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LE PETIT EMERAUDE

Les oiseaux de cette espèce , ont comme toutes les autres espèces d’oiseaux de Paradis, leur roi conducteur. Ils se perchent f et font leur nid sur les arbres les plus élevés des îles qu’ils habitent. Ils perforent avec leur bec un arbre de ces pays, pour en extraire la pulpe dont ils font leur nourriture habituelle.

Le pourtour du bec du petit Emeraude est du plus beau noir de velours. Son gosier est entouré d’une cravate d’un vert brillant , qui ne Je cède en rien à la plus belle emeraude. La gorge et la poitrine sont d’un rouge-brun tirant sur le marron. Tout le dessus du corps est d’une couleur d’ocre-jaune. Les ailes et la queue sont d’un rougebrun. Les petites couvertures des ailes sont jaunes. Deux touffes de plumes subalaires fort longues , d’un tissu soyeux et très fin, descendent de chaque côté des flancs. Les plumes sont d’un beau jaune de crôme, légèrement teinté de mine, qui tranche d’une manière fort agréable sur la couleur brun-marron de la gorge et de la poitrine. Les deux grands filets qui partent de la queue et se prolongent bien au-delà de celle-ci et des plumes subalaires , sont dépouvues de barbes à leur extrémité.

Cet oiseau, un des plus gracieux et des plus riches en couleurs que renferme le genre oiseau de Paradis, ne se trouve que dans les lies des Papous. Les habitans ds ces îles en font un commerce considéra» ble, surtout avec les marchands Européens.

Les dépouilles d’un oiseau aussi vaporeux, aussi aerien que le petit Emeraude, ne pouvaient point après sa mort appartenir à la terre, ou devenir la pâture des animaux carnassiers. Des destinées plus nobles et plus belles lui étaient réservées; aussi n’est- ce point seulement au milieu des riches collections du Muséum d’histoire naturelle , qu’il attire les regards des curieux; mais on peut le voir encore en Orient, surmonter les turbans couverts de pierreries des femmes les plus belles. Les portes même des Harems lui sont ouvertes, et c’est surtout dans ce mystérieux séjour qu’il brille de tout son éclat. C’est encore Ois. Ex, Liv.

lui qui vient ajouter aux charmes de nos élégantes Parisiennes. Les rubis et les diamans lui servent le plus souvent d’escorte; et. gracieux et léger, il balance ses plumes ondoyantes au-dessus de riches toques de velours toutes brodées d’or et d’argent. Sous les vertes allées de nos promenades publiques , dans les salles de spectacle , au milieu des brillans salons, et jusqu’aux pieds du trône, partout il dénote le luxe et l’opulence.

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