‹ Histoire naturelle des oiseaux exotiquesChapitre 25 sur 116 · OU PROMEROPS A LARGES PARURES · texte numérisé non relu

OU PROMEROPS A LARGES PARURES

Cet oiseau , que Sonnerai a rapporté de la Nouvelle-Guinée , est désigné par Buffon sous le nom de Promerops àparemens frisés; celte expression est vicieuse, puisqu’il n’y a aucune des plumes de l’oiseau qui soit réellement frisée. Nous lui conserverons donc le nom de grand Promerops ou Promerops à larges parures , que lui a donné Vaillant.

La tête , le front et les joues de cet oiseau sont couvertes de petites plumes semblables à des écailles arrondies , de la couleur d’un vert bronzé qui se change en violet , suivant la direction des rayons lumineux. Le devant du cou est coloré en violet. La poitrine et le ventre sont d’un brun quelquefois violacé. Les plumes du dos sont en forme de spatules allongées et colorées en vert bleuâtre.

Le grand Promerops se distingue surtout par deux bouquets de longues et larges plumes qui naissent de chaque côté de la poitrine et des flancs. Le premier bouquet est composé de deux rangées de plumes dont les unes , supérieures et plus longues , sont d’un noir velouté dans toute leur étendue; les autres, inférieures et plus petites, frangées vers leur extrémité, sont d’un vert éclatant à reflets violets. Les plumes qui composent ce premier bouquet , ont des barbes très-courtes d’un côté et très-longues de l’autre. Les plumes du second bouquet, plus longues que Scs précédentes, dont elles par-

tagent du reste les mêmes reflets , naissent sur les parties latérales des flancs et s’étendent un peu au-dessus delà naissance de la queue. Il existe en outre , vers le bas du dos, une touffe de plumes longues et étroites , à barbes désunies , qui se prolongent plus loin que les premières sur la queue ; ces plumes sont d’un brun foncé.

La queue, qui est fort longue, est d’un beau noir changeant en violet ou en bleu. Les ailes sont de la même couleur que la queue.

Pour qui ne jette qu’un coup-d'œil rapide et plein d’indifférence sur les sublimes merveilles de la création, le grand Promerops n’offre rien de bien remarquable, si ce n’est la longueur disproportionnée de sa queue. Les teintes sombres et sévères dont il paraît d’abord entouré, ne laissent point deviner les richesses de son plumage; mais il faut le suivre à travers les forêts , il faut l’étudier dans le temps des amours ; c’est alors que vous le verrez , près de sa femelle , étaler tout le luxe de sa toilette; c’est alors que ses plumes d’ornement se déploieront avec orgueil, que son air deviendra noble et majestueux, et que plusieurs parties de son corps seront étincellantes de mille brillans reflets que l’œil aura peine à saisir , tant ils sont variés et changeans. On dirait que l’amour a doublé chez lui les principes de la vie; et c’est en lançant de toute part les éclats de la plus vive lumière, c’est en développant avec grâce ses ailes agitées par un doux frémissement, qu’on le voit attendre le délicieux moment qui doit l’unir à sa compagne.

Cet oiseau se trouve dans la Nouvelle-Guinée.

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