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FAMILLE DES TAPIRIDÉS. 159
une haute montagne de la Nouvelle-Grenade, et dont l’histoire repose en partie sur l’observation inexacte de ce quadrupède,
Tavin PincuaquEe, 4/20 de grand.
TAPIR INDIEN (Tapirus indicus, G. Cuvier). Cest le Maïba de F. Cuvier et le l'apirus
malayanus du D, Horsfield, Voici en quels termes G. Cuvier a signalé, il y a bientôt trente ans, la présence dans l'Inde, d’une espèce appartenant au même genre que le Tapir améri- Cain : « La découverte de cette espèce aussi neuve que surprenante a été faite tout récemment par deux de mes élèves, MM. Diard et Duvaucel, M. Diard vit pour la première fois cet Animal à Barakpoor, près de Calcutta, où il venait d’être apporté de l'île de Sumatra au marquis de Hastings, gouverneur général de l'Inde, Les Anglais ni les Hoilandais de la côte n'avaient jamais soupçonné auparavant son existence dans cette île. Notre jeune naturaliste trouva, quelque temps après, une tête du même Animal, dans le cabinet de la Société asiatique ; elle avait été envoyée en 1806 de la presqu'île de Malacca par M. Farguhar, gouverneur des établissements anglais dans ce pays, où le Tapir est aussi commun que le Rhinocéros et l'Éléphant, Une description du Tapir des Indes faite par cet officier a même paru dans le recueil des Asiatic rescarches, publié à Calcutta. De leur côté, MM. Diard et Duvaucel ont pris et fait prendre de ces Animaux dans les bois de l’île de Sumatra, » Les Musulmans ne mangent pas la chair du Tapir, parce qu'ils le regardent comme une espèce de Cochon; il est noir, à l'exception des oreilles qui sont bordées de blanc, et du dessus du corps, qui est gris pâle. Le jeune est tacheté de blanc et de brun, (PZ, LL)
Le Tapir indien vit dans la presqu'île de Malacca, à Sumatra et à Bornéo. Quoiqu'il ne soit venu à la connaissance des naturalistes européens qu’à une époque peu ancienne, il était depuis longtemps signalé dans les ouvrages des Chinois et des Japonais, et, comme l’a observé Abel Rémusat, il est même figuré dans l'Encyclopédie japonaise, M, Roulin, dans son important Mémoire pour servir à l'histoire du Tapir, a repris cette question; il suppose que le Griffon lui-même pourrait bien ne pas avoir une autre origine,
Voici comment il s'exprime à cet égard :
« Ge n’est pas seulement dans le nouveau continent que l'histoire du Tapir se lie à celle
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d'Animaux fabuleux, Le merveilleux Hé des auteurs chinois, cet Animal à la trompe d'Éléphant, aux yeux de Rhinocéros, aux pieds de Tigre, qui ronge le fer, le cuivre et mange les plus gros serpents; cet Animal, comme l'a très-bien jugé M. Abel Rémusat, est un Tapir; mais je ne crois pas, Comme lui, que ce soit un Tapir habitant la Chine. L'histoire du Mé me paraît fondée sur quelques descriptions incomplètes du Tapir de Malacca et sur quelque représentation grossière de cet Animal, Les Chinois qui sortent de leur pays appartiennent , sans exception, à la classe la moins éclairée, On n’a donc point lieu de s'étonner qu’au retour ils mêlent dans leurs récits des erreurs et quelques mensonges..,,.. L'histoire du Griffon, telle qu’on la trouve dans Élien et dans quelques autres écrivains postérieurs au temps de Ctésias, est une fusion de deux traditions ; l’une, venant de Perse , est ajustée pour servir d'explication à une image évidemment semblable (1); l’autre, plus ancienne, arrivée par la route de l'Inde, et qui pourrait bien se rapporter à la figure d’un Animal réellement existant, à celle du Tapir malais, »
Tapins FOSSILES, On a observé en Europe, principalement en France, des débris fossiles de plusieurs espèces de Tapirs aux environs de Montpellier, au Puy-en-Velay et à Issoire. Ces Animaux paraissent ne pas avoir été rares dans ces diverses localités.
GENRE LOPHIODON (Lophiodon, G. Cuvier). C’est aussi à la famille des Tapiridés qu'appartiennent certaines espèces éteintes qui ont précédé les Paléothériums en Europe, et dont les débris se rencontrent de temps en temps dans Ja pierre calcaire dont on se sert pour bâtir à Paris. Parmi les restes de ces Animaux qui ont été signalés dans beaucoup d’autres localités, surtout en France, on distingue différentes espèces, les unes égales en dimensions aux Tapirs, les autres plus grandes ou plus petites. Quelques particularités dans la forme des dents séparent ces Animaux des Tapirs; d’autres permettent de les partager en ‘eux sous-genres qu'une étude comparative a permis de séparer à leur tour de quelques autres Animaux antédiluviens auxquels on a donné les noms génériques de Listriodon, Tapirulus, Coryphodon, ete. C’est surtout en France que ces anciens habitants de l'Europe ont été découverts et décrits.
FAMILLE ors RHINOCÉRIDÉS
Cette famille comprend quelques espèces de grands Animaux ayant la peau très-dure et très-résistante, plusieurs doigts à chaque pied terminés par des sabots; les dents essentiellement herbivores, plus larges supérieurement qu'inférieurement, où elles ont leurs collines trèsobliques ou presque longitudinales, La dernière de leurs dents inférieures n’a que deux lobes. Ces espèces ont été appelées génériquement Bhinocéros, ce qui rappelle la protubérance cornée, simple ou double, qu'ils ont sur le nez, Ces cornes sont placées, l’une et l’autre, sur la ligne médiane; ce sont des cônes pleins, plus ou moins élevés, un peu courbés en arrière, et dont la substance entièrement cornée, comme celle des ongles, semble formée de poils agglutinés, On ne trouve dans leur intérieur aucune saillie de los nasal ou frontal analogue à celles qui servent d'axe aux cornes des Ruminants ordinaires, et elles ne sont pas caduques comme le sont les bois des Cerfs. Le crâne ne montre d'autre trace de leur existence qu'une surface rugueuse simple ou double, suivant qu'il y a une ou deux cornes ; elle est égale en grandeur à la base de celles-ci, On connaît des Rhinocéros fossiles manquant certainement de cornes, et quelques auteurs donnent, comme étant aussi dans ce Cas, une espèce encore peu connue qui vit dans la région du Gange,
De même que les Éléphants, les Rhinocéros ne vivent maintenant qu'en Afrique ou dans
(1) Comme on en voit sur les monuments assyriens,
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l'Inde, Ce sont des Animaux redoutables par la brutalité de leur caractère; dépassant, en général, le Cheval et le Bœuf par leur taille; fort trapus; qui fréquentent les forêts ou les grands marécages et qui se nourrissent de substances végétales, Ils ont peu d’intelligence et semblent, par leur nature même, incapables d'être rendus réellement domestiques.
L'existence de leur groupe est aussi ancienne sur le globe que celle des Proboscidiens, En même temps que l’on commence à trouver des débris de Mastodontes dans les terrains miocènes, on y recueille aussi, et souvent en plus grande abondance encore, des restes de Rhinocéros appartenant à des espèces qui ne différent pas de celles de l’Inde actuelle d’une manière bien considérable, À l’époque où se sont formées les couches terrestres dont il vient d’être question, l’Europe possédait plusieurs espèces de ces Animaux; et dans certaines parties de la France , ‘elles que les départements du Gers, du Loiret, de l'Allier, leurs ossements se retrouvent en grande abondance, Il y à eu aussi des Rhinocéros dans nos contrées pendant les époques pliocène et diluvienne; mais depuis lors ils y ont été détruits aussi bien qu’en Afrique, dans la région de l'Atlas, et dans une grande partie de l'Asie, principalement en Sibérie,
Les Animaux de cette famille ont été le plus souvent réunis en un seul grand genre auquel on rapporte aussi les espèces antédiluviennes, Cependant il est facile de les partager en plusieurs catégories,
GENRE RHINOCÉROS (Ahinoceros, Linné), Ces énormes Animaux ont trois doigts en avant, plus rarement quatre, et trois en arrière; leur région fronto-nasale est surmontée, habituellement, par une ou deux cornes dans l’âge aduite; leur peau épaisse représente une sorte de cuirasse générale; leur queue est médiocrement longue et leur corps n’a qu’un petit nombre de poils. Les Rhinocéros ont sept paires de molaires supérieures et sept inférieures; ces dents n’ont pas la même forme aux deux mâchoires et elles présentent dans la série des espèces quelques différences caractéristiques surtout dans les contours de leurs collines ou dans les enfoncements, ayant l'apparence de petits puits, que forme l’émail des supérieures,
Devrs MoLaines pe Ruinccénos pe Java, 1/3 de grani.
Les Grecs paraissent avoir possédé assez anciennement des coupes faites avec de la corne de Rhinocéros ; ces coupes étaient analogues à celles que l’on fait encore dans l’Inde et en Afrique, où l’on croit qu’elles peuvent servir à discerner les poisons d'avec les liqueurs bienfaisantes ; mais les anciens n’ont eu qu’une connaissance fort incomplète des Animaux qui produisent cette substance, Quoique le mot Rhinocéros soit d’origine grecque , il n’est pas encore employé par Aristote; il est néanmoins très-probable que plusieurs des Animaux à une seule corne, auxquels on à donné plus tard le nom de Licornes, et dont il était déjà question à cette époque, ne sont que des Rhinocéros mal observés ou défigurés par la transmission des récits, Ce caractère est attribué à cinq des Animaux signalés par les anciens: l’Ane indien, le Gheval
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unicorne, le Bœuf unicorne, le Monocéros proprement dit et l'Orix d'Afrique, Ce dernier pourrait bien être une espèce de Ruminant du genre Antilope, mais il est possible que le Rhinocéros soit l’origine des quatre autres. On a beaucoup discuté au sujet de la Licorne, et sans doute elle fournira encore le sujet de nombreuses dissertations, mais nous ne nous en occuperons pas davantage; le nombre des Animaux réels, dont nous avons à parler dans cet ouvrage, est trop considérable pour que nous nous arrêtions longtemps à ceux qui sont chimériques, et nous répéterons, avec G. Cuvier, que la Licorne telle que l'ont refaite beaucoup d’auteurs n'existe que dans le monde des féeries ou dans le vocabulaire du blason,
Quoiqu’on ait vu autrefois des Rhinocéros à Rome, du temps de Pompée et d'Auguste, ce n’est que depuis la fin du dernier siècle qu'on a commencé à bien distinguer les unes des autres les espèces de cette famille.
La nature de ces Animaux avait été presque toujours mal comprise; el souvent on a rattaché à leur histoire des récits entièrement fabuleux, Tel est celui du combat du Rhinocéros avec l'Éléphant, qui a pris naissance chez les Arabes, et que l’on rappelle ainsi dans les Mille el une Nuits :
« Le Rhinocéros se bat avec l'Éléphant, le perce de sa corne par-dessous le ventre, l’enlève, et le porte sur sa tête; mais comme le sang et la graisse de l'Éléphant lui coulent sur les yeux et l’aveuglent, il tombe par terre, et, ce qui va vous étonner, le Aoc (1) vient qui les enlève tous deux entre ses griffes et les emporte pour nourrir ses petits, »
Suivant Chardin, les Abyssins sauraient dompter les Rhinoccros et les faire travailler comme des Bœufs, Quoique, à la rigueur, on puisse employer à divers usages quelques-uns de ces Animaux lorsqu'ils sont encore jeunes, ce qui pourtant n'a pas été constaté, et que peut-être certains d’entre eux soient plus susceptibles d'éducation que les autres, comme cela se voit dans beaucoup d’autres espèces sauvages , l’assertion de Chardin ne paraît pas fondée, Les Rhinocéros, sans être féroces à la manière des Carnivores, sont des Animaux farouches, de mœurs peu intelligentes, et que leur brutalité peut rendre tr‘s-dangereux, On tient en cage ceux des ménageries ambulantes, et dans les ménageries publiques on donne à ces Animaux un enclos pour se promener; ils sont sous la surveillance d’un homme spécial qui peut avoir quelque influence sur eux, s’en faire reconnaître et obéir, mais qui doit toujours se tenir sur ses gardes contre les changements souvent très-brusques auxquels leur caractère est sujet,
La chasse des mêmes Animaux n’est pas sans danger; mais en Afrique comme dans l'Inde, on s’y livre avec ardeur, autant pour les éloigner des lieux cultivés que pour tirer parti de leur corne, de leur cuir, de leur chair, et même de leur squelette qui a encore une assez grande valeur pour les marchands naturalistes. Dans certaines parties de Afrique centrale, il s’en fait une destruction assez active, et les documents qu’on a recueillis, sous ce rapport, montrent qu’auprès des grandes colonies ils ont notablement diminué de nombre depuis une cinquantaine d’années, La plupart des chasseurs cherchent à les surprendre lorsqu'ils sont endormis. On ne les poursuit plus guère avec des flèches ni à l’arme blanche; la plupart des peuples de l’Afrique et de l'Asie, dont les pays sont infestés par les Rhinocéros, faisant usage des armes à feu que leur procurent les Européens.
Les collections ne possédaient, pendant le siècle dernier, qu'un petit nombre des piéces qui sont nécessaires aux naturalistes pour une histoire de ces Animaux ; mais il n’en est plus de même aujourd’hui, On a rapporté d'Afrique et de l’nde un bon nombre de peaux, de squelettes et même de crânes, qui ont rendu facile la distinction des espèces de ce genre, et, par suite, celle des espèces fossiles. Aussi, quoiqu'il reste beaucoup à faire pour achever l’histoire des Rhinocéros, la science est-elle maintenant en possession de documents fort circonstanciés,
(1) La légende du Roc pourrait bien avoir pour origine l’Épyornis, gigantesque oiseau perdu, dont on trouve les os et les œufs fossiles à Madagasear, associés à ceux d'énormes Tortues terrestres dont l'espèce est aussi entièrement éteinte. Voir à cet égard les notices dans lesquelles M. Is. Geoffroy ‘fait connaître l'Épyornis.
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