‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 23 sur 96 · RS NA · texte numérisé non relu

RS NA

LAONNE,

qu’il tient sous lui, bien qu’il en ait été blessé le premier, Quelquefois il se contente de divers coups de dents qui brisent et broient les membres, ou d’un seul qui laboure la poitrine de quatre sillons. Il borne là sa vengeance et s’en va. J'ai connu un intrépide chasseur qui, deux fois en sept ans, avait été tenu de la sorte par un Lion blessé; la première lui avait valu deux fractures aux membres, la seconde six, sans compter les profonds stigmates laissés par les griffes sur maintes parties de son corps. Un autre, du nom de Vermaes, non moins intrépide, tenu plus d’une minute par une fameuse Lionne, en fut quitte pour quatre traces profondes des canines, glorieuses cicatrices qu’il me découvrit avec un air de vive satisfaction, » Ge passage est emprunté au Voyage dans l'Afrique australe de Delegorgue.

«Le Lion, dit encore cet intelligent voyageur, est plus pacifique et moins dangereux pour l'Homme qu'on ne se l’imagine généralement, Il arrive tous les jours que les Cafres, qui n'ont pas d'armes à feu, traversent avec leurs familles des espaces où circulent de ces Animaux, et pour ces hommes la présence du Lion n’est pas une cause d’effroi. Un ou plusieurs Lions bondissent à dix pas et se maintiennent à trente, les Cafres passent sans y prendre garde, et jamais je n’ai oui parler d'accidents dont les Lions eussent été les auteurs sans provocation, Ces mêmes Cafres chassent-ils devant eux des Bœufs ou des Vaches, la question peut changer; je ne réponds pas des bêtes à corne, non plus que des propriétaires qui voudraient les protéger. Mais ici l’on peut voir encore que le Lion ne s’adresse pas directement à l'Homme, »

FBOCOURT D !

TêTe DE Lion du Sennaar, de profil, 1/8 de grand,

Les Lions sont répandus dans toute l'Afrique; il ÿ en à depuis la région de l’Atlas et depuis l'Égypte jusqu’au cap de Bonne-Espérance, mais ils ne sont pas exactement semblables dans les différentes parties de ce continent, Leur crinière est plus claire ou plus noirâtre ; les bouquets de poils des mâles que l’on voit aux plis des aines chez quelques races; la persistance presque constante des taches ombrées chez celle de la Sénégambie et plusieurs autres caractères encore ont engagé quelques auteurs à admettre qu’il y a diverses espèces parmi ces Animaux, comme ils l'ont aussi pensé à propos des Girafes, des Hippopotames, etc.; mais la science n’est pas encore suffisamment renseignée sur la valeur des caractères par lesquels les Mammifères que nous venons de citer et quelques autres encore différent suivant les grands centres de populations qui entourent l'Afrique centrale, Cependant beaucoup d’autres genres sont certainement représentés dans chacun de ces centres par une ou plusieurs espèces dis-

H® PARTIF, {1

82 ORDRE DES GARNIVORES.

tinctes, et il y a beaucoup moins d'Animaux communs aux diverses contrées de l'Afrique qu'on ne l'avait supposé jusque dans ces derniers temps. Les caractères qui séparent comme espèces les quadrupèdes africains de ceux qui habitent l'Inde ont, en général, une importance plus grande encore. Les Éléphants, les Rhinocéros , les Antilopes, les Bœufs , les Singes, en un mot, la plupart des Animaux mammifères qui constituent la Faune de l’Inde sont différents comme espèces, souvent aussi comme sous-genres de leurs représentants africains, Cependant, il y a, parmi les Garnivores, certaines espèces qui paraissent communes aux deux continents, et, parmi ces espèces, nous désignerons principalement le Lion, quelques autres F'élidés ayant de moindres dimensions, l'Hyène rayée, le Ratel, le Chacal et la Panthère, Mais on à déjà réussi à trouver entre plusieurs de ces Animaux, supposés identiques en Asie et en Afrique, certaines différences qui en font au moins des races à part, et, comme la limite entre les races naturelles et les véritables espèces est toujours fort difficile à établir, certains auteurs tranchent la difficulté en admettant, dans tous les cas’, une différence spécifique. C'est aussi ce qu'ils ont fait pour les Mammifères terrestres de l'Amérique septentrionale comparés à ceux des régions arctiques de l’ancien continent, Quelque satisfaisantes que soient ces distinctions, il faut bien avouer cependant que, pour ce qui regarde certaines de ces espèces, comme le Castor, le Renne, le Glouton, l'Isatis, dans un cas; l'Hyène, le Chacal, la Panthère, ete., dans l’autre, la théorie supplée à ce que les observations laissent encore à désirer, et qu’en cette occasion comme dans beaucoup d’autres, la loi à laquelle ôn est arrivé paraît avoir plus de crédit dans la science qu'elle n’en a peut-être.de réalité dans la nature,

as mue À = 2/1 221744

Lion pe Bannanie, 123 de grand

Pour ce qui concerne le Lion de l'Inde comparé à celui de l'Afrique, cette distinction spécifique peut être soutenue, Certains auteurs admettent qu’il y à un Leo asiaticus et un Leo africanus, comme il y a un Ælephas asialicus et un Ælephas africanus ; mais l'uniformité des caractères félins était loin de comporter des différences aussi intenses que celles qui séparent ces deux espèces de Proboscidiens; elles sont, au contraire, assez faibles pour ne justifior autre chose, aux yeux de beaucoup de naturalistes, qu'une simple distinction de race, Lo :

e l'Afrique nt comme mportance Singes, en t différents ependant, continents, es Félidés Mais on à Asie et en imite entre ins auteurs C'est aussi omparés à es distinces, Connme hère, ete., r, et qu’en araît avoir

inction spés et un Leo iformité des qui séparent ne justifier de race, Lo

Lion de l’inde, qui diffère d’ailleurs peu de celui de la Perse cet de l'Arabie, a simplement les formes un peu plus courtes que celui d'Afrique; sa crinière est moins forte, parfois même presque nulle; il n’a pas de bouquets de longs poils aux plis des aines, ni aux aisselles, et le flocon terminal de sa queue est plus fort. Toutefois, la dénomination de Lion lui convient parfaitement, et s’il est facile de reconnaître que le prétendu Lion d'Amérique ou le Cougouar ne la mérite pas, on ne saurait la refuser à celui de l'Inde,

Mais ce qui rend cette distinction moins certaine, c’est qu'il a existé autrefois dans une partie de l’Europe orientale, aujourd’hui dépendante de la Turquie, des Lions qui, peut-être, étaient intermédiaires à ceux du nord de l'Afrique et de l'Asie occidentale, Ges Lions d'Europe, qui n'étaient pas encore anéantis du temps d'Alexandre, ou qui étaient tout ou moins devenus fort rares, avaient inquiété Xénophon lors de la retraite des dix mille, On lit, en effet, dans Hérodote, que, lorsque l’armée de Xerxès traversa la Peonie, qui faisait partie de la Macédoine, les Chameaux nombreux qui servaient au transport des bagages attirèrent les bêtes féroces, et que les Lions, descendus des montagnes pendant la nuit, attaquèrent les Chameaux, mais sans toucher ni aux autres bêtes de somme, ni aux Hommes, Il ne paraît pas que ces Lions se soient jamais étendus plus à l'ouest, et aucune indication paléontologique , ni archéologique, n’a prouvé, quoi qu’on en ait pu dire, qu'il y en ait eu jadis en Germanie, dans les Gaules, ou en Italie et en Espagne. On louve bien dans les dépôts fossiliféres de quelques-unes de nos cavernes des ossements qu'il est encore impossible de distinguer de la Panthère, mais ceux qui sont comparables au Lion sont plus forts que ceux de cet Animal, plus analogues aux os de Tigre et de Jaguar par les proportions, et leur ensemble indique bien évidemment une espèce à part, espèce aujourd’hui éteinte et à laquelle ne se rapporte aucun document historique, C’est le Felis spelæa des naturalistes, qui vivait précisément dans les localités européennes que nous venons de signaler comme n'ayant jamais nourri de véritables Lions.

Lacépède, G. et F, Cuvier, et plus récemment divers autres naturalistes ont donné des détails plus ou moins circonstanciés sur les Lions tels qu'on les observe dans nos ménageries, On sait que les Lionnes reproduisent parfois en captivité, Lacépède a constaté que cette espèce portait cent dix jours, ce qui à été vérifié plus récemment par M. H. Bouteille sur le couple de Lions qu'il a pu étudier à Grenoble, L'éducation de ces Animaux est difficile; soit qu'on les ait pris à l'état sauvage, soit qu'ils proviennent de femelles captives, ils meurent le plus souvent à l’époque de leur seconde dentition, Les nouveau-nés se ressemblent, quel que soit leur sexe : ils ont le pelage roux grisâtre, comme duveteux, et marqué d’un assez

grand nombre de petites bandes transversales assez distinctes sur chaque côté du corps. |

A ces bandes s'ajoute une ligne noirâtre régnant tout le long de l’épine dorsale, La queue n’a |

pas encore de pinceau; elle est d’abord loague de six pouces et le corps de douze. La taille

est celle d’un jeune Chien, A trois ans, la crinière du mâle commence à pousser et l’âge |

adulle paraît commencer à cinq ou six. On assure que la durée totale de la vice du Lion est de quarante ans, (PI. XXIV et XAX.)

Fécis Tiane (Felis Tigris, Linné). Le vrai Tigre où Tigre royal, qu'il ne faut pas confondre avec les espèces mouchetées de la même tribu, telles que la Panthère, l’Once, ete., est un Animal exclusivement asiatique, qui vit dans les Îles de Java et de Sumatra, dans toute l'Inde continentale, dans l'empire chinois et jusqu’en Sibérie, Quelques exemplaires arrivent jusqu'aux confins de l'Europe, et M, Nodmann rapporte qu’en 1835 un Tigre de forte taille a été tué auprès de Tiflis.

Le Tigre est à peu près aussi grand que le Lion, mais il a la robe plus élégante, Le jaune fauve de son dos et de sés flancs, le blanc pur de ses joues, de sa gorge et de ses parties inférieures sont constar r ment relevés par des bandes noires en zébrures, qui n'ont rien d'analogue avec ce que fur voit dans les autres Félis. La queue est longue et annelée; la tête et le dos manquent de crinière, La forme générale diffère d’ailleurs notablement de celle

Eros

ne RAT

| à | | là |

du Lion, la tête, plus pelite et moins relevée, est plus arquée sur le front, et l'on retrouve dans la conformation du crâne les raisons de cette particularité; les membres sont moins élevés, mais beaucoup plus robustes, et les os qui les soutiennent ont plus d'épaisseur; ce qui permet de distinguer, même sur le squelette, les débris provenant du Tigre d'avec leurs analogues chez le Lion. La démarche est aussi différente, C’est l'élégance plutôt que la noblesse qui fait le trait distinctif du Tigre, et il y a dans ses allures une obliquité, une sorto de perfidie qui inspirent de la terreur ; c’est, en effet, un Animal plus sanguinaire que lo Lion, et son appétit pour le sang aussi bien que l'état de guerre qui lui est habituel le rendent extrêmement dangereux. Non-seulement le Tigre attaque les plus grands Animaux de nos troupeaux, mais il lutte avec avantage contre la plupart des espèces sauvages, ct l'Éléphant serait le seul qu'il eût à redouter, si la civilisation n'avait imaginé tant d'armes meurtrières, devant lesquelles la force, les ruses et la fureur du Tigre deviennent impuissantes, La terrible réputation qu'on a faite aux Tigres n’est done que trop méritée, et chaque année des centaines de Malais, de Chinois et d'Indous sont encore ravis et égorgés par ces Animaux, Le Tigre tue parce qu'il a besoin d'assurer son alimentation, qui consiste presque uniquement en chair palpitante et en sang; il tue aussi pour sa propre conservation, parce qu'il n’a pas d’ennemi plus redoutable que l'Homme. Pourtant, son caractère n’est pas absolument intraitable, car, sous l'influence de la captivité et moyennant certains traitements, il peut devenir confiant et affectueux au point de se laisser caresser, quelquefois même molester par les dompteurs énergiques qui ont osé l’approcher, C'est ce dont on a vu de tout temps, dans l'Inde aussi bien qu'en Europe, d’assez nombreux exemples. Les Tigres pris jeunes se prétent mieux que les autres à ce genre d'éducation.

Les femelles de cette espèce donnent à leurs petits les soins les plus empressés. Ceux-ci sont moins fauves que les adultes et leurs bandes sont moins assurées,

Quoique le Tigre diffère du Lion par ses caractères ostéologiques autant que par son apparence extérieure, et malgré les sentiments antipathiques que l’on attribue au naturel de ces deux redoutables Carnivores, on a réussi, dans une ménagerie anglaise, à en obtenir un produit mixte, En effet, un Lion, qu’on avait placé dans la même cage qu'une Tigresse, n'a pas tardé à s’en rapprocher, et leur hybride doit être inscrit parmi les plus curieux qu’on ait encore acquis. Voici comment les journaux scientifiques de l'époque ont rapporté ce fait, Le mäle était un Lion, né en ménagerie d'un Lion de Barbarie et d’une Lionne du Sénégal, et la femelle une Tigresse originaire de Calcutta. L'un et l’autre vécurent amicalement jusqu'à l'âge de deux ans, époque à laquelle la Tigresse devint pleine, et mit bas, le 24 octobre 1824, à Windsor, deux mâles et une femelle; la mère ayant négligé ses petits, ils furent confiés à une Chienne de la race des Terriers , mais ils moururent avant un an. La seconde parturition eut lieu à Clapham, le 22 avril 1825; les pelits vécurent peu de temps, bien que la mère les allaitât avec soin, ainsi que cela eut également lieu par la suite, Une troisième portée vit le jour à Édimbourg, le 21 décembre 1826. Pour la cinquième fois, la Tigresse mit bas dans le Jardin Zoologique de Liverpool, le 19 juillet 1833, Cette fois, elle eut deux jeunes mâles et une femelle, qui vivaient encore en 1836. Moins rayés que les vrais Tigres, ces hybrides l’étaient plus que ne le sont les Lionceaux, et, sous ce rapport, leur robe tenait à peu près le milieu entre celle des deux espèces dont ils descendaient, On peut les caractériser assez exactement en disant qu’ils avaient d'une manière permanente, et avec une intensité qui rappelait la coloration du Tigre, la livrée qui n'existe chez le Lion que d'une manière tran-

TÊTE D'UN SEUNE Tire

n rel'ouve ont moins isseur; ce avec leurs ôt que la une sorto ire que lo abituel le nimaux de Lvages, et it d'armes it impuisiéritée, et et égorgés ii consiste

par son naturel de btenir un esse, N'a qu'on ait 6 ce fait, Sénégal, at jusqu'à bre 1824, confiés à arturition mère les rtée vit le bas dans 1es mâles hybrides peu près ser assez nsilé qui cre tran-

Page 1