PRÉPARATION DES OISEAUX
Il y a plusieurs manières de faire la chasse aux oiseaux, qui toutes ont les mêmes résultats; mais la plus sûre et la moins embarrassante est, sans contredit, celle au fusil. On doit, avant de partir pour la chasse, se munir des objets suivants, qu’il faut mettre dans sa carnassière :
1° Des moyennes brucelles; 2° des feuilles de papier de diverses grandeurs; 3° du coton haché; 4° du fil; 5° des aiguilles; 6° du plâtre fin.
Lorsqu’on a tué un oiseau, il faut se hâter de le ramasser et chercher la blessure, soulever avec les brucelles les plumes qui la couvrent, jeter dessus une pincée de plâtre, et mettre dans le trou que le plomb a fait un petit tampon de coton ; saupoudrer de nouveau jusqu’à ce que le sang soit étanché; laisser la dernière couche déplâtré pour que le sang ne s’épanche pas sur d’autres parties du corps, et rabattre les plumes que l’on avait soulevées. On passe ensuite un fil dans les narines, puis on met dans le. bec un peu de plâtre et par-dessus une pef te bourre de coton que l’on enfonce avec les brucelles le plus avant possible dans le gosier, afin d’absorber tout ce que l’oiseau pourrait dégorger pendant le dépouillage, ce qui tacherait son plumage et mettrait dans la nécessité de' le laver de nouveau, comme nous l’indiquerons plus tard. Il faut aussi, pour les gros oiseaux, introduire du coton haché dans les narines et dans l’anus.
Un amateur qui veut avoir une collection où la nature soit rendue avec vérité doit, avant de mettre son oiseau dans sa carnassière, en ouvrir les paupières et mettre en écrit la couleur des yeux, sa longueur depuis le bec jusqu’au Itou! de la queue, et sa grosseur prise sur l’estomac.
Lorsqu’on se dispose à tuer un oiseau, il est hou d’observer son attitude, afin de la lui rendre lorsqu’il sera monté.
DE LA CHASSE
Quand tout ce que nous venons d’indiquer sera terminé, on prendra son oiseau par le fil que l’on aura eu soin de passer dans le bec, on soufflera dessus dans le sens des plumes afin de les bien lisser et de leur faire reprendre leur position naturelle.
On prendra alors un carré de papier proportionné à la grosseur de l’oiseau que l’on vient de tuer, on en formera un cornet et on F y fera descendre la tête la première, en le tenant par le bout des ailes, les pattes et la queue, avec l’attention de ne pas la plier ou casser lorsqu’on fermera le haut du cornet. On le placera ensuite dans la carnassière, en mettant les plus gros au fond et les petits par-dessus.
Au retour de la chasse, si, malgré les précautions que nous venons dé prescrire, les plumes de quelques oiseaux se trouvaient tachées, nous allons indiquer le moyen de leur rendre leur premier éclat :
On prend de l’eau pure dans une soucoupe, et avec une éponge on lave la place jusqu’à ce que le sang soit entièrement disparu; ensuite, on la saupoudre avec du plâtre bien tamisé; on soulève les plumes pour que le plâtre pénètre jusqu’à leur racine et les sépare; on les agite un peu afin de les aider à reprendre leur fraîcheur naturelle; lorsqu’elles sont bien sèches, on les époussette avec un petit plumeau d’appartement jusqu’à ce qu’il ne reste plus de plâtre. On passe ensuite dessus une petite éponge imbibée d’esprit-de-vin pour leur rendre tout le brillant qu’elles avaient avant de subir aucune préparation.
Lorsqu’un oiseau a été pris au filet, il faut agir avec beaucoup de précautions, afin qu’il ne se déplume pas pendant qu’on l’étouffe, ce qui ne doit se faire qu’en le prenant par-dessous les ailes et en lui serrant fortement les flancs avec le pouce et l’index, jusqu’à ce qu’il soit entièrement mort; et si l’oiseau est d’une grosseur telle que cette opération 11e puisse se faire ainsi, il faut l’étouffer en appuyant d’une main sur l’estomac et en lui serrant le cou aveç l’autre.
Si c’est un oiseau pris à la glu, voici les moyens qu’il faut employer pour F enlever. O11 frotte fortement la place engluée avec un tampon d’étoupe ou de coton trempé dans l’essence de térébenthine pure, jusqu’à ce que la glu soit entièrement disparue : ensuite on sèche avec le plâtre de la même manière qu’il a été dit plus haut, pour faire disparaître le sang qui aurait pu sortir de la plaie faite par le coup de fusil.
On opère de même pour les oiseaux mis en peau depuis longtemps et dont les plumes auraient été gâtées par la graisse, lors du dépouillage.