LE SUPERBE
PARADISEA SUPERBA, GMELIN.
Lorsqu’on examine les plumes roides et nombreuses qui, placées au-dessus du cou de cet oiseau, gênent les gracieuses ondulations de eette partie ; lorsqu’on jette un coup-d’œil sur cette espèce de cuirasse, qui enveloppe la poitrine en descendant presque sur les jambes et fait ressembler l’oiseau, plutôt à un guerrier caparaçonné et tout prêt à aller combattre, qu’à un habitant des airs , on se demande si le nom de Superbe n'est pas une amère ironie plutôt qu’une épithète louangeuse. L’oiseau de Paradis appellé le Superbe, n’a rien, il faut en convenir, de bien gracieux dans sa tournure. La manière singulière dont ses plumes sont distribuées , lui donne un air ernbarassé et presque stupide ; mais il faut le voir lorsque près de sa femelle, il est tout à sa parure, qu’il relève ses plumes de velours qui cachent toutes les parties supérieures de son corps , lorsque sa tête surmontée de deux aigrettes mobiles, vient à se détacher sur ce fond de velours noir, si propre à faire ressortir la resplendissante cuirasse de sa poitrine; c’est alors qu’il devient sans doute admirable, et qu’on peut à juste titre le décorer du surnom de Superbe que lui donne Buffon.
Cet oiseau offre sur le devant de la poitrine, des plumes imbriquées, qui s’en détachent à mesure qu’elles descendent, et se terminent en pointe à droite et à gauche, de manière à laisser une échancrure à leur partie moyenne. Ces plumes d’un beau vert-bronzé, avec des reflets violets, ressemblent assez bien par leur disposition, à la queue d’une hirondelle. La gorge est d’un noir changeant en violet. Le ventre est également noir. Le dessus de la tête est d’un noir mêlé de reflets verts. Des plumes assez fortes, taillées en lames de sabres et d’un brun-violet, sont implantées à la partie postérieure de la tête, et vont en divergeant recouvrir les ailes et la plus grande partie du dessus du corps. L’oiseau a la faculté d’étaler ses plumes en forme de roue; mais ce ne sont pas là les véritables ailes; celles-ci, le dos, le
croupion , les couvertures et les pennes de la queue , sont d'un noir ressemblant au velours le plus magnifique , accompagné de reflets violets.
Les pieds et le bec sont noirs.
Cet oiseau se trouve dans la nouvelle Guinée. Les marchands le transportent dans des bambous creux, après l’avoir fait sécher à la fumée autour d’un bâton, et lui avoir ôté les ailes et les pieds,
LE GRAND PROMEROPS