‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 57 sur 96 · S CORNES AMÉLIORÉE · texte numérisé non relu

S CORNES AMÉLIORÉE

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FAMILLE DES DOVIDÉS. 185

tandis que les jeunes se jouaient autour des adultes, s'attaquant les uns les autres, frappant la terre de leurs sabots et faisant voler autour d'eux le sable sur lequel ils bondissaient, Par moments ils se retiraient chacun auprès de sa mère, se frottaient contre elle, la léchaient et revenaient bientôt à leurs jeux. Mais, au premier son du cor, le tableau changea eu un clin d'œil : tout le troupeau, comme frappé par une baguette magique, bondit sur ses pieds et sembla concentrer toutes ses facultés à voir et à entendre ce qui allait se passer, Les Veaux se pressaient timidement contre leurs méres, et quand retentirent les aboiements de la meule, les Bisons se rangèrent dans l’ordre qu'ils occupent ordinairement en pareille occurrence, Plaçant les Veaux en avant, ils prennent l’arrière-garde pour les garantir de la poursuite des Chiens, Lorsqu'ils arrivèrent auprès de la ligne tenue par les traqueurs et les chasseurs, ils furent reçus par des cris perçants et par des détonations. Alors ils changèrent leur ordre de défense : les vieux Aurochs se jetérent avec furie sur le côté, rompirent la ligne de chasse, et, victorieux sur ce point, continuérent leur course en bondissant et sans s’arrêter à châtier leurs ennemis qui s'étaient cachés derrière les plus gros arbres. Cependant les chasseurs avaient réussi à détacher de la troupe les deux Veaux que l’on désirait, L’un d’eux, âgé de trois mois, fut pris immédiatement; l’autre, âgé de quinze, fit plus de résistance. Quoique saisi par huit traqueurs , il les renversa et parvint à s'enfuir, On mit la meute à ses trousses, et bientôt il fut forcé dans un marais, lié fortement et transporté dans la cour du forestier, Quatre autres Veaux, dont un mâle et trois femelles, furent pris dans d’autres endroits de la forêt, Une de ces femelles qui n’avait encore que quelques jours, fut d’abord allaitée par une Vache domestique que l'on prit fauve, à peu près dela couleur d’une Aurochs, et, ce qui est contraire aux récits de Gilibert et d’autres écrivains, la Vache en prit immédiatement soin, Elle témoigna, dit M. Dimitri, un tendre attachement à cet enfant adoptif, sauvage et barbu, Malheureusement, le jeune Animal mourut six jours plus tard, suffoqué par une enflure de la gorge qu'il avait déjà quand on l’attrapa. Les autres Veaux ne prirent aucune nourriture pendant le premier jour de leur captivité, mais le lendemain, celui de trois mois se mit à teter une Vache et parut fort gai; ses compagnons de captivité, sauf un, de l’âge de quinze mois, commencèrent d’abord à prendre du lait qu’on leur apporta dans la main, puis ils se mirent à boire au seau avec une grande avidité, et une fois le seau vide, ils se léchèrent mutuellement le museau. En peu de temps ils perdirent leurs allures sauvages, qui firent place à une vivacité et à une pétulance extrêmes. Quand on les faisait sortir de leur étable pour aller dans la cour assez vaste de la métairie, la rapidité de leurs mouvements, leur légèreté rappelaient celles du Chevreuil ou du Cerf. Ils jouaient volonticrs avec les Veaux des Vaches domestiques, luttaient avec eux, et, quoique plus forts, paraissaient céder, mais par complaisance, L’Aurochs mâle, de quinze mois, conserva longtemps son regard morne et sauvage ; il s’irritait à l'approche de l'Homme, branlait la tête, brandissait la queue et menaçait de ses cornes, Après deux mois de captivité, il finit par s’apprivoiser et s’attacha au paysan qui le nourrissait, Alors on put lui donner plus de liberté,

Une autre province de l'empire russe nourrit encore des Aurochs; c'est l'Awhasie qui dépend de la région du Caucase, Le district de Zaadan, habité par la tribu des Pseubhs, est le lieu où les Aurochs se montrent le plus souvent : les Pseuhs les appellent Adompeé.

Le Bœur Bison (Bos americanus, Gmel,) a quelquefois été décrit comme une simple variété américaine de l’Aurochs dont il à pris l’un des noms; il en diffère cependant par son port, par le plus grand développement de sa crinière, par sa couleur plus brune et par la plus grande hauteur des apophyses épineuses de ses vertèbres dorsales. Ce dernier caractère fait paraître son garrot plus élevé que sa tête, ct celle-ci a une apparence plus farouche encore que chez l'espèce européenne, Cependant * . “’isons, pris isolément , ne sont pas trèsredoutables; mais ils vivent, en général, par troupes très-nombreuses, et, dans leurs migrations, ils dévastent souvent les pays qu'ils traversent,

5. Les BUFFLES, dont on a fait le genre Bubalus (H, Smith, Turner, Grey, etc. ), sont

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des espèces Bovines qui ont le pelage dur, peu épais, presque entièrement noir, le front bombé, élargi entre les cornes qui sont plus ou moins prismatiques, et rapprochées des orbites par leur base; leurs côtes sont plus larges et plus aplaties que celles des Bœufs; leur angue est douce, Ce sont des Animaux de l'Afrique et de l'Asie,

Le BUFFLE ORDINAIRE (Bos Bubalus, Brisson) est l’un des Animaux auxquels les anciens ont donné le nom d’Urus. Il est noirâtre, sauf sur le front où il y a une tache blanche dans certains individus. Son pelage est grossier, moins cependant chez les jeunes sujets que chez les adultes,

Le Buffle ordinaire est un Animal d'un caractère assez calme, qui aime les endroits marécageux, et qui passe, en général, une grande partie du jour à demi plongé dans l’eau, L'Asie continentale est sa patrie, mais il a été rendu domestique, et l'Homme l'a porté dans plusieurs des îles indiennes, en Afrique, en Crimée, et plus récemment en Italie, principalement aux environs de Rome et dans le royaume de Naples, Il pourrait aussi rendre des services dans plusieurs parties de la France méridionale dont le sol est entrecoupé par de vastes marais, C’est encore une de ces espèces susceptibles de nous être véritablement utiles, dont on ne s’est point occupé assez sérieusement dans notre pays.

Il y a des Buffles sauvages dans plusieurs provinces de l'Inde; mais en général, ces Buffles diffèrent, par leur espèce, de ceux dont il vient d’être question, et sont de véritables Arnies.

Le BUrFLE ARNIE (Bos arnee, Shaw) est reconnaissable au grand développement de ses cornes qui ont jusqu’à six pieds d’envergures. Plusieurs auteurs l'ont regardé comme n’étant qu’une race de la même espèce que le Buffle ordinaire.

Le BUFFLE DE CAFRERIE (Bos Cafer, Sparmann), qui s'étend depuis la Cafrerie jusqu’en Abyssinie, # les cornes très-élargies, très-rapprochées et très-renflées à leur base, ce qui forme au-dessus de ses yeux une sorte de coiffure protectrice à l’aide de laquelle il écarte les branchages lorsqu'il traverse quelque forêt ; son pelage es. noir comme celui des précédents, mais son caractère est plus redoutable, Delegorgue raconte, dans son Voyage en Afrique , comment il faillit périr victime de l’impétuosité d’un de ces Animaux qui fondit sur lui en lui

donnant à peine le temps de se jeter à-terre,

Le BUFFLE BRAGHYGÈRE (Bos brachyceros) a été reconnu par M. Gray sur l'examen d’un crâne rapporté de l'Afrique centrale par Clapperton, comme appartenant au Zamouse des nègres du Bournou. C'est une espèce bien distincte, et dont le Muséum possède maintenant un exemplaire (peau et squelette) qu'il a reçu vivant, Cet exemplaire avait fourni à M. Gray le sujet d’une notice, et il a été signalé depuis lors par M. Roulir, dans son article Buffle du Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, C'était une femelle que je vis à Londres, en 1842, dans la Ménagerie de Surrey, et dont, sur ma demande, M. Geoffroy s'empressa de faire l’acquisition pour la Ménagerie de Paris. Sa taille était celle d’une Vache ordinaire, mais ses formes étaient plus arrondies et plus semblables à celles du Buffle, Le corps est couvert de poils ras dont la couleur est rousse, un peu plus foncée aux jambes; le museau est brun noir; les oreilles sont grandes, elles portent plusieurs rangées de poils disposés comme des franges. Les cornes sont de médiocre dimension et arquées; elles forment ensemble une espôce de croissant,

Cet Animal était d’un caractère assez doux; il avait été pris dans les vastes forêts qui avoisinent Sierra-Leone. Il est de l'espèce appelée Bush Cow ou Vache des bois, dans les établissements anglais de la côte occidentale d'Afrique, C’est sans doute de la même sorte de Buffles que Thomas Candish rencontra deux individus, en 1586, et c’est probablement aussi de la même que Bosman vit au Gabon un troupeau d’une centaine de têtes,

Lorsque les nègres vont à la chasse de ces Buffles, ils ont bien soin de n’attaquer que les individus isolés, parce que dans les troupes de ces Animaux il y a toujours des individus qui cherchent à venger la mort de leurs compagnons, et qui poursuivent les chasseurs à outrance, Dans leur fureur, ces Animaux labourent le sol avec leurs cornes ; ils so ruent contre les

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arbres servant de refuge aux hommes; parfois même ils se jettent les uns contre les gutres ou sur le corps de celui des leurs qui a été abattu,

Le Buffle brachycère a les côtes plates et au nombre de treize paires; on lui compte six vertèbres lombaires; ses canons ne sont pas plus larges que ceux du Buffle ou de l’Aurochs ; mais ses molaires sont plus riches en cément que celles des autres Animaux du même genre,

6. Les OVIBOS (Ovibos, Blainv.) ont pour caractère d’avoir le nez velu et sans muffle; les cornes très-larges à leur base et très-rapprochées l’une de l’autre sur le milieu, puis descendantes et se relevant ensuite à leur pointe ; leur queue est courte et leur pelage composé de poils longs et laineux. Une seule espèce est connue :

Ovisos MUSQUÉ (Ovibos moschata). C’est un animal des régions nord de l'Amérique septentrionale ; il est de couleur brun foncé; sa taille est moindre que celle du Bœuf ordinaire, et par son aspect il tient autant des Moutons que des Bœufs. Il vit par petites troupes, préfère les endroits arides et rocailleux, Sa chair a une odeur musquée, Dans les régions glacées de l'Amérique arctique, on trouve un grand nombre d’ossements d’Cvibos enfouis dans le sol avec ceux des Éléphants et de quelques autres Animaux. Des débris de cette espèce, ou d’une espèce fort voisine, ont aussi été découverts en Sibérie dans des conditions analogues: on en à fait le Bos canaliculatus. La race de ces derniers paraît s'être éteinte antérieurement à l’époque historique.

MM. Hodgson et Gray rapprochent des Ovibos, sous le nom de BURDORGAS TAKIN (Budorcas taxicola), un Animal des monts Himalayas que les collections enropéennes ne possédent pas encore, Le nom du Takin est celui qu’il porte chez les Mishmis; les Khamtis l'appellent Xen. Les cornes de ce Ruminant sont larges à la base, après quoi elles se contournent pour diriger ensuite leur pointe en arrière,

TRIBU pes CAPRINS

Les Chèvres et les Bouquetins, qui en sont les représentants sauvages sans en être la souche, comme on l’a cru longtemps, forment une tribu assez distincte parmi les Ruminants Cératophores. Leurs cornes sont ascendantes, curvilignes, en général grandes et divergentes ; la coupe en est prismatique ou elliptique, et leur face antérieure est souvent noueuse ; leur base repose sur une saillie des os du front, mais le chanfrein est droit au lieu d’être busqué comme chez les Moutons. Les poils sont durs ou soyeux; ceux du menton s’allongent et forment, surtout chez les mâles, une sorte de barbe qui est l’un des caractères de ce groupe; les narines sont rarement entourées par un mufle; la queue est courte, le corps est peu chargé de graisse, et les pieds sont plus trapus que ceux des Moutons, ce qui se traduit ostéologiquement par une largeur plus grande des canons, Les mamelles sont presque constamment au nombre de deux. Il n’y a ni fanon, ni poches inguinales, ni glandes interdigitales, La langue n’a point de papilles cornées.

Les Chèvres et les Bouquetins sont des Animaux actifs, remuants, inquiets, qui sont habituellement gais et pétulants dans leur jeune âge. Aimant la société de leurs semblables ou celle de quelques autres espèces d’Animaux, ils deviennent cependant soucieux en vieillissant, | surtout dans le sexe mâle, Les individus de ce sexe répandent une odeur forte et désagréable, !

Les montagnes sont leur séjour habituel, et les rochers les plus escarpés sont ceux qui leur plaisent de préférence. Leurs espèces sont essentiellement propres à l’ancien cortinent; il y en a également dans l'Europe, dans l'Asie et en Afrique. Celles que l'Homme élève en domesticité ont été acclimatées en Amérique et dans l'Australie, Ges Herbivores sont utiles à cause de leur chair, de leur lait et de leur poil, On s’en sert quelquefois comme Animaux de trait, mais d’une façon purement accessoire,

n’y à pas encore très-longtemps, dans

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On peut distinguer les Hir Chèvr

GENRE KÉMAS (Kemas, O'Gilby), Ce genre diffère de narines sont percées dans un espace nu et muqueux cornes sont courtes, Il y a deux espèces de Kéma de l'Asie, ,

Le KÉMAS wannyaro (Kemas holocrius, 0'Gilby) appartient aux Nil-Gherri situés dans l'Hindoustan.

Lo KÉMAS JHAnAL (Kemas jemlaicus), que M, Hodgson parce que la femelle est en effet pourvu de

cins en trois genres sous les noms de Kémas, Bouquetin et

S deux suivants, parce que ses , C'est-à-dire dans un véritable mufle, Les S, toutes les deux propres aux montagnes

es qui sont

a appelé Capra quadrimammis , quatre mamelles, habite les régions élevées du Népaul, dans des endroits presque inaccessibles, II y vit par troupes assez nombreuses, Ses cornes sont moins longues que sa tête, placées à son sommet et fortes à leur base,

G&NRE BOUQUETIN (/beæ, Pallas), Les Bouquetins ont le museau entièrement velu.

Leurs cornes, habituellement noueuses et peu divergentes, sont soutenues par des axes osseux, dont tout l'intérieur est celluleux,

Ces Animaux sont sauvages, et leur c pement ou l'élévation des lieux qu'ils hal signifiant Bouc de roches, Ils se nourriss végétaux, mais lorsque la mauv les jeunes branches des arbres,

hasse est souvent rendue dangereuse par l'escartent, Leur nom vient des deux mots Bouc estain, ent de graminées et des feuilles de différents autres aise saison est venue, ils se rabattent sur les écorces et sur

BOUQUETIN MALE, 1/16 de grand.

Le BoUQuETIN DES ALpes (lbex Alpinus) est plus gr plus fortes, à nodosités médiocrement développées, Cette espèce, qui s'étendait presque toutes les grandes montagnes des Alpes, et même dans le croire une indication donnée par Varron, est maintenant confinée Alpes Savoisiennes, au delà du Mont-Blanc ; si le gouvernement piémontais n'en avait s

and que le Bouc: il a les cornes autrefois sur S Apennins, s’il faut en sur quelques points des elle y serait même détruite avant peu de temps, évérement interdit la chasse, Elle vivait aussi, il les Alpes du Dauphiné.

Le Bououerix pes Pynéxtes

ÉNÉES (/bex Pyrenaica) en a été distingué comme espèce par

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