I. HYALE TRIDENTÉE Hyalæa tridentata, Lamarck
Lamarcrk, list, nat. des an. s. vert., t. VI, p: 286.
Anomia tridentata, FonskauL, Faun. arab., p.124, et Jcones, tab. XL, fig. B.
Monoculus telemus ? Linxé.
Cavolina natans, Avirp@aarp, Soc. d’hist. nat. de Copenhague, 1. 1, p. 191, tab. X.
Hyalæa cornea, Lamancr, Syst. des an. s. vert., p. 140.
Hyalæa papilionacea, Borx Dg Saixr-VixcenT, Voy., t. I,p. 137, pl. 5 fig. À, A-r.
Hyalæa teniobranchia, Péron et Lesueur, Ann.
du Museum, t. XV, pl. 3, fig. 15.
Hyalæa Chemnitziana? Lrsugur, Bull. par la Soc. philom., n° 69, p. 284.
Hyalæa Forskahlii, vx Brainvue, Dict. des se. nat., t. XXII, p. 79.
Hyalæa Peronii, ve Branvirze, éd., p. 80.
Hyalæa affnis, Arc. »'OnBieny, Por. t. V, p. 91, pl. 5, fig. 6-10.
(PI. XIL, fig. 1-4. — PI. IL, fig. 1-5, et fig. 6.)
IT .,testà subglobosà, pellucidä, fusco-corneà, infrà globosà et anticè transversim striatà, supernè depressâ et quinquè costatà; cuspide terminah lateralibus longiore , conico-acutà , ad apicem supernè inflexà ; aperturà transversà, angustà ; labro infero, crasso, rotundato, in medio depresso; labro dorsali anticè producto, truncato, acuto, lateraliter emarginato, infrà subinfleæo.
Var. a.) Testä minore, fuscata.
Var. b.) Testä minore, tenui, pallide lutea.
Animal, pede lateraliter lato et trilobato, infra
violaceo; appendicibus pallii ad extremita-
tem fuscrs.
Coquille subglobuleuse, translucide, d’une couleur jaune-roussàtre, légèrement nuancée de rose en dessous, beaucoup plus pâle et
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presque blanche en dessus. La face inférieure, fortement bombée, un peu rentrante à sa partie antérieure qui est marquée de stries transversales très fines ; la face supérieure, plus déprimée, présentant cinq côtes longitudinales qui convergent en arrière vers la pointe médiane, et aboutissent en avant à une espèce de bourrelet arrondi qui circonscrit celte face dans ce sens. Les fentes latérales, assez larges à leur partie moyenne, par l’écartement des lames supérieure et inférieure de la coquille, interrompues en avant par une espèce d’articulation qui a lieu entre ces deux lames, la supérieure présentant une dépression dans laquelle est reçue une dent de l’inférieure. Les pointes latérales, peu prononcées, formées surtout par la saillie que fait la lame inférieure en débordant la supérieure ; la pointe médiane ou terminale, beaucoup plus longue, légèrement courbée en dessus, à son extrémité, L'ouverture, transversale et étroite, surlout sur les côtés; le bord inférieur, épais et arrondi, un peu réfléchi en dehors et présentant une dépression assez marquée sur la ligne médiane; le bord supérieur, tranchant, se prolongeant en avant en une espèce de bec qui s’infléchit légèrement audevant de l'ouverture.
L'animal a les expansionslat érales du pied larges, trilobées à leur bord externe, et séparées en avant par une échancrure profonde qui vient se terminer à la bouche. Toute la partie inférieure du pied est teinte d’une belle couleur violacée qui s’affaiblit graduellement vers les bords. Les appendices latéraux du manleau présentent souvent à leur extrémité une coloration brunâtre foncée.
Dimensions de la coquille. Longueur ou diamètre antéro-postérieur, 148 millimètres ; largeur ou diamètre transverse, 40 millimètres ; hauteur, 8 millimètres.
Observations. Cette espèce, comme on peut le voir par la synonymie que nous en donnons, a reçu un assez grand nombre de noms.
Lamarck, qui l’avait d’abord désignée sous le nom de cornen, lui a restitué plus tard celui de tridentata, sous lequel elle avait été décrite, pour la première fois, par Forskahl., M. Lesueur lui
avait imposé, dans sa monographie des Hyales, un troisième nom, celui de A. Forskahlii, qui a été adopté, on ne sait pourquoi, par M. de Blainville et par quelques autres zoologistes (1).
M. Lesueur avait regardé, comme distinctes de cette espèce, l’Hyale qui a servi aux recherches anatomiques de Cuvier, et celle qui a été figurée par Chemnitz ; il avait proposé de désigner la première sous le nom de /1, Peronii, et la seconde sous celui de H. Chemnitziana ; mais ces deux espèces établies, l’une d’après des différences supposées dans l’animal, et l’autre d'après une figure inexacte de la coquille, ne doivent pas être conservées (2). Il en est de mème de la H. teniobranchia, ainsi appelée par Péron, d’après l’idée que les lobes latéraux du manteau servaient de branchies (3). Enfin, la Cavolina natans d'Abildgaard n’est encore évidemment, d'après ce qu’en a dit cet auteur, que la /Z. tridentata de la Méditerranée.
Varietes. Gette espèce présente deux variétés qui se distinguent par des dimensions plus petites : l’une de ces variétés se fait remarquer, en outre, par une coloration foncée de l’animal et de la coquille; l’autre, au contraire, est d’une couleur jaune très claire et presque transparente. C'est à la première de ces deux variétés que nous rapportons les H, affinis, d'Orbigny, et papilionacea, Bory-Saint-Vincent, établies surtout d’après leurs dimensions plus petites, et d’après quelques autres caractères tirés de l'animal ou de la coquille, mais non exacts.
Dans ces deux variétés, le diamètre antéropostérieur de la coquille n’est que de 12 millimètres environ, le diamètre transverse de 7 millimètres, et la hauteur de 6 millimètres.
Habitation. Cette espèce habite l'océan Atlantique et la Méditerranée ; jusqu’à présent on n’a signalé dans les autres mers que les deux va-
(4) C'est sous ce nom que M. Rang l'a désignée dans la planche IT de cette monographie.
(2) Ces deux espèces n’ont été du reste établies que nominalement par M. Lesueur, dans le Bulletin par la Société philomatique (n° 69, p. 384). Dans son article Hy4Le du Dictionnaire des sciences naturelles, M. de Blainville n’a fait mention que de la H. Perontü, qu'il a regardée comme la même que la H.teniobranchia.
(3) M. Rang avait aussi adopté cette espèce dans les planches de cette monographie.
riétés dont nous avons déjà parlé. D’après les observations de M. d'Orbigny et d’après les nôtres, la première de ces variétés appartiendrait à l'océan Pacifique; nous avons recueilli la seconde dans l’océan Indien, où elle a été trouvée aussi par M. Dussumier, dans le golfe du Bengale, d’après un individu déposé dans la collection du Muséum de Paris. Gette collection possède aussi plusieurs individus qui nous ont paru appartenir à la première variélé et qui ont été recueillis par M. Bory-Saint-Vincent et par M. Rang dans la Méditerranée.
Cette espèce a été trouvée, à l’état fossile, aux environs de Palerme et dans l’île d’Ischia, d’après M. Philippi (1). On l’a rencontrée aussi à cet état, dans les environs de Bordeaux (2).
Outre les auteurs que nous avons cités dans la synonymie, cette espèce a été encore décrite et figurée, ou décrite seulement, sous les différents noms qui lui ont été donnés, par un assez grand nombre d'auteurs que nous croyons devoir indiquer ici, pour compléter, autant que possible, son histoire; ces auteurs sont :
GMELIN, Anomia tridentata, Syst. natur., p. 3345.
Cneunirz, Anomia tridentata, Conch., 8, p. 65, vig. 13, £.F,G.
Dizwin, Anomia tridentata, Catal., t. 1, p. 296.
Port, Caulina natans, Test. utriusq. Sicil., t. WA, p. 39, pl. 44, f. 12-20.
De Roissy, Hyalæa cornea, Hist. nat. des moll., Baffon de Sonnini, t. V, p. 73, pl. 52, f. 2.
Bosc, /1. tridentata, Hist. nat. des cog., t. M, tab. IX, f. 4; et Dict. d'hist. nat., t: XV, tab. XXXV, f. 43.
D£ Brave, Hyaletridentée, Manuel de malac., pl. 46,.f,2:
Desnayes, À. tridentata, Encycl. meth., Vers, t. II, p. 309.
Sowerey, A. tridentata, Genera of shells. Pteropoda, £, 1.
Pur, H. tridentata, Enum. molluse. Sicil., t'il pr 1010ELL Ep 040;
CANTRAINE, H. tridentata, Malac. Medit., p. 26, pl. 4, € 3.
(1) Parzippr, Énum. moll. Sicil., t. L, p.101, ett. I], p. 71.
(2) La collection du Muséum de Paris en possède un individu provenant de cette localité.
GENRE
Souzuyxer, {1 tridentata, Voy. de la Bonite, t. Il, p. 137, pl, 4, f. 1-5.
D'Oumienx, A. Forskahli, Voy. dans l'Amer.
mérid., t. V, p. 89, pl. 5, f. 1-5.
Les figures données par ce naturaliste, très bonnes pour la coquille, sont inexactes pour l'animal.
IT. HYALE A CROCHET.
Hyalæa uncinata, Raxc.
(PI. IL. fig. 11-14.)
IL. testà globulosà, hyalinà, superné depressà et quinquè costatà&, infrà valdè curvatà et anticè strüs transversalibus impressâ ; spinis lateralibus acutis ; spinà terminali vel medianà uncinatà ; aperturà angustà, profundà, labro supero obtectà.
Animal, pede lateraliter lato et trilobato , albido et subpellucido ; appendicibus pallii anqustis et longissimis.
Coquille globuleuse, hyaline, déprimée et ornée de cinq côtes en dessus, très bombée en dessous et marquée, dans ce sens, de stries transversales à sa partie antérieure. Les pointes latérales aiguës ; la pointe terminale ou médiane fortement recourbée en crochet vers sa face supérieure. L'ouverture étroite, profonde et presque entièrement cachée par le bord supérieur qui s’abaisse au-devant d'elle.
L'animal présente les mêmes caractères que dans l'espèce précédente. Toutes ses parties sont blanches et transparentes, à l'exception de la masse viscérale qui est brunâtre. Les appendices latéraux du manteau sent très longs et forment comme deux longues lanières que l’animal traine après lui, et qui débordent beaucoup la coquille en arrière (1).
Dimensions de la coquille. Longueur, 7 millimètres; largeur, 5 millimètres ; hauteur, 4 millimètres et demi.
(4) La figure que M. Rang a donnée Ce l'animal de cette Hyale, dans les planches de cette Monographie, est inexacte. Nous renvoyons à celle que nous en avons donnée dans la Zoologie du voyage de la Bonite (Mollusques, pl. 4, fig. 8).
HYALE.
Observations. M. Rang, à qui l’on doit la découverte de cette espèce, l’avait désignée sous le nom de /. uncinata dans les planches de cette Monographie ; mais c’est M. d'Orbigny qui l’a, le premier, décrite, en lui conservant le nom que M. Rang lui avait assigné.
Cette espèce a beaucoup de rapports avec la précédente; elle s’en distingue par ses dimensions plus petites, par sa forme plus globuleuse, par ses pointes latérales qui sont plus aiguës, et par sa pointe médiane qui est plus courte et fortement recourbée en forme de crochet; elle en diffère surtout par la disposition de la lèvre supérieure de l'ouverture, qui est beaucoup moins saillante en avant et qui s’abaisse presque perpendiculairement au-devant de cette ouverture (1).
Variètes. Gette espèce varie un peu sous le rapport des couleurs; la coquille est tantôt hyaline ou transparente, avec une légère teinte rosée qui est surtout marquée à sa face inférieure ; tantôt elle présente une coloration jaunâtre plus ou moins foncée, semblable à celle de l’espèce précédente {2).
Habitation. Gette Hyale parait se trouver dans toutes les mers ; mais elle est commune surtout dans l'océan Atlantique.
Elle n’a été décrite encore que par un petit nombre d'auteurs qui sont :
D'Onmieny, Voy. dans l'Amer. merid.,t. V,p.93, pl 5, f. 11-15.
Dessnayes, An. s. vert. de Lamarck, 2° édition, t. VIL, p. AIS.
Soureyer, Voy. de la Bonite, t. I, p. 440, pl. 4, f. 8-12.
(1) L'espèce que M. Deshayes a décrite sous le nom de Hyalæa Rangii (Encyclopédie méthodique, t. IX, p. 310) nous parait devoir être rapportée à celle-ci.
(2) D’après quelques individus qui existent dans la collection du Muséum de Paris, cette espèce présenterait une variété à dimensions un peu plus petites, entièrement transparente, et caractérisée encore par la saillie moins prononcée de la pointe terminale et des épines latérales de la coquille ; mais ce n’est peut-être qu’une variété d'âge. Ces individus ont été recueillis à l'ile de Sainte-Croix, aux Antilles, par M. A. d’Arrainville, et au port Jackson, par MM. Quoy et Gaimard,
HI, HYALE GLOBULEUSE.
Hyalæa globulosa, Raxc.
(PL. II, fig. 15-18.)
H., testà globosâ, hyalinä, infrà perconvexà et anticè transversim strialà, supernè quinquè costatà ; spinis perbrevibus ; labro supero brevi, galericulato, antè aperturam inflexo.
Animal, pede lateraliter trilobato , albido et subpellucido.
Coquille globuleuse, marquée de cinq côtes en dessus, très bombée en dessous et striée transversalement à sa partie antérieure. Les épines latérales très courtes ; la pointe terminale ou médiane courte et recourbée en dessus. L'ouverture étroite, profonde, cachée par la lèvre supérieure qui est un peu en forme de casque. — Gette coquille est transparente, un peu rosée seulement en dessous, surtout à sa partie antérieure et le long des fentes latérales.
L'animal est entièrement semblable à celui de l’espèce précédente ; il est d’un blanc transparent dans presque toutes ses parties. Les appendices latéraux du manteau paraissent seulement moins développés (1).
Dimensions de la coquille. Longueur, 5 millimètres; largeur, 4 millimètres; hauteur, 4 millimètres.
Observations. On doit encore la découverte de cette espèce à M. Rang qui l'avait seulement nommée sur les planches de cette Monographie; nous l'avons, le premier, décrite dans la Zoologie du voyage de la Bonite.
Cette Hyale ressemble beaucoup à la précédente; mais elle en diffère par sa forme encore plus bombée, par la disposition de la lèvre supérieure qui s’infléchit perpendiculairement audevant de l’ouverture, et par le peu desaillie des épines latérales et de la pointe terminale ; celleci ne forme plus qu'une petite épine qui se recourbe immédiatement vers la face supérieure.
Variétés. Cette espèce ne nous a pas présenté
4) Nous devons encore dire que la figure de Panimal, donnée par M. Rang sur les planches de cette Monographie, n'est pas exacte ; nous renvoyons également à celle que nous en avons donnée dans la Zoologie du voyage de la Bonite.
de variétés sous le rapport de sa forme et de sa coloration.
Habitation. Elle paraît appartenir, comme la précédente, à toutes les mers. M. Rang l'avait recueillie dans les mers de la Nouvelle-Hollande; M. Reynaud l’a trouvée dans l'océan Indien, d’après un individu qu’il a déposé à la collection du Muséum de Paris ; nous l’avonsrencontrée nous-même dans les océans Indien, Pacifique, Atlantique, et dans les mers de la Chine ; mais elle est cependant assez rare.
Depuis que M. Rang en a donné une figure dans cette Monographie, cette espèce n’a été encore décrite que par nous, dans la Zoologie du voyage de la, Bonite, t. I, p. 142, pl. 4, f. 20-24 (1).