FOR SE
ncé en cou-
les que l’on plante et il que la nuit,
rait se rap- 16 le crâne, ne pouvons > des Rats-
Jarence talses narines eNCOre apronquée; la ux ont trois oire ; leurs aires dépasce est doux
ment fouisartie de leur nt conservé x Où Aspape:
ou le Mus Mus spalax , particulier
FAMILLE DES MURIDÉS. 381
à la Russie méridionale, qui est principalement répandu dans les steppes de l'irtisch, I y creuse des galeries comparables à celles des Taupes, mais son régime est essentiellement différent du leur, sa nourriture consistant en racines et en bulbes. Le Zokor est long de 0,25; son pelage est gris roussâtre,
GENRE SPALAX (Spalax, Olivier), Il comprend celui de tous les Mammifères dont l’organisation est la mieux appropriée à la vie souterraine, et les conditions dans lesquelles il se tient rendent compte des caractères singuliers qu'on lui reconnaît, Son corps est trapu, et sa tête, qui est comme aplatie, a tout son pourtour disposé en carène; on n’y voit point d'oreilles externes et il n’y a pas non plus d’yeux. Ces derniers organes n'existent que sous la forme de rudiments cachés au-dessous de la peau, qui passe sur eux-sans s'ouvrir, de manicre à former des paupières et même sans s'amincir notablement. Les Spalax manquent aussi de queue ; leurs membres, qui sont courts, ont des ongles très-puissants, Ces Animaux ont, comme ceux qui précédent trois paires de molaires à chaque mâchoire; la couronne en est peu compliquée; leur crâne participe à l’aplatissement que montre extérieurement la tête; la crête occipitale y est saillante; le trou sous-orbitaire assez grand renferme dans son intérieur le canal lacrymal, Ce dernier caractère de l'Aspalax lui est commun avec le genre Siphné, et même avec le genre Rhizomys, et il établit une différence d'autant plus notable entre ces Animaux et les Rats-Taupes africains, qu’elle coïncide avec un mode différent de répartition géographique. Cependant M. Ruppel, qui a fait connaître plusieurs Animaux de cette tribu dans un mémoire spécial, signale des Rhizomys véritables à Schoa, en Abyssinie : tels seraient le Ahizomys macrocéphale de ce célèbre voyageur, et son Bathyergue brillant dont nous avons déjà parlé,
CRANE DE SPALAX ZEMMI, grord. rat. DENTS DE SPALAX ZEMMI, d/1 de grand.
L'espèce type du genre Spalax est le SPALAX ZEMM1 (Spalax typhius) , où le Mus typllus
Ni
du savant ouvrage que Pallas a consacré à la description des Rongeurs, C’est encore un Animal à pelage doux, de couleur cendrée, un peu lavée de roussâtre et avec quelques reflets violacés, Son corps à 0,22 de longueur. Il vit constamment sous terre, dans de grandes galeries comparables à celles des Taupes, et qu’il dispose de manière à mettre la partie qu’il habite à l'abri des eaux pluviales. Sa tête aplatie et presque en forme de pelle ou de coin lui sert, avec ses ongles, pour la construction de ces terriers. Cet Animal tout à fait singulier est entièrement privé du sens de la vue, mais il a l’ouïe trés-fina, On fe l’aperçoit presque jamais à la surface du sol, Il est assez courageux et résiste lorsqu'on veut s'emparer de lui, (Figure, p. 378.)
On le rencontre dans l'Asie Mineure et dans la Russie méridionale, entre le Tanaïs et le Volga. M. Nordmann a fait à son égard de nouvelles observations, que l’on trouvera dans la partie zoologique du voyage en Crimée de M. le comte Demidoff, Il est bien reconnu maintenant que le Spalax zemmi est le même Animal qu’Aristote a signalé”sous le nom de Spalax (Exadaë) , et qu'il dit être entièrement aveugle, Jusqu’aux observations d'Olivier et de Pallas, on avait mal à propos considéré que par Spalax Aristote avait voulu désigner la Taupe ordinaire,
M. Nordmann croit à l'existence de deux espèces dans ce genre et, dans son travail sur la Faune pontique, il appelle la seconde Spalax de Pallas.
TRIBU pes MURIENS
C'est la plus nombreuse de toutes celles que l'on distingue parmi les Mammifères ; mais ses ospèces n’en sont pas moins susceptibles d'être établies sur des caractères certains, parmi lesquels ceux de la dentition et de la forme du crâne sont peut-être les plus importants, On peut grouper les différents genres et sous-genres à la distinction desquels on est arrivé par cette étude autour des trois geures principaux : les Campagnols, les Rats et les Gerbilles, Les espèces intermédiaires qui les relient les uns aux autres empêchent d'en faire des tribus à part,
1° Des Campagnols et des genres qui s'en rapprochent.
GENRE CAMPAGNOL (Arvicola, Lacépède), Les Campagnols ou petits Rats à queue courte qui vivent dans nos champs sont, dans l'Europe centrale, les représentants les plus ordinaires du grand genre de Muridés, auquel on a donné les noms d'Arvicola, Lemmus, Hypudeus, ete, 1] serait facile de démembrer ce groupe en plusieurs autres, ce qui, du reste, serait conforme à l'opinion de la plupart des nataralistes ; mais nous devons laisser ce luxe de divisions aux publications plus spéciales, et, conformément aux règles qui nous ont guidé dans la rédaction de ce livre, nous parlerons, sous la dénomination commune de Campagnols (4rvicola) , de la plupart.des Rongeurs qui constituent la tribu des Arvicoliens. Leur principal caractère consiste en ce que leurs dents molaires, qui sont au nombre de douze, comme celles de la très-grande majorité des Rats, ont les replis de leur fût disposés angulairement, Ce caractère donne à leur couronne une coupe en forme de zig-zags, et ceux-ci sont bien plus réguliers que chez les Reithrodons ou les Psammomys, qui établissent la transaction entre les Campagnols, les Rats et les Gerbilles.
Les Campagnols, que d’autres Animaux représentent dans l'Afrique et dans l'Amérique méridionale, mais sans appartenir précisément au même groupe qu'eux, forment un grand nombre d'espèces toutes propres à l'hémisphère boréal,
Ces Arvicoliens vrais se rattachent à plusieurs égards aux Rats-Taupes par leurs espèces les plus fouisseuses, et le curieux genre des Ctenodactyies offre un mélange de leurs caractères et de ceux des Dipodidés , quoiqu'il soit très-différent des Gerboises par ses formes lourdes et par ses habitudes souterraines, Les Ondatras s'en rapprochent encore plus intimement et doivent être considérés comme des Arvicoliens proprement dits ayant les pieds palmés.
1. Un premier groupe d'Arvicoliens comprend, entre autres espèces, le Lemming,
Le CampaGnoz LEMNING (Lemmus norvegicus) à le pelage roux fauve, marbré de noir et de brun ; ses poils sont bruns dans la plus grande partie de leur longueur, et ce n’est que vers la pointe que la plupart d’entre eux deviennent fauves. Des grandes marbrures noirâtres se remarquent surtout sur le dessus de la tête et à la région des épaules ; le corps est trapu, la tête est grosse, et la queue tout à fait rudimentaire ; enfin les ongles sont forts et très-propres à remuer le sol, La tête et le tronc mesurent près d’un décimètre, tandis que la queue ne dépasse guère un centimètre en longueur ; elle se termine par un petit bouquet de poils. L'apparence extérieure du Lemming serait celle d’un petit Lapin si ses oreilles n'étaient pas si rudimentaires,
C'est une espèce particulière à la Norwége et à la Laponie, qui est célèbre par ses migrations. À certaines époques, ‘et sans que la cause en soit bien évidente, elle quitte par troupes innombrables la chaîne des Alpes scandinaves, qui est sa demeure habituelle, et elle s'en éloigne, suivant deux directions différentes, Ceux qui se dirigent vers la mer du Nord mar-
ail sur la
es; mais certains, s imporquels on als et les l'en faire
à queue les plus Lemmus, lu reste, à luxe de idé dans npagnols principal comme irement, ont bien nsaction
mérique n grand
Jèces les ctères et urdes et ment et
arbré de ce n'est arbrures le corps ont forts dis que bouquet oreilles
; Inigra-
troupes elle s’en rd mar
FAMILLE DES MURIDÉS. 383
chent de l'Est à l'Ouest, et ceux qui descendent vers le golfe de Bothnie vont de l'Ouest à l'Est, Ils retournent ensuite vers leurs montagnes, Pierre Hæœgstræm, qui les a vus revenir, en parle dans un mémoire publié, en 1749, dans l'Académie royale de Suède, « Ce retour, dit-il, passe en général inaperçu, parce que ces Animaux sont réduits à un très-petit nombre ; mais ils marchent aussi en ligne droite comme dans leur descente vers la plaine, »
CamPaGnoz LEMMING, 1/3 de grand
On a beaucoup parlé de ces voyages des Lemmings, et ils méritent, en effet, d’être connus. Nous empruntons les détails qu’on va lire à M. le professeur Ch. Martins, qui, dans un voyage qu’il a fait dans le Nord avec M. Bravais, a rencontré des troupes nombreuses de ces Animaux, et a réuni dans un travail particulier la plupart des renseignements que la science possédait à leur égard,
Les migrations des Lemmings sont rares. Linné affirmait qu’elles n'ont lieu que tous les dix où vingt ans, Voici la liste de toutes celles dont M. Martins a pu retrouver les dates, avec l'indication , entre parenthèse, du nom des auteurs qui les ont mentionnées, La lettre Æ veut dire que les lieux où les Lemmings sont parvenus sont situés à l'Est des Alpes scandinaves, et la lettre O qu'ils sont à l'Ouest de la même chaîne.
1580. Trondhjem, 0, (Wormius) ; 1823, Hernœæsand, Z. (Zetterstedt) ; 1648, Niordford, 0. (Wormius) ; 1831. Lyksele, Z£. (Zetterstedt) ;
1697. Tornéo, £, (Rycaut) ; 1833. Bossecop, 0. ; 1759. Luléo, Æ, (Hægstræm}; 1833. Karasuando, £.; 1743. Uméo, £, (Hægstræm) ; 1839, Musnioniska, £, ; 1757. Trondhjem, 0. (Gunnerius) ; — Uméo, Z,
— Kongsberg, O0, (Brunnichius) ;
Les migrations des Lemmings sont probablement plus fréquentes que ne le pensait Linné ; la dernière série semble l'indiquer. Sans avoir assisté au défilé de toute la migration de 1839, MM. Bravais et Martins ont vu une grande partie de cette armée de Rongeurs se mettro en marche vers la mer. À Bossecop, point de départ de ces deux observateurs (latitude 70°), les Lemmings étaient assez rares, et dans la forêt marécageuse qui sépare ce village du plateau Lapon il n’y en avait pas un seul; mais, sur le plateau, ils étaient en quantité
immiense le 8 et le 9 septembre, et on les voyait se réfugier sous chaque touffe de bouleaux noirs, Au dessous de la limite du bouleau blane, et, par conséquent, à une moindre élévation, le nombre des Lemmings commença à diminuer ; ils n'étaient pas communs autour du Kansekeino (latitude, 69°), quoiqu'il y eut un grand nombre de leurs terriers , et l’on n'en voyait point entre Kansekeino et Karasuando (68° 30!) ; mais, autour de ce dernier village, qui est situé sur la rive gauche du fleuve Muonio, ils étaient très-communs, quoique moins abondants que sur le plateau Lapon, Il n'y en avait pas non plus beaucoup sur les bords du fleuve ; mais, le 21 septembre, près du village de Muonioniska (lat, 67° 565'), les Lemmings furent rencontrés en plus grande abondance dans une forêt de pins et de sapins, Il eût été impossible de compter tous ceux que l'on apercevait dans un même instant, et ils augmentaient à mesure que l’on avançait dans la forêt, Ils couraient tous dans une même direction parallèle au cours du fleuve, C'était probablement la tête de la colonne,
Quand les Lemmings traversent une plaine, ils serrent encore plus leurs rangs, « [ls tracent, dit Linné , des sillons rectilignes, parallèles, profonds de deux ou trois doigts, et distants l’un de l’autre de plusieurs aunes; ils dévorent tout sur leur passage, les herbes et les racines, Rien ne les détourne de leur route, Un homme se met-il dans leur passage, ils glissent entre ses jambes ; s'ils rencontrent une meule de foin, ils la rongent et passent à travers ; si c’est un rocher, ils le contournent en demi-cerele et reprennent leur direction rectiligne ; un lac se trouve-t-il sur leur route, ils le &’aversent en ligne droite, quelle que soit sa largeur, et trés-souvent dans son plus grand diamètre, Un bateau est-il sur leur trajet au milieu des eaux, ils grimpent par dessus et se rejettent dans l’eau de l'autre côté, Un fleuve rapide ne les arrête pas ; ils se précipitent dans les flots, dussent-ils tous y périr, » Toutefois , ils n’entrent jamais dans les maisons, et MM. Bravais et Martins en virent beaucoup autour de Karasuando, mais pas un seul dans les habitations,
Les détails rapportés par Linné sont confirmés par différents auteurs, Leemius et Hœgstræm entre autres. Zetterstedt dit que, dans la migration de 1623, ils faillirent faire sombrer plusieurs bateaux en traversant l'Angermanelr, près d'Hernæsand, À Bossecop, on a dit la même chose à M. Martins; on lui a appris qu’en 1833 ils montèrent dans les bateaux, près de Dupvig,
Rycaut, qui écrivait avant Linné et qui paraît avoir assisté à une migration, donne des détails analogues, « Les Lemmings, ajoute-t-il, cheminent surtout la nuit et le matin, mais ils sont tranquilles le jour, » C’est ce qui explique pourquoi nos deux compatriotes n'ont vu des Lemmings en marche que le matin, et pourquoi, la nuit, il leur était impossible de conserver dans leur chambre ceux de ces Animaux qu'ils avaient mis en cage, Ces Lemmings sautaient, sifflaient et aboyaïient tellement qu’il était impossible de dormir auprès d'eux. Rycaut affirme ” que, dans les colonnes en mouvement, les femelles portent un petit dans leur gueule et un autre sur le dos; il les a même figurées ainsi, Linné a répété la même chose, Dans les migrations observées par MM. Bravais et Martins, on n’a pu confirmer cette assertion, attendu que les femelles n'avaient pas encore mis bas,
Ces armées de Lemmings arrivent enfin sur les bords de la mer du Nord ou du golfe de Finlande ; mais, en route, un très-grand nombre des individus qui les composaient au départ ont succombé à une foule d'accidents, Hœgstræm pense qu'une centaine à peine retourne dans les montagnes, qui sont leur séjour habituel. Beaucoup doivent périr de froid ; un plus grand nombre se noie en traversant les rivières, quoiqu’ils nagent très-bien; la plupart deviennent victimes de la chasse que les Carnassiers font à leur espèce, Les Chiens des Lapons ne mangent que la tête des Lemmings, d’où l’on avait conclu autrefois que ces Rongeurs étaient vénéneux, Un Chien finlandais, qui accompagnait MM. Bravais et Martins, en étrangla un nombre prodigieux ; plusieurs fois il fit des essais pour les avaler, mais il les rejeta toujours avec dégoût, Il paraît certain que les Rennes ont l'habitude de les * manger, et qu'ils se détournent de leur route pour les poursuivre, Lœstadius a constaté ce
à bouleaux dre élévaautour du 1 l'on n’en er village, s, quoique up sur les 67° 65'), pins et de ne instant, , dans une nne,
ngs, « Es doigts, et s herbes et Assage , ilà | passent à r direction quelle que leur trajet e côté, Un s y périr, »
rent beau-
eemius et lirent faire sseCop , ON »s bateaux,
donne des in, mais ils ont vu des > conserver sautaient, aut affirme aeule et un les migran, attendu
du golfe de osaient au 1e à peine ir de froid ; s-bien; la Les Chiens trefois que Bravais et les avaler, tude de les constaté ce
FAMILLE DES MURIDÉS. 385
fait, et il a aussi remarqué que les Rennes deviennent alors sujets à une maladie appelée graen en norwégien, Les Chèvres et les Moutons deviennent également malades quand ils en mangent, Les Renards et les Isatis ne mordent pas aux piéges dans les endroits où passent les migrations de Lemmings, ceux-ci leur fournissant une nourriture abondante; mais, l'année suivante, on en prend beaucoup, au dire des Lapons, parce qu'ils descendent dans les plaines pour y chercher les Lemmings qu'ils avaient suivis l’année précédente, Les Ours sont très -friands de la chair des mêmes Rongeurs ; les Gloutons, les Martes , les Hermines en détruisent aussi en immense quantité; enfin les Oiseaux voraces, tels que les Corbeaux , les Corneilles, les Pies, différentes espèces de Hiboux et de Chouettes, les Goëlands, ete., en enlèvent un grand nombre, Rycaut a observé qu'ils ne leur mangent que le cœur et le foie et qu'ils dédaignent le reste, et M. Martins a constaté ce fait.
C’est une opinion généralement répandue dans le Nord que les migrations des Lemmings, qui ont presque toujours lieu en automne, annoncent des hivers très-rudes, Hægstræm a rassemblé quelques faits à l'appui de cette opinion, et il compare ces migrations à celles des Hermines, des Écureuils, des Martes et des Renards, qui semblent aussi pressentir les hivers rigoureux ou les froids prématurés, Pallas les attribue au manque de vivres, Au rapport de Brunnichius, et c'est aussi l'avis des Norwégiens, cette disette, est due à des vents constants qui dessèchent les plateaux de la Laponie,
Olaüs Magnus, archevêque d'Upsal, affirme naivement, dans son ouvrage publié à Rome en 1555, que les Lemmings tombent du ciel , Soit que des orages les apportent de quelques îles éloignées , soit que les orages les engendrent eux-mêmes, Cette fable a été reproduite par Lemius et surtout par Wormius (1653), qui rapporte quelques faits pour lui donner la valeur d’une démonstration, Une femme, dit-il, étant assise devant sa porte, un Lemming tomba sur ses genoux, Deux de ces Animaux tombérent dans un bateau au milieu de la mer. Linné et Gunnerius (1767) n’ont pas accepté ces absurdités, et ce dernier assure que, s’il a vu tomber dans le Nordland deux Lemmings et un Hérisson, il a aperçu chaque fois au-dessus de sa tête des Oiseaux de proie qui les avaient laissé échapper de leurs serres,
Les Lemmings nagent trés-bien, ce qui ne les empêche pas de se noyer en grand nombre quand ils traversent quelque rivière rapide, MM. Bravais et Martins ont jeté plusieurs de ces Animaux au milieu du Muonio, dans un point où la largeur du fleuve est double de celle de la Seine à Paris et le courant très-fort ; tous ont gagné le bord sans beaucoup de peine. Cependant des cadavres de Lemmings flottaient en nombre considérable à la surface de l’eau,
Les Lemmings ont les cinq doigts antérieurs assez développés et pourvus d'ongles forts; ces Animaux sont fouisseurs, et ils creusent des terriers pour s’y retirer, Ceux qu'ils font dans leurs montagnes sont souvent ramifiés, et ils ont trois doigts de large. La plupart n’ont qu'une issue, mais quelques-uns en ont deux et parfois trois; presque tous sont creusés dans ces buttes ou mottes de terre coniques que l’on rencontre partout en Laponie, Un grand nombre, dit M. Martins, paraissent devoir leur origine à un tronc d'arbre coupé et converti par le temps en terreau végétal; les autres se forment par l’accumulation des terres entre les branches du bouleau nain, La végétation y est toujours beaucoup plus active; elle se compose de mousses et de lichens, au milieu desquelles s’élèvent plusieurs espèces de phanérogames, Les Lemmings ne coupent point les racines superficielles des arbres, mais leurs terriers passent ordinairement par dessous, Chacun de ces derniers reçoit de un à quatre habitants, Wormius dit qu'on a vu dans un seul nid jusqu’à neuf petits, Ce nid se compose de tiges et de feuilles d’une espèce de graminée, coupées par brins et disposées, celles du haut longitudinalement , et celles du bas transversalement. On y trouve aussi des débris de quelques autres végétaux. M. Bravais soupçonne qu'il y à deux portées par an, l’une en juillet, l’autre en octobre, Rycaut a attribué jusqu'à neuf petits à chacune, et Gunnerius six ou sept, mais M, Martins n’a jamais trouvé plus de cinq fœtus dans les femelles pleines qu’il à ouvertes, C'est aussi le chiffre indiqué par Linné, Le nombre des mamelles est de huit,
l'e PARTIE, "49
là :
Î fl | |
Cette curieuse espèce a été appelée Lemmar où Lemmus par Olaus Magnus; Lapin de Norwége (Cuniculus Norwegieus), par Brisson; Lemming, par Buffon et beaucoup d’autres auteurs; Mus Norwegicus, par Ray, Linné, ete, Quelques mammalogistes actuels la séparent génériquement , ainsi qu’un petit nombre d’autres espèces , des véritables Campagnols; mais ses dents et son crâne sont en tout semblables à ceux de ces derniers,
On a dit que, vers le pôle, les Lemmings deviennent blancs en hiver; c’est, du moins , ce que rapporte M. Lesson, en se fondant sur le passage suivant qu’il emprunte au capitaine Ross : « Un de ces Animaux ayant été enfermé pendant quelques jours s'échappa pendant la nuit, et on le retrouva le lendemain matin sur la glace près du vaisseau ; dès que l’on descendit la cage, qu’il reconnut dans la main de celui qui le soignait, il rentra immédiatement dedans, fl vécut plusieurs mois dans la chambre; mais, ayant trouvé que, comme cela a lieu pour les Lièvres apprivoisés dans de pareilles circonstances, il gardait sa fourrure d'été, je fus conduit à essayer l'effet du froid en l’exposant pendant quelques jours à la tempéature de l'hiver. Je le plaçai en conséquence sur le tillac, dans une case. Le premier de février et le matin suivant, après avoir été exposé à une température de trente degrés au-dessous de zéro, sa fourrure sur les joues et une place sur chaque épaule sont devenues parfaitement blanches, Le jour suivant, les places sur chaque épaule s'étaient considérablement étendues, et la partie postérieure de son corps et de ses flancs s’était changée en un blanc sale, Pendant les quatre jours suivants, ce changement continua, mais lentement, et, au bout de la semaine, l’Animal était entièrement blanc, à l'exception d'une bande fonée, traversant les épaules, qui se prolongeait postérieurement en bas sur le milieu du dos, et formait une espèce de selle où la couleur n'avait pas du tout changé, Le thermomètre continua à rester entre 30° et 40° au-dessous de zéro jusqu'au 18 sans produire aucun autre changement ; mais alors le pauvre Animal devint souffrant et périt de la rigueur du 1ro:1. En examinant sa peau, il parut que toutes les parties blanches de la fourrure étaient plus longues que les parties qui n'avaient pas changé, et que les bouts seuls de cette fourrure étaient blancs dans toute la partie qui excédait en longueur la fourrure de couleur foncée, et en enlevant ces bouts blancs, à l’aide de ciseaux, la peau paraissait avoir repris sa fourrure d'été foncée, mais avec un léger changement dans la couleur, et précisément de la même longueur qu'avant l’expérience, »
Le Lemming a le pouce des pieds antérieurs complétement onguiculé, ce qui lui donne cinq doigts aux membres de devant comme aux postérieurs; il a aussi les ongles plus forts que le plupart des Campagnols; ses oreilles sont plus courtes que les leurs, et il est plus fouisseur que la plupart d’entre eux. C’est ce qui l’a fait prendre pour type du petit groupe que plusieurs auteurs appellent LeMMus, du nom qui lui appartient en propre, et sous lequel il est déjà décrit dans l'ouvrage d'Olaüs Magnus, Palias avait désigné la même division par le mot Myodes, et il y plaçait aussi deux autres espèces européennes, décrites dans sa Faune de Russie. Ce sont ses Myodes lagurus et torquatus. La premicre est de l'Asie centrale et des parties de l’Europe qui s’en rapprochent le plus; la seconde, est de la Russie boréale
,et vit sur les bords de la mer Blanche, Le Lemmus semitricolor de M. Nilsson, qui vit en ! Norwége, rentre dans la même division, et i! faut également y ranger le Mus hudsonius de ! Pallas , qui abite le Labrador. Ce groupe des Myodes répond au genre Lemmus de quelques
auteurs, mais on ng doit pas y rapporter le Zokor, non plus que le Sukerkan, ainsi qu'on l’a fait quelquefois.
2. Une seconde section de Gampagnols a pour type le Campagnol des champs et celui des prés, C’est la plus riche en espèces,
GAMPAGNOL DES GHAMPS (Arvicola arvalis), Taille de la Souris; oreilles plus longues que le poil, velues ; yeux gros, proéminents; pelage d’un fauve jaunâtre mêlé de gris en dessus, blanchâtre en dessous ; queue un peu plus iongue que le quart du corps, unicolore, jaunâtre: pieds d’un blanc jaunâtre, C'est le Campagnol de Buffon et Daubonton ou le Mus
Lapin de ip d’autres a séparent nols; mais
lu moins, à capitaine a pendant is que l’on mmédiatemme cela a fourrure la tempé- » de février u-dessous rfaitement étendues, 3, Pendant out de la ersant les ine espèce ter entre mais alors à peau, il Jarties qui s toute la ts blancs, S avec un nt l’expé-
lui donne plus forts l'est plus it groupe , et sous e division s dans sa e centrale le boréale qui vit en sonius de quelques nsi qu'on
celui des
s longues e gris en nicolore , u le Mas
FAMILLE DES MURIDÉS, 387
arvalis de Linné, M. de Selys Longchamps a fait à son égard de nouvelles et intéressantes observations, et, dans ses études sur la Micromammalogie, il a bien fait ressortir les caractères à l’aide desquels on pouvait le reconnattre,
“tt