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ÉLÉPHANT DES INDES { Eleyhas \ndious \.
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par les naturalistes, Cependant on remarque entre eux plusieurs différences dont la valeur pourrait être regardée comme générique; telle est, en particulier, la forme des collines de leurs dents molaires, Quoique chez les uns et les autres, les intervalles qui séparent ces collines soient également comblés par de la substance osseuse nommée cément, les lobes de l'ivoire et l'émail qui les entourent sont établis sur deux modes assez différents, Dans les Éléphants de l'Inde et dans ceux qui ont autrefois vécu sur une grande partie de l’hémi- Sphère boréal, les collines sont étroites, assez serrées les unes contre les autres, et, par suite ce l'usure, elles apparaissent à la Couronne de la dent comme des rubans transversaux plus ou moins fortement festonnés à leur pourtour qui représente une ellipse très-allongée, Dans les Éléphants propres à l’Afrique, les collines sont moins nombreuses et moins étroites, et lorsque l’usure permet de les apercevoir à la face triturante, elles se montrent au milieu du cément comme des losanges, C’est là ce qui a surtout conduit F. Cuvier à séparer génériquement l'Éléphant africain d'avec les autres, et à donner à cette nouvelle division le nom de Loxodonte, signifiant dents à losanges, Sous ce rapport, l'Éléphant africain a plus d’analogie avec les Mastodontes ; mais l'intervalle qui existe entre les collines de ses molaires est comblé par du cément, tandis que les Mastodontes ont pour principal caractère de ne pas en avoir,
I. Nous parlerons d'abord des Éléphants Proprement dits ou des Proboscidiens, tels que les Éléphants asiatiques, l'Éléphant fossile et plusieurs autres, qui ont les collines des molaires étroites, Quelques auteurs leur ont imposé le nom d'ÉLASMODONTES.
ÉLÉPHANT D'Aste (Elephas Asiaticus, Blumenbach). Les anciens auteurs, et même Buffon, n'avaient reconnu qu’une seule espèce d’Éléphants ; mais lorsqu'on a pu Comparer : des Animaux africains de ce genre avec ceux que produit l'Asie, il a été facile de constater qu’ils n’offrent pas les mêmes caractères spécifiques , et nous venons de voir que, dans l’opinion de F, Cuvier, los différences qui séparent ces Animaux entre eux ont même une valeur générique, C’est à Blumenbach, à Pierre Camper et à G. Cuvier que l'on doit d’avoir, les premiers, fait ressortir les différences fournies par le squelette et par le système dentaire qui séparent les deux sortes d'Éléphants que nourrissent l’Asie et l'Afrique. Ces Éléphants représentent seuls, dans Ja nature actuelle, l'ordre si curieux des Proboscidiens.
Les Éléphants asiatiques vivent maintenant dans l'Inde continentale, principalement dans le royaume de Siam, dans l'empire des Birmans, au Bengale et dans l’Hindoustan. Il yena aussi dans trois des grandes îles de la mer des Indes, à Ceylan, à Sumatra et à Bornéo. Leur tête est large, aplatie sur le devant du front, renflée au contraire sur ses côtés et comme échancrée à sa partie supérieure ; leurs oreilles sont moins grandes que celles des Éléphants d’Afrique ; leurs proportions sont un peu différentes; il y a aussi quelques particularités distinctives dans la forme des os, et, comme nous l’avons déjà vu, dans celle des dents molaires,
La couleur des Éléphants d'Asie est d'un gris terteux passant au brun, et leur corps n’a qu'un très-petit nombre de poils qui sont en général assez courts. Comme cela. se voit aussi dans l’espèce africaine, l'épiderme est cousidérable, surtout par endroits, et le derme est Susceplible de se dessécher rapidement ou même de se crevasser, Ce qui oblige à graisser le Corps de ces Animaux, lorsque l’on veut les entretenir en bonne santé, Lorsque leur peau est humide, et en particulier lorsqu'ils viennent de se baigner, on aperçoit sur plusieurs points de leur corps, principalement sur leur trompe ou à son origine, des marbrures ou ‘des taches blanches légèrement teintées de couleur de chair, Chez quelques Éléphants, que les Malais et les Indiens estiment de préférence aux autres et auxquels ils accordent parfois les honneurs divins, la couleur est entièrement blanc rosé : c’est le résultat d’une sorte d’albinisme, Certains peuples des bords du Gange pensent que les Éléphants blancs sont animés par les âmes des anciens rois, et les princes de Siam, du Pegû et de quelques autres contrées, mettent au nombre de leurs titres Celui de possesseur de PÉtéphant bianc ; its iogent ce
respectable Animal dans leur palais et le font servir avec magnificence par de nombreux domestiques.
Les défenses des Éléphants asiatiques sont, en général, moins fort :s que celles des Éléphants africains, et chez les femelles elles arrivent encore à des dimensions moindres, On appelle Mookna les mâles qui n’ont pas les défenses plus grosses que celles des femelles ; au contraire, ceux qui en ont de grandes sont appelés Dauntelah, du mot daund qui signifie dent, Cette différence n’influe pas sensiblement sur le prix des individus apprivoisés que l’on vend pour le service, mais lorsque les Européens ne connaissent pas le caractère d’un Éléphant, ils aiment mieux l'acheter mookna, parce que s’il est méchant ou s’il le devient, il sera moins difficile à dompter, Il y a une infinité de variétés parmi les dauntelahs par rapport à la direction et à la courbure de leurs dents; les plus estimés sont ceux chez lesquels ces organes approchent davantage de la direction horizontale, Les Indiens ont un respect superslitieux pour les dauntelahs qui n’ont qu’une seule défense,
Les Animaux de cette espèce sont les seuls qui soient maintenant employés d'une manicre suivie et que Jon puisse appeler domestiques; encore ne le sont-ils pas à la manière des autres Mammifères, puisqu'ils ne se reproduisent qu’en dehors de notre influence et que tous les individus que l’on emploie sont des individus sauvages que l'on à apprivoisés, La chasse et l’asservissement des Éléphants sauvages sont les seuls moyens que l’on ait de se procurer ces Animaux.
Aux Indes, on prend les Éléphants de deux mamières, en troupes ou isolément, Une troupe entière doit être attaquée par un grand nombre d'Hommes armés qui se placent en cercle autour d'elle, l’effraient par le bruit des tambours ou des armes à feu, par la flamme, etc., en même temps qu’ils se prêtent mutuellement secours pour empêcher les Éléphants de fuir par tout autre côté que celui où ils veulent les conduire, De cette manière on fait entrer toute la horde dans une enceinte préparée, entourée de larges fossés et de palissades composées d'arbres plantés profondément, soutenus par des barres transversales ou par des arcsboutants, L'entrée de cette enceinte est garnie de feuillage et ressemble le plus possible au
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sentier ordinaire d'une forêt, Cependant l'Éléphant qui est à la tête de cette bande hésite longtemps avant de s'y introduire; mais une fois qu'il s'y est décidé, tous les autres le suivent, comme on voit sur nos côtes des troupes de Dauphins donner inévitablement sur l'écueil où leur guide vient d'échouer, Après que la troupe des Éléphants est tombée dans le piége qu'on lui avait lendu, il s’agit de les isoler pour les dompter individuellement, Les cris des Hommes, les flambeaux, le bruit des instruments les arrêtent dans les efforts qu’ils tentent pour passer le fossé ou renverser les palissades. On leur place la nourriture sur un échafaud situé près de l'entrée d'un couloir, et on les attire ainsi un à un dans ce passage qui est trop étroit pour qu'ils puissent s'y retourner, Dès que l’un d'eux est entré dans le couloir, on en ferme la porte, et l’Animal est aussitôt arrêté par des traverses qu’on lui oppose en arrière et en avant; on prend ses pieds dans des nœuds coulants, on lui enlace les jambes et on ne tarde pas à dominer sa fureur,
Il ne faut pas autant de préparatifs pour prendre les Éléphants isolés; mais de quelque manière qu’on s’en soit rendu maître, leur éducation est la même que celle des individus dont il vient d’être question, Après les avoir matés, on les livre à des gardiens, assistés de quelques valets, qui les habituent à l'esclavage par un mélange de caresses et de menaces, en les grattant avec de long bambous, en les aspergeani avec de l’eau pour les rafraîchir, en leur donnant ou leur refusant la nourriture, etc, Quelquefois on à aussi recours aux châtiments et on les frappe ou on les pique avec des bâtons garnis d’une pointe de fer, Le maître s'approche ainsi d'eux par degrés, jusqu’à ce qu'enfin l'Éléphant qui lui a été confié lui permette de monter sur son cou, région de laquelle on dirige plus facilement les mouvements de ces Animaux, Il faut environ six mois pour qu'ils en viennent à ce point de docilité, Cependant on ne peut jamais compter sur une parfaite réussite; car lorsqu'un Éléphant, qu'on croyait bien apprivoisé, veut s'enfuir, tous les efforts de son conducteur ne sauraient l'arrêter : les mâles, surtout ceux qu'on a pris séparément, sont toujours plus ou moins intraitables; aussi exigent-ils plus de sévérité que les femelles,
Dans les forêts, tous les mâles ne restent pas dans la compagnie de leurs semblables : quelques-uns s'isolent des autres cu sont repoussés par eux. Lorsque les Indiens veulent s’en emparer, 1ls amènent avec eux des femelles dressées à cet effet, et ils attendent, dans quelque retraite voisine, l'Éléphant marron, qui est plus ardent que les autres, et va s'approcher de la femelle, Dés qu'il est venu, ils l'enlagent au moyen de fortes cordes et le laissent pendant quelque temps attaché à un arbre, puis ils viennent le reprendre lorsque, abattu par la faim ct par la privation de sa liberté, il a en partie perdu son caractère farouche; alors il se laisse plus aisément conduire,
Des observations encore assez récentes ont conduit M. Temminck à regarder, comme formant une espèce distincte des véritables Éléphants asiatiques , l'ÉLÉPHANT DE SUMATRA (Elephas Sumatranus, Temm.), qui ressemble à l’espéce ordinaire par l’ensemble de ses caractères, mais qui présente plusieurs particularités indiquant tout au moins une race bien séparée,
Les ellipses que la trituration met en évidence sur ses molaires sont moins étroites; il y en a aussi un moindre nombre; ses os inter-maxillaires sont plus courts et plus resserrés ; la cavité nasale est moins large: l’espace compris entre les orbiles est plus étranglé, au contraire de la partie postérieure du crâne qui est plus large. Denxiène mouune INFÉRIEURE DE L'ÉLÉPHANT DE SUMATRA, Il ÿ a une vertèbre dorsale de plus, c’est-à-dire Ai vingt en tout, et une vertèbre sacrée de moins, ce qui réduit le nombre de celles-ci à quatre au lieu de cinq. M, Temminck en a vu trois squelettes, dont un jeune du sexe mâle, et deux adultes, Pun mâle et l’autre femelle, F'ai évalement constaté la présence de vingt vertôbres
dorsales sur le squelette d’un Éléphant dont la peau préparée est maintenant déposée dans le palais de Sydenham, mais je n'ai pu savoir si cet Animal était réellement originaire de Sumatra, ce qui est pourtant probable,
ÉLÉPHANT FOSSILE (Elephas primigenius, Blumenbach), 11 a vécu en Europe, dans le nord de l'Asie et dans une grande partie de l'Amérique méridionale, des Éléphants assez rapprochés par leurs caractères des £lephas asiaticus, mais dont l'espèce peut néanmoins être séparée de la leur, si l’on tient compte de la forme différente de leur crâne, de la grande longueur des défenses, du prolongement tubiforme de leur alvéole et de quelques autres caractères, En Europe, les Éléphants fossiles ont été contemporains des grands Bœufs, des Rhinocéros à narines cloisonnées, des Hyènes, des grands Ours, ete, L'Homme n’a gardé aucun souvenirde leur ancienne existence, et pendant longtemps leurs ossements ont été considérés comme provenant des géants humains que l’on supposait avoir existé pendant les époques dites héroïques. On a commis à leur égard beaucoup d’autres erreurs, et, dans certaines localités, les peuples sauvages les attribuent à une grande espèce d’Animal, essentiellement souterraine, qui meurt dès qu’elle vient à la lumière, Dans l'Amérique du Nord, une fable peu différente a été imaginée à propos des ossements du Mastodonte, et les Indiens donnent à l'Animal dont ils proviennent le nom de Père aux Bœufs. Le premier Européen qui ait signalé ces derniers, en parle dans une lettre adressée, en 1712, à la Société royale de Londres, Il ne doute pas que ce ne soient des os humains provenant des géants dont il est fait mention dans la Genèse.
Il'est possible qu’il y ait plusieurs espèces parmi les Éléphants signalés dans les ouvrages des naturalistes, sous le nom d’£, primigenius, Leur extinction paraît remonter à l’époque du grand cataclysme diluvien, C’est dans les graviers qui furent alors déposés et dans les atterrissements, remontant aussi à la mème époque, que l’on trouve leurs débris. Dans les terres gelées du Nord, ils se sont conservés avec leurs parties molles, et l’on en voit parfois des cadavres entiers, lorsque l’on fouille le sol ou que les inondations de l'été viennent à l’entamer après en avoir un peu élevé la température, La chair de ces Éléphants diluviens est si bien conservée, qu’on a pu en manger, et leur peau est encore recouverte de l’épaisse fourrure qui les préservait contre le froid des régions arctiques. Quelques-uns des ossements qui ont appartenu à ces anciens Éléphants arrivaient à une taille supérieure encore à celle des mêmes os des plus grands Éléphants actuels, et l’on peut évaluer la hauteur de certains de ces Animaux à 12 ou 15 pieds.
Des terrains plus anciens que ceux du diluvium renferment des restes d’autres espèces d'Éléphants : il y en a en particulier dans l’Inde; quelques géologues pensent même qu’on en observe en Europe, mais cette opinion ne me paraît pas démontrée, L'une des espèces indiennes ou l'ÉLÉPHANT CANÉSA (Ælephas canesa, Cautley et Falconer), portait des défenses aussi longues que celles de l’£lephas primigenius. Elles ont 2"20 sur une tête que l’on conserve au Musée britannique. Les autres espèces sont aussi fort intéressantes à différents égards; on les a nommées Æ/ephas namadicus , insignis, hysudricus, bombifrons et Cliflii.
2. La seconde division des Éléphants, ou le genre LoxoponreE de F. Cuvier, est surtout caractérisée pur la forme losangique des collines dentaires, Elle ne comprend qu'une seule espèce,
ÉLÉPHANT AFRICAIN (Ælephas africanus, Blumenbach). Il a la tête plus arrondie que’
l'Éléphant asiatique et moins large en dessus; son front n'a pas la double bosse latérale qu’on remarque chez ce dernier; ses oreilles sont beaucoup plus grandes et plus rapprochées par leur bord interne ; enfin ses dents molaires ont leurs collines d'émail disposées d’après la forme losangique et ses défenses sont en général plus fortes.
On trouve cette espèce depuis le Cap de Bonne-Espé- : en
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