‹ Histoire naturelle des mollusques ptéropodes; monographie comprenant la description de toutes les espèces de ce groupe de mollusquesChapitre 9 sur 79 · FAMILLE DES HYALES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES HYALES

GENRE HYALE œ HYALZÆ A, Lamarck.

Cavolina, Abildgaard; Tricla, Oken; Archonta, Denis de Monfort.

Corpus in partem anticam et posticam divisum : parte anticâ, disco musculoso et laterater aliformi infra ainstructo; parte posticà globosà, in testà inclusâ, pallio antice aperto, lateraliter oris duabus marginato et appendicibus munito, circumductà. Caput non distinctum, tentaculis duobus claviformibus suprà instructum : tentaculo dextro invaginato. Oculis nullis. Os anticum et inferum, labs duobus longitudinaliter marginatum. Anus sinistrorsum ad marginem pallü situs. Orificia generatiomis in latere dextro, et disjuncta : orificio virgæ ante basim tentaculi dextri, altero posticè in latere colli, sitis. Branchiæ pallio tectæ, circà viscerum massam dispositæ et anticè interruptæ, foliaceæ, dextrorsüm pectinatæ , siistrorsm longitudinaliter bifidæ.

Testa vitrea, tenuis, fragilis, translucida, globosa vel subglobosa, symetrica, posticè tricuspidata, anticè et lateraliter aperta : aperturû antice dilatatä, at cavitate testæ semper angustiore, lateraliter difissà. Operculum nullum.

Corps formé de deux parties distinctes : l’une, antérieure ou céphalo-thoracique, pourvue inférieurement d’un large disque musculaire analogue au pied des Mollusques gastéropodes, et dilaté de chaque côté en une large expansion aliforme; l’autre, postérieure ou abdominale, globuleuse, renfermée dans une coquille et enveloppée d’un manteau ouvert en avant, bordé latéralement par deux replis en forme de lèvres, et muni, dans ce sens, d’appendices diversiformes, très extensibles. Tête non distincte, pourvue supérieurement de deux tentacules ren-

flés en massue à leur sommet: le tentacule droit contenu dans une gaine. Point d’yeux. Bouche antérieure et inférieure, bordée sur les côtés de deux replis labiaux qui se prolongent en divergeant sous le pied. Anus situé à gauche, non loin du bord antérieur du manteau. Orifices de la génération au côté droit et séparés : celui de la verge tout à fait antérieur, en avant et en dedans du tentacule droit ; l’autre plus en arrière, sur le côté du cou. Les branchies, contenues dans une cavité intérieure du manteau et décrivant autour de la masse viscérale une ellipse interrompue à la partie antérieure, constituées par des séries de lames feuilletées qui forment un peigne du côté droit, tandis que, du côté gauche, elles sont disposées suivant deux lignes longitudinales et parallèles.

Coquille vitrée, mince, fragile, translucide, globuleuse ou subglobuleuse, symétrique, tricuspidée postérieurement, ouverte en avant et sur les côtés : l'ouverture antérieure toujours plus étroite que la cavité intérieure de la coquille; les ouvertures latérales, en forme de fentes, se prolongeant jusqu’au bord postérieur et se continuant en avant avec l’ouverture antérieure. — Pas d’opercule.

Historique. On sait que l'espèce sur laquelle le genre Hyale a été établi par Lamarck, en 1801, dans le Systeme des antnaux sans vertebres (1), avait été décrite d’abord sous le nom

(1) Lanrarck, Syst. des an. s. vert., 1801, p. 139. — Bien ayant que Lamarck eût établi le genre Hyale, Gioëni, qui s’est rendu célebre en histoire naturelle pour avoir décrit, comme un animal, l'estomac de la Bulla lignaria, avait proposé ce genre sous le nom de Gioënia, dans un mémoire publié à Naples en 1783. Gioëni a donné, dans cette bro-

d’Anomia tridentata par Forskahl qui l’avait recueillie dans la Méditerranée ; on sait aussi que les Hyales furent laissées parmi les bivalves, jusqu’à ce que Guvier eût fait connaître par la description détaillée de l'animal, sur lequel Forskahl n'avait donné que des renseignements obscurs, ses affinités avec les Pneumodermes et les Clios, et eût formé de ces trois genres de Mollusques l’ordre des Ptéropodes (1). Gependant Lanartinière, l’un des naturalistes de l’expédition de Lapeyrouse, et Forster, compagnon de Cook, avaient déjà reconnu, comme nous l'ont appris Guvier et M. de Blainville, l’analogie de l’Anomia tridentata de Forskahl, avec les petits mollusques testacés que Brown avait décrits longtemps avant sous le nom de Clos et qui, bien que différents des Glios d'aujourd'hui, appartiennent, comme nous l’avons déjà vu, au même groupe. Depuis le travail de Cuvier, les zoologistes ont généralement adopté la place que ce célèbre naturaliste a assignée au genre Hyale, à côté des Clios et des Pneumodermes.

Plusieurs années après, M. de Blainville reprit l’histoire du genre Hyale, dans le Journal de physique (2), en donna une description beaucoup plus complète et fit remarquer que ces Mollusques avaient été étudiés jusqu'alors dans une position renversée, c’est-à-dire qu’on avait pris la face ventrale pour la dorsale et réciproquement. M. de Blainville fit voir aussi dans ce travail que les Hyales, bien loin d’appartenir à un nouveau type, dans l’embranchement des Mollusques, comme l'avait pensé Cuvier, se rapprochaient beaucoup des Bulles et des Bullées auprès desquelles il fallait par conséquent les placer.

MM. Delle Chiaje (3), Alcide d’Orbigny (4),

Cantraine (5), Van Beneden (6), etc., se sont

chure, une description assez exacte de la roquille, accompagnée d’une figure. Il ajoute, en note, que l’animal, observé par le docteur Philip. Caulini, faisait sortir de la coquille deux membranes avec lesquelles il se mouvait comme avec deux ailes.

(1) Cuvier, Mémoire sur l'Hyale, etc., déjà cité.

(2) Journal de ;/hysique, t. XCILI, p. 81 (1821).

(3) Descrizione e notomia degli animali invertebrati della Sicilia citeriora, vol. 1, p. 85, tav. 34 (1841).

(4) Voyage dans l'Amérique méridionale, 1. V, p. 77 (1835).

(5) Malacologie méditerranéenne, p. 23 (1840).

(6) Mémoires de l'Académie royale de Bruæelles, t. XII, p. 29.

aussi occupés depuis de l’organisation des Hyales ; ce dernier surtout a consacré à ces Mollusques un mémoire très détaillé dans lequel il a ajouté des détails importants à ceux que la science devait déjà à Cuvier et à M. de Blainville, Enfin, à ces travaux et recherches, nous ajouterons les observations que nous avons publiées nous-même, plus récemment, sur ce genre dont nous avons donné une description complète (1).

Moœurs, habitudes, distribution geographique, ete. Les Hyales habitent surtout les régions de la zone torride ; mais elles s’avancent aussi plus ou moins dans celles des zones tempérées. Elles sont assez communes dans toutes les mers.

Ces Mollusques se meuvent avec beaucoup de vitesse au moyen de leurs expansions natatoires qu'ils agitent comme des ailes. Cette natation a toujours lieu dans une position renversée, c’està-dire la face inférieure ou ventrale de l'animal étant tournée en haut, ainsi que nous l'avons déjà dit dans nos généralités sur les Ptéropodes (2). Cette particularité, dans les habitudes des Hyales, avait été reconnue par M. de Blainville, d’après la coloration plus foncée de la face inférieure de l'animal et de sa coquille, avant qu’elle eût été confirmée par l'observation directe. Pour le genre de nourriture des Hyales, leur mode de reproduction, etc.,nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit à ce sujet, dans nos généralités sur les Mollusques ptéropodes.

Le genre Hyale est, dans le groupe des Ptéropodes, celui qui parait contenir jusqu’à présent le plus d'espèces. Les zoologistes en ont décrit un assez grand nombre ; mais plusieurs de ces espèces n’ont été établies, comme nous le verrons bientôt, que sur de simples variétés, ou n’ont pas encore été caractérisées d’une manière suffisante pour qu’on puisse les inscrire dans les catalogues d’une manière définitive. — Quelques espèces de Hyales se trouvent à l’état fossile.

Dans la description que nous allons donner

(1) Zoologie du voyage de la Bonite, t. IX, p. 100 et suir.

(2) C’est dans ce sens que l’on a généralement fait représenter l'animal des Hyales, sur les figures qui en ont été données; cette position met mieux en évidence les parties extérieures, le pied et la bouche; mais, dans la description, il faut supposer l'animal placé en sens contraire, afin d’assiguer aux organes leur véritable position.

GENRE

des espèces qui composent ce genre, nous les disposerons de manière à passer des plus globuleuses à celles qui, par leur forme plus allongée et un peu triangulaire, font le passage aux Cléodores.

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