‹ Histoire naturelle des oiseaux de paradis et des épimaques; ouvrage orné de planches, dessinées et gravées par les meilleurs artistes;Chapitre 29 sur 63 · CN · texte numérisé non relu

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qui vole toujours en avant de Ja troupe. Ce chef, suivant Valentin (1), serait noir ettacheté derouge et serait regardé comme le roi des oiseaux de Paradis par les habitans : dans leur opinion, ils ne quitteraient jamais ce chef mystérieux, soit qu'ils volent, soit qu'ils se reposent, et cet attachement leur serait fatal, car, en se posant par terre, ils éprouveraient la plus grande difficulté à reprendre leur vol. Mais tout porte à croire que cette opinion ne repose que sur des idées fabuleuses, et ce qui est plus certain, c'est qu'ils se perchent sur les plus grands arbres, et qu'ils recherchent les. figues du waringa (ficus benjanima ? ). |

Les Malais disent encore que les grands para : disiers perdent leurs longues plumes desfaisceaux des flancs , de mème que les filets de laqueue pen-" dant la mousson d'est, mais qu'ils ne restent ainsi dépouillés de leurs parures que pendant quatre mois. Il est moins démontré encore que ces longues parures puissent leur permettre de s'élever fort haut dans l’action du vol, en-servant de sorte de parachute, et que c'est de la facilité qu'ont ces oiseaux de fendre l’air avec célérité, que leur vient leur nom vulgaire d'Atrondelles de T'ernate : de plus que ces parures nuisent au contraire à la

(1) Voyage de Forrest à la Nouvelle-Guinée , pag. 155.

direction du vol, lorsque les vents deviennent contraires, et que dans ce cas ils ne peuvent éviter le danger qu'en s'élevant perpendiculairement dans une région où la couche d'air atmosphérique plus paisible leur permet de continuer leur route.

Nous ne rencontrâmes point le grand paradisier à la Nouvelle-Guinée, et jamais, parmi les centaines de peaux séchées du petit émeraude que les Papousapportaient à bordjournellement, nous n'en vimes une seule dépouille. Les échantillons que nous en avons eus nous avaient été remis à Amboine et provenaient des corocores malais qui trafiquent avec les habitans de Céram. Cette espèce serait donc vraiment propre aux iles d’Arou et à la côte occidentale de la Nouvelle- Guinée seulement.

La femelle (Levaillant, oïs. de Parad., PI., 2) est

comme celle du petit émeraude, sans parures des flancs, sans brins, sans vert émeraude à la tête. L'occiput et le cou sont d'un brun nuancé de jaunâtre; le front et la gorge sont d’un brunâtre fuligineux assez intense; le dessous du corps est d'un blanchâtre satiné; les ailes, le dos, la queue, marron foncé et les pieds noirs.

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