‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 58 sur 96 · ARABIE · texte numérisé non relu

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FAMILLE DES BOVIDÉS,. 189

M. Schinz, 11 commence à devenir très-rare, et on ne le prend plus guère que sur les hautes montagnes des Pyrénées espagnoles,

Les cavernes des Cévennes, et quelques dépôts de même âge qu'on a observés dans les montagnes du Velay et de la Limagne, ont fourni des ossements de Bouquetins dont l'espéce habitait autrefois ces régions,

Une troisième espèce, actuellement vivante en Europe, est le Bouou£TiIN ESPAGNOL (/bex Hispanicus), dont on doit l'observation à M, Schimper, Ce Bouquetin est particulier aux montagnes du Midi de l'Espagne; les individus observés par ce savant naturaliste ont été pris dans la Sierra Névada,

Le Caucase nourrit aussi des Bouquetins ayant quelque analogie avec ceux des Alpes, mais qui doivent en être séparés comme espèce, Ces BouqueriNs pu CAUCASE ont reçu le nom latin de Capra Caucasica (Guldenstedt),

Il y a aussi des Animaux de ce genre dans l'Île de Crète,

Les Bouquetins de Sibérie sont encore d'une espèce différente (Zbeæ Sibiricus ou Pallasii) et il en ost do même de ceux de l'Himalaya (/beæ Himalayanus),

La mûme remarque s'applique à ceux d'Afrique, Ces Ruminants n’ont été observés sur ce continent que dans la Nubie et l’Abyssinie, Ils y sont de deux espèces : le Bouquerix BEDEN (box Nubianus), dont la première description est due à F, Cuvier, et le Bououerin VALIE ({beæ Valie). Gelui-ci a été découvert en Abyssinie par le D, Ruppel, et décrit par lui dans son ouvrage sur la Zoologie de ce pays, Le Beden est assez commun dans les montagnes de la Haute-Égypte; il vit également en Syrie, (PT, XXXIX). Ses cornes sont grandes, peu arquées et marquées en avant de grosses nodosités transversales,

GENRE CHÈVRE (Capra). La Chèvre et son mâle, auquel on donne le nom de Bouc, ont les cornes prismatiques à bord tranchant , sans nodosités à leur face antérieure, et toujours plus ou moins divergentes, surtout dans le sexe mâle; les éminences osseuses qui en forment l'axe sont en grande partie pleines; leur base seule est creusée par une grande cellule,

C’est à ce genre que l'on rapporte l'espèce encore problématique à laquelle on donne le nom de CHÈVRE ÉGAGRE (Capra ægagrus de G. et F, Cuvier), Suivant le premier de ces naturalistes, il existerait dans quelques points des Alpes, et au contraire dans les Pyrénées, suivant le second, des Égagres fort semblabies à ceux du Caucase et de l'Asie occidentale, et ces Égagres des grandes montagnes de l'Europe centrale et orientale seraient la souche primitive de toutes les races de Chèvres domestiques. Mais ce n’est là qu’une pure supposition car il n’est pas certain que les prétendus Égagres sauvages ne soient pas eux-mêmes des Bouquetins, Quant aux Chèvres domestiques, on sait que ce sont des animaux abondants en Europe, en Asie et en Afrique, mais dont les nombreuses races n’ont pas encore été décrites comparativement, et dont il est encore impossible d'établir une bonne définition, Il ne me paraît pas douteux cependant qu’on ne parvienne à reconnaître parmi elles plusieurs espèces, tant les caractères qui distinguent certaines de ces prétendues variétés ont réellement d'importance,

Comme nous l'avons fait pour les autres genres d’Animaux domestiques, nous nous borucrons à donner ici la liste des principales races de Chèvres, Ce sont :

Pour l’Europe, la Chèvre ordinaire, la Chèvre des Pyrénées et la Chèvre sans cornes d'Espagne,

Pour l'Asie, la Chèvre d'Angora (1), si estimée pour la finesse de son poil; la Chèvre de Cachemire et la Chèvre du Thibet qui ne sont pas moins précieuses.

Pour l'Afrique, la Chévre de la haute Égypte à front très-busqué et à oreilles plates et tombantes, la Chèvre de Juda, la Chèvre mambrine et la Chèvre naine. Plusieurs de ces races

(1) On à commencé, depuis une trentaine d'années, l'acelimatation des Chèvres d'Angora et de Cachemire ; autrefois on apportait en France de fortes cargaisons du poil des premières: vers 1786, les fabriques d'Amiens en employaient annuellement quatre ou cinq mille balles.

190 ORDRE DES BISULQUES,

ont été portées dans les autres parties du monde, et, dans quelques îles, des Chèvres abandor.nées autrefois par les navigateurs ont repris la vie sauvage et se sont perpétuées en dehors de l'influence de l'Homme, ce qui n’a été constaté nulle part pour le Mouton,

TRIBU pes OVINS

Les espèces ovines, dont les Moutons (Ovis) et les Mouflons font partie, ont des formes plus arrondies que les Gaprins, mais elles n'ont pas de barbe sous te menton; leur chanfrein est busqué, leur front est aplati, et leurs cornes, qui naissent en arrière des orbites, prennent une disposition obliquement récurrente, Ges Ruminants ont un larmier et des poches interdigitales ; les jambes sont plus grêles que celles des Ghèvres ou des Bouquetins,

La dentition des Moutons et des autres Animaux de la même tribu est, quand au nombre, à la formule et aux caractères morphologiques, entièrement semblable à celle des Ghèvres et de la plupart des Antilopes. Leurs arrières-molaires n'ont pas les colonnettes d'émail qui se montrent chez quelques espèces appartenant à ce dernier groupe ou chez les Bœufs.

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Gette tribu peut être partagée, comme celle qui précède, en deux catégories, dont l’une comprend des Animaux domestiques, que l’on regarde très-probablement à tort comme ne constituant qu'une seule espèce, et dont l’autre réunit diverses espèces sauvages, Ainsi qu’on l'a souvent fait à propos des Bœufs et des Chévres, on a regardé ces dernières, et pius particuliérement l'une d'elles, comme étant l'origine de nombreuses races domestiques que les habitants de l’ancien continent possèdent depuis un temps immémorial ; mais ici encore, celle opinion a dù être abandonnée, Non-seulement les Moutons ne sauraient ôtre considérés

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