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LES LOPHORINES.
(LOPHORINA.)
Une seule espèce appartient à ce petit genre, que distinguent des parures jetées sur le dos en riche manteau de velours, tombant sur la poitrine en un camail d'émeraude.
Le bec, plus court que la tête, est, comme celui des autres paradisiers, comprimé sur les côtés, mince, et en partie caché par des touffes de petites plumes sétacées qui s'avancent sur les narines. Celles-ci s'ouvrent en fissure dans une fosse nasale ovalaire, alongée. Les jambes sont proportionnées à la taille, couvertes de squamelles épaisses, Les ailes sont médiocres, ne dépassant pas le tiers de la queue. Celle-ci est concave par le raccourcissement des pennes les plus externes, et se compose de douze rectrices toutes semblables et arrondies par le bout. Les plumes qui revêtent la tête sont écailleuses, et celles du devant du cou sont imbriquées et s’allongent de manière à former sur le haut du ventre un
178 HISTOIRE NATURELLE ample chevron scintillant. Enfin, les plumes du cou en arrière, celles du dos, et les couvertures alaires, sont développées, avec un luxe qui leur permet, en se recourbant, d'envelopper tout le corps comme d'un manteau de velours liseré d'or. Tout le plumage est coloré en noir, mais en noir ponceau, velouté, passant sous certains reflets au violet noir.
Forrest (It. p. 158 de la trad. franç.) est le premier qui ait vaguement décrit la lophorine sous le nom de grand oiseau de Paradis noir, ou du moins sa description est une réminiscence du cinnamolegus et de la lophorine, et convient même mieux à la première espèce d'oiseau. Sonnerat a parlé de la lophorine sous le nom d'oiseau de Paradis à gorge violette, dit le superbe; mais nous ignorons ce qui a pu décider ce voyageur à la représenter tenant un petit oiseau dans ses doigts, pour le déchirer à la manière des accipitres. Depuis lors cette espèce a été supérieurement gravée dans les ouvrages de Levaillant et de Vieillot. Levaillant pense même que la lophorine a des points de contact avec certains troupiales, parce que l'arête du bec s'avance entre les plumes du front, et que deux petites touffes distinctes forment sur chaque narine un mince toupet isolé.