CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Bec allongé, aminci, légèrement fléchi, solide, comprimé sur les côtés, épais à la base, pointu à l'extrémité; a commissure ample, rebordée , abaissée à l'angle et allant jusqu'aux yeux ; enveloppé en dessus de plumes serrées, veloutées, s'avançant sur les fosses nasales, qu'elles recouvrent en partie. L'arête du bec est légèrement échancrée, et entame les plumes du front à la base. Les bords des mandibules sont coupans, lisses, et toutes les deux s’amincissent à leur pointe et présentent chacune deux échancrures ou dentelures latérales.
Les narines sont médiocres, latérales, et ouvertes presque à la naissance du bec par une fente horizontale, nue; à demi fermées par une mem-
brane où s'implantent les plumes du front. Leur langue est tasse) subcartilagineuse, triangulaire, obtuse et trés-entière.
Les pieds sont médiocres, robustes, fortement scutellés, accolés en dessous, adoigt intermédiaire le plus long ,et soudé par la base à l’externe, tandis que l’interne est libre. Le pouce est puissant, robuste, et tous les doigts sont terminés par des ongles dr ns comprimés sur les côtés.
La queue se compose de dix à douze rectrices; elle est rectiligne et courte, ou très-longue et très-étagée.
Les ailes sont médiocres, s'étendant jusqu'a la naissance de la queue, a une et deux rémiges dolabriformes dans quelques espèces, et les suivantes obtuses ou coupées carrément.
Le plumage des mâles est généralement doux, éclatant, métallisé ou velouté. Celui des femelles est roussâtre, ondé de brun, et sans aucunes parures. Quelques espèces ont les plumes des flancs allongées en faisceaux larges et métallisés, ou se terminant en brins décomposés, ou .se prolongeant en soies arrondies, etc.
Observations. Les épimaques constituent une pelite tribu naturelle, et bien distincte des huppes et surtout des promerops, avec lesquels on les avait jusqu'a ce jour abusivement confondus. Ce sont-en effet des oiseaux qui ont tous les caractères des paradisiers, à l’exceplion de l'allongement et de la forme recovrbée qué prend le bec. Mais on remarquera une même disposition dans les plumes veloutées du front s’avancant sur les narines, la forme générale et les caractères du bec denté à l'extrémité des mandibules : comme chez les paradisiers, la commissure de la bouche est ample et s'étend jusque sous l'orbite. Les tarses sont robustes, scutellés; les mêmes ressemblances se font remarquer dans la soudure, la longueur, la disposition des doigts; dans la forme des ongles, les parures des flancs, les plumes veloutées du corps, leur éclat métallique, la livrée terne des femelles, une patrie identique, et sans aucun doute des mœurs communes.
Les épimaques sont donc, par tous leurs caractères, de véritables paradisiers. Les promerops, au cofitraire, doivent être placés à une distance notable d'eux. Leur corps allongé et mince, leurs jambes basses et proportionnellement plus grosses, la manière d'être de leurs doigts, la forme recourbée de leur bec,
tout indique qu’on doit les classer à la suite des souïi-mangas ou cinnyris, et loin de la grande famille des corbeaux.
Les habitudes des épimaques ne sont point connues. Leurs dépouilles proviennent de la Nouvelle - Guinée, et sont vendues aux Européens mutilées par les peuplades noires qui vivent sur cette grande île. Une seule espèce habite le nord de la Nouvelle-Hollande.
I". GENRE. — PTILORIS.
(Ptiloris, Swainson, Zool. Journ., t. I, p. 479.)
Synony mie.
ÆEpimachus, Lesson, Zool. de la Coquille et Cent. zool.
CaracrÈres. (PI. XXVIII.) Bec plus long que la tête, comprimé sur les côtés , légèrement arqué ,pointu , à commissure s’ouvrant jusque sous l’œil. Narines en partie cachées par les plumes écailleuses (et non veloutées) du front. Ailes courtes, concaves, s’étendant jusqu’au croupion; à première et deuxième rémige étroites, courtes, pointues, les suivantes arrondies. Queue médiocre, arrondie, formée de douze rectrices circulaires à leur sommet, qui est mucroné. Plumes des flancs, larges , lâches, arrondies , comme écailleuses et frangées sur leurs bords. Tarses médiocres, scutellés , robustes , terminés par trois doigts dont le moyen est le plus long; et se trouve soudé à la base avec l’interne. Pouce robuste, puissant ; tous les doigts armés d’ongles recourbés, acérés, comprimés.
Plumage des males séricéeux, avec des plumes métallisées, écailleuses ; celui des femelles roussâtre, grivelé et sans éclat.
Observ. Le genre ptiloris ne renferme qu'une espèce, qui vit aux alentours de Port-Macquarie dans la Nouvelle-Galles du sud.
1:. ESPÈCE. — LE PTILORIS PARADISIER. ( Péiloris paradiseus, Swainson.)
Synonymie.
Le velvet bird, lerifle-mann des colonistes anglais de Port-Jackson.
Le mâle a le plumage noir de velours, à reflets pourpres; la gorge recouverte d'un plastron échancré vert émeraude:; la tête écailleuse et émeraudine ; les plumes des flancs lâches, violet ponceau, et frangées de cuivre.
La femelle est gris olivâtre en dessus, gris roussâtre en dessous avec des taches en chevron brunûtres,
Habite la Nouvelle-Galles du sud.
A. Maze, pl. XXIX (2).
Synony mie.
Ptiloris paradiseus. Suprà nilidè atro-purpureus, infra nilidè atro-viridis ; verlice jugulo rectricibusque mediis splendide cæruleoviridibus, Swainson, Zool. Journ , n°. 4, p. 481.
ÆEpimachus regius. Corpore atro-purpurescente ; capile pectoreque smaragdo virescentibus ; abdomine æris viride ; hypochondrium pennis longioribus nullis. Lesson, Zool. de la Coq., texte, t.I, part. 2, p. 667, pl: XXVIIT; Cuv., Règ. an., t. I, p. 440.
ÆEpimachus Brisbani, l'épimaque de Brisbane, Wilson, Illust. of Zoology, pl. XI (mâle et femelle) ; et MS. dans le cabinet d'Edimbourg : Selby ; Lesson, Manuel, t. II, p.6, et Ornith., p. 320.
Upupa regia ( ptiloris), Voigt, Règ. an., trad. all., t.1, p. 654.
B. Femeuze, pl. XXX (+). Swainson, Zool. Journ., n°. 4, p.483. Syÿnonymie.
- ÆEpimachus regius, Lesson, fœmina, Centurie zoolog., pl. IN. Epimachus Brisbani, Wils., Illust., pl. XI (la femelle).
II‘. GENRE. — EPIMAQUE.
(Epimachus, Guy.)
(Epimachus, nom grec d’un très-bel oiseau des Indes, d'espèce:
indéterminée, Cuv.)
Synonymie.
Promerops, Vieillot.
CasacTÈres. (PI. XXXI.) Bec plus long que la tête, atténué à l'extrémité, recourbé, comprimé, arrondi, à mandibules robustes, dentées à la pointe, à bords lisses et coupans ; à commissure ample, fendue jusque sous les yeux.
Narines entièrement cachées par les plumes soyeuses du front, qu’entame l’arête convexe du bec.
Ailes amples, dépassant le croupion; à première rémige courte, taillée ainsi que la seconde en lames de sabre; la troisième plus courte que la deuxième, et brusquement tronquée ou coupée carrément au sommet ; les cinquième, sixième et septième égales, et les plus longues de toutes : celles-ci ayec une pointe mucronée.
Parures des flancs formées, chez les mâles, de longues plumes, décomposées , filamenteuses.
Queue médiocre, égale, composée de dix rectrices, carrées au ommet.
Tarses robustes, scutellés, à pouce très - robuste , à doigts armés d'ongles crochus, recourbés, aplatis en dessous.
Observation. Le genre épimaque ne comprend qu’une espèce, qui vit à la Nouvelle-Guinée, et dont nous connaissons aujourd'hui le mâle adulte, la fe. . melle, et le jeune âge du mâle. + :
2e. ESPÈCE. -- L'ÉPIMAQUE PROMÉFIL. (Æpimachus magnificus, Cuv., Règ. an. (1817), pl. IV, fig. 2).
Synonymie. :
Le proméfil, Levaill., Parad., pl. XIII (le mâle); Lesson, Illust. +. de Zool., pl. XXIX (le mâle); Traité d'Ornith., atlas, pl. LXXIV, fig. 1; Centurie zool., pl. LV (la femelle), et pl. V (le jeune mäle).
Falcinellus magnificus, Vieillot, nouveau Dict. d'hist. natur., t. XXVIIL, p. 167, pl. G, n°. 3, et Encycl., £. II, p. 579. 4
Æpimachus magnificus, Wagler, Systema Avium, esp. 10.
Promerops à parures chevelues, Dumont, Dict. se. nat., t. XLINI, P- 367; Drapiez, Dict. class., t. XIV. p. 293.
Habite la Nouvelle-Guinée.
À. Mare avuzre, pl. XXXII, au i g.n. »
Noir de velours; gorge émeraude et acier bruni; parures des flancs effilées et comme filamenteuses.
ÆEpimachus. Corporis plumis mollissimis, atro-purpureis sericeisque ; collo et thorace squamellis æneis nitentibus, zonà bombyÿcinä captis; abdomine atro - rubescenti ; lalerum plumis elongatis, ca- » pillaceis ; caudä mediocri , æquali. Lesson, Illust. de Zool., pl. XX1X.
Æpimachus magnificus. Cauda brevi, larga, quadrata, velutinonigra, rectricibus duabus intermediis tolis nitide metallice viridi purpurinis; pectore utrinque ad latera fasciculo e plumis longis, L erigendis, basi sericeis, sensim in rhaches filiformes, longas, pogo-
niis raro radiatis, brevisissimis instructas, arcuato-flexas exeuntibus < composito ; gula et toto collo antico ad pectus usque plumis rigi-
diusculis, spatuli-formibus , imbricatim positis, metallice cæruleo Sd” viridi purpureoque -relucentibus -obsitis , et fascia pectorali viridi- ° smaragdino , aureo aut purpurino-nitente terminatis ; plumis capitis ,
supra colli postici ac lateralis, dorsi, uropygü, scapularibus , alis, ventre, tibiis crissoque infundo velutino - nigro purpurino nitenti- s à" bus ; remigibus utrinque duabus dorso proximis lunula apical: : : 4 . & viridi-purpurina. Rostrum arcuatum, subvalidum pedesque nigri; + capistri plumæ ad nares usque protensæ. Longitudo parum ultra 12 p.; non rarus in collectionibus sed ut plurimum paradisearum
En
ad instar mutilatus; avis perpulchra. Wagler, Syst., esp. 10.
Le promerops proméfil, falcinellus magnificus. Corpore suprà nigro; gutture colloque anteriori cæruleis nitentibus ; ventre violaceo ; rostro, apice pedibusque nigris. Vieillot, Encycl., Orn., t. II, Pr 579-
B. Jeune maze, pl. XXXIII, au }g.n.
E. corpore sericeo sed plumarum dorsalium marginis rufis; cauda cinnamomea; squamulis gulæ aliis violaceo splendentibus, aliis squalidis aut nigro zonatis. (Lesson, Cent. zool., pl. V.)