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GENRE CLEODORE 3 CLEODORA, Peron et Lesueur.
Clio, Brown; Pleuropus, Eschscholtz; Vaginella? Daudin.
Animal, ut in Hyalæis; disco musculoso vel pede trilobato; pallio appendicibus lateraliter non munilo; branchiis membranaceis, symetricis, circà massam viscerum posticé et lateraliter dispositis.
Testa vitrea, tenuis, fragilis, translucida , symetrica , trigona vel conica, anticè aperta; aperturà lat. — Operculum nullum.
Animal semblable à celui des Hyales; le disque musculaire antérieur ou le pied toujours divisé en trois lobes bien distincts, deux lobes latéraux et aliformes, un lobe postérieur et intermédiaire; le manteau dépourvu d’appendices latéraux ; les branchies membraneuses, symétriques, disposées en fer à cheval en arrière et sur les côtés de la masse viscérale,
Coquille vitrée, mince, fragile, translucide, symétrique, de forme triangulaire ou conique, ouverte à sa partie antérieure : l'ouverture toujours aussi large que la cavité intérieure. — Pas d’opercule.
Historique. Péron et Lesueur ont établi ce genre, dans leur Æistoire de la famille des Pteropodes, pour y ranger les petits Mollusques testacés que Brown avait décrits sous le nom de Clios dans son Histoire de la Jamaïque, et qui avaient été expulsés depuis de ce dernier genre par les changements successifs qu’y avaient introduits Pallas et Bruguière. Adopté d’abord par Lamarck, ce genre l’a été depuis par presque tous les zoologistes.
L'organisation des Cléodores a été étudiée par MM. Rang, Quoy et Gaimard, Van Beneden, et par nous-même, dans la Zoologie du Voyage de la Bonite (1).
(4) Voir cet ouvrage, t. IE, p.165.
Observations. Ainsi que nous venons de le dire, le genre Cléodore a été adopté par Lamarck, et, à son exemple, par la plupart des zoologistes, d’après l’idée inexacte que l’on s'était d’abord formée de ses caractères; depuis que les observations de MM. Rang, Quoy et Gaimard, etc., ont fait voir que les Mollusques qui le constituent, bien loin de ressembler aux Glios, comme on l'avait cru d’après les détails donnés par Brown, offrent la plus grande analogie avec les Hyales, quelques auteurs ont proposé de les confondre avec ces derniers Mollusques, dans un seul et même genre. En effet, la plupart des caractères zoologiques et anatomiques des Hyales se retrouvent aussi dans les Cléodores; ces dernières présentent cependant, dans l'animal comme dans la coquille, quelques différences qui peuvent justifier leur séparation en un genre distinct, si l’on n’accorde pas aux coupes de cet ordre une trop grande valeur.
Ces différences se trouvent, pour l’animal, dans la forme des expansions latérales du pied qui sont plus allongées, toujours bilobées et distinctes du lobe postérieur ou intermédiaire {1}; dans l’absence des appendices latéraux du manteau ; enfin, surtout, dans la conformation particulière du cœur, ainsi que dans la disposition et la structure des branchies (2).
Quant à la coquille, quoique les deux genres semblent se confondre sous ce rapport, lorsqu’on étudie la série des espèces qui les composent, on peut trouver encore, dans sa forme, des caractères suflisants pour les distinguer :
(1) Cette forme du pied n’est pourtant pas propre aux Cléodores seulement, car nous avons vu que quelques espèces du genre Hyale, les Æ. quadridentata et trispinosa la présentent aussi.
(2) Voir la description anatomique que nous avons donnée des Cléodores dans la Zoologie du voyaye de la Bonite (loc. cit).
ainsi, elle est plus triangulaire dans les Cléodores, et son ouverture est toujours aussi large que sa cavité, ce qui, comme nous l'avons déjà dit, n'a pas lieu dans les Hyales, dont la coquille est toujours plus étroite et comme contractée à son ouverture.
M. Rang avait divisé le genre Cléodore en trois sous-genres, savoir : les CLéonores proprement dites, les Crésérs et les Triprères.
M. Rang a compris dans le second de ces sousgenres, celui des Cnés£is, les Cléodores à coquille conique et très efMilée; mais ces espèces se lient aux vraies Cléodores par des nuances tellement graduées, qu'il n’est guère possible d'établir une limite entre elles. Quant au caractère assigné par cet auteur à l'animal des Créséis, et qui consisterait dans un manteau non dilaté sur les côtes, il ne différencie en rien d’essentiel celles-ci des Cléodores proprement dites, puisqu'il n’est que la conséquence des modifications survenues dans la forme de la coquille, modifications que le manteau traduit toujours d’une manière exacte (1).
Parmi les espèces comprises par M. Rang dans son sous-genre des Créséis, il en est pourtant quelques unes, les C. acicula et virgula, qui présentent réellement dans la forme des nageoires, et dans quelques autres points de leur organisation, des particularités qui font de ces espèces un petit groupe bien distinct (2).
Le troisième sous-genre renferme les Tnrirrknes de MM. Quoy et Gaimard, Mollusques sur lesquels on n’a pu avoir jusqu’à présent des renseignements suflisants et qui nous paraissent devoir être rapportés aux Cuviéries.
Mœurs, habitudes, distribution géographique, elc. Les Cléodores sont, comme les Hyales, répandues dans toutes les mers ; mais elles ne paraissent plus confinées seulement dans les mers des régions tropicales ou des zones tempérées ; certines espèces atteignent mème des latitudes très élevées : ainsi la C/eodora australis est très commune dans les mers du cap Horn, et les naturalistes du #oyage au pôle sud ont égale-
(4) Avant M. Rang, M. Lesueur avait déjà proposé le genre SryL10LE, pour les Cléodores à coquille conique et très allongée, (Voir le Manuel de malacologie de M. de Blainville, p. 655.)
(2) Voir les détails anatomiques que nous avons donnés sur ces espèces, dans la Zoologie du Voyage de la Bonite.
ment rencontré, au milieu des glaces de ce pôle, une grande et belle espèce très voisine de la C. balantium.
Les Cléodores se prêtent aux mêmes considérations que les Hyales sous le rapport de leurs mœurs et de leurs habitudes.
Nous commencerons la description des espèces de ce genre par celles qui se rapprochent le plus des Hyales par leur forme, et nous terminerons par celles qui, sous ce rapport, semblent faire le passage aux genres suivants,