PARTIS CONSIDÉRABLE D'UN CRANE DU RHINOCÉROS PIEUROCEROS
(Muséum de Paris), 1/5 de grand,
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ORDRE DES JUMENTÉS.
FAMILLE pes HYRACIDÉS
Cette famille ne comprend que le seul genre des Damans, dont les espèces, toutes de petite taille, ont, dans leur organisation, une telle similitude avec les Rhinocéros, qu'il serait peutêtre plus convenable de les considérer comme une simple tribu de la même famille que ces derniers, Cependant ces Animaux ont le corps couvert de poils, ils manquent de cornes, et comme leur taille surpasse à peine celle du lièvre, on a, jusqu’à G, Guvier, méconnu les affinités qui les rattachent aux Rhinoctridés,
GENRE DAMAN (Ayrax, Hermann). Animaux bas sur jambes, extérieurement assez semblables à des Marmottes, mais plus allongés et sans queue, ce qui leur donne aussi quelque analogie avec les Caviens, de l’ordre des Rongeurs; ayant les oreilles arrondies; le corps couvert de poils, doux au toucher, que dépassent quelques longues soies ; les membres antérieurs pourvus de cinq doigts, mais dont le pouce est rudimentaire et inonguiculé; trois doigts aux pieds de derritre; les doigts antérieurs et les postérieurs courts, épais, comme tronqués; l’ongle de l’orteil interne répondant à l'indicateur des Lémuridés, allongé comme celui de ces Animaux, mais contourné sur lui-même, non appointi au sommet et ayant sa face convexe tournée en dehors; des incisives et des molaires seulement : les premicres au nombre de + fortes, les supérieures prismatiques, un peu arquées et pointues chez les jeunes : les inférieures aplaties, proclives, à trois dentelures pectiniformes que l’usure fait disparaître, appropriées au régime herbivore; molaires au nombre de 2, plus semblables à celles des Rhinocéros ou des Paléotheriums par leur forme, la dernière inférieure n'ayant de même que celle des Rhinocéros que deux lobes au lieu de trois. À un certain âge, il y à huit paires de molaires supérieures,
CRANE DU DAMAN DE SYRIE, 3/9 de grand DENTS DU MÊME DAMAN, grand, nt.
Les affinités de ce genre singulier ont d’abord été méconnues. Pallas, qui avait Ctudié les Rhinocéros, n’a pas saisi les rapports qui unissent les Damans avec ces grands Pachydermes, et lorsqu'il en à publié la description anatomique, il a proposé de les classer parmi les Rongeurs dans le genre des Cavia, Hermann, de Strasbourg, qui les à séparés génériquement des Gabiais, n’a pas cru pour cela devoir les éloigner des Rongeurs; et c’est G. Cuvier qui à le premier entrevu ct démontré leurs rapports avec les Rhinocéros, Son Mémoire sur ce sujet à paru en 1804 dans les Annales du Muséum.
L'examen du système dentaire des Damans, que Pallas n'avait pu faire que sur un seul exemplaire encore jeune, et la considération du squelette dont le fémur est même pourvu, comme celui des Rhinocéros, d’un troisième trochanter, mettent lors de doute la manière de voir de G, Guvier; et, dans son Ostéographie du Daman, de Blainville en a démontré toute la
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FAMILLE DES HYRACIDÉS. 167
convenance, Toutefois, M. Milne-Edwards a fait remarquer que les Animaux de ce genre avaient un mode de placentation analogue à celui des Carnivores, c'est-à-dire zonaire, tandis que le placenta est diffus et multiple chez les autres Onculés, dont on a pu observer le développement ; mais le peu de renseignements comparatifs que l’on possède encore sur ce point au sujet des Rhinocéros, des Tapirs et des Éléphants, ne permet pas de décider quelle valeur on doit réellement attacher à cette différence.
L'estomac du Daman est simple, quoique volumineux, et rien n'indique qu’il puisse ruminer, comme on l’a dit du Saphan de l'Écriture, que nous verrons tout à l'heure être le même Animal, Les observations faites sur des individus vivants paraissent concluarttes à cet égard, L'intestin grêle a près de six pieds; il présente au delà du côlon un cœcum considérable, et, à la naissance du rectum, deux autres cœcums disposés symétriquement, comme ceux de beaucoup d'Oiseaux, et dirigés comme eux vers le côlon, La capacité de ce double appareil est considérable, et sa ressemblance, plus apparente que réelle avec l'estomac multiloculaire des Ruminants, a pu donner l’idée que ces petits Pachydermes ruminaient,
Les Damans sont herbivores, mais en captivité, ils s’accommodent à peu prés de tout, Ce sont des Animaux fort doux, dont la vivacité n’a rien d’impétueux, qui font peu de bruit, et dont la vie paraît diurne, Ils ne font entendre qu’un sifflement bref, et seulement lorsqu'ils sont contrariés. Ils sont assez peu intelligents, mais ils se laissent caresser sans chercher à nuire, Leur cerveau a peu de circonvolutions.
La première indication que les naturalistes aient eue du Daman est due à Prosper Alpin, savant Vénitien, qui visita la Syrie au seizième siècle; puis au théologien anglais Shaw, qui voyagea dans les mêmes contrées peu de temps après; mais des renseignements plus circonstanciés ont été donnés à leur égard par Salt et par Bruce, qui eurent occasion d'en observer une autre espèce en Abyssinie, On a aussi rencontré des Animaux de ce genre dans l'Afrique australe, principalement dans les parties orientales, et les Hollandais du Cap les désignent sous le nom de Alipdas, qui signifie Blaireau, Ils en tirent une substance pharmaceutique appelée Hyraceum.
Les Damans vivent toujours dans les endroits rocailleux; ils se creusent des terriers sous les rochers; ils montent aussi sur les arbres, mais il faut que le tronc ou les branches en soient inclinés, car leurs ongles ne leur permettent pas de s’y cramponner, Il est bien démontré maintenant que c’est à une espèce du genre Daman qu'il faut attribuer ce que la Rible dit du Saphan et non au Ghœrogrille, c’est-à-dire au Hérisson, comme le fait la traduction des Septante, ou au Lapin, comme l'ont accepté les traductions du même ouvrage, usitées en Allemagne, en France et en “ngleterre, Il est dit au chapitre XXX, verset 26 des Proverbes :
« Saphanim, populus invalidus, ponunt in pebra domum suam. » Ce que la Bible de Sacy traduit ainsi : « Les Lapins, cette troupe faible, qui établit sa demeure dans les roches, »
Dans le chapitre XE, verset 5 du Zévitique, le Saphan est nus au nombre des Animaux dont la chair est interdite aux Hébreux :
« ILen sera de même du Saphan qui rumine, mais qui n’a pas la corne fendue : vous le réputerez impur, »
Nos Bibles disent : « Le Lapin qui rumine, mais qui n’a pas la corne fendue, est impur, » Mais dans la traduction arabe de la Bible, là où nous disons Lapin, on à mis le mot Vahr, qui est un des noms vulgaires du Daman au mont Sinaï, En Syrie, les Arabes indiquent aussi le Saphan ou Vabr par le mot Ghannom Israel où Ghannem beni Israel, c'est-à-dire Agneau des enfants d'I: aël,
Quoique interdite aux Hébreux, qui, peut-être, en étaient trop friands, la chair des Damans n’a rien de désagréable, et les Arabes ainsi que les chrétiens la mangent encore fréquemment. Bruce a constaté la même chose en Abyssinie, et Kolbe rapporte qu'au Gap, un enfant, qui faisait paître des trouperñux dans les rochers où vivent les Damans, avait dressé son chien à
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prendre ces Animaux, et chaque jour, grâce à son fidèle compagnon, il revenait à la bergerie chargé d'autant de Damans qu'il pouvait en porter, Au mont Sinaï, où on les estime assez, on les prend avec des piéges formés de pierres , à la manière de ceux que les enfants préparent chez nous pour attraper les Moineaux; mais la fosse doit être pavée, parce que les Damans fouissent avec une grande facilité, On emploie comme appât pour les prendre un rameau de Tamarix. Ces Animaux sont apportés de temps en temps dans les ménageries européennes,
Le DaMan DE SYRIE (/yrax Syriacus, Schreber) est le Saphan de l'Écriture, On le trouve en Syrie, principalement au mont Sinaï, Quoique Buffon ait parlé de cette espèce sous le nom de Daman israël, son ouvrage en signale ailleurs (t. XV, p, 105) un crâne trouvé dans les ruines de l’ancienne Sidon, comme étant celui d'un Animal inconnu aux uaturalistes, C'est du même crâne qu'il est question dans le tome VIT des Suppléments de Buffon, sous le nom inexact de Loris du Bengale.
Dawan pg Svnur, 1/9 de grand,
Dauax pu DoncozA (Hyrax ruficeps, Ehreuberg),
Daman D'AByssiNie (Hyrax Habessinicus, Ehrenberg), ou l'Askhoki de Bruce.
Dauanx pu Cap (Hyrax Capensis); Marmotta Capensis, Kolbe, et Cavia Capensis, Pallas.
DAMAN DES ARBRES (//yrax arboreus, À, Smith), Espèce bien distincte ; habitant comme la précédente l'Afrique australe, M, Peters la cite parmi les Mammiftres de la côte Mozambique, Tous ces Animaux sont à peu près de même grandeur, c’est-à-dire un peu plus forts que les Lièvres , dont ils différent d’ailleurs par la forme, par les proportions et par les allures,
Indépendamment de ces cinq espèces , qui sont propres à la Syrie ou à l'Afrique orientale, on en connaît une sixième, récemment découverte dans le pays des Aschantes, sur la côte occidentale du même continent, C'est le Daman pes FoRèTSs (Æyrax sylvestris, Temm.); les nègres lui donnent le nom d’£iwia, imité du cri perçant et fréquemment répété dont il fait retentir les forêts pendant la nuit. Durant le jour, cet Animal s’abrite dans les trous des Yieux arbres; c’est dans ces retraites que la femelle dépose ses petits, Sa taille n’est pas süpérieure à celle des autres Damans,
a bergerie à ASSEZ, ON préparent s Damans ameau de opéennes, re, On le spèce sous me trouvé ux uaturade Buffon,
ORDRE pes BISULQUES
\ Animaur mamamifères pourvus de quatre extrémités ongulées, c'est-à-
dire terminées par des sabots et non par de véritables ongles ou par des griffes, uniquement propres à la locomotion ordinaire ; leur fémur n'a pas de troisième trochanter, comme celui des Jumentés; leur astragale (un des os du tarse) est en forme d'osselet, et par conséquent semblable à celui des Moutons où des Cochons; leurs doigts sont au nombre de quatre, quelquefois de deux, très-rarement de trois. Les deux principaux, qui répondent au troisième et au quatrième
is, Pallas. des autres Animaux, sont plus forts que les latéraux, subégaux entre Dyson | eur, appliqués l'un contre l'autre par leur face de contact et disposés our | de telle façon qu'ils ressemblent assez bien au doigt unique des s forts que | g nacon qu'ils ressemblent asse ( allures, Chevaux qu'on aurait fendu en deux par le milieu. C'est à cause de :GHBUAIS) celte disposition qu'on les dit fourchus, en pince ete., et que l'on donne
ur la côte , Temm.); dont il fait doigts, qui répondent au second et au cinquième des espèces pentadac-
Ways: dés tyles, sont plus petits, plus où moins rejetés en arrière ; ils manquent } n’est pas : / 1 quelquefois tous les deux ; il n'y en à qu'un duns le Pecari à collier,
ad ces Animaux eux-mémes le nom de Bisulques. Les deux autres
Les Bisuliques ont trois sortes de dents, mais qui varient nota- Ie PARTIE, 22
170 ORDRE DES BISULQUES.
blement dans leur formule, dans leur disposition et dans leur forme ; ce qui est en rapport avec des différences correspondantes dans le mode d'alimentation. Le cerveau a des circonvolutions à la surface de ses hémisphères, et ces circonvolutions sont presque toujours nombreuses. Les organes reproducteurs sont semblables à ceux des Cochons, des Bœufs, ete.; le placenta est multiple dans la très-grande majorité des espèces.
Les Bisulques, qui comprennent les Ruminants et les Porcins, sont des Animaux intelligents, presque tous grégaires, qui ont fourni à l'Homme la plupart de ses Quadrupèdes domestiques, La Paléontologie nous en a fait connaitre un grand nombre d'espèces, anéanties à des époques plus ou moins reculées, et dont plusieurs établissent par leurs caractères anatomiques une liaison intime entre les deux sousordres qui comprennent les Bisulques actuellement existants. Les Anoplothériums sont, de tous les genres éteints, ceux dont le nom est le mieux connu.
li y à deux catégories bien distinctes de Bisulques, les Ruminants et les Porcins. Ces deux groupes d'Animaux différent beaucoup entre eux par leur régime, par la forme de leurs dents et par la conformation de leur estomac. Les premiers, qui sont essentiellement herbivores, ont la propriété de ramener à leur bouche, pour les remâcher et les insaliver plus complétement, les aliments qu'ils ont préalablement introduits dans une loge spéciale de leur estomac, connue sous le nom de panse. Les seconds n’ont pas la même facilité. Cette particularité et quelques autres peuvent servir à différencier les Ruminants des Porcins. Aussi ces Animaux ont-ils été assez généralement séparés les uns des autres par les classifi: cateurs, et, pour G. et F. Cuvier, ainsi que pour la plupart des autres zoologistes, ce sont des Mammifères de deux ordres différents. Les Ruminants, que Linné avait déjà distingués sous le nom de Pecora, forment l’un de ces ordres; le second est fourni par les Porcins, que l’on a associés aux Proboscidiens et aux Jumentés, sous le nom de Pachydermes, signifiant Animaux à cuir épais.
C'est, en effet, un mode de classification qui semble parfaitement rationnel si l’on n'étudie pas d’une manière complète l'ensemble des Animaux qui nous oceupent, et surtout si l'on ne cherche pas à établir leurs affinités avec les genres nombreux qui ont autrefois représenté la série des Bisulques dans nos contrées. Les Hippopotames, les sangliers et les autres Animaux de la même famille, comme les Pécaris, les Phacochères et les Babiroussas, se laissent assez difficilement, du moins au premier abord, comparer aux Ruminants, et si l’on peut déjà reconnaitre certaines affinités entre eux et les Chameaux ou les Chevrotains, il semble plus diflicile de saisir celles qu'ils ont en réalité avec les Bœufs ou les Cerfs. Cet embarras augmente encore si l’on passe à l'examen de queiques autres organes. Ainsi, les Porcins ont les métacarpiens et les métatarsiens des deux doigts principaux aussi nettement séparés que ceux de presque tous les autres Mammifères, tandis que chez les Ruminants ils sont réunis l’un à l'autre pour ne foriner en apparence qu’un seul os chargé de porter les
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ORDRE DES BISULQUES. 171
deux doigts de la fourche; on donne à cet 6s le nom de canon. L’estomac des Porcins est simple ou peu compliqué, tandis que celui des Ruminants est toujours multiloculaire, et que ces Animaux ont la propriété de ramesr leurs aliments dans leur bouche pour les mâcher cet les insaliver de nouveau. Les Ruminants ont, dans la majorité des cas, la tête armée de prolongements frontaux appelés cornes ou bois, et les Porcins manquent constamment de cornes. Enfin, dans la plupart des Ruminants, la formule dentaire est ou du moins elle paraît être tout à fait différente de celle des Porcins, qu’on a nommés Pachydermes omnivores. Dans les espèces pourvues de cornes et dans les chevrotains, la formule est en effet dans l’âge adulte : ® incisives, %{ canines, $ molaires, tandis que la plupart des Porcins ont :
3 incisives, + canines, + molaires.
Ces différences ont fait négliger les indications qu’on avait tirées autrefois de la conformation des pieds, qui, étant à peu de chose près les mêmes dans les Porcins et dans les Ruminants, avaient fait réunir ces deux groupes d’Animaux sous la dénomination de Bisulques, que nous avons cru convenable d'employer de nouveau. Certains auteurs du siècle dernier n’admettaient qu’un seul groupe naturel pour les différents Bisulques qu'ils connaissaient, En parlant du canon des Ruminants dont Fougeroux venait de découvrir la véritable composition, Condorcet rappelle que le phénomène singulier de la formation du canon par la fusion des deux os du métacarpe ou du métatarse « a lieu dans les os de la jambe de tous les Animaux à pieds fourchus (4), si cependant on en excepte le Cochon et le Sanglier, qui sont, pour le dire en passant, les seuls de cette classe qui ne ruminent point, du moins pour les Animaux de nos contrées. »
IL est remarquable que, depuis que ce passage a été écrit, on a découvert que les deux métatarsiens principzux se soudent en partie sous la forme d’un canon dans un genre de Bisulques non ruminants, les Pécaris, et que, au contraire, ils restent disjoints à tous les âges et dans toute leur longueur chez une espèce de Ruminants véritables qui appartient à la famille des Chevrotains. Les métacarpiens de ce Chevrotain sont également disjoints.
De nouvelles observations ont montré que, sous d’autres rapports encore, les Porcins s'éloignent moins des Ruminants qu'on ne le croit généralement. Les Pécaris ont l'estomac plus compliqué que les Cochons et pourvu de deux renflements sur ses courbures, tandis que chez certains Ruminants, c’est-à-dire chez les Camélidés et les Chevrotains, il y à une loge de moins à l'estomac, ces Animaux n'ayant pas le feuillet bien distinet, ce qui est d'autant plus curieux qu'ils se rapprochent, par d’autres points encore, des Pachydermes | omnivores.
DENTS DU CHEVROTAIN PORTE MUSC, grand, nat.
4) Aristote avail déjà admis ce groupe des Bisutques où Animaux à pieds fourchus.