ET DE LA PRÉPARATION DES OISEAUX
longueur : on prend un des bords de la peau avec des pinces à disséquer, et avec le pouce et l’index de la main droite, lorsque les oiseaux ne sont pas trop petits, on la détache et on la soulève le plus loin que l’on peut, toujours en allant vers le croupion. On jette de temps en temps du plâtre pour empêcher que les chairs, le sang et les excréments ne viennent à tacher les plumes. On retourne son oiseau, la tète à droite, et on agit de la même manière que pour le côté que l’on vient d’opérer. Lorsqu’on aperçoit le croupion, on renverse son oiseau, la poitrine sur la table, le croupion en l’air, le dos tourné vers l’estomac de la personne qui travaille, on le dégage le plus avant possible, on passe dessous une des pointes des ciseaux courbes, et on le coupe en ayant soin de laisser la dernière vertèbre de la colonne dorsale. On fait ensuite descendre la peau jusqu’aux genoux, qui se présentent tout naturellement, on les coupe et l’on continue l’opération jusqu’aux ailes, qu’on désarticule afin de les avoir tout entières, on détache ensuite la peau autour de la base du cou et on le coupe par la moitié.
Si l’on dépouillait un canard ou un autre oiseau d’eau dont la graisse fût trop huileuse et dont les plumes pourraient se tacher facilement, on doit, dès que les bords de la peau sont dégagés et séparés du corps, mettre à cheval sur ces mêmes bords une bande de calicot fin, que l’on faufile après, de manière à préserver de la graisse et du sang les plumes qui ont une tendance naturelle à rentrer en dedans. On laisse cette même bande jusqu’à ce que l’oiseau soit prêt à coudre.
Il faut alors dépouiller la tête : de la main gauche on saisit le cou, et avec l’ongle de la main droite on fait glisser la peau jusqu’au crâne, que l’on découvre avec beaucoup de précaution par le même moyen. Lorsqu’on est arrivé à l’oreille, on la détache en la soulevant pardessous avec la pointe d’un petit ébauchoir, d’un scalpel ou des brucelles, afin de ne pas couper l’espèce de petit sac formé par la membrane. Pour que le préservatif, dont on enduit la peau de la tête avant de la retourner, ne pénètre pas par le trou de l’oreille et ne vienne pas en tacher les plumes, arrivé aux yeux, toujours avec l’ongle, et quelquefois aidé du scalpel, on coupe la membrane qui unit la partie clignotante aux bords des os formant les orbites. Lorsque l’on a ren versé la peau, s’il est possible jusqu’à la naissance du bec, on retire les yeux de leur orbite, on ôte soigneusement les chairs qui sont sur le crâne et autour des mandibules, on coupe avec le scalpel la partie de ce même crâne formant le tron occipital jusqu’aux fosses nasales, afin d’avoir plus facilement la cervelle. Si l’oiseau est gros et que le crâne offre de la résistance, on se servira d’une petite scie à main; on enduira fortement de préservatif l’intérieur de la tête, les mandibules et la cavité des veux : on en fait autant sur la peau de la tête et du cou. Il faut avoir la précaution de n’en point mettre sur le bord des paupières, parce qu’il passerait par l’ouverture des yeux et salirait les plumes de la tète. Un remplit l’intérieur du crâne avec de l’étoupe
DE LA CHASSE
hachée, et celle des yeux avec du coton aussi haché; il faut ensuite faire ressortir la tête : à cet effet, on retourne la peau jusqu’à ce qu’on ait découvert le bout du bec, on saisit le fil passé dans les narines, on tire légèrement la peau en sens opposé, et lorsque la tête est tout à fait dehors, avec la pointe d’une grosse aiguille on remet la peau en place, ainsi que les paupières, que l’on a soin de bien arrondir vis-à-vis la cavité qui renfermait l’œil.
Maintenant, il faut s’occuper de dépouiller les ailes. On commence par ôter entièrement tous les muscle^ et les tendons de l’humérus; si l’oiseau est d’une petite espèce, on découvre seulement une partie du cubitus et du radius, on enlève les muscles, on fait entrer à leur place, c’est-à-dire sous la peau, une bonne quantité de préservatif, et en tirant l’aile en dehors, on la rentre dans sa position nouvelle ; on entoure ensuite l’humérus en forme de fuseau avec du coton ou de l’étoupe, selon la grosseur de Y oiseau, pour remplacer les chairs que l’on vient d’enlever, afin que les ailes se placent plus facilement sur le dos et lui rendent toute sa rondeur. On en fait autant à l’autre aile.
Cette opération terminée, on arrive à la patte, on la refoule en dedans jusqu’au talon en faisant descendre la peau avec l’ongle du pouce de la main droite : on coupe avec la pointe du scalpel les muscles et les tendons, on les enlève de dessus la cuisse, que l’on garnit en forme de fuseau avec de l’étoupe si l’oiseau est gros, et du coton s’il est petit; on passe sur la peau une forte couche de préservatif, on retire la patte en dehors, et l’on fait rentrer l’os dans son fourreau. On agit de même sur la seconde patte.
Si l’oiseau était de la grosseur du merle, on doit détacher les grandes pennes qui sont adhérentes au cubitus et mettre ce même os ainsi que le radius entièrement à découvert jusqu’au métacarpe. Si l’oiseau est au-dessus du geai, d’une pie, etc., on doit opérer par-dessous l’aile; on soulève les plumes qui cachent l’entre-deux du cubitus et du radius, on fait à la peau une incision longitudinale entre ces deux os. On extrait toutes les chairs, on introduit à leur place du préservatif, et on recoud la peau. On ne peut se dispenser de dépquiller ainsi les ailes des oiseaux qui doivent les avoir étendues, parce qu’il ne faut pas que les pennes qui sont implantées à l’un des os du bras soient détachées.
Tout ceci terminé, on prend l’oiseau par le bout du fd passé dans le bec, on le secoue doucement, on souffle légèrement dessus du haut en bas, on le pose sur la table, on arrange toutes les plumes avec les brucelles, on arrondit de nouveau les paupières, on y introduit un peu de coton haché, et on en passe légèrement derrière les joues, afin qu’elles restent pleines après la dissection, sans cependant paraître trop gonflées.
Aussitôt que tous les membres sont rentrés à leur place, que la peau a repris, pour ainsi dire, sa première forme, on s’occupe du montage,