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172 ORDRE DES BISULQUES.
Quant aux cornes, on sait qu’elles ne se développent pas chez les femelles de beaucoup de th Ruminants, et que, dans certains cas, les deux sexes de ces Animaux en sont même privés, ï comme tous les Porcins ; d’ailleurs elles n'apparaissent qu'après la naissance, à mesure q que le développement s'opère, et s'il était démontré qu'à certains autres égards les Pachy- Di dermes omnivores ne sont pour ainsi dire qu'un arrêt de développement des Ruminants eux- d mêmes, on pourrait aisément admettre qu’ils sont aussi dans la même condition, quant aux prolongements frontaux. Or, nous disions tout à l'heure que leurs métacarpiens et métatar- al siens principaux restent distincts, tandis que ceux des Ruminants se soudent, de bonne C heure, il est vrai, mais après avoir été distincts pendant quelque temps; des observations d de deux sortes, les unes paléontologiques, les autres anatomiques, montrent que la formule [L dentaire de ces deux groupes est, au fond, établie sur le même type, et que des moditica- à tions dont la valeur est simplement générique établissent entre eux des différences qui ne D nous paraissent considérables que parce que nous les comparons le plus souvent dans les deux termes extrêmes de cette longue série, chez les Bœufs, par exemple, et chez les € Cochons. S
Une première remarque en rend déjà la différence moins considérable, Les Chameaux et b les Lamas, qui sont un chainon intermédiaire aux Bœufs et aux Cochons, mais qui tiennent l cependant moins des uns que des autres, ne manquent pas, comme les premiers, d'in- a cisives à la mâchoire supérieure ; car ils en ont, d'après tous les auteurs, une paire bien l distincte, et, d'après mes propres observations, deux paires, dont une disparait chez les l adultes, mais se voit encore chez les sujets peu avancés en âge. Ce fait permettait de penser i qu'en prenant des Animaux de cette famille à une époque plus voisine de la naissance, on Û
leur trouverait trois paires de dents incisives supérieures, comme aux Cochons (1). Les Chameaux nous fournissent encore une autre observation, Tandis que les auteurs admettent quatre paires d'incisives inférieures aux Ruminants ordinaires, ils ne reconnaissent aux Chameaux et aux Lamas que trois paires de ces dents à la même mâchoire et une paire de canines, mais sans faire attention que la dent qu'ils appellent canine chez les Chameaux répond à celle qu'ils nomment incisive externe chez les Bœufs (2). Ici done la diversité n'existe encore que dans la manière dont les choses ont été interprétées, et point du tout dans la nature. Ajoutons que les Drémothériums et les Amphitragalus, qui sont d'anciens Ruminants de la tribu des Chevrotains, ont, comme les Sangliers, comme les Hippopotames et comme la plupart des Pachydermes | omnivores de races éteintes, sept molaires inférieures. Enfin une observation minutieuse (3) a permis de retrouver pendant la vie fœtale des Ruminants, et en particulier chez le Veau et l'Agneau, trois paires de dents incisives supérieures, une paire de canines également supérieures, et, en avant des molaires, une paire de fausses molaires transitoires; ce qui, joint aux dents connues chez les Ruminants adultes, donne à ces Animaux, comme aux Sanglicrs, + incisives, + canines et + molaires.
J'ajouterai encore deux faits à ceux qui précèdent :
Chez les Bisulques les plus inférieurs, et surtout chez ceux qui ont les premiers habité le globe, cette formule est à peu près constante, que le régime ait été herbivore, comme chez les zainothériums, les Xiphodons et beaucoup d'autres espèces de la famille éteinte des Anoplo-
(1) C'est ce que M. Owen vient de constater (Descript. Catal. of the r. College of surgeons; Osteolog., T. UM, p. 77.
(2) J'ai exposé la manière dont on doit envisager la formule dentaire des Ruminants ct des autres Bisulques dans l'article Dexrs du Diet. univ. d'hist, nal., qui a paru en 1845.
(3) Ges observations délicates dues à M. John Goodsir. Elle n'est vérifiable que sur des fœtus,
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s Bisulques
ORDRE DES BISULQUES. 173
thériums, ou bien qu'il ait été omnivore, comme chez les Paléochères et les Chéropotames.
Les Bisulques fossiles dans les formations tertiaires les plus anciennes sont aussi Ceux
qui se laissent le plus difficilement partager en Ruminants et en Omnivores, et 1l en est
parmi eux qui sont si bien intermédiaires aux deux groupes actuels, qu'il est impossible de décider s'ils avaient ou non la possibilité de ruminer.
Enfin il y a des caractères communs aux Porcins et aux Pachydermes omnivores et aux Ruminants : ces caractères sont tirés du cerveau, de la forme en osselet de l'astragale, de la disposition des organes reproductours, du mode de développement, etc. , etc. Nous avons signalé les principaux dans la diagnose qui est placée en tête de ce chapitre,
Quoi qu'il en soit, la série naturelle des Bisulques est aujourd’hui interrompue, et les chainons qui la l'epré- Astmicaues 0e Mouton er DE COënox, <entent seuls sont affectés à deux modes d'existence "7" LAS bien différents, les uns étant plus ou moins omnivores, tandis que les autres sont purement herbivores. Ces derniers sont les plus nombreux en espèces. Cet ordre d’Animaux n'a aucune espèce dans l'Australie, mais ses diverses familles ont également des genres dans l'ancien et dans le nouveau continent, et souvent un même genre est à la fois représenté dans l'un et dans l'autre. Néanmoins, c'est dans l’ancien continent, particulièrement en Asie et en Afrique, que ces Mammifères sont le plus variés, et c'est à leurs principales familles que l'homme a emprunté ses Animaux domestiques les plus utiles.
SOUS-ORDRE pes RUMINANTS
Si l’on ne se préoccupe que des espèces existant maintenant sur le globe, et que l’on fasse abstraction des nombreux Bisulques qui l'ont autrefois habité, on peut facilement séparer les Ruminants d'avec les Porcins, et faire de ces deux catégories de Manmifères deux sousordres distincts ; mais, comme nous venons de le montrer, cette distinction cesse si l’on joint aux espèces vivantes de l’ordre des Bisulques celles qui ont vécu pendant la période tertiaire.
Les Ruminants (ou les Pecora de Linné) ont les dents molaires appropriées à un régime essentiellement herbivore, et dont la couronne s’use en double croissant, Leur estomac est multiloculaire et composé de la panse, du bonnet, du feuillet (celui-ci manque quelquefois), et enfin de la caillette, Tous jouissent de la propriété de ruminer, et les deux métacarpiens ou métatarsiens, qui supportent leurs deux doigts principaux ou doigts de la fourche, se réunissent, vers l'époque de la naissance, en un seul os auquel on donne, comme au métacarpien ou métatarsien principal , mais simple, des Chevaux, la dénomination de canon.
Il existe en Amérique, et plus encore dans l’ancien continent, un grand nombre d'espèces de Ruminants; c’est ce groupe d'Animaux qui nous à fourni nos Animaux les plus précieux, Ni Madagascar ni l'Australie ne possédaient de représentants de ce sous-ordre, et ce n’est que parsuite de leurs relations commerciales avec les autres parties du monde;qu’elles ont reçu ceux qu'on y voit maintenant à l'état domestique, Le sous-ordre des Ruminants peut être partagé en cinq familles, savoir : les Bovidés, appelés aussi Cératophores, ou les Ruminants pourvus de cornes à étuis; les Girafidés, parmi lesquels on ne peut citer que la Girafe; les Gervidés ou les Cerfs: les Moschidés où Chevrotains, et les Camélidés ou les Chameaux et les Lamas,
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174 ORDRE DES BISULQUES,
FAMILLE oves BOVIDÉS
C'est la plus nombreuse en espèces; tous les Ruminants qu'on doit y rapporter ont pour formule dentaire ? incisives, © canine et # molaires, Leur canine est rapprochée des incisives et de même forme qu’elles, Ces Animaux ont, dans le sexe mâle, et le plus souvent dans les
deux sexes, des Lrolongements frontaux nommés cornes (1), Ces prolongements frontaux consistent où ave osseux plein ou celluleux, qui est recouvert par un étui corné, dont la
forme, la longueur, ete,, varient habituellement suivant les genres et même suivant les espèces ou Îles sexes,
Gette famille renferme près de deux cents espèces, En tenant compte de quelques caractères, on l’a partagée en quatre tribus, sous les noms de Bovins, Caprins, Ovins ct Anlilopins ; ce qui répond aux anciens genres Bœuf, Chèvre, Mouton et Antilope des naturalistes qui ont suivi la méthode de Pallas.
TRIBU pes BOVINS.
Les espèces bovines ont des dimensions supérieures à celles de la plupart des autres Rumi- l nants, Leurs formes sont lourdes et robustes ; leurs cornes sont insérées au-dessus de la fosse temporale; la peau des parties inférieures de leur cou est pendante sous forme de fanon.
Ces Animaux ne comprennent qu’un seul véritable genre, celui des Bœufs, auquel on donne, en latin, le nom de Zos, et que l'on partage en plusieurs sous genres,
GENRE BOŒUF (Bos, Linné), Par la vigueur de ses espèces autant que par leur grande taille et par l'excellence de leurs qualités, ce genre est sans contredit le premier et le plus important parmi ceux qui composent la série des Bisulques; on peut encore ajouter qu'il n’en est aucun autre dans toute la classe des Animaux mammiféres qui ait, pour l’économie rurale, une plus grande importance ou qui soit la source de richesses plus considérables, La possession du Cheval comporte déjà une certaine aisance, et sa plus grande utilité est dans la guerre qui détruit souvent le bien-être; la société du Chien satisfait nos goûts plutôt que nos intérêts, et les principaux services qu'il nous rend par la garde du foyer ou par celle des troupeaux seraient moins grands sans la possession du Bœuf, qui se prête à tant d'usage,
C’est sur l'exploitation du Bœuf ou des autres espèces de ce genre conquises par l'Homme, que reposent principalement les travaux de l’agriculture, et, après nous avoir donné de leur vivant des moyens de transport ou des moteurs puissants, du lait dont on fait tant de denrées | indispensables, des fumiers qui ont une si grande utilité pour la culture, ces premiers des Ruminants nous fournissent encore leur chair, leurs os, leur peau et leurs cornes, Nul autre genre de Mammifères n’a fourni autant d'espèces à la domesticité : le Buffle, PYack, le Zébu, etc,, sont des Animaux congéneres du Bœuf proprement dit, et leur asservissement remonte également aux temps les plus reculés.
Il est toujours question des Bœufs dans les plus anciennes épopées ciez toutes les nations de l’ancien continent, et ils ont dans plusieurs cosmogonies un rôle digne de leur utilité, On ne retrouve point à l'état sauvage les types de toutes leurs espèces; celui des Zébus est inconnu comme celui des Bœufs proprement dits, et jusqu'à ee que la paléontologie ait résolu cette difficulté, la zoologie devra se contenter sous ce rapport d'hypothèses plus ou moins probables,
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(1) Ge qui leur à valu le nom de Cératophores, signifiant porte-cornes, que certains auteurs, eten particulier Ë de Blainville, préfèrent à celui de Bovidés. Ce dernier réjjond au mot Bos, sous lequel Linné réunissait primitivement tous les Ruminants à cornes véritables.
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FAMILLE DES BOVIDÉS. 175
Tout porte à penser cependant que l'Asie est la patrie primitive du Bœuf, comme elle est aussi celle du Zébu, du Buffle, de l'Yack, ete, C'est en effet d'Asie que sont venus beaucoup de nos Animaux domestiques, mais ils sont loin d’appartenir également aux mêmes régions de ce continent, et l'Homme a certainement asservi d'autres espèces qu'il a prises dans les autres parties du monde,
Bozvrs nomestiques {Taureau ct Vaches),
Aucun doute ne saurait exister sous ce rapport pour le genre des Lamas, qui est exclusivement propre à l'Amérique méridionale, et il est aussi très-probable que certaines espèces de l'Afrique et de l'Europe sont pour quelque chose dans la production de nos diverses races domestiques des genres Sus, Canis, ete., dont l'Asie a aussi contribué à nous fournir différentes formes, Malheureusement les peuples ont perdu le souvenir de toutes ces acquisitions , et la paltontologie, cette archéologie de l’histoire naturelle, n’a pas encore réussi à suppléer à tous les oublis de l'histoire proprement dite, ni à démontrer toutes les erreurs des anciennes légendes,
Indépendamment des espéces asiatiques du genre Bœuf, espèces qui ont presque toutes fourni des races domestiques, il en existe en Europe, en Afrique et dans l'Amérique sep» tentrionale, quatre autres qui s’en rapprochent considérablement, mais qui sont restées sauvages, Ce sont : l’Aurochs européen, dont la race est presque anéantie, le Buffle du Cap, le Bœuf brachycère de la côte occidentale d'Afrique et le Bison, dont les immenses troupeaux font la terreur des colons dans certaines parties de l'Amérique septentrionale, C’est encore au genre des Bœufs qu’appartient le Bœuf musqué de l'Amérique septentrionale, dont Blainville a fait le genre Ovibos, et il y a dans l'Inde une autre sorte de Bœuf sauvage, le Bœuf des Jungles qui a servi à la formation du sous-genre Pibos de M. Hodgson,
On connaît encore d'autres Bœufs, mais à l’état fossile seulement. Le Bos primigenius des terrains diluviens de l’Europe est l'un des plus curieux parmi ces derniers, surtout à cause de
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sa grande ressemblance avec les Bœufs domestiques, qu'il dépassait pourtant beaucoup par ses dimensions, G@. Guvier a pensé que ce grand Bœuf, dont les tourbières et d'autres terrains également peu anciens nous ont conservé des débris soit en Angleterre ot en France, soit en Allemagne et en Italie, avait vécu à l'époque historique, et il à cru le reconnaitre au lieu de l'Aurochs dans le passage suivant des Commentaires de Jules César,
Jules César avait signalé dans la forêt Hercynienne (1) trois espèces particuliéres de grands quadrupèdes, savoir : :
1° Une espèce de Bœuf ressemblant au Gerf (Bos cesvi fiqura), Nous en traiterons sous le nom de Renne ;
20 L'Alces, qui parait Ôtre l'Élan, mais qui est mal défini;
3° Los Urus, « Ceux-ci, dit le conquérant des Gaules, sont d'une taille un peu inférieure à celle des Éléphants par l'apparence et par la couleur aussi bien que par la forme (figura) ; ils ressemblent au Taureau, leur force est grande, et il en est de même de leur vélocité, Hs n'épargnent ni l'homme ni aucune hôte féroce quand il les ont aperçus, On les prend dans des fosses préparées exprès et on les assomme, Les jeunes gens s'endurcissent dans ce travail et s'exercent à ce genre de chasse, et ceux qui ont tué le plus grand nombre et qui en rapportent publiquement les cornes en témoignage de leur exploits sont en grande considération, Ces Animaux ne peuvent être ni soumis à l'Homme ni apprivoisés, même quand on les prend jeunes (parvuli) ; l'ampleur et la configuration de leurs cornes ainsi que l'apparence de cellesci sont fort différentes de celles des cornes de nos Bœufs, On les recherche pour en garnir les bords d'argent et on s'en sert comme de coupes dans les plus grands festins, »
Dans son Mémoire sur l’ostéologie et la paléontologie des Bœufs, G. Cuvier a considéré l'Urus de Jules César comme étant d’une autre espèce que le Bonasos d'Aristote, Ge Bonase st pour lui le véritable Aurochs, c'est-à-dire cette espèce sauvage de Bœuf que l'on trouve encore du côté du Caucase, et dont il y a en Russie, dans le gouvernement de Grodno, situé au nord de la Volhynie et à l’est de la Pologne, quelques troupeaux dont nous reparlerons plus loin, Le Bonase se distinguait par sa crinière laineuse; quant à l'Urus, c'était une espèce remarquable par la grandeur de ses cornes, L'Urus, dit G, Cuvier, portait aussi parmi le peuple le nom de Bubalus, et il ajoute : « César, en reproduisant le passage qu'on vient de lire, n’a connu que ce dernier, mais Sénéque et Pline distinguaient déjà l'un de l'autre, »
Dans les passages de Sénèque et de Pline, invoqués par G. Cuvier, la Germanie est signalée comme fournissant deux sortes de Rœufs, le Pison et l'Urus; le Bison a le dos velu et l'Urus les cornes larges, Au dire de Pline, le vulgaire donnait à tort à l’Urus, qui habite ainsi que le Bison la partie de la Germanie qui touche à la Seythie, le nom de Bubalus ou bubale (sans doute notre Bubale d'aujourd'hui) , qui est un Animal d'Afrique (2).
G. Cuvier remarque, avec justesse, que cette distinction des deux sortes de Bœufs sau-
(1) L'étendue attribuée par César à la forêt Hereynienne est immense : « Elle commence, dit-il, aux frontières de la Suisse, de Spire et de Bâle, et s'étend le long du Danube jusqu'aux confins des Daces et de la Transylvanie, de là, elle tourne sur la gauche dans des contrées éloignées de ce fleuve, el par sa vaste étendue touche aux pays de divers peuples. I n'y a point d'Allemand iei qui dise en avoir trouvé le bout, quoique marchant soixante jours pour découvrir où elle commence. EH est certain qu'elle renferme beaucoup de bêtes sauvages (niulla genera ferarum) qu'on ne voit point ailleurs. »
(2) Le passage emprunté de Sénèque est celui-ci :
Tibi dant variæ pectora Tigres Tibi villosi terga Bisontes, Latisque cornibus Uri.
Voici la copie du passage de Pline :
Paucissima Seythia gignit inopia fructieum; pauca contermina illi Germania, insignia tamen Boum ferorum genera, jubatos Bisontes exeellentique vi et velocitate Uros, quibus imperitum vulgus Bubalorum nomen imponit, cum id gignat Africa
coup par s terrains nee, Soil e au lieu
lières de
ons sous
uférieure (fiqur'a) ; ocité, Ils dans des travail et ipportent ion, Ces es prend de cellesrarnir les
‘onsidéré e Bonase nn trouve no, situé parlerons 16 espéce le peuple live, n'a
signalée velu et bite ainsi u bubale
ufs sau-
frontières msylvanie, louche aux nt soixante es (nulla
n ferorum im nomen
BISON KBos americains de la Nouvelle-Hollance,
LA î
FAMILLE DES BOVIDÉS. 177
vages est suivie par des auteurs qui avaient vu de leurs yeux ces Animaux dans le Cirque, et il rappelle à ce propos le vers suivant de Martial :
lili cessit atrox Bubalus atque Bison.
« C'est l'Aurochs, dit-il encore, qui est bien certainement le Bonase ou le Bison des an- ciens.» Gela nefait pas de doute; maïs je ne puis croire que G. Cuvier soit dans le vrai lorsqu'il rapporte l’Urus de César au Bos primigenius des paléontologistes modernes, et qu'il dit de ce dernier : «Ce doit être là le véritable lrus des anciens, l'original de notre Bœuf domestique, » Le célèbre auteur des Zecherches sur les ossements fossiles ajoute quelques lignes plus loin : « On a vu ci-dessus que César ne place les Urus que dans la forêt Hercynienne, c’est-à-dire en Allemagne, mais Servius (Ad Georgic., lib. Il, vers 374.) dit qu’on en trouve dans les Pyrénées, Macrobe, à l’occasion du même vers, prétend qu'Urus est un mot gaulois, et M. Goldfuss, dans son mémoire sur le Tigre ou le Lion fossile de Gaylenreuth, nous apprend que le Taureau commun s’appelle encore Ur dans plusieurs lieux de la Suisse, Il est certain qu'il y avait encore sous la première dynastie de nos rois une race de Bœufs sauvages dans les Vosges, comme le montre le Bubalus qui occasionna l’acte de cruauté du roi Gontran (1), rapporté par Grégoire de Tours, »
L'Urus de César est tout simplement le Bonase des anciens; il dit de lui, ce que d’autres ont écrit au sujet du Bonase, qu'on ne peut ni le rendre domestique ni même l’apprivoiser, quelque jeune qu’on le prenne : «Sed assuescere ad homines, et mansuefieri, ne parvuli quidem excepli possunt ; » et l'usage qu'il assigne aux cornes de l’Urus dans les festins est précisément celui que l’on à fait longtemps après des cornes de l’Aurochs. On trouve dans les ouvrages d'archéologie la description de quelques-unes de ces cornes d'Urus, c’est-à-dire d'Aurochs, prises parmi les plus célèbres, D'ailleurs, nul observateur n’a encore rencontré, dans aucun endroit, des ossements du Bos primigenius susceptibles d’être attribués à des individus de cette espèce qui auraient vécu à une époque aussi récente que celle où écrivait César, et la région des Urus Ctait bien certainement le vaste espace boisé qui s’étendait jusqu’au confins du pays des Sarmates, c’est-à-dire jusque dans la Russie actuelle, Or, c’est justement dans une partie de cet immense territoire que les Aurochs ont survécu, Comment expliquer, d'ailleurs, que les Bœufs domestiques soient plus petits que les Bos primigenius dont ils descendraient, et qu’il y ait entre les uns et les autres certaines différences, peu importantes, sans doute, mais qu’on peut, sans exagérer, considérer comme étant de valeur spécifique ? Quant aux Urus que Sénèque distingue des Bisons où Aurochs, dont il parle en même temps que des Tigres et auxquels il donnait de larges comes (/atisque cornibus Uri), pourquoi ne pas y voir des Buffles, espèce de Bœuf à larges cornes qui vivait alors comme aujourd’hui dans les parties de l'Asie les plus voisines de l’Europe, et qui, dit-on, n’a été introduite en Italie que pendant le moyen âge? Ce n’est pas l'Urus de César, je l'avoue; mais ce n’est ni la premiére fois ni malheureusement la dernière que deux auteurs auront appliqué le même nom à deux espèces différentes, et le Buffle mérite, mieux que le Bos primigenius, d'être qualifié d'Anima. à larges cornes. Dans l'Urus de Pline, je crois retrouver aussi le Buffle, et l'habitude qu'il attribue au vulgaire de donner à tort à cel Animal le nom de Bubalus, c’est-à-dire celui d’une espèce africaine, notre Alcélaphe Bubale, me prouve que le vrai Buffle était dès lors assez commun, puisque la langue populaire avait un nom pour le désigner, Les naturalistes eux-mêmes ont fait comme l’imperitum vulgus dont parle Pline, et dans leurs catalogues méthodiques le Buffle s'appelle encore Los bubalus, Gesner, Brisson, Linné ont fait ainsi, et le mot Buffalo n’est pas bien différent de celui de Bubalus. Le Buffle était connu en Europe avant Pline car déjà il est mentionné par Aristote, C'est son Bœuf d’Arachosie qui différe (f), dit-il, du Bœuf
(1) Un chambellan du vor, le neveu de ce chambellan et le garde-chasse furent mis à mort parce que l'on avait tué indûüment un Bubalus dans une forêt royale située dans les Vosges. (1) Du Relouchistan.
178 ORDRE DES BISULQUES.
ordinaire comme le Sanglier diffère du Pore domestique, En rapportant au Zos Primigenius l'Urus de César que nous croyons être un Aurochs, on serait forcé d'admettre que cet auteur a parlé d’une espèce aujourd'hui éteinte et qu'il à ignoré l'existence de l’Aurochs qui vit encore dans une partie des régions qu'il à décrites; et, d'un autre côté, en considérant aussi comme Bos primigenius l'espèce appelée Urus par Pline, et que de son temps le peuple appelait Bubalus, on serait conduit à admettre que l’éloquent compilateur romain n’a pas connu le Buffle ordinaire, et cependant le contraire est certain, Un massacre du Buffle à grandes cornes, c'est-à-dire de l’Arnie, avait même été apporté à Alexandrie du temps des Ptolémées; c’est ce que nous établissons en invoquant le témoignage de G. Cuvier lui-même, Il dit à propos de l’Arnie : « Cependant cette race avait déjà été indiquée par Élien, car il est difficile que ce ne fut pas d’elle que vint cette corne de Bœuf apportée des Indes à Ptolémée-Philadelphe et qui contenait trois amphores : elle l'a été même par Pline, sous le nom de Bœuf des Indes grands comme des Chameäux, à cornes longues de quatre pieds. » Nous nous croyons donc en droit d'admettre que les anciens n’ont pas connu le Bos primigenius, et qu'il est impossible d'attribuer à cette espèce ce que César à recueilli au sujet du Bison, qu'il nomme à tort Urus, Comment croire, d’ailleurs, que ces Animaux, si sauvages qu'au dire de Jules César on ne pouvait les apprivoiser, aient pu fournir une de nos espèces domestiques,
Les naturalistes ont encore été dans l'erreur lorsqu'ils ont admis que l'Aurochs était la souche sauvage de nos Bœufs domestiques, des caractères dont la valeur peut être regardée comme générique séparent ces deux sortes d'Animaux.
Le genre Bos n’a pas été conservé tel que Linné l'avait établis il ne comprend aujourd’hui que les espèces soit purement sauvages, soit sauvages et domestiques, soit enfin uniquement domestiques, auxquels on applique vulgairement le nom de Bœufs, et les Chévres et les moutons ainsi que les Antilopes n’en font plus partie, Voici comment on peut caractériser ce genre :
Animaux herbivores de la catégorie des Bisulques ruminants, acquérant une taille considérable, à formes robustes, pourvus de cornes à étuis dont l'axe osseux est celluleux; leur peau est pendante sous forme de fanon au-dessous de la partie inférieure de leur cou et entre leurs membres antérieurs ; leurs arrière-molaires sont pourvues d’une colonnette d'émail placée dans la rainure qui sépare les lobes, Ces colonnettes sont internes aux dents supcrieures et externes aux dents inférieures; quoiqu’on les ait signalées comme un caractère exclusivement propre aux Bœufs, on les retrouve, ainsi que je le ferai voir, dans plusieurs espèces d’Antilopes, etil v à aussi des Animaux de ce dernier aroupe qui sont pourvus d’un fanon, Cependant les Bœufs se distinguent des autres Ruminants par une forme spéciale de leur boîte cérébrale dont la fosse temporale est toujours surplombée par les cornes, ce qui n’a pas lieu chez les Antilopes, Les Bœufs ont pu être partagés en plusieurs groupes d'après la considération de la forme de leurs cornes, de celle de leur crâne, de la largeur plus ou moins grande de leurs canons, de la présence où de l'absence de poils autour de leurs narines, de la présence ou de l’absence de papilles cornées sur leur langue, etc,
Nous en décrirons toutes les espèces en les distribuant dans six sous-goures, sous les noms de : Bibos, Taureaux, Facks, Bonases, Buffles et Ovibos.
1. Les BIBOS (genre Bibos, de M, Hodgson) sont caractérisés par leur front un peu exCavÉ, comme Caréné, eutre les cornes dont la base est déprimée et plus ou moins ridée ; leur garrot, qui s'élève en forme de bosse, est soutenu par le grand développement des apophyses épineuses de leurs premières vertèbres dorsales, Il n'y en a qu’une seule espèce,
Le BoEur pes JoNGLes (Bos frontalis, Lambert), que F, Cuvier appelle Bos sylhetanus, est Une espèce sauvage entiérement rousse sur tout le tronc ; il à, en même temps, les pieds blanchâtres, Sa taille égale celle des Bœufs domestiques, mais sa forme est assez différente ; ses cornes sont arquées , ridées transversalement à leur base, qui est un peu déprimée et insérées plus haut ; ia partie du front qui les sépare est comme relevée en une épaisse carène
ant.
DS primigenius 1e cet auteur a qui vit encore L aussi comme e appelait Buonnu le Buffle andes cornes, mées; c’est ce it à propos de ifficile que ce e-Philadelphe œuf des Indes croyons donc st impossible > à tort Urus.
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taille consi- Iluleux ; leur et entre leurs | placée dans s et externes ment propre d’Antilopes, ependant les te cérébrale lieu chez les idération de grande de la présence
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sylhetanus , , les pieds différente ; léprimée et isse carène
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ORDRE DES BISULQUES,.