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LION, JAGUAR, TIGRE ET ANTILOPE (Groupe.)
trace du talon qui, d'habitude, termine en arrière la mème dent et en constitue, dans beaucoup d'autres genres du même ordre, la portion la plus volumineuse, Le canal intesüinel des Félis est assez court, et leur cœcum est petit, ce qui est encore en rapport avec leur woût pour la chair,
Ces Animaux ont des formes gracicuses ; leur robe propre ct lustrée ne le cède en éclat à celle d'aucun autre genre de la même classe ; leurs sens sont bien développés, mais le plus parfait est le sons de l'ouïe, Réservés dans leur démarche, perfides dans leurs relations, les l'élidés sont patients à l'excès, et moins sociables encore que la plupart des autres Carnivores, C'est surtout pendant la nuit, ou, s’il fait encore jour, dans les lieux les plus obscurs qu'ils saisissent leurs victimes, Chacun d'eux se rend isolément au point qu'il a choisi pour attendre sa proie, Gelle-ci consiste généralement en Animaux herbivores d'une taille proportionnée à la propre force des Félisy aussi chaque espèce a-t-elle ses victimes de prédilection, les plus faibles s'attaquant aux Rongeurs, aux petits Singes ou aux jeunes Quadrupèdes qui commencent à s'éloigner de leurs parents, tandis que les plus grosses guettent les grands herbivores, La voix rauque ou retentissante de ces carnivores effraye les autres Animaux, et leurs yeux qui brillent dans l'obscurité contribuent encore à leur donner cette puissance qui fascine; les moustaches roides et si utiles pour le tuct, dont leurs lèvres supérieures sont hérissées, ajoutent aussi aux moyens d'investigation que la nature a mis à leur disposition, Mais leurs armes les plus redoutables sont leurs canines, et surtout leurs ongles rétractiles : ceux-ci sont fortement arqués, comprimés et enchassés dans un rebord en capuchon qui les retient fixement sur la saillie cultriforme de la dernière phalange, Les pieds de devant ont cinq doigts ainsi armés, et ceux de derrière quatre seulement, La rétractilité empêche la partie terminale des griffes de s'user pendant la marche, Voici par suite de quel mécanisme : au lieu de porter à terre, comme cela a lieu chez les Chiens, les Ours, cte,, la phalange onguéale se relève pendant le repos, par l'effet d'un mouvement de bascule qu’elle exécute sur l’extrémité de la phalange précédente, ct sa partie basilaire se place latéralement à cette dernière, la pointe de l'ongle restant alors relevée et presque entiérement cachée sous les poils épais des pattes, C’est ainsi que le Chat fait patte de velours, Un ligament élastique, qui ne cède que sous la traction des tendons fléchisseurs des doigts, assure aux griffes cette position tant que l'Auimal n'agit pas volontairement pour les étendre et les faire paraître en les portant en avant, C’est ce qui à lieu par suite du retour forcé de la dernière phalange à la position qu’elle occupe constamment chez les espèces dont les ongles ne sont pas rétractiles. Dans ce second temps, l'Animal peut lacérer à son gré les chairs sur lesquels il porte sa terrible patte, et chacun de ses ongles y trace un profond sillon qui met immédiatement la partie en sang.
Les Félis ou les Ghats, grands et petits, s'éloignent encore des autres Carnivores par quelques caractères importants, et l’on trouve jusque dans leur dentition de lait une disposition qui leur est spéciale, Ges Animaux, qui ont alors trois paires de molaires supérieures comme les autres Carnivores, n’en ont que deux inférieurement, et leur première dentition est établie conformément à la formule suivante :
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Ni { 5 Sine, + Can, MO, dont = û"" "" ï ! É { av, not, { carn, O tubere,
On ne connait pas moins d'une soixantaine d'espèces de Félis dans la nature actuelle, Elles 2 sont réparties entre les deux continents, de telle sorte que loutes celles que l'on trouve . dans le nouveau sont différentes de celles qui habitent l'ancien, et que, dans co dernier, k les Félis d'Afrique sont pour la plupart différents de CEUX Qui vivent dans l'Asie, Ni Mu- ; dagascar, ni l'Australie et les tlos qui s'en rapprochent, n'ont fourni aucune espéce de k Félis, P
Quoique établies sur un fond commun d'organisation, ces espèces sont en général trés- ? faciles à distinguer, si l'on tient compte des particularités offertes par la coloration de leur : robe; par leurs yeux, dont les pupilles sont circulaires duns certains cas, où, au coulraire, verticales dans d'autres; pur leur taille, cte, Les dents, quoique fort semblables dans la ! majorité d'entre elles, se prêtent aussi à quelques bonnes indications caractéristiques, C’est < ainsi qu'il y a des Félis qui n'ont que © molaires, au lieu de 3; au contraire, une espèce fossile à en avait +; d'autres, également fossiles, étaient remarquables par l'énorme développement de L leurs canines supérieures , ici cultriformes ; enfin les Guépards de l'Asie où de l'Afrique sont : encore plus faciles à séparer, puisqu'ils n'ont pas les Ongles rétractiles comme le reste des 1 Félis connus, :
Les naturalistes ont tiré de toutes ces différences un parti avantageux pour la classification des nombreuses espèces de cette Wibu; mais ils ont quelquefois multiphé un peu trop les à coupes génériques dans lesquels ils les ont distributes. N'ayant à parler ici que des espèces \ propres à la Faune actuelle, nous n'en admettrons que deux catégories : celle des Félis, ou ) p
espèces à ongles rétractiles, et celle
des Guépards, ou espèces à ongles + non rétractiles, L'étude paléontolo- il sique des Félis antédiluviens per- À 0 meltrait d'en ajouter deux autres : el les Machairodes qui avaient les ca- je uines supérieures cultriformes ,etles % Pseudélures dont la mâchoire infé-
ricure portait quatre paires de molaires, Nous laisserons les Lyux dans le genre des véritables Félis, GENRE FÉLIS (lis, Linnc), IL comprend les espèces à ongles rétractiles, Ce sont incomparablement les plus nombreuses, Leur mode do distribution à la surface du globe permet de les partager en deux catégories principales, les unes étant particulières à l'ancien continent, et les autres à l'Amérique, Nous commencerons par celles de l’ancien continent. 1. Félis de l'ancien continent.
CUANE DE MaichAtRoDE, trouvé fossile en Auvergne, 1/2 de grand,
MÉLIS Lion (Felis Leo, Linné), Le Lion est une grande espèce de Félis bien différente de toutes les autres par sa couleur fauve à peu prés uniforme, par le flocon noir qui termine le bout de sa queue, ainsi que par la crinière plus où moins forte et quelquefois noirâtre qu recouvre sa tête et ses épaules, mais dans le sexe mâle seulement, C'est, avec le Tigre, 4 le plus grand des Animaux de ce genre; et comme il est plus haut que lui sur jambes et moins trapu, il paraît plus majestueux, Sa crinière, la manière dont il porte sa tôte, sa physionomie grave, son air à la fois soucieux ct réfléchi, mais d'apparence plus digne que chez les autres Félis, donnent au Lion une sorte de dignité et justifient presque l'idée plus élevée que nous nous faisons de son caractère, amsi que la place que nous lui accordons en tête À des plus nobles espèces animales, Les pompeuses descriptions qu'on 1 a écrites de tout temps
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PAMILLE DES FÉLIDÉS. 79
et que Buffon à réussi à surpasser encore, ne semblent pas exagérées, et l'on se plait à faire du Lion le plus redoutable et le plus magnanime des Animaux carnivores, Muis déjà la Lionne semble au-dessous do la dignité que nous accordons à son espèce, en ne jugeant celle-ci que d’après le sexe mâle : elle est moins belle que la Tigresse et elle en à, jusqu'à un certain point, les allures perfides; il semble qu'elle fasse tort à son inàle, À son tour, le prestige de celui-ci disparaîtra bientôt, si nous écoutons les récits des voyageurs qui ont pu observer les Lions en nature et qui les dépeignent comme de vulgaires larrons, se cachant pour surprendre leur proie, au lieu de l'attaquer de vive force, et se montrant tellement timides dans les occasions où ils devraient déployer du courage, que des femmes, des enfants même les meltent souvent en fuite, rien qu’en agitant des étoffes au-devant d'eux ou en poussant de grands cris, C'est, en effet, ce que l'on a constaté dans le nord aussi bien que dans le sud de l'Afrique, où le Lion est cependant plus redouté qu'en Asie, Mais il ne faudrait pas en conclure que ces Animaux ne sont pas à craindre, quoiqu'ils le soient évidemment moins que les Tigres ou les Panthères, I y a done un peu de fantaisie, ou, pour parler d'une manière plus digne d'un auteur aussi justement respecté, il y a beaucoup de magie dans la peinture que Buffon nous a laissée du roi des Animaux, La beauté du Lion; l'effroi que son rugissement inspire aux hommes, comme à la plupart des Quadrupèdes; les dommages qui accompagnent son apparition dans une contrée, et qui semblent être un impôt proportionné à sa puissance; la difficulté avec laquelle l'Homme se soustrait à sa fureur, ou en triomphe lorsque le Lion accepte le combat qu'on lui propose ; les traits de reconnaissance qu'on rapporte à son sujet justifient pourtant une grande partie des choses singulières qui ont été écrites à propos de ce bel Animal; mais, à toutes les époques, le merveilleux s'est associé au vrai dans cette émouvante histoire, et les modernes ont souvent remplacé, por des fables nouvelles ou par de fausses interprétations, les assertions inexactes où mensongères qu'ils ont pa relever dans les récits des anciens, Une bonne histoire du Lion reste encore à écrire: et malgré les excellentes observations des hommes courageux qui ont affronté cette espèce
jusque dans ses repaires, comme Delgorgue, le lieutenant Gérard, etc; malgré les obser-
rations plus faciles, mais non moins utiles, des naturalistes ordinaires, il y a encore bien des détails à observer et, sans doute aussi, bien des préjugés à faire disparaître,
Lios png L'Isne, 1/20 de grand
s0 ORDRE DES CARNIVORES.
Les Lions se nourrissent surtout d'Animaux ruminants. Les \utilopes et d'autres espèces du même ordre sont leur proie favorite dans les lieux déserts; les troupeaux de Bœufs et de Moutons les attirent souvent dans les pays fréquentés par les Hommes, Il est très-vare qu'ils attaquent ces derniers, Quoiqu'ayant la pupille ronde, ils participent cependant des qualités qui distinguent les Animaux nocturnes, et ils sont plus audacieux et plus sûrs d’euxmêmes pendant la nuit, Le domaine de l'Homme, dont ils s’écartent pendant le jour, leur devient familier durant les ténèbres : « Le Lion ne balance point à saisir le Cheval attaché pres du maître qui dort, ou le Bœuf fixé par les cornes aux roues d'un chariot habité, souvent même en dépit des Chiens trop tardifs à aboyer, Le cri des Hommes, la détonation du fusil ne réussissent pas à le chasser ; mieux vaut l'usage du long fouet, dont la mèche le châtie et l'effraye par son éelat trop voisin, Mais que l'Homme change brusquement de rôle, qu'il blesse le Lion trop confiant dans les avantages que lui offre une obscurité plus ou moins complète, le Lion, alors, désappointé, honteux et penaud, se retire sans plus rien oser tenter. En effet, la partie est perdue pour lui : les Bœufs, solidement fixés, sont tous debout , incapables d'obéir à la peur qui les presse de fuir et les livre au Lion, les Chiens aboient, prêts à réclamer le voleur, et les Hommes ne dorment plus. Que la lune se démasque un instant, où seulement que quelques étoiles vous désignent d'un rayon le Lion, dont le plan d'attaque échoue, tirez-le hardiment ; confus, il parlira, Ainsi ai-je fait, à dix pas, sur un Lion d'abord, suivi peu après de sa femelle, À défaut de toute autre arme sous la main, mon fusil double, chargé du n° 5, fit grogner et partir lun et l'autre, sans qu'ils osassent témoigner autrement leur colère, Dans les contrées où, faute d'un gibier suffisant et facile, le Lion est réduit à convoiter, le jour, les troupeaux des habitants et à tenter d'en saisir quelque individu la nuit, son habitude est de faire plus d'un repas de sa proie, Pour peu que l'on prenne ses précautions et que lAnimal ait faim, il est assez aisé de l'avoir sous le coup de fusil ; il suffit de se poster à proximité des débris et d's allendre patiemment que le maître paraisse, C'est d'ordinaire entre dix et onze heures de la nuit que l'espérance du chasseur se réalise: le Lion arrive lentement par le dessous du vent, et toute chance favorise l'Homme, si l'Animal n'a pas croisé la ligne de ses émanations :
mais pas de bruit, pas un souffle inutile ; que pas une fouille ne bouge, et, blessé sas aucun soupçon, l'Animal partira S'il n'est étendu mort, Si, au contraire, le Lion a deviné la présence du chasseur, qu'il l'ait entrevu, celui-ci eourt les plus grands risques, Gette fois, le Lion ge considère maître de ce qu'il a conquis, et, d'ordinaire, il ne souffre pas de partage, Gare à l'Homme! que tout son sang-froid lui vienne en aide . qu'il n'ait pas la malheureuse idée de lorgiverser, qu'il lienne bon, qu'il s'accroupisse, Cette mesure le sauvera peut-être de l'atlaque, où le Gr est si inexaet et si difficile : et si l'Animal, dans son hésitation, se présente bien à découvert, que le eoup parte et l'étende roide sur place, sinon le Lion sera le maître,
lête us Lio du Sennaur, de faces 1/8 de grand.
Cependant, et é’est ici le lieu de le faire remarquer, il arrive quelquefois que, par un caprice inexplheable, généralement qualifié de générosité, le voi des Animaux ne tue pas l'Homme
A rade dits
‘es espèces : Bœufs et t très-vare it des quaûùrs d’euxjour, leur ‘al attaché 6, souvent pn du fusil e le châtie rôle, qu'il 1oins CoMser tenter.
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2, Gare à e idée de de l'atprésente > maître, 1 Caprice Homme
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