace de piquants sur les diverses parties du corps ; les oreilles sont de grandeur ordinaire et en partie nues ; les moustaches sont fort longues.

Les dents incisives sont lisses à leur face antérieure, et les molaires, au nombre de quatre paires, sont assez semblables dans leur forme à celles des Cercomys et de certains autres Animaux qui avoisinent les Pores-Épies ; elles ont des racines distinctes, et leurs couronnes, au moment où l’usure les a un peu entamées , montrent quatre îles ovalaires d’émail, entourées par un grand cercle un peu flexueux., Ces dents sont faiblement décroissantes de la première à la dernière pour chaque mâchoire,

La classification des Anomalures a présenté et présente encore quelques difficultés. Pour M. Waterhouse, ce genre est allié aux Loirs, qui constituent une famille voisine des Muridés, M. Gray a d’abord fait de l'espèce type un véritable Ptéromys, et, depuis lors, il a placé les Anomalures dans la tribu des Sciuridés, qui ont des membranes aliformes. L'examen que j'ai fait du crâne de ces curieux Animaux m'a conduit à penser qu’ils devaient être réunis à la grande famille des Hystricidés, dans laquelle je les laisserai provisoirement tout en admettant qu'ils se rattachent aux Loirs et aux Théridomys par quelques caractères.

Ainsi que l'avait déjà fait remarquer M. Waterhouse, le crâne des Anomalnres diffère sensiblement de celui de tous les vrais Sciuridés; il manque de la forte saillie postorbitaire du frontal que l’on voit chez ces Animaux, et il a un grand lou sous-orbitaire, ce qu’on n’observe dans aucune des espèces propres à la même famille, La comparaison de ce crâne avec

celui des Loirs ne montre pas, à mon avis, un plus grand nombre d'analogies, et il ne me semble pas que l'on doive considérer l'Anomalure comme se rapprochant davantage de ces Animaux, À part la différence de forme que présentent les molaires des Anomalures, si on les

MOLAIRES D'ANOMALURE DE Pere, 2/1 de grand

compare à celies des Loirs, on doit noter que ces derniers ont la région interoculaire étranglée et tout à fait semblable à celle des Rats. Leur trou sous-orbitaire, il est vrai, diffère un peu de celui des Rats, mais il n’est pas non plus disposé comme celui des Anomalures,

Le crâne des Anomalures présente quelques autres particularités sur lesquelles il serait inutile d’insister ici et qui le rapprochent, sauf pour la mâchoire inférieure, de celui des Sphiggures. Ce crâne est d’ailleurs figuré à la page 261 de ce volume.

Leur squelette, que nous représentons aussi, montre, indépendamment des sept vertébres cervicales ordinaires, seize vertèbres dorsales, et, par suite, seize paires de côtes : il a neuf vertèbres lombaires, quatre sacrées , dont les deux premières sont soudées à l'os des îles. Ses vertèbres caudales sont au nombre de trente et une; les premières sont courtes et assez fortes, et elles ont une plus grande analogie avec les sacrées ; la cinquième et les suivantes deviennent de plus en plus différentes ; la plupart de celles-ci sont grêles , allongées et bien plus semblables à celles des Écureuils et des Ptéromys, dont les Anomalures ont les mœurs, qu’à celle des Hystricidés terrestres ou même arboricoles auxquels nous les avons comparés, On sait, d’ailleurs, par les observations de M. Fraser, que les Anomalures tiennent leur queue relevée à la manière des Écureuils, et qu’ils lui font exécuter les mêmes mouvements. L’omoplate de ces Rongeurs est remarquable par la carène saillante qui limite le bord inférieur de la fosse sous-épineuse et par la présence d’une crête partageant on deux la portion de la face inférieure de cet os, qui répond à la fosse épineuse, Il y a aussi des crêtes rudimentaires à l'omoplate sur la portion de la face Sous-Scapulaire , qui est opposée à la fosse sous-épineuse ; enfin l'apophyse coracoïde du même os est très-forte, La clavicule est elle-même bien développée; sa longucur est de 0,035. L’humérus a une forte crête deltoidienne; son extrémité inférieure présente une perforation épitrochléenne, Le radius et le cubitus sont distincts; la partie olécrAnienne de celui-ci est fort considérable. Les doigts sont au nombre de cinq à tous les pieds, mais le pouce des antérieurs est court, et sa phalange onguéale n’est pas, comme celle des quatre autres doigts de devant et des cinq doigts postérieurs, comprimée, arquée et à peu près semblable à celle des Galéopithèques,

Cette dernière disposition et la plupart de celles que nous venons de signaler dans les membres sont en rapport avec les habitudes des Anomalures, et elles ne se retrouvent ni chez les Ptéromys, ni chez les autres Rongeurs; elles indiquent une plus grande aptitude pour grimper le long des arbres, et en même temps un vol plus étendu et plus sûr que celui des Ptéromys ou des Sciuroptères. Les écailles Sous-Caudales que ce genre présente seul sont disposées de manière à arcbouter contre les écorces des arbres lorsque les Anomalures s’arrêtent dans leur course le long des troncs ou sur les branches les plus verticales, Les allures de ces Animaux sont très-vives et fort gracieuses, Lorsqu'ils volent, ils se dirigent obliquement et de haut en bas d’un arbre à un autre, et ils semblent calculer avec une extrême précision la direction qu'il convient de suivre pour arriver juste au point qu'ils se proposent d’atteindre,

Voici comment les deux espèces connues dans ce genre différent entre elles ; Je les ai étudiées, ainsi que le squelette de la seconde, dans les beaux magasins zoologiques que MM, Verreaux frères ont fondés à Paris.

ANOMALURE DE FRASER (Anomalurus Fraseri, Waterh.), appelé par M. Gray Pteromys derbianus en l'honneur de feu lord Derby-Stanley , qui a rendu de grands services à la mammalogie par les collections d’Animaux vivants ou préparés qu’il se plaisait à réunir. Cette espèce a le pelage très-moelleux, plus long sur le dos, roux tiqueté avec la base des poils brune ; le dessus de la tête et le nez sont roux gris: les quatre pattes, la moitié postérieure de la queue et la base des oreilles cannelle foncée ; le dessous du corps est jaunâtre enfumé, plus foncé sous la tête et le cou, ainsi que sous la membrane et à la région du tronc, Il ya dix écailles sous-caudales,

Habite l’île de Fernando-Po, sur la côte occidentale d'Afrique.

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