ARS
SOU TEE
F. Guvier les nomme Dorakophores, c'est-à-dire porte-cuirasse, et Wagler Cingulata, par allusion aux bandelettes osseuses qui les recouvrent,
L'apparence extérieure des Tatous est certainement fort étrange, ct l'on ne peut nier qu'il n'aient, dans leur physionomie géntrale, une certaine analogie avec la classe des Reptiles ; mais l'ensemble de leurs caractères et leur conformation intérieure les rattachent de tout point à l'ensemble des Mammifères, et s'ils sont inférieurs à plusieurs égards aux Quadrupédes dont nous avons déjà parlé, ils n'en doivent pas moins être rangés dans la même classe, D'ailleurs cette infériorité leur est commune avec les autres Édentés, et comme eux, ils différent notablement de tous les autres Maminiféres par leurs caractères secondaires: celui de leur ‘arapace est certainement le plus curieux de tous,
Semblables à la plupart des Animaux de leur classe, les Tatous ont des oreilles externes , pourvues d'une conque assez étendue, et ils ont, comme tous les autres Mammifères, des mamelles pour la sécrétion du lait, dont ils se servent aussi pour la nourriture de leurs petits. Ces mamelles sont abdominales; leur nombre est tantôt de deux, tantôt, au contraire, de quatre, Les narines de ces Animaux ne sont pas percées dans un espace garni de glandes: la peau qui les entoure est nue, mais leurs cavités olfactives sont étendues, et les Tatous paraissent doués d'une grande finesse d'odorat, Leurs yeux sont pelits et à pupilles cireulaires ; enfin , ils ont les doigts plus où moins inégaux, habituellement au nombre de cinq, en arrière comme en avant, quelquefois de quatre seulement en avant, ct garnis d'ongles, souvent très-robustes, arqués, ce qui leur permet de fouiller le sol avee la plus grande facilité,
L'examen anatomique des mêmes Animaux a donné lieu à plusieurs remarques digi.ss d'être signalées, Leurs mâchoires , qui sont grôles et plus où moins allongées, sont toujours Sarnies de dents, mais ces dents varient pour la forme et pour le nombre, suivant les différents genres, J'ai pu constater leur mode de remplacement, dont aucun auteur n'avait encore parlé, et qui diffère beaucoup de celui des autres Mammifères, Dans le Cachicame, le seul Tatou que j'aie encore observé sous ce rapport, les molaires de lait, qui sont au nombre de sept en haut et en bas, sont moins arrondies que celles de la seconde dentition, et leur racine se dédouble en un chevron, dont les deux branches peuvent se séparer l'une de l'autre par suite de l'usure de la partie coronale, Les dents de remplacement poussent immédiatement au-dessous de celles de lait, qu'elles chassent comme des coins, en se plaçant entre les deux branches de leur racine, C'est un mode de remplacement bien plus semblable à celui des Grocodiles qu'à celui des Mammifères hétérodontes, J'en reproduis la figure à la page 254 du présent volume,
La langue des Tatous est douce et de forme conique; leur estomac, à peu près globuleux, estassez grand; leur intestin est rarement pourvu d'un cœcum, Leur squelette proprement dit, est également assez particulier, mais nous ne saurions insister ici sur les caractères nombreux qui le distinguent, On en trouvera la description et une bonne figure dans l'ouvrage de G, Cuvier sur les ossements fossiles,
Les Tatous ont le cerveau lisse, mais encore assez volumineux: cependant, ce sont des Animaux sans intelligence, Is vivent dans les bois où dans les grandes plaines de l'Amérique méridionale, et se nourrissent de substances animales, principalement de cadavres et d'insectes, 1s sont peu actifs, n'ont aucune méchanceté et peuvent être facilement retenus en captivité, On m'a assuré qu'une de leurs espèces avait reproduit en Belgique, dans le Jardin zoologique d'An-
Vers,
Aucune espèce de Tatous n'est étrangère à l'Amérique méridionale,
CFRVEAU DE Taroc, : ; 2,3 de grand et la taille de celles que l'on v connait est. en général, assez petite,
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FAMILLE DES DASYPIDÉS. 253
La plus forte de toutes, ou le Tatou Géant, surpasse de beaucoup les autres; cependant, son Corps n'a guère qu’un métre de longueur; le Chlamyphore, qui cest au contraire le plus petit, a tout au plus le volume d’un Hamster,
Buffon avait réuni dans un seul groupe les différentes espèces de Tatous qu'il connaissait, el c'est à cet ensemble d'espèces que Linné à donné le nom générique de Dasypus; mais les principes différents qui dirigent les naturalistes actuels et une connaissance plus complète des caractères des Tatous ont fait établir plusieurs genres parmi ces Animaux, et les Dasypus sont devenus la famille des Dasypidés, Ces genres sont ceux des Priodonte, Cabassou, Encoubert, Cachicame, Apar et Cllamyphore. Le nombre total des espèces comprises dans ces différents genres ne s'élève pas au-dessus de quinze, On pourrait les partager en deux tribus, suivant qu'elles ont la {eue conique ct longue, où au contraire courte et en massue, Le Chlamyphore, qui est dans ce dernicr Cas, ressemble sous ce rapport à quelques-unes dés grandes espèces appartenant à la même famille qui ont autrefois peuplé l'Amérique,
GENRE PRIODONTE (Priodontes, K, Guvier), Les ongles des Priodontes sont très-forts et leurs doigts trèés-inéaux aux pieds de devant; leur dos présente douze ou treize bandes mobiles entre les deux parties fixes de la carapace qui recouvrent le tronc en dessus; leur queue égale à peu prés la moitié du corps en longueur, et leurs dents sont en plus grand nombre que chez les espèces des autres #enres, Onen compte vingt-cinq paires supérieurement et vinglquatre inférieurement ; aucune des premières n'est msérée dans l'os intermaxillaire; toutes sont petites et sensiblement comprimées, surtout en avant, Aucun autre Édenté n'en présente un nombre aussi considérable,
PRIODONTE GÉANT (Priodontes gigas). Azara le nomme grand Talou, et G. Guvier Tatou géant. A à le corps long de 1 mètre environ et la queue de 0,30, On le rencontre au Pérou ; dans quelques parties du Brésil et dans la région de l'Amazone, C’est le plus grand de tous les Tatous actuellement existants.
GENRE ENCOUBERT (Zuphractus, Wagler). La cuirasse des Encouberts montre, entre Sa partie thoracique et sa partie fessicre, cinq ou six bandes mobiles ; les oreilles sont grandes ; la tête est plate et assez élargie; les ongles de devant sont forts, moins inégaux ; la queue est moins longue que le corps, mais encore assez allongée, et les dents qui sent cylindriques Sont au nombre de neuf paires à la mâchoire supérieure et de dix à l'inférieure, La premiére paire des dents supérieures est implantée dans l'os intermaxillaire et elle doit être considérée comme une dent incisive,
PRIODONTE GÉANT, 2/9 de grand,
L'ENcOUBERT Poyou (£uphractus sexcinclus) est l'une des espèces de cette famille qui ont été connues de Buffon, La disposition et la mobilité de sa carapace lui permettent de S'aplatir d'une manière vraiment singulière, et quand il repose, principalement lorsqu'il s’est étendu au soleil, il ressemble à un trés-gros Cloporte, Il est répandu au Paraguay et dans la région de la Plata, Sa taille approche de celle de la Marmotte, mais il est encore plus bas sur jambes, et d'ailleurs sa forme ne rappelle en rien celle du Rongeur auquel nous le comparons pour ses dimensions.
On peut rapporter au genre Encoubert le Tarou preuty d'Azara (Dasypus minutus , Dosm.), qui appartient à la Patagonie, et le Tarou vELU (Dasypus villosus, Desm.), ‘spéce propre à la région de la Plata, Ces doux Tatous ont 6té décrits pour la première fois Par Azara , dans son ouvrage sur les Mammifères du Paraguay,
ENcousenT Poyoc, 1/4 de grand. (Voyez p, 253.)
GENRE CABASSOU (Xenurus, Wagler). L'espèce qui lui sert de type ressemble beaucoup à l’Encoubert par sa taille et par ses caractères extérieurs, mais elle à un plus grand nombre de bandes mobiles entre la partie thoracique et la partie fessière du bouclier; ces bandes sont en général au nombre de douze, D'autre part, elle n’a aucune dent insérée dans l'os intermaxillaire, et sa formule dentaire est la même que celle des Apars ou des Cachicames.
La longueur de sa queue, ainsi que la disposition de ses doigts antérieurs, permet de la distinguer des Apars ; la forme de ses doigts, la brièveté de sa tête et la forme quadrilatère de ses écailles la séparent aussi très-nettement des Cachicames,
C'est le CABASSOU TATOU AY (Aenurus tatouay) où le Tatou à douze bandes (Dasypus uñicinctus, Linné), Buffon et Azara en ont parlé, Sa couleur générale est brunâtre; son corps est long de 0,05 et sa queue de 0,18; les écailles de cette dernière sont moins fortes que celles des autres Dasypidés; les ongles antérieurs sont forts, mais inégaux; le médius, qui est le plus gros de tous, a 0,45 de long; les oreilles sont grandes,
Ce Tatou habite principalement la Guyane et le Brésil.
GENRE CACHICAME (Cachicama). Le genre Cachicame de G. Cuvier, que M. Is. Geoffroy nomme en latin Cachicama , comprend des Tatous dont la forme générale a quelques rapports avec celles des Apars, mais dont la tête est plus longue, Les oreilles grandes; le bouclier dorsal et celui des lombes marqués de deux sortes de tubercules subcireulaires, les uns plus grands et les autres plus petits, placés entre les précédentes ; les bandes mobiles, au nombre de sept ou de neuf et la queue à peu près aussi longue que le tronc; les membres antérieurs n'ayant que quatre doigts, dont les deux intermédiaires plus forts et à peu près égaux; les dents au nombre de sept ou huit à chaque mâchoire ; toutes celles DENTS DE CACMICAME, grand. nat., montrant le mode de remplacement,
emble beauplus grand ouclier; ces nsérée dans iachicames, rmet de la quadrilatère
8 (Dasypus ; SON Corps fortes que nédius, qui
I, Is, Geofa quelques srandes ; le ulaires, les
mplacement,
FAMILLE DES DASYPIDÉS, 255
d'en haut étant implantées dans les os maxillaires et à une assez grande distance des incisives : voilà quels sont les caractères de ce genre, Il comprond :
Le CaAcnicAME Notn (Cachicama novem-cincla) ou le Dasypus novem-cinctus et le D, seplem-cinctus des auteurs ; on le nomme aussi Péba, Il a huit ou neuf bandes mobiles ; est généralement noirâtre; son corps est iong de 0,40 et sa queue de 0,30. C’est une espèce assez répandue au Brésil, à la Guyane et jusqu’au Paraguay. Elle est fort habile à creuser la terre,
M. Burmoister en sépare le Dasypus uroceras, qui est du Brésil, On doit en rapprocher le TATOU MULET d’Azara (Dasypus hybridus , Desm.) , qui a la queue un peu moins longue à proportion, dont la taille est un peu moindre et qui n’a que cinq, six ou au plus sept bandes mobiles, Celui-ci se trouve au Paraguay et dans quelques autres contrées voisines,
F. Cuvier réunissait les Cachicames et les Apars dans un seul genre, auquel il donnait le 10m de Tatusie (Zatusia), mais il est convenable de le séparer,
GENRE APAR (Tolypeutes, Illiger). Chez les Apars les plaques osseuses qui protégent la tête forment un premier bouclier bien circonscrit; la tête elle-même est assez allongée ; il ÿ à aussi un bouclier sur le dos et un bouclier sur la croupe, formés l’un et l’autre d’un certain nombre de plaques osseuses polygonales dépendant de la peau et recouvertes chacune par üne lame épidermique de même forme; la surface extérieure est garnie de tubercules émoussés plus ou moins visibles, selon l'espèce, et encadrés par une sorte de rebord; entre le bouclier dorsal et celui de la croupe sont trois bandes imbriquées, mobiles et formées chacune par une rangée Je plaques rectangulaires, également tuberculeuses à lvar face externe, et dont le grand diamètre est longitudinal, Cette disposition, qui est très-apparente à la face interne de ces plaques, est dissimulée extérieurement par l'imbrication des bandes et par l’épaississement de leur partie antérieur ; la queue est courte et garnie de gros tubercules granuleux à leur surface: le doigt médian, qui est court et épais, a son ongle très-fort et falciforme; l'index a ses phalanges plus allongées » Mais son ongle est moins grand; l’annulaire est court, mais encore assez fort; le pouce est faible et il n’y a pas toujours de doigt auriculaire, Les dents sont cylindriques , sauf les inférieures, qui sont plutôt ovalaires et plus petites que les autres; on en compte en tout huit ou neuf paires à chaque mâchoire ; les supérieures sont toutes implantées dans l'os maxillaire.
Les Apars sont des Tatous de moyenne taille dont la carapace est moins aplatie que celle des autres et qui jouissent à un haut degré de la propriété de se rouler en boule lorsqu'on les attaque : leur nom de To/ypeutes rappelle précisément cette particularité, On en signale deux espèces,
L’Apan DE BUFFON (Tolypeutes tricinctus), ou le Dasypus tricinctus de Linné, Il a le bouclier de couleur ambrée; ses doigts antérieurs sont au nombre de cinq et chacune des écailles de son dos et de sa croupe est imarginée; les poils de la région inférieure de son corps sont blanchâtres ; sa queue est Courte, aplatie et triangulaire, Cette espèce habite le Brésil, Sa taille est à peu près celle d’un Hérisson.
L’'AbaR A QUEUE GONIQUE (Tolypeules conurus, Is. Geoffroy), ou le Mataco d’Azara, vit dans le Tucuman et dans les pampas du Paraguay. Sa carapace est noirâtre; le sillon marginal de ses écailles est moins profond ; il paraît n'avoir que trois doigts antérieurs et sa queue est courte et de forme conique,
GENRE CHLAMYPHORE (Chlamyphorus, Harlan). Le pius petit des Tatous est aussi celui dont la carapace montre la Composition la plus simple, Le dessus de sa tête et de son corps est recouvert de bandes transversales, à peu près uniformes, quoique moins larges au-dessus de la boîte crânienne. Ces bandes, qui sont elles-mêmes formées de plaques plus petites, sont en tout au nombre de vingt-quatre; après elles et sur la région fessière est un bouclier vertical résultant de la réunion de cinq rangées concentriques de compartiments en polygones irréguliers ; un demi-cercle de poils assez forts sépare le bouclier des fesses de la
dernière bande lombaire ; la queue est aplatie et à peu près en spatule; elle tombe verticalement en arrière de l'Animal; la partie épidermique des plaques dorsales du Chlamyphore se détache facilement, et ce n’est pas sans quelque étonnement qu'on voit au-dessous d'elle une couche de poils doux, assez longs et presque en tout semblables à ceux des régions inférieures du corps, Il y a là une particularité dont nous ne saurions encore nous rendre compte, mais qui paraît en rapport avec l'infériorité organique du Chlamyphore, comparé aux autres Animaux de la même famille, et en mème temps avec quelque circonstance de son genre de vie. Ce Tatou a cinq düigts en avant et cinq en arrière; ceux de devant ont des ongles forts, subégaux, et par conséquent moins disproportionnés entre eux que ne le sont ceux des espèces propres aux autres genres; ses dents sont petites et au nombre de dix paires à chaque mâchoire,
Le CHLAMYPHORE TRONQUÉ (Chlamyphorus truncatus, Harlan) a la carapace de couleur päle et les poils gris blanchâtres, Son corps n'a que 0,13 en longueur et sa queue 0,32 seulement, 11 habite la province de Mendoza, qui appartient à la région des Andes et avoisine le Chili, Il passe une grande partie de sa vie sous terre, ce qui le fait comparer aux Taupes. La femelle porte ses petits sous son manteau écailleux, Un exemplaire de cette curieuse espèce à été donné au Muséum de Paris par le savant botaniste, M. CI, Gay, dont nous avons déjà cité les travaux relatifs à l'histoire naturelle du Chili
FAMILLE pes ORYCTÉROPIDÉS
L'Afrique nourrit dans ses parties australes et intertropicales un genre d'Édentés dont les affinités ont été d’abord assez mal interprétées par les naturalistes, Pallas n'ayant pu en observer qu'un jeune exemplaire, avait pensé que c'était un Fourmilier véritable, congénére de ceux de l'Amérique; et, en 1764, il en avait appelé l'espèce Myrmecophaga afra. En 1784, Gmelin, qui cite le mémoire de Pallas, donne au même Animal le nom de Myrmecophaga capensis, C'est-à-dire Fourmilier du Gap. Quelques renseignements avaient alors été recueillis sur les mœurs de ces prétendus Fourmiliers, par le voyageur hollandais Kolbe, qui les appelle Cochons de terre, comme le font d’ailleurs les colons hollandais du sud de l'Afrique, Wosmaer, compatriote de Kolbe, qui aimait à critiquer Buffon, cita le Fourmilier du Cap comme faisant exception à la loi formulée par ce dernier, relativement à la distribution géographique des Mammifères dans les deux continents , ce qui lui valut cette réponse de Buffon : « Nous avons dit et répété souvent qu'aucune espèce des Animaux de l'Afrique ne s’est trouvée dans l'Amérique méridionale, et que réciproquement aucun des Animaux de cette partie de l'Amérique ne s’est trouvé dans l’ancien continent, L'Animal dont il est ici question a pu induire en erreur des observateurs peu attentifs, tels que M. Wosmaer; mais on va voir par sa description et par la comparaison de sa figure avec celle des F'ourmiliers d'Amérique, qu'il est d’une espèce différente; qu’il n’a guère d’autres rapports avec eux que d’être de même privé de dents et d’avoir une langue assez longue pour l’introduire dans les fourmilières, » (Buffon, Suppl. à l'Hist, nat., t. VD).
Il suffisait d’ailleurs que l’espèce de ce prétendu Fourmilier ne fût pas la même que celle des Fourmiliers américains pour qu'on ne la citât pas comme faisant exception à la règle posée par Buffon, et Gmelin, aussi bien que Pallas, reconnaissaient cette différence spécifique, Mais c'était encore trop peu accorder; car un nouvel examen montra que le Fourmilier africain était beaucoup plus différent de ses congénères supposés qu’on ne l'avait admis, P, Camper ayant eu l’occasion d'étudior un crâne de cet Animal, vit qu’il était pourvu de dents, tandis que les véritables Fourmiliers en manquent. Le Mémoire que Camper rédigea à cet égard fut
verticalement dre se détache le une couche inférieures du ‘ompte, mais 6 aux autres son genre do ongles forts, IX des espèces res à chaque
ce de couleur eue 0,32 seu- + et avoisine ‘aux Taupes, : curieuse esit nous avons
ntés dont les ’ayant pu en le, congénère fra, En 1784, yrmecophaga été recueillis jui les appelle frique, Wos- 1 Cap comme éographique ffon : « Nous trouvée dans tie de l’'Améa pu induire r par sa desque, qu’il est même privé s, » (Buffon,
me que celle a règle posée cifique, Mais ilier africain . P. Camper lents, tandis cet égard fut
FAMILLE DES ORYCTÉROPIDÉS. 257
adressé à Pallas, qui le fit parattre parmi ceux de l'Académie de Saint-Pétersbourg pour l’année 1780, En 1795, E, Geoffroy apprécia plus exactement encore les différences qui séparent le Cochon de terre des Fourmiliers véritables, lorsqu'il le sépara génériquement de ces derniers sous le nom d'Oryctérope. Ces différences ont même une assez grande intensité pour justifier la formation d'une famille particulière d'Édentés, dont l'Oryctérope est encore le seul genre connu,
GENRE ORYCTÉROPE (Orycteropus, E. Geoffroy). Le tronc est allongé, ainsi que la tête et la queue, Les oreilles sont droites, grandes et en cornet, Le corps est bas sur jambes et les ongles sont propres à fouir, Il ÿ à quatre doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière; les deux antérieurs externes et les deux latéraux des pieds de derrière sont un peu plus courts que les autres : aucun doigt n’a sa phalange onguéale bifide, Le crâne est allongé sans être grêle ; sa forme est subeylindrique ; il est pourvu d'une arcade zygomatique complète, La mâchoire inférieure est grêle, mais son apophyse coronoïde et son condyle sont assez élevés, À ces caractères et à ceux que l’on pourrait tirer de la forme du squelette, il faut ajouter la conformation singulicre des dents des Oryctéropes, Il y en a sept paires à la mâchoire supérieure et six à l'inférieure; la première de celles d'en haut est très-petite, un peu écartée des autres et caduque; celles qui suivent vont en grossissant jusqu’à l’avant-dernière; la cinquième et la sixième de la série totale sont les plus grosses de toutes; la dernière est à peu près égale à la quatrième, Les dents inférieures vont aussi en croissant jusqu’à l’avantdernière; la sixième est intermédiaire pour son volume à la troisième et à la quatrième, Les deux plus grosses dents supérieures et inférieures ont une rainure bilatérale très-évidente, comme si leur fût résultait de la fusion partielle de deux cylindres distincts. En outre, la structure des dents des Oryctéropes est tout à fait spéciale. Leur tissu est moins dur que celui des dents de la plupart des autres Mammifères, et il n’est pas recouvert d’émail, La surface triturante est aplatie, et la portion radiculaire, qui reste constamment indivise, est percée sur sa face inférieure d’une multitude de petits trous qui donnent à l’ensemble de la dent l'aspect d’un petit cylindre de jonc. Les premiers auteurs qui ont observé cette disposition curieuse ont émis l’idée que les dents des Oryctéropes pouvaient être considérées comme formées par la réunion d’une multitude de petits corpuscules dentaires associés les uns aux autres, ce qui en ferait des dents Pour ainsi dire composées, En effet, l'observation microscopique a montré que le bulbe s’y divise en une multitude de filaments qui se dirigent verticalement comme les éléments divers d’un même faisceau et que les tubes creux en représentent la portion non ossifiée. Les parties coronaies de la dent sont plus denses , parce que ces petits bulbes y sont plus complétement osseux, et dans une coupe transversale assez mince pour être examinée par transparence sous le microscope, on voit très-bien cette disposition, dont MM. Richard Owen et Duvernoy ont publié de bonnes figures, Dans la coupe de certaines dents, il existe entre les bulbes élémentaires une quantité plus ou moins grande de matière cémenteuse , et la disposition des éléments anatomiques dans lesquels la dent est ainsi décomposée affecte alors une apparence assez différente, (Voyez la figure, page 243.)
Le squelette des Oryctéropes a été décrit par G. Cuvier, et, en 1837, M. H.-F, Jœger a donné, sur leur Splanchnologie, quelques détails qu’on trouvera consignés dans sa thèse inaugurale soutenue, à Stuttgard , sous la présidence de M. Rapp.
Les Oryctéropes n'existent point ailleurs qu’en Afrique, Quoiqu'ils soient fort gros, et que leur corps ait plus de 1 mètre de long, sans compter la queue, ils sont insectivores. Ce sont les Fourmis qui fournissent surtout à leur alimentation; mais, comme elles sont fort abondantes dans les pays où vivent ces étranges Mammifères, ils peuvent se les procurer en quantité suffisante ; aussi se tiennent-ils de préférence dans les plaines, parce que les grandes fourmilières y sont en plus grand nombre. Celles-ci forment des monticules qui simulent des dômes où des meules épars çà et là sur le sol. Ces lieux sont solitaires et arides, et l'Oryctérope, qui jouit d’une grande facilité pour fouiller le sol avec ses pattes, s’y établit des abris souter-
rains, « La terre, dit Kolbe, sort de demeure à cot Animal: il s’y creuse une grotte, ouvrago qu'il fait avec beaucoup de vivacité et de promptitude, et s’il a seulement la tête ou les pieds de devant dans la terre, il s’y cramponne si bien que l'Homme le plus robuste ne saurait l'en arracher, Lorsqu'il a faim, il va chercher une fourmilliére ; dès qu'il a fait cette bonne trouvaille, il regarde autour de lui pour voir si tout est tranquille et s’il n’y à point de danger, Il ne mange jamais sans avoir pris cette précaution; alors il se couche en plaçant son groin tout près de la fourmilière; il tire le langue tant qu'il peut, les Fourmis montent dessus en foule, et, dès qu’elle en est bien «euverte, il la retire et les gobe toutes : ce jeu recommence plusieurs fois et jusqu’à ce qu'il soit rassasié, Afin de lui procurer plus aisément cette nouriture, la nature toute sage a fait en sorte que la partie supérieure de cette langue , qui doit recevoir les Fourmis, est toujours couverte et comme enduite d'une manière visqueuse et gluante, qui empêche ces faibles Animaux de s'en retourner lorsqu'une fois leurs jambes y sont empêtrées : c'est là sa manière de manger, Il a la chair de fort bon goût et trés-saine. Les Européens et les Hottentots vont souvent à la chasse de ces Animaux, Rien n’est plus facile que de les tuer; il ne faut que leur donner un petit coup de bâton sur la tête, » Cependant, au dire de Leveillant, la chair des Oryctéropes est si fort imprégnée de l'odeur musquée des Fourmis qu'il n'a pu en manger,
On n'avait d’abord observé les Animaux de ce genre que dans les régions de l'Afrique qui avoisinent le cap de Bonne-Espérance ; mais Lesson on a reçu plus récemment un exemplaire pris en Sénégambie; M, d’Abbadie en a trouvé en Abyssinie, et MM, Hodenborg et d'Arnaud en ont rapporté en Europe des exemplaires pris dans la région du Nil blanc, Tous ces Oryctéropes ont les mêmes mœurs, la même taille et les mêmes caractères généraux; ils diffèrent cependant les uns des autres par quelques particularités mais qui sont tout à fait secondaires, Telles sont une coloration plus ou moins foncée et des proportions un peu différentes du crâne et des os des membres, Les auteurs qui en ont étudié la peau et les ossements, tels que MM. Lesson, Sundevall et Duvernoy, croient pouvoir y distinguer trois espèces : la première propre à l'Afrique australe et plus anciennement connue (Orycteropus capensis) ; la seconde particulière à la Sénégambie (Orycteropus senegalensis, Lesson), et la troisième du Nil blanc ainsi que de l’Abyssinie (Orycteropus æthiopicus, Sundevall), L'examen comparatif d’un plus grand nombre d'Oryctéropes permettra seul de décider de la valeur des caractères par lesquels ces trois espèces supposées différent entre elles, et jusqu’à ce que cet examen ait pu être fait, il semble convenable de suspendre tout jugement à leur égard,
FAMILLE pes MYRMÉCOPHAGIDÉS
Les Édentés qui rentrent dans cette famille sont plus généralement connus sous le nom de Fourmiliers, et Buffon a réuni à leur sujet de nombreux documents, Ils comprennent trois espèces servant actuellement de types aux trois genres différents des Myrmécophages, des Tamanduas et des Myrmidons. Leur caractère commun le plus remarquable est de manquer de dents aux deux màâchoires ; leur langue est filiforme et très-extensible; leurs doigts sont garnis d'ongles fouisseurs qui constituent en même temps leur principal moyen de défense, Le nombre de ces organes n'est pas le même dans les différentes espèces, et la forme générale du corps présente aussi des différences notables, dont on s’est servi pour rendre plus parfaite la caractéristique des genres dans lesquels on les divise, Ces Animaux soni presque entièrement dépourvus d'intelligence. On ne les trouve que dans les contrées les plus chaudes de l'Amérique, On ne possède point encore à leur égard tous les renseignements désirables,
GENRE MYRMÉCOPHAGE (Myrmecophaga), La physionomie des Fourmiliers de ce
otte, ouvrago e ou les pieds ie saurait l'en e bonne troude danger, Il ant son groin ent dessus en
| recommence at celte nourgue, qui doit visqueuse et ‘urs jambes y et très-saine, en n’est plus ête, » Cepenleur musquée
l'Afrique qui an exemplaire y et d’Arnaud nc, Tous ces généraux ; ils nt tout à fait un peu diffées ossements, s espèces : la capensis) ; la troisième du on comparatif les caractères e cet examen
us le nom de rennent trois ophages, des t de manquer s doigts sont e défense. Le rme générale plus parfaite eentiérement les de l’Amé- 1,
miliers de ce
des avant-bras présente antérieurement une demi-manchette noire ; les pattes de en grande partie noirâtres. Les poils de la ligne médio-dorsale s’allongent et ceux de la queue, qui sont encore plus développés, donnént à cette dernière l'apparence d’un grand éventail, apparence que sa disposition comprimée rend encore plus évidente. Les allures des Tamanoirs sont fort différentes de celles des autres Animaux et leur laille est considérable, exemplaires ont près de { mètre et demi pour le tronc et la tête, et de { mètre pour la queue,
FAMILLE DES MYRMÉCOPHAGIDÉS, 250
goure est des plus singulières, Leurs poils qui sont longs et rudes au toucher se développent sur la queue en manière de panache où de cripière ;
; Jour corps est comprimé et haut sur jambes, ot, ce qui ajoute à leur bizarrerie , ils ont la tête allongée comme une sorte de tube terminé à
son oxtrémité par la bouche, qui apparaît sous la forme d'une petite fente temps en temps la langue ; celle-ci est fort longue et fort mince, Los oreilles sont droites, ovales et velues, Les yeux placés sur les côtés et fort loin de l'extrémité du rostre sont de grandeur moyenne; enfin la démarche est grave ot les doigts sont fléchis, ce qui oblige ces Animaux à porter sur le sol par la face dorsale de leurs phalanges, I v à cinq doigts en avant et autant on arritre; les premiers sont inégaux entre eux,
L'unique espèce de ce genre se tient à terre; elle deur,
par laquelle sort da
Surpasse notablement les autres en gran-
C'est le Mynuécornace TAMANOIR Fourmilier,
(Myrcophaga jubata , L.), appelé aussi grand
Mynuécornace TAMANOIN, 1/8 de gran,
Sa couleur générale est gris brun varié de noir sur le devant du cou et sur les épaules,
où il y a une bande noirâtre qui remonte obliquement le long des flancs; la partie inférieure
derrière sont
Quelques
Deux Animaux de cette espèce ont été amenés vivants en Angleterre, où j'ai pu les voir à la
Ménagerie de Regent's parck, M, R, Owen, qui a eu la possibilité d’en faire depuis lors la dissection, s'occupe en ce moment de rédiger les nombreuses observations d'anatomie que celte étude lui à permis de recueillir, Ces Fourmiliers étaient essentiellement nourris avec du pain trempé dans du lait; mais on a constaté qu’ils aimaient aussi le sang, et on les a vus mettre en pièces pour en sucer les chairs un Lapin qui lour avait été livré,
L'Amérique intertropicale est la patrie de ces grands Fourmiliers,
260 ORDRE DES EDENTES,
G, Cuvier a donné, dans son ouvrage sur les ossements fossiles et dans ses Leçons d'anatomie comparée, des détails sur leur ostéologie et sur quelques-uns de leurs viscéres, Leur crâne allongé est dépourvu d'arcade zygomatique , comme celui des autres Myrmécopha=
gidés, A l'état de liberté, les Tamanoirs vivent solitaires, Is ne sont pas absolument dépourvus de
la faculté de grimper, Leur femelle n’a qu'un seul petit à chaque portée, On assure qu'ils q savent fort bien se défendre à l’aide de leurs fortes griffes, et qu'ils peuvent résister aux C Ocelots et aux plus grands Félis du Nouveau-Monde, GENRE TAMANDUA (Tamandua), Genom est emprunté au grand ouvrage du naturaliste hollandais Séba ; il est à la fois la dénomination vulgaire et générique du second Fourmilier, Celui-ci à pour caractères principaux son système digital, à peu près semblable à celui du Tamanoir, mais avec une tête moins allongée, une queue en partie nue et un pelage moins épais; sa queue est préhensile sans l'être autant que celle du Myrmidon, qui diffère d’ailleurs du Tamandua et du Tamanoir par le moindre nombre de ses doigts, On n’a encore démontré l'existence que d’une seule espèce de Tamandua , le TAMANDUA TÉTRADACGTYLE (l'amandua telradactyla) ; mais cette espèce renferme plusieurs variétés, et Desmarest en distingue même complétement le Fourmilier à queue annelde du Brésil, Les Tamanduas sont longs d'environ 1 métre, dont moitié pour le corps et la tête, moitié pour la queue, Ils grimpent aux arbres pour y chercher les insectes, et principalement les m Fourmis, On assure qu’ils mangent aussi lo miel des Aboilles sauvages, de Ces Animaux vivent dans les forêts de plusieurs régions de l'Amérique intertropicale, P. GENRE MYRMIDON (Myrmidon, Wagler). Ce genre aussi nommé Didactyles par m F, Cuvier, Dionyx par M, Is, Geoffroy, et Cyclothure par M, Gray, à pour type une espèce essentiellement arboricole, moins grande à beaücoup près que celles des genres précédents so et dont les caractères sont faciles À saisir, Sa tête, fort courte si on la compare à celle du in Tamandua, et surtout du Tamanoir, est plus dilatée dans sa partie cérébrale, et sa face a ris presque l'apparence d’un bec; sa langue est aussi moins longue; son corps est ramassé ; sa no poitrine est protégée par des côtes fort élargies et imbriquées; ses doigts sont au nombre de deux en avant et de quatre en arrière; ceux de devant sont à beaucoup prés les plus forts; di sa queue est plus longué que le reste du corps; elle est forte à la base et dénudée en dessous Le dans une partie considérable de sa portion terminale, d' Lo M'nMIDON DIDACTYLE (Myrmidon didactylus), auquel Buffon réservait plus parti- dei culiérement le nom de Fourmilier, vit principalement à la Guyane et au Brésil, C'est un qu Animal à peu près grand comme un Surmulot, mais à corps plus trapu, dont le pelage est me doux au toucher et d’un blond jaunâtre assez brillant relevé par des teintes roussâtres; une des ligne rousse plus foncée longe le dos chez certains individus et manque chez d’autres, On a Pa quelquefois distingué deux espèces de ces Fourmiliers, mais il n’a pas encore été possible de go! démontrer la vérité de colle opinion, ex.
Le Myrmidon didactyle passe une grande partie de sa vie sur les arbres; sa marche est en lente et silencieuse; son régime consiste essentiellement en Fourmis et autres insectes qu’il | attrape avec sa langue, dont la surface est recouverte par un enduit visqueux, Sa femelle ne G. fait qu’un petit, qu’elle dépose dans un nid, dont le creux d’un arbre et quelques feuilles constituent les éléments. Ses mamelles sont au nombre de quatre. L’intestin de ce petit gra Mammifère présente un caractère que nous ne devons pas oublier de signaler ; sa séparation tan en intestin grêle et en gros intestin est indiquée par la présence de deux cœcums pairs qui me
rappellent ceux de beaucoup d'oiseaux,
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FAMILLE DES MANIDÉS,
FAMILLE pes MANIDÉS
Les Pangolins ou les Manis de Linné sont, sans contredit, ceux de tous les Mammifvres qui différent le plus des autres par leur apparence extérieure, Le dessus et les côtés de leur Corps, la surface entière de leur queue et leurs quatre membres sont prolégés par nombreuses écailles cornées, implantées dans le dernx la manière de nos ongles, et dont les séries sont im Mig comme les tuiles ou les ardoises qui recouvrent Les toit C'est le seul exemple d'un semblable mode de léguments que l’on puisse signaler dans la elasse des Mammifères , et même dans tout l'embranchement des Animaux vertébrés , car l'écaillure des tarses chez les Oiseaux ou celle du cor p des Roptiles ordinaires et los écailles des Poissons ont un structure tout autre, L'aspect extérieur des Pangolins r'ap-
Pare où Pancouïn, 1E 6 ere pelle, cependant, celui de quelques Reptiles , et ces Ani-
maux ont été nommés assez souvent Zézards écailleur ; mais on sait que les prétendues écailles des Sauriens ne sont qu'un simple épaississement de l’épiderme, et qu’elles sont susceptibles de muer, tandis que les écailles onguiformes des Pangolins sont persistantes, Un autre caractère de ces Animaux est de manquer compléte- | ment de dents,
Les Mammifères de la famille des Manidés ou Pangolins sont peu nombreux en espéces, Ce sont des Animaux propres à l’ancien monde; on ne les trouve que dans l'Afrique australe et intertropicale, ainsi que dans le midi de l'Asie ou dans quelques-unes de ses îles, Ils se nourrissent principalement de Fourmis : on n’en fait assez généralement qu’un seul genre sous lo nom de Pangolins.
GENRE PANGOLIN (Wanis, Linné), Ce genre, que Brisson appelle Pholidotus, c'est-àdire écailleux, a cependant été divisé en deux (Phataginus et Pangolinus) par Rafinesque, Les Animaux si bizarres que l’on y réunit ont, comme nous l'avons déjà dit, le corps couvert d'écailles, sauf aux parties inférieures du cou et du u'onc, et leurs mâchoires manquent de dents. Les écailles de leur tête et celles de la partie inférieure de leurs pattes sont plus faibles que les autres; leurs yeux sont petits; leurs oreilles manquent de conque auditive; leurs | mamelles sont au nombre de deux et pectorales ; enfin, leurs membres, qui sont courts, ont | des ongles allongés, surtout en avant, et les doigts y sont au nombre de cinq. La queue des Pangolins est longue et forte; elle représente à peu près un demi-cylindre, Les vertèbres y sont parfois en nombre plus considérable que chez les autres Mammifcres, les Baleines exceptées. Le Pangolin à longue queue en a 46, mais d’autres n’en ont que 26, tandis qu'il y en à 40 chez le Myrmidon.
Le squelette des Pangolins présente plusieurs autres particularités importantes, dont G. Cuvier et d’autres anatomistes ont donné la description,
Ces Animaux ont jusqu’à un mètre de longueur totale, mais il y en a des espèces moins grandes. Ils se tiennent dans les forêts, creusent le sol avec leurs ongles pour s'y faire des tannières, ou bien se retirent dans le creux des arbres, Leur nourriture consisle principalement en Fourmis, Ils vont les chercher jusque dans les fourmilières, qu’ils bouleversent avec leurs ongles, A part cela, ils sont inoffensifs, et l'Homme n’a rien à en redouter, Dans plusieurs parties de l'Afrique, on les recherche à cause de leur chair, qui est bonne à manger, mais partout où l’agriculture a fait quelques progrès, ils sont déjà devenus rares. Quand onles inquiète, ils se roulent en boule, et leurs écailles constituent leur principale défense, Leurs mouvements sont lents; ils grimpent parfois sur les arbres. Plusicurs naturalistes se sont
appliqués à distinguer exactement les diverses espèces de la famille des Pangolins, M. Focillon, qui à réuni dans un travail spécial la plupart des documents qu’on avait publiés à cet égard, compte neuf espèces de ces Animaux,
I. Les unes ont la queue de la longueur du corps ou plus courte,
1. Il y en a parmi elles qui ont seulement onze ou treize séries d’écailles dorsales, ce sont :
Le PANGOLIN DE TEMMINGK (Manis Temminchi, Smuts). Il habite l'Afrique, depuis le pays des Cafres jusque sous l'équateur, "1, Hodenborg l'a même retrouvé dans le Sennaar,
Le PANGOLIN A QUEUE LARGE (Manis lalicaudata, Iliger) qui vit dans l'Inde. On le prend à Madras, à Pondichéry, au Bengale, et, à ce qu’il parait, dans l'Assam, C’est peut-être le Phaltagès d'Élien,
PANGOLIN DE L'INDE, 1/8 de grani,