‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme]Chapitre 63 sur 96 · DE NUE · texte numérisé non relu

DE NUE

FAMILLE DES GIRAFIDÉS. 211

Le canal intestinal de cette grande et curieuse espèce de Mammifère est fort allongé, On a compté environ quarante-huit mètres de longueur pour Pintestin grêle et vingt-huit pour le gros intestin de la Girafe qui est morte à Paris en 1845. Gette Girafe était celle que le pacha d'Égypte avait envoyée à Charles X en 1826.

Dans les ménageries, on nourrit les Animaux de cette espèce à peu près comme tous les autres Ruminants ; on leur donne du blé, du maïs, des carottes et du fourrage. Ils aiment beaucoup les feuilles de certains arbres. On a dit qu'ils ne buvaient pas, mais c’est une erreur, Dans la vie sauvage, quelques espèces de mimosas fournissent la base essentielle de leur alimentation.

Les Girafes ne se tiennent pas complétement dans le désert, mais sur la limite des forêts qui le bordent, On les y voit par petites troupes de cinq ou six. En général elles ne fuient pas à la vue de l'Homme; cependant, si on les approche de manière à les inquiéter, elles s’éloignent avec rapidité, et bientôt elles se sont soustraites au danger par la vitesse de leur course; leurs principaux ennemis sont les Lions, mais elles savent habituellement les distancer, et lorsqu'elles n'ont pas réussi à le faire, elles les frappent avec les pieds de devant et parviennent fort souvent à leur échapper.

On ne peut guère prendre en vie que des Girafes jeunes, et l’on recherche de préférence celles qui tettent encore. Les Animaux de cette espèce sont loin d'être rares dans plusieurs parties de l'Afrique, soit en Gafrerie on au Sénégal, soit du côté de l'Abyssinie et de la Nubie. On sait qu'ils existent aussi dans les régions centrales du même continent,

Les anciens ont connu ces curieux Ruminants. L'Hippardion ou Cheval-Pard d’Aristote est la Girafe mal définie, faute d'observations exactes. Il en est peut-être de même du Zemer cité par Moïse dans le chapitre XIV du Deutéronome.

Do leur côté, les Égyptiens ont laissé dans leurs peintures ou dans leurs bas-reliefs des figures très-reconnaissables de la Girafe, et qui ne permettent pas de douter qu'ils n’aient vu des exemplaires vivants de cette espèce.

gatharchide, parmi les Européens, a fourni l’un des premiers une indication précise de la Girafe, lorsqu'il a dit que «chez les Troglodytes habite Animal que les Grecs ont nommé Chameau-Léopard, nom composé, qui exprime la double nature de ce quadrupède; il a la peau variée du Léopard , l'extérieur du Ghameau, et il est d’une grandeur démesurée, Son cou est assez long pour qu'il puisse brouter le sommet des arbres, » Pline, Oppien et Héliodore parlent aussi de la Girafe, et les Romains l'ont possédée vivante dans leurs cirques. César en fit paraître en l'an 45 avant Jésus-Christ. Depuis cette époque jusqu’au règne de Gordien IT, on en montra plusieurs, mais on en ignore le nombre, On assure que Philippe, successeur de Gordien, en eut dix à la fois, Vingt-six ans après, en 274, Adrien en fit également voir à son triomphe.

Il en vint aussi en Europe pendant le moyen àge #t pendant la renaissance, mais plus rarement. Le soudan d'Égypte envoya à l’empereur Frédéric IL une Girafe, dont il est question dans les écrits d'Albert le Grand; le sultan Biba en cffrit une à Minfroi, fils naturel du même empereur, et le pacha d'Égypte en donna une autre à Laurent de Médicis : depuis lors il n’en vint plus que pendant le dix-neuvième siècle,

Buffon u’avait pu observer en nature les Animaux de ce genre, mais les collections faites en Afrique par les voyageurs, pendant la fin du dernier siècle ou pendant le commencement de celui-ci, ont permis à ses successeurs de se faire une idée plus exacte des Girafes, Plus récemment, on a amené vivants divers exemplaires de cette belle espèce, et on a même réussi à les faire reproduire plusieurs fois dans la ménagerie de Regent’s-Park, à Londres, On peut également citer quelques Girafes appartenant à des particuliers, et que l'on a fait voir dans plusieurs villes d'Europe; quelques-unes onf même fait après leur mort le sujet de divers Mémoires publiés par les naturalistes qui ont eu la bonne fortune de les disséquer (1). Main-

(1) Voir entre autres le Mémoire de MM. Joly et Lavocat, intitulé : Recherches historiques et 2oologiques, anatomiques et pütéontologiques sur la Girafe; Strasbourg 1845,

ORDRE DES BISULQUES,

tenant on voit des Girafes vivantes dans les jardins zoologiques de Londres, de Liverpool, de Paris et d'Anvers,

Deux des Girafes du Jardin de Londres, l’une appelé Guib-Allab, c'était le mâle, et l'autre nommée Zaïda, se réunirent pour la première fois le {8 mars 1838, et une seconde fois le ter avril de la même année, Le mâle faisait alors entendre un cri faible d’un timbre guttural. Plusieurs mois s'étant écoulés sans que la femelle donnât des signes de grossesse, on doutait que la fécondation eut eu lieu, mais bientôt son ventre commença à se gonfler, et l’on aperçut du côté gauche les premiers mouvements du fœtus; cependant, comme un an aprés Île dernier rapprochement, la parturition n'avait point encore eu lieu et que le développement de l'abdomen n'avait pas continué d’une manière bien sensible, on doutait de nouveau, lorsque des signes extérieurs d'une parturition prochaine se manifestérent dans les premiers jours de juin 1839, Enfin, le 13 juin du même mois, c'est-à-dire après 444 jours de gestation, Zaïda mit bas un petit : c’était un mâle,

Au bout d'une minute, il fit sa première inspiration, accompagnée d’un frémissement spasmodique de tout le corps; il prit une pose à sa convenance, continua à respirer d’une maniere très-régulière, et une demi-heure après, il fit des efforts pour se lever, D'abord, il se mit sur ses genoux de devant, puis il marcha bientôt, quoique vacillant un peu; il tourna autour de sa mére, Celle-ci ne l’aceueillit point comme on l'espérait, et tout ce qu’on put obtenir d'elle, ce fut un regard d'étonnement pour le jeune importun, qui lui resta dès lors tout à fait étranger; aussi, ne tarda-t-il pas à devenir malade, et le 28 juin, il mourut, À sa naissance , la jeune Girafe du Jardin zoologique de Londres mesurait déjà 6 pieds 10 pouces (mesures anglaises), depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, et elle avait plus de 5 pieds de hauteur, La queue avait 1 pied 5 pouces de long; la tête était moins effilée que celle des adultes, et les membres étaient proportionnellement moins grands, Son cou était aussi moins long, mais ses couleurs étaient à peu près les mêmes,

Guib-Allah et Zaï{a ayant été rapprochés de nouveau , une seconde fécondation eut lieu le 26 mars 1840, et 431 jours après, une seconde Girafe naquit dans le même établissement : c'était encore un mâle. La mére à lâquelle on laissa supporter sans l'aider tout le travail de de la parturition, eut pour son petit la tendresse qu'on espérait d'elle; le jeune Animal prit bientôt des forces, il continua à vivre, et on l’a envoyée plus tard au Jardin zoologique de Dublin, À une semaine, il avait déjà 6 pieds de haut; à trois semaines, il mangeait les mêmes aliments que sa mère, et il ruminait avec une égale facilité, En 1844, Zaïda produisit pour la troisième fois; en 1846, pour la quatrième; en 1849, pour la cinquième, et en 1853, pour la sixième, Son dernier rejeton, qui est maintenant adulte, a été cédé au Jardin zoolégique d'Anvers, où on lui à donné une compagne, que l’on supposait pleine au mois de septembre dernier,

FAMILLE pes CERVIDÉS

Les Cervidés ou l’ensemble des espèces que nous désignons par le nom de Gerfs ont, pour principal caractère, la forme particulière de leurs prolongements frontaux, Ge sont des saillies apophysaires qui prennent un développement plus ou moins considérable, suivant les espèces, et dont la partie osseuse est pleine dans toute son étendue, et simplement recouverte dans les premiers temps de son développement par une peau velne, Ges hois n'existent ordinairement que chez les mâles; cependant, les femelles des Rennes en portent également, [Is ne manquent dans aucun des Gervidés, mais leur développement varie suivant l’âge, et ils n'ont ni la mème forme, ni la même complication dans les différentes espûces, Dans le Gorf ordinaire, ils commencent par une simple pointe, à laquelle on donne le nom de ère où dague. Gette

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