Espèces asiatiques
On en a déjà distingué une qua 'antaine, les unes petites comme les Souris et les Mulots, les autres au contraire aussi grosses que le Surmulot où même plus grosses ; parmi ces dernières nous citerons les suivantes : x
Le Rar canaco (Mus caraco, Pallas), qui est de la Mongolie, de la Chine et de la Sibérie
orientale, Il vit, comme le Surmulot, dans les habitations et devient plus grand que lui d’un quart,
Le Rar GÉANT (Wus giganteus, Hardwicke) ay
ant 0,37 pour le corps et autant pour la queue, le PARTIE,
Son pelage est brun en dessus et blanchâtre on dessous avec les pieds noirs, On lo trouve dans l'Inde, sur les côtes du Malabar et de Coromandel, ainsi qu'au Bengale, C'est le Bandicot des Anglais.
Le Rar Pencaaz (Mus Perchal), dont Buffon a parlé d’après un exemplaire rapporté par Sonnerat, se rencontre principalement dans la presqu'île de Pondichéry, I entre dans les maisons comme les précédents et devient aussi grand qu'eux, C'est encore un Animal trèsincommode, Il présente, entre autres caractères, une rigidité assez grande des poils de son dos,
4, Des espèces de l'Amériqte septentrionale et des genres qu'on en a séparés.
Les auteurs en ont signalé quinze environ, indépendamment de celles qu'on a quelquefois rapportées au même genre, mais qui sn! des Campagnols véritables, Leurs caractères de dentition et de forme extérieure différent peu de ceux que présentent ordinairement les espèces propres à l’ancien continent, Ce sont les Mus nigricans, leucopus, polionolus, humilis, aureolus, Mitchiganensis, Caroliniensis, palustris, etc,
Deux espèces ont servi à l'établissement du genre NÉOTOME (Weotoma, Say et Ord). Elles ont les replis émaillés de leurs dents plus profonds et plus obliques et leur fourrure est plus souple que d'habitude; sous ce double rapport elles ressemblent davantage à certains Rats de l'Amérique méridionale, dont nous parlerons dans le paragraphe suivant, et en particulier aux Reithrodons,
La plus grande des deux espèces de Néotomes est le NéoTome Des FLontnes (Weoloma floridina, Say et Ord); l’autre est le NéOTOME DE Dnummonp (Weotoma Drummondii, Richardson). Celle-ci s’étend plus au nord que la précédente ; M. Gray en fait un petit genre à part auquel il a donné le nom de TÉONOMA, qui n’est que l’anagramme du mot Néotoma,
Ces Animaux sont pour ainsi dire un acheminement des véritables Rats vers les Campagnols ,-et l'on peut citer, comme étant dans le même cas, le Sigmodon hispidum de MM, Say et Ord, qui vit aussi dans les Florides,
5, Des espèces de l'Amérique méridionale el de quelques-uns des genres qu'on a établis parmi elles,
Les Rats de l'Amérique méridionale paraissent être plus nombreux en espèces que ceux d'aucune autre partie du monde, En général, ils s’en distinguent par une physionomie spéciale, et même par quelquèes caractères assez tranchés pour qu’on lés reconnaisse aisément, 26s différences sont surtout tirées de la forme du crâne et de celle des dents. Leurs particularités secondaires distinguent en même temps les espèces américaines des autres Muriens, et elles les ont fait partager en plusieurs sous-genres, La description en est principalement due aux naturalistes Azara, Brandt, Waterhouse et Lund,
a. Les espèces qu'on a nommées OXYMYCTÈRES (Oxymycterus, Waterh.) sont, sans contredit, les plus distinctes de toutes les autres, Leurs molaires sont didymes.ou subdidymes et elles décroissent en volume d’arrière en avant; leur crâne est allongé et bien différent de celui de la plupart des autres Rats; enfin leurs pieds ont cinq doigts évidents en avant aussi bien qu’en arrière, et les ongles qui les terminent sont forts, fouisseurs et presque aussi développés que ceux des Saccophores,
On en connaît deux espèces qui sont un peu plus fortes que le Campagnol ordinaire de nos contrées,
L'une est l'OxXYMYCTÈRE NASIQUE (Oxymyclerus nasulus, Watorh.) de Maldonado, à l'embouchure de la Plata,
L'autre est l'OxYmycrère scaLoPps (Oxymycterus scalops, P, Gerv.), dont j'ai rédigé la description pour l'ouvrage de M. CI, Gay sur le Chili; elle est de ce pays.
b, M. Meyen a nommé AKODON une petite division établie par lui pour une espèce habitant les Andes de la Bolivie et du Pérou (Akodon boliviense, Meyen), dont les molaires sont décroissantes et à tubercules pavimenteux, et la queue un peu plus longue que le corps, Gest un Animal peu différent de la Souris par sa grandeur,
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FAMILLE DES MURIDÉS, Ait
e, Les REITHRODONS (Zeithrodon, Waterh,) ont les incisives supérieures marquées d'un sillon vertical sur leur face antérieure, ce qui indique un passage vers les Gerbilles; leurs molaires sont décroissantes ; leur queue est médiocre et velue; leur tête est forte et leur crâne est un peu élargi, de manière à rappeler jusqu'à un certain point celui des Campagnols, et surtout des Hamsters, dont les Reithrodons se rapprochent également par lours dents molaires,
La tendance qu'ont ces espèces et la plupart des Muriens de l'Amérique méridicuale à ressembler aux Campagnols ou à d'autres Animaux de l’ancien monde, dont ils tiennent la, place dans ce continent, est un fait d'autant plus digne d'être signalé que ces derniers sont connus pour être exclusivement propres à l'hémisphère boréal, Les Muriens d'Amérique ressemblent en même temps aux Rongeurs de la famille des Octodontes, qui sont comme eux des Animaux sud-américains,
La plupart des Muridés qui sont propres à l'Amérique méridionale ont done des caractères particuliers, et si quelques-uns d'entre eux s’éloignent d'une manicre plus ou moins notable du type le plus ordinaire, c'est pour ressembler aux Animaux des autres pays, dont ils occupent ici la place; par exemple aux Campagnols de l'Europe et de l'Amérique septentrionale, ainsi qu'aux Loirs de l'ancien monde et aux Gerbilles de l'Inde et de l'Afrique, M. Waterhouse a distingué trois espèces dans le genre des Reithrodons :
Le Reiruropon Type (Aeihrodon lypicus) de Maldonaldo ; le REITHRODON GUNICULOÏDE (Reithrodon cuniculoïdes) de Santa-Cruz, et le REITHRODON CHINGHILLOÏDE (Aeilhrodon chinchilloides\ du détroit de Magellan,
d, Les PHYLLOTIS ou Hesperomys du même auteur comprennent aussi trois espèces, savoir : le PnyzLoris DE Darwin, qui est du Chili, le PuyLLoTis XANTHOPYGE de Santa-Cruz, et le PHyzLotis Ghis-FAUVE du Rio-Negro.
e. Les espèces dont M, Waterhouse fait sa division des ABROTHRIX sont plus nombreuses; il en décrit sept auxquelles nous avons ajouté le RAT DE ROGERS (Mus rupeslris, P, Gerv.), que MM. Gaudichaud et Eydoux ont trouvé au Chili, La taille de celui-ci est un peu supérieure à celle du Mulot,
f. Les ÉLIGMODONTES (£ligmodontia, F. CGuv.), que M. Waterhouse a plus récemment appelés Calomys, ne comprennent que quatre espèces, savoir : les GALOMYS BIMA- CULÉ, ÉLÉGANT et GRAGILIPÈDE du naturaliste anglais, et L'ÉLIGMODONTE TYPE du naturaliste français.
g. Certaines autres espèces sud-américaines constituent un dernier petit groupe, celui des HOLOCHILUS de M. Wagner.
Tel est le Rar pu Brésiz (Mus brasiliensis, E. Geoff.) dont les dents sont encore en même nombre que chez les Rats ordinaires, mais avec une forme plus rapprochée de celle qui caractérise les Échimyens du genre Cercomys. Le Rat du Brésil approche du Surmulot pour la taille, mais son poil est plus lustré et d'une nature moins grossière,
Le RAT JAUNATRE (Mus lulescens) que j'ai décrit et fait figurer dans l'ouvrage de M, Gay sur le Chili en rapproche à plusieurs égards,
Le Raï rizont (Hus pilorides, Pallas) devra
RHEITHRODON CUNICULOÏDE, grand, nat.
Rat Piiont, 2/3 de grand.
suns doute constituer une division encore différente, IL n'est pas très-éloigné du Perchal et du Surmulot par sa dentition, mais il est encore plus grand; son crâne à une forme assez analogue à celle du leur; enfin son pelage est d'une toute autre nuance, It est noir velouté en dessus, ainsi que sur les flancs, et blanc en dessous depuis le menton ‘jusqu'à l'origine de lu queue : celle-ci est aussi longue que le corps, Le Pilori vit aux Antilles, et depuis longtemps il en est fait mention das les ouvrages des naturalistes, Rochefort en à parlé dans son Histoire des Antilles, qui a paru en 1659, et Dutertre dans son livre sur le même archipel, L'un et l'autre racontent les dégâts que cette grosse espèce de Rats occasionne dans les plan: tations,
Le Rat pilori ne saurait être confondu avec aucune autre espèce de ce genre, et il est en particulier très-différent du Surmulot,
On ne saurait en dire autant de quelques autres espèces que les naturalistes ont déentes comme particulières à l'Amérique méridionale, et certaines de celles que nous avons passées sous silence ne reposent peut-être que sur l'observation de véritables Surmulots acclimatés dans cette partie du monde, M, Waterhouse, qui a si bien étudié les Muriens de ces localités, et à qui l’on doit des travaux si consciencieux et si exacts sur les caractères spécifiques qui les distinguent les uns des autres, s'est même demandé si 1e Mus decumanoïdes ou Jacobiæ, des Îles Gallopagos, et le Mus maurus de Maldonado, qu’il avait d'abord admis comme formant des espèces particulières , ne sont pas tout simplement des variétés du Surmulot; c'est là un genre de méprise contre lequel on ne saurait top se prémunir et que l’état un peu confus dans lequel sont encore la nomenclature et la diagnose dos Muriens peut rendre très-facile,
6, Espèces de la Nouvelle-Hollande.
Indépendamment'des Muriens constituant les genres Hydromys et Hapalotis, on a découvert sur le continent australien et à Van-Diémen plusieurs espèces dé véritables Rats. MM. Gray et Gould n'en décrivent pas moins d’une dizaine, parmi lesquelles nous citerons le Mus albo-cinereus ici figuré, et il faut y ajouter les Pseudomys australis et Greyi. Ce sont des espèces de taille moyenne où même petite,
Mus azpociNentus de M. Gould, 4/2 ce grond,
GENRE HAPALOTIS (Hapalotis, Lichtenstein) aussi nommé Coniture par M, O'Gilby, Il comprend plusieurs espèces de Ja Nouvelle-Hollande, qui joignent à une dentition très-peu
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FAMILLE DES MURIDÉS. 413
différente de celle des Rats et des Gerbilles un port assez semblable à celui de ces dernières, Les pattes postérieures sont plus longues que celles dog Rats, et la queue est longue et velue, On à quelquefois, mais à tort, rapproché les Hapalotis des Chinchillus, L'espèce qu'on à connue la première est l'HaPALOTIS ALniphDE (Hapalotis albipes, Licht,), Les colons de la Nouvelle-Hollande l'ont comparé à un Lapin, quoiqu'il n'ait point la taille de cet Animal et qu'il en diffère be COUP par son apparence extérieure, ainsi qu peut s’en assurer par la figure que nous en donnons ici à la page 272, Cet Hapalotis ost le Conilure constructeur de M 0'Gilby, On l rencontre principalement dans la Nouvel Galles, L'Haracoris pe GouLn (Hapalotis Goutdii, Gray) a été trouvé au port Essington, On no dit pas de quelle contrée de la Nouvelle-Hollande vient l'Havasoris véL ANURE Nostaes o'Harasonts, 4ji déarni. (Hapalotis melanura, Gould). M, Gould donne encore, dans son bel atlas sur les Mammifères de l'Australie, les Hapalotis longicaudata et Michelii, GENRE HYDROMYS (Hydromys, E, Geoff,), Les Animaux de ce genre sont de tous les Rongeurs ceux qui ont le moins de dents, Leurs molaires ne sont qu'au nombre de deux paires à Chaque mâchoire: elles ont aussi une forme tout à fait particulière; la première de celles du haut a trois fois la longueur de la seconde, et elle se compose de trois lobes subarrondis « jui sont uniformément excavés dans leur Milieu ; la seconde n’a que Cane v'Hyononys, 4 de grand. deux parties dont l’antérieure est même fort
petite et rejetée à l'angle antéro-interne, Inférieurement les molaires des deux paires ont chacune deux lobes excavés sur la couronne; seulement la première de chaque côté est du double plus longue que la seconde, Nous en donnons une figure à la page 268, On n’a pas encore constaté si dans le jeune âge les Hydromys étaient plus semblables aux autres Muriens par le nombre de leurs dents Molaires, et l'on ignore s’il s'opère chez eux un remplacement,
La tête de ces Rongeurs est allongée; leurs corps ressemble à celui des Rats, et il en est de même de leur queue ainsi que de leurs pattes; celles de derrière ne sont pas notablement palmées, Cependant les Hydromys sont des Muriens aquatiques, et c'est même l'habitude qu'ils ont de vivre dans l'eau qui leur a valu ce nom, qui veut dire Auts aqua liques. à
Les Hydromys sont du petit nombre des Mammifores monodelphes qui vivent dans l’'Australie. On ne les a observés qu'à la Nouvelle-Hollande, dans les Îles du détroit de Bass et à la terre de Van-Diémen, Leur taille est à peu près égale à celle du Surmulot, mais ils paraissent avoir le corps plus effilé.
E, Geoffroy, qui les a fait connaître aux naturalistes, en à distingué deux espèces : l'Hy- DROMYS A VENTRE JAUNE (Hydromys chr'ysogaster) et l'Hypnrouys À venrre BLANE (Hydromys leucogaster), Tous les deux ont le pelage brun plus où moins marron en dessus,
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HyYpnomys A VENTRE BLANC, Î/9 Ce grand.
mais celui du premier est orangé en dessous et celui du second est blane, M. O’Gilby a ajouté comme troisième espèce l'HynroMys A VENTRE FAUVE (Æydromys fulvogaster), de la ° rivicre des Cygnes ; toutefois, M, Gray est d'avis que cette prétendue espèce et les deux précé-
dentes ne constituent que de simples variétés,