CHEVÊCHES
queue moins longue que la moitié du corps 5o
queue presque aussi longue que le reste du corps chouette caparacoch.
plumage blanc, plus ou moins rayé de brun.. harfang.
plus de huit pouces de long 5 1
longueur ne dépassant pas 6 pouces; bec plombé, orange à sa base, jaune à sa pointe chevéchettc.
doigts garnis jusqu’aux ongles d’un épais duvet; bec jaune; dessus du
corps d’un roux-brun nuancé de noirâtre ; longueur,
8 pouces. chouette tengmalm.
doigts à peine couverts de quelques poils blancs; bec d’un brun blanchâtre; dessus du corps gris-brun, irrégulièrement taché de blanc. Longueur, 9 pouces petite chevêche
Rien n’est facile comme ce tableau pour arriver de suite et sans travail à la connaissance d’un oiseau. Je suppose, par exemple, que l’on ait entre les mains un hobereau gris dont on ignore le
nom ; on lit d’abord les deux premières phrases accolées : base du bec couverte d’une peau nue; doigt extérieur dirigé en avant ; et l’autre : base du bec couverte de plumes tournées en avant ; doigt extérieur tourné en avant ou en arriére d volonté. On voit de suite que c’est la première phrase qui convient à cet oiseau ; en conséquence , cette phrase renvoyant au n° 2 des chiffres placés à la colonne des accolades, on y va et 011 lit : tête nue; et, tête couvei'te de plumes. Le hobereau gris a la tète couverte de plumes, c’est donc la seconde phrase qui lui convient : elle renvoie au n° 6 des accolades. O11 cherche ce n° 6 et on trouve : un pinceau de poils raides sous le bec ; et , pas de pinceau de poils raides sous le bec ; le hobereau n’en a pas, c’est donc la seconde phrase, renvoyant au n° y de l’accolade , qui lui convient. La seconde phrase du n° 7, qui est celle cpie l’on choisira , parce que l’oiseau n’a pas les tarses emplumés, renverra au n° i3. Celui-ci, l’oiseau ayant une dent au bec, renverra au n° 3o, et Ion saura déjà que l’on a un faucon. La première phrase de ce numéro : cire et pieds d’un rouge cramoisi ; ongles jaunes , lui convenant parfaitement, 011 saura que l’on possède un hobereau gris.
Maison 11e s’en tiendra pas là. Pour s’assurer tout-à-fait de l’identité de l’oiseau, on lira la courte description que j’en donne, et on le comparera attentivement à la figure à laquelle elle renvoie.
Avant de commencer l’histoire de cette famille, intéressante par ses mœurs, sa force et son courage : intéressante meme par les erreurs des naturalistes et les contes merveilleux des voyageurs, je vais rapidement passer en revue les caractères que les auteurs lui ont assignés , la place qu’ils lui font occuper dans le classement méthodique des oiseaux, et les différentes coupures qu’ils ont établies pour en former plusieurs groupes plus ou moins naturels.
Quoique ennemi de toute classification, Buffon a cependant indiqué des types auxquels il rapporte la plus grande partie des oiseaux de proie dont il a fait l’histoire; mais il n’a pas généralisé
les caractères sur lesquels il a fonde ses coupes, et toujours il s’est borné à décrire des espèces seulement. Je pense , comme ce naturaliste philosophe, que la nature n’a fait que des individus, et jamais des genres; que tout système tendant à resserrer dans un ordre particulier, dans des groupes séparés , les nombreuses tribus d’animaux qui peuplent notre globe , ne peut être que défectueux et en contradiction avec la marche admirable mais peu méthodique de la nature. Cependant je crois aussi qu’une méthode, quelle quelle soit, par le moyen de laquelle on peut arriver facilement à la connaissance d’un oiseau , qui sans cela serait perdu dans le nombre immense des espèces que l’on connaît aujourd’hui , est devenu une chose indispensable. Dédaignant la puérile gloire de paraître créateur d’un système, je me suis borné à présenter un tableau analytique , afin d’abréger autant que possible le travail fastidieux, mais indispensable , qui pouvait seul , jusqu’à ce jour , conduire à reconnaître plus sûrement les espèces. Cependant, mon intention étant d’être utile aux amateurs, quels que soient l’opinion et le système que chacun d’eux peut avoir adopté dans le classement d’une collection, j’ai cru devoir joindre à l’histoire des oiseaux l’histoire de la science que leur étude a fait naître. Outre cela , j’ai placé la description de chaque individu dans le rang que le système de Cuvier lui assigne, parce que cet ordre m’a paru le plus naturel, et j’ai rapporté les caractères sur lesquels ce célèbre naturaliste a établi ses divisions.
Buffon a porté dans ses ouvrages une critique aussi sévère qu’il était possible de son temps mais alors les collections étaient trèsincomplètes : on manquait d’objets de comparaison, et c’est à cette raison seule qu’il faut attribuer les nombreuses erreurs où il devait nécessairement tomber. Depuis quelques années, plusieurs éditions de ses ouvrages se sont succédées avec une étonnante rapidité pour se répandre dans toutes les bibliothèques; soit négligence des éditeurs, soit que nos ornithologistes modernes aient sacrifié à l’amour-propre de créer de nouveaux ou-
vrages , personne n’a voulu prendre la peine de rectifier ses erreurs, de remplir ses omissions. Cependant les travaux des Cuvier, Latham, Meyer, Vieillot, surtout ceux du savant Temminck, rendaient cette tâche, sinon facile, du moins faisable. En publiant cet ouvrage, mon but est de la remplir en ce qui concerne les oiseaux d’Europe; d’être utile aux amateurs en plaçant sous leurs yeux une figure exacte de chaqne oiseau bien connu par Buffon , et une autre de chaque variété d’âge ou de sexe qui lui a fait faire un double emploi ; enfin de réparer ses omissions en donnant toutes les nouvelles espèces qui lui étaient inconnues.
La plupart des ornithologistes ont placé les oiseaux de proie à la tête des ordres établis, pour faciliter l’étude des espèces composant la deuxième classe du règne animal , celle des oiseaux.
Linné et Gmelin ( C. Linné. Systemci naturæ; edit. i3. Curâ Jo. Frid. Gmelin), ont assigné àcetordre les caractères suivans : bec recourbé en dessous , mandibule supérieure dilatée sur les côtés, ou armée d’une dent; narines grandes; pieds courts «t robustes, à doigts raboteux sous leurs articulations ? à ongles très-aigus et recourbés ; corps impurs ; tête et cou musculeux , peau dure. Nourriture : proie vivante et cadavre. Nid : dans les lieux élevés;- ordinairement quatre œufs. Femelle, plus grosse que le mâle. Monogamie. Ils divisent ensuite cet ordre en quatre genres , au nombre desquels ils placent les pie-grièches ( lanius ), que nous en avons retranchées. i° vautour, xultur ; bec crochu , tête nue. 2° faucon ,falco; bec crochu, à base recouverte d’une cire. 3° ciiouette, stvix ; bec crochu , couvert à sa base de plumes tournées en devant.
Latham ( index ornitliologicus , sive Systema ornithologïœ) , n’a rien changé à cet arrangement ; seulement il donne à ses trois genres des caractères plus détaillés. i° vautour; bec d’abord droit, recourbé à la pointe, à base couverte d’une peau; tête le plus souvent sans plumes, ayant sa partie antérieure toujours
nue ; langue charnue , souvent bifide ; cou rétractile ; pieds forts , à ongles peu crochus. 2° faucon; bec recourbé, à base munie d’une cire; tête couverte de plumes serrées; langue bifide. 3° chouette; bec recourbé, dépourvu de cire; langue bifide; narines oblongues, recouvertes de plumes soyeuses et couchées; tète grosse, à yeux et oreilles grandes; rémiges extérieures dentelées sur leur bord extérieur ; doigt externe pouvant se tourner en arrière ; ongles recourbés.
Schœffer ( Elément a ornithologica ) partage les oiseaux en deux classes : i° les nudipèdes , qui ont le bas des jambes dénué de plumes ; 2° les plumipèdes , dont les jambes sont emplumées jusqu’au talon. Il divise la seconde classe en dix ordres, dont le second, des fissipedes à quatre doigts et à bec recourbé, se compose des oiseaux de proie. Il en forme cinq genres auxquels il assigne ces caractères : i° vautour; bec d’abord droit, ensuite crochu, couvert d’une peau nue vers sa base; tête nue, ou un peu couverte de duvet. 2° aigle; bec d’abord droit, ensuite couvert d’une peau nue vers sa base ; tête emplumée. 3° épervier ; bec crochu à partir de la cire, base couverte d’une peau nue; tête emplumée. 4° hibou; bec crochu à partir de sa racine, à base couverte de plumes dirigées en avant; tête ayant deux faisceaux de plumes redressées, imitant des oreilles. 5° chouette; bec crochu cà partir de la racine, à base couverte de plumes dirigées en avant; tête n’ayant pas de plumes redressées en forme d’oreilles.
Illiger ( Prodromus ; 1 8 1 1 ) divise les oiseaux en sept ordres, dont les oiseaux de proie forment le troisième, sous le nom de raptatores , auxquels il donne pour caractères : bec muni d’une cire à sa base, médiocre, un peu épais, crochu, comprimé; narines larges, quelquefois couvertes de plumes; pieds robustes; ongles en forme de faux, allongés, forts, très-pointus. Il les divise en trois familles : i° les nocturnes, nocturni; bec comprimé, crochu, couvert à sa base de plumes tournées en devant; yeux
IO
diriges en avant; pieds laineux; doigt externe versatile; genre chouette. 2° accipitrins, accipitrini ; bec comprimé, crochu, couvert d’une cire à sa base; yeux latéraux ; tête parfaitement emplumée ; genres faucon , gypaète. 3° vautourins , xulturini; bec couvert d’une cire à sa base, à mandibule supérieure crochue; tête et cou garnis d’un poil dur et raide, souvent caronculés ; tarse plus court que le doigt intermédiaire ; genre vautour.
Brisson ( Ornithologie , ou Méthode contenant la division des oiseaux') a créé vingt -six ordres, dont les oiseaux de proie forment le troisième. Il l’a établi sur ces caractères : quatre doigts dénués de membranes, trois devant, un derrière, tous séparés environ jusqu’à leur origine; jambes couvertes de plumes jusqu’au talon ; bec court et crochu. Il divise ensuite cet ordre en deux sections : i° base du bec couverte d’une peau nue; 2° base du bec couverte de plumes tournées en avant. La première section renferme trois genres : i° eper.vier; bec muni d’une cire, à courbure commençant dès son origine. 2° aigle ; bec muni d’une cire, à courbure commençant à quelque distance de son origine; tête couverte de plumes. 3° vautour; bec muni d’une cire, à courbure commençant à quelque distance de son origine; tête nue ou seulement couverte de duvet. La deuxième section renferme deux genres : i 0 hibou ; bec à base couverte de plumes tournées en devant ; tête ornée de paquets de plumes en forme d’oreilles. 2° chat-huant; bec à base couverte de plumes tournées en devant ; tête dénuée de plumes en forme d’oreilles.
Vieillot ( Nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle, édit, de 1 8 1 8 , au mot ornithologie) fait des oiseaux de proie le premier ordre de sa classification , et leur assigne les mêmes caractères que les auteurs cités. Il les divise en deux grandes tribus : i° les accipitres diurnes, qui ont les yeux dirigés sur les côtés. 2° les accipitres nocturnes, dont les yeux se dirigent en avant. Sa première tribu renferme trois familles: i° les vautourins; bec recourbé seulement vers le bout ; yeux à fleur de tête; tête ou
gorge plus ou moins dénuées de plumes; jabot saillant; ailes longues. 2° les gypaètes ; mandibule inférieure du bec garnie, en dessous et sur les côtés, d’un faisceau de plumes raides et allongées ; ailes longues. 3° les accipitrins ; tête et cou parfaitement emplumés; cire et narines découvertes. Les vautourins se composent des six genres suivans : i° vautour, vultur ; 2° zopilote, c yp a gus ; 3° gallinaze, catharista ; 4° iribin, daptrius ; 5° rancana, ib jeter ; 6° earacara , poljbovus. Les gypaètes ne renferment que le genre phène, phene. Les accipitrins en présentent quinze : i° aigle, aquila /2° pygargue, haliaëtos ; 3° balbuzard , pandion; 4° circaète, circaëtus ; 5° busard, circus ; C° buse, buteo ; q° milan, milvus ; 8° élanoïde, elano'ides ; q° ictinie, ictinia; io° faucon , falco ; n° macagua, herpetotheres ; 12° harpie harpya; i3° spizaëte, spizaëtus ; i4° asturine, asturina; i5° épervier, sparvius. La seconde tribu ne contient qu’une famille, les ægoliens, à région ophthalmique garnie de plumes disposées en rayons. Elle se compose du genre chouette, strix.
Temminck ( Manuel d ornithologie ; deuxieme édition ) a fait des oiseaux de proie le premier ordre de sa classification. Quoique son excellent ouvrage soit entre les mains de tous les naturalistes, je vais néanmoins donner l’analyse des caractères sur lesquels il a fondé ses divisions.
Premier ordre des oiseaux d’Europe : rapaces, rapaces; bec court, fort, courbé à l’extrémité, comprimé sur les côtés, muni d’une cire; narines ouvertes; pieds courts ou moyens, forts, nerveux, emplumés jusqu’au genou ou jusqu’aux doigts. Trois doigts en avant et un derrière, articulés sur le même plan, divisés, ou unis à la base par une membrane, rudes en dessous; ongles puissans, acérés, rétractiles et arqués.
Il partage cet ordre en cinq genres : i° vautour, vultur; bec gros, fort, beaucoup plus haut que large, muni d’une cire, droit, seulement courbé vers la pointe. Tète nue, ou couverte
d’un duvet court. Narines nues, latérales, percées diagonalement vers les bords de la cire. Pieds forts ; ongles peu arqués ; doigt du milieu très-long, uni à sa base avec le doigt extérieur, première rémige courte , n’égalant pas la sixième ; les deuxième et troisième moins longues que la quatrième, qui est la plus longue. 2° catharte , ccithartes ; bec long, délié, courbé seulement vers la pointe. Tête oblongue, nue, ainsi que le haut du cou. Narines longitudinalement fendues, placées vers le milieu du bec, tarses nus , plus ou moins grêles , à doigts comme le précédent. Première rémige assez courte, deuxième moins longue que la troisième, qui est la plus longue. 3° gypaëte, gypaëtus ; bec fort, long; mandibule supérieure exhaussée vers la pointe, qui se courbe en crochet. Narines ovales, recouvertes de poils raides dirigés en avant. Pieds comme les précédens. Ongles faiblement crochus. Première rémige un peu plus courte que la deuxième et la troisième , qui sont les plus longues. 4° faucon , falco ; tête couverte de plumes; bec crochu; cire colorée, plus ou moins poilue à sa base; mandibule inférieure obliquement arrondie; narines latérales, arrondies ou ovoïdes, ouvertes, percées dans la cire ; tarses couverts de plumes ou d’écailles ; ongles acérés, très-crochus, mobiles, rétractiles. 5° chouettes, strix ; bec comprimé , courbé depuis sa racine, muni d’une cire, couvert en tout ou en partie de poils rudes. Tête grande, trèsemplumée. Narines latérales , percées sur le bord antérieur de la cire, cachées par des poils dirigés en avant. Yeux très-grands, entourés de plumes raides. Pieds couverts de plumes souvent jusqu’aux ongles ; doigts divisés, l’extérieur réversible ; première rémige la plus courte, la deuxième n’atteignant pas l’extrémité de la troisième qui est la plus longue.
Son genre faucon se partage en cinq divisions : i° faucons proprement dits; bec court, courbé depuis sa base, ayant une ou deux fortes dents. Ailes longues ; la première rémige longue, d’égale longueur avec la troisième ; la deuxième la plus longue.
OISEAUX DE P P. OIE
2° aigles proprement dits; bec fort, assez long', ne se courbant point subitement dès sa base; tarses nus ou couverts de plumes; doigts robustes, armes d’ongles puissans et très-courbes. Ailes longues; les première, deuxième et troisième rémiges les moins longues ; la première courte , la quatrième et la cinquième les plus longues. 3° autours; ailes courtes, aboutissant aux deux tiers de la longueur de la queue. Première rémige beaucoup plus courte que la deuxième; la troisième presque égale à la quatrième , qui est la plus longue. Ongles très-courbes et très-acérés. 4° milans; narines obliques, ayant un pli au bord extérieur. Tarse emplumé au-dessous du genou. Ailes longues, la première rémige beaucoup plus courte que la sixième; la deuxième un peu plus courte que la cinquième; la troisième presque d’égale longueur avec la quatrième , qui est la plus longue de toutes. 5° Buses; bec petit, courbé dès sa pointe. Ailes de moyenne longueur; les quatre premières rémiges échancrées, la première très-courte , les deuxième et troisième moins longues que la quatrième, qui est la plus longue. 6° Busards; tarses trèslongs et très-minces; queue longue et arrondie; ailes longues; la première rémige très-courte, moins longue que la cinquième; et la deuxième un peu plus courte que la quatrième; la troisième ou la quatrième la plus longue.
Les oiseaux de proie sont parmi les oiseaux ce que les carnassiers sont parmi les mammifères; comme eux, ils ne vivent que de rapine; ils emploient la ruse et la force pour surprendre les animaux faibles ou timides, les saisir, les déchirer, et se nourrir de leur chair palpitante. Comme eux encore, ils fuient la société de leurs semblables, se retirent par couple dans le fond des forêts, sur la cime des roches solitaires , dans des trous inaccessibles, ou sur des arbres élevés; ils y construisent un nid fait sans art, où ils pondent ordinairement quatre œufs, et élèvent ensuite leur jeune famille, pour laquelle ils ont peu d’affection. Les effraies , les hiboux., les chouettes habitent
clans les ruines, au sommet des tours abandonnées , dans les clochers, auprès des cimetières, d’où leurs cris sinistres, ne se faisant entendre cpie pendant le silence de la nuit, jettent un effroi superstitieux dans l’esprit des crédules habitans de la campagne.
Tous ces oiseaux ont été pourvus par la nature d’armes fortes et tranchantes pour attaquer et dépecer leurs proies. Leur bec court et crochu, couvert à sa base d’une membrane nommée cire, leurs pieds nerveux, leurs doigts terminés par des ongles arqués, vigoureux et acérés, enfin leurs ailes puissantes et rapides leur donnent sur les autres oiseaux, et même sur les petits quadrupèdes, une supériorité de force, dont ils usent avec cruauté. Quelques-uns chassent le jour; en tournoyant dans les airs, ils s’élèvent à une hauteur prodigieuse, et leurs yeux perçans découvrent des nues l’animal tremblant, sur lequel ils fondent avec la rapidité d’une flèche; d’autres, dont les forces trahissent le courage, se rabattent sur les plus petits reptiles, sur les insectes, et particulièrement sur les coléoptères. Il en est qui, non moins féroces, mais plus lâches, se contentent de dévorer avec avidité les cadavres infects que le hasard leur présente.
Les chouettes, et tous les oiseaux de proie nocturnes attendent les ténèbres pour quitter leurs silencieuses retraites; c’est pendant le crépuscule, aux rayons de la lune qu’ils surprennent dans leur sommeil les petits oiseaux, les mulots, les grenouilles et autres animaux dont ils font leur pâture. Leurs yeux, fatigués par la trop vive lumière du jour, ne découvrent bien les objets cpie dans une demi-obscurité. Leurs plumes légères et molles leur permettent de glisser, pour ainsi dire, dans les airs sans faire le moindre bruit. Ils ont encore, à un degré plus marqué que les premiers, la faculté singulière de dégorger, après la digestion, une pelote formée dans leur estomac par la peau, les os et le poil des animaux qu’ils ont avalés entiers.
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OISEAUX DE PROIE DIURNES
Ils se reconnaissent à leurs yeux dirigés sur les côtés , et à la cire dont la base de leur bec est couverte. Leurs doigts sont sans plumes, trois dirigés en avant, un en arrière, et les deux externes souvent réunis à leur base par une membrane.
V A U T O U R S ; vultur. Lin.
Yeux à fleur de tête; bec allongé, recourbé seulement au bout; narines en travers ; tête et cou nus ou couverts d’un léger duvet ; une collerette de plumes longues et étroites au bas du cou; tarses réticulés; pieds munis d’ongles peu arqués ; doigt du milieu très-long.
Ces oiseaux lâches et stupides attaquent rarement une proie vivante; ils se nourrissent plus ordinairement de charognes, qu’ils flairent de très-loin, grâce à la finesse exquise de leur odorat, et sur lesquelles ils se rendent en grandes troupes. La faiblesse de leurs ongles les empêche de pouvoir enlever leur proie, de manière que, pour porter de la nourriture à leurs petits, ils sont obligés de l’avaler et de la dégorger ensuite dans leur nid. Une humeur fétide coule continuellement des narines de ces oiseaux ignobles, dont l’attitude est gauche et la marche pesante.
I. Le VAUTOUR BRUN', CllV. , pi. I, fig. i; LE VAUTOUR OU GRAND
vautour, Buff.; vautour arrian , Temm. ; vultur cinereus,
Gmel.
Peau de la tête bleuâtre, dégarnie de plumes, récouverte d’un duvet court, soyeux, d’un fauve brunâtre, formant une houppe plus garnie sur le derrière du crâne. Une grande collerette de plumes contournées, commençant à l’insertion des ailes, et remontant obliquement jusque vers l’occiput. Estomac couvert de plumes courtes, soyeuses, appliquées, brunâtres.
Couleur générale variant du brun-fauve au brun-noirâtre. Bee brun-noirâtre, à cire d’un rouge bleuâtre; iris brun; tarses blanchâtres, ongles noirs. Longueur, trois pieds à trois pieds et demi. — Cet oiseau, très-répandu dans les hautes montagnes de l’ancien continent , se trouve particulièrement dans les Alpes et les Pyrénées. Cuvier dit qu’il attaque assez souvent des animaux vivans; Temminck, au contraire, assure qu’il ne se nourrit que de charognes, et que le plus petit être animé paraît lui faire peur.