‹ Histoire naturelle des mollusques ptéropodes; monographie comprenant la description de toutes les espèces de ce groupe de mollusquesChapitre 20 sur 79 · I. CLÉODORE CUSPIDÉE · texte numérisé non relu

I. CLÉODORE CUSPIDÉE

Cleodora cuspidata, Quoy et Garmarn.

Quoy et Garmarn, Zoolos. de l’Astrol., pl. 27, f 120:

Hyalæa cuspidata, Bosc, Cogq., t. I, p. 238, pl. 9, f. 5-7.

Hyalæa tricuspidata, Bowoicu, Elem. of conchol., CAE

Cleodora Lessonii, RaxG, pl. 5 de cette monographie, f, 4-3.

Cleodora quadrispinosa ? Ranc, même pl., f. 6.

Cleodora pleuropus ? Raxe, pl. 10 de cette monographie, {. 8.

(PI. V, fig. 4-3. — PI. X, fig. 3.)

C., testà rhomboïdali, pellucidà, fragilissimä , anticè rostratà, posticé uncinat@, lateraliter compressà et cuspidibus longis, acutis, canaliculatis instructà ; infrà, in medio convex& et levigatä, lateraliter obliquè sulcatä; supernè carinatà , costis lateralibus ornatä et sulcis obliquis impressû; apertur@ triangulari; labro infero rotundatim truncato; labro supero triangulari, anticè rostro prælongo et acuto terminato.

Animal, pede lateraliter extenso et bilobato, posticè lobato, albido et subpellucido.

La coquille de cette espèce a, dans son ensemble, la forme d’un losange dont l'angle antérieur se prolonge en une longue pointe; les angles latéraux se terminent également par deux longues épines dirigées en dehors et un peu en avant, et creusées d’une rainure qui est comme le prolongement de l'ouverture; l’angle postérieur, formé par l'extrémité terminale de la coquille, est recourbé en dessus, et se termine par un

GENRE CLÉODORE. 19

petit renflement ovoide. La face inférieure, convexe et lisse à sa partie moyenne, est fortement déprimée et marquée de sillons transverses sur les côtés; la face supérieure, comme carénée sur la ligne médiane, ou parcourue, dans ce sens, par une arûte longitudinale qui la divise en deux parties égales, présente, en outre, deux côtes latérales qui, de l'extrémité postérieure, se portent en divergeant jusqu’au bord antérieur de l'ouverture ; cette face est encore marquée, dans toute son étendue, de sillons transverses ou plutôt obliques, dans le sens des stries d’accroissement. L'ouverture, de forme triangulaire et assez large en avant, se prolonge, en se rétrécissant, sur les côtés de la coquille, comme dans les Hyales auxquelles cette espèce fait le passage; la lèvre inférieure est tronquée et arrondie; la lèvre supérieure, qui déborde beaucoup la précédente, se prolonge en un long rostre formé par la carène de la face dorsale, — Gette coquille est mince, très fragile, et d'une grande transparence dans toutes ses parties.

L'animal a les expansions latérales du pied allongées, bilobées, et réunies à leur base par un lobe intermédiaire bien distinct et semi-circulaire, Les bords du manteau forment, sur les côtés, deux longs appendices qui correspondent aux pointes latérales de la coquille. La masse viscérale est colorée en vert et en rouge foncé; les autres parties de l'animal sont blanches et transparentes (1).

Dimensions de la coquille. Longueur, 16 millimètres; largeur, en y comprenant les pointes latérales, 16 millimètres; la même, sans comprendre les pointes latérales, 6 millimètres; hauteur, 5 millimètres.

Observations, Gette espèce a été décrite, pour la première fois, par Bosc qui l’avait rapportée aux Hyales. M. Rang, l'ayant trouvée dans les collections recueillies par M. Lesson, en fit une espèce distincte, sous le nom de Cleodora Lessonii, et c’est sous ce nomque ce naturaliste

(4) Les différentes figures que M. Rang a données de cette Cléodore sur les planches de cette monographie ne représentent pas d’une manière suffisamment exacte les caractères de Panimal et ceux de la coquille Celtes qu’en ont publiées MM. Quoy et Gaimard.d’Orbigny, Cantraine, etc., laissent aussi à désirer sous quelques rapports. (Voir celles que nous en ayons données dans le Voy. de la Bonite.)

l’a indiquée sur les planches de cette monographie; cependant, d’après ce que M. Lesson nous apprend à ce sujet, M. Rang aurait reconnu plus tard que cette espèce ne différait pas de la C, cuspidata de Bosc (1).

Nous croyons qu'il faut également rapporter à cette Cléodore celle que M. Rang a fait représenter, sur les planches de cette monographie, sous le nom de C. quadrispinosa, et que M. Lesson a décrite, sous la même dénomination, dans la Zoologie du Voyage de la Coquille (2). D'après la description de cet auteur et d’après Ja figure qui en a été donnée , il nous paraît probable que cette espèce n’a été établie que d’après quelque observation incomplète ou inexacte.

Enfin, l’espèce dont Eschscholtz avait fait le genre Pleuropus, et que M. Rang a rapportée aux Cléodores, sous le nom de C. pleuropus (pl. 10 de cette monographie, f. 8), n’est peut-être encore qu'un individu jeune de la €, cuspidata, car cette dernière est la seule dont le manteau présente, sur les côtés, des appendices comme dans l'espèce d’Eschscholtz; à la vérité, ces appendices sont doubles dans celle-ci, tandis qu'ils sont simples dans la C/codore cuspidée (3).

La C. cuspidata se distingue facilement de toutes les autres espèces de Cléodores par sa forme, par la longueur de son rostre et des pointes latérales, et par son extrémité postérieure recourbée en crochet, comme dans la plupart des Hyales.

Tous les individus de cette espèce que nous avons examinés nous ont présenté une assez grande uniformité, sous le rapport de leurs dimensions et de leurs autres caractères.

Habitation. Gette Cléodore se trouve surtout dans l'océan Atlantique où nous l’avons recueillie en assez grande quantité; M. Lesson dit l'avoir trouvée aussi abondamment dans la mer des Indes qui baigne la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande.

Outre les auteurs que nous avons cités dans

(1) Lesson, loc. cit., p. 247.

(2) LEssoN, même ouvrage, p. 248.

(3) Nous sommes porté à croire, d’après la forme de ces appendices, qu'ils n'appartenaient pas à l’animal, sur l’espèce observée par Eschscholtz, et que ce naturaliste a pris pour des appendices du manteau quelque corps étranger retenu dans la cavité de ce dernier.

is MOLLUSQUES PTÉROPODES.

la synonymie, cette espèce a été encore décrite par les auteurs suivants :

De Roissy, Hyalæa cuspidata, Hist. nat. des Moll., tv ple74>

Lawanck, 1. cuspidata, t. VI, 2° partie (1"° édit.), p- 286.

Brainvilze, M. cuspidata, Dict, des sc. nat., t. XXII, p. 82.

Lussox, Cleodora Lessoniü, Voy. de la Coquille, t lp 247, pl 40 FM

D'Onniexx, A. cuspidata, Voy. dans l'Amériq.

merid., t. V, p. 142, pl. 7, f. 20-24.

Canrraine, C. cuspidata, Malacol. méditerran., p. 29, pl. 4, f. 8.

Durre Cuiase, C, cuspidata, Descriz. e notom. dezlianimali inverteb., ete., vol. 1, p. 86, tab. 35.

Panaivrr, C. cuspidata, Enum. moll. Sicil., vol. IT, P72e

Soureyer, C. cuspidata, Voy. de la Bonite, t. X, p. 176, pl. 6, f. 11-16.

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