‹ Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des épimaques; ouvrage orné de planches, dessinées et gravées par les meilleurs artistes;Chapitre 1 sur 63 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

. Cerre histoire naturelle des oiseaux de Paradis et des Épimaques a été entreprise à une époque où nous espérions nous livrer exclusivement à la publication de diverses monographies sur les oiseaux. ”

Nos premiers travaux durent embrasser quelques familles plus remarquables par leur beauté, car nous dûmes d’abord consulter le goût des bibliophiles avant de rechercher celui plus exclusif des naturalistes de profession. C'est ainsi que nous avons été engagé à publier les Oseaux-Mouches et les Colibris (1), que les succès les plus flatteurs ont accueillis. Nous ignorons si Jamais les circonstances nous permettront de mettre au Jour l'histoire des soui-Mangas , celle des Gallinacées, etc., et plusieurs autres, pour lesquelles nous avons recueilli de nombreuses notes pendant notre séjour à Paris.

(1) 3 vol. grand in-8°., avec plus de 200 planches coloriées.

vi PRÉFACE.

On ne peut se dissimuler aujourd’hui la défaveur qui accompagne, en France, les travaux descriptifs de zoologie pure. Une sorte d’indifférence étudiée et de dédain superbe sont prodigués aux hommes qui se livrent exclusivement aux plus belles branches de l'histoire naturelle, par ceux qui cependant sont chargés de les faire prospérer. Cela tient à cet ancien adage si puissant encore ,jurarein verba magistri, et plus peut-être à cet engouement qu'éprouvent les esprits superficiels pour ces aperçus prétendus philosophiques, qui frappent de discrédit et de mépris les observations rigoureuses et les déductions logiques et simples des faits. Puis il en est advenu, de la part du gouvernement, une sorte d’apathie sinécuriale : 1l a protégé plutôt quelques individus que la science elle-même. Par suite, le public est devenu froid en voyant chaque jour des savans s’appropriant les dépouilles des chaires qui sont inféodées à leurs familles, en les maintenant dans un rigoureux mutisme. Il résulte de ce système qu'en moins de vingt années la France arrivera graduellement au rang de l'Espagne et du Portugal, les deux nations les plus arriérées dans les sciences naturelles; et que, déshéritée

PRÉFACE. vi) du sceptre que lui léguèrent les Buffon, les Daubenton, les Lacépède et les Cuvier, elle recevra en humble vassale les lumières de l’Angleterre et de l'Allemagne, nations qui acquièrent chaque jour une prépondérance légitime dans l'Europe savante, par la masse de leurs découvertes !

Rochefort, 10 avril 1835.

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