‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 48 sur 96 · IX. Enfin il y en a eu dans la famille des SINGES · texte numérisé non relu

IX. Enfin il y en a eu dans la famille des SINGES

1° Entre le Macaque ordinaire et le Macaque Rhesus;

20 Entre le Mucaque ordinaire et le Macaque couronné,

3° Entre le Cercopithèque Grivet commun et le Macaque ordinaire,

Ces trois derniers Métis ont été obtenus à la Ménagerie de Paris.

Outre les Hybrides que nous venons de signaler, et ceux de quelques autres espèces appartenant à des genres domestiques dont nous n’avons pas parlé, comme les diverses espèces de Cochons, de Lamas ou de Chameaux, etc., on en a probablement observé plusieurs autres dont les noms ne sont pas venus à notre connaissance, et l’on pourra en augmenter encore le nombre en prenant soin de rapprocher, dans des circonstances favorables, des Animaux sauvages pris dans un même genre ou des Animaux sauvages et leurs congénères domestiques,

rest d’ailleurs ce que l’on a continué à faire dans plusieurs grandes ménageries , et en parti-

culier dans celle de Paris, où MM. Flourens et Is. Geoffroy ont entrepris de nombreux essais à cet égard. Peut-être arriverait-on aussi à quelques résultats en employant le procédé de la fécondation artificielle, ce qui a déjà été essayé avec succès sur des Mammifères, mais seulement pour des Animaux de même espèce. Une des conditions principales du succès des hybridations est que les Animaux à réunir soient du même genre, ou tout au moins de genre trèsvoisin, et par suite de même tribu; il est également avantageux qu’ils ne diffèrent pas d’une manière trop considérable par leurs dimensions.

En ce qui concerne le degré de ressemblance que ces Animaux, d'espèce différente, doivent avoir entre eux, on a dit avec raison que la possibilité de reproduction entre individus d’espèces distinctes n’a lieu qu’à la condition qu'ils soient du même genre, et par conséquent, on en a déduit que le genre peut être, jusqu’à un certain point, défini : la collection des espèces susceptibles de produire des Hybrides inféconds, de même que l'espèce est en général la collection des individus capables de produire entre eux des individus inféconds. Mais il y a des exceptions à cette règle, et pour ne parler ici que des Mammifères, l’union productive d’un Cercopithèque avec un Macaque, et celle mieux démontrée du Bouc avec la Brebis, nous font voir que des Animaux de genres différents, mais il est vrai de genres peu éloignés, sont parfois susceptibles de se féconder. Il n’en est pas moins vrai que la difficulté de l'hybridation augmente dans un même groupe proportionnellement à la distance qui sépare les espèces que l’on veut associer, et qu’elle s'accroît encore entre les Animaux de genres différents; aussi n’a-t-on aucun exemple d’Hybride obtenu par le mélange de deux Animaux appartenant à deux familles distinctes, et encore moins à deux ordres,

Jusqu'à preuve évidente du contraire on doit done penser que le Jumart n'existe réellement pas. Ce Jumart, dont plusieurs voyageurs ont parlé, mais que l’on ne possède dans aucun Musée, serait le produit de l’association du genre Bœuf au genre Cheval.

Dans son chapitre sur la Dégénération des Animaux, Buffon rappelle ce qu'on a dit au sujet des Jumarts, mais il n’accorde à ces récits aucune espèce de valeur, et il ajoute : « En 1767 et années suivantes, dans ma terre de Buffon, le meunier avait une Jument et un Taureau qui habitaient dans la même étable, et qui avaient pris tant de passion l’un pour l’autre, que dans tous les temps où la Jument était en chaleur, le Taureau ne manquait jamais de la couvrir trois ou quatre fois par jour, dès qu’il était en liberté; ces accouploments réitérés nombre de fois pendant plusieurs années donnaient au maître de ces Animaux de

ë si Pi ler nennnnnemnanr

154 ORDRE DES JUMENTÉS.

grandes espérances d'en avoir le produit, Cependant, il n’en est jamais rien Fésulté, » Les naturalistes ont accepté l’avis de Buffon ; mais il n’en est pas de même des vétérinaires, qui sont loin d'être tous convaincus, On en jugera par le passage suivant, que nous empruntons à la Zoologie vétérinaire de M. Grognier, En parlant des Jumarts, cet auteur s'exprime ainsi : « Notre maître Bourgelat les croyait possibles , nous n’osons rien décider sur ce point, Tout ce que nous savons, c’est qu'on à vu souvent des Taureaux couvrir des Cavales et des Étalons saillir des Vaches, Nous pensons que, pour avoir reconnu cent fois que ces accouplements avaient été stériles, on ne peut pas en conclure qu'ils n’ont jamais été féconds, Nous avons la certitude que, dans les pays où les mâles et les femelles de toutes les espèces sont pêle-mêle au pâturage, il naît quelquefois des Mulets à tête de Veau, à queue de Vache, avec des protubérances à la place des cornes, ayant le corps et les jambes faites comme dans le Cheval, » Malheureusement, les produits singuliers dont il est ici question n’ont pas été décrits avec tout le soin qu'ils méritaient, ou bien, lorsqu'ils ont pu l'être, il a été facile de reconnaître que ce n'étaient que quelques individus monstrueux, comme on en voit dans chaque espèce, et cela, sans que l'intervention d’une fécondation étrangère soit nécessaire pour en expliquer la naissance, Aussi, jusqu’à présent du moins, les doutes conservés par plusieurs vétérinaires ne reposent-ils sur aucune observation réellement authentique, et l’on ne saurait trop engager ces médecins à ne laisser échapper aucune des occasions que leur fournira leur pratique pour éclairer cette importante question, Il n’en est pas moins démontré aujourd’hui que les Jumarts n'existent point dans les pays où on les avait signalés, en Italie’, en Corse et en Algérie, par exemple, et on ne les a pas davantage observés ailleurs, comme on y observe les Mulets et les Bardeaux, Les monstres auxquels M, Grognier fait allusion ne naissent jamais viables, et les récits, plus populaires que scientifiques auxquels ils donnent habituellement lieu, ne paraissent pas plus fondés que tous ceux que l’on débite dans le peuple à la naissance de certains monstres humains, sur lesquels la tératologie possède aujourd’hui des notions si précises, d

Nous avons dit que les Hybrides étaient, en général, des êtres complétement stériles, C’est un fait dont on a tiré en zoologie générale un parti important, mais très-probablement exagéré, lorsqu'on a voulu y voir un moyen suffisant pour séparer entre elles les diverses espèces de chaque genre,

Les difficultés que l’on rencontre à chaque pas, lorsqu'on cherche à établir la délimitation précise des espèces animales ou végétales , n'avaient point échappé à la sagacité de Buffon ; et il avait cherché à en triompher aussi bien pour les Animaux domestiques que pour les Animaux sauvages, Moins bien renseigné qu’on ne l’est aujourd’hui sur les caractères des espèces véritables, et plus désireux, d’ailleurs, d'emprunter aux actes physiologiques qu’elles exécutent qu'aux particularités mêmes de leurs organes les notions dont il avait besoin, Buffon en chercha le criterium dans la reproduction elle-même.

Tous les Animaux susceptibles de produire ensemble des petits féconds capables de continuer leur race, sont pour lui des Animaux de même espèce, et les Animaux, qui ne peuvent pas produire entre eux ou qui ne peuvent produire que des individus stériles, sont des Animaux d’espèce différente, Tous les Moutons, tous les Chiens, tous les Chevaux, enfin tous les Animaux domestiques de même genre qui se croisent et se perpétuent, sont de la même espèce; au contraire, le Cheval et l’Ane, dont le produit est infécond, c’est-à-dire incapable d’engendrer, sont des Animaux d’espèces différentes, quoique étant du même genre, Par des motifs analogues, Buffon jugeait que le Loup et le Chien étaient des Animaux d'espèces également distinctes,

Malheureusement, il en est de cette règle comme de celle qui fixe les limites des genres; en plaçant dans chacun d’eux les espèces susceptibles de donner naissance à. des produits stériles, elle souffre certaines exceptions, et ces exceptions ont été.en partie connues de Buffon, La Chienne couverte par le Loup ou la Louve couverte par le Chien donnent nais-

ee DV AR

Me.

6, » Les iros, qui pruntons exprime ce point, >s et des ccoupleds, Nous ces sont he, avec > dans le

pas été facile de oit dans icessaire rvés par , et l’on que leur émontré alés, en ailleurs , nier fait uxquels n débite atologie

s, C’est xagéré, èces de

nitation Buffon , our les res des qu’elles besoin ,

le con- Jeuvent nt des in tous même apable e. Par spèces

es; en roduits nes de

nais-

an nds

ER mr rm or

Des.

FAMILLE DES TAPIRIDÉS, 155

sance à des Animaux qui deviennent à leur tour capables de se reproduire, et, dans certains cas, on a vu des Mules mettre bas, ou de véritables Mulets saillir des Juments, Buffon cite entre autres une Mule possédée par un homme de Valence, laquelle eut successivement six Poulains par suite de son croisement avec le Cheval,

Un autre cas de fécondité a aussi été observée à la Ménagerie de Paris, après l'union d’un Axis avec le Mulet obtenu de la même espèce et du Pseudaxis; et l’on en a acquis un troisième dans le même établissement par le croisement du Chien avec le Mulet issu du Chien et du Chacal,

M. Gray publie dans le Xnowsley Menagorie un Hybride fécond, qui est également curieux, et qu’il appelle avec raison Hybride double (double Mule), C'est le produit d’une Jument de race poney avec un Mulet issu lui-même d’un Zèbre et d'une Anesse, Ge double Mulet a été observé à Londres,

FAMILLE »es TAPIRIDÉS

Quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux de derrière; nez prolongé en une petite trompe; dents molaires dépourvues de cément, à collines plus ou moins saillantes et sans excavations à la surface de leur couronne : tels sont les principaux caractères des Tapiridés,

Le Tapir du Brésil et deux autres espèces dont l’une habite aussi l'Amérique méridionale, tandis que la seconde est particulière aux régions les plus chaudes de l'Inde, sont les seuls Animaux actuels de cette famille, Ces trois espèces ne constituent qu’un seul genre, On doit en rapprocher plusieurs sortes d’Animaux éteints, dont queiques-unes ont servi à l’établissement de genres particuliers,

GENRE TAPIR (Tapirus, Brisson). Nez prolongé en une petite trompe; queue très-courte; quatre doigts en avant, trois en arrière; deux mamelles inguinales; trois paires d’incisives à chaque mâchoire; une paire de canines, dont les supérieures sont pius petites que les incisives externes; sept paires de molaires supérieurement et six intérieurement ; les unes et les autres surmontées de collines transversales ; point de troisième colline à la dernière molaire

inférieure,

Denririon nu Tarin pe L Ivor, 4/3 de grand,

156 ORDRE DES JUMENTÉS.

Les Tapirs approchent du Cheval et de l'Ane par leur forme extérieure bien plus que des Sangliers auxquels on les a souvent comparés, Cependant leur queue très- courte et sans crins, la petite trompe qui constitue leur nez, la forme comprimée de leur tôte et leurs doigts plus nombreux, permettent aisément de les en distinguer, et ils paraissent en être séparés par un intervalle considérable; mais cet intervalle lui-même est en partie comblé si l'on étudie les espèces fossiles qui se rapprochent des Tapirs et des Chevaux, principalement celles des terrains tertiaires moyens et inférieurs.

Malgré les différences incontestables qui séparent le genre Tapir de celui des Chevaux, on donne parfois aux premiers de ces Animaux le nom de Mulets sauvages où celui de Chevaux marins, et c'est sous ces dénominations bizarres ou sous d'autres encore que dans les ménageries ambulantes on annonce les Tapirs au public, Au Muséum de Paris, où ces Animaux sont souvent exposés aux regards des visiteurs dans le même enclos que les Éléphants, ou bien à une faible distance, beaucoup de personnes, en les voyant pour la premicre fois, les prennent d’abord pour les petits des Éléphants, quoique leur trompe soit rudimentaire si on la compare à celle de ces Animaux, et que leurs oreilles soient en cornets au lieu d’être en forme de larges feuilles, comme celles des Proboscidiens.

La taille des Tapirs approche de celle d'un Ane ordinaire; leurs yeux sont petits et à pupille ronde; leur langue est douce; leurs narines sont percées au bout de la trompe qui constitue un de leurs caractères les plus saillants, mais qui est un boutoir proboscidiforme et non une trompe véritable servant à puiser l'eau, à frapper l'ennemi ou à saisir les objets. Les Tapirs prennent directement leur nourriture avec la gueule et pour boire ils relèvent leur trompe de manière à ne point la mouiller,

Bajon, qui a résidé à Cayenne, avait cru que ces Animaux ruminent; c'était l'examen de leur estomac qui lui avait suggéré cette opinion ; mais ni les pieds ni les dents des Tapirs ne sont conformés comme ceux des Ruminants, et leur estomac lui-même est notablement différent du leur, Il a ses deux culs-de-sac latéraux assez développés et paraît triloculé, ce qui le rapproche davantage du même organe, étudié chez le Daman ou le Pécari, Les Tapirs ont aussi l’astragale tout différent de celui des Ongulé ; qui ruminent; et, sous ce rapport, ils se rapprochent encore plus des Rhinocéros que des Chevaux. Quant aux affinités qu'on leur a supposées avec les Cochons et les autres espèces de la même famille, elles n’ont aucun fondement, et l'examen comparatif de leur ostéologie tend encore à éloigner ces deux groupes l’un de l’autre; cependant on les a le plus souvent réunis dans la même division des Pachydermes, Les caractères de leur dentition sont également contraires à ce rapprochement, À ceux que nous avons indiqués en définissant le genre, il faut ajouter que les Tapirs, qui ont trois molaires supérieures de lait comme un grand nombre d'autres Mammifères hétérodontes, n’en ont que deux paires à la mâchoire inférieure,

Les mœurs des Tapirs à l’état sauvage paraissent être brutales, mais sans être féroces. Ces Animaux occasionnent peut-être moins de dégâts que les Sangliers, et ils sont moins dangereux pour les chasseurs, Ils se tiennent en général dans les endroits chauds et sont plutôt nocturnes que diurnes ; ils passent presque tout le jour cachés dans les lieux obscurs et fourrés, La nuit, ils se mettent en marche, Leur nourriture consiste en végétaux de plusieurs sortes et en fruits, parmi lesquels on cite les melons d’eau et les courges ; ils recherchent aussi les terres salées, et ils font souvent de longs trajets pour en découvrir les dépôts,

Ces Mammifères ne sont pas amphibies comme on l'avait d’abord supposé, mais ils vont volontiers à l’eau; ils traversent aisément les rivicres et se vautrent avec plaisir dans les marais ou les étangs, Les grandes forêts sont leur séjour habituel, Certains voyageurs disent qÜ'ils s’y fraient des sentiers; suivant d’autres , ils cheminent au hasard, écartant ou brisant tout ce qui leur fait obstacle; ils avancent résoläment tête baissée, et la forme en carène de leur crâne, ainsi que la dureté de leur peau, semblent très-favorables à cette sorte de lutte. On rapporte, dit AÂzara, que si le Jaguar se jette sur le Tapir, celui-ci l’entraîne à travers les

En Axes tr ho D M me uit cn cc

que des x et sans rs doigts Darés par nm étudie elles des

Vaux, on Chevaux s ména= Animaux ants, ou fois, les ire si on l'être en

à pupille ‘onstitue non une Ho s Tapirs ompe de

examen s Tapirs blement culé, ce s Tapirs port, ils on leur n fondepes l’un dermes, eux que nolaires Ven ont

ses, Ces danget plutôt fourrés, ortes et ussi les

ils vont lans les s disent brisant rène de tte. On rers les

rome

FAMILLE DES TAPIRIDÉS, 167

parties les plus épaisses du bois jusqu'à ce qu'il ait brisé son ennemi en le faisant passer par los ospaces les plus étroits, mais cette assortion est probablement inexacto,

En captivité le Tapir est doux, tranquille, assez propre et souvent assez familier, et les naturalistes ont inscrit ce genre sur la liste des Animaux sauvages dont la domestication offrirait le moins de difficultés, et en même temps le plus d'avantages, Lorsqu'on a pris les Tapirs encore jeunes, on peut les laisser vivre au milieu des habitations, Azara n'avait pas la même opinion ni sur la douceur des Tapirs, ni sur la convenance de leur asservissement, ce qui lui faisait dire :

« Ilest très-aisé de penser qu'on ne s'amuse pas à élever un Animal aussi nuisible, aussi triste, qui n’a rien d'attrayant, et dont l'unique qualité est de n'exiger ni attention ni soin, » Mais il faut avouer que ces derniers mots contredisent l'opinion que l'auteur espagnol s'était faite des Tapirs, et dans quelques lieux on cherche à les utiliser,

TAPIR AMÉRIGAIN (Tapirus americanus, Gmelin), Quoique le Tapir ne dépasse pas la taille d'un Ane, c’est l’un des plus grands Animaux de l'Amérique méridionale, Le Lama et le Corf des marais ont seuls les dimensions supérieures, Malgré cela, et bien qu'il soit commun sur tous les points où abordèrent successivement Colomb, Vespuce, Peralonzo, Nino, Pinzon ot Cabral, c’est-à-dire les premiers conquérants de l'Amérique méridionale, il paraît que son existence resta ignorée jusqu’à l'époque des expéditions qui eurent pour résultat la fondation de la colonie du Darien, dans la mer des Antilles, Toutefois le Tapir, dont la chair servait souvent à la nourriture des naturels, ne dut pas échapper longtemps à l'attention des Européens qui furent très-souvent exposés à la famine, lorsqu'ils s'établirent dans ce golfe, Les premiers renseignements sur le Tapir arrivèrent en Europe vers la fin de 1500 et en 1511, L'auteur des Décades océaniques, P, Martyr, en fit usage; mais ce qu’il en rapporte est aussi exagéré que peu exact, « Gette bête, dit Martyr, égale en grosseur à un Bœuf, porte trompe d'Éléphant , et ce n’est point un Éléphant; à couleur bovine et n’est point un Bœuf; ongles chevalins et n’est point un Cheval; elle a aussi les oreilles de l'Éléphant, moins pendantes et moins larges, toutefois, mais plus larges encore que celles des autres Animaux, »

Tarim AMÉRICAIN, 1/15 de grand,

158 ORDRE DES JUMENTÉS.

Il est plus longuement et plus exactement question des Tapirs dans le Sommaire de l'Histoire naturelle et générale des Indes, aui fut publié par Oviédo, en 1526. Nous emprunterons la traduction de ce qu’il a dit au savant mémoire de M. Roulin, «On trouve à la Terre-Ferme un Animal appelé par les Indiens Boeri, et auquel nos chrétiens ont donné, en raison de l'épaisseur de son cuir, le nom de Danta. Ge nom, au reste, est tout aussi impropre que celui de Tigre qu'ils donnent à l'Ochi. Le Boeri est de la taille d’une moyenne Mule; il a le poil d’un brun foncé et plus épais que celui du Buffle; il n’a point de corne, et. c’est tout à fait à tort que des personnes lui donnent le nom de Vache, Sa chair est bonne à manger, quoique plus mollasse que la viande du Bœuf; mais un excellent morceau c’est le pied; seulement il faut qu’il cuise vingt-quatre heures de suite, après quoi c’est un mets qu’on peut présenter au plus délicat, et qui est de très-facile digestion, On force le Boeri avec des Chiens; mais quant ils ont fait prise, il faut que le chasseur vienne promptement à leur aide et tâche de frapper l’Animal avant qu’il ait eu le temps de gagner l’eau; car, s’il en est proche, il court s’y jeter, et, une fois ià, il a bon marché des Chiens qu’il déchire à belles dents, J’en ai vu emporter d’une seule morsure la jambe ou l’épaule d’un Lévrier, ou arracher à un autre un morceau de peau long de deux empans tout comme l’eût pu faire un écorcheur : sur la terre il n’en pourrait faire autant impunément. Jusqu’à présent le cuir de ces Animaux n’est d'aucun usage pour les chrétiens, qui ne connaissent pas la manière de le préparer; mais il est aussi épais que le cuir du Buffle, »

Ce Tapir est le seul que les naturalistes aient connu jusque vers le premier quart du xIxe siècle, En 1553, Gomora le signala dans la province de Gumana, sous le nom de Capa ; Thevet, en 1556, l’appela Tapchire et Lery, en 1578, Tapiroussou. Ces deux dernières dénominations étaient empruntées l’une et l’autre à la langue des Indiens de Rio-Janeiro. Claude d’Abbeville emploie le mot Tapiyre usité à l'embouchure de Amazone, et Laet celui de Maipouri, alors vulgaire à Cayenne, Le Tapir est aussi le 7/acoxoloté du Mexique dont parle Hernandez, la Vache montagnarde de Dampier, et le HMborebi d'Azara, Sa synonymie a été faite avec le plus grand soin par M. Roulin, à qui nous avons emprunté les détails qui précèdent.

Linné s'était mépris au sujet des affinités du Tapir lorsqu'il l'avait associé génériquement à l’'Hippopotame en le nommant Hippopotamus terrestris, et Exleben ne fut pas plus heureux en le réunissant aux Cabiais sous la dénomination d’Hydrochærus Tapir.

On rencontre les Tapirs de cette espèce dans une grande partie des terres basses qui s’étendent entre les Andes et l'Océan atlantique , depuis l'Orénoque jusqu’à la Plata, c’est-à-dire depuis le 12° degré nord jusqu’au 35° sud environ. Leur présence est également signalée au Pérou, mais il n’y en a point au Chili ni en Patagonie,

Tapir PINCHAQUE (Tapirus Pinchaque, Roulin). Gette espèce, dont on doit la découverte et la description à M, le D' Roulin, a été inscrite depuis lors par J3.-B, Fischer, sous le nom de Zapirus Roulini dans son Synopsis mammalium, et par M. Tschudi sous le nom de Tapirus villosus dans sa Faune du Pérou, On lui donne pour caractères distinctifs : l'absence de plis latéraux sur la trompe et celle de la crête qui va du cou au garrot dans le Tapir ordipaire; des poils longs et épais, mais non disposés en crinière à la région du cou ; la couleur noirâtre sans liséré blanc aux oreilles, et, au contraire, avec une sorte de tache blanche à l'extrémité de la mâchoire inférieure, laquelle tache remonte jusqu’au bord des lèvres; le crâne osseux plus semblable, sous certains rapports, à celui du Tapir de l'Inde qu’à celui du Tapir ordinaire,

Ce Tapir habite les Andes de la Colombie et du Pérou; il est un peu plus petit que l’autre, avec lequel il paraît vivre en commun dans certaines localités,

Le jeune est noirâtre et montre des traces de livrée, mais elles sont autrement disposées que dans le Tapir ordinaire,

Le nom du Pinchaque est celui d’un Animal fabuleux que la légende américaine place dans

e de l'Hisprunterons erre-Ferme | raison de e que celui il a le poil tout à faic r, quoique ‘ulement il t présenter iens; mais et tâche de 1e, il court J'en ai vu in autre un sur la terre est d'aucun il est aussi

* quart du 1 de Capa; dernières o-Janeiro.

Laet celui xique dont monymie à détails qui

iquement à us heureux

es qui s’éc'est-à-dire signalée au

, la découer, sous le le nom de : l'absence Tapir ordila couleur blanche à lèvres; le ’à celui du

ue l’autre, , disposées

place dans

L'IPIR MUR

DE St

/ Capri. L'itafte the

Page 1